Disclaimers: Les Personnages, l'univers D'Harry Potter, le conte est millénaire, même si l'honneur le plus récent revient à Madame LePrince de Beaumont et Mme de Villeneuve. Je ne suis qu'une fan girl qui s'assume. Exception faite de Dahlia, Iris, Capucine et William, qui sorte de ma petite tête^^.

Couple: Harry/ Draco (bien évidemment)

Rating: M, pour un peu de citron dans ce chapitre ou le consentement est à moitié entendu, tout du moins au début.

Parution: 1 fois par semaine. 7 Chapitres en tout, 7 chapitres fini^^.

Résumé : James Potter est un gentilhomme humble et travailleur, qui a vu son labeur récompensé par nombre de richesse et une nombreuse famille. Mais voilà que par un froid matin d'hiver, un druide frappe à sa porte avec dans ses bras son fils illégitime. La famille parfaite ne l'est peut-être pas tant que cela…

L'Ange et la Bête

Chapitre 6 : L'hiver vient

L'ambiance au dîner avait été lourde et pesante. Personne n'avait pipé mot ou presque, tant la tension entre Harry et Draco était palpable.

Lorsqu'il avait vu son frère rentrer échevelé, les vêtements recouverts de pailles, la pomme d'Adam décoré d'un suçon mémorable, les traits crispés au possible, Will avait vu rouge. Il avait failli demander des comptes à Draco, puis se ravisa en le voyant affublé d'une gifle.

Il faisait bien, car Draco aurait surement été capable de le faire passer de vie à trépas, tant sa rage était grande. Certes, ce n'était pas son « ami » qu'il voulait tuer, mais il aurait fait un excellent substitut.

Au moment du coucher, Will avait demandé à Harry s'il souhaitait lui parler, mais celui-ci avait refusé.

A présent, son grand-frère dormait et lui comptait les étoiles dans le ciel, incapable de trouver le sommeil.

Après un ultime soupire, il sortit de leur chambre pour se diriger vers celle de leur père.

Il y vit de la lumière et toqua doucement à la porte.

Il avait à peine répondu que déjà, il s'engouffrait dans la pièce, inconscient de l'ombre qui hantait ses pas.

Le voyant sur le pas de sa porte, comme un enfant après un cauchemar, James tapota les couvertures.

Harry se glissa à ses côtés et se laissa bercer par l'étreinte paternelle.

Elle était toujours aussi douce et réconfortante, comme si rien ne pouvait lui arriver tant qu'il était dans ses bras.

Harry enfouit son nez dans son cou, recherchant plus de chaleur et de contact, tel un animal effarouché.

Son père ne dit rien, le laissant parler librement de ce qui le tracassait en se contentant de lui caresser doucement les cheveux.

Au bout de quelques minutes de ce traitement, les mots prirent corps.

Le jeune homme confia à son père comment était la vie chez la Bête, à quel point elle était bonne, respectueuse et douce, malgré l'ombre qui poissait son âme. A chaque instant, elle se battait pour ne jamais devenir un monstre et risquer de lui faire du mal. Elle se dégoûtait, se trouvait indigne d'être vu ou même apprécié. Elle savait la répulsion qu'elle pouvait causer, de même que la peur. Allant jusqu'à protéger ses appartements de minuit à l'aube.

Il lui montra le gant et la clé d'or et lui expliqua ce qu'ils représentaient, prouvant à quel point la Bête avait foi en lui. Il lui expliqua qu'il était devenu aussi souverain qu'elle en son royaume. Il lui confia que si elle n'avait pas été là, il les aurait oublié et ne serait jamais revenu. Si elle lui avait servi d'ancrage c'était par affection et ne demandait rien en échange.

Chaque jour qui passait était un jour où elle découvrait le bonheur d'être accepté et apprécié. Il la voyait se radoucir, devenir moins mélancolique, bien que toujours secrète.

Plus que tout, elle ne l'avait jamais contrainte à rien, le laissant libre. Il avait su trouver une sérénité souveraine qui l'avait rendu plus fort et plus heureux. Il aimait être là-bas en compagnie de la Bête qu'il considérait comme une amie très chère et…

Il se tut en se rendant compte qu'il voulait retourner auprès de la Bête, y retourner tout de suite.

« Tu n'as pas à te sentir coupable. Ce que tu décris est la définition de « grandir » et c'est normal. Tu as trouvé un endroit auquel tu appartiens. La Bête est une créature qui te rend heureux et avec tant d'abnégation. Aucun parent ne ragerait de voir son enfant si apaisé et comblé. »

Harry prit la mesure de ce que son père venait de lui dire.

