Salut, c'est Tsubaki de retour (enfin) avec un nouveau chapitre de ma fic et mon diplôme en poche!!
J'espère que vous continuer à me lire malgré ma longue absence!
Un petit conseil, si comme moi vous avez une mémoire de poisson rouge, relisez un peu le chapitre 7 avant de lire celui-ci, ils sont intimement liés, il ne faudrait pas que çà devienne confus!
Sur ce, bonne lecture!
°oO°Oo Tsubaki no Tsuki oO°Oo°
8- Retenue
« Et maintenant, je veux savoir la véritable raison de votre virée matinale... »
Je me pétrifiai. Tout c'était trop bien passé, il avait fallu que quelque chose dérape. Sasuke avait des soupçons et il pouvait nous créer des problèmes. Je me repris. Ce n'était pas le moment de flancher. Même si Sasuke savait que nous avions menti à Iruka-sensei, rien ne pouvait lui indiqué la teneur de notre enquête. Je me composai un regard dur et répondait avec insolence :
- On allait tout de même pas avouer à Iruka-sensei que Sakura avait perdu sa culotte !
Un rictus amusé apparut sur son visage. Il se détourna de moi et titilla la panse de la grenouille du bout de son scalpel. J'eus un haut le coeur. Plaquant une main sur mes lèvres serrées, je détournai les yeux de ce spectacle glauque. Nous restâmes ainsi quelques secondes, qui me parurent des heures. L'odeur de l'éther, qui avait pris possession des lieux, me donnait le vertige et ce silence lourd de sens qui s'était installé entre nous m'angoissait. Il savait que nous tramions quelque chose et je me doutais qu'il ne lâcherait pas l'affaire si facilement. Ma main glissa doucement jusqu'à mon menton, ce que ce garçon pouvait m'irriter ! Je me mis à me mordiller l'ongle, un geste nerveux qu'il ne tarda pas à remarquer. Il siffla d'un air moqueur puis murmura :
- Tu crois que vous allez garder ce secret longtemps ?
- En tout cas ce n'est pas un idiot comme toi qui va réussir à nous faire cracher le morceau.
Cet agaçant sourire arrogant avait de nouveau éclos sur son visage satisfait. Il m'exaspérait... Il m'exaspérait d'autant plus qu'il était vraiment très beau. Même lorsqu'il se composait un masque de cruauté, Sasuke restait l'un des plus beaux garçons qu'il m'avait été donné de voir. Alors, perdue dans cette espèce de brume où m'avait plongé ce cours fastidieux, je l'admirai. Il travaillait sur notre pupitre, s'activant sur dieu seul sait quel bidouillage sur ce pauvre animal. Je ne m'inquiétais pas non plus de le voir prendre un gros bocal et le dévisser comme un rien pour en tirer une matière visqueuse. Il était très beau quoiqu'il fasse et même mes nausées ne pouvaient m'empêcher de le trouver attirant. Pourquoi fallait-il qu'il soit si méchant ? Il aurait pu être parfait s'il n'avait pas eu ce gros défaut... Il se pencha vers moi... Mais pourquoi ? Dans le brouillard de mon esprit, je percevais une lueur étrange dans ses yeux, mais n'eus pas le courage de l'analyser. Sa joue effleurait à présent la mienne. Je devais le repousser, mais en étais incapable. Mes membres étaient trop lourds et mon cerveau cotonneux. Respirer seul était une véritable torture et je ne savais plus quelle partie de mon corps user afin de le frapper assez fort pour l'assommer...
L'éloigner...
Le repousser...
Soudain, sa voix terriblement sensuelle résonna à mon oreille comme un cor de brume, un cri de guerre étouffé par le satin de la volupté...
- Tu paries combien ?
Brusquement, il attrapa le haut de mon chemisier et le tira vers l'avant. Je sentis dégouliner contre ma peau un tissus organique visqueux et froid, imprimé de l'odeur entêtante du formol, qui tombait dans mon soutien-gorge en faisant d'horrible gargarisme. Je n'eus pas la force de crier, encore prise en étau par le coton de ma torpeur, et relevais les yeux vers Sasuke qui affichait un air radieux. Je baissais à nouveau ma tête vers mon chemisier détrempé et plein d'oeufs de grenouille. M'arrachant soudain du cocon maladif de mon dégoût, une rage folle prit possession de moi et avant de me sentir incommodée ou sale, je fus prise d'une irrésistible envie de vengeance. Comme pour enfoncer le couteau dans la plaie, Sasuke agita devant moi le bocal d'oeufs visqueux en claironnant :
- Alors ? Tu parles ou tu en veux encore un petit peu ?
