3- Double attaque des garçons

« Y'a pas à dire t'es vraiment bien foutu! »

Je frissonnais de tout mon corps. Cette voix, je l'avais entendue très peu de temps auparavant. Je mordis mes lèvres et me retournai, sans me départir de mon calme. Je fus à peine surprise de trouver face à moi un Sasuke souriant. Déjà vêtu de son uniforme, un rictus sardonique aux lèvres, une main sur la taille, il me détaillait, sans honte, de haut en bas. Embarrassée, je cachais de mon mieux ma nudité avec mes mains. Ma serviette était juste à côté de lui, mes vêtements à l'autre bout de la salle... Je me retrouvais dans une drôle de position. Une colère sourde grondait depuis mes viscères, mais en bonne élève, je mettais en application les enseignements familiaux. Un masque neutre sur le visage, je fixais l'intrus de mon regard le plus glacial et lui demandais avec un calme étudié.

- Peut-être t'es-tu trompé de porte? Ici, tu es dans le vestiaire des filles!

- Dans ce cas j'ai bien atteint mon but, répondit-il en souriant.

- Et que viens-tu y faire? demandai-je perplexe.

- Mais te voir bien sûr! Je viens te voir... Tu n'es pas flattée?

Je le regardais les yeux écarquillés. Il semblait réellement déçu, comme si j'aurais dû me montrer enthousiaste face à son intrusion. Il se grattait les cheveux l'air sérieux, il était si décontracté, tout paraissait être évident à ses yeux. Il parlait avec un calme et une honnêteté désarmante. Je n'en revenais pas. Mon estomac se contracta sous la colère alors que je rétorquais, les sourcils froncés, adoptant mon ton le plus désagréable:

- -Et pourquoi je devrais être flattée? Ne me dis pas que c'est pour être seul avec moi que tu as renversé le panier de ballon!!!

Il avait légèrement détourné la tête quand je parlais, intéressé par le décor qui l'entourait. Mais en entendant ma dernière accusation, il se retourna vivement. Son regard claqua tel un fouet sur ma peau. Il était narquois et rieur. Simplement horrible dans sa franchise. N'est-ce pas évident? semblaient dire leurs iris noirs. Je soupirai, exaspérée.

- Tu me trouve attentionné? murmura-t-il

Mais comment pouvait-il me sourire si naturellement? Il me répondait de sa voix candide mais monocorde en haussant les épaules. Je serrai la mâchoire et pris sur moi pour ne pas m'emporter.

- T'es gonflé! Va-t-en maintenant!

- Aucune chance, pouffa-t-il d'un air glacial, Je suis ici pour une raison spéciale... et je ne partirai pas d'ici tant que j'aurai pas eu ce que je veux!

- Et tu veux...

- Eh!Eh!, tu le demandes?

Un sourire carnassier était né sur son visage en même temps qu'un feu s'allumait dans ses yeux. Sasuke Uchiwa... à ce moment précis, j'eus réellement peur de ce garçon aux yeux noirs. Lui que j'avais vu si calme jusqu'à présent, semblait prendre un drôle de plaisir à me torturer. Lentement, je vis ses lèvres fines et rosées s'ouvrir et se mouvoir pour former des mots qui me glacèrent.

- Tu me plais bien, on m'a suggérer de rapporter des points agréablement aux garçons... La nouvelle qui succombe à mon charme, çà vaut combien de points d'après toi? Deux points, trois? On laissera tes copines en décider... Elles seront déçues les pauvres... tu leurs auras fait perdre de la distance le lendemain de ton arrivée!

Je n'en revenais pas! N'avait-il aucune honte! Dire de telles horreurs à une jeune fille! Tant d'honnêteté était proche de la bêtise... Non, Ino m'avait expliqué que, en plus d'être le meneur des garçons, Sasuke disputait à Sakura le titre de premier de la classe. Il était loin d'être bête... Il avait une idée derrière la tête! Pourtant il avait lui-même avoué que cette idée n'est pas de son engeance. Mais qui? Mon esprit me mena aux trois professeurs, à Kakashi, à son influence sur les deux autres... se pouvait-il qu'ils aillent jusque là? Tout de même s'était dangereux pour leur carrière.

Alors que ma pensée en arrivait à ses conclusions à une allure fulgurante, Sasuke s'était rapproché de moi. Je ressentis ses mouvements avant de les avoir vu. Relevant vers lui des yeux pleins de défis, je jugeais de la situation. J'étais nue, il était beaucoup plus grand que moi, j'étais désavantagée. Que devais-je faire? Il me semblait n'avoir plus qu'une seule solution. Dans un premier temps, je me reculais jusqu'à la douche que j'avais laissé allumée. J'espérais que l'idée de se faire mouiller le retiendrait un peu... mais il n'hésita même pas une seconde. Uchiwa... il ne me laissait pas le choix. J'aurais voulu ne pas avoir à en arriver là, mais s'il fallait jouer à ce jeu-là, j'étais prête... Il me faudrait agir au bon moment... Je le laissais donc avancer encore un peu...

Il entra sans la moindre hésitation dans le périmètre que délimitait l'eau. Je fus pétrifiée quelques secondes... Je détestais ce jeu... Le temps que dura mon incertitude, il posa sur ma joue l'une de ses mains. Elle était fraîche. Ses doigts longs effleuraient ma peau avec douceur. Ses quelques secondes sous la douche avaient suffit à le tremper. La chemise amidonnée de son uniforme était devenue transparente, dévoilant son torse fin et musclé. Son pantalon moulait ses jambes élancées et mettait en valeur la partie la plus intime de son anatomie. Je rougis et détournais mes yeux de ce spectacle. Sur son visage dégoulinant, des mèches noires se collaient lourdes d'eau. Il me regardait intensément, me faisant frissonner. J'aurais pu défaillir. Il fallait me l'avouer, Sasuke était beau... vraiment très beau... mais je savais que sous sa peau pâle d'ange, se cachait le pire des démons. Les filles m'avaient bien assez parlé de ses exploits...

Sans perdre le nord, Sasuke s'était penché vers moi ses lèvres fines entrouvertes. Son autre main s'était posée dans mon dos pressant mon corps nu vers le sien. Pourquoi n'ai-je pas réagi immédiatement? Je ne saurais le dire... Était-ce le trouble que causait en moi son culot? Ou alors la curiosité? Peut-être était-ce tout simplement mon corps qui réagissait à l'appel du sien... En tout cas, je ne l'empêchai pas de poser ses lèvres sur les miennes.