Il était apaisé et heureux. Etait-ce tout ?

Il aimait la Bête comme une amie tendre et précieuse. Etait-ce tout ?

« Et Draco ? Demanda James le coupant dans ses pensées.

-Quoi Draco ?

-Mon Ange, je suis ton père et je te connais. Il y a toujours eu un lien étrange entre vous. Quelque chose d'indéfinissable. Mais ce soir c'était différent.

-Il a été déloyale, méprisant et odieux. Il m'a traité comme un objet, une de ses possessions. Il m'a demandé de choisir. Ce n'est pas la première fois, mais comme tu l'as dit, cette fois c'était différent. Il a voulu que je foule au pied ma promesse et il m'a… »

Sa voix resta bloquée en travers de sa gorge.

Draco l'avait blessé. Il ne l'aurait jamais cru capable d'un pareil stratagème pour arriver à ses fins. Il s'était senti humilié, sali.

Il y avait toujours eu quelque chose de fort entre eux, à présent il n'y avait que du mépris, si ce n'était de la haine. En tout cas pour sa part.

De l'autre côté de la porte, Draco, qui avait tout entendu, eut un sourire cruel. Il avait l'information qui lui manquait pour se venger et reprendre ce qui lui revenait de droit. Ne restait plus qu'à demander de l'aide.

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La neige tombait doucement, recouvrant les jardins d'un immense tapis duveteux de coton blanc et poudreux. Le givre décorait la végétation d'un millier de girandoles de cristal, qui tintinnabulaient au moindre soupire du vent.

Les branches des arbres, difformes, dépouillées de leurs feuilles après le souffle glacial de Dame Hiver, croulaient sous le poids de la neige et menaçaient de se briser à tout instant.

Le soleil peinait à percer les volutes de brumes qui rampaient sur le sol.

Ce domaine autrefois abondant et empli de vie, était devenu froid et stérile, à l'image de son propriétaire qui errait comme une âme en peine. Plus les jours passaient plus la Bête pliait sous le poids des années qui défilaient à une vitesse folle depuis le départ de son Ange.

Même le château tombait en ruine. Les fissures ravageaient les murs, les fenêtres devenaient des trous béants, laissant passer des courants d'air aussi puissants que glaciaux. Le chaos régnait sur ses terres.

Harry en était devenu l'inspiration. Sans lui plus rien n'avait de sens et la vie fuyait ce royaume, se souvenant enfin qu'il était maudit.

L'été éternel s'était transformé en hiver éternel.

Seuls rescapés de cette débauche, le pavillon de Diane et la chambre d'Harry.

Cette dernière était le refuge de la Bête. Mourante, elle priait pour revoir le visage de son Ange. Celui qui lui avait redonné la joie et l'espoir et qu'il aimait si fort que son absence le réduisait à néant. Pourvut qu'il tienne parole et lui revienne. Pourvu qu'elle puisse le revoir une dernière fois avant de quitter à jamais cette vie de souffrance.

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Il ne fallut que peu de temps à Draco pour convaincre Dahlia. Sa cupidité était trop grande pour laisser passer une pareille occasion. De même que le désir de se venger de Harry et de cette famille qui l'avait mise de côté, trompé par son visage d'ange.

Ils avaient convenu qu'elle volerait la clé d'or que Harry cachait dans sa chambre et uniquement la clé, pour la remplacer par un artefact que son parrain avait créé pour lui. Parce qu'il doutait de pouvoir utiliser le gant, il demanda à son parrain de pourvoir à son transport jusqu'au château de la Bête.

Cette dernière avait commis une grave erreur en octroyant autant de pouvoir à Harry. Cela leur permettait de fragiliser les forces de Diane et de passer outre ses stratagèmes pour prendre l'avantage.

Il allait enfin pouvoir abattre son ennemi qu'il sentait faiblir de jour en jour, tandis que lui gagnait en puissance. Celle-là même qu'il emprisonnait au fond de son âme incapable qu'il était de la contrôler. Mais lui n'en avait pas peur et l'accueillait toute entière, pourvue qu'elle lui permette de lui voler ses richesses ainsi que sa magie, choses qui auraient dût toujours lui appartenir. Après quoi, il n'aurait plus qu'à revendiquer son Ange et lui faire oublier sa tocade pour ce monstre, ainsi que les souvenirs de sa famille. A sa merci, dépendant de son amour, il ne penserait à rien d'autre que lui appartenir, ne se refusant plus jamais. Ensemble, ils iraient vers l'héritage de ses ancêtres et il ne serait plus le fils adoptif et déchu des Malfoys. Il retrouverait son rang et son pays.