Je jetai un coup d'oeil rapide au professeur. Assis à son bureau, il était concentré sur des copies qu'il raturait de rouge avec un plaisir sadique. Trop absorbé par son petit bonheur, il n'avait pas remarqué notre dispute, contrairement à la moitié de la classe qui nous dévisageait, avide de connaître la suite des évènements. Je ne les fis pas attendre plus longtemps. Surmontant ma répugnance, je pris à pleine main une poignée d'oeuf que j'écrasai avec beaucoup d'attention et de patience sur son beau visage. Les tubes éclatèrent, comme je l'escomptais, libérant leur contenu immonde. Ne prévoyant aucune réaction de ma part, Sasuke avait blêmit sous les ricanements mal étouffés des filles.
Le brun perdit définitivement son sang froid. Il reposa le bocal, pris une poignée d'oeuf pour me la lancer au visage. J'évitai de justesse le projectile qui alla s'écraser sur la joue d'un des garçons de la classe. En représailles, le garçon voulut me viser à son tour mais, bien pire lanceur que moi, il rata sa cible et ses oeufs de grenouilles allèrent se poser dans la chevelure blonde de Naruto. Si jusque là, nous aurions pu limiter un tant soit peu les dégâts, il était clair que nous venions de déclancher la catastrophe. Avec Naruto dans la bagarre nous ne pourrions plus rien contrôler.
Le blond, dans son emportement, monta sur son tabouret et se mit à brailler contre l'idiot qui l'avait visé. Cependant, agacée par ses cris, Sakura lui lança une patte de grenouille qui lui atterrit droit dans la bouche. Fou de rage, il avait craché la membre de batracien sur mon amie aux cheveux roses avant de bombarder toutes les filles d'oeufs visqueux et froids.
Lorsque je reçus la bombe de Naruto, je ne me démontai pas. Je récupérais les tubes poisseux sur mon épaule et les balançais sur Sasuke. Ils atterrirent sur son torse, tâchant sa chemise blanche. Au moment où il s'armait pour la riposte, une boule gluante le frappa en plein visage. Je me tournai vers la personne qui l'avait lancé. Ino me fit un clin d'oeil qui n'échappa pas au vigilant Sasuke. Il visa mon amie mais, grâce à un coup d'épaule de ma part, sa charge toucha Shikamaru de plein fouet. Ce dernier fut réveillé de son somme par l'écoulement frais et gras qui s'étendait sur son oreille. Il se redressa, nettoya sa peau de cette horreur et reposa sa tête sur la table pour se rendormir.
Je ne pus m'empêcher de rire. Lui au moins était imperturbable ! Ino, elle, en profita pour bombarder d'autres garçons, dont Kiba. Celui-ci encaissa le coup au beau milieu du dos, alors qu'il s'apprêtait à poser sa grenouille sur les cheveux d'Ayumi. Finalement, ce fut Ino qui écopa du sujet d'expérience en pleine figure. Alors que je riais à m'en faire mal au ventre, je sentis une substance froide atterrir sur ma tête et descendre lentement dans mon dos et sur mon visage. Je me retournai vivement vers Sasuke, qui me fixait particulièrement satisfait par ce qu'il venait de faire. Avant même d'avoir pensé à mon geste, j'avais frappé le brun d'un coup de poing au plexus solaire. Il se plia en deux sous la douleur et je me débarrassais des oeufs qu'il avait versés sur moi en les jetant dans ses beaux cheveux noirs, soigneusement coiffé au gel. Fière de moi, je venais tout de même de ruiner son arrogante coiffure d'hérisson, je m'éloignai de notre table de travail.
Un peu anxieuse, je regardai le professeur. Orochimaru-sensei nous fixait d'un air désabusé, voir même indifférent, laissant la pagaille prendre le dessus dans cette salle habituellement si calme. Il ne semblait pas disposé à nous arrêter, préférant nous observer avec attention, mais à en juger par son rictus plein de jouissance, nous allions passer un mauvais moment, sans compter que plus les minutes passaient, plus notre cas s'aggravait. Mais il était trop tard à présent pour arrêter cette bagarre. Tout le monde s'y était impliqué. Des oeufs de grenouilles volaient un peu partout, accompagnés de divers viscères et autres morceaux de l'animal disséqué. Alors que je m'avançais précautionneusement vers Ino, une grenouille volante passa à quelques centimètres de mon nez. C'en était trop pour moi. Je me mis à quatre pattes sur le sol bien entretenu de notre classe de science. A ras du sol, les morceaux non identifiés de batraciens ne passaient pas. J'avançais même beaucoup plus aisément. Il ne me fallait faire attention qu'au gens qui couraient dans tous les sens, et eux au moins je les voyais venir !
