Je pensais au début que cette histoire aurait trois chapitres maximum mais … non, clairement. C'est officiel. Et ce chapitre n'est sûrement pas le dernier.

J'ai remarqué que, malgré des chapitres courts, je mets toujours environ un mois à poster … J'en suis désolée, je vous promettrai bien d'aller plus vite, mais je n'ai aucune idée de quand j'écrirai la suite. En fait, je n'ai aucune idée de ce qui va se passer, là. J'espère que ça vous plaira toujours.

Merci à Razhensha Raven et à Stalia pour leurs reviews adorables !

Stalia : Merci de ton commentaire, j'espère que ça va continuer comme ça. Pour tout avouer, moi aussi j'ai hâte de savoir ce qu'il va se passer. Parce que je n'en ai pas la moindre idée. Ha.

Bonne lecture !

.

Tu ne crois pas à ta chance. Parce que, honnêtement, au vu de ta capacité à la sociabilité, il ne peut s'agir que d'une chance, en toute objectivité. Tu t'entends bien avec Marinette. Tu sais qu'elle s'entend avec tout le monde – sauf Chloé, mais encore une fois c'est une exception – mais sincèrement ? vous n'êtes jamais à court de sujet de conversation, et malgré ta gêne occasionnelle tu fais devant elle, pour elle, des phrases élaborées qui souffrent de moins en moins tes bafouillages habituels.

Et ça, c'est plutôt incroyable.

Présentement, tu regardes un vieux film en noir et blanc, au cinéma, avec Alya et Marinette. À vrai dire, tu as déjà vu Les Tontons Flingueurs mille fois, de même qu'Alya, mais il est toujours agréable de le regarder sur grand écran, et de le faire découvrir à Marinette. Marinette qui rit, rit à s'en fendre les côtes, à s'en exploser le diaphragme à tes côtés. Elle tente de se retenir, tu le vois bien, mais après tout, vous êtes au total six dans la salle alors bon. Ce n'est pas comme si elle était très bruyante non plus.

Vous sortez de la séance et Marinette n'en peut plus de parler, elle s'appuie sur l'épaule d'Alya en l'appelant Tonton pour lui demander de l'héberger pour ce soir. Elle n'a pas envie de rentrer chez elle, et c'est compréhensible. En jetant un regard à ton téléphone tu constates qu'il est près d'une heure du matin, et il est certain que le noctilien en direction du vingtième n'est pas des mieux fréquentés.

Alya soupire en acceptant et tandis que Marinette s'active à envoyer un message à ses parents, tu te dis que ça ne t'aurait pas gêné, qu'Alya refuse. Tu aurais pu accepter à sa place. Vous vous quittez à un croisement, dans la nuit parisienne, toujours entre l'ombre et la lumière. Tu fais quelques pas à peine et une sorte d'explosion retentit. Tu te retournes. À ta droite, deux cents mètres environ. Un akumatisé.

.

Marinette discute joyeusement avec Alya, rejoue les scènes du film, tandis que son amie lui conte les anecdotes de tournage qu'elle connait, les acteurs encore en vie … Le téléphone de l'asiatique sonne, mais à peine a-t-elle tenté de décrocher qu'il s'éteint, plongé dans un coma nommé low battery. Un air de rock se met à jouer et Alya décroche.

« Allô Alya ? C'est Nathanaël. En fait il faut absolument que Marinette vienne chez moi parce que … elle avait besoin de voir une plante que j'ai … et qui va bientôt faner. En fait elle sera fanée demain, certainement. Et Marinette voulait la voir en vrai parce que … pour faire une broderie ! Pour une jupe. Une jupe brodée. Tu peux me la passer ? »

Alya fronce les sourcils, et donne le téléphone à son amie.

« Marinette, je suis désolée d'avoir pris ce risque, j'ai dit à Alya que tu devais venir chez moi pour vois un modèle de fleur pour une jupe.

—Pardon ?

—Fais comme si tu savais de quoi il s'agit. Je suis à Tolbiac, et un akumatisé se promène librement.

—Mais Chat –

—Chut ! Alya ! Bref, je ne sais pas où est Chat Noir. Il faisait sa patrouille dans quel quartier ?

—Vers Port-Royal.

—D'accord. Je suis pas loin, j'essaie de le retrouver. Dis à Alya que tu viens chez moi, dès que Chat Noir est sur le coup je rentre. Tu pourras venir après si tu veux, j'ai une chambre d'amis.