Elles étaient brûlantes de désir. Cette chaleur qu'elles dégageaient s'insinuait en moi et se propageait à tout mon être. Ma peau frémissante répondait à la caresse du tissus humide qui l'habillait. J'étais étrangère à moi-même, une drôle d'émotion avait pris le contrôle de moi et refusais ce que ma raison hurlait. Il me fallait m'écarter de lui. Il n'était qu'un idiot et je m'étais offerte tout entière à Neji. Mais son baiser était si...

Brusquement je me ressaisis, je ne pris pas la peine de me débattre. Je savais ce que j'avais à faire. J'appuyais la pointe de mon pied contre le carrelage froid de toute ma force et, profitant de l'élan que ce geste me donnait, je lui donnait un coup de genoux dans l'entre jambe. Mon attaque eut l'effet escompté. Que ce soit sous la surprise ou sous la douleur, le grand jeune homme se plia en deux, offrant à mon poing la parfaite hauteur. Je ne réfléchis pas plus et lançais ma main fermé. Elle heurta avec force l'os de sa mâchoire. Il vacilla légèrement, plus par désarroi qu'à cause de ma force, que je savais misérable. Il s'était légèrement éloigné de moi et ses yeux brillaient déjà des feux de la revanche. Il allait sûrement me frapper, ses doigts se serraient déjà un en poing effrayant. Lui, il avait sûrement la capacité de m'assommer. Je devais lui faire assez peur pour lui passer l'envie de me frapper. J'esquissais un sourire victorieux alors qu'une solution prenait forme dans ma tête. Il avait la vigueur, j'avais la technique.

Héritière d'un dojô, j'avais appris tous les secrets d'arts martiaux que mon père maîtrisé. Il lui avait fallu être patient et insistant. Il s'était montré sévère de nombreuses fois, mais une fois encore, je l'en remerciais, car grâce à lui, je pourrais inverser le rapport de force. Il me l'avait appris, un peu de souplesse, de vitesse et de technique suffisait à vaincre un adversaire plus puissant que soi, quant à la vivacité d'esprit, il n'avait pas eu à me l'apprendre.

Déjà redressé, Sasuke se précipitait vers moi pour me donner une raclée mémorable mais il n'en eut pas le temps. Rapide comme l'éclair, je pliai les genoux, me glissai vers lui, me retournais et collais mon dos contre son torse. J'empoignai le col de sa chemise et fit pivoter mon épaule. L'élan qu'il avait prit me fut profitable, sans que j'eus à fournir le moindre effort, il bascula vers l'avant, la tête la première vers le sol blanc. Dans la fraction de seconde où nos visage se retrouvèrent face à face, je perçus aussi bien son étonnement que sa crainte. S'il heurtait le sol à une telle vitesse, il risquait de graves blessures. Je le savais et là n'était pas mon intérêt, à la dernière minute, je le rétablis donc.

Je tenais Sasuke par le col de sa chemise, et sa tête n'était qu'à une dizaine de centimètre du sol. Les pieds bien fixés au sol, tout le haut de son corps était parallèle au carrelage qu'il avait bien failli embrasser. Nos regards étaient plongés l'un dans l'autre. Il était étrangement calme. Ses yeux étaient durs et gelés. Les mains qu'il avait serré autour de mon poignet ne tremblaient pas. S'il avait eu peur, il ne le montrait pas. Ce garçon était doté d'un sang-froid à toute épreuve et je comprenais mieux pourquoi les autres avaient de lui leur chef. Je sentais mon bras faiblir, il était bien trop lourd moi. Concentrant toute mon énergie, je le redressais et le plaquais violemment contre le mur. Une exhalation rauque lui échappa sous le choc, mais il ne put retenir un sourire amusé, ce qui mena ma colère à son paroxysme. Ce ne fut plus son col que je serrai mais son cou. Même à ce moment, il ne paniqua pas.

- Tu me prends pourquoi? Je ne suis pas une fille facile et les connards comme toi me répugnent! Tu n'es rien face à mon petit ami, tu ne pensais tout de même pas que je céderais face à une ou deux caresses?

- C'est étrange d'entendre çà d'une fille à poil! pouffa-t-il.

- Tu n'es pas en position de faire le fière, m'écriai-je agacée

- Tu me prends pourquoi? dit-il d'un ton narquois et calme, Je ne suis pas un trouillard et les gamines comme toi j'en ai vu d'autre! Tu n'es rien face à mon frère, tu ne pensais tout de même pas que je céderais face à un ou deux coups?

Il avait imité ma tirade d'un ton moqueur. Perdant définitivement mon calme, je relâchait son cou pour le gifler. Il parut perdre un peu contenance. Sa main caressa sa joue rougie alors que ses grands yeux me fixait intensément. La fureur avait teinté mes joues de vermeille. Le poing serrai entre mes seins, je me mis à parler sans le regarder.

- Maintenant tu écoutes ce que je vais te dire! Je ne suis par rentrée à Konoha Gakkô pour faire la guerre aux garçons! Tes acolytes et toi allaient me faire le plaisir d'oublier vos velléités de combat contre moi. Compris! Je ne prends pas part à cette guerre!

Il me considéra un moment en silence, puis sans crier gare, il éclata de rire. Je me redressai dans un sursaut, prête à lui asséner une autre gifle, mais il se dégageait pour quitter la douche. Il fit quelque pas vers la sortie, empoigna ma serviette et essuya son visage. Je ne pus que le regarder faire, scotchée par la promptitude de sa réaction. Quand il reposa le duvet blanc, son profil pâle se détacha du fond sombre des vestiaires. Je pus admirer son faciès sculptural. Les longs cils au bout de ses paupières baissées projetaient une ombre sur ses joues pleines, encore enfantine. Ses lèvres étaient légèrement courbées par un léger sourire. Son nez droit harmonisait l'ensemble... Soudain, sans même me regardait, il déclara:

- Je t'ai écouté et je t'ai entendu, mais maintenant à toi de m'écouter. Ce matin encore j'aurai pu considérer ton choix et accepter de t'exclure de ses conneries. Mais là tu es allée trop loin. On ne se fout pas impunément d'un Uchiwa! Je t'avouerais que je me fous un peu de cette guerre de gamin, je le fais parce qu'au fond, çà m'évite de m'ennuyer. J'y avais jamais vraiment participer, mais avec toi je ne prendrais pas de gant! Hinata Hyûga, quand je vais me venger, tu vas regretter amèrement d'avoir imaginer pouvoir m'humilier.