Avec beaucoup de précautions, je slalomais entre les tables de travail. A plusieurs reprise, je failli me faire écraser les phalanges par des élèves bondissants brusquement de nulle part, mais j'étais bien assez vive pour les éviter. Une ou deux fois ma main dérapa sur du liquide froid et visqueux ou de des entrailles gluantes, et déjà je sentais mon dégoût reprendre le dessus. Mon estomac me jouait des tours et mon cerveau retournait se lover dans la moiteur cotonneuse de l'inconscient. De tout mon être je luttais, éprouvant de plus en plus de mal à garder pied. Il aurait été facile de sombrer, de m'étaler là, en plein milieu d'un des couloirs que formaient nos pupitres et de laisser une âme charitable me conduire jusqu'à l'infirmerie où je passerai le reste du cours, confortablement enfouie sous des draps propres... loin de ce spectacle apocalyptique qui nous vaudrait sans conteste une belle punition... C'était vraiment tentant, mais j'avais eu une autre idée. J'allais parler à Kiba. Le désordre qui régnait était la meilleure couverture dont je pouvais rêver, qui se soucierait de moi ? Qui me regarderait au risque de recevoir une panse de grenouille dans le nez ? Il suffisait que je rejoigne Ino et qu'elle s'arrange pour me couvrir de son mieux pour que le tour soit joué.
Subitement, je me redressai, retirant mes mains juste à temps pour éviter qu'on me les écrase. Temari continua sa course sans même m'apercevoir, trop concentrée qu'elle était à poursuivre son frère, Gaara. Je soupirai un bon coup et repris mon chemin. Encore quelques pas, je tournai à droite et enfin, je me retrouvai au pied d'Ino qui ne me remarqua pas. Je jetai un coup d'oeil autour de moi. Des gens allaient et venaient autour de la table sans s'en approcher, la blonde défendait bien son territoire. Shikamaru dormait toujours aussi profondément, son dos se levant lentement au rythme de sa respiration tranquille. Mon amie, quant à elle, lançait à tous vents ses munitions visant avec soin. Elle s'immobilisa soudain, fixant quelque chose vers son petit ami d'un air surpris. Sans prendre le temps de me poser de question, je sautai sur l'occasion pour attirer sur moi son attention. De toutes mes forces, je tirai sur la jupe de son uniforme, la faisant même plier sous ma brusquerie. Elle dû retenir le vêtement pour ne pas se retrouver à demi nue devant toute la classe. Elle lança un regard assassin vers le bas, puis me reconnaissant, elle se laissa glisser contre le carrelage où elle s'assit.
- Mais qu'est ce qui t'a prit ? demanda-t-elle furieuse.
- J'ai besoin de...
- Et puis d'abord qu'est-ce qui vous arrivent à toutes ! continua-t-elle sans m'écouter, toujours plus en colère, Toi qui cherchse à me déshabiller, Temari qui se met à mater Shika... T'imagine qu'elle a profité de son sommeil pour flatter ses cheveux ! Elle est folle ou quoi je vais lui apprendre, Shika c'est mon...
Rapide comme l'éclair, je la baillônai d'une main et lui fit signe de se taire :
- Ino, on pourrait nous entendre, murmurai-je, fais attention !
Elle rougit et je me mordis les lèvres. Je comprenais sa colère, je devinais aisément les raisons de Temari... qui d'ailleurs ne m'enchantaient guère. Si mes deux amies commençaient à se disputer pour un garçon, nous n'étions pas tirées d'affaire. Je soupirai un grand coup et regardai Ino droit dans les yeux. Notre priorité n'était pas aux affaires de coeur. Je relâchai ma prise sur mon amie et me mis à lui expliquer:
- J'ai besoin de toi Ino. Je voudrais profiter de la confusion pour parler à Kiba des conduits d'aérations. Il faut que tu me couvres, que personne ne me voie avec lui ! Tu vises vachement bien ! Tu peux faire ça pour moi, non ?
- Évidemment que je peux ! Et essaie d'en profiter pour le peloter un peu !
Plus rouge qu'une pivoine, je mis une grande claque à Ino qui éclata de rire avant de lever le pouce en signe de parfait accord entre nous. Gênée, je me remis en route, cette fois-ci vers Kiba alors qu'Ino se relevait et repartait à l'attaque. Les derniers mots de mon amie m'avaient troublés. Je dois dire que depuis notre rendez-vous, l'idée de toucher Kiba m'avait bien souvent effleuré. Aussi embarrassant que cela puisse être, j'en avais parlé à mon amie qui depuis s'amusait à me taquiner sur ce sujet.
