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Chapitre deux :

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Merci au Saut de l'Ange, Doddy et Miss Cerise !

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Elizabeth Bennett était assise à sa table et s'observait dans le miroir. Les jours de voyage effréné avaient pris leur emprise sur elle, et il était aisé de remarquer sa fatigue. Cependant elle n'était pas capable de dormir, chacune de ses pensées pleines d'inquiétude et de colère pour Lydia, ou… Quelque chose qu'elle ne pouvait tout à fait nommer. Sévèrement, elle s'examina dans le miroir. Ses yeux étaient sombres et légèrement gonflés par les pleurs et le manque de sommeil. Il y avait également une teinte rouge autour de ses yeux qui exagérait leur dilatation. Cela lui donnait un air un peu fou, lorsqu'elle y pensait. Ses yeux n'étaient plus brillants ni étincelants, ils ne possédaient plus cet éclat que Mr. Darcy avait si souvent admiré. Ils étaient à la place sombres et fatigués, à la vague lumière du chandelier. Il est souvent dit que les yeux sont le miroir de l'âme et de l'esprit. C'était en effet véridique dans le cas d'Elizabeth, dont le cœur était accablé, ainsi que fatigué. Son esprit l'était également, et ne traitait pas correctement les informations qui lui provenaient.

Si Mr. Darcy entrait soudainement dans cette chambre et si j'étais obligée de le recevoir, je suis sûre qu'il serait choqué par mon état présent. Tiens, je suis sûre que je ne pourrais fournir une seule bonne remarque ou réponse à aucune des phrases qu'il pourrait prononcer ! Pensa-t-elle ironiquement. Il était étrange de réaliser que ses pensées dérivaient amoureusement vers lui, s'arrêtant sur sa stature royale, sa voix douce, parfois calme, ses cheveux bouclés, ses yeux expressifs, sa façon de bouger, sa posture sur son cheval, ses manières, la force de ses bras, la sensation de ses lèvres sur les siennes...

Assez, se dit sévèrement Elizabeth à elle-même. Arrête d'être stupide et sentimentale. Il y a à présent un gouffre entre lui et toi. Il aurait pu être parfait pour toi, mais il n'y a aucune possibilité de mariage entre vous deux. Il y a toujours le problème de différence de classes, et maintenant ce scandale qui survient à cause de la folie de Lydia ! Après avoir rappelé son esprit à l'ordre, elle tourna à nouveau son attention sur le miroir et leva la tête.

Les poches sous ses yeux, ainsi que les ombres accusées de son visage trahissaient son manque de sommeil et lui donnaient un air maussade qu'elle détestait. Ses cernes semblaient se moquer d'elle, et la prévenir. Elle avait toujours eu un profond amour pour la vie et les divertissements, même si elle pensait ne l'avoir jamais montré, et n'avoir certainement pas agi comme Lydia.Mais à présent, il semblait que ces cernesauguraient son futur. Elle était condamnée à devenir une vieille fille, condamnée à regarder sombrement le monde, aigrie par la perte de l'homme qu'elle aurait pu aimer et de tout espoir de bonheur futur à cause de la folie de Lydia. Mais là !Elle refusait de s'étendre sur le sujet,au cas où il y ait encore une chance que Lydia et Wickham soit retrouvés et que tout soit remis dans l'ordre.

Son teint était légèrement hâlé, mais c'était à prévoir. Après tout, elle avait voyagé pendant l'été, et elle s'était promenée qu'il pleuve ou que le soleil brille.Son visage semblait pâle cette nuit, mais cela pouvait aussi être attribué à l'éclairage. Soudainement, Elizabeth approcha sa figure du miroir et examina minutieusement son reflet. Qu'est-ce que ces… Elizabeth soupira. Ils l'étaient. Elle avait de légères cernes autour des yeux. Elles étaient à peine perceptibles mais son épuisement les accentuaient, et elles étaient en effet là.

A quoi t'attendais-tu ? se réprimanda Elizabeth. Après tout, tu as dépassé la vingtaine. Tu seras bientôt considéré comme très vieille.

La demoiselle soupira à nouveau. Je n'ai pas la beauté de Jane, qui lui permet de contrecarrer les signes de l'âge. Son esprit, ayant dérivé jusqu'au sujet de sa soeur, continua sur ce même chemin, car Elizabeth était également inquiète pour sœur la plus proche. Bien que Jane essayait de le cacher, elle avait été profondément blessée par la perte de Mr. Bingley et son moral ne s'était pas élevé jusqu'à sa hauteur habituelle depuis son départ.

Même Jane s'approche du seuil, songea-t-elle, secouant sa tête. Selon toute vraisemblance, Mr. Bingley avait été la dernière chance de Jane. Eh bien, si les choses continuent ainsi, nous serons également ensemble dans le célibat, ou dans le mariage malheureux.

La voix d'Elizabeth résonnait amèrement dans sa tête.De la pitié pour les futurs possibles de sa soeur et d'elle-mêmeenvahit son coeur. Particulièrement pour Jane.Jane mérite mieux. Je suppose que je pourrais être heureuse seule, avec la seule certitude de son bonheur. Elle est si bonne et si jolie, elle mérite un futur heureux.

Elizabeth se leva, tentant de bannir toute pensée sombre de son esprit en le forçant à retourner à la tâche, et elle décida de s'empêcher de réfléchir à cela. Elle se tourna vers le miroir, étudiant son visage, son profil, et tout ce qu'elle put voir de son dos. Sa silhouette était fine et sportive grâce à ses fréquentes marches. Ses cheveux noirs habituellement relevésétaient à présent attachés lâchement pour la nuit.Ils cascadaient gracieusement dans son dos, suivant ses mouvements alors qu'elle se déplaçait dans la pièce. C'était ce que Mr. Darcy avait vu lorsqu'elle faisait les cent pas dans le salon avec Miss Bingley. Avait-il aimé ce qu'il avait vu ?

Finalement éreintée, Elizabeth s'assit sur son lit, puis s'allongea sur les oreillers. Manifestement, se dit-elle, il avait aimé ce qu'il avait vu. Sinon, comment aurait-il pu te demander de l'épouser ?

Se retournant, elle s'admonesta d'avoir accepté ses préjugés, ne tentant donc pas de connaître correctement Mr. Darcy.Elle s'était aperçue trop tard de sa gentillesse et de son amour. Elle s'était aperçue trop tard qu'elle était capable de voir sous son masque le frère attentionné et modéré qui cachait son véritable visage au monde entier. A présent qu'elle avait pris le temps de bien le connaître, elle réalisait qu'il était l'incarnation de tout ce qu'elle admirait. Il était vrai qu'il avait défauts, mais elle également, ainsi que tout ceux qu'elle connaissait. Les défauts pouvaient être corrigés grâce à l'amour, la patience et le temps.

« Mais certaines erreurs ne peuvent l'être, murmura Elizabeth. »

Et la seconde fille Bennet s'obligea à dormir cette nuit, aspirant à ce qu'elle sentait ne pouvoir jamais être.

A suivre...