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Chapitre trois :

Reflections

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L'homme aux cheveux noirs parcourait résolument la pièce. Son majordome se pressa pour aider son maître à se débarrasser de son grand manteau et reçut ses gants, sa cane, et son chapeau. Les cheveux noirs et bouclés se découvrirent, sous lesquels deux yeux verts étincelaient d'un éclat dur.

« Je dînerai dans ma chambre, Hubert, dit-il un peu après l'avoir remercié.

- Très bien, monsieur. Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ? Demanda Hubert.

Il n'était pas insulté par le comportement froid de son maître ou son peu de conversation. Son maître avait toujours été un homme de peu de mots et le majordome pouvait affirmer que quelque chose l'attristait au point de le rendre las.

« Oui... Fut la réponse alors que l'homme se tournait vers les escaliers. Oui, j'ai trouvé. Cela sera tout. Je serai dans ma chambre, mais je ne veux pas être dérangé sauf si cela est absolument nécessaire.

- Oui monsieur. »

Fitzwilliam Darcy soupira alors qu'il enlevait son manteau et se laissait tomber dans son fauteuil près de la fenêtre. C'avait été une dure journée, mais non sans aucun enrichissement. Il avait essayé, pendant des jours, de filer ce malotru de Wickham, mais cela n'avait pas été gratifiant. Finalement il avait envoyé des gens pour tenter de localiser Mrs Young, qu'il pensait posséder l'information dont il avait besoin. En effet, elle savait, bien qu'elle n'hébergeait pas elle-même les fugitifs. Cela lui avait demandé un peu de persuasion et plus qu'un peu d'or, mais il avait finalement découvert où se cachait sa proie. Et ce jour-ci, il était parti, juste pour trouver Lydia et Wickham vivant dans une sordide pièce, dans l'un des mauvais quartiers de Londres. Les préavis de dettes étaient éparpillés sur la table, sous les bouteilles de vin et les verres. La pièce elle-même était sale, manifestement de bon marché. Attablé était Wickham, alors que Lydia était allongée sur le lit. Darcy se remémora les souvenirs de ces quelques heures...

« Darcy, ricana Wickham . A quoi doit-on cette agréable surprise ? »

Darcy fit tout d'abord la révérencecomme l'exigeait la société, bien qu'aucune des deux autres personnes dans la pièce ne se leva et répondit.

« Je suis venu de la part des Bennets qui s'inquiètent terriblement pour leur fille.

- Oh, vraiment ? Eh bien, dis-leur qu'elle est avec moi et qu'elle est heureuse, répondit Wickham, se laissant aller sur sa chaise. »

Darcy regarda ses deux mains, qui étaient posées sur la table. Aucun de ses doigts ne portait d'anneau d'or. Choisissant d'ignorer cette attitude qu'il recevait et l'homme qui l'arborait, il se tourna vers Lydia. Il s'inclina et nota l'absence d'anneau sur ses doigts.

« Dois-je vous appeler Mrs. Wickham, ou êtes-vous encore Miss Bennet? s'enquit-il.

- Oh! gloussa Lydia. Je suis encore Miss Bennet, mais je serai très bientôt Mrs Wickham, n'est-ce pas chéri ? »

Elle adressait cette dernière phrase à Wickham qui se renfrognait depuis son siège.

Darcy se tourna vivement.

«Donc, vous n'êtes pas encore mariés ? »

Sa voix était froide et emplie de colère. Les deux hommes présents savaient qu'il n'y avait que très peu de chance que Wickham épouse Lydia sans rien recevoir en retour ; la jeune fille étant juste trop sotte pour le remarquer.

La seule réponse qu'il reçut fut un haussement d'épaules. Darcy sortit sa carte.

« J'exige de vous voir demain à deux heures précises, Wickham. Lydia devra rester seule pour un moment. Nous avons à... discuter sur quelques points. Tu te souviens sûrement où je vis, mais si tu l'as oublié, voici ma carte. Bonne journée. »

Sur ces mots, il jeta la carte sur la table, s'inclina, et s'en fut.

Ouvrant les yeux, le gentleman revint dans le présent. Il posa brutalement son poing sur l'accoudoir de son fauteuil de frustration. Dieu, qu'il détestait Wickham, et qu'il se détestait ! Le goujat essayait constamment de séduire d'innocentes filles pour arriver à ses fins. Darcy ne le connaissait-il pas lui-même par expérience ? Mais s'il avait dit ce qu'il savait au lieu d'être si orgueilleux, rien ne serait arrivé.

Tout de même, il était un peu heureux de ce qui se passait,dans un mauvais sens. Si cela ne s'était pas passé, aurait-il pu rendre un service à son amour ? Elle ne devait pas savoir qu'il avait trouvé Wickham, mais le fait qu'il faisait cela pour elle donnait aux difficultés de la valeur. Pour sortir le désagréable Wickham de sa tête, Darcy repensa aux jours à Pemberley où Elizabeth leur avait rendu visite...

Il pouvait la voir en cet instant, jouant du piano tandis que Georgiana lui tournait les pages. Elle n'avait pas les compétences de sa jeune soeur, mais ses mains possédaient une élégance fluide alors qu'ils bougeaint sur le clavier, et la douce lumière, alliée à sa robe claire, lui donnait l'apparence d'un ange. Et elle lui avait souri par-dessus la tête de Georgiana. Son sourire était doux, presque intime et cela eut pour effet de faire battre son coeur plus fort dans sa poitrine, et l'espoir renaissait en lui. Cette nuit-là, il n'avait pu dormir, se tournant et se retournant dans son lit, son amour pour Elizabeth brûlant en lui. Il s'était résolu à rendre visite à Elizabeth le lendemain matin, et espérait que ses avances seraient mieux reçues qu'auparavant.

Mais il était venu pour trouver Elizabeth en pleurs. Et son coeur s'était serré dans sa poitrine et il avait eu envie de la tenir contre son coeur et faire en sorte que tout aille mieux, car rien n'allait lorsqu'elle était malheureuse. Mais il s'était retenu, aussi difficile que cela soit. Autant qu'il désirait d'embrasser ses larmes pour les faire disparaître, il désirait qu'elle verse ses larmes contre son torse au lieu de les faire couler sur la table comme si elle pouvait pleurer toutes les larmes de son corps. (NdC : Allez traduire ça, si vous en êtes capable. J'ai fait de mon mieux, mas ma phrase est tout de même bancale. ) Ensuite, elle lui avait expliqué et la colère s'était insurgée en lui. Wickham avait tenté de détruire sa vie en essayant de lui prendre Georgiana. Et, par ses mensonges, il avait monté Elizabeth contre Darcy. A présent, il lui causait encore d'autres griefs en s'assurant que les filles Bennet n'auraient jamais la chance de se marier décemment.

« J'aurais du le tuer le jour où je l'ai trouvé avec Georgiana, murmura Darcy dans un souffle. J'aurais du m'assurer qu'il ne puisse plus jamais blesser ceux que j'aime une nouvelle fois. »

Son esprit continua à dériver loin. Il pouvait de remémorer combien Elizabeth était belle dans sa détresse. Belle, mais douloureusement belle. Et, incapable de lui résister, impuissant, il avait fait ce dont il avait envie depuis si longtemps. Il l'avait prise dans ses bras et avait embrassé sa délicieuse bouche.

Darcy pouvait presque sentir Elizabeth dans ses bras alors qu'il revivait son souvenir. Elle sentait si bon, ses cheveux étaient si doux. Son corps semblait être fait pour être contre le sien, alors qu'il l'approchait de elle et qu'il quémandait sa bouche. Elle avait tout d'abord été hésitante, puis elle avait répondu au baiser et son coeur avait fait un bond plus grand encore. Son corps voulait aller plus loin, mais sa raison restait plus "gentleman" et le forçait à reculer et être satisfait. Mais il ne l'était pas.

Bien que ses yeux restaient clos, perdu dans un dream, sa main glissait lentement vers son sein et retirait le mouchoir qui y avait été placé, juste au-dessus de son coeur. L'élevant jusque son nez, Darcy le renifla et savoura l'odeur qu'il savait être d'Elizabeth. Comment cela serait-il, songea-t-il, de se réveiller à ses côtés chaque jour ? Comment cela serait-il ?

Il pouvait les imaginer en ce moment, en un couple marié, se promenant sur les terres de Pemberley. Il se serait penché et aurait choisi une rose pour elle, et elle aurait ri avant de la mettre dans ses cheveux noirs. Ils auraient dîné ensemble et dans la soirée elle aurait joué du piano. Puisqu'ils seraient mari et femme, ils n'auraient plus à se plier aux règles de la société. A la place, il lui aurait montré son amour par tant de moyens. Il aurait pu l'embrasser, la caresser. Tenir sa main et se pelotonner contre elle la nuit. Il pouvait presque la voir dans une chemise de nuit en dentelle, montant dans leur lit...

Son caleçon se serra soudainement. Darcy s'éveilla de son rêve et y réfléchit. Avoir des enfants serait bon, pensa-t-il, un sourire idiot sur le visage. Il s'était parfois demandé ce que cela ferait. Etre capable de n'être qu'un avec Elizabeth. Bien sûr, il serait non seulement le plus aimable mais aussi le plus attentionné des amants...

Calme-toi ! se réprimanda Darcy alors qu'il commençait à faire les cent pas dans la pièce. Tu ne sais même pas si elle t'aime !

Son baiser semblait te le montrer, une petite partie, coquine, de son être lui disait doucement.

Darcy avait une fois encore ce sourire idiot collé au visage. Il l'admettait. Encore...

Lorsque cette affaire sera terminé, j'irai lui rendre visite et je verrai comment elle me recevra, décida-t-il. Peut-être son coeur est-il plus disposé à mon égard, mais je dois être sûr. Et si elle ne m'aime pas, j'essayerai de m'en faire une amie.

Se décidant, Fitzwilliam Darcy se déshabilla pour dormir et s'allongea sous ses draps. Imaginant Elizabeth allongée à côté de lui, il s'aventura dans la terre des rêves où lui et son amour pouvaient marcher ensemble, côte à côte, tout en connaissant la réciprocité de ses sentiments. Un sourire heureux se forma sur son visage et un mot murmuré traversa ses lèvres :

« Elizabeth. »

A suivre...