Yo !
Oui, ça fait longtemps, alors que les chapitres sont courts. Non, je n'abandonne pas cette histoire. Mais je suis sortie un long moment de cet univers, et une grosse panne d'inspiration m'a fait délaisser cette histoire.
Alors merci à LilithPauline qui sans forcément le vouloir m'a remotivée à écrire ce chapitre (oui, lecteurs, vous avez le pouvoir !).
Un grand grand merci à Laura, Stalia, Razhensha Raven, LilithPauline et Miss Homme Enceinte 2 pour leurs reviews. Vous êtes un peu ma raison de vivre, vous savez ?
RaR
Laura : J'espère que la suite te plaira aussi ! Merci pour la review !
Stalia : Le voici, le cinquième chapitre. Il aura pris son temps. J'espère que tu l'apprécieras !
Bonne lecture !
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Elle est assise sur ton lit, une tasse de chocolat dans les mains, et t'oses même pas poser une main sur son épaule. Elle est à deux doigts des larmes, ça s'entend dans sa voix quand elle murmure qu'elle est épuisée, et t'es absolument infoutu de la soutenir. Tu te sens bête – tu es bête – et paralysé. Elle s'excuse, et là, tu décides de te bouger un peu, et tu forces tes cordes vocales à se frotter comme deux amantes.
« Ne demande pas pardon. Marinette, tu viens de sauver le monde. Et que ce soit ton quotidien n'y change rien.
—Mais c'est juste … Je veux pas t'embêter, mais tu es le seul …
—Je sais. Et tu ne m'embêtes pas. Ne pense jamais ça. »
Là, elle fond en larmes. Tu voudrais te sentir attristé – et tu l'es – mais ton orgueil est plus fort que ça, et il te susurre à l'oreille « C'est devant toi qu'elle pleure. Tu es spécial. ». Et tu voudrais aussi bien crever de honte à cette pensée, mais simplement tu viens t'asseoir au pied du lit, tu poses la tête entre tes bras, juste à côté de ses cuisses, et tu tournes ton visage vers ses pleurs. Tu n'oses toujours pas la toucher, mais elle te regarde et tu la regardes alors il faudra se contenter de ça pour le moment. Tu te mords la lèvre.
« Parfois, j'en peux plus. J'ai envie de disparaître sous terre, d'oublier tout ce qui se passe ici, tout ce qui pourrait me rappeler mes responsabilités. Mais je peux pas, mince, tout Paris compte sur moi ! Sur moi ! Et moi je compte sur qui ? J'ai du mal à faire confiance à des gens qui me font confiance puisque moi-même je ne me fais pas confiance et puis merde, j'ai une vie aussi, je veux pas … pas tout larguer parce que les choses ici e tiennent à cœur et puis j'aime les gens mais ça veut pas sortir, l'angoisse, en permanence, de pas faire assez bien, de rater quelque chose, de laisser les gens être blessés ou de foirer mon brevet, tu te rends compte que c'est dans deux semaines ? Et avec les examens de partout, le Papillon s'en donne à cœur joie, et je peux plus suivre, et qu'est-ce qui se passerait si au final c'était moi qui finissait akumatisée, hein ? Chat Noir qui m'attendrait, sans savoir que je suis en train de le combattre, et qui perdrait confiance en moi ou pire, qui découvrait mon identité, et alors j'irai m'enterrer pour de bon sous terre et puis je dirais à Tikki de donner les boucles d'oreilles à Alya, comme j'aurais dû faire dès le départ et comme ça … »
Tu l'as touchée. Juste poser une main sur son genou. Continuer de la regarder, l'inciter à inspirer. Expirer. Tu te redresses d'un coup sec.
« On est quel jour ?
—Mardi.
—Parfait. Je t'emmène quelque part. »
Tu attrapes ton porte-monnaie, tu essaie de te donner contenance. Tu trembles un peu, tu te persuades qu'il s'agit d'une bonne idée. Tu ne sais pas quoi faire face à une personne triste pour la simple et bonne raison que quand tu es déprimé toi-même peu de choses savent te réconforter, et encore moins de gens – si on doit compter, disons ta mère, ton oncle, et Thomas.
Tu enfiles une veste vert bouteille, parce que mince, t'es Irlandais, et tu souris à Marinette, qui essuie ses larmes.
« C'est égoïste, mais je ne veux jamais que tu t'enterres, encore oins que tu disparaisse. Mais que tu oublies pour une nuit, je crois que c'est jouable. »
Tu te dis que dans un film niais, cette phrase serait sans doute une proposition masquée pour une nuit de sexe sauvage, mais tes intentions sont bien loin de là. Tu veux juste la voir sourire.
