Hello mes agneaux ^^
J'espère que vous n'avez pas trouvé l'attente trop longue ?
J'ai été méchante au dernier chapitre je sais bien, mais courage c'est le dernier aujourd'hui, alors je ne vous embête pas plus et je vous retrouve en bas pour le mot de la fin.
Disclaimers: Les Personnages, l'univers D'Harry Potter, le conte est millénaire, même si l'honneur le plus récent revient à Madame LePrince de Beaumont et Mme de Villeneuve. Je ne suis qu'une fan girl qui s'assume. Exception faite de Dahlia, Iris, Capucine et William, qui sorte de ma petite tête^^.
Couple: Harry/ Draco (bien évidemment)
Rating: M, pour un peu de citron dans ce chapitre ou le consentement est à moitié entendu, tout du moins au début.
Parution: FIN
Résumé : James Potter est un gentilhomme humble et travailleur, qui a vu son labeur récompensé par nombre de richesse et une nombreuse famille. Mais voilà que par un froid matin d'hiver, un druide frappe à sa porte avec dans ses bras son fils illégitime. La famille parfaite ne l'est peut-être pas tant que cela…
L'Ange et la Bête
Chapitre 7 : Eros et Deimos
Gaïa n'était pas la seule divinité dont les descendants parcouraient le monde. Nombres d'entre elles furent reconnues pour autre chose que leur illustre nom, et avaient d'ample lignée et de splendide royaume, certains si reculés aux confins du monde, que personne ou presque ne connaissait leur existence. C'était le cas pour les Amazones, descendants de Diane et les Érotes, descendants d'Arès.
Les Amazones étaient un peuple cultivé, aimant la musique et les arts. Leur savoir-faire en orfèvrerie n'était plus à démontrer. Leur royaume n'était fait que de bois enchantés et de cités plus belles et plus délicates les unes que les autres. Elles étaient faites de coupoles d'argent, de murs et de sculptures de marbre blanc, le tout sous fond de nacres, de perles et de diamants. Fiers guerriers et philosophes, ils portaient aux nus leur famille royale, de même que l'héritière du trône : Caïssa, qui disait-on, était aussi belle et aussi sage que leur chère Déesse chasseresse.
Les Erotes étaient leur parfait opposés. Bien que tout aussi cultivés et adroits, ils étaient aussi cruels et sans pitié. Ils prenaient plaisir à faire la guerre, à s'approprier toujours plus de territoire et de richesse. Aucun peuple n'était plus puissant qu'eux. Un jour, leur roi, Phobos, dernier héritier d'Arès, lorgna sur le royaume de Caïssa.
Les enfants de la Déesse Lune semblaient être un défi de choix, seul peuple à pouvoir leur tenir tête. Trop peut-être.
Après des mois de campagnes infructueuses, Phobos, excédé, organisa une opération punitive où il infiltra le palais de la Lune, sanctuaire des Amazones et massacra la famille royale à l'exception de Caïssa dont il tomba éperdument amoureux. Il ne rêvait que de la posséder.
Pour se faire, il accepta de cesser le massacre des enfants de la Lune, si elle choisissait de lui appartenir.
Elle répugnait à lui obéir, mais elle n'avait guère le choix si elle voulait sauver ce qui restait des siens.
Elle s'enchaîna à l'envahisseur, tandis que les Erotes faisaient de même avec son peuple.
De leur union naquit des jumeaux. Le premier Deimos, était l'espoir de son père, le second, Eros, celui de sa mère.
Arès et Diane, en firent respectivement leur champion. Désireux de prendre le pas sur sa rivale, Arès maudit Eros. Il le changea en une Bête monstrueuse assoiffée de sang, qui à peine métamorphosée, égorgea sa mère.
Pour se venger, Diane bannit Deimos de ses terres, le privant à tout jamais de sa suzeraineté et de ses pouvoirs. Elle sauva Eros du courroux de Phobos et l'emmena dans un pays lointain, où son père ne pourrait pas lui faire du mal. Là-bas, elle s'efforça de briser la malédiction, sans y parvenir tout à fait. Du douzième coup de minuit à l'aube, la Bête prenait le pas sur son esprit, faisant disparaître l'être bon et généreux qu'il était. Quant aux jours, ils étaient hantés par les souvenirs de massacre des nuits et des murmures incessants du monstre, qui ne rêvait que de prendre le pas sur lui.
Lorsqu'il apprit ce qui était arrivé à Deimos, Arès fit un pari avec Diane, sous l'arbitrage de Gaïa, la Déesse de la Terre. Celui des deux qui parviendrait à se faire aimer inconditionnellement d'un descendant de la Déesse mère, serait Roi des Erotes et des Amazones, sans restriction aucune, débarrassé à jamais de leur malédiction respective, légitimé aux yeux de l'Univers.
Harry c'était relevé, chancelant et abasourdi. Il observa les deux frères, puisque frères il y avait, à tour de rôle, cherchant désespérément à être détrompé.
La Bête,… Eros, l'avait voulu libre et sans contrainte. Il avait été prêt à se sacrifier pour son bonheur. A présent, mourant, il trouvait encore la force de faire front pour lui, afin de lui permettre de se détacher de ce pari qui avait joué avec leur vie.
Pour ce qui était de celui qui portait le nom de Deimos, la Terreur, il ne saurait exprimer plus grand sentiment de trahison à son égard. Quand avait-il été sincère avec lui ? A quel moment ses caresses avaient eu comme présomption de faire de lui un esclave de ses sens et un meurtrier par procuration ?
« Tu t'es servi de moi ? N'ai-je donc été qu'un objet pour toi ? Un trophée ? s'indigna-t-il les larmes aux yeux, le cœur brisé. »
Un trophée ? Oui, il l'avait été. Tout du moins au début. Mais il ne pouvait nier qu'il éprouvait une forte inclination pour le brun. De même qu'un sentiment d'obsession qui l'avait pris au piège depuis longtemps. Le rêve de le posséder corps et âme ne le quittant jamais. Encore moins, lorsqu'il le savait seul avec son frère. Il le voulait dévoué à son seul être, à son seul plaisir. Il voulait que son ange lui appartienne et à lui seul. Eloigné des siens, il savait que son cœur d'enfant de Gaïa finirait par ne voir que lui, rendant le reste du monde obsolète, vide et froid. Cet amour, égoïste, malsain, était le seul qu'il pouvait ressentir. Après tout, il était un Erote.
Mais de quoi ce plaignait-il finalement ? Lui qui n'était que le fils illégitime d'un marchand de vieux fossiles et d'une guérisseuse à la petite semaine ? La vie qui pouvait être la sienne à ses côtés, était bien plus belle que tout ce qu'il ne pourrait jamais avoir sans lui !
« C'est mieux que d'être un bâtard de la petit bourgeoisie ne crois-tu pas ? Ricana-t-il pédant. »
Le verbe était vil et cruel, au point que son cœur rata un battement et se mit à le faire atrocement souffrir.
Il retint difficilement une plainte, avant de tomber à genou, le poing serré contre sa poitrine.
« Ne t'inquiète pas mon ange. Bientôt tu auras tout oublié. »
Un grognement de rage lui répondit. Eros montrait les crocs, prêt à en découdre.
« Je ne te laisserais pas l'utiliser à ta convenance ! »
Il s'élança.
« Mort cela te sera difficile, mon frère. »
Sans plus de cérémonie, Deimos arma son fusil et tira. Eros tanga, touché en pleine poitrine.
Son sang, rouge rubis, s'écoula lentement sur la neige jusque-là immaculée. Le contraste en devenait hypnotique.
Il y eut un instant de flottement, puis la Bête s'effondra.
Le cri de désespoir d'Ange accompagna sa chute. Sa peine était si déchirante que la terre se mit aussitôt à trembler, le vent à souffler, emplissant le ciel d'épais nuages, comme si le petit royaume se souvenait enfin qui était le maître.
Si Draco se préoccupait de cette tempête, aussi soudaine qui puissante, Harry lui, n'en avait cure. Il s'était précipité aux côtés de son ami, le visage ruisselant de larmes et n'avait de cesse de psalmodier dans l'espoir de lui sauver la vie.
Malheureusement, son cœur avait tant souffert que seuls les éléments lui répondirent, laissant la Bête à son sort.
« Ange… Ne vous… souciez pas… de moi…Partez. »
Harry se contentait de secouer la tête, refusant de l'abandonner encore une fois.
Deimos ne l'entendit pas de cette oreille et fit mine de se saisir du brun.
« Enfin une parole censée ! S'exclama-t-il. Tu reconnais enfin ta défaite, mon frère. Viens Ange !
-Ne touche pas à mon enfant ! »
Derrière Deimos, se détachant du paysage cotonneux, une haute silhouette enroulée dans un épais manteau, aussi blanc et poudreux que la neige elle-même. Dans un geste élégant et plein de grâce, elle le laissa tomber. Une femme à l'ample chevelure de feu, d'une beauté irréelle, vêtue d'un sari de soie verte aux broderies d'argent, toute auréolée d'or, se dévoila. Gaïa parée de sa suprême majesté et de sa colère.
« Recule !
-Il est à moi ! S'insurgea Deimos. J'ai gagné ! »
Gaïa pinça les lèvres jusqu'à les faires blanchir. Ses yeux, pareils à du miel liquide, flamboyaient d'une lueur féroce.
« Devenir Fratricide n'entrait certainement pas en ligne de compte. Le gagnant était désigné par sa capacité à se faire aimer d'un de mes enfants.
-Il m'aime ! »
Le blond se tourna vers Harry, toujours agenouillé auprès de son frère moribond, sûr de ne pas être contredit.
Harry darda ses émeraudes baignées de larmes sur lui, du fiel plein la bouche, il fit surgir sa rancœur.
« Je te hais ! Je te méprise ! Tu es un être ignoble au cœur froid et sans pitié ! Tu es un monstre d'égoïsme et de lâcheté ! Tu ne t'approcheras plus jamais de moi ou des miens ! Sois mille fois maudit pour tes crimes ! »
Choqué, Draco pâli et recula comme s'il venait de le frapper. Il se tourna vers la Déesse pour l'implorer. Mais sa détermination faisait échos à son enfant. Son courroux serait terrible.
Fier dans la défaite, il la toisa avec mépris, priant silencieusement son parrain de lui venir en aide. Peine perdue.
« Qu'il en soit tel que proféré ! Je serais la main qui portera la sentence ! Une sentence à la hauteur de tes fautes ! »
Elle leva un bras vengeur dans sa direction. En réponse, la terre à ses pieds, s'ouvrit. Dans un même temps, le damné vit ces derniers s'enfoncer dans le sol et se tordre pour devenir racines. Sinueux et implacable, le sortilège poursuivit sa course sur ses jambes, qui se soudèrent l'une à l'autre, avant de se voir recouvrir d'écorce. Petit à petit, son sang se cristallisa dans ses veines, jusqu'à prendre la consistance de la sève. Bientôt son torse se retrouva administré de même, puis sa gorge, faisant mourir le cri de terreur et d'agonie qui en sortait. Son visage, auparavant si beau, à présent perclus de douleur, se figea d'une grimace éternelle. Ses bras pointèrent vers le ciel devenant aussi noueux qu'effilés. Des ronces s'ajoutèrent à l'ensemble, puis des bourgeons, des feuilles et pour finir des boutons de roses aussi rouge que le sang qu'il avait répandu.
Deimos n'était plus.
Indifférent à son sort, Harry supplia Gaïa pour le salut d'Eros.
« Grande Mère, je vous en pries, sauvez-le ! »
Le visage doux et empli d'amour, elle s'agenouilla à ses côtés et essuya ses joues.
« Est-il digne de ton amour, mon enfant ?
- Oui, s'il vous plait rendez-le-moi. »
Il l'avait avoué comme un cri du cœur. Son âme avait choisi Eros. Celui qui avait été là pour lui, qu'il avait appris à connaître et réciproquement. Celui qui l'avait toujours respecté et qui voulait tout pour lui. Celui qui était son ami, son confident et qu'il voulait voir heureux. Celui qu'il aimait de tout son être et avec qui il voulait vivre. Tant que Gaïa lui prêterait vie. Qu'importe sa malédiction.
« Il me plaît, sois en certain. »
La Déesse l'embrassa tendrement sur le front, avant de faire de même avec l'élu de son cœur.
Tandis qu'elle disparaissait, son œuvre accomplie, une douce lumière enveloppa la Bête. Elle était si puissante, qu'Harry détourna le regard.
Il papillonna des yeux tandis qu'elle se dissipait, laissant apercevoir une réplique quasi identique du Draco qu'il avait toujours connu. La poitrine d'Eros se souleva au bout de ce qui lui sembla être une éternité. Les orbes d'orage s'ouvrirent. Disparue la mélancolie et la peur. Il n'y avait plus qu'espoir et cette tendresse qui les avaient toujours caractérisées.
« Ange ? »
Sa voix était toujours emprunte de douceur.
Le cœur débordant de bonheur, le brun se pencha pour l'embrasser et l'enserrer dans une étreinte, que loin de s'en plaindre, Eros lui rendit.
« Ange ! »
La famille Potter, dans son ensemble, avait hurlé son nom, tandis qu'il apparaissait dans le salon, accompagné d'Eros.
De dernier, conscient de l'accueil qui lui serait réservé, compte tenu de son apparence, se tenait légèrement en retrait, laissant son amour expliquer la situation.
Une fois fait, les réactions furent multiples.
William était en colère et se sentait trahit. Lui qui avait toujours considéré Draco, ou Deimos, comme son frère de cœur, avait l'impression qu'on lui avait arraché une part de sa vie, de son adolescence. Comme si tout n'avait été qu'une vaste fumisterie, dont il n'avait pas été la seule victime.
Les jumelles, pour une fois, ne trouvèrent rien à dire, tant elles étaient choquées.
James, lui, se leva, de façon on ne peut plus solennelle, et donna une longue accolade à un Eros médusé.
Quant à Dahlia, puisqu'il est bien temps de clore ce triste chapitre, elle avait quitté la maison, ainsi qu'elle l'avait toujours souhaité, bien que ce fût sous l'impulsion de ses enfants et de son mari fantoche. Ils lui avaient emballé, sans cérémonie, ses maigres possessions dans un baluchon et envoyé au diable !
Ce qui adviendra d'elle par la suite ne mérite guère d'être raconté. Aussi me contenterais-je de ces quelques mots : elle finit sa vie seule et misérable, en réponse à tout le mal qu'elle avait fait.
Se rendant compte qu'il n'y aurait pas de bon moment pour l'annoncer, Eros déclara qu'il devait repartir dans son royaume, rétablir la paix entre deux peuples ennemis, dont il était le nouveau suzerain. Dans la foulée, il demanda à James s'il accepterait de lui accorder la main de son fils.
Avant que ce dernier n'ait pu répondre, les jumelles bondirent de joie et sautèrent au cou de leur frère en scandant de tonitruant « Oui ! Oui ! Oui ! ». Il était hors de question de laisser partir un homme qui avait su remporter tous les suffrages de leur cher petit frère.
James accepta, à moitié coupé par les rires, mais à une seule condition.
Ce pays n'avait plus grand-chose à lui apporter, si ce n'était l'avenir que ses enfants y construiraient et il souhaitait pouvoir les accompagner.
William cria au scandale. Comment pensait-il qu'il accepterait pareil marché ? Lui aussi voulait les suivre. L'expérience de la vie sans son frère lui avait largement suffit pour toute une vie.
Ses sœurs, bien d'accord, décidèrent de se joindre à l'expédition.
Hors de question de se séparer de leur père et de leurs frères.
Plus jamais leur famille ne serait désunie !
Le retour du roi légitime, champion de la Déesse Diane, accompagné par une famille humaine des plus banales, fut loin de remporter tous les suffrages. Nombres de révoltes chez les Erotes furent à déplorer. Mais la présence d'Harry, descendant des enfants de Gaïa, fini par convaincre les plus récalcitrants.
Les Amazones goûtèrent à nouveau aux joies de la liberté, tandis que Phobos était déchus de ses droits. Oublié le pouvoir, les intrigues et les assassinats politiques pour le vieux Roi. S'il n'était pas mis à mort, il serait mis sous résidence surveillée pour le restant de ses jours.
Le jour de l'avènement d'Eros en tant que Roi des Amazones et des Erotes, Diane, Arès et Gaïa firent leur apparition. Les Dieux ennemis déclarèrent que leurs descendants ne seraient plus jamais en guerre et que les enfants de Gaïa en seraient les légitimes gardiens et ce jusqu'à la fin des temps.
Les trois Dieux bénirent l'union d'Ange et Eros, puis Gaïa couronna son enfant, lui qui était l'élu de son peuple.
Ainsi, les trois nations cohabitèrent, les unes avec les autres, dans le respect et l'harmonie. Le Royaume vivait une ère de gloire et de félicité comme il n'en avait jamais connu.
Les Potter s'étaient vite acclimatés à cette vie faite de magie.
Ils n'en étaient pas pourvu, mais leur cœur généreux firent l'unanimité et chacun dans le Royaume oublia leur ascendance et convainc que cela importait peu.
William vint même à envisager d'ouvrir des voies de commerces maritimes et terrestres avec les autres cités magiques. Ils pourraient ainsi déboucher sur des alliances et des accords de non-invasion. La tragédie qui s'était abattue sur les Amazones ne devait en aucun cas se reproduire et il voyait là un excellent moyen d'y parvenir.
Avec ses initiatives, William acquis la reconnaissance qu'il avait toujours souhaité avoir.
Comme son père en son temps, il rencontra aux détours d'un bois, une descendante de Gaïa, Liseron, dont il tomba éperdument amoureux.
Les jumelles, quant à elles, furent de merveilleuses ambassadrices. Leur maniement des langues et leur franc parler, leurs valus bons nombres d'accords diplomatiques.
Eros et Ange n'auraient pu rêver meilleur soutient.
Plongées dans leur travail, et leur vie de famille, elles n'eurent jamais l'envie de se poser sentimentalement parlant, ou même d'avoir des enfants, trouvant le rôle de marraines excentriques bien meilleur.
James, quant à lui, profita tranquillement d'une retraite bien méritée. Il avait auprès de lui se dont il avait toujours rêvé. Une famille aimante et soudée, et le bonheur de ses enfants adorés.
Ange et Eros filaient le parfait amour. Jamais une dispute, toujours là pour se soutenir l'un l'autre. Leur bonheur se vit d'ailleurs confirmer par la naissance de jumeaux. Un petit garçon brun, à la peau dorée, pourvut de magnifique yeux gris, qu'ils prénommèrent Solal, et une petite fille blonde, à la peau nacrée, et aux yeux d'émeraude, qu'ils prénommèrent Luna.
Ainsi la vie s'écoula, paisiblement.
L'aube pointait entre la cime des arbres, ramenant vie et couleur dans les jardins. La rosée, fraîche et humide reflétait les pâles rayons du soleil, au point de leur donner des airs de perles de cultures.
Les fleurs semblaient pleurer de joie. Les oiseaux commençaient à chanter, rythmant à la perfection ce début de journée.
Sortant d'une arche de glycines, une silhouette voutée et claudicante qui inspira l'air empreint d'une odeur de terre mouillée, slalomant entre les bosquets, un panier d'osier dans une main, une canne d'argent er d'ivoire dans l'autre.
A sa suite, Colin, son jeune page, arborait la mine chafouine de quelqu'un qui n'a pas assez dormit. Un bâillement sonore lui échappa, tandis qu'il se frottait les yeux, brisant quelque peu l'atmosphère douce et paisible.
Le vieil homme émit un grincement. Ce qui, pour toute personne le connaissant un peu, était ce que sa voix rocailleuse de doyen produisait en guise de gloussement amusé.
« Vous êtes sûre que vous ne voulez pas de mon aide pour porter votre panier, Majesté ? Demanda le page les yeux mi-clos.
-Non, mon petit. Occupez-vous seulement de mettre un pied devant l'autre. Votre chute d'hier nous suffit à tous les deux. »
Sa nombreuse famille et son médecin, étaient d'avis qu'à son âge, ces longues escapades dans les jardins pouvaient s'avérer dangereuses.
Mais au vue de l'incident de la veille, il doutait que le danger fut pour lui.
Ses promenades avaient un caractère sacré à ses yeux. Il venait en ces lieux comme en pèlerinage et il s'était promis que seule la mort pourrait l'empêcher de s'y rendre à chaque levé de soleil.
Qu'importe que les branches de la Roseraie soient nues et racornies en hiver, sèches et friables en automne, ou à peine bourgeonnantes au printemps. Qu'importe l'avis de son entourage.
Enfin arrivé à destination, il prit une seconde pour emplir ses yeux.
Les bosquets étaient foisonnants de roses argentées, étoiles dans un océan de vert. L'air embaumait milles senteurs qui étourdissaient son esprit, saccadaient sa respiration et emballaient son vieux cœur.
Ses jambes, soudain flageolantes, l'obligèrent à se laisser tomber sur un banc de pierre.
Il reprit doucement son souffle, les yeux fermés, recueillit.
Son page, respectant son besoin de paix, avait rendu son souffle presque imperceptible.
Une fois sa méditation terminée, il lui tendit son panier et le sécateur qui s'y trouvait.
Sa mission, couper les roses qu'il lui désignait.
Voilà plusieurs années que ses pauvres doigts, perclus d'arthrose, ne lui permettaient plus de le faire lui-même.
Comme frappé par la grâce, Colin fut soudain aussi alerte qu'il convenait à sa position et fit comme on le lui ordonnait, avec déférence et infiniment de douceur.
Une fois le panier remplit, ils s'en furent comme ils étaient venus.
Sa vigilance accrue, le page ne quitta pas son maître des yeux. Il scruta les signes de fatiguent qui ne mettraient guère de temps à venir. Plus les jours passaient, plus le moment où il avait besoin de son aide pour marcher venait rapidement.
A peine étaient-il sortis de sous la glycine, que le vieil homme s'agrippa à son bras secourable.
Sa respiration était laborieuse, emprunte de bruit de rocaille. Son corps avait de plus en plus de mal à se mouvoir avec aisance. Ainsi leur pèlerinage prenait des airs de parcours du combattant. Un combat contre la mort qui n'avait de cesse de faire sentir son souffle glaciale sur sa nuque.
Aux portes du jardin d'hiver, les attendait son arrière-petite-fille, Azalée. Une jeune femme aux sorties de l'adolescence, svelte et gracile, au visage mutin, mangé par une paire d'yeux vert de gris, le tout auréolé d'une abondante chevelure châtaigne. Elle avait tressé les mèches qui lui encadraient le visage et portait une robe elfique très simple, dont la soie verte amande flottait au vent.
Voyant son aïeul dans la peine, elle se précipita au-devant d'eux. La mine inquiète, le nez froncé, elle se supplanta au serviteur et le guida d'une main ferme vers le premier fauteuil venu.
«Tu n'es pas raisonnable ! »
Elle s'empressa de lui tendre un verre d'eau, qu'il but avec avidité et reconnaissance.
« Tu l'es pour deux, ma Chérie. »
Après avoir repris son souffle, il fit mine de se lever pour arranger ses roses en bouquet. Aussitôt, la langue d'Azalée claqua contre son palais, sentencieuse.
« Reste tranquille ! Aujourd'hui, c'est moi qui m'en occuperais. »
De la tendresse plein les yeux, il la regarda couper tiges et feuilles avec une dextérité féérique, qui n'était pas sans lui en rappeler une autre.
Il soupira.
« Tu lui ressemble tellement. »
Elle lui sourit, fière du compliment.
De ce genre, elle en avait entendu maintes et maintes fois, et ce depuis sa plus tendre enfance.
Selon les personnes qui l'avaient connu de son vivant, elle était son portrait craché. Quelque chose dans son attitude, dans son regard ou son caractère et son sens du « raisonnable », leur rappelait cet illustre aïeul, le compagnon d'éternité de son arrière-grand-père.
N'ayant jamais eu la chance de le rencontrer, elle devait se contenter du portrait qu'on lui avait toujours brossé.
De toute éternité, ce qu'elle préférait entendre était l'histoire de leur rencontre. Celle de deux âmes sœurs liées par le destin.
Elle la trouvait follement romantique, propre à inspirer les cœurs les plus endurcis.
Un amour si fort qu'il perdurait jusque dans la mort.
Tout le monde en rêvait, tout en le redoutant. En regardant les yeux délavés par le temps et la mélancolie qui la fixait, elle savait ce que la perte d'un tel amour pouvait engendrer.
Son grand-père lui avait souvent fait part de cette peur lancinante qu'il éprouvait depuis la perte de ce père tant chéri, celle de voir le désespoir emporter le dernier parent qui lui restait.
Celui-ci appelait la mort de tous ses vœux, seule entité capable de les réunir.
C'était à l'aube d'un matin d'hiver des plus glacials, alors qu'il reposait dans l'étreinte tendre et protectrice de son mari, que les tourments qui avaient rythmé son existence, avaient eu raison de son cœur si fragile. Il n'avait pas 40 ans.
Sa mort fut source d'un deuil national.
On dit que pendant plusieurs jours, nul ne vit le soleil ou la lune, et que les animaux de la forêt, ne sortaient que pour hurler leur peine. Les fées lucioles avaient cessé de briller. Quant au rosier royal, celui au pied duquel, ils s'étaient rencontrés et où ils avaient échangé leur premier baiser, il n'avait plus fleuri pendant sept longues années.
A présent, ces fleurs qui avaient été le témoin de leur romance et de leur vie, étaient le témoin de son repos éternel.
Azalée coupa la dernière tige et la plongea dans le vase de cristal qu'elle avait préparé à cet effet.
« Puis-je venir avec toi ? »
Son grand-père acquiesça dans un sourire plissé d'un millier de rides, avant de se lever difficilement de son fauteuil.
Vaillant petit soldat, il ouvrit la marche.
Accompagné du fidèle Colin, ils traversèrent salons et couloirs.
Les occupants du palais étaient en grande partie endormis. Les autres, efficaces comme des petites fourmis, s'agitaient en tous sens. Il fallait garder les meubles propres, sans le moindre grain de poussière, vider les foyers et les recharger en charbon, ranger les différents effets, remettre de l'ordre dans les salons, les bibliothèques et les boudoirs et les aérer, tapoter les coussins et rafraîchir les bouquets.
Après avoir traversé toute cette effervescence, le trio se retrouva dans le hall, là où ils pourraient prendre le grand ascenseur de verre et d'argent, qui se chargerait de les conduire à bon port.
Les portes se refermèrent sur eux dans un joyeux cliquetis et un bouton pressé plus tard, l'ascenseur s'élança sans effort jusqu'à la plus haute tour du palais.
Là, au cœur d'une serre finement ouvragée, foisonnante de végétation et au plus près des étoiles, se trouvait un mausolée. Il était fait de marbre blanc et taillé d'un millier de roses, de quelques fées et d'animaux diverses. Sur le couvercle, un gisant.
Sur la stèle, un nom que le vieil homme murmura comme une prière.
« Ange. »
Eros était fatigué.
Cette journée avait été plus éprouvante que les autres et c'est avec délice qu'il retrouva son lit ce soir-là.
Allongé dans le noir, il fit le bilan de sa vie.
Il avait passé les premières années de son existence dans une prison, à cohabiter avec le monstre qu'il était. Il s'était raccroché à l'espoir qu'un jour son tourment prendrait fin. Puis, Ange était entré dans sa vie, apportant avec lui l'espoir et l'amour. Un amour qu'ils avaient partagé pendant près de vingt ans, avant que la mort vienne lui arracher des bras. Il sentait encore la froideur de marbre qu'était devenu son corps et qui l'avait sorti du sommeil, là tout contre sa poitrine.
Que l'on est naïf lorsque l'on aime. L'on croit que rien ne pourra nous séparer et pourtant…
Il se souvenait avoir hurlé, tant sa douleur était grande. Il se souvenait s'être accroché au corps sans vie d'Ange pendant des heures, au point qu'il avait fallu que ses enfants lui retirent de force des bras, avec l'aide de leur oncle.
Un gouffre épais et poisseux avait envahi son esprit, le plongeant dans une apathie telle, que seul James avait pu l'en sortir. Aider son beau-fils à reprendre pied et à rester en vie pour ses enfants, lui avait coûté ses dernières forces.
Jamais un parent ne devait enterrer son enfant.
L'inverse était dans l'ordre des choses, aussi le suivit-il quelques mois plus tard.
Leur famille avait mis longtemps avant de se remettre de leur perte. S'en étaient-ils jamais remis ?
Mais la vie avait suivis son court. Ses enfants et ses obligations envers son peuple l'obligèrent à se lever le matin. Même s'il se laissait les premières heures du jour pour rendre visite à Ange. Un rituel immuable encore aujourd'hui, alors qu'il avoisinait les 113 ans. Ses enfants avaient grandis, avaient eu leurs propres enfants. Les jumeaux, Solal et Luna étaient montés sur le trône et lui profitait des derniers jours de sa vie, loin de toute les exigences du pouvoir, sous l'œil de sa nombreuse famille.
Seule lumière dans sa vie, à présent triste et froide, sans la présence d'Harry.
Ils n'avaient eu que peu de temps ensemble, et ils avaient profité au mieux de chaque instant.
A chaque heures, son esprit n'avait de cesse de lui faire revivre le moindre de leur souvenir commun et il les chérissait de tout son cœur.
Mais à présent c'était assez. Les souvenirs n'étaient plus suffisants. Sa vie avait été longue et fructueuse.
Cette journée était sa dernière, il le sentait jusque dans ses vieux os. Il désirait ardemment s'endormir pour toujours. Ainsi commencerait le rêve éternel. Celui-là même où ils pourraient se retrouver.
Alors qu'il sentait les battements de son cœur de raréfier, une lueur se dessina entre les ombres de sa chambre.
Une silhouette qu'il connaissait si bien, se matérialisa.
Ange, aussi beau que le jour de leur rencontre, était là, au pied de son lit, un sourire radieux sur le visage.
« Je t'ai fait attendre mon amour, et je t'en demande bien pardon. C'est assez à présent, tu vas pouvoir partir avec moi. »
Harry tendit sa main vers lui.
Tremblant d'émotion, Eros s'en saisit et fut surprit de découvrir que sa peau, autrefois flétrie et marquée, avait disparue. De même, son corps tout entier avait changé. Il était de nouveau ce beau jeune homme, qu'au fond, il n'avait jamais cessé d'être. Il enlaça son mari et l'embrassa avec passion. Retrouvant la vigueur de ses vingt ans.
« Tu m'as tant manqué mon Ange. Si tu savais comme je t'aime.
-Moi aussi je t'aime, mon amour. Et nous ne nous quitterons plus jamais. »
FIN
Pas taper !^^
Alors oui fin douce-amère, mea culpa.
Il faut savoir qu'au tout début, cette fiction devait commencer par un Draco vieillissant racontant l'histoire de sa rencontre avec son Ange. Cet amour disparue trop tôt et où il venait fleurir la tombe tous les matins.
Donc bon soyez heureux de ne pas vous être fait spoiler dès le prologue^^.
Penny j'espère que l'attente n'aura pas été trop longue et que tu ne m'en veux pas de cette fin ?^^
J'ai aimé partager cette histoire avec vous tous et ce sera loin d'être la dernière, une autre est en chantier, de même que Sang Noir, que je ne lâche plus d'ici la semaine prochaine je vous livrerais le chapitre 16 pourvu que je tienne la candace^^
Dites moi dans les commentaires ce que vous avez le plus aimé ou détesté ou les deux dans cette histoire, j'attends vos retours avec impatience^^ !
D'ici là à bientôt
De gros bisous
Angel