Il me tourna le dos et partit d'un pas assuré vers la sortie. Je n'en croyais pas mes oreilles. Moi qui avait espéré avoir un peu la paix après une telle démonstration, me retrouvais plus enfoncée encore dans les problèmes. Il ouvrit la porte et au dernier moment se retourna vers moi pour accrocher mon regard. Il était étrangement glacial malgré les lumières qui animaient ses yeux noirs et le sourire en coin dont il ne se séparait pas.

- C'était quand même bien joué, je sens que je vais m'amuser avec une adversaire comme toi! Allez, je suis bon joueur, un tel tour de force vos bien cinq points! Félicitations les filles!

Et sans ajouter un mot, il partit. Me laissant seule face à mes réflexions et mes craintes. Bien après que la porte eut claquée derrière lui, l'air vibrait encore de sa présence angoissante. A présent seule, je tremblais comme une feuille et mes yeux brûlaient des larmes que je retenais. Je n'étais pas aussi forte que je lui avais laissé croire. Il m'avait fait vraiment très peur. Mes jambes ne purent me retenir plus longtemps et cédèrent sous le poids de mon anxiété. Je me retrouvais assise sous la douche qui coulait encore et toujours, mouillant inlassablement mon corps frigorifié. Il me fallut un certain temps pour reprendre le contrôle de moi-même. Puis, me dominant, je me relevais, tournais le robinet et quittais ces lieux.

Alors que je me frictionnais énergiquement, les rouages de ma réflexion reprirent leur cours habituel. Ma crainte avait été si grande suite à l'attaque de Sasuke, qu'un grand blanc avait pris place dans mon esprit. Peu à peu cependant mes idées se remettaient en place et je reprenais de l'assurance. Je saurais me défendre. Je n'étais peut être pas première de la classe, mais je savais réfléchir, ajouter à ma technique en art martiaux, je pourrais toujours m'en sortir. Mais surtout je n'étais pas seule. Si Sasuke me prenait réellement en grippe, je savais pouvoir compter sur ma camarade de chambre. Ino m'aiderait sûrement. Sakura et Temari n'hésiterai pas elles non plus. Rassérénée, je tamponnais mon visage avec la serviette.

Brusquement je fus envahie par le parfum de Sasuke. Ce même parfum qui m'avait fortement enlacé quelques minutes plutôt. Je me sentis rougir. Je ne m'expliquai toujours pas mon geste. Pourquoi avais-je accepté son baiser? J'avais été si faible entre ses bras. Je ne comprenais pas pour qu'elle raison une telle pulsion avait soudain pris possession de mon corps.

De rage, je jetai ma serviette. Elle traversa la pièce et atterrit sur l'un des bancs qui faisait face au casier. En colère contre moi-même, je ne trouvais le moyen, ni de me pardonner, ni d'évacuer ma rage. Je regrettais de na pas avoir taper plus encore cet idiot. Il l'aurait bien mérité. Je me précipitai vers mon casier, ramassant au passage ma serviette et me préparer à toute allure. Un coup d'œil à ma montre m'avait rappelé à l'ordre. Le cours d'anglais avait commencé depuis un quart d'heure au moins. J'enfilai mon uniforme et attachait rapidement les cheveux encore mouillés en couette. Après avoir fermé mon sac, je courus hors du gymnase.

Mon uniforme, une marinière blanche et bleue marine, gênait mes mouvements. La jupe voletait, claquant sur mes cuisses. J'entrais en trombe dans le bâtiment du lycée et me précipitai vers le casier à chaussure. J'enfilais les ballerines en tissus réglementaires, fourrais mes mocassins à leur place et reprenais ma course en priant pour qu'aucun surveillant ne me surprennent à enfreindre l'une des règlements: « Il est interdit aux élèves de courir dans les couloirs de l'établissement. » Arrivée face à la porte de la classe, je m'arrêtais dans un dérapage, reprenais mon souffle avant de frapper poliment à la porte. Quand on m'en donna l'ordre, je pénétrai dans la salle de classe.

Gai-sensei m'accueillit froidement. Ses énormes sourcils noirs étaient froncés et sa bouche, crispée, retenait le flot de reproches sous lesquels il rêvait de me noyer. Mais au lieu de se laisser aller à ses pulsions, il ravala ses hurlements et me demanda avec calme.

- Vous avez sûrement une bonne excuse miss...

- Je vous demande pardon sensei, je n'ai aucune excuse, déclarai-je en m'inclinant profondément.

- Perfect! Dans ce cas, vous me ferez le plaisir d'approcher. Come on!

Je ne lui fis pas répéter deux fois. Refermant la porte derrière-moi, je montai sur l'estrade pour le rejoindre derrière son bureau. Il avait attrapé une règle en bois dans ses affaires et, quand je lui fis face, il la faisait rebondir sur sa paume.

- Faîtes la fleur! m'ordonna-t-il, F-L-O-W-E-R!

Je tressaillis. Cette punition je ne la connaissais que trop bien. Lorsque j'étais en primaire, l'une de mes enseignantes avait largement abusé de ce châtiment contre la tête brûlée de la classe. C'était un grand garçon fort comme un bœuf, têtu comme un mulet, mais immanquablement, elle le faisait pleurer avec la fleur. Tremblante, je joignais mes doigts en pointes et présentait ma main au professeur. Alors qu'il levait la règle, je fermais les yeux, comme si en ne voyant pas ce geste, ma douleur serrait moins vive. Il n'en fut évidemment pas ainsi. Quand le bois s'abattit sur la pointe de mes doigts, une sorte d'électricité parcourut tout mon bras alors qu'un feu s'allumait au sommet de la « fleur ». Par deux fois il réitéra son geste. Malgré la douleur, je ne laissai échapper aucun son, bien trop fière pour lui laisser la satisfaction de voir mon affliction. Le dernier coup donné, Gai-sensei posa sa règle et dit:

- Puisque my class ne vous intéresse pas, you would'nt mind à allez vous agenouiller au pas of the door. Je ne veux plus vous voir for today, vous rentrerez quand j'aurai finish! Et for tomorrow je veux que vous déposiez at mon bureau a translation du texte qui est at the page twenty-one of votre manuel en plus des devoirs que j'ai donné à vos friends, do you understand?

- Oui, sensei!

- Well hors de ma vue!

Et je sortis. Comme me l'avais ordonnais Gai-sensei, je m'agenouillai au pas de la porte qu'il laissa ouverte pour me surveiller. Quand la cloche sonna, et que les élèves commencèrent à sortir de leur classe, riant de ma punition, Gai-sensei fit traîner encore un peu sa leçon. Lorsqu'enfin, il libéra mes camarade, et par là même me libéra de ma position ridicule, il se retourna une dernière fois vers les garçons:

- Don't forget! Envoyez-moi Sasuke when il daignera se montrer, I would know why il a sécher my class.

Quand il passa à côté de moi, il fit mine de ne pas me voir et s'éloigna vers l'escalier des deuxièmes années. Immédiatement je bondis sur mes deux jambes, ignorant les élancements que m'infligeaient mes mollets et me précipitai dans la classe, rejoindre Ino qui était déjà en grande discussion avec Sakura et Temari. Je me laissai tomber sur ma chaise et massai mes genoux endoloris par ma position inconfortable.

- Mais c'est quoi ce prof! soupirai-je.

- Je le hais, murmura Ino

- Il me dégoûte, continua Temari, sa façon de parler est ridicule! Il peut pas parler japonais correctement comme tout le monde! Et puis c'est quoi c'est punition venu d'un autre âge!

- Et n'oublie pas ces gros sourcils, ajouta Sakura c'est...

- REPUGNANT, achevèrent en chœur les trois filles.

Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire. Elles avaient l'air au bord de la nausée en disant ses mots comme si imaginer les sourcils de Gai-sensei suffisait à les rendre malade. D'abord surprise par ma réaction, les filles finirent par rire à leur tour. Je sentais sur nous les regards suspicieux des garçons. Sasuke avait dû parler de son plan, ce si ingénieux plan... Mais il ne revenait pas, alors que moi je gloussais allègrement sous leurs nez. Notre hilarité calmée, Temari posa une main sur ma tête et demanda inquiète:

- Ça va ta main?

- Oui, ne t'inquiète pas!

- Il n'y est pas aller de main morte tout de même, s'indigna Sakura, à cause d'un tout petit retard! Il abuse!

- Non là c'est toi qui abuse Sakura! gronda Ino, Hinata a raté la moitié du cours! une demi-heure de retard tu te rends compte! On peut savoir ce qui t'es arrivé?

Je levais vers Ino des yeux amusés. Étrangement, dans cette classe entourée de tous ces gens, j'avais retrouvé bien du courage. J'étais même plutôt fière de moi. Était-ce l'influence de mes amies? Ou encore l'inquiétude des garçons? A moins que ce ne soit cette drôle d'euphorie qui me gagnait après chaque combat... En tout les cas, j'étais disposée à raconter aux filles tout ce qu'elles voulaient entendre. Ce que je fis sans tarder. Elles étaient bon public et mon aventure leur plut. Ino sursauta et poussa un « Ohlala! » scandalisé quand je leur rapportais les paroles du jeune homme. Sakura, rougissante, retint un cri hystérique quand je décrivais le beau corps d'homme que j'avais pu effleurer. Temari rugit de rire en imaginant la position dans laquelle j'avais mis Sasuke... Je faillis tout leur raconter... faillis seulement car il fut un détail que je préférais garder pour moi seul... comment leur avouer? Mon récit finit, Temari me donna une grande claque dans le dos et demanda:

- Et combien de point çà t'a valu?

- Pardon?

- Ben oui Hinata, Sasuke a bien du te dire qu'il te donnait des points non?

- S'il ne l'a pas fait on va le lui réclamer, il va voir! intervînt Sakura.

- Est-ce là tout ce qui vous intéresse? m'indignai-je.

- Non, bien sûr que non, s'exclama Ino d'un ton apaisant, je suis contente que tu t'en sois sortie sans dommage, surtout face à Sasuke, mais comprends-nous! C'est la première fois qu'une fille est capable de le remettre à sa place, il fera moins le fière! Et réfléchit à ce qu'il était près à faire pour quelques points, ce serait une belle vengeance non, de marquer ces points qu'il voulait te voler de force sur le tableau des filles!

Je ne pus qu'admettre. Finalement, je leur dis ce qu'elles voulaient entendre.

- CINQ POINTS! hurla Temari.

- YAAAAAAAAAAH!!! fut tout ce que Ino put articuler

- Mais... Mais, Hinata! balbutia Sakura, Sasuke n'est jamais aussi généreux! Tu... C'est pas possible, tu crois que... Si çà se trouve Sasuke compte aussi des points pour des dommages qu'on ne voit pas...

- Qu'est-ce que tu insinues? s'inquiéta Ino, alors que Temari et moi-même sursautions de concert, effrayées d'avoir compris où la jeune fille aux cheveux roses voulait en venir.

- Ne me le faites pas répéter! Je connais cet idiot, tout autant que je connais Naruto! On a grandit ensemble! Et même si çà me fait suer de le dire, je crois que Sasuke a craqué pour toi Hinata... mais autant que je te prévienne...

- Je ne suis pas célibataire Sakura, l'interrompis-je avant qu'elle n'ait pu dire un mot de plus, Sasuke ne m'intéresse pas le moins du monde, car j'aime mon petit ami!

Les filles me dévisagèrent sans pouvoir répondre quoique ce soit à ma déclaration. Je venais de les surprendre, autant que je m'étais moi-même surprise. Comment avais-je pu leur avouer si facilement mon amour pour Neji. Oh, bien sûr, je ne leur avais pas donné de nom, mais avant jamais je n'aurais avouer mon affection, pas même sous la torture. La liberté me montait à la tête... c'était si bon. La tête me tournait et les joues en feux, je leur offris un timide sourire plein d'excuse:

- Oh la tricheuse! Elle arrive ici déjà casée, Vilaine! gloussa Sakura.

- Faudra que tu nous le ramènes un de ses quatre, qu'on le torture un peu!

