I.
Je traîne dans la maison de Chim. Dès qu'il débarque, je compte lui éclater sa tronche androgyne; Pas en face, cela dit. Chim est plus fort que moi. Je vais attendre qu'il ne sois plus sur ses gardes, pour l'attaquer, par derrière, san lui laisser le temps de comprendre.
Du coup, je cherche une cachette, qui me permette à la fois de l'attendre à mon aise, de guetter son retour et de l'attaquer de manière vive et bien batarde.
Sous le canapé?... Non, c'est trop poussiéreux.
Dans cette armoire? Je m'y installe, et laisse le battant entrebaillé. Y a plus qu'à attendre.
..
…
Bon, d'accord, cette armoire est chiante.
J'en ressors. La baraque de Chim est vraiment top. J'en suis carrément jaloux. Peut être qu'ils vont la donner à mon père, après? Lui n'est pas révolutionnaire pour un sou. Il travaille pour les Rockets.
Je rentre dans la chambre de Chim. Tout est parfaitement rangé. Sur le mur, un poster immense sur lequel n'est marqué qu'un seul mot, en caractère stylisé; "Justice".
Et ben. Vraiment un balai dans le cul, ce Chim.
Je ressors de sa chambre, pour aller dans celle de son père. La chambre de monsieur Kil est carrément en bordel, rien à voir avec celle de son fils. Elle donne une vue directe sur l'entrée… Et, à l'entrée, il y a trois types, habillés en noir. Je suis entré par la fenêtre de derrière, que j'ai brisé; Eux, ils défoncent la porte. Que se passe-t-il? Faut que je me cache!
Je sais pas ce que veulent ces gens, mais visiblement, ce sont des Rockets; Ils risquent de me punir très sévèrement s'ils me voient ici. Je me planque dans une autre armoire, celle de monsieur Kil, cette fois. Je m'enfonce derrière ses manteaux, m'adosse au mur et essaie de respirer le moins fort possible; Or, le mur derrière semble s'effondrer, et je tombe en arrière.
II.
Ce n'étais pas une bonne journée, pour moi. On m'as punit parce que j'ai rétamé Syeck. Mais je n'ai fais que me défendre.
Bien sûr, je l'ai frappé un peu trop fort… Mais il méritais de se prendre une branlée. Ca fais bien trop longtemps, qu'il s'amuse à oppresser les autres; Mais les brutes sont louées sous les Rockets, et son père en est presque un. Moi je suis fille… fils, de Révolutionnaire. Je n'aurais jamais pensé que mon père puisse être un Révolutionnaire. Il m'avais toujours servit un discours de vermine apeurée; "Il faut passer inaperçu", il disait. Sacré mensonge. Maintenant, il va mourir. Ils l'ont enlevé un matin. Je ne l'ai jamais revu. Je ne sais même pas si il est encore en vie, à vrai dire.
Quand à moi, on m'as laissé là, sans prendre en compte mon existence. Plusieurs semaines déjà que je vis seule dans une maison beaucoup trop grande. Ce n'est pas juste. Certaines familles s'entassent à douze dans de petites studios, et moi j'ai cette immense maison… Il faudrais la donner à quelqu'un d'autre.
Il est 18 heures. Il fais chaud, nous sommes à la fin du printemps; L'été s'infuse dans la Ville. Il ferais presque bon vivre.
Comme j'arrive chez moi, je m'arrête. La porte a été défoncée. Qu'est ce qui se passe?...
Je fais le tour de la maison, pour passer par derrière; Et je remarque qu'une fenêtre a été brisée. Un homme est à la fenêtre. Il ne m'as pas vu. Je le reconnais comme étant le père de µSyeck, une vermine à la solde des Rockets, trop peu doué pour qu'on lui ait remis l'habit impérial; je me fais toute petite. Je décide de partir. Je ne sais pas si ils m'attendent, ou s'ils cherchent quelque chose; Je m'attendais à une perquisition de ce genre. mon père est un révolutionnaire, après tout.
Mais, alors que je décide de m'éclipser, le sol s'ouvre sous mes pas. Je tombe sans comprendre, de plusieurs mètres. Alors que je suis un peu sonnée, je reconnais Syeck, Il s'asseoit sur moi, et met sa main sur ma bouche.
-Chuuuut…
Nous restons immobile. Il y a des bruits de pas, très proche. Que se passe-t-il?
Les pas semblent se ralentir, presque s'arrêter; Je ne vois rien, la trappe par laquelle je suis tombée a dû être refermée.
Les pas reprennent, puis s'éloigne.
Syeck semble terrifié. Il respire bien trop fort. J'hurle sous sa main, il me murmure de me taire; Est ce qu'ils le cherchent? J'ai vu son père… Qu'est ce qui passe, bordel?
Après que les pas soit devenu tout à fait inaudible, il me chuchote:
-Je vais enlever ma main de ta bouche… Ne crie pas, Chim…
Il enlève sa main de ma bouche. Je ne crie pas. Mais je lui crache dans l'oeil. Il cligne des yeux, désarçonné, j'en profite pour reprendre le dessus; Maintenant, c'est moi qui suis assise sur lui.
-Qu'est ce qu'il se passe?! Je dis, doucement mais avec fureur.
-Connard, lâche moi… Lâche moi, je te dis! J'vais t'enculer!
-Tu vas enculer personne. Qu'est ce qui se passe? On est ou?
-Je sais pas, c'est toi qui devrais m'expliquer pourquoi ta baraque est reliée à des souterrains!
-Ma baraque est reliée à des souterrains?
Il lève les yeux au ciel.
-Super… Ecoute, lâche moi. C'est pas le moment de se chamailler. Je suis à peu près certain qu'on a rien à faire ici, ni toi, ni moi.
-Mais d'abord… Qu'est ce que tu foutais chez moi?
Silence.
-C'est pas le moment je te dis!
-Chuuuuut!
Les pas reviennent. On se tais.
On entend des voix:
-Ces tunnels mènent jusqu'où, exactement?
-Vraisemblablement, ils mènent jusqu'au camp de Lavanville.
-Aussi loin? Peut être alors faut-il qu'on lève une armée? Les attaquer par leurs propres souterrains… Ils s'y attendront pas!
-A mon avis, ils s'y attendent. Ils n'ont plus de contact avec le Maître des Tunnels, ils doivent se douter qu'il y a un problème… La Madre de Lavanville n'est pas une très grande dresseuse, mais c'est une stratège hors pair. En plus, ces Tunnels sont un veritable labyrinthe… Y envoyer une armée, ce serais risquer beaucoup de mort pour rien.
-Si c'est un tel labyrinthe, qu'est ce qu'on fout dedans?
-On cherche quelque chose.
-Arrête de la jouer mystère… Dis moi ce qu'on cherche! Je commence à flipper… Je veux remonter à la surface… Tu cherche pas à m'éliminer, j'espère?...
-Pourquoi je voudrais t'éliminer, ahuri?
-J'en sais rien… Ordre du Conseil..? Je veux remonter….
-Oh, ferme là. Tu te rend compte de ce que…
On entend plus les voix. Elles se sont éloignées. Alors ces Tunnels mènent… Dehors?
