Bon. Stop les promesses au niveau de la publication, parce que j'avais dit la Saint Patrick, mais en fait, bah, non, voilà.

Mais le chapitre est là ! J'espère qu'il vous plaira.

Ce qui est horrible avec cette histoire, c'est que, genre, j'ai absolument aucune inspiration dessus pendant x temps, et après j'écris un chapitre en moins d'une journée. Ce qui explique le rythme chaotique. Désolée. Quand je mourrai, j'irai parler à Dieu de la répartition de l'inspiration.

Il faut savoir que je l'ai absolument écrit parce que demain j'ai un partiel horrible et je ferais tout pour ne pas réviser tellement j'ai peur. Excuse minable.

Merci à Saiken-chan, LilithPauline, Stalia, Superfan et Miss Homme Enceinte2 pour leurs commentaires ! You feed me with love !

R à R

Stalia : Merci pour ta review ! Oui, j'adore le côté irlandais, je l'avais rajouté un peu au pif dans le chapitre (fouille dans ses fichiers) 4, et du coup, j'avais envie de l'exploiter. J'espère que tu liras ce chapitre aussi, malgré le temps monstrueux que j'ai mis à le poster.

Superfan : Oui, je suis un horrible produit de consommation, drogué à la nicotine et à l'alcool … Mais je le vis bien. J'espère que ce chapitre te plaira aussi !

Bonne lecture !

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Elle arrive en courant, quand une bouteille d'eau apparaît dans son champ de vision. Elle remonte dans l'ordre par ta main, ton bras pour trouver ton visage. Ses yeux s'écarquillent.

« Tu n'es pas dans la salle ?

—Je me suis dit que si on était deux à dire qu'il y avait eu un incident sur la sept, ça serait plus crédible. »

Oui, en dialecte de drague, tu as clairement fait ça pour 'marquer des points', mais après tout il s'agit de l'épreuve de Sciences, alors tu sais bien que tu n'auras pas grand-chose à écrire sur ta copie – une âme littéraire, peut-être ? – et puis même. Tu ne voulais pas la laisser toute seule. Un autre personnage apparaît, courant également, et tu reconnais Adrien. T'as un peu du mal à le comprendre – enfin, plus que les autres gens, disons – dans ses habitudes : soit il est hyper ponctuel, devant la salle avant même la sonnerie, soit il arrive comme maintenant une petite vingtaine de minutes en retard. À croire qu'il ne connaît pas la demi-mesure. Marinette le regarde sans rien dire, et toi tu regardes Marinette regarder Adrien. Elle est amoureuse de lui. Ça fait un peu mal. Mais tu ne peux pas lui en vouloir pour ça, alors tu l'interpelles.

« Adrien ! Tu ne t'es pas réveillé non plus ?

—Euh … ouais, c'est ça.

—On compte leur dire qu'il y avait des problèmes de métro, pour être acceptés.

—Ah, cool ! »

Il s'illumine, Marinette s'illumine de le voir s'illuminer, mais toi t'es pas vraiment du genre à briller quoi qu'il arrive, surtout quand tu viens de passer vingt minutes à t'inquiéter sous un soleil de plomb pour voir qu'au final ce qui rend le plus heureuse la brune, c'est l'autre. Ah, l'égoïsme forcené de l'amour. Vous vous dirigez vers la salle en pressant le pas, Marinette a des difficultés à marcher tout en buvant et c'est forcément adorable.

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Tu inspires. Expires. Calme. Tout va bien. Tu as tout sauf eu le temps de terminer proprement ton travail d'écriture, mais tu as confiance, au moins un peu. L'épreuve de Sciences a été un pur massacre, mais après ça n'était plus que du Français, et sans te vanter tu t'en sors bien dans cette matière. T'es assis sur un banc de la cour à l'ombre, parce que vu ton teint de vampire albinos, le soleil, c'est pas trop ton ami, quand tu entends la voix de Marinette.

« Nathanaël ! »

T'aimes ça, cette façon qu'elle a de prononcer ton prénom en entier, comme presque tout le monde se contente de 'Nath'. C'est plutôt exceptionnel. Tu vois qu'elle est seule, ce qui est assez étonnant, Alya n'est pas du genre à rentrer tôt.

« Tu voudrais qu'on aille … prendre une glace ? Ou quelque chose ? Pour fêter ça. »

Pour 'fêter ça' … 'ça', c'est la fin de l'année, la fin du collège, le fait que l'année prochaine vous ne vous verrez sûrement pas autant que maintenant … Ça inspire de la joie, c'est sûr.

« Bien sûr, mais, Alya … ?

—Oh, elle a filé dès qu'on a pu sortir, elle voulait aller 'sur les lieux' pour 'trouver des témoins' et ne rien laisser passer, en tant que reporter investie.