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Tu t'assied au comptoir du bar qui vient à peine d'ouvrir. Il est à peine vingt-et-une heures et Marinette n'a pas l'air très à l'aise, et tu tapotes le tabouret à côté de toi. T'espères vraiment que tu t'es pas planté, sur le coup. Parce que t'auras as de deuxième chance, pour le coup, pas de retour vers le passé à la Code Lyoko, pas de sortie de secours. Le barman, tu ne le connais pas mais tu essaies de sortir une voix as trop pourave, pas trop faible, déjà que la brune est gênée, si elle voit que tu l'es aussi, c'est foutu.
« Deux pressions, s'il-vous-plaît. »
Il te mate de haut en bas, il est certain que tu n'as pas dix-huit ans. Un rire lui échappe.
« Tu veux pas une grenadine, plutôt ? »
Tu fronces le nez. Ici, c'est chez toi. Marinette te lance un regard apeuré et ça te donne du courage. Elle est plus forte que toi, c'est vrai. Mais tu peux quand même essayer de la sauver. Tu te redresses sur ton tabouret, et tu appelles au loin.
« Thomas ! »
Une tête brune sort de l'arrière-boutique, et un sourire fend ton visage, grand et sincère. Ça fait bien trop longtemps que tu l'as pas vu, que t'as pas pris le temps de venir ici – avec ton emploi du temps si chargé – et il arrive vers toi à grand pas, te frottant les cheveux. Il est maigre comme un clou, Thomas, pourtant il te fait souvent penser à un gros nounours. Il a le visage pointu et le nez en trompette, des éphémérides sur les joues et es cheveux très noirs, un menton anguleux, l'œil vif et l'ensemble forme une harmonie étrangement douce.
« Eh bah O'Shanahan, tu désertais ? »
Tu fronces le nez, t'as rien à répondre. T'as aucune excuse. Marinette penche la tête sur le côté, et tu peux pas t'empêcher de trouver ça charmant.
« O'Shanahan ?
—C'est le nom de famille de ma mère. Thomas, je te présente Marinette. Marinette, Thomas. Tu nous sers ? »
Il a un sourire goguenard, un peu tordu et le barman lève les yeux au ciel. Tu ris et Marinette se détend déjà. Mais quand on pose une bière devant elle elle ouvre de grands yeux.
« Nathanaël, on ne devrait pas ! »
Elle a l'air tellement innocent que tu te demandes si elle a jamais bu d'alcool, et alors tu te penches à son oreille – parce que tu lui dis un secret, non, pas parce que tu veux être plus proche d'elle, pas parce que tu crèves d'envie de sentir son parfum sucré – et tu lui glisses doucement :
« Si le Monde a décidé que tu étais assez grande pour le sauver, je pense que tu es assez grande pour une bière. »
Elle rougit, tu ne sais pas trop pourquoi – tu espères, un peu, parce que tu as soufflé dans son oreille – et boit une gorgée de la pression. Elle a l'air d'apprécier, heureusement. Comment aurais-tu pu avoir comme amie une fille qui n'aime pas la bière ? Tu es irlandais, fichtre. Tu souris certainement comme un abruti et prends ton verre dans la main. C'est froid contre ta paume, et c'est bien parce que Marinette a tendance à te donner trop chaud.
Prétextant de passer un coup de chiffon sur le comptoir, Thomas envoie le barman en salle et lance une conversation au hasard et t'es heureux parce que bon sang t'aurais pas su parler à Marinette, au comptoir d'un bar. Ça fait beaucoup trop film romantique pour tes pauvres phéromones.
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Il est vingt-deux heures et le rire de Marinette se noie dans son thé glacé – c'est qu'il ne s'agit pas de la saouler non plus. L'ambiance est festive, déjà, partout des conversations un peu bruyantes, et des gens dansent. C'est la qu'elles arrivent. Le premières notes de Rose Tattoo, et tu es juste obligé de te lever. Thomas te lance un clin d'œil de l'autre bout de la salle et tu fais quelques pas de danse, et tu regardes la brune quand tu chantes par-dessus la musique, avec ton accent à couper au couteau et ta voix qui hésite constamment entre tête et gorge.
« The pictures tell the story, this life had many shades. I'd wake up every morning and before I start each day I'd take a drag from last night's cigarette that's smoldered in its tray. »
Elle doit connaître un peu la chanson, puisqu'elle bouge la tête en souriant. Ou alors, c'est juste qu'elle est doucement pompette. Tout ce qui compte pour toi, là, c'est qu'elle sourit. Ton fichu orgueil revient au galop parce que mince, c'est devant toi qu'elle a pleuré et c'est toi qui la fais sourire. Tu te cognes contre quelqu'un et elle rit, t'es ridicule mais tout va bien, tout va bien au son éclatant de sa voix. Tu lui tends les mains – tu dois être un tout chouï soûl, toi aussi, parce que t'as pas autant de courage d'habitude, en bonne lopette asociale – et elle les prends pour danser avec toi. Tu lui donnes le rythme, elle imite tes pas et tu te sens important.