Seule Ino ne montrait pas d'enthousiasme. Aurait-elle compris plus que ce que j'avais voulu leur dire. Elle me regardait, triste et suspicieuse quand Sakura se leva en rappelant qu'on avait un geste très important à accomplir. Elle alla vers le petit tableau au fond de la pièce, sous la soudaine attention de toute la classe. Au moment où elle se saisit de la craie, elle fit une petite révérence moqueuse vers les garçons et leur tourna majestueusement le dos pour marquer en une seule fois le kanji « Correct » (1) dans notre colonne. Ils protestèrent mais elle les fit taire en les envoyant demander des comptes à leur chef, s'il osait jamais remontrer le bout de son nez dans cette école.

La cloche sonna la fin de la pause. Nous avions à présent Histoire, sous la tutelle de Kakashi-sensei. Il nous parla d'Oda Nobunaga et des nombreuses campagnes qu'il mena à travers le pays(2) mais je n'y portais que peu d'attention. Un sujet dont je ne pouvais parler me hantait. Il me paraissait si singulier... Le menton posé sur la paume de ma main, je regardais par la fenêtre le grand cerisier dans la cour. N'était-ce qu'un rêve où une impression, je l'ignorais mais je l'avais bel et bien ressenti, où plutôt il me l'avait fait ressentir, ce frisson qui avait secoué mon corps autant que mon cœur. Sasuke, quel rôle jouait-il? Son regard était froid, ses mots cinglants, mais lorsque ses lèvres m'avaient effleuré elles étaient chaleureuses et si tendres. Un baiser pouvait-il mentir? J'étais troublée... mais je n'en avais pas le droit. Neji était à mes côtés et Sasuke ne faisait que jouer.

Mon petit réveil sonna juste à côté de moi. 17h30, il était plus que temps. Je reposais vivement mon stylo et mettais de côté le devoir de Gai-sensei. Bondissant de ma chaise, je me précipitai vers l'armoire et recherchai un vêtement. J'allai retrouver Neji. Après cette journée riche en émotion, j'allai enfin trouver le repos dans les bras de mon amour. Alors que je déshabillai sans pudeur, je vis Ino m'observer du coin de l'œil. Elle était si silencieuse quand elle travaillait que j'en avais oublié sa présence. Soudain embarrassée, je me précipitai vers la salle de bain sous ses railleries indulgentes. Elle se leva et me regarda depuis la porte:

- Tu ne dois pas te sentir obliger, m'écriai-je

- On est entre fille Hinata! Et après ce qui c'est passé avec Sasuke, tu dois être immunisée!

- Oh crois-moi, si j'avais pu je serai allée me cacher dans la plomberie quand Sasuke s'est montré! Au pire j'aurai hurlé! Mais çà lui aurait fait trop plaisir! J'ai trop de fierté pour çà!

- Bien dit... pouffa-t-elle.

- Elle me regarda un moment en silence enfiler ma jupe portefeuille vert pomme, puis soupira l'air triste. Elle reprit soudain la parole:

- Ce n'est pas de Sasuke dont je voulais te parler. Tu vas retrouver ton petit-copain n'est-ce pas...

- Ben! Mais... Comment as-tu...? balbutiai-je interloquée.

- Je ne suis pas si idiote que j'en ai l'air! Je suis nulle en classe mais les histoires de cœur c'est mon affaire! Je pense même ne pas me tromper en disant que c'est ton cousin!

Les bras suspendus dans les airs, mes poignets noués par mon haut blanc, je la regardais bouche-bée. Comment avait-elle pu deviner en si peu de temps? Et si elle avait pu nous démasquer d'autre l'avait sûrement fait... la panique me gagnait et sûrement mon visage se décomposa car Ino m'offrit un sourire doux et rassurant avant de me parler d'un ton ronronnant:

- Ne t'en fais pas, je ne dirais rien! Tu m'en parleras en revenant, tu ferais mieux d'y aller, tu avais l'air bien pressée! Au fait, joli soutif, les broderies vertes font leur effet, çà va sûrement lui plaire!

Je rougis plus encore et rabattis sur moi mon haut un peu moulant. Je courus pour partir. Attrapant au passage mon sac et un cardigan vert, je quittais la chambre en enfilant mes ballerines. Je me retins pour ne pas courir dans le bâtiment et profita pour enfiler mon pull. Tricoté grossièrement dans une laine verte, il était bien cintré soulignant ma taille. Il était sûrement mon pull préféré, confortable et pourtant sexy, je me sentais toujours à mon aise quand je l'enfilais. Ce fut donc avec sérénité que je passais le portail, pour courir de toutes mes forces jusqu'au lieu de rendez-vous. Je risquais d'être en retard, hors je ne voulais perdre aucune minute du précieux temps que m'accordait Neji.

J'arrivai en retard de cinq minutes devant l'hôtel miteux où nous avions passé notre première nuit tokyoïte. Mais Neji n'étais pas là. Je regardais ma montre. Je le savais la sienne était synchronisait à celle qui enlaçait mon poignet. Peut-être avait-il eut un problème? Je me raisonnai immédiatement. Ce n'était que cinq minutes, je pouvais bien l'attendre un peu encore avant de m'affoler...et dix minutes passèrent.

Enfin, il apparut au détour d'une rue. Les mains dans les poches arrières de son jean, il marchait tranquillement vers moi, sans se presser. Je me mordis les lèvres soulagée. Il n'avait rien, mais je fronçais les sourcils pourquoi traînait-il ainsi alors que je l'attendais depuis un quart d'heure. Il arriva à côté de moi en sifflotant pour poser sur moi un regard qui me glaça.

- Tu es en retard! dis-je en maîtrisant mes émotions.

- Désolé.

- Tu n'en a pas l'air! Je m'inquiétais pourtant!

- Je ne t'ai pas demandé de t'inquiéter!

- Neji! Je peux savoir ce qui t'arrive?

- J'ai parlé à Sasuke Uchiwa, tu sais ce...

Des lycéennes en uniformes passèrent à côté de lui en gloussant et en papillonnant. Il leur sourit et se retourna à leur passage. Une rage folle me prit. Je lui mis un coup de coude dans les côtes et me préparai à courir, mais il attrapa mon bras et me tira vers lui. Sa main serrée comme un étau me faisait terriblement mal. Je le connaissais mieux que quiconque et cela me suffit à deviner sa fureur. Il posa brutalement ses lèvres sur mes tempes et murmura:

- Toi, tu as intérêt à rester avec moi! On a deux mots à se dire!