—Je vois. »

Tu souris doucement, sans pouvoir te retenir de rire un peu. C'est un peu triste, peut-être, de la voir s'acharner à chercher quelque chose qui est sous ses yeux, mais tu préfères rire, parce que ça te donne un air cool. Tu te lèves en rajustant ton sac sur l'épaule. Bon dieu ce qu'il fait chaud. Tu la regardes, et elle transpire aussi. Ça fait briller sa peau, ça mouille un peu la base de ses cheveux, ses lèvres. Le monde est vraiment injuste, elle devrait pas avoir le droit d'être aussi sublime, surtout pas quand toi tu ressembles à une écrevisse à sa première séance de musculation.

Vous marchez en silence dans la rue, tu es un peu déçu de ne pas pouvoir voir ses yeux, la faute aux lunettes de soleil, et tu espères surtout qu'elle ne vous emmène pas trop loin. De préférence à l'ombre et dans un endroit où l'on peut s'asseoir. Elle finit par s'arrêter devant une échoppe qui indique « Glacerie italienne » et te fait un signe de tête, comme pour savoir si ça te va ou non. Tu tournes le buste vers le commerce, alors elle entre. Vous commandez – une glace au yaourt, une glace au citron et un cookie – et elle t'amène derrière la boutique, dans un jardin intérieur que tu n'avais pas remarqué. L'endroit est discret, charmant et léger, tu ne peux t'empêcher de penser que ça serait parfait pour un rendez-vous galant. Elle s'assied à une table à l'écart – de toute façon, il n'y a pas grand-monde, les gens préférant sans doute déguster leur glace tout en se promenant – et te jette un regard … que tu ne comprends pas.

« Nathanaël … je suis désolée. »

D'accord, là, c'est certain, tu es complètement et totalement perdu. À ta connaissance, elle n'a rien fait, et surtout rien pour te blesser ou te mettre en colère. Tu prends une lampée de ta glace au yaourt et elle ouvre son sac à main, laissant sortir Tikki qui te salue poliment.

« Il faudrait … Il faudrait que je te demande quelque chose, mais tu as le droit de refuser, je sais combien c'est difficile – je ne sais même que ça – mais tu es la seule personne à qui je puisse demander ça. »

Elle t'as eu. 'Tu es le seul', coup dans l'égo, touché-coulé.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

—Ma mère … Enfin, plutôt, ma grand-mère veut me voir, ça fait longtemps, et donc je vais aller chez elle une semaine et demie, pendant les vacances.

—C'est bien, non ?

—Eh bien, oui, en soi oui mais … Voilà, c'est la mère de ma mère et elle habite en Chine. »

Tu fronces les sourcils, pas bien sur de comprendre. Tu es un peu lent d'esprit aujourd'hui, c'est les examens, ça pompe les neurones. Elle a l'air franchement gêné. Elle prend une cuillérée de sa glace au citron et son nez se plisse légèrement sous l'acidité.

« Ça veut dire que pensant une semaine et demie, Ladybug sera en Chine, Nathanaël, et la Chine, c'est très loin de Paris …

—Ah mince ! »

C'est vrai, tu n'y avais pas pensé. Tu te sens con. Tu l'es un peu, sûrement. Super-héros, c'est pas le genre de boulot où tu peux poser des congés comme tu veux, c'est un job à plein temps, même pas payé, et que tu es obligé d'effectuer sous peine de mettre en danger la vie de toute une ville. Génial, vraiment. Cependant, tu ne vois toujours pas où est le bout de sa pensée.

« Et donc … Je voudrais te demander si tu pouvais me remplacer.

—Pardon ? »

Erreur système, fichier endommagé, veuillez redémarrer. Stop. Tu la regardes, elle te regarde, tu dois te tromper, tu dois halluciner, c'est pas possible autrement.

« Comment ça ? Tu veux dire …

—… en tant que Ladybug. Je veux que tu sois Ladybug pendant une semaine et demie.

—Mais c'est pas possible c'est … je ne sais même pas me battre, et tu voudrais que … ? Et puis Chat Noir ? Et même, tout le monde verra bien que ce n'est pas toi, et puis ce sont tes pouvoirs, moi je …

—Mes pouvoirs viennent de mes boucles d'oreilles, je peux te les prêter, quant à Chat Noir … d'une, il apprendra bien tôt ou tard que quelqu'un a découvert mon identité, de deux, je ne vois pas d'autre solution.

—Mais tu ne pourrais pas … »

Tu bascules la tête en arrière. Non, bien sûr qu'elle ne pourrait pas. Elle ne peut rien faire, tu es sa seule solution. Ça t'a bouffi d'orgueil et maintenant, ça te fait peur. Tu as envie de chercher d'autres solutions avec elle, ça tu sais faire, penser, mais tu te doutes bien que s'il y avait une autre solution quelque part sur Terre, elle l'aurait déjà trouvée. Tu respires un grand coup. Elle a l'air affreusement mal.

« Marinette ?

—Oui ?

—Tu me ferais confiance ? Tu me fais confiance ?

—Bien sûr. Sinon je ne te l'aurais pas demandé. Je suis certaine que … tu en es capable. »

Tu as envie d'argumenter, de lui rappeler combien elle est exceptionnelle, irremplaçable … Mais ça serait juste plus de pression sur ses épaules.