—Merci. J'arrive tout de suite. »

Marinette raccroche, et sourit bêtement à son amie qui la jauge, un sourcil haussé. Elle cherche vaguement dans sa mémoire l'excuse que Nathanaël a donné à Alya, et la ressort approximativement.

« Je suis désolée, Alya je dois aller chez Nathanaël voir un fleur, ça m'était sorti de la tête, mais j'en ai absolument besoin pour comprendre les broderies d'une jupe typée mongole, et les photographies sur internet ne m'aident pas vraiment, je voudrais avoir le volume sous les yeux pour mieux comprendre les ombres, tu vois, parce que cette fleur est souvent représentée avec du orange et du rouge pour le pollen et ça me semble bizarre, et puis je ne sais pas quelle laine prendre du coup enfin …

—Je vois.

—Désolée encore, hein ! »

Sur ce, elle part en courant vers un coin sombre où elle pourrait se transformer. Alya la regarde partir, soufflant quelque chose comme « Ah, les artistes. » et reprend la route de chez elle.

.

Arrivant près d'Arago, tu traverses Glacière vers Port-Royal, essoufflé. Il semble que tu n'as jamais autant couru, à dire vrai, tu n's jamais brillé en sport. La quartier est calme, et tu cherches sur les toits une forme qui ressemble à un super-héro. Rien. Alors, basiquement – les bases sont sûres – tu cries.

« Chat Noir ! »

Tu ne pensais pas que ce serait si rapide. Une forme se plante devant toi. Il est impressionnant, tout de noir vêtu, avec sa souplesse et son air orgueilleux. Il hausse un sourcil.

« Akuma. Tolbiac. »

Parviens-tu à articuler entre deux souffles éraillés. Il acquiesce et, sans un mot, remonte sur les toits à l'aide de son bâton, reprenant plus simplement le trajet que tu viens d'emprunter. Grognant un peu – merde alors, tu dois encore bouger, pauvre de toi – tu le suis. Marinette ne sait pas où tu habites, et il faudra bien qu'elle dorme quelque part. Cette fois-ci, tu marches, parce que franchement ? trop de sport tue le sport. Et un peu de sport tue Nathanaël.

Quand tu arrives, tout est déjà fini, et Ladybug frappe le poing de Chat Noir en disant « Bien joué. ». Tu es, il faut l'admettre, un peu jaloux. Très jaloux. D'accord, extrêmement jaloux de cette complicité. Mais bon, ils sauvent le monde ensemble tous les jours, risquent leur vie. Forcément, ça crée des liens. Et puis tu sais bien que sans Chat Noir, Marinette aurait mille fois plus de difficultés et parfois même elle n'y arriverait pas. Toi, tu ne pourrais pas faire ça pour elle, lors ce félin qui ne fait pourtant rien pour te nargue par sa simple existence. Toi, tu es faible. Toi, tu es rien. Toi tu sauves personne. T'essaies pitoyablement de te raccrocher à ton orgueil d'artiste. Toi, tu as découvert qui était Ladybug. Toi tu sais. C'est un peu moins pire dans ton ventre.

Marinette se barre et tu la suis, tu l'appelles discrètement. Elle se détransforme devant toi et ça fait une jolie lumière. c'est beau. Personne n'a jamais vu ça, outre toi. Ça te rengorge un peu d'orgueil, parce que c'est sublime. C'est incroyable d'être la seule personne à voir ça. Marinette sent ses jambes lâcher et en un souffle, s'adosse contre le mur. Elle te regarde, un sourire aux lèvres.

« Quoi ?

—Rien. »

Le silence s'installe, confortable. Une petite créature le brise, d'une voix suraigüe et musicale.

« C'est toi, Nathanaël ?

—Oui, et tu es … ?

—Tikki. Le kwami de Marinette. »

Tu fronces les sourcils.

« C'est grâce à elle que je suis Ladybug. Ce sont les kwamis qui nous donnent nos pouvoirs, Chat Noir doit en avoir un aussi.

—Je vois. Enchanté, Tikki. On ferait mieux d'y aller, je n'habite pas juste à côté, et j'aimerais bien dormir un peu avant d'aller en cours. »

Marinette acquiesce, et te suis sans rien dire. Tu voudrais meubler le silence mais tu le fais pas, soit parc que t'as la trouille – pour changer – soit parce qu'au fond, le silence n'est pas si mal. Par-dessus les bruits des voitures, des ivrognes et des étudiants tu peux entendre Marinette respirer deviner comment, derrière toi, sa poitrine se soulève, te demander si son souffle est visible à ses lèvres. Oui, en fait. Oui, le silence est beau. Alors tu ne dis rien.

.

Ta mère te regarde en haussant les sourcils. Derrière toi, Marinette se tortille les mains, gênée, et tu te dis que tu aurais dû laisser un mot pour tes parents. Tu n'aimes pas voir la brune si embarrassée. Pour pas grand-chose, en plus.

« On est allés au cinéma hier soir, et comme elle n'avait pas envie de prendre le noctilien, je lui ai proposé de dormir ici.

—Tu aurais pu nous prévenir.

—Je l'aurais fait, si ç'avait été prévu. »

Ta mère a une moue désapprobatrice, mais tu sens bien qu'elle n'est pas vraiment en colère. C'est tellement rare que tu fréquentes des gens à vrai dire, ça fait des années que ta mère te demande de te faire des amis, comme une personne normale. Ce n'est pas vraiment méchant mais tout de même vexant.

« Tiens, mais c'est qu'elle me dit quelque chose, la petite ! »

Ton père met les pieds dans le plat, bien évidemment. Il faut dire qu'il n'est pas meilleur que toi en relations humaines, même s'il a une différente manière de le gérer. La veine artistique, sûrement.

« Oui, je l'ai dessinée il y a pas longtemps. Je t'ai demandé conseil pour la couleur.

—Ah oui, c'est ça. Marinette, c'est bien ça ? Tu es aussi jolie en vrai qu'en aquarelle !

—Euhm … Merci … »

La brune baisse la tête, les joues rougissantes. C'est fou ce qu'elle est mignonne.

« Qu'est-ce que tu déjeunes ?

—Tu as … du chocolat ?

—Bien sûr. »

Tu t'essaies à un sourire rassurant et comme elle te sourit en retour, tu te dis qu'elle semble un peu plus à l'aise. À peine est-elle assise à table que ton père se l'accapare, lui demandant sans cesse ce qu'elle pense de tel ou tel photographe. Par chance – ou pas malchance, à déterminer – elle en connait plusieurs aussi se lance une conversation animée. Au moins, tu penses, au moins il n'y a pas de gros blanc. Au bout d'un – très – long moment, tu extirpes Marinette à l'emprise de ton père, justifiant cette coupure par le fait que, peut-être, vous devriez aller en cours. Mais c 'est facultatif, hein. Tu finis ton café et mets la table dans l'évier, et comme Marinette t'imite vous sortez, sac sur l'épaule. D'un coup, elle jure.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

—Je suis bête, je n'ai pas mon livre d'Anglais … Le prof' va me tuer …

—Je te prête le mien, si tu veux. Monsieur Calambre ne vient jamais au fond.

—Mais comment tu vas suivre ?

—Tu n'as pas entendu ma mère ? Elle a un accent. En fait, elle est Irlandaise. »

Sa bouche fait un « o » parfait, et tu n'en crois pas ta chance de pouvoir donner ce genre d'expression à Marinette. Tu lui tends ton livre et elle le saisit, toujours étonnée.

« C'est vrai ? Alors tu parles couramment Anglais ? Pourquoi tu ne participes pas en cours, alors ? Tu devrais, ce serait cool.

—On est supposés apprendre l'Anglais britannique, et j'ai l'accent Irlandais à un point pas possible. À l'écrit, ça va, je sais me contenir mais à l'oral …

—À quoi ça ressemble l'accent Irlandais ?

—Euh … Quelque chose comme … Never know how much I love you, never know how much I care, when you put your arms around me, I get a fever that's so hard to bare, you give me fever … »

Tu le sais, que ta voix est étrange, d'autant que tu ne détaches pas les paroles du rythme de la musique, quoique tu ne chantes pas. Tu roules les « r » et tes voyelles ont des sonorités inhabituelles. En fait, tu correspond bien au cliché de l'Irlandais de base, avec tes cheveux rouge et ton accent. Il faudrait juste que tu passes à la guitare et à la bière.

« C'est beau. Tu m'apprendrais ? »

Tu te demandes un moment si on peut apprendre un accent à quelqu'un, mais comme le compliment te fait rougir incroyablement, tu ne trouves plus tes mots, et tu branle du chef. Pas comme si tu aurais su lui dire non, de toute façon.

.

Voilà pour ce chapitre !

Mata nee ^^ !