Je poste ce chapitre sans l'avoir fait bétalire. J'ai envoyé trop tard mon chapitre à ma bétalectrice. Pour ne pas que vous ayez trop à attendre, je le mets tel quel, pardon pour les fautes, je ferai la mise à jour dès que j'aurais reçu la correction. Sur ce, bonne lecture!!!
Tsubaki
5- Un week-end infernal
C'est alors que tu apparais dans la nuit. Tu es auréolée des rayons de la lune et ton corps aux courbes appétissantes se meut avec la souplesse et la grâce d'un chat. Tu te glisses dans mes draps et toutes la fraîcheur de mes soirées solitaires s'envole, laissant place au gigantesque brasier de la passion.
Ino mordit son oreiller pour ne pas rire. Sakura, son front appuyé sur le bois du bureau, cachait la rougeur de ses joues alors que Temari, allongée au sol, tapait pieds et poings dans une fou-rire convulsif. Je repliai la lettre bleue que j'avais reçu le matin-même, un sourire gênée au coin des lèvres, n'osant pas poursuivre ma lecture. Si ce que je leur avais lu jusqu'à présent suffisait à les mettre dans cet état, qu'en serait-il de la suite? Je refermai donc l'enveloppe et attendis que mes amies se calment, ce qui prendrait du temps. Depuis une semaine que j'avais lu pour la première fois les missives de celui qu'on avait surnommé « le paysan », j'avais pris l'habitude d'en faire part à Ino, Sakura et Temari. Mes trois amies se délectaient de chaque mot, se moquant parfois mais en vérité, toujours émoustillées. Nous étions vendredi soir et au lieu de préparer assidûment le terrible cours de mathématiques de Kurenai-sensei, nous plaisantions encore...
Kurenai...
Lorsque nous l'avions revu en cours, quatre jours plus tôt, elle s'était montrée particulièrement froide et cassante. D'ailleurs, même si je n'avais pas cru cette chose possible, la classe avait été plus disciplinée encore que d'ordinaire. La fois d'après, elle fut un peu plus détendue. Avait-elle pardonnée? Je n'en suis pas certaine aujourd'hui encore. Elle manifestait en tout cas d'une grande sagesse en ne mêlant pas ses griefs privés à sa vie professorale.
Les élèves de leur côté ne pardonnait pas à Sakura. Les garçons lui en voulait d'avoir piégé Naruto. Quand à nous, les filles, bien que nous ne disions rien, l'attaque de Sakura faisait travailler nos esprits. Nous nous comportions comme d'habitude, mais une sorte de méfiance s'était instaurée. Les filles pouvaient frapper les filles pour faire tomber les garçons, nous n'étions pas unies face à nos ennemis. Je trouvais cette attitude idiote, mais que pouvais-je dire? Je n'étais que la nouvelle, je ne pouvais rien changer, d'autant plus que les élèves de cette école tenait à leurs traditions... Cependant, un détail m'avait marqué. Contrairement aux fois précédentes, cette affaire n'avait pas fait le tour de l'école. Seul notre classe connaissait cet incident. Personne ne s'était vanté ou plaint...
Je sentis soudain quelque chose se poser sur ma peau. Je sursautai et tournai prestement la tête. Le menton collé sur mon épaule, Ino me fixait en souriant d'un air entendu. Quand nos regard se croisèrent, elle se mit à chantonner d'un ton taquin.
- À quoi tu penses, mademoiselle?
- Mais à rien!
- À la suite de la lettre?
- NON!
- Allez! Lis-la nous! ricana Temari entrant dans le jeu de l'autre blonde.
- NON!
- Bon... Ben je vais lire pour toi! s'exclama Ino.
Vive comme l'éclaire, elle se jeta sur moi ou plus précisément sur la lettre que je tenais dans ma main. Au dernier moment, je parvins à soustraire mon bien de son
attaque. La brusquerie de mon geste me fit perdre l'équilibre. Je basculai vers l'arrière. J'atterris sur le matelas et en profitai pour cacher l'enveloppe sous moi. Ne se décourageant pas le moins du monde, Ino se rua sur moi et me chatouilla. J'éclatai de rire, tentant tant bien que mal de me défendre. Je ne pus m'empêcher de crier quand, se précipitant corps et âmes dans la bataille, Temari asticota mes pieds. Entre rire et larmes, je les suppliai d'arrêter. Essoufflée, secouée de spasme, je parvins à articuler : « lettre... écrasée... AH! Au secours! » Ce qui calma Ino. Elle mit un frein aux élans de Temari. Toujours allongée, je lui lançai un regard mouillé de larmes de rire. Elle me surplombait et demanda d'un ton faussement autoritaire:
- Çà y'est tu rends les armes?
- Vi
- Lis nous la suite de la lettre, supplia Sakura venue nous rejoindre sur le lit.
Je sentis mes joues devenir brûlantes et me mordis les lèvres. Je m'appuyais sur mes bras pour me relever et m'adosser au mur. Je baissai les yeux et lâcha dans un souffle:
- Je ne peux pas...
- Tu ne peux pas? répéta Temari incrédule.
Quand, intimidée, je relevai les yeux vers elles, leurs regards suspicieux ne purent m'échapper. Elles me dévisageaient toutes avec la même expression, comme si elles étaient une seule et même entité. Sourcils froncés, iris fixes, lèvres pincées, elles respiraient au même rythme. J'étais face à un cerbère(1), encerclée par ses trois têtes menaçantes, consciente que derrière ces masques grimaçants un enfer de reproche me guettait. Ino regarda regarda les deux autres avant de se pencher un peu vers moi et demander à mi-voix, comme l'on parle d'un sujet tabou:
- Dis-moi Hinata, tu ne te laisses pas séduire par ses lettres au moins...
Je ne répondis pas et levai les yeux au ciel, agacée. Ce que Temari interpréta à sa manière:
- Bon Dieu Hinata c'est pas vrai! C'est un coup des garçons! C'est un piège! grogna-t-elle.
Je soupirai. Avant d'avoir eu le temps de lui dire le fond de ma pensée, Sakura intervint rougissante sous le coup de la gêne.
- Mais tu sais Temari, ces lettres sont si bien écrites tu crois qu'un garçon peu écrire si bien sans sentiment.
- EVIDEMMENT! s'emporta la blonde, Qu'est-ce que tu crois! Je suis sûre qu'ils ont copié çà quelque part! Ils sont malins et toi comme une grande conne tu te laisses avoir! Mais Sakura, tu as bien vu de quoi tes grands camarades sont capables! Elle est belle votre amitié? Elles sont où vos belles années? Ton Naruto et ton Sasuke ne se gênent pas pour te poignarder dans le dos! Et tu es pas mal non plus dans ton genre, le coup que tu as fait à Naruto n'est pas des plus sympa! Et après çà tu poses encore ce genre de questions débiles...
- ÇA SUFFIT!
Elles tourna vers moi des yeux aussi rond que des soucoupes. En colère, je baladais mon regard entre elle, qui soufflai sa rage, et Sakura, qui retenait difficilement ses sanglots. C'était par égard pour cette dernière que j'avais interrompu la véhémence de Temari. Je comprenais bien la douleur de Sakura et il était injuste de lui rappeler ses tords. De toute façon, elle n'avait aucun droit de nous juger. En colère, je me mis à lui expliquer sans douceur:
- Temari, tu n'as aucune preuve! Sakura a peut-être raison... tout comme toi d'ailleurs! Mais moi je n'en ai absolument rien à faire de tout çà! Bien sûr je suis flattée de recevoir de tels déclarations et en même temps amusée... mais je te rappelle que j'ai un petit ami et que j'y tiens! Alors que ce soit une blague ou une déclaration sérieuse qu'importe, il n'y a pas lieu de se disputer!
Je m'étais emportée pendant ma tirade et ponctué chaque fin de phrase par un coup de poing sur le matelas. Temari, effarée, s'était levée me regardant avec l'expression de celle qui découvrait ma véritable personnalité. Sakura mordait ses ongles comme pour se retenir de dire des méchancetés. Ino, quand à elle, avait détourné la visage et je ne pouvais connaître le fond de sa pensée. Bien sûr, j'étais en colère. Je ne comprenais pas leur manque de confiance. De même que penser à Neji me mettait hors de moi. En fait, depuis que j'avais lu ces lettres, y associer le nom de mon cousin avait un drôle d'effet sur mon humeur. Quand je n'étais pas triste, je me sentais agacée, voir énervée. Les mots d'un autre m'avaient ouvert les yeux sur les faiblesses de Neji. Nous étions un jeune couple et aucun de nous n'avait eu d'autre fréquentation avant, alors ensemble nous devions apprendre à palier les manques de l'autre. C'était du moins ma vision des choses et mes intentions pour l'avenir, faire de Neji et moi un couple fort face aux périples de la vie.
Dans tous les cas, au moment de mon histoire toutes ces décisions m'étaient sorties de l'esprit. Seul le regard méfiant de mes vis-à-vis occupait mon esprit et m'importuner au plus au point. Je lançai à Sakura et Temari des œillades enflammées, courroucée au plus haut point. Temari, qui de nous toutes avait le plus fort caractère ne supporta pas que je lui tins tête et grogna:
- Pas la peine de se disputer? Avec ses idiots qui préparent un sale coup, tu...
- Tu n'as aucune preuve! m'écriai-je pour l'interrompre, arrête de tout rapporter à cette guéguerre de gamin! Il n'y a pas que çà dans la vie.
- Mais pour qui tu te prends! Tu n'es qu'une nouvelle, tu ne comprends rien à tout çà!
- C'est justement parce que je suis nouvelle que je comprends mieux que vous! Je ne suis pas rentrée dans votre spirale infernale et je suis encore objective, pas comme vous! Vous n'êtes plus capable d'analyser calmement la situation!
Temari ne trouva rien à répliquer à mon argument. Décontenancée, elle rechercha de l'aide auprès des deux autres filles. Sakura avait l'air désolée, mais secoua la tête pour lui signifier son impuissance. Quand elle baissa les yeux vers Ino qui restait elle aussi sans réaction, Temari sembla gonflée de rage. Elle se redressa dignement. Me jetant un dernier regard assassin, elle leva le menton, nous salua sèchement et sortit de la pièce. Sakura, d'abord surprise par son comportement, se remit précipitamment sur ses pieds et la suivit en toute hâte en fermant la porte derrière elle. Ino et moi nous retrouvions en tête à tête. Je boudais un peu, vexée par l'attitude de Temari. Si elle était trop bornée pour comprendre, ce n'était pas mon problème. Si elle avait décidé de faire la mauvaise tête et bien elle avait trouvé à qui parler. Après quelques minutes, Ino daigna enfin me regarder. Pour la première fois depuis mon emportement elle tourna vers moi ses grands yeux bleus. A mon grand étonnement, elle me sourit. Elle paraissait plus amusée que contrariée et je compris mieux la réaction de Temari. Incrédule, je fus bien incapable de répondre à son sourire et la fixai en attendant qu'elle ne s'explique. Une grimace taquine fendit son visage quand elle s'exclama:
- J'ai cru que Temari allait te sauter dessus...
Et elle éclata de rire. Encore sous le coup de ma colère, je lui rétorquais, cassante:
- Tu trouves çà amusant?
- Oh, Hinata excuse-moi! Mais parfois elle m'agace à toujours vouloir nous monter contre les garçons! Ce n'est pas parce qu'elle a des problèmes avec ses frères qu'on doit l'aider à se venger! Elle est tellement contradictoire que çà m'agace! D'un côté elle veut les écraser pour leur apprendre à la respecter et d'un autre elle les aimes tant qu'elle n'arrive jamais à ses fins! Crois-moi Temari t'aurait sûrement chercher la bagarre si tu n'avais pas été l'héritière d'un dôjo!
Je la regardais, un sourire coupable plissant mes lèvres. Je m'imaginais entrain de mettre une raclée à Temari et me rendit compte combien c'eût été jubilatoire. Mais je devais bien vite me calmer, je n'avais que ces trois phénomènes comme amies et, malgré leurs défauts et leurs sales caractères, je les aimais bien. Me fâcher avec l'une d'elle pour une histoire de lettres anonymes aurait été une grande preuve d'idiotie. Je finis par répondre à Ino sur un ton badin, enfin calmée.
- Peut-être que çà nous aurait fait du bien à toutes les deux et elle ne serait pas partie aussi irritée...
- Ne t'en fais pas pour cette bécasse, çà lui arrive souvent ce genre de colère! Demain elle aura tout oublié et toi tu devras composer avec!
Je me mordis les lèvres et levai les yeux au ciel. Enfin, épuisée par ces chamailleries, je baillai à m'en décrocher la mâchoire, ce qui plongea Ino dans un fou rire incontrôlable. Les yeux écarquillés, je l'observais se moquer de moi sans la moindre honte et finis par lui donner une claque dans le dos.
- Je te rappelle que tu te moques de l'héritière d'un dôjo! Tu cherches les problèmes ou quoi!
Elle me fixa, perplexe, et cette fois nous éclations de rire de concert. Je riais tellement que j'avais mal au ventre et que des larmes coulaient le long de mes joues. Il n'y avait rien de drôle à notre conversation, mais nous ne pouvions contenir notre gaieté. Je pense que si nous étions si joyeuses, c'était pour oublier nos problèmes. Au fond nous n'étions que des adolescentes de seize ans, et nous ne savions pas très bien comment réagir face à nos soucis. Nos rires, nos pleures, nos colères étaient nos seuls échappatoires, et je me dis qu'au fond ce n'était pas un mal. Aujourd'hui adulte, ces démonstrations de sentiments sont perçus comme des faiblesses et je me dois de contrôler ces émotions pourtant si belles et si fortes. Mais à seize ans, qu'importe ce que dirait les gens, nous étions fatiguées, alors nous riions. Nous avions peur, car nous pressentions les problèmes, alors nous conjurions le mauvais sort à notre manière. Dans mon village, à Izumo, une vieille grand-mère nous racontait que le rire faisait fuir les mauvais fantômes et les esprits malins. Peut-être y croyais-je encore ce soir-là dans mon lit, me tenant les côtes, à moitié allongée sur Ino qui se tenait si fort à moi qu'elle me faisait mal.
Notre hilarité apaisée, nous nous rasseyions correctement côte à côte et fixions le mur d'en face sans vraiment le voir. Soudain, Ino passa son bras autour de mes épaules et me demanda avec énergie:
- Bon, et si nous organisions une petite après-midi shopping demain pour remonter le moral des troupes! Il y a des affaires incroyable à Shinjuku le Samedi! Qu'est-ce que tu en dis...
Je rougis légèrement et bafouillai:
- En fait... tu sais Neji m'a déjà invitée. On va faire un tour au parce d'attraction. Je me suis dis que c'était une bonne occasion pour essayer de retrouver ce qu'on avait avant donc je...
- Tu ne veux pas rater çà... n'est-ce pas? termina Ino sur un ton bien peu enthousiaste.
- Exactement...
- Bon! Si tu veux, les promotions seront encore là samedi prochain... Je vais en profiter pour voir Shika... mais Hinata promets-moi juste une chose...
- Quoi?
- Ne rentre pas en larmes, comme à chaque fois que tu le vois...
Ce matin-là aussi, je trouvais une lettre dans mon casier. Malgré tout ce que j'avais pu dire aux filles, j'étais plutôt heureuse de voir que mon "paysan" restait fidèle à ses habitudes. Les filles avaient enfilé avant moi leurs chaussons et se dirigeaient déjà vers le centre du hall. Comme Ino l'avait prédit, Temari avait retrouvé sa bonne humeur habituelle au matin. Nous avions pris notre petit-déjeuner côte à côte en plaisantant sur ce maudit Samedi matin où nous devions subir tant de torture! Qui avait eu la bonne idée de nous mettre deux heures de mathématiques, une heure de biologie et une heure de physique dans la même matinée. Si le professeur de physique, Iruka-sensei, était plutôt sympathique il n'en était pas de même pour Orochimaru le professeur de Biologie. Cet homme sinistre avait le don de rendre le cours le plus banale, terne et ennuyeux à souhait. Évidemment il n'est plus besoin de parler de notre chère Kurenai glaciale et hautaine. Donc, pendant toute la durée du repas, nous nous étions plaintes d'eux qui avait le malheur d'être les professeurs de matières scientifiques. Cette simple discussion avait suffit à relèguer au rang de vieillerie notre dispute de la veille. Ainsi, aucune d'entre elles ne protesta quand une fois de plus j'ouvris ma lettre m'apprêtant à me délecter des mots doux de mon admirateur.
Toutefois, je n'eus pas le loisir d'en faire la lecture. À peine avais-je ouvert l'enveloppe que la voix d'Ino retentit derrière moi. Je me retournais inquiète, son ton me paraissait particulièrement agité. Quand nous fûmes face à face mon doute fut confirmé. Intenable, Ino me faisait signe de sa main de la suivre, ce que j'exécutai de plus en plus alarmée. Je fourrai sans trop d'attention la lettre dans mon sac et lui emboîtai le pas. Elle me dirigea sans hésitation vers le fond du hall, plus précisément à l'endroit où l'on trouvait le panneau d'information générale. Je fus étonnée d'y découvrir tant de monde, il était rare que les informations distribuées par l'administration déchaîne les foules. Je devinais aisément qu'il s'agissait encore d'un coup tordu des garçons. Certains signes ne trompaient pas, par exemple, l'air outré voir attristé des filles ou encore les fous rires et les acclamations des garçons. Ino se mit à jouer du coude pour nous ménager un passage jusqu'à la première ligne où nous attendaient Sakura et Temari. Ce qui s'offrit à mes yeux étaient au delà de mon imagination.