Prise dans mes réflexions, je ne fis pas attention où je mettais les mains et fus surprise de sentir une chose molle sous ma paume. Par malchance, je baissais les yeux juste à temps pour voir une grenouille démembrée éclater sous la pression que j'exerçais sur son ventre. La sensation de chaire glacée et de sang épais contre ma peau, la vue des organes explosés, me fit perdre mon sang-froid ! Je me reculai d'un bond et collai mon dos contre l'un des pupitres le plus proche. Les yeux clos, la tête reposée sur mon appuie je me mis à respirer le plus doucement et le plus profondément possible pour calmer les battements affolés de mon coeur. Dans ma gorge, un liquide amer et chaud remontait insidieusement et je dus me concentrer pour ne pas me laisser aller à le vomir sur place. Il fallait que je me calme, quelque soit ma révulsion, je devais la surmonter et arriver jusqu'à Kiba. Je rouvris les yeux et cherchai mon paysan du regard. Il riait de bon coeur en tapant dans le dos de Shino, ce dernier venait de recevoir une belle cuisse de grenouille dans les cheveux. Pourtant, aussi calme que Shikamaru, il la retira sans emport ni agacement et repris ses activités, en l'occurrence la lecture du livre de science. Kiba n'en finissait plus de rire, et je crois que ce fut le son de sa joie qui me redonna un peu de force. Je m'extirpai de mon mieux du voile opaque qui tentait de m'absorber et me relevai. J'avais décidé d'approcher Kiba de front sous les yeux de tous, comme si j'allais l'attaquer. Pour mettre mon plan à exécution, je plongeai ma main dans le bocal le plus proche et en retirai une belle poignée d'oeuf gluant. Je sentis une fois encore mon estomac protester mais je le fis taire d'une injonction sévère. Je ne devais pas flancher pas maintenant, pas tant que je n'aurais pas parlé à Kiba.
Malgré mes jambes tremblantes, je m'avançai d'un pas décidé vers ma cible. J'esquivais de justesse la panse volante d'une grenouille, puis foudroyai du regard cet idiot de Naruto qui s'était amusé à me la lancer. Je m'apprêtais à lui lancer mes munitions, oubliant leur but premier quand sous mes yeux ébahis, le garçon encaissa une belle pelote d'oeufs en pleine face. Je me retournai à temps pour voir Ino sauter sur place, enchantée par son lancé. Je souris, heureusement qu'elle était là ! Elle assurait mes arrières à la perfection. Sans plus attendre, ni me soucier de rien, je repris ma progression. J'étais à présent à la table de travail de Kiba. Deux mètres, trois au maximum me séparaient de lui. Je n'avais que quelques pas à faire pour le rejoindre et entamer d'une manière ou d'une autre notre conversation. Cependant, malgré toute ma volonté, je ne pus les franchir immédiatement. Depuis le début du cours, je prenais sur moi afin de ne pas fuir en courant et me réfugier aux toilettes ou à l'infirmerie. J'étais haletante, contrôlant de moins en moins bien ma respiration. J'étais tremblante, secouée de spasmes occasionnels et peu violents, mais assez importun pour me déstabiliser. En fait, j'étais à bout de nerf et mon corps en subissait les conséquences. Prise d'un vertige soudain et aigu, je pris appui sur le rebord de table le plus proche. Mon coeur rata un battement.
Ce n'était pas vraiment de la douleur que j'avais ressentie... Non, c'était plus comme une longue caresse trop profonde, partant de la jointure de mes doigts et glissant au creux de ma paume. Je ne compris pas vraiment ce qui se passait. Pourquoi des picotements ? Cette soudaine sensation humide ? Et ces élancements de plus en plus constant, de plus en douloureux ? Je ramenai ma main vers l'avant. Ma paume était rouge... Mes yeux glissèrent vers le scalpel abandonné qui gisait sur la table sa lame aussi rouge que ma main... Rouge sang... Mais d'où venait tout ce sang ? Je sentis mon coeur s'affoler, il battait un rythme irrégulier et étrange rendant ma respiration difficile, sifflante. Immobile, je fixais ma main ensanglantée, je n'arrivais pas à respirer, j'étouffais et des larmes de douleurs perlaient de mes yeux écarquillés. Mon cerveau se réfugia une fois encore dans l'oubli brumeux, occultant au passage tout rapport à la réalité. J'entendis que l'on murmurait mon nom... c'était sa voix, mon paysan.
« Bon dieu, mais tu saignes, qu'est ce qui s'est passée? »
Oui ! C'était bien mon sang... mon sang ! Je réalisai soudain l'ampleur des dégâts depuis la douleur qui élançait mon bras de tout son long à la quantité incroyable de sang qui s'écoulait de ma plaie béante. Aussi inopinément que crûment, la panique me gagna. Mes oreilles se mirent à bourdonner horriblement. Mon estomac se contractait sous des convulsions régulières... et mon coeur qui battait une cadence étrange... Un cri rauque sortit de mon gosier sans pour autant que je ne reconnaisse ma voix, puis je me sentis partir. Mon corps était devenu léger, comme s'il n'existait plus, les murs dansaient autour de moi, j'aperçus même le plafond puis ses yeux... ses yeux noirs. Dans un dernier brin de lucidité, je ressentis ses bras qui se refermèrent sur moi.
Puis je sombrais dans les méandres de l'inconscience...
Mon corps était léger...
Étrange... je volais !
Je sentais un souffle d'air courir sur ma peau et une douce chaleur...
Et puis cette sensation, un étau qui maintenait mon dos et mes jambes...
Il y avait aussi cette brûlure qui me paralysait les doigts et le bras...
Doucement, j'ouvris les yeux. Je fus éblouie par les rayons du soleil. Je tentai de relever un peu la tête pour observer mon environnement, mais elle me sembla extrêmement lourde et je la laissai retomber contre le tissu blanc de cette chemise imbibée de formol... Une chemise ? Je relevai un peu les yeux. Juste au dessus de moi, se trouvait le visage pâle et inquiet de Sasuke. Il ne me regardait pas, il fixait un point indéfini face à lui. Comment pouvais-je être si proche de cet enquiquineur ? Un peu déboussolée, je jetai un coup d'oeil à ce qui m'entourait. Nous étions dans un des couloirs du lycée et les fenêtres défilaient à bonne allure sous mes yeux ahuris. Ma main m'élançait si bien, que les souvenirs de ce qui s'était passé en classe me revinrent en mémoire.
Il me fallut quelques secondes pour analyser la situation et en tirer des conclusions. J'étais dans les bras de Sasuke, qui en toute logique devait me conduire à l'infirmerie. Je m'étais ridiculisée devant toute la classe et le pire de tout était sans conteste que cet haïssable garçon m'avait rattrapé quand je m'étais évanouie. Je lâchais un soupir, que j'aurais voulu exaspéré, mais qui ressemblait plus à un râle de douleur. Il suffit cependant à attirer l'attention du brun. Il baissa les yeux vers moi durant une fraction de seconde et s'exclama de but en blanc :
- Pas trop tôt, tu fais chier, je suis obligé de t'emmener à l'infirmerie ! Tu n'aurais pas pu faire plus attention ?
- Ta gueule Sasuke... tentai-je de crier... mais ce fut une voix pâteuse et sans énergie qui sortit dans un murmure de mes lèvres sèches.
- Tsssk, tu devrais plutôt me dire merci !
Je ne pris pas la peine de lui répondre. Je voulais arriver au plus tôt à l'infirmerie, la première surprise passée, mon esprit enfin au repos, je ressentais l'atroce douleur qui poignardait ma main. Je me sentais fiévreuse, mon corps parcouru de frisson me paraissait incroyablement frêle ou alors était-ce ses bras qui me serraient trop fort ? J'observais une fois encore ses traits tirés par l'anxiété. Se pouvait-il qu'il s'en fasse pour moi ? Je balayais cette idée ridicule d'une pichenette. Pourquoi Sasuke Uchiwa, mon ennemi, celui qui s'était juré de rendre mon année scolaire invivable, se ferait du souci pour moi ? Il devait juste être importuné par la corvée qui lui était imposé, ou encore soucieux par la punition que nous infligerait Orochimaru... car nous étions tous deux responsables du carnage qui avait eu lieu en salle de biologie, son sanctuaire. D'une manière ou d'une autre il nous le ferait payer. Je fus parcourue d'un vif soubresaut, venant du savant fou, nous pourrions nous attendre au pire... Nous nous étions mis dans de beaux draps...
Soudain, Sasuke tourna vers une aile du bâtiment que je n'avais jamais visité. Elle était un peu plus sombre. Aucune fenêtre ne laissait passer la lumière du jour et les murs blancs paraissaient presque gris. Sasuke déglutit difficilement avant de soupirer. Il stoppa net tout mouvement et se mit à mâchouiller nerveusement sa lèvre supérieure. Je considérais son manège avec beaucoup d'intérêt. Je n'étais pas dans ce lycée depuis longtemps, mais je pouvais assurer que jamais Sasuke n'avait perdu son masque d'assurance et de calme... Pourtant à cet instant, il paraissait presque fragile comme une belle porcelaine. Inconsciemment, je murmurai son nom, touchée par sa détresse. Il sourcilla, baissa vers moi un regard glacial et siffla d'un air dédaigneux avant de reprendre sa route. Aussi bizarre que cette situation puisse paraître, je souris soulagée. Je préférai le voir avec son air suffisant, le Sasuke contre lequel j'aimais me battre était comme ça, fort et froid... Je me tétanisais, mais à quoi étais-je entrain de penser ! J'avais dû perdre trop de sang, je me mettais à délirer.
Alors que je remettais en place mes idées secouées par les évènements récents, Sasuke ouvrit d'un coup de pied la porte coulissante et me fit sursauter.
- Hé ! T'as une malade ! cria-t-il sur son ton le plus insolent.
J'écarquillai les yeux. Jamais Sasuke n'avait osé manquer de respect à un membre de l'équipe pédagogique, quel qu'il soit. La bouche entrouverte sous l'effet de ma surprise, je le fixai comme si je ne l'avais jamais vu. D'un pas assuré, il se dirigea vers l'un des lits et m'y posa doucement. Tout autour de moi était blanc, quelques ustensiles de torture traînaient ça et là, me rappelant que d'un instant à l'autre ce serait moi qui me ferais charcuter. Sans un mot à mon adresse, Sasuke s'éloigna de mon chevet et referma le rideau qui m'isolait du reste de l'infirmerie. La lumière crue du néon juste au-dessus de moi rendait ces lieux fantastiques, le blanc irradiait de bleu, des éclats irisés s'accrochaient au pan de tissus qui dansait sous une brise tiède. J'étais attentive aux bruits, plus particulièrement aux pas de mon camarade de classe qui s'éloignait prestement de moi. Je l'entendis grogner et une porte s'ouvrit à la volée claquant contre un mur. Au même moment une voix féminine retentit en un cri mal étouffé. Je fronçais les sourcils, à quoi jouait-il alors que je me vidais de mon sang sur ces draps trop blanc ?
- P'tain tu es incorrigible ! pesta Sasuke. T'as une patiente, dépêche c'est grave, ça a beaucoup saigné !
Un profond grognement lui répondit. Il y eut un drôle de remue ménage, et j'entendis des pas courir hors de l'infirmerie. Puis d'autres, plus assurés, venir vers mon lieu de repos. Assez vivement, les rideaux s'ouvrirent. « Sasuke est de retour... » fut ma première pensée. Je le regardais avec plus d'attention, il avait des cernes et les lèvres plus pâle que d'habitude... il était plus mince aussi et plus grand... d'ailleurs il semblait bien plus mûre... Ce ne fut que lorsqu'il me sourit que je compris, ce n'était pas Sasuke ! Jamais Sasuke n'avait eu un tel sourire de bellâtre. Mais le nouvel arrivant, ressemblait étrangement à mon camarade de classe... qui par ailleurs apparut dans le dos de l'homme qui me dévisageait. Ce dernier devait être l'infirmier comme le laissait penser sa veste blanche de médecin. Sasuke avait l'air particulièrement irrité et le fixait un air dangereux accroché à ses traits fins.
- Mignonne ! s'exclama l'infirmier
- C'n'est pas ce qu'on te demande ! grogna Sasuke, elle est blessée !
- Je m'en doute, répondit l'homme, vu tout ce sang !
En prononçant ces mots, il s'avança vers moi. Je pus enfin voir Sasuke de plein pied. Il avait une tâche assez impressionnante sur le haut de sa chemise, où se mêlait sang, formol et liquide amiotique de batraciens. Il observa un moment l'infirmier qui installait une chaise au pied de mon lit, puis, abruptement, fit volte-face.
- Je retourne en cours ! déclara-t-il
Et sans plus de cérémonie, il quitta les lieux, me laissant seul avec le bellâtre qui nous servait de médecin scolaire. Je lui jetai un coup d'oeil pas rassuré qui sembla l'amuser. Il glissa sa grande main sous la mienne et d'un geste doux et mesuré la ramena sous son nez, tout près de ses lèvres :
- Voyons voir les dégâts, murmura-t-il, en me jetant des oeillades provocatrices.
Il se mit à ausculter ma blessure. Il caressait doucement ma peau meurtrie autour de ma plaie. La chair de ma paume me paraissait anormalement enflée et chaque effleurement était une vraie torture. Soudain, il se mit à parler, comme pour me faire oublier qu'il tripotait ma blessure :
- Comment t'appelles-tu ?
- Hi... Hinata Hyû... Hyûga, bégayai-je difficilement, ma voix éprouvée par la douleur.
- Hum, tu es dans la classe de mon frère ?
- Frère ? Vous êtes le frère de Sasuke ? demandai-je me trouvant déjà idiote d'un tel étonnement.
- Tout à fait, répondit-il sans me regarder, son sourire fidèlement attaché à ses lèvres fines, Itachi, Itachi Uchiwa. Ravi de faire ta connaissance charmante Hinata.
Ses lèvres effleurèrent le bout de mes doigts, sous mon regard effaré. Je fus incapable de réagir. Il se comportait de façon bien trop légère à mon goût, mais je n'avais vraiment pas la force de réagir. Il releva vers moi ses yeux noirs, que je pus observer de tout mon saoul. Ils semblaient piquetés de rouge et brillaient d'une lueur qui ne me plaisait pas... un peu lubrique et indubitablement nocif. (1) Nous étions resté à nous défier du regard un assez long moment, quand jugeant probablement qu'il serait bon qu'il fasse son travail, Itachi-sensei reposa ma main sur le matelas avec toute la prévenance dont il était capable. Il se releva en m'expliquant ses intentions :
- La blessure est vraiment profonde, tu as eu de la chance que ce soit la main gauche, tu ne pourras pas l'utiliser correctement pendant un certain temps. Je vais devoir te faire quelques points de suture. Je vais endormir ta main, ensuite on nettoiera tout ce sang... Ce n'est pas vraiment esthétique des tâches de sang sur un aussi joli visage.
Automatiquement, ma main droite se porta à ma joue dans la recherche d'une tâche. Le grand brun éclata de rire avant de se pencher vers moi. De son pouce, il flatta la commissure de mes lèvres d'un geste lent et sensuel. Il murmura un « ici » qui glissa doucement sur ma peau brûlante. Je fus parcourue d'un violent frisson et je peux pratiquement affirmer qu'il perçut ma crainte au fond de mes pupilles car les siennes brillèrent d'un éclat particulier. J'eus un mouvement de recul qui, à aucun moment, ne le troubla.
- Tu as de la fièvre, déclara-t-il en repartant vers son bureau, je te donnerai un antalgique, ça t'évitera aussi de trop souffrir de ta plaie. Je vais vérifier dans ton dossier que tu ne fais aucune allergie.
Puis il disparut de mon champ de vision. J'entendais des éclats de verres entrechoqués mais n'y prêtais pas véritablement attention. Mes pensées vagabondaient vers des préoccupations hautement plus importantes : pourquoi l'infirmier scolaire était un pervers ? Et surtout et avant tout, comment échapper à ses gestes déplacés ? Je ne me sentais vraiment pas à l'aise face à cet homme. Je préférai encore rester seule dans une pièce avec Sasuke. Lui au moins, j'étais tout à fait en droit de le frapper à la moindre incartade. Alors qu'il me fallait jouer plus finement avec Itachi-sensei. Sans vraiment m'en rendre compte, je grattais nerveusement l'endroit où il m'avait touché.
- Fais attention, tu vas te griffer si tu continues !
Je sursautais. Juste devant moi se tenait l'infirmier, qui me fixait d'un air faussement inquiet. Il portait une sorte de petite bassine en acier qu'il posa au bord du lit avant de reprendre sa place sur la chaise. Il m'invita à me redresser pour faciliter l'opération, puis s'empara de ma main avec nombres de précaution. Il s'empara d'une seringue et piqua ma main d'un geste vigoureux. Je sursautais mais ne sentis pas vraiment la piqûre. En fait, le plus douloureux était de sentir le produit s'écoulait dans mes veines. Il s'étendait en brûlant au passage tout mes conduits sanguin. Je grimaçais, sourcils froncés et laissais échapper un petit gémissement.
- Après on me demande pourquoi j'ai voulu être médecin, lança Itachi-sensei d'un ton pervers, tu as une voix très sensuelle.
Je virai au rouge pivoine à son allusion et détournai mes yeux de lui. Il gloussa légèrement et retira sa piqûre. Pendant quelques minutes, il me massa l'avant bras. Ce contact chaleureux avait sûre moi un effet étrange. D'un côté, j'étais dégoûtée et aurais voulu retirer mon bras de son étreinte, de l'autre je rougissais de plus en plus certainement. Je fermais les yeux pour contrôler ma respiration et ne pas réagir avec brusquerie. Même si mes nouvelles expériences m'avaient fortement renforcée, je restais une fille timide au fond de moi. Il me fallait bien avouer que cette situation me mettait dans une position difficile et j'aurais pu tout faire pour m'en défaire...
Je n'en fis rien...
- Bon, tu sens quelque chose ? demanda Itachi-sensei au bout de quelques minutes.
Je lui signifiais que non.
- Bien, dans ce cas je commence à coudre. Si tu es une âme sensible ne regarde pas, je voudrais éviter que tu ne tombes dans les pommes.
J'opinais du chef.
- Bon, parle-moi un peu Hinata. Raconte-moi par exemple ce qui s'est passé pour que tu atterrisses dans mon infirmerie.
Je déglutis difficilement, crispée par l'opération qu'il s'apprêtait à effectuer sur ma personne. J'humectais mes lèvres et débutais mon récit. J'étais bien avancé quand je sentis le premier coup d'aiguille. Ce n'était pas douloureux... Non, en fait c'était une drôle de sensation, j'avais conscience que quelque chose traversait ma peau, mais je n'avais pas mal... C'était tout juste si l'aiguille me chatouillait. Je compris alors pourquoi Uchiwa-sensei me faisait parler. En occupant mon esprit, il pouvait coudre sans trop m'inquiéter et éviter ainsi des évanouissements intempestifs. Je me perdis donc dans moult détails de notre petite mésaventure guerrière. Une ou deux fois, je l'entendis même pouffer, particulièrement quand je m'attardais sur les coups qu'avait reçus Sasuke. Puis je terminais en lui expliquant comment je m'étais blessée.
- Et j'ai perdu connaissance, conclus-je.
- Et bien, soupira-t-il plus amusé que fâché, mon frère et toi allez payer très cher cet écart ! Orochimaru ne vous le pardonnera pas !
Je ne répondis pas. Qu'aurais-je pu ajouter ? Je savais qu'il avait raison. J'y étais préparée. Orochimaru n'était pas réputé pour son caractère indulgent et compréhensif. Je poussai une plainte déprimée qui fit relever les yeux à l'infirmier. Il sourit furtivement puis, ne voulant pas me laisser me concentrer sur ce qu'il faisait, il relança très vite la conversation.
- J'ai vu dans ton dossier que tu étais nouvelle, tu es d'Izumo c'est ça ?
- Oui, murmurai-je, peu disposée à parler de ma vie.
- C'est une belle ville, je m'y suis rendu quand j'étais étudiant, c'est dommage de tout quitter pour une mégalopole sombre comme Tokyo.
- C'est un choix comme un autre, protestai-je sans conviction, si je veux aller à Todai, mieux vaut suivre le lycée dans un bon établissement.
- C'est vrai, oui. Mais je te préviens, c'est difficile !
- Vous connaissez Todai ?
- J'y ai fait mes études. Même pour moi ça n'a pas été rose tous les jours pourtant je suis ce qu'on appelle communément un génie.
- Vous ne seriez pas un peu vantard, rétorquai-je amusée.
- Quel âge me donnes-tu ? demanda-t-il sans lâcher des yeux son ouvrage.
- Je ne sais pas, répondis-je au bout de quelques minutes de réflexion, vous me semblez bien jeune, mais vu que vous êtes médecins, je pense que vous avez au moins vingt-cinq ans... (2)
- J'ai vingt et un ans, dit-il le plus tranquillement du monde.
- Comment ? m'écriai-je en sursautant.
- Doucement ma belle, n'oublie pas que je suis en train de recoudre ta blessure.
Je me appuyais de nouveau contre mon oreiller. Mon esprit allait à toute allure, s'il était si jeune qu'il le prétendait, il ne pouvait pas être médecin, à moins d'être comme il le prétendait (répétition) un génie qui aurait sauté plusieurs classe. Je lui jetai un regard intéressé pour l'inviter à s'expliquer.
- Je suis entré à Todai à quatorze ans, raconta-t-il, J'ai suivi un cursus normal et me voilà médecin scolaire, c'est ma première année de boulot.
- Mais pourquoi un génie comme vous n'est pas devenu chirurgien ou quelque chose comme ça ?
- Je crois que j'avais envie d'être avec des jeunes, dit-il un sourire graveleux rayonnant sur son visage, surtout quand j'ai su que Konoha était devenu mixte. Et voilà !
Il me présenta ma main où s'étendaient sept beaux points de suture. Petites tâches noires, sur une étendue rouge sang, il me semblait bien étranges. Sans reprendre la conversation, il nettoya ma main à l'eau oxygénée pour enlever tout ce sang. Puis passa une drôle de crème grasse sur la plaie avant de la bander. Il s'en alla ensuite emportant ses ustensiles avec lui. Le bruit de l'eau qui s'écoulait me paraissait bien doux. Un géni. Un géni pervers. Ce n'avait pas dû être facile tous les jours pour lui à Todai, tout juste âgé de quatorze ans, face à des jeunes adultes d'une vingtaine d'année. Parfois, être exceptionnel était un poids vraiment trop lourd. J'étais, encore une fois, tombée dans cette insupportable compassion qui me caractérisait. Parfois, j'étais une vraie godiche.
J'étais tant enfoncée dans mon imaginaire que, lorsqu'Itashi-sensei revint, je lui lançai un regard doux qu'il prit pour argent comptant. Il se rapprocha de moi, un verre d'eau dans une main et des cachets dans l'autre. Il me donna le tout et me conseilla de les boire bien vite si je voulais éviter de souffrir une fois l'effet du sédatif passé. Je lui obéis sans trop poser de questions. Me voyant si docile, il s'assit à mon chevet et se mit à me caresser le bras d'une manière très suggestive. Pas assez attendrie pour me laisser faire, j'ôtais le moindre centimètre de ma peau de sa portée. Il poussa un soupir déchirant avant de reprendre la parole :
- Il serait peut-être temps de nettoyer tout ce sang qui souille un si joli teint, tu ne penses pas ?
Je ne pris pas la peine de répondre, contrariée par sa hardiesse. Il disparut une nouvelle fois et revint avec une petite bassine d'eau et une serviette. Sans un mot, il humidifia le tissu-éponge et s'appliqua à nettoyer mon visage. Ses gestes étaient d'une lenteur provocante. Doucement, il descendit vers mon cou, caressant ma chair sensible, puis s'aventura plus bas encore, à la naissance de mon décolleté...
- Vous ne trouvez pas que vous exagérez ? demandai-je les sourcils froncés
- Je ne fais que nettoyer le sang, répondit-il sans se départir de son calme.
Je baissai les yeux vers l'endroit où il avait aventuré sa serviette. Effectivement, il y avait là du sang qui commençait déjà à cailler par ailleurs. Je le laissai donc faire de moins en moins à mon aise face à ce géni de la perversité. Quand il eut fini de bichonner la peau de mon torse, il rinça sa serviette pour finalement la diriger vers mes cuisses. Prise de panique, j'attrapai son poignet :
- Je pense que ça ira, murmurai-je, mes joues virant au rouge flamboyant.
- Laisse, ça ne me dérