Os écrit dans le cadre des nuits du Fof (Forum francophone) avec le thème Rond

Disclaimers : Rien a moi, tout au créateur, pas d'argent ni rien. Juste l'histoire là de moi


Tourner en rond


« Tic, tac, tic, tac… » Le bruit de sa montre se répétait, écho de ses troubles pensées. Assis sur les sièges de la salle de contrôle, le Docteur réfléchissait. Il réfléchissait beaucoup trop. Il était là depuis déjà plusieurs heures. Le temps s'écoulait aussi pour lui, mais rares avaient été les fois où il s'était ennuyé comme cela. Il se leva rapidement et commença à marcher. Il pouvait aller dans bien des endroits. Son Tardis est grand, peut générer une infinité de pièces. Il avance dans le dédale de couloirs, tourne à droite et continue droit devant lui. Il répète ce schéma trois autres fois. Étonnant, il ne retombe pas sur son point de départ. Cela ne devrait pas le choquer, il est dans le Tardis. Sexy aime jouer avec lui. Alors il reprend, tourne à gauche, à droite, marche droit devant lui, tourne et retourne. Il ne dit pas un mot, pas une parole, rien. « Tic, tac, tic, tac… » Le son est toujours présent, divine et mélancolique mélodie. Mélodie … comme sa chère et tendre. Elle lui manque. Il aimerait la revoir, aller lui parler mais rien ne peut lui assurer qu'elle soit dans sa cellule. Souvent, c'est elle qui vient le voir. Étrangement, elle sait toujours quand il ne va pas bien.

Il ne s'arrête plus, marche sans discontinuer. La tête maintenant vide de pensées. Il erre comme une âme en peine. Il erre comme le chagrin dans son cœur. Il a perdu ses amis. Il les a tous perdus. Quel que soit le temps, quel que soit leur courage, leur détermination. Il les a tous perdus. Certains l'ont oublié, les autres ont été enterrés. On lui en a voulu, pour beaucoup de choses. Il a tué les siens, ses amis, sa femme. Est-ce que tout ce qui finit entre ses mains est voué à disparaître ? Elle était toujours là, elle. Sa boîte bleue qui traverse l'espace et le temps. Son encre, son attache au monde. Ironie du sort n'est-ce pas ? Elle l'emmène où il le désire, quand il le désire. Elle peut aller partout, à toutes époques, en tout temps mais sans elle il n'arrive pas à s'accrocher à la réalité. Il tourne en rond depuis maintenant plusieurs heures. Il n'a pas vu le temps passé. Il se souvient d'un poème qu'il a lu, de quelques vers qu'il a aimé. Il les dit à haute voix, il les dit parce qu'il les aime.

« Passent les jours et passent les semaines, ni temps passé, ni les amours reviennent. »

Ils passent et repassent sans cesse dans son esprit. Sous ces vers son chagrin fleurit. La porte s'ouvre semblable à celle de ses souvenirs. Ce poème ne dit pas la vérité. Son amour est revenu.

« River, » murmure-t-il, laissant son corps glisser contre le mur.