Tout au long du grand tableau en liège étaient épinglées des photos. Elles étaient là par dizaines. J'aurais juré en voir des centaines, mais était-ce possible? En tout cas, elles étaient bien assez nombreuses pour exciter l'imagination des garçons. Toutes ces photos représentaient les filles de différentes années aux vestiaires. Ces images semblaient avoir été prise tout au long d'une semaine car il ne manquait aucune classe. Je fus scandalisée de me voir en sous-vêtements au côté d'un cliché représentant un groupe de terminale pas plus habillée que moi. Je rougis jusqu'aux oreilles et continuai à observer les portraits peu glorieux sous les beuglements de la gente masculine. Soudain, mon regard rencontra celui figé d'une fille au centre du tableau. Je me demandai comment je ne l'avais pas remarqué plutôt. La photo était légèrement plus grande que les autres et n'avait pas été prise dans les vestiaires. Sur un fond noir, la peau nue de la jolie fille se détachai comme irradiant la lumière. Elle ne portait pas le moindre vêtement et bravai sans vergogne l'objectif... sans vergogne? Je sentis le serpent de la rage remuai mes entrailles. Cette fille... Une sorte d'humiliation brillait au fond de ses yeux. Je ne le supportais. Je ne voulais pas la voir. Je ne voulais pas me voir au fond de ses yeux tristes. Je savais ce qu'elle avait vécu, je l'avais moi même vécu et je ne voulais pas que tout autre personne puisse le voir.
D'un bond, je me retrouvais au plus près du tableau et d'un geste emporté arrachai la photo de cette pauvre fille. Je décrochai au passage un bon nombre des autres clichés. Les mains pleines de ces papiers mals imprimés, je me retournai et aboyai aux visages des badauds:
- Dégagez! Ça vous amuse? Tirez-vous de là!
D'un seul mouvement la foule recula sans pour autant se disperser. Ma voix rendue suraigu par l'irritation avait porté dans tout le hall. Je les impressionnais, même mes amies me considéraient différemment. Je voyais un mélange de crainte et d'admiration dans leurs yeux. Pourtant je me fichais de ce qu'ils pouvaient tous penser. Je m'apprêtais à réitérer ma menace quand quatre garçons emmergèrent de la foule. Ils étaient tous dans ma classe. Naruto, Chôji et Kiba s'avançaient vers moi, Sasuke à leur tête. Le brun sourit d'un air narquois et s'arrêta à quelques mètres de moi:
- Et bien Hinata, tu ne veux pas qu'on admire ce beau spectacle?
- Dis donc Sasuke, rétorquais-je du tac au tac, tu ne serais pas entrain de chercher les problèmes? J'ai peut-être les mains pleines, mais j'ai un bon jeu de jambes.
- Ouuh, tu me fais peur!
- Oh mais tu devrais! Rappelle-moi qui t'a foutu une raclée la dernière fois...
Les autres garçons froncèrent les sourcils, prenant ce souvenir comme une insulte personnelle. Seul Sasuke ne se défit pas de son sourire et continua à me répondre avec la même désinvolture.
- Tu m'en donnes une ou deux de toi Hinata, en souvenir...
C'en fut trop pour moi. Sans relâcher les clichés que je froissais dans mes mains, je me mis en position pour lui faire goûter à un de mes meilleurs coup de pied. Je visais d'ores et déjà ses côte et armais mon coup quand j'aperçus du coin de l'œil une ombre se faufiler derrière moi. Sans que je ne comprenne ce qui m'arrivais, je me retrouvai soulevée du sol par des bras qui entouraient ma taille. Mon agresseur m'éloigna de Sasuke et me reposa à distance raisonnable.
- Pas de bagarre ici, résonna sa voix grave et erraillée à mon oreille, les profs vont débarquer d'une minutes à l'autre et tu es déjà en mauvaise posture Sasuke.
Le brun dévisageait le garçon derrière moi. De mon côté, j'essayais tant bien que mal de voir celui qui me tenait, sa voix me disait quelque chose. Mais j'avais beau me tortiller dans tous les sens, sa prise sur moi était trop forte. Dans la position où m'avait mise le garçon, je ne voyais qu'à peine Sasuke et plus aucun des trois garçons qui l'accompagnais. Soudain, Sasuke fit volte-face et déclara en nous tournant le dos.
- T'as pas à me dire ce que je dois faire Kiba! Tu fais chier à jouer les héros.
J'écarquillais les yeux. Je me retrouvais dans les bras de Kiba. J'aperçus Sasuke partir. Kiba se mit à ronchonner un truc qui ressemblait à : « Et toi tu fais chier à jouer les chefs! » Et je sentis sa main se crisper contre mon flanc. Incroyablement gênée, j'attrapais le bras du garçon et restait un instant figé. Je compris pourquoi il m'avait soulevé avec tant de facilité. Sous le tissus de sa chemise, je pus ressentir son muscle bandé. Ce n'était pas étonnant que Sasuke ait cédé si facilement, il n'aurait sûrement pas fait le poids face à lui. Reprenant le sens des réalités, je m'éclaircis la gorge et demanda d'une voix exaspérée:
- Eh! Kiba! Tu comptes me tenir longtemps comme çà?
Il sembla avoir un moment d'hésitation puis me relâcha en marmonnant des excuses confuses. Sans plus attendre, il se fraya un chemin dans la foule. Mais avant qu'il ne disparaisse, je pus apercevoir son visage, et en remarquer la rougeur. Kiba était vraiment un garçon étrange. Avant que je ne revienne de mes émotions, Ino, Sakura et Temari m'entourait. De leur côté les autres filles chassaient les garçons, pendant que d'autre arrachaient les photos restantes. Mes amies n'eurent pas le temps de dire un mot, une grande claque dans mon dos me fit basculer vers l'avant. J'atterris dans les bras de Temari alors que la voix énergique de Tenten s'élevait derrière moi:
- Bien joué Hinata, tu as motivé ces bécasses! Elles se lamentent tout le temps mais n'agissent pas! Là au moment elles bougent leurs fesses!
Et après m'avoir gratifiée d'une autre claque qui fit vaciller Temari, elle repartit vers les filles qui nettoyaient le tableau de ses horreurs en criant à tue-tête: « Allez, je veux plus rien voir, que toutes ces conneries finissent à la poubelle. » Temari me remit sur mes pieds et d'une main ferme me guida jusqu'à notre classe. Je m'assis à ma place et fut entourée de mes amies. J'étais dans un espèce de brouillard, tant ma colère était puissante. Je serrai encore contre moi les photos que j'avais retiré du panneau d'affichage. Ino posa une main sur ma tête et chuchota:
- Je pensais pas que tu réagirais comme çà...
- Moi c'est Kiba qui m'a étonné, rétorqua Sakura, lui qui se fout toujours de tout qu'il soit intervenu...
- Sakura, on se fiche de Kiba, soupira Ino, tout ce qu'il voulait c'était protéger Sasuke...
- Ouais, moi ce qui m'inquiète ce sont ces photos, intervînt Temari, comment ils ont fait pour les prendre?
- Je ne sais pas, avoua Sakura, ils se sont peut-être planqués quelque part, en tout cas il faudrait en parler aux profs!
- Non! grond Ino, tu sais bien qu'on ne parle pas de la guerre aux profs Sakura!
- Oui mais là c'est grave... insista Sakura
- Vous avez vu cette pauvre fille, dis-je d'une voix monocorde, comment ils ont pu lui faire çà! Totalement nue... et... ah c'est rageant!
Les filles échangèrent des coup d'œil gênée avant que Temari ne lâche:
- C'est Mayuri Katsura, dans la classe de Tenten. Elle ne mérite pas çà la pauvre c'est une bonne fille. Je ne sais pas comment ils ont eu cette photo d'elle...
- C'est peut-être un montage! lança Sakura pleine d'espoir...
- Dans ce cas c'est du boulot de pro...
- Ça n'avait pas l'air d'un montage et c'est çà qui est inquiétant... Je me demande si...
Mais nous pûmes savoir ce à quoi pensait Ino. À l'étonnement général, Kakashi-sensei n'était pas en retard. Il ouvrit la porte de la classe au moment même où la cloche dissonante retentit dans le bâtiment. Il me parut particulièrement soucieux et je me mis à penser qu'il avait eu vent de l'affaire des photos... Puis je me raisonnai, si tel avait été le cas, il aurait plutôt était heureux, puisqu'il était du côté des garçons. Je mis donc sa mauvaise mine sur le compte de problème personnels. Quand il arriva derrière son bureau et que tous les élèves eurent regagné leur place dans une cohue sans nom, Il fit signe au responsable de classe de commencer. Celui-ci se leva et donna ses ordres d'une voix clair et distinct : « levez-vous, saluez, asseyez-vous ». Je fourrai les clichés que j'avais encore dans mon casier en toute hâte et me levai pour suivre les autres dans le salut matinal. Je me mis à respirer profondément. Il fallait que je me calme. Je devais me préparer à un autre problème. Neji aurait très vire vent de mes exploits et j'allais être obligée d'affronter sa mauvaise humeur.
Le soleil de quatorze heure brûlait ma peau. Assise sur un banc dans un parc, j'attendais Neji. Je n'étais arrivée que depuis cinq minutes et j'étais en avance. Mon cousin ne devait pas arriver avant un bonne demi-heure alors j'avais tout mon temps pour réchauffer mon corps sous le soleil de printemps. Le mois d'Avril débutait et déjà la température était remontée de quelques degrés. Les cerisiers commençaient à perdre leurs fleurs. Une perpétuelle pluie rose tendre aspergeait Tokyo de son lyrisme. J'insiérais une profonde bouffée d'air frais et offrais au ciel mon visage apaisé.
Après une matinée chargée, j'avais déjeuné avec mes amies au réfectoire de l'internat. Le temps et l'occupation avait chassé mon courroux et j'avais retrouvé ma sérénité habituelle. Tout au long du repas nous avions parlé de choses autrement plus importantes. Orochimaru nous avait annoncé un contrôle de connaissance générale au cours de la semaine prochaine. Le sévère professeur avait trouvé notre dernière interrogation catastrophique. Cependant, refusant de remettre son cours en question, il avait accusé une lacune dans les bases. Pour juger du niveau de la classe, il nous imposait donc un devoir qui regrouperait toutes le notions faisant partis du programme vu depuis la primaire. Connu pour son sadisme, le professeur en avait impressionné plus d'un. Chacun s'attendait aux pires questions de science qu'il puisse inventer. Pour affronter cette épreuve, nous avions décidé de mettre en place des soirées de révision commune. Ino et Temari comptaient sur Sakura et moi pour les aider. Avec Sasuke, nous faisions parti du trio de tête et notre niveau était largement au dessus de celui du reste de la classe. Nous avions donc promis de faire notre possible pour qu'elles s'en sorte honorablement au devoir. Puis, le déjeuner fini, je m'était précipitée dans la chambre pour enfiler des vêtements plus saillants.
Pour affronter de rendez-vous, je m'étais armée d'un jean taille basse, un débardeur en crochet blanc et d'une veste en jean. Je voulais rester simple et plaisante, pour que Neji soit sous mon charme. Une fois n'est pas coutume, j'avais même laissé mes cheveux lâches. Mon sac à main serré contre moi, j'observais mes ballerines blanches en me demandant si j'étais vraiment assez belle pour mon cousin. Je soupirai et décidai de me changer les idées. Pour passer le temps j'avais amené un peu de lecture. Prudemment, je sortis de mon sac l'enveloppe bleue. Depuis l'incident du matin, je n'avais pas eu l'occasion de me plonger dans la lecture de ma lettre, mais j'allais y remédier. Comme pour m'assurer que personne ne pouvait me voir, je relevai la tête et observais les alentours. J'aperçus brusquement une silhouette qui me fit sursauter. D'un geste précis et rapide, je fourrai à nouveau la lettre dans mon sac. Je la sentis s'écraser sous mes doigts mais qu'importe. Au bout de l'allée, Neji s'approchait de moi à grand pas.
Il arriva bien vite à côté de moi à la fois souriant et surpris. Légèrement essoufflé, il s'assit tout près de moi et posa un baiser sur ma tempe.
- Tu es en avance, dis-je d'une voix parfaitement détendue...
- Je voulais arriver avant toi... mais tu as trouvé le moyen d'être encore plus en avance que moi...
- Je suis partie en même temps qu'Ino, elle avait quelques courses à faire. Je suis venue directement ici...
En vérité, Ino avait rendez-vous avec Shikamaru dans un tout autre endroit. Mais comme promis je n'en dis rien à Neji. Je le regardais ravie. Il semblait d'humeur radieuse. Parfaitement disposé à passé un bon moment, voir même enthousiaste. D'un bond, il se leva et s'étira de tout son long.
- Puisqu'on est là, allons au parc, on aura plus de temps pour les attractions.
J'acquiesçais et me levais à mon tour. Alors qu'il s'apprêtait à partir, je le retint par le bras et l'attirai vers moi. Je posai un léger baiser sur ses lèvres, le prit par la main et nous prîmes la route vers le parc d'attraction.
L'après-midi s'écoula sereinement. Neji et moi avions essayé toutes les attractions à sensations fortes du parc. Puis, nous avions décidé de monter dans la grande roue. Pendant que notre cabine s'élevait doucement vers son point culminant, je regardais Tokyo apparaître sous mes yeux. Neji était en face de moi, mais je ne lui prêtais aucune attention. De mon point de vue, la ville était magnifique, les vitres des buildings brillaient sous le soleil descendant de fin d'après-midi. Cette immense ville ressemblait à un assemblage en Légo© fait par un enfant. J'étais émue et impressionnée. Ce fut à ce moment là que j'eus mon coup de foudre pour Tokyo. Coup de foudre qui durerait toute ma vie.
Soudain, je sentis la nacelle se balancer légèrement. Je détournais mon regard de ce magnifique spectacle pour voir Neji s'asseoir en souriant à côté de moi. Sans un mot, il passa un bras autour de mes épaules et m'attira vers lui. Nos lèvres se rencontrèrent et il m'embrassa fougueusement. Pour la première fois depuis trop longtemps, je n'eus pas cette envie viscérale de le repousser. Toutefois, à mon grand désarroi, je n'étais pas non plus très à l'aise. Pourtant nous avions passé une après-midi superbe. Pas une seule fois nous nous étions disputés. Nous avions évité tous les sujets qui fâchent et il ne m'avait pas même reprocher mon emportement du matin. Nous nous étions amusés comme des enfants, en toute simplicité. Je me serrai presque cru revenue à Izumo quand tout me paraissait évident, avant que nous soyons amant, quand nous nous aimions sans nous poser de question. Mais ce n'était apparemment pas suffisant. Mon cœur ne battait pas la chamade à côté de lui et je n'attendait pas avec impatience chacun de nos rendez-vous... J'en étais venu à me demander ce qu'était devenu mon amour pour Neji. Quand il cessa de m'embrasser, il se redressa et posa son front contre le mien.
- Tu as passé une bonne journée? me demanda-t-il en caressant ma joue du bout des doigts.
- Oui, je me suis bien amusée.
- Ça faisait longtemps qu'on avait pas été aussi bien tous les deux.
- C'est vrai.
- Des fois je me dis qu'on se prend la tête pour rien du tout.
- Je le crois aussi.
- On passe déjà tellement peu de temps ensemble, il faut en profiter n'est-ce pas.
- Oui, c'est sûr.
- Tu sais Hinata, j'ai pensé qu'après la grande roue on pourrait aller ailleurs toi et moi. Je sais que j'ai pas été brillant les dernières fois, mais cette fois je te jure que tu vas aimer qu'on fasse l'amour toi et moi.
Je fronçai les sourcils et me dégageai un peu brutalement de son étreinte pour le regarder bien en face. Il semblait ravi, comme s'il venait d'avoir l'idée du siècle et, sur son petit nuage, il ne remarqua même pas mon trouble. Neji ne pensait-il qu'à me culbuter? N'étais-je qu'un jouet à ses yeux? Je sentais les larmes mouillaient mes yeux mais je les retins. Il semblait réellement satisfait de lui, comme s'il avait trouvé ce qui me rendrait le plus heureuse. Je n'eus pas le cœur à l'engueuler et je m'apprêtais à trouver une excuse bidon quand il me fixa avec l'air d'un gamin innocent. Étrangement, contrairement à d'habitude, je ne me laissai pas attendrir quand il me demanda avec douceur:
- Alors qu'en penses-tu?
- Je... je suis flattée Neji mais... pas ce soir... tu sais je... je suis indisposée... enfin, tu comprends.
Il rougit légèrement et étouffa avec sa main un rire gêné. Il avait compris. En fait, mes menstrues ne devaient arriver que la semaine suivante mais je n'avais pas trouvé d'autre excuse valable. Pour ne pas me trouver dans l'embarras, il me suffirait d'éviter de le voir pendant cette période. J'étais fière de moi, je me sortais plutôt bien de cette situation gênante: je n'aurais pas à coucher avec Neji et il ne se fâchait pas. Quand il eut fini de rire, il posa ses lèvres contre ma tempe et murmura:
- Ce n'est que partie remise alors, on a qu'à profiter encore un peu des manèges et on ira grignoter un truc quelques parts. Un Mac Do par exemple...
Soulagée, je lui répondis avec un enthousiasme enfantin:
- Mmmh, mais avant je vais me chercher une barbe à papa!
- Je te l'offre...
- Ah non, tu as déjà payé l'entrée du parc pour moi, une pomme d'amour et, te connaissant, tu vas payer le Mac Do. Laisse moi au moins payer moi même une barbe à papa!
- Bon d'accord, d'accord... paie-la ta barbe à papa...
Au moment où il prononça ces mots, la roue s'immobilisa et un employé nous ouvrit la porte pour nous inviter à sortir. Je regardais Neji qui souriait, toujours amuser de mon entêtement. Je me savais ridicule, mais j'étais gênée qu'il paie tout. Payer ma barbe à papa était symbolique, mais au moins, je me sentirai plus à l'aise.
Je le traînais vers le stand du confiseur. Du petit étale se dégageait des odeurs de sucre. Le gaufrier chauffé sentait bon le beurre. Le caramel étendait ses effluves dans toute l'allée couvrant les odeurs de fritures des Takoyaki(2) et des mines sautées. Alors que je m'arrêtais, joyeuse, à la fin de la file. Neji éternua. Je me retournais vers lui et demandais en gloussant:
- Une allergie au sucre?
- Ça doit être ça! rétorqua-t-il en reniflant, je préférerai un bon Okonomi-yaki(3) à tes sucreries...
- Et bien... on peut toujours aller manger des Okonomi-yaki après le parc, çà me tente plus qu'un Mac Do.
- Mmmh, bonne idée, faisons çà alors.
Il me donna une tape dans la tête et s'éloigna de la file. Alors que je me rapprochais du stand, je retirai mon porte-monnaie de mon sac pour commencer à compter la monnaie. J'entendis Neji éternuer une seconde fois. Il se mit à jurer comme un charretier et se rapprocha de moi.
- Ton allergie est tenace dis donc! plaisantai-je.
- Un peu trop à mon goût.. Tu n'aurais pas un mouchoir s'il te plaît?
- Si bien sûr, fouille dans mon sac. C'est bientôt mon tour.
Sans ménagement, je lui plaquais mon sac à main contre l'estomac et m'avançais pour ne pas perdre ma place. Je me fis servir une barbe à papa géante. Je voyais gonfler mon nuage sucré, rose comme un bonbon. Je suivais avec gourmandise les gestes du marchand et me délectait par avance du bon goût de sucre qui exciterait mes papilles. Quand enfin j'eus réglé et récupéré ma douceur, je me dépêchais de retrouver mon petit-ami. Les yeux fixés sur la boule cotonneuse, je sentais l'appétit me torturer le ventre. Je ne pus me retenir et mordit dans la barbe à papa avant d'avoir atteint mon cousin. En extase, je gambadais jusqu'à mon but et, tout sourire, m'arrêtais à quelques centimètres de lui.
Enfin, je pris la peine de lui accorder un regard. Je fus pétrifiée par ses yeux plein de rage. Que lui était-il arrivé pour qu'il se mette dans cet état? Mon regard fut attiré par un morceau de papier bleu chiffonné entre ses mains. Sous le coup de la surprise, la barbe à papa échappa de mes mains et s'écrasa au sol. En tant normalement j'aurais été déçue et me serait répandue en lamentations, mais pour le coup, je n'eus aucune réaction. Je continuai à dévisager Neji qui semblait submergé par l'animosité. Bizarrement ce ne fut ni le remord, ni la tristesse, pas même de la crainte qui m'envahit mais la colère. Une colère noire qui me poussa à parler la première sur un ton condescendant.
- Ne me dis pas que tu vas faire une histoire ici, pour une lettre.
- Et pourquoi pas, rétorqua-t-il les dents serrés.
- Dans ce cas laisse-moi m'en aller et fais ton cinéma tout seul, je ne tiens pas à avoir honte.
- Ok... Ok Hinata, dans ce cas suis-moi, on va discuter.
Gardant mon sac et ma lettre en otage, il quitta les lieux. Je fus obliger de le suivre. Tous mes papiers importants se trouvaient dans mon sac et je n'osais pas imaginer quel horrible sort il réservait à ma précieuse missive. De toute façon, je sentais que le moment était venu de régler cette affaire, quelque soit l'issu de la discussion. Il m'entraîna d'un pas décidé à travers le dédale de ruelles que formaient les baraques des forains. Il semblait chercher un endroit reculé qu'il finit par trouver, à l'arrière de la maison fantôme. L'attraction se trouvait au bout du parc non loin d'un canal qui traversait la ville. Peu fréquentait, il était à l'abri des regards indiscrets. Nous étions enfin seuls,. Il laissa exploser sa colère. Balançant mon sac à mes pieds, il brandit la lettre qu'il agita sous mon nez:
- Je croyais que tu ne t'intéressais pas à ses conneries!
- Pas le moins du monde! Je les gardes parce qu'Ino et moi rigolons bien en les lisant.
Ce n'était que la moitié de la vérité bien sûr, mais comment avouer à Neji que je rêvais au prince charmant en lisant ces mots si flatteurs. Non, je n'imaginais pas le tromper, pas plus que le quitter pour un parfait inconnu, mais je me disais parfois qu'une personne capable d'écrire de telle chose était idéal. Jamais, je ne pourrai tenir ces propos devant mon cousin, il ne me pardonnerait pas. Neji avait éclaté d'un rire nerveux en entendant ma réponse. Quand il se calma, il s'exclama sur un ton narquois:
- Vous les trouver drôles!
- Oui, pourquoi elles ne le seraient pas?
- C'est obscène! Ce mec te dit des trucs obscènes et çà te fais rire!
- On rit du ridicule de la situation! Ces lettres sont sûrement écrites par les garçons de ma classe pour me piéger. Ça nous fais rire de voir tous les efforts qu'ils font... pour rien!
Ce n'était qu'une excuse, une excuse facile pour ne pas avouer à Neji la vérité. Mais il ne se laissa pas berner. Soit il me connaissait trop bien, soit cette probabilité lui paraissait trop absurde.
- Te fous pas de moi Hinata! Et tu comptes y aller?
- Aller où?
- Au rendez-vous! Ce rendez-vous là! hurla-t-il en secouant la lettre.
Mon cœur rata un battement. Se pouvait-il que mon « paysan » m'ait réellement donné rendez-vous? Ma curiosité fut plus forte que ma raison il fallait que je conforte de visu l'affirmation de Neji. Tentant d'adopter un ton détacher, je tendis la main vers lui et dit d'une vois ferme.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, rends moi çà maintenant!
- Pourquoi? Tu veux lire les mots doux de ton admirateur secret?
- Ino et moi avions prévu de la lire ensemble ce soir, alors rends-la moi.
- Viens la chercher.
Je ne me fis pas prier. D'un bond j'étais au côté de Neji et lançais mon poing vers son visage. Sans difficulté, il esquiva. Attrapant ma main, il me fit faire un demi-tour sur moi-même et m'emprisonna contre son torse avec mon propre bras. Sans la moindre pitié, il tordait mon poignet et secouait la lettre sous mon nez.
Dès le début j'avais su mon entreprise désespérée. Neji et moi étions de la même école d'arts martiaux. Depuis notre enfance,nous avions suivi l'enseignement de mon père. En outre, contrairement à moi, Neji adorait çà. De fait, il excellait dans l'art familial du combat. L'absurdité était qu'en tant que fille aînée du chef de famille, je me devais d'hériter du dôjo. Cependant père avait d'autres ambitions qu'il ne cachait à personne. Neji était le fils de son frère jumeau, donc assez proche de sang pour devenir son héritier, sans compter qu'il était reconnu comme le meilleur disciple de l'école Hyûga. Il suffisait que j'offre à mon père la moindre occasion de me répudier pour qu'il puisse choisir son héritier... Or, j'étais tout à fait disposée à lui faire cadeau de toutes les occasions qu'il désirait. Je ne voulais pas du dôjo car je détestais l'univers où j'évoluais et rêvais de m'en échapper.
Néanmoins, ce jour-là, bien que sachant Neji plus fort, je n'étais pas disposée à le laisser me battre sans lui opposer une sérieuse résistance. Malgré la blessure qui m'élançait depuis mon poignet, je ne perdis pas le nord. Je profitais de mon bras libre pour lui asséner un coup de coude dans les côtes. La souffrance le fit ployer contre mon dos. Je sentais tout son poids contre moi, c'était le moment idéal. Sans hésitation, je pivotais vers l'avant entraînant Neji. Celui-ci, perdant ses appuis, était totalement à ma merci. Contrairement à Sasuke, je n'eus aucune indulgence pour lui et le jetai au sol. Son dos frappa violemment le bitume brûlant. Une exhalation de douleur lui échappa, mais il n'en perdit pas le sens du combat. D'un geste vif, il me tira vers lui. Déséquilibrée, j'atterris contre son torse. Il coinça ma tête sous son bras. De mes deux mains, je tentais de repousser son avant-bras qui m'étranglais sans le moindre scrupule. Neji n'avait jamais eu de pitié pour moi et il n'en montra pas plus ce jour-là. J'étais son adversaire. Que je sois sa petite-amie ne changeait rien aux règles du jeu. Je pense pouvoir affirmer que ce fut à ce moment précis que quelque chose se brisa en moi. À l'encontre de tous mes espoirs, je n'avais aucun statut spécial à ses yeux.
Une colère sourda du fond de mes entrailles. J'avais offert ma virginité à un homme qui n'y accordait aucune valeur. Était-ce la rage ou un autre sentiment,je ne saurais le dire, mais je me sentis assez forte pour le battre. Dans un élan d'énergie, je parvins à me dégager de son avant-bras. Vive comme un félin, je me dépêchai de soustraire ma lettre de ses mains, me relevai et profitai de sa position pour lui asséner un coup de pied dans les jambes. Il grogna avant de se tordre pour masser sa cuisse endoloris. Je le regardais, victorieuse, tenter de se relever malgré mon dernier coup. Sa jambe devait faire souffrir. Lorsqu'enfin il se redressa bien debout devant moi, je ne baissai pas la tête et lui fit face, ne craignant pas les quelques centimètres que sa silhouette avait en plus sur la mienne. Par sécurité, je fourrai la lettre dans la poche de mon jean. Ce qui n'arrangea pas son humeur. Il attrapa brutalement mon menton et m'obligea à lever la tête pour plonger ses yeux dans les miens.
- Qu'est-ce qui te prend Hinata?
- Est-ce que tu m'aimes? demandai-je de but-en-blanc.
- Évidemment!
- Parfois j'en doute.
Cette simple phrase suffit à le mettre hors de lui. Ne contrôlant plus rien, il me gifla si fort que je vacillai et me retrouvai affalée sur le sol sans comprendre comment. Par réflexe, j'avais amorti ma chute avec ma main, mais je m'étais réceptionné sur le poignet que Neji avait tordu et je compris qu'il avait réussi à me le fouler par sa seule force. Je ramenai mon bras contre moi, massant mon poignet. Ma paume était blessée, les égratignures pleines de poussière et de petits galets. Je lui lançai une œillade assassine qui ne sembla pas le toucher. Il ne fit pas mine de regretter son geste ou même de m'aider. Au contraire, il profita de ma position pour me dominer et de déclarai sur un ton méprisant.
- De quel droit tu doutes de mon amour! Tu n'as jamais eu que moi... À Izumo, tu n'avais pas d'amis, toute la famille se fichait de toi et même ton père n'avait aucune affection pour toi... Moi, je te donne tout, je te soutiens, je quitte Izumo pour toi et tu doutes de mon amour...
Je restais bouche bée devant sa méchanceté. Me rappeler ainsi mes pires souvenirs d'Izumo était d'une bassesse inqualifiable. Bien sûr, il ne faisait que dire la vérité. Quand nous vivions à Izumo, seuls Neji et ma petite sœur ,Hanabi, m'accordaient un peu d'affection. À l'école, j'étais ijime(4). Mise à l'écart par mes amies, ils n'osaient pas non plus s'en prendre à moi car ma famille était une des plus puissantes de la région. Au domaine familiale, tous riaient du manque d'intérêt que m'accordait mon père et attendaient de découvrir quelle péripétie me ferait déshérité. Quand à mon cher géniteur, seuls les arts martiaux comptaient. Un enfant n'étant pas capable de porter la flamme de notre famille, n'était pas digne de porter le nom des Hyûga. Cette situation aurait pu être difficile pour la petite fille que j'étais, mais le soutien et la tendresse de Neji m'avaient soutenue. Alors, l'entendre me cracher tout ceci, comme des reproches à la figure était à mes yeux la plus hautes des trahisons. Avec un calme étudié, je me relevai fièrement et répondit avec calme:
- Quand tu te comportes comme çà, je ne me sens pas aimé! Ta jalousie, tes reproches... tout est prétexte à t'en prendre à moi...
- C'est faux! s'écria-t-il pour m'interrompre.
- ... que se passe-t-il Neji? continuai-je comme s'il n'était pas intervenu, Tu te rends compte que le monde est plus grand que ce que tu croyais et protéger la petite Hinata est devenue un fardeau...
- Arrête!
- ET POURQUOI J'ARRÊTERAIS! m'emportai-je, Neji explique-moi! Comment dois-je croire que tu m'aimes dans les conditions actuelles?
Il me fixa, les yeux écarquillés. Pendant quelques secondes il resta face à moi, sans mot dire. Avais-je réussi à l'interpeller? Il finit par détourner son regard et murmurer:
- Je n'ai pas de preuve à te donner, je t'aime, c'est tout!
- J'en arrive à me dire que l'amour ne suffit pas...
Je fus moi même surprise de mes paroles. Neji sursauta et posa de nouveau ses prunelles blanches comme la lune sur moi. Aussi triste que cette constatation puisse être, elle était le seul résultat de tous nos essaies. En fait depuis le tout début, notre relation était voué à l'échec. Nous étions cousin et les lois étaient contre nous. Notre famille aurait tout fait pour nous séparer en apprenant notre amour et même à Tokyo, personne ne pourrait accepter si facilement un amour incestueux. Puisque nous allions devoir nous séparer tôt ou tard, le plus tôt ne serait-il pas le mieux? J'avais pris une grande décision, elle serait difficile, mais je ne devais pas attendre. Quelques réflexions en plus et je me rétracterai... Or j'étais bien consciente que c'était notre seule issue. Je relevai les yeux vers Neji et le dévisageai sereine.
C'était notre seule issue.
La nuit m'a encore une fois troublée et le vent a pris ta voix pour me susurrer des mots doux. J'aimerai que la caresse sur ma peau ne soit pas que celle des draps. Je désire que ce sourire que j'ai capturé ne soit plus qu'un rêve. C'est pour ces raisons que je veux te rencontrer
Peut-être suis-je trop audacieux mais je t'attendrais, demain Dimanche à huit heure derrière le gymnase. L'école sera ouverte pour les clubs, mais aucun d'entre eux ne commencera avant neuf heure. On pourra donc discuter à l'abri des regards indiscrets.
Je souhaite de tous mon cœur que tu viendras.
Ma lecture finie, je repliai soigneusement la lettre qui portait toujours les séquelles de ses mauvais traitements de la journée. Je pinçais les lèvres, puis relevais enfin les yeux pour prendre la température de la table. Tenten me fixai ses baguettes suspendues au dessus de son bol de nouille. Sakura, la bouche pleine avait oublié de mâché et pinçait sa joue. Temari, laissait pendre de ses baguettes des nouilles détrempées qu'elle oubliait de manger. Ino, tournait la tête vers moi en fouillant d'un air absent un cratère dans son bol de riz.
Nous étions à la cantine et je dînais en compagnie de ses quatre commères. Elles avaient eu tellement hâte de connaître les récents vers du « paysan » qu'elles n'avaient pas pu attendre la fin du repas.
Après l'incident du matin, Tenten avait décidé que j'étais à présent l'une de ses grandes amies et avait décrété qu'elle aussi faisait partie de notre bande. Sakura et Ino s'était montrée très heureuse de l'idée, alors que Temari avait un peu ronchonné. Un autre caractère fort dans notre groupe n'était pas fait pour l'arranger. Elle avait bien assez à faire avec l'héritière du dôjo. Mais finalement, elle s'entendait bien avec Tenten et elles s'étaient trouvées de nombreux points communs.
Je consultais Ino d'une œillade. Visiblement, les filles avaient eu la réaction à la quelle elle s'attendait, car elle souriait à son bol de riz.
À peine avais-je quitté le parc d'attraction que je m'étais précipitée au dortoir. Ino était rentrée une heure après moi et me découvrit entrain de me soigner. Elle eut l'air horrifié et me pressa de question. Sans trop de difficulté je lui racontai l'après-midi, notre dispute et finalement ma décision. J'avais quitté Neji. Bien sûr, il avait protesté. Nous ne pouvions pas nous séparer à la moindre embûche, avait-il dit. Mais à mes yeux, l'embûche était de taille. C'était plutôt un fossé infranchissable qui nous séparait à présent. J'étais épuisée, je ne me sentais pas de taille pour ce combat-là. Je n'avais pas envie de me battre pour lui contre qui que ce soit, et surtout pas contre lui-même. En définitive, nous étions tomber d'accord. Neji acceptait cette séparation. Il avait voulu m'offrir un baiser d'adieu, et dans mon empressement à y échapper, je m'étais ouvert la lèvre. J'avais fui Neji, de toutes mes forces pour venir me réfugier dans ma petite chambre d'internat et trouvé une consolation auprès de mon amie. J'avais ensuite montré à Ino la lettre qui nous avait valu cette ultime dispute. Nous avions longuement discuter de ce que je comptais faire. Elle n'était pas contre ma solution, mais n'était pas persuader que c'était la meilleure. Moi, je ne doutais déjà plus de ma résolution et pensais à Neji. Comme Ino me l'avait fait remarquer, je ne m'étais peut-être pas attaché à Neji pour les bonnes raisons. Avant, je n'avais que lui, mais à présent j'étais loin des moqueries de ma famille et je m'étais faîte des amies... peut-être était-ce la fin logique de notre histoire.
Soudain, la voix de Tenten me sortit de ma rêverie:
- Et tu comptes faire quoi?
- Y aller bien sûr! répondis-je sans un once d'hésitation.
- QUOI! s'emporta Temari.
- Hinata, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, s'exclama Sakura.
- J'en étais sûre! Tu t'es fait avoir par les jolis mots, se lamenta Temari.
- Tu ne devrais pas croire à ses lettres, ajouta Tenten
- STOP, je vous arrête tout de suite avant que vous ne me fassiez plus de reproches. J'y vais pour mettre un terme à cette histoire. Et j'ai bien l'intention de régler çà à la manière forte et expéditive.
Je levais le nez vers la cime du cerisier en fleur. Dressé à l'entrée de Konoha Gakkô, il était si haut et son tronc si noueux, que je ne doutais pas qu'il fut planté en ces lieux en même temps que cette vieille école. A l'aise sous son ombrage, je fixai mon lycée d'un air déterminé. Il était huit heure dix et pour prouver ma mauvaise volonté au « paysan », je m'étais décidée à arriver avec un bon quart d'heure de retard. Malheureusement, ma bonne éducation me trahissait et il me fallait encore attendre pour rester fidèle à mon plan. Je m'étais levée très tôt ce matin-là. Après m'être échauffée et entraînée dans le foyer désert du premier étage, j'étais allée me doucher pour me détendre. Je partais affronter mon admirateur secret comme si j'allais à la guerre. J'avais passé en revue tous les coups impressionnants mais pas trop dangereux pour un non-initié aux arts-martiaux. Je devais lui faire peur pour qu'il me laisse tranquille mais pas le blesser. Il fallait surtout que je me détache de toutes mes émotions. Je ne devais pas le laisser comprendre que ses lettres m'avaient touchée. Toutefois ma rupture avec Neji m'avait ébranlée et je n'étais pas certaine de pouvoir garder mon calme habituel. Je m'étais habillée d'une robe porte-feuille écrus brodée de noir et de sandale. Enfin, j'avais resserré le pansement qui immobilisait mon poignet et soigné mes autres blessures. Ainsi parée, je me lançai contre celui qui me causait tant de soucis.
Sous la pluie de pétales roses tendre, j'avais retrouvé une certaine sérénité et sûre de moi, je m'élançais d'un pas décidé vers le point de rendez-vous. Le gymnase était tout au fond de l'école et il me fallut traverser la cours déserte pour y arriver. Face à l'imposant bâtiment, je m'arrêtais. Il ne me restait qu'à en faire le tour... Quelque mètres et je découvrirais le visage de mon « paysan ». Le souvenir de la lettre qui lui avait valu ce surnom me contracta l'estomac. J'étais une princesse en détresse et au bord des larmes... serait-il capable de me sauver... Je me surpris à imaginer que oui...
Je me secouai les méninges. Je ne devais pas m'attendrir. C'était un ennemi que j'affrontais. Je n'était pas une princesse, mais une guerrière. Ce « paysan » allait goûter au courroux d'Hinata. Je pris une profonde inspiration. D'un pas résolu je fis le tour du bâtiment. Malgré toutes mes déterminations, mon pas ralenti alors que j'approchais de l'intersection décisive. De l'autre côté de ce coin de mur se trouvait le garçon qui m'avait tant émue de ses mots et m'avait fait croire que j'étais désirable. Je posais ma main contre le béton froid et avançait tout doucement. Je voulais que ce moment dur des heures, je ne voulais pas être déçue. Je voulais retarder la correction que j'allais lui mettre, en fait, tout ce que je désirai c'était rêver encore un peu au prince charmant. Croire qu'il existait, juste pour moi... Mais ma main rencontra le vide et je tournai la tête pour l'apercevoir à quelques mètres de moi.
Il était debout, le dos appuyé contre le mur. Beaucoup plus grand que moi, il avait une silhouette élancée, mais paraissait pourtant bien baraqué. Habillé simplement d'un jean trop lâche et d'un tee-shirt blanc plutôt serrée, il m'apparaissait bien différent de d'habitude. Pourtant c'était les mêmes cheveux courts ébouriffés, et le même air mutin. Il ne m'avait pas vu arrivé, ses yeux rivés sur le gazon verdoyant. Je pouvais l'observer à loisir. Kiba... Jamais je n'aurais deviné qu'il s'agissait de lui.
Je fis un pas, puis hésitais. Était-ce nécessaire de lui chercher la bagarre? Je pouvais encore faire demi-tour. Il croirait que je n'étais jamais venue et l'affaire se réglerait aussi bien comme çà. Peut-être m'enverrait-il encore quelques une de ses si belles lettres... Je me mis une gifle mentale. Je ne devais pas flancher. J'avais un but précis. Forte de ma résolution, je m'avançais vers lui et cette fois il remarqua ma présence.
De suite, il ne parut plus très à son aise. Son regard était fuyant et ses joues légèrement rouges. Mais, je n'y prêtais plus attention. Sans lui laisser le temps de dire quoique ce soit, je me précipitai sur lui. En guise de bonjour, je lui assénai un grand coup de pied dans les côtes. Il ploya un moment en se tenant les flancs, je profitai de cette instant pour tenter de lui envoyer ma main valide à la figure. Mais avec un rapidité désarmante, il cala mon poing. Je ne me laissai pas impressionner. J'envoyais mon genoux vers ses zones sensibles... qu'il arrêta d'une seule main. J'étais épaté par son sens de la bagarre. Il profita de l'instant de répit que je lui accordais pour se redresser. J'ouvris la bouche sous la surprise... Comment n'avais-je jamais remarqué sa taille? J'étais ridiculement petite à côté de lui. Il avait au moins trente centimètres de plus que moi, mon mètre cinquante-cinq ne m'avait jamais paru plus risible que face à lui. Pourtant il ne faisait preuve d'aucune hostilité, il avait même plutôt l'air éberlué par mon agression. Il s'apprêtait à me parler, mais je ne voulus pas le laisser faire. Si jamais je m'attendrissais en entendant ce qu'il avait à me dire,j'avais perdu. Oubliant ma foulure, je lui décochais un crochet du droit... qu'une fois encore il déjoua. Il m'attrapa le poignet, le tourna dans mon dos et me cala au sol, visage contre terre Mon articulation blessée me fit souffrir si atrocement que je lâchais un cri de douleur. Ce qui dû surprendre Kiba, car il me relâcha promptement. Ainsi, je pus tant bien que mal me retourner sur le dos, mais pas me relever. Pour s'assurer que je ne l'attaquerai plus, il resta à califourchon sur mon ventre une main immobilisant mon épaule. À mon grand étonnement, il fronça les sourcils:
- Mais çà va pas la tête! s'emporta-t-il, Qu'est-ce qui te prend?
- Ce qui me prend? Tu oses me demander ce qui me prend! hurlai-je perdant tout mon calme. Tes lettres pourris, voilà ce qui me prend! Cette guerre débile! Voilà ce qui me prend! Vous me faîtes chier! À cause de cette connerie de guerre, mon cousin ne parle plus, il était mon meilleur ami et je l'ai perdu! Et puis ce connard de Sasuke qui m'a vu nue! Tu crois que çà me fait quoi! Je suis humiliée! Tu sais combien de temps mon petit copain a attendu pour me voir nue? Et lui il débarque dans ma vie et le lendemain il se permet de venir me reluquer sous la douche, prêt à me violer pour gagner quelques minables points! Et mon petit-copain, parlons-en de mon petit-copain! Il est tombé sur tes conneries de lettres hier, et aujourd'hui je suis célibataire! J'en ai marre!
Dans mon élan de colère, je le giflai. Il n'y opposa aucune résistance. Il me fixa droit dans les yeux et un grand frisson secoua tout mon corps. Ma main retomba lourdement au sol alors qu'une larme coula sur ma tempe. D'un seul regard il m'avait vaincu. Sa main, se posa sur mon menton et il tourna légèrement mon visage pour mieux voir ma joue.
- C'est ton copain qui t'a fait çà?
« Çà », désignait en faite le gros bleu sur ma joue. La gifle que m'avait donné Neji la veille avait laissé sa marque. Je rougis de honte. Je devais être affreuse et grotesque. Une femme faible qui se faisait frapper par son homme. Voyant que je refusais de lui répondre, il me sourit. Un drôle de sourire entre espièglerie et tendresse, et lança d'une voix goguenarde:
- Fais attention quand tu donnes un coup de pied, j'ai vu ta culotte blanche à dentelles roses...
Scandalisée, je voulus le gifler de nouveau, mais cette fois il intercepta mon geste. Emprisonnant ma main dans la sienne, il se releva et m'aida à en faire de même. Face à face, nous restions silencieux. J'observais ma main qu'il refusait de lâcher. Dans la sienne, grande et chaude, ma main blanche semblait presque fragile. Sur son poignet un bracelet bouddhiste en grosse perle d'ébène luisait sous le soleil matinal. J'étais si attentive à ce que je voyais, que je perçus chaque veine qui palpitait sous sa peau. Soudain, je vis ses doigts se délier. Je relevai brusquement les yeux vers lui. Kiba me dévisageai avec une drôle d'intensité. Quand nos yeux se croisèrent, il se mit à parler.
- Je suis désolé, dit-il.
- Désolé!, criai-je, prête à l'enguirlander de nouveau.
Mais je n'en eus pas l'occasion. Un bruit parvenant des buissons me fit sursauter. Interloquée, j'attendais que ce bruit recommence encore, mais rien ne vînt. Je relevai les yeux vers Kiba et m'apprêtais à aller voir ce qui se passait du côté de la haie, mais le garçon m'arrêta d'une main sur mon épaule et me fit reculer. D'un ordre muet, il venait de se désigner pour aller voir de quoi il s'agissait. Il s'avança prudemment, puis fouilla les feuillages. Mais il se retourna bredouille. Il haussa les épaules et revint vers moi.
- Peut-être le vent, conclut-il.
Je le regardais, toujours un peu méfiante, jetai encore un coup d'œil vers la haie puis m'intéressais de nouveau à Kiba, prête à l'assommer de reproche une fois encore. Cependant, il ne m'en laissa pas l'occasion:
- Je suis désolé de tout ce qui t'arrive, mais la seule chose dont je sois responsable c'est ton copain, et je ne peux pas te mentir... çà ne me gêne pas plus que çà.
J'étais troublée par sa franchise. Je lui lançais une œillade soupçonneuse. Avec tout ce qui s'était passé, je me retrouvais troublée. Je n'arrivais pas envisager les choses avec calme et discernement. Kiba était bel et bien celui qui m'écrivait des lettres, mais était-il réellement amoureux ou était-ce un coup monté des garçons? Je devais à tout prix me donner le temps d'y penser. Pour le forcer à se révéler un peu plus, je me mis à le questionner:
- Pourquoi as-tu voulu me rencontrer?
- Ben c'est que... comment dire, balbutia-t-il rougissant, tu me plais, je... pfff, c'est plus facile de l'écrire que de le dire en face. J'avais préparer tout un discours mais je n'arrive pas à le sortir... En fait... c'est... je voulais juste avoir une chance.
- Une chance? répétai-je étonnée, de... de quoi?
- Ben sortir avec toi! s'exclama-t-il soudain plus véhément.
- Mais... tu... tes copains... le guerre, protestai-je sous le choc
Kiba me regarda les sourcils froncés, puis sourit en haussant les épaules:
- C'est un problème?
Il me paraissait bien sûr de lui, comme si vraiment il ne s'agissait que de détails sans la moindre importance. Bien malgré moi, je fus émue. J'aurais voulu que Neji me dise ces mots, mais il avait choisi ses copains. Je fermais les yeux et inspirais profondément. Neji était du passé, j'avais un soucis bien plus important à régler. Je n'arrivais pas à me décider. Les garçons étaient-ils derrière ces lettres ou Kiba était sincère? Pour ne pas avoir à me prononcer dans l'immédiat, je concoctai une réponse évasive, ouverte mais pas trop intéressée quand même:
- J'aimerai te dire de laisser tomber, mais à quoi bon. Fais ce que tu veux! Si tu arrives à me séduire tant mieux, sinon tant pis pour toi.
- Te séduire? Et pour la guerre? Tu vas m'épargner? Tu veux que je t'épargne?
- Je ne participe pas à cette guerre, elle ne m'intéresse pas.
- Mais... et Sasuke?
- Sasuke m'a agressée et je me suis défendue. Ce sont les autres qui ont fait un prétexte à gagner des points. En plus, maintenant qu'il m'a vu nue, j'ai de sérieux griefs contre lui... un jour il me paiera cet affront. Mais çà n'a rien avoir avec votre guéguerre, ni avec toi...
- Donc tu me laisses une chance?
- Non, je te laisses faire ce que tu veux. Tu n'as pas à demander ma permission pour me séduire, personne ne fait çà en temps normal! Tu demandes à une fille sa permission pour la draguer dans la rue? Non, n'est-ce pas? Et bien là c'est pareil. Cette école de fou vous déconnecte de la réalité, faudrait voir dehors comment çà se passe.
Sur ces mots, je lui fit, un petit signe de la main et le quitté sans plus de cérémonie. J'avais décidé d'observer Kiba encore un peu avant de prendre une quelconque décision et d'en faire l'ennemi public numéro un. Mais pour juger correctement, il me faudrait taire cet épisode à celles qui chercheraient à m'influencer...
Fin du chapitre 5, suite au chapitre 6.
Notes:
1-cerbère: bon je pense que tout le monde le connaît mais je précise quand même au cas où, il s'agit d'un chien à trois tête gardien des enfers dans la mythologie grec.
2-Takoyaki: sorte de beignets au poulpe « pieuvre grillée puis cuite dans une sorte de pâte à crêpe (qui contient du dashi, du bouillon d'algues). Recouvertes de mayonnaise, de sauce à base de ketchup et de sauce d'huites et de flocons de bonite séchés, ces boulettes ne sont pas vraiment un en-cas diététique, mais qu'est-ce que c'est bon ! » pris sur Cléa cuisine http://clairejapon. sorte de crêpe-pizza, sur une base de pâte aux choux et assaisonner d'aliment au choix
http://yayoi.free.fr/CUISINE/txtCUIS/okonomi.html
4-Ijime: phénomène se société au Japon, l'Ijime est une mise à l'écart d'un élève par toute une classe. Dans les cas extrêmes, cela peut aller jusqu'à la violence.
Voici un petit dossier sur ce phénomène. c'est Tsubaki!!!
Avez-vous déjà eu l'impression que les perso de votre histoire échappaient à votre contrôle??? C'est ce qui m'est arrivée dans ce chapitre! Hinata devait vraiment en avoir marre de Neji car elle a rompu avec lui sans m'en demander l'autorisation! Elle est gonflée tout de même!!! oo
Au début, il devait resté encore ensemble un ou deux chapitres, mais il semblerait qu'Hinata n'en pouvait plus, lol! Tout çà pour dire que des fois, l'histoire s'écoule toute seule et que parfois les choses s'imbriquent, pas vraiment comme on l'avait prévu... ce qui donne des bons résultats! Moi je suis contente que Neji et Hinata se soient séparés et vous?
Enfin, merci pour les reviews. Je remercie Lotis et Lola, Aya et DarkTemari pour leur reviews... çà me fait très plaisir. J'espère que toute vos questions ont trouvé réponses (bien sûr que non... MDR) et je suis sûre que tout le monde est soulagée qu'elle ait quitté Neji... et alors, que pensez-vous de Kiba?
Merci à tous et à bientôt pour le prochain chapitre.
Étant en déplacement pour un stage, je ne pourrai pas poster avant 10 jours au moins, alors soyez patient, je pense que le nouveau volée de cette histoire (qui est entrain de s'ouvrir) va valoir le coup d'œil!!!! Bisous tout le monde!
Tsubaki no Tsuki