Les jours filèrent comme le vent. Les deux comparses s'activèrent à mettre en place leur méfait, tandis que le reste de la famille s'évertuait à profiter de leurs derniers instants.

La soirée d'adieu se déroula dans une ambiance entre rire et larme. Iris et Capucine avaient tenu à cuisiner les plats favoris de leur frère et la maison embaumait le beurre frais, le miel et les épices. Les différents mets furent arrosés de bon vin.

Parce qu'il voulait être un peu seul, Harry monta dans sa chambre en fin de soirée, laissant son frère et ses sœurs débarrasser la table.

James dormait du sommeil du juste depuis plusieurs heures. Bien que son état de santé se soit grandement amélioré, il se fatiguait vite.

Draco, lui c'était vite éclipsé, jouant son rôle d'amoureux éconduit à la perfection. En vérité, il attendait que Dahlia lui apporte la clé tant recherchée, dans le sous-bois, là où son parrain lui avait laissé une monture aussi noire que la nuit, harnachée de cuir clouté et de rubis étincelant.

S'il voulait devancer Harry, il devait partir à la faveur de la nuit.

Dahlia frotta ses yeux avec des oignons et s'en alla trouver la bâtard de son époux, mouchoirs de dentelles appliqué gracieusement sur ses joues faussement rougies, avec cachée au creux de sa main, la fameuse clé d'or.

Sans prendre la peine d'attendre une réponse de sa part, elle entra aussitôt après avoir toqué.

Elle était l'illustration parfaite de l'affliction et se savait convaincante, pour le peu qu'elle n'oublie pas d'ajouter dans sa voix, nombre de trémolos.

Choqué par sa mise, Harry resta bouche bée.

« Harry, tu ne peux pas t'en aller ! Pleurnicha-t-elle. Tu ne peux pas partir ! »

Aussitôt, elle s'agenouilla à ses pieds comme une pénitente.

« J'ai été si injuste avec toi mon petit. Et je m'en voudrais jusqu'à la fin de mes jours. Mais à la minute de te perdre, je me rends compte comme je tiens à toi. Je … Je ne pourrais pas supporter de te voir partir. »

Elle fondit en larme et s'écroula à moitié sur Harry qui la soutint de son mieux avant de l'assoir sur le lit.

« Vous…Pleurez ?...Pour moi ?

-Pardonneras-tu ma jalousie et mon égoïsme petit ange ? »

Elle enfoui son nez dans sa dentelle pour se moucher bruyamment.

Harry lui, digérait ce qu'elle venait de lui dire. Perdu, voyant un vieux rêve d'enfant se concrétiser, il ferma les yeux pendant quelques secondes pour reprendre possession de ses moyens.

Voyant là une occasion parfaite, Dahlia agrippa la clé, resté sur la table de chevet, avec le gant que Harry était en train de préparer pour son départ du lendemain. Elle s'empressa de faire l'échange et garda son larcin tout contre son cœur.

Elle se mordit férocement la langue pour ne pas se mettre à ricaner devant le visage défait du jeune homme.

Intérieurement, Harry analysait la situation à toute allure. Cette déclaration aussi soudaine qu'inattendue, le mettait mal à l'aise, tout en lui laissant un arrière-goût dans la bouche.

Quelque chose sonnait faux dans son discours et il espérait se tromper, même s'il y avait peu d'espoir. Dahlia restait fidèle à elle-même.

Il ne lui restait qu'une seule question sans réponse ou presque.

Il respira un grand coup, puis :

« C'est Draco qui vous a demandé de faire ça ? Il espère sans doute que cela pourrait me faire changer d'avis ? »

Dahlia eut la finesse d'esprit de ne rien dire, même si son visage affichait enfin ce qu'elle pensait vraiment. Elle était aussi pâle que son mouchoir.

« Qu'est-ce qu'il vous a promis en échange de pareil comédie ? »

La Traviata cessa son manège et se releva en n'oubliant pas de se draper dans ce qui lui restait de dignité.