« I got your name written here in a rose tattoo. »
Elle rit encore plus et tu accélères tes pas, elle suit toujours. Putain, c'est bien parti pour être la meilleure soirée de ta pauvre vie et au fond, t'espères qu'il y en aura d'autres comme ça, à la pelle. Tu remercies l'obscurité quand la chanson assure tu auras toujours mon amour et que tu rougis comme une pucelle – comme un puceau, puceau – et que Marinette ne le remarque même pas.
Une bonne partie du pub chante, au moins le refrain, parce que ça doit être une des chansons irlandaises les plus connues et puis les paroles ne sont pas compliquées à retenir, vraiment. Même la brune chante à pleine voix, et tu te rends compte qu'elle n'est pas si aiguë que tu croyais, en fait elle tire même dans les grave quand elle veut, ça devient rocailleux, en contrepoint du cristal liquide et tout aussi minéral quand elle parle.
Vraiment, cette fille est un cour d'eau. Un cours d'eau fluide et transparent, frais et changeant et si ses eaux se troublent elle court si vite que bientôt la clarté revient, et elle resplendit de tout l'éclat du soleil qu'est pas là. Quand la chanson se termine tu es en sueur – non, il n'y a pas de muscle sincèrement viable en toi, outre ceux de tes doigts – et Marinette semble aller tout à fait bien, sa respiration n'est même pas un peu saccadée et tu te rends compte de combien ses bras sont fermes. Soudain, le début d'une nouvelle musique est coupé court et tu regardes vers la pseudo-régie avec de l'interrogation dans le regard. Mais tu la vois, la blonde avec son fiddle dans le creux du cou, et quand tu entends le début de I'm Shipping up to Boston, tu remarques le guitariste et l'accordéoniste, le gamin avec une flûte et tu te dis que tu as vraiment bien fait de venir aujourd'hui, de traîner les larmes de Marinette dans ce coin de Paris.
Ce coin qui ne ressemble plus tant à Paris, et quand tu y penses tu te rends compte que tu n'es pas venu là depuis la Saint Patrick. Ce qui est franchement triste. Tu cours vers la scène pas vraiment séparée de la piste en tenant le poignet de la brune, et tu attrapes un tambourin que tu lui tends. Elle le prend et le considère avec attention, comme si elle n'en avait jamais vu de sa vie et c'est à ton tour de rire. Tu prends ses mains et lui montre le rythme de la chanson, qu'elle finit par reproduire d'elle-même. Elle se prend au jeu, puisqu'elle danse en même temps, avec des pieds désordonnés ais les épaules et les hanches brûlantes du rythme et sa jupe tourne, tourne, elle ressemble à une gitane, une égyptienne sino-irlandaise, et tu n'aurais jamais pensé que ce mélange puisse être séduisant avant aujourd'hui. C'est une reprise arrangée de Toss the Feather que vous jouez et tu as pris un bodhràn parce que premièrement c'est le seul instrument avec le tambourin dont tu sais sortir un son à peu près convenable et deuxièmement ça te donne une bonne excuse pour ne pas danser et risquer par la même de mourir d'épuisement/de déshydratation/de surmenage musculaire.
Tu la vois rire en dansant et tu voudrais que ça dure toujours, et même si tu sais que ça s'arrêtera bientôt tu l'oublies, tu te laisses oublier ce détail comme Marinette oublie ce soir qu'elle est en charge de la sécurité de tous.
La violoniste entonne The Mason's Apron et tu essaie de te rappeler le rythme avant de le frapper avec force. Tes bras commencent à te faire mal. Marinette transpire mais ne s'essouffle pas, et tu te dis que ton endurance est franchement à travailler.
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Je coupe un peu sèchement, en plus il ne se passe pas grand-chose, je crois que j'avais surtout envie d'écrire sur un bar.
Oui, ils sont trop jeunes pour boire m'enfin bon à quinze ans je fumais déjà comme un pompier, et je buvais pas mal au quotidien (pourtant, je suis pas une grosse junkie), donc je me rends compte qu'une bière c'est pas la mort.
J'aurais voulu citer un vrai pub de Paris, j'ai une longue liste de sorties irlandaises à faire, seulement mon compte en banque ne suit pas.
Promis, le prochain chapitre arrivera avant la Saint Patrick.
Ciao !