« Alors c'est d'accord. »

Elle relève la tête d'un coup, ses yeux s'allument, elle a l'air de ne pas en croire ses oreilles et il faut bien dire que toi non plus tu n'y crois pas vraiment.

« Sérieusement ?

—Tu as dit que tu me faisais confiance, et moi, je te fais confiance. Tu fais toujours les bons choix. Alors je vais te suivre, parce que si toi, oui si toi tu as confiance en moi … alors moi aussi. »

C'est pas vrai, c'est à moitié du baratin, de la confiance en toi, t'en as autant que de connaissances sur les évolutions de la physique cantique au vingtième siècle, mais t'as envie d'y croire et de lui prouver qu'elle peut compter sur toi dans des situations comme celle-là où elle a l'impression qu'un piège se referme sur elle. Elle a pris tout son courage pour te demander ça, parce que c'est énorme, alors tu ne peux pas refuser. Ce qu'on ne ferait pas pour l'amour, sincèrement. Elle se lève de la table et te prend dans ses bras. O.K., ce n'est pas que ça n'est pas agréable mais ça t'embêterait de mourir d'un arrêt cardiaque maintenant, Marinette tu as envie de la voir devenir une femme, mais son parfum mon dieu, son odeur de transpiration et de sucre te fait voir des étoiles.

« Oh mon dieu, mon dieu Nathanaël, tu ne peux pas savoir à quel point tu me sauves la vie, je … Je suis désolée de t'imposer ça, vraiment, j'aurais compris que tu refuses, hein, mais c'est … Merci, mince, merci, Nathanaël. »

Elle a dit ça en te regardant dans les yeux, et tu ne peux pas t'empêcher de rougir à mort. Tu te rappelles : ne pas mourir maintenant, alors tu baisses les yeux vers Tikki qui grignote son cookie.

« Et toi, Tikki ? Est-ce que tu es prête à … à me confier ton Miraculous ?

—Qu'est-ce que tu crois ? Marinette n'aurait pas pu te proposer ça sans mon autorisation. Elle doit partir dans trois semaines. D'ici-là, j'entends bien que tu saches te servir du Miraculous parfaitement. »

Tu déglutis, mais Marinette pose la main sur ton épaule et te fais un sourire. Tu as de la chance, tu n'es pas seul. Elles te font confiance, alors tu ne dois pas les décevoir. C'est la meilleure raison que tu aies jamais eu de te battre, et tu vas le faire.

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Tu vas mourir.

Sérieusement.

Ce costume n'a, genre, aucune aération. Tu sens ta peau cuire dessous, et tu te demandes comment Marinette peut bien avoir l'air aussi classe et calme dans un truc pareil. Elle te regarde en souriant doucement. Vous êtes au beau milieu d'une forêt, et ça fait déjà trois heures et demie que tu apprends à te servir du yoyo comme d'une propulsion. Il réagit étonnamment facilement à tes commandes, on sent que c'est une arme magique, mais ça n'en est pas facile pour autant.

Le soleil se couche, au loin, tu devrais rentrer chez toi. Tu tentes un dernier saut, mais l'épuisement gagne ton corps, et tu tombes misérablement au sol. Le visage de Marinette se fait inquiet et elle court vers toi.

« Ça va ? Tu t'es fait mal ?

—Rien de cassé. »

Tu fais genre, devant elle, la vérité c'est que tu douilles et demain, tu auras des courbatures et des bleus horribles. C'est moins pire que le premier jour, certainement. Encore heureux. Marinette et Tikki sont de bons professeurs, et tu te sens progresser. C'est déjà ça.

Elle t'aide à te relever et te tend une bouteille d'eau. Tu bois avidement, comme s'il s'agissait de la seule chose qui puisse te sauver.

« On va s'arrêter là pour l'instant. De toute façon, les combats ne durent jamais si longtemps. Tu pourrais me rejoindre demain soir, vers minuit ? Il faut que tu t'entraînes en ville. »

Tu acquiesces, et t'étires les bras en grimaçant. Elle se pince les lèvres, elle doit se sentir coupable, alors tu forces un sourire sur tes lèvres. Tu demandes à Tikki de te détransformer et celle-ci se jette sur les cookies de Marinette à peine son corps retrouvé. Puis elle te regarde très sérieusement.

« Tu t'en sors très bien. Je suis certaine que tout ira pour le mieux. »

Elle est assez dure pendant les entraînements, mais tu sais que ses compliments sont sincères. Et puis Marinette te sourit et te donne un cookie. Tu es épuisé, mais heureux. Tu as encore trop chaud. Pour te féliciter, Marinette plante un baiser rapide sur ta joue. Tu tournes de l'œil.

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Est-ce que vous vous attendiez à ça ? Parce que moi, non, clairement pas. J'ai commencé ce chapitre sans trop savoir ce qui allait se passer. Mais là, j'ai plein d'idées, du coup.

À plus (je voudrais dire 'à bientôt' mais j'en ai marre de mentir.) !