« Il a promis de me donner ce qu'il reste de la petite fortune que ce monstre vous a donné pour nos frais. Des miettes, comparées à ce que vous auriez pu demander, mais suffisamment pour quitter cette affreuse bicoque et ne plus revoir cette famille de dégénérés et de traitres ! »

Harry serra les mâchoires à s'en faire éclater les dents.

Il la saisit fermement par le bras et la fit sortir sans ménagement de sa chambre.

« La seule dégénérée de cette maison c'est vous ! Fichez le camp si vos enfants vous débectent à ce point ! Inutile de fomenter des coups tordus avec un véritable traitre pour cela ! »

Et il lui claqua la porte au nez.

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La Bête avait présumé de ses forces et de la puissance magique qui était la sienne. Elle n'était plus si sûre de pouvoir tenir jusqu'au retour de son ange. Nul doute que c'était sa dernière nuit sur terre. Faible et ankylosée comme un animal qui voit sa fin arrivée, elle se traina lamentablement, la respiration sifflante, le cœur au bord de l'explosion, jusqu'à ce qui restait de la roseraie. Elle voulait s'éteindre là où elle l'avait tenu dans ses bras pour la première fois. Lorsqu'il avait rendu la rose à sa terre, la magie avait perdurée, mais son départ l'avait condamné à se flétrir, emportant tout être et toute chose se trouvant sur ses terres. A présent, elle n'était plus qu'un amas de ronces décharnées et tordues, qui menaçait de tomber en poussière.

La neige avait cessé de tomber, lui faisant un lit de moribond plus qu'acceptable. La Bête s'étendit, les yeux tournés vers le firmament. Elle soupira, apaisée.

Il était plus de minuit et pourtant l'ombre tapis au fond d'elle s'était enfin tue. Plus de tourment, ni d'envie de sang ou de cris.

Une paix qu'elle prenait plaisir à ressentir et qui lui permettrait de rester elle-même durant les derniers instants qui lui restaient à vivre.

Il ne lui manquait que Harry et elle serait comblée.

Pour préserver ses maigres forces, elle ferma les yeux, imaginant son visage, son sourire, sa douce présence, en priant pour le revoir. Juste le revoir.

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L'aube se levait à peine que Harry s'éveilla en hurlant.

Dans son rêve, il avait contemplé un désert de neige, de vent et de glace, qui autrefois était le domaine de la Bête. Il avait vu cette dernière rendre son dernier soupire au pied de ce qui fut la Roseraie, désespérée de le voir revenir.

Ses cris réveillèrent en sursaut la maisonnée entière. En un instant, William était prêt de lui pour, pensait-il, lui permettre de reprendre pied avec la réalité.

Mais cette réalité, il venait juste de la quitter. La Bête se mourait à cause de son départ ! Parce qu'elle avait pensé à son bonheur avant le sien ! Préférant le voir heureux sans elle, que malheureux avec elle ! Elle l'aimait tellement que ce sacrifice lui semblait léger, inconséquent.

Voilà la preuve d'un véritable amour, sincère et profond.

Et lui petit ingrat, n'avait pas pensé aux conséquences de son départ, alors qu'il connaissait les lois de la magie. Il lui avait plu de les ignorer, au point que son péché lui revienne en pleine figure.

Si la Bête mourait avant qu'il n'ait pu la rejoindre, il aurait sa mort sur la conscience.

Il repoussa vivement son frère et enfila ses effets.

Au même moment, le reste de sa famille était sur le seuil de leur porte, intrigué et inquiet.

« Que t'arrive-t-il mon ange ? lui demanda son père effaré en avisant son visage blême.

-La Bête se meurt à cause de moi, il faut que je reparte tout de suite !

-Tout de suite ?! S'écria Iris. Mais il fait à peine jour.

-Chaque minute compte ! »

Il sortit de la chambre comme une furie, gant et clé d'or en main, pour enfiler ses bottes. Il alla si vite dans sa détresse, qu'il manqua se fracasser dans les marches de l'escalier. Devant ce spectacle, Dahlia ne put empêcher un ricanement de sortir de sa gorge.

« Quelque chose te fais rire ?! L'apostropha-t-il.

-Ta conviction. »

Abasourdit, il se contenta de la regarder les bottes ballantes.

« Tu es si convaincu de pouvoir sauver ce monstre.

-Pourquoi ne le serait-il pas ? Demanda Capucine. Il a déjà sauvé papa.

-Uniquement parce qu'il n'y avait personne pour l'en empêcher, minauda sa mère.

-Qu'est-ce que tu insinue vieille charogne ! Beugla Will excédé.

-Vous n'avez rien remarqué ?... Vous ne trouvez pas qu'il manque quelque chose ?... Ou quelqu'un ? »

A peine avait-elle fini sa phrase que la clé d'or tomba en poussière dans les mains tremblantes d'Harry qui se retint à grand peine de lâcher un cri d'angoisse. Mais cela ne dura pas. Enragé, il fondit sur sa marâtre et la saisit par la gorge. Ses yeux luirent d'une étrange lumière alors qu'il la plaquait contre le mur.

Parce qu'il estimait ne pas avoir le luxe d'attendre qu'elle finisse son jeu de charade, il prit son esprit en otage en psalmodiant dans la langue de Gaïa.

Dans les méandres de son âme emplie de rancœur, de jalousie et d'égocentrisme, il put voir ce que Draco prévoyait de faire, la fausse clé qu'il avait donné à Dahlia, la force bestiale qui grondait en lui, si semblable à celle de la Bête durant les plus sombres heures de la nuit, et l'étrange cheval aux yeux de braises incandescentes qui l'avait conduit chez la Bête.

Le blond avait embrassé les ténèbres et s'apprêtait à commettre l'irréparable.

Il relâcha sa prise comme s'il s'était brûlé.

Il recula en chancelant, interdit devant les preuves accablantes qu'il avait vues.

A ses pieds, ricanant comme une démente, Dahlia lui asséna le coup final :

« Il va accomplir la tâche qui aurait dû t'échoir ! Petit couard ! Va aussi vite que tu peux ! Tu arriveras trop tard pour l'empêcher d'achever ce monstre auquel tu tiens tant ! »

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Ange arriva dans un grand fracas, à peine étouffé par la poudreuse. Il se redressa péniblement, à moitié assommé et recouvert de neige. Interdit, il regarda autour de lui.

Les jardins, si verts et si luxuriants le jour de son départ, n'étaient plus que désolation, battus par le vent, le givre et la neige.

Il tourna quelques instants sur lui-même, incapable de savoir où il avait bien pu atterrir. L'angoisse lui enserra la poitrine. Le domaine était si grand ! Comment ferait-il pour retrouver la roseraie et la Bête avant que Draco n'ait pu l'achever ?

Une bourrasque plus forte que les autres lui fit baisser les yeux. Les cristaux de glace piquèrent sa peau comme autant de petites aiguilles effilées. Il frissonna, parcouru de chair de poule.

Ses vêtements d'été n'allaient pas lui permettre de survivre à pareil climat.

Quoiqu'il décide, il devait le faire et vite ! Sinon, ils seraient deux à mourir.

Sans plus réfléchir, il se lança dans une direction au hasard, tout en priant pour être dans la bonne.

Il aurait voulu marcher plus vite, mais la neige rendait sa progression laborieuse.

Il s'en voulait d'avoir été si naïf. Il s'était fourvoyé sur Draco. Il ne savait pas qui il était, ni pourquoi il désirait autant se débarrasser de la Bête. Que représentait-elle pour lui ? Il n'y comprenait plus rien.

Glacé et courbaturé, l'esprit tourmenté, il finit par s'étaler de tout son long dans une congère.

Il grogna de frustration, avant de se relever en grelotant.

Il frictionna ses mains engourdies contre sa poitrine pour les réchauffées et poursuivit sa marche vaille qui vaille. Le vent se fit plus violent encore. Les flocons fouettaient son visage, rendant son avancée encore plus difficile.

La nature et la magie semblaient tout faire pour lui rendre la tâche impossible.

Quelle était cette puissance mystérieuse que Draco avait invoquée ? Etait-ce elle qui le voulait aussi loin que possible de son amie ?

Un pas de plus et il se retrouva engloutit par un monceau de neige. Incapable de se hisser au dehors pour se libérer, il hurla de rage.

Son impuissance était sur le point de le rendre fou.

Il se débattit comme un beau diable sans plus de succès.

Epuisé, vaincu, il s'effondra.

Le froid mordait son corps et le faisait claquer des dents.

Allait-il mourir là sans pouvoir rien faire ?

Il prit de grandes inspirations, aussi glacées soient elles, pourvu qu'il retrouve son calme.

L'esprit plus serein, il fit comme il l'avait toujours fait lorsque tout espoir lui semblait perdu : il pria Gaïa, puis Diane, ou qui voudrait bien l'entendre et lui répondre.

