Je vous ai laissés la dernière fois sur un cliffhanger de merde … alors que ce chapitre était déjà écrit … Je suis tellement désolée …

Merci beaucoup aux reviewers, Razhensha Raven, Miss Homme Enceinte 2, Stalia, Lia9749, Fucartes, Atemey et Yoshimuchakoopas ! Ça me fait trop plaisir de voir que tant de gens ont apprécié le chapitre !

Réponse aux reviews anonymes :

Stalia : Je me suis bien amusée à écrire cette complicité entre Chat et Red, heureuse que ça t'ai plu ! Je ne me rends pas trop compte des progrès de mon écriture mais ça me fait plaisir que toi, tu en voies une !C'est peut-être parce que Nath devient petit à petit plus mature ? Tes commentaires me font toujours vraiment plaisir et j'espère que tu continueras à lire cette histoire malgré mon incapacité à tenir des délais. Et mes fins de chapitres. Merci beaucoup !

Lia9749 : Merci pour le commentaire ! Ravie que tu apprécies l'histoire même si tu n'es pas fan du couple, et j'espère que ça continuera à te plaire !

Fucartes : La voilà, la suite ! J'espère que tu aimeras aussi ! Merci d'avoir commenté !

Et enfin, le chapitre !

Bonne lecture !

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Elle a couru aussi vite qu'elle a pu, à moitié par réflexe à moitié par inquiétude. Elle a sauté du taxi en prétextant un message urgent d'Alya, et elle court donc présentement en pyjama dans la rue. Parce que pour prendre l'avion, rien ne vaut un pyjama.

Elle entend une détonation, court plus vite encore. Juste pour voir Nathanaël tomber à ses pieds avec un craquement peu rassurant.

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Tu te retiens de hurler. La douleur est plus supportable que tu ne l'aurais cru. Le costume y est sûrement pour beaucoup. Tu rouvres les yeux, fermés dans les derniers instants de la chute. Marinette te regarde. Tu te relèves. Tombes. Ta jambe gauche a l'air viable. Tu te relèves encore en lui faisant signe d'aller dans une rue, tu trébuches elle te rattrape, tu te dis que t'es franchement en train de faire de la merde, là, c'est bien pire que de bafouiller ou de rougir comme l'idiot profond que tu es, tu es en train de la décevoir.

« Je suis désolé, il avait, il avait deux armes, et je m'y attendais pas, j'ai pas encore utilisé le Lucky Charm, j'y retourne dans une minute, O.K. ? L'Akuma est dans le détonateur, et puis Chat Noir n'a pas été pris dans l'explosion. Tout va bien, on s'en sort. On se retrouve dans une dizaine de minutes, d'accord ? »

Tu vas pour lancer le yoyo, elle te retient par l'épaule. Son visage est dur. Elle est en colère, tu voudrais t'excuser encore, mais tu n'y arrives pas. Si tu ouvres la bouche, tu vas te mettre à pleurer.

« Tu ne vas nulle part. Donne-moi mes boucles d'oreilles.

—Mais je peux …

—Non, tu ne peux pas. Tu t'es vu ? Je m'en sortirai. Détransforme-toi, j'appelle une ambulance.

—Ça va –

—Tu vas marcher jusqu'à l'hôpital ? Je crois pas. »

Tu te détransformes. Sans le costume, c'est horrible. Tu vois, et tu as de plus en plus mal. L'adrénaline retombe. Pas de coupure ni de brûlure, juste des marques de coups. Ta cheville droite est dans un sale état, c'est déjà gonflé. Tes hanches aussi, et comme tu es plus alerte, tu remarques qu'une de tes épaules n'est pas à sa place normale. Tu lui tends les boucles d'oreille, et tu arrives à la convaincre de ne pas attendre l'ambulance avec toi. Ce qui te blesse le plus, outre de lui avoir fait du mal, c'est qu'il te semble bien que ton petit doigt droit est cassé.

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« Ma Lady ! Ça fait du bien de te v –

—Qu'est-ce qui s'est passé ?

—C'était … Où est Red ?

—Je t'avais dit de faire attention à lui ! Merde, il est à l'hôpital, Chat ! »

Il écarquille les yeux. Lui non plus, il n'avait rien vu venir. Même si ç'avait été sa Lady, il n'aurait rien pu faire.

« Je suis –

—Plus tard. »

Et toute leur frustration, ils s'en servent contre le vilain.

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Le monde reprend son ancien visage. Pas de 'bien joué' pour cette fois. Chat Noir commence à s'approcher d'elle. Elle le coupe.

« C'est moi. Je n'avais pas à m'énerver. Ce n'est pas ta faute. Il était corsé, pas vrai ? J'imagine qu'avec ce qui se passe en ce moment, le Papillon essaie de passer au niveau supérieur. Personne ne pouvait s'attendre à ça.

—J'aurais dû …

—Je vais à l'hôpital.

—Je peux venir avec toi ?

—Il n'a plus son costume, Chaton … écoute, je veux juste aller le voir, et puis rentrer chez moi. On se voit demain pour la patrouille.

—Ladybug ! Chat Noir ! »

C'est là que tu arrives, avec ces vêtements que Marinette a faits pour toi. En parfaite santé. Franchement, la magie, c'est beaucoup trop cool.

« Je suis désolé pour tout à l'heure. Mais les blessures ont disparu quand tu as fait ton machin. Alors tout va bien. »

Marinette te prend dans ses bras. Chat Noir vous regarde, avec le même regard que quand tu les vois s'échanger des coups d'œil complices. Il disparaît. Marinette inspecte tout ton corps pour vérifier que tout est en ordre, et c'est un peu gênant. Tu entends le clic d'un appareil photo, tu espères que ça n'est pas Alya – il te semble qu'elle est dans le Sud en ce moment – et tu vois que c'est ton appareil. Dans les mains de Chat Noir. Il te le rend, ainsi que ton carnet – et tu es heureux de remarquer qu'il garde ton dessin – et te frappe dans le dos.

« Eh bah, j'imagine qu'on ne se reverra plus, alors. C'était cool, de bosser avec toi. »

Tu souris, ça se voit toujours pas à cause de ton masque. Leurs Miraculous bipent simultanément, et Chat Noir disparaît à nouveau. Tu te retournes vers Ladybug, qui tient toujours fermement ta main. Tu l'attires vers un endroit où on ne la verra pas. Elle se détransforme, et pose sa tête sur ton épaule. Tu te rends bien compte que cette semaine, tu as augmenté ton endurance aux chocs, mais alors ton endurance à Marinette, pas du tout, et ton sang bout dans tes veines, ton cœur s'accélère. Tu la sens inspirer et expirer lentement, comme un exercice de méditation.

« J'ai eu peur. Je voulais pas qu'il t'arrive ça. J'avais la trouille, merde ! »

C'est rare de l'entendre jurer. Tu poses la tête sur son épaule, et tu sens quelque chose de mouillé. Tu te dis qu'elle pleure, avant de te rendre compte qu'en fait, ce sont tes larmes toi. Fillette.

« Moi aussi. Mais tu vois ? Je vais bien, et c'est grâce à toi. Tu finis toujours par me sauver. »

Elle te mat un vague coup dans le torse avant de te serrer très fort. C'est l'occasion rêvée pour l'embrasser. Tu en crèves d'envie, mais tu le fais pas, et pour une fois c'est pas la faute à ton trac imbécile, juste … c'est suffisant, pour l'instant.

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Il fait chaud, et tu traînes dans ta chambre, volets fermés. Tu regardes cette photo, que Chat Noir a prise, entre Ladybug et toi. Tu ne te reconnais pas du tout, là-dessus. On dirait vraiment quelqu'un d'autre. Ça fait plus d'une semaine, et depuis tu n'as pas trouvé d'excuse pour aller la voir, comme si tu attendais que quelque chose tombe du ciel. Tu ne sais même pas si tu la reverras à la rentrée.

Cette semaine a été horrible. Il y a eu, les premiers jours, la récupération, et depuis une chaleur insurmontable. La rentrée est dans moins d'un mois, ça a filé comme pas possible. On dit que le temps va de plus en plus vite quand on grandit, et tu te sens déjà vieux, avec ta dégaine de gamin. Tu te poses plein de questions sur l'avenir, sur le lycée, est-ce que c'est comme dans les films états-uniens ? Sûrement pas. Comment, alors ? Tu grognes sous la chaleur. Tu as essayé de dessiner, hier, mais ton crayon glissait entre tes mains moites et c'était particulièrement désagréable. Il fait une chaleur poisseuse et collante, du genre qui invite à la paresse la plus absolue. Tu as envie de voir Marinette, c'est certain, mais rien que d'aller chercher ton téléphone pour lui envoyer un message te paraît insurmontable.

Mais au final, quelque chose finit bien par tomber du ciel, sans quoi tu ne te serais nullement bougé le derche, et ce qui tombe du ciel c'est de l'eau, ouais, de la pluie. Tu l'entends, tu te lèves de sur ton lit, et tu passes le bras à travers les volets. La pluie est grosse et froide. Et ça, ça veut dire que tu peux sortir sans mourir de chaud. Tu attrapes ton téléphone, tu lui écriras un message quand tes doigts seront trempé de pluie et pas de sueur, tu t'attaches les cheveux, parce qu'avec le temps qui trace ils ont bien fini par t'arriver aux épaules. Tu préviens tes parents, qui te font une remarque sur la pluie, et tu passes la porte. L'air est brûlant, l'eau glacée. Elle a de la chance, elle vient de là où il fait frais. Ceci dit, finir dans les caniveaux parisiens, ça n'est peut-être pas un destin des plus enviables.

Tu commences à taper un message. Tu l'effaces. Tu recommences, 'Salut' … non, pas 'Salut', il faudrait autre chose … euh … Effacer. 'Bonjour' ? Trop formel. 'Bonjour' avec un smiley qui fait un clin d'œil ? Bof. Et puis c'est pas ton genre. Alors … Mince ! Foutues mains moites ! Tu viens d'appuyer sur appeler, mais au final, c'est peut-être un acte manqué. Tu colles le téléphone à ton oreille, ça sonne – déjà, son téléphone est allumé – et puis sa voix. Tu n'avais pas oublié sa voix, non, elle hante tes rêves, mais tu avais presque oublié ce que ça te fait de l'entendre, combien elle te mène à la baguette avec cette voix.

« Allô ?

—Hey, salut, bonjour : ah, c'est Nathanaël, euhm, ça va ? »

Bon, il y en a au moins un des trois qui est bon, non ?

« Oui, je … je ne pensais pas que … enfin, tu vois.

—Hm ?

—Je suis un peu surprise. Je ne pensais pas que tu voudrais encore … me parler. »

Elle a pris ta semaine de silence pour une rupture (d'amitié). Ça t'attriste. Parce que tu imagines bien qu'elle a été triste. Tu laisses échapper un rire nerveux qui la touche à travers le combiné. Tu l'entends respirer.

« Tu as vu ?

—Quoi ?

—Il pleut. »

Tu entends du grabuge, elle doit aller jusque sa fenêtre. Elle produit une exclamation de surprise, et tu entends qu'elle ouvre en grand sa fenêtre.

« Mon dieu ça fait du bien ! »

C'est le moment. Dans ta tête, Eyes of th Tiger joue pour te donner du courage.

« Ouais, hein ? Je suis sorti me promener. Ça te dirait de venir avec moi ?

—Tu es où ?

—Devant chez moi, pour l'instant.

—Je suis là dans une minute. »

Tu rigoles en entendant ça. Il y a au moins dix minutes de marche entre vos deux maisons, et en se dépêchant.

« Fais attention aux toits glissants. »

Elle rit aussi, et raccroche. En une minute et demie, elle est devant tes yeux, en civile. Tu vas du bout des doigts dans le creux entre son épaule et son crâne, vide, vide de cheveux. Et tu dois remonter jusqu'à la nuque pour en toucher quelques pointes.

« Ça te va bien. V-Vraiment bien. »

Pour toute réponse, elle tourne sur elle-même. Aucune mèche ne volète.

« Tu n'as pas peur que Chat Noir remarque ?

—Oh, il y a peu de chances qu'il me connaisse en Marinette, tu ne crois pas ? »

Tu acquiesces simplement. Tu observes les gouttes de pluie se fixer à ses cheveux comme à des brins d'herbe. Tu remarques que tu dois vachement levers les yeux pour ça, et quand tu regardes ses pieds tu trouves des sandales à talons. C'est la première fois que tu la vois porter ce genre de chaussure, et ça lui fait des jambes divines. Quoiqu'il soit un peu rageant qu'elle soit plus grande que toi, déjà qu'elle est plus belle, plus intelligente et plus forte. Mais bon, tu reconnais déjà sa supériorité – et surtout ton infériorité – alors tu n'es plus à ça près, si ?

Vous marchez un peu sous la pluie, tes cheveux dégoulinent alors qu'elle, c'est sur sa peau que l'eau ruisselle et vous finissez par croiser un salon de thé et de café avec une jolie terrasse. Tu te proposes de l'inviter, elle ne dit pas non, elle passe la main dans ses cheveux, et ça jette de l'eau partout. Tu l'admires. Elle, elle est capable de choses radicales et fortes comme cela. C'est un exemple bête, mais toi qui pourtant es un garçon, tu as parfois mal au cœur de devoir couper seulement les pointes. Tu les aimes bien, tes cheveux, dans le fond. Même s'ils te font souvent horriblement chier.

« L'année prochaine, tu seras où ? »

Elle a posé la question d'un ton simple, comme si l'avenir de votre relation ne dépendait pas de la réponse à cette question. Tu sais qu'elle voulait la même section que toi, ou tout du moins qu'elle y a pensé. Mais même, elle a peut-être choisi une section générale, intelligente comme elle est, ou pris ce bac mais dans un autre lycée que le tien. Si tu ne te trompes pas il y en a six, rien qu'à Paris.

« J'ai demandé une seconde STD2A à Boulle, à Renoir et à Vox … j'ai aussi demandé des secondes générales dans ces lycées, au cas où je ne serais pas pris.

—Ah bon ? Je t'aurais plus vu en générale avec, tu sais ? La spécialité arts plastiques. Mais j'ai demandé pareil. Ça serait bien qu'on soit dans la même classe, non ? »

Plus que bien, selon toi, et tu es soulagé qu'elle aie demandé ça aussi. Après tout, c'est normal, elle sait déjà dans quel domaine elle veut travailler. Elle sera une grande couturière, tu en es certain. Elle commande un café glacé, quand elle tourne la tête une goutte coule le long de sa tempe et il faut absolument que tu lui demandes de poser pour toi avant que ça ne repousse.

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Tu regardes ta mère. Bien sûr. Bien sûr que t'as pas été pris, avec tes résultats tout ce qu'il y a de plus moyen. Tu envoies un SMS à Marinette pour la tenir au courant. Tu iras en générale. À Boulle, mais en générale. Elle te répond 'Oh non ! Ça va ? Tu verras, tu t'amuseras bien quand même, et puis tu pourras essayer de rentrer en première STD2A !'

C'est adorable, cette façon de ne pas baisser les bras, et de te faire comprendre sans te rabaisser que oui, elle, elle a été prise à son premier choix. Qui était, par chance, Boulle. Tu penses à lui répondre quelque chose comme 'Ouais, ça va, t'as raison.', mais ça serait mentir. Et tu ne te sens pas d'humeur à lui mentir. 'Bof.' Et elle te répond exactement ce que tu voudrais qu'elle te réponde 'Tu veux que je vienne te voir ?'

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Et voici !

Oui, le changement d'établissement approche, ça risque de changer pas mal de trucs dans l'histoire.

Déçus par le manque de blessures de Nathanaël ? J'aurais bien voulu le mettre en fauteuil roulant, mais pour coller au canon j'ai décidé ça, au final. Comme dans Code Lyoko, aussi, tant que personne ne meurt, tout est réparable.

À plus !