- Neji, tu me fais mal!

Ignorant mes paroles, il me traîna dans la ruelle sale qui longeait le minable bâtiment. Il me jeta contre le mur. Légèrement sonnée, j'aurais perdu l'équilibre s'il ne m'avait pas tenu. Il posa chacune de ses mains de part et d'autre de ma tête. Il posa son front contre le mien et quand il parla de nouveau, sa voix était légèrement tremblante:

- Tu vois ce que çà fait quand je regarde quelqu'un d'autre que toi!

- Pourquoi?...

- J'ai parlé à Uchiwa, c'était sympa les vestiaires?

- Merde Neji! Je ne sais pas ce qu'il t'a raconté mais il ne sait rien passé entre ce con et moi! Il m'a agressé! Je suis la victime...

- C'est bon! Je le sais çà! Mais il t'a vu nu et çà, je ne le supporte pas!

- Comme si c'était ma faute!

- M'en fous! M'en fous, je te dis! Je ne veux rien savoir! Je ne veux plus que tu te laisses regarder dans des conditions pareilles!

- Mais Neji!

- Et puis tu t'amuses plus à boxer les mecs, compris!

- Mais... j'aurais dû le laisser faire peut-être!

- Çà aurait rapporté des points aux garçons! ricana-t-il

- Neji! Comment tu...

Il me fit taire de ses lèvres. Mais pas l'un de ces agréables baisers qui m'enveloppait de tendresse et d'amour. Il était glacial, presque violent. Je n'osais pas le repousser pourtant je ne supportais plus ce contact. Quand, dans je ne sais trop quel emportement, il me mordit la lèvre, je gémis de douleur et le rejetai sans plus de ménagement.

- Mais qu'est ce qui t'arrive, hurlai-je hors de mes gonds, je ne te comprends pas! Neji explique-moi!

- Je plaisantais, comment as-tu pu me prendre au sérieux! Si un seul de ces mecs te touchent, j'explose leur école... mais en attendant ne cherche pas de problème aux garçons. Je commence à me faire des amis, ne gâche pas tout en faisant la tête dure! Si tu te rebelles, je vais être obligé d'entrer dans le jeu et me liguer contre-toi, ce n'est pas ce qu'on veut n'est-ce pas...

- Non, bien sûr que non mais...

- Et bien dans ce cas...

Il caressa mes cheveux avec beaucoup de tendresse. Cette fois-ci son baiser fut bien plus amoureux. J'avais retrouvé mon cousin si attentionné. Il me regarda droit dans le yeux avant de m'embrasser de nouveau. Ses mains se firent câlines. Elles passèrent sous mon tee-shirt et remontèrent jusqu'à mes seins, repoussant sans patience le soutien-gorge. Les flatteries des ses doigts sur mes mamelons sensibles m'arrachèrent des soupirs qui semblèrent le rendre plus entreprenant. Il descendit plus bas, relevant ma jupe pour baisser ma culotte. Prise de panique, je l'arrêtais.

- Neji, je t'en pris, ce n'est pas l'endroit!

- Voyons, personne ne nous voit! Qui viendrait dans un endroit pareil!

Il se pencha de nouveau vers moi, embrassant mon cou, et tenta encore de me retirer mon sous-vêtement. Mais je retins son poignet et protestais:

- Neji, je n'en ai pas envie.

- QUOI! s'emporta-t-il, t'es gonflée! Tu m'allumes et ensuite tu me jettes!

- Je ne t'allumes pas! Je ne faisais que t'embrasser! Avant quand nous nous embrassions tu n'avais pas besoin d'aller si loin!

- Oui mais on l'a déjà fait une fois, ce n'est plus comme avant!

- Neji... Non, je ne veux pas!

- Tu ne m'aimes pas...

Il me relâcha. Doucement il s'éloigna de moi. Son regard était étrange, à la fois plein de colère et de tristesse. J'étais mortifiée, comment pouvait-il penser une telle chose.

- Neji, je t'aime. Je suis juste...

- Alors, prouve-le moi.

- Mais...

- Tu vois, tu dis m'aimer mais apparemment tu ne m'aimes pas assez puisque tu me repousses!

Ainsi allait sa pensée... Que pouvais-je dire? Avais-je d'autre choix? Je lui cédai. Il me prit contre ce mur sale. Pas la moindre caresse, pas une once de tendresse. Il me pénétra sauvagement et remua en moi. Je retenais tant bien que mal mes cris de douleur. Secouée de la sorte, j'avais envie de vomir... à moins que ce soit ce dégoût de moi-même qui commençait à m'envahir. Son souffle brûlant coulant sur ma peau me paraissait abominable. Chaque goutte de sueur était immédiatement essuyée avec dégoût. Je ne supportais pas ce rapport que je jugeais sale. Bien heureusement, il ne dura pas. A peine eut-il finit ce qu'il avait à faire que Neji referma son jean et posa un baiser rapide sur ma joue:

- Faut que j'y aille!

- Quoi? Que dis-tu?

- Je dois m'en aller Hinata!

- Mais... je... tu...

- Qu'est ce qu'il y a?

-Pourquoi?

- Eeeeh, mais je rentre dîner! si on arrive trop tard, il n'y a plus rien à manger! Tu devrais faire pareil, tu ne voudrais pas aller dormir le ventre vide tout de même!

- Neji...

- Allez, salut Hinata!

Je n'en croyais pas mes yeux, il s'en allait vraiment alors que j'étais encore à moitié déshabillée, totalement débraillée. Il disparut en tournant vers la rue principale. Nous nous étions vu en tout et pour tout vingt-cinq minutes et, lorsque nous ne nous étions pas disputés, il m'avait fait des horreurs. Je fus prises de nausées. Une main sur la bouche, je me laissais aller, la tête contre le mur, et fermais les yeux pour faire passer le vertige qui me faisait perdre pied. Mais pourquoi est-ce que je détestais autant faire l'amour. Peut-être n'étais-je pas normale? J'étais amoureuse de Neji, j'aurais dû être heureuse de ces moments d'intimité avec lui... voire même les rechercher..

Tout au contraire, j'étais de plus en plus répugnée à l'idée qu'il puisse poser sur moi ses mains pleines de perversion. Reprenant un peu contenance, je me remis sur mes pieds, arrangeais ma tenu et, ramassant mon sac, rentrais au dortoir. Je ne sais pas très bien comment, mais mes pas me guidèrent très naturellement vers ce qui fut Kunoichi. La nuit tombait dans les rue noire de monde. Des lycéens flânaient, alors que des salarymen(3) galopaient pour attraper le train. Je me faisais bousculer de tout côté, insulter par des gens plus pressés que d'autre, mais toute cette agitation me laissait indifférente. Je les voyais sans y prêter attention. Je n'accordait pas plus d'importance aux odeurs infectes de gras qui s'échappait des bars ou de l'air qui, de plus en plus frais, me transperçait. Quand je repris plus ou moins conscience, Ino me pinçait le nez pour tenter de me faire réagir. Nous étions face à face dans l'encadrement de la porte de notre chambre. Elle allait sortir, je m'apprêtais à rentrer. Je la regardais à peine et baissais la tête. M'excusant, je me poussais pour la laisser passer avant de foncer dans la chambre. Je m'assis à mon bureau, sortant en vitesse mon devoir d'anglais. Je devais à tout prix penser à autre chose. J'entendis derrière moi la porte claquer.

- Je peux savoir ce qui t'arrive? Tu n'as pas l'air d'aller!

- Ce n'est rien.

- J'allais dîner, tu viens?

- Non, je n'ai pas faim!

- C'est bien ce que je disais, ce n'est pas rien!

Elle s'assit à son bureau, juste à côté de moi et me regarda intensément. Un long moment, nous restâmes ainsi, en silence. Elle se montrait bien patiente et moi très faible. Généralement, je ne faisais pas de confidence, ce n'était ni dans mon caractère, ni dans les habitudes de ma famille. J'avais grandis en retenant en moi mes angoisses et mes questions. Mais ce soir-là, ma peine était trop lourde et elle était si disponible. Trop de question se pressaient dans ma tête... et aucune réponse. Je m'épanchais sans qu'elle ait eu à insister. Toute mon histoire avec Neji s'écoulait tel un flot continue de mes lèvres. Comment à notre arrivée, je m'étais offerte à lui par crainte et que cette même peur m'avait fait agir ce soir-là. Au fur et à mesure de mon récit, elle perdait son air calme. Je voyais le dégoût et la colère se peindre sur son visage. Quand, incapable de plus de dignité j'éclatai en sanglot, elle se précipita sur moi pour m'entourer de ses bras et me consoler.

- J'ai été humiliée, conclus-je, je ne le comprends plus. Se rend-il compte qu'il me fait du mal en agissant ainsi?

- Tu sais Hinata, Je voudrais te dire de le quitter, mais je connais ce genre de sentiment. Pourtant ce n'est pas une raison! Ce n'est pas normal que tu sois tellement dégoûtée par cet acte... c'est si... magique!

- Tu... tu as... ?

Je rougis tellement que je n'eus pas besoin de finir la question pour me faire comprendre. Elle me sourit tendrement. Elle m'attira vers mon lit où nous nous assîmes côte à côte. M'invitant à poser ma tête sur son épaule pour pleurer à mon aise, elle caressait doucement mes cheveux. Après quelques minutes ainsi elle se confia d'une voix plein de tendresse:

- J'ai un petit ami moi aussi et je le connais depuis mon enfance! Nos pères étaient amis avant même que nous naissions. Je ne le vois que pendant les vacances, quand je rentre, mais ce n'est pas important parce que je l'aime depuis très longtemps et j'ai confiance en ce sentiment. Pendant les dernières vacances, je lui ai offert ma virginité, non pas parce qu'il me l'a demandé... je n'y avais même pas réfléchi. Tout s'est fait le plus naturellement du monde. On s'embrassait et tout d'un coup... pouf, on faisait des trucs cochons...

Elle rit doucement à ce souvenir tendre. Elle me regarda et je compris son message. Ses yeux brillaient d'amour, elle semblait d'ailleurs particulièrement belle, comme rayonnante. Était-ce son amour qui la rendait si divine?

- Hinata, si tu souffres autant c'est peut-être simplement que tu n'étais pas prête à franchir cette étape! Si Neji t'aime autant qu'il le dit, alors il aurait pu patienter bien plus! Et je suis sûre que tu en es consciente.

- Bien sûr mais...

- Non, en amour il n'y a pas de mais... pas de demi-mesure... quelques compromis peut-être, mais rien qui puisse te léser!

- Mais Ino, ton petit-ami n'est pas à Konoha! Vous n'êtes pas pris dans cette guerre idiote!

- Tu crois...

Je sursautais, me redressant avec brusquerie, et la regardais droit dans les yeux. Elle me sourit tristement.

- Tu m'as parlé de tes problèmes, je peux bien te le dire à toi! Je ne l'ai dit à personne, pas même Temari et Sakura... Je sors avec Shikamaru...

- Shikamaru?... Le... le brun qui dort toujours en cours!

- Oui... gloussa Ino, il a l'air idiot, hein? Il dort tout le temps, même en contrôle, alors il se tape des notes ridicules! Il est tellement flemmard, c'est insupportable. Mais c'est un génie. Tu sais, il a plus de deux cent de QI et il ne les exploite pas quand il faut! Mais il est surtout tellement gentil! Un peu ronchon, mais c'est une façade! Bien que des fois j'aimerai qu'il sourit un peu plus...

Elle parlait de lui avec une tendresse indescriptible, même mon amour pour Neji me semblait ridicule face à ses mots. Elle acceptait ses défauts tout autant que ses qualités, alors que depuis toujours j'idéalisais Neji... Je restais un moment sans voix puis, puisant dans mon courage, je me permis de la questionner:

- Mais... je... tu... comment faites-vous? Je veux dire, cette guerre!

- Et bien... on fait comme si il n'y avait rien entre nous! Jusqu'à présent on réussissait même à ne jamais se parler pendant la période scolaire... mais j'avoue que... disons que ce qui s'est passé pendant les vacances nous a rapproché... peut-être qu'on essaiera de se voir en dehors de l'école, ne serait-ce que le week-end!

- Mais vous vous faîtes la guerre?

- Pas vraiment! J'évite que les filles s'en prennent à lui et il me protège des garçons! On se taquine un peu mais rien de bien méchant. Jusqu'à aujourd'hui çà a plutôt bien marché...

- Tu en as de la chance,

- Ce que je veux te prouver Hinata, C'est que tu peux convaincre Neji que vous pouvez être bien ensemble sans qu'il se comporte comme il le fait! Parle-lui; explique-lui! Si tu pouvais juste éviter de lui parler de Shika et moi.

- Promis! Pouffai-je.

En quelques mots, Ino m'avait redonné de l'espoir. Finalement, si Neji s'était comporté ainsi la jalousie y était pour beaucoup. Il me fallait le rassurer. À ce moment peut-être tout irait mieux pour nous. Soudain, on frappa à la porte. Ino fronça les sourcils et se leva pour ouvrir pendant que je courais à la salle de bain pour me rafraîchir le visage. J'entendis des brides de conversations, une voix qui m'était inconnue. Je retournais prudemment à la chambre et jetai un coup d'œil. Ino discutait avec une brune, un peu plus grande qu'elle mais moins féminine. Ses cheveux noirs étaient coiffés en macarons et ses yeux en amandes brillaient de vivacité. Ses lèvres charnues étaient étirées en un sourire franc et joyeux. Je ne la connaissais pas. Timidement, ma serviette toujours collées sur ma bouche, je m'avançais vers elles.

- Ah ben tiens! Te voilà! s'écria la nouvelle venue de sa voix énergique, C'est toi que je viens voir et tu te caches!

- Hinata, je te présente Tenten-sempai, dit Ino en se tournant vers moi, c'est la responsable du dortoir à notre étage.

- Je suis ravie de vous connaître sempai!

- Allons, pas de manière entre nous! s'exclama-t-elle en venant vers moi et me forçant à me relever de ma courbette, Je suis venue pour vous inviter à dîner avec moi! On va faire connaissance! Tu sais, je suis dans la classe de Neji, il est de ta famille?

- Mon cousin

- Mmmmmh, je me disais... la ressemblance est frappante! Tu sais quand je l'ai vu, je me suis dit : « Lui, c'est un mec bien! » et mignon en plus! Mais il s'est mis à fréquenter l'autre tâche... Lee! Une grande perte! Un si beau jeune homme... Enfin! et si nous allions dîner? Y'a du Niku-Jaga (4) à la cantine... c'est pas beau la vie?

Tenten-sempai nous attrapa par le bras et nous força à la suivre. Il était écrit que personne ne me laisserait me morfondre ce soir-là. C'est à ce moment que j'eus les prémices d'une certitude biscornue. Et si Konoha-Gakkô se trouvait-être la meilleure chose qui me soit arrivée depuis bien longtemps? Mais la trêve fut de courte durée. Car une nouvelle tempête s'apprêtait à ravager mes rivages et ses premiers nuages se montrèrent dès le lendemain matin.

- Attend!!!! Hinata!! C'est quoi çà?s'exclama l'intenable Sakura

- Putain, c'est pas possible! murmura Temari.

Nous nous apprêtions à entrer en cours. Nous étions à nos casiers pour changer de chaussures mais quand j'avais ouvert le mien, j'y avais trouvé une surprise d'un genre particulier. Mes trois amies s'étaient immédiatement rassemblées autour de moi, curieuses comme des commères. Entre mes mains la petite enveloppe bleu lavande tremblait un peu sous le courant d'air qui passait dans le hall. Mon nom y était écrite en quelques idéogrammes soignés mais visiblement d'une main énergique et forte.

- C'est pas soigné! souffla Ino

- Pas de doute, c'est un garçon! affirma Sakura.

- Tu crois que c'est un défi? demanda Temari que je sentais entrain de s'enflammer, elle trépignait presque!

- Mais alors qu'est ce que tu attends! Ouvre! s'énerva Ino

Je ne me fis pas prier. Les mains peu assurées, je décollais la petite languette qui fermait la lettre et me saisis du papier à l'intérieur. C'était un rectangle de papier de bonne qualité, assorti à l'enveloppe, totalement uni, seul le sigle brillait tout en bas en lettre dorée. Je devinais que ce papier était cher, pas vraiment à la porté de tout le monde. Ce qui ne semblait pas préoccuper mes amies, elles parcouraient d'ores et déjà les quelques lignes. Je vis soudain se peindre de la perplexité sur le visage d'Ino, elle arracha la lettre de mes mains, monopolisant la lecture sous les protestations de Temari et Sakura. Peu à peu son expression changea en un mélange de crainte et d'excitation. Quand elle eut fini de lire, elle m'attrapa l'épaule et me dévisagea ahurie.

- Hinata, c'est une lettre d'amour.

Fin du chapitre 3, suite au chapitre 4.

(1) Les japonais utilisent le Kanji signifiant « correct » pour comptabiliser les points un peu comme les français utilisent un carré barré. Ce kanji comporte cinq lignes.

(2) Oda Nobunaga était un général Japonais qui vécu au 16e siècle. Il fut un des généraux qui unifia le Japon et aida Ieyasu Tokugawa à asseoir son Shogunat. Il fut aussi un des premiers Japonais à s'occidentaliser, allant jusqu'à diriger une mission Jésuite (sans pour autant épouser la foi chrétienne). Il participa à un bon nombre de guerres de cette époque.

(3) Au japon, le mot salaryman (salarymen au pluriel) désigne les employés travaillant dans les bureaux. En poussant dans la caricature, ce sont les pingouin en costard-cravate et attaché case qui se balladent dans les mangas.

(4) le Niku-Jaga est un japonais populaire. Ragoût de Porc, pomme de terre et carotte, c'est le plat qui rappelle l'enfance et la bonne cuisine de maman. La cuisine très traditionnelle du Japon. Pour la recette cliquez sur le lien suivant:

http://yayoi.free.fr/CUISINE/txtCUIS/nikujaga.html

Voilà, petit à petit les pièces s'imbriquent et on arrive au cœur de l'histoire, les problèmes ne font que commencer pour Hinata et tout explosera au moment venu! Un peu de patience, le prochain chapitre sera en ligne la semaine prochaine!

Bon je désespère mais je continue à demander quand même, je cherche un béta lecteur!!! S'il vous plaît (je me suis mise à genoux) si vous vous sentez les capacités de bétalire, contactez-moi!

En attendant laissé moi des com' (çà m'encourage! J'écris vite grâce à çà!)

Et à la semaine prochaine pour le chapitre 4!