Au bout de quelques minutes, une étrange lueur s'approcha de sa prison. Etoile argentée, elle le survola plusieurs fois avant de se mettre à irradier si fort que la neige se mit à fondre.

Très vite, sa prison de glace ne fut plus qu'un mauvais souvenir, de même que ses tremblements.

Une fois son œuvre accomplie, elle se mit à enfler, puis onduler avant de prendre la forme d'un jeune cerf. Là où il se tenait, la neige fondait, laissant à sa vue la terre noire et fertile du domaine.

Alors qu'Harry reprenait courage et vigueur, le petit animal s'en alla en bondissant.

Sans plus réfléchir, le brun couru à sa poursuivre, se faufilant entre les arbres décharnés et les bosquets qui reprenaient doucement vie.

La course était éreintante et mettait son cœur et ses muscles au supplice, mais pour rien au monde il n'aurait ralentit l'allure.

Au bout du chemin, il était persuadé de trouver la Bête. Son petit sauveur ne pouvait être qu'envoyé par Diane. La Déesse avait encore assez de pouvoir pour se manifester à qui lui demandait de l'aide.

Il se retrouva très vite hors du sous-bois, puis dans les jardins.

Il s'enorgueillit d'espoir et accéléra l'allure.

Au loin, il apercevait ce qui restait de la Roseraie ainsi qu'une butte de neige. Si son rêve ne l'avait pas trompé, c'était là-dessous que devait se trouver son amie.

Sans plus de cérémonie, le souffle haletant, il déblaya son corps à demi découvert par le cerf d'argent.

Inconsciente, la Bête n'esquissa pas le moindre mouvement. Sa respiration n'était guère plus forte que le murmure d'un vent d'été.

« Ma Bête ! L'appela-t-il. C'est moi, votre Ange ! Je vous en prie, revenez-moi ! »

Comme il l'avait fait pour son père, il posa une main sur son front, l'autre sur son cœur. Il psalmodia avec ferveur pendant ce qui lui sembla être une éternité, avant qu'elle ne se décide à reprendre conscience.

« Ange ?...

-Oui c'est moi. Regardez-moi ma Bête. »

Mais cette dernière avait un regard vitreux et ne semblait pas le voir. L'ombre d'un sourire passa tout de même sur son visage.

«Je meurs content… Si vous êtes… auprès de moi. »

Meurtri de l'entendre prononcer de telles paroles, Harry serra son amie contre lui.

« Vous n'allez pas mourir. Vous vivrez et je serais à vos côtés. Toujours.

-Pas si j'ai mon mot à dire ! »

Ange sursauta et se retourna pour découvrir Draco sortir de l'ombre. Les yeux fous, le blond pointait le canon de son fusil de chasse sur la poitrine de la Bête.

Aussitôt, Harry fit un rempart de son corps pour la protéger.

« Ecarte-toi ! Brailla Draco.

-Jamais !

-Ainsi tu irais jusque-là pour sauver un monstre ?

-Le seul monstre que je vois ici, c'est toi ! Rétorqua Ange. Si tu veux tuer la Bête, il faudra me tuer aussi ! »

Possédé du démon, Draco eut un rire tonitruant et cruel qui résonna comme le tonnerre.

« Je n'ai pas besoin de te tuer pour t'écarter de mon chemin Ange. »

Un grognement sourd lui répondit.

Dans un dernier sursaut, la Bête se redressa.

« Laisse-le… en dehors… de ça ! »

Sa voix n'était qu'un souffle à peine grommelé, mais on pouvait clairement y discerner la rage.

Puisant dans ses derniers retranchements, la Bête se releva. D'abord chancelante, elle finit par se tenir aussi droite que possible, face à son rival.

«Cette… bataille est… entre toi et moi… Mon frère. »

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Hello tout le monde !

J'espère que ce chapitre vous a plu ?

Le titre ne vous rappelle rien ?^^ J'avais besoin d'un brin de fraîcheur après cette pseudo canicule et aussi GOT me manque arf^^, mais bref ! Vous savez maintenant pourquoi nos deux lurons se connaissent, ne reste plus qu'à savoir comme cette histoire va finir

Faites-moi part de vos impressions surtout et merci à tous ceux qui mettent cette histoire en suivit ou en favorite, ça me fait toujours autant plaisir, mais n'ayez pas peur laissé un com

PS, pour ceux que ça intéresse, le chapitre 15 de Sang noir est fini, je reprends de l'avance espérons que je reste sur ma laisser et que la suite vous parvienne afin la fin de l'année^^

A très vite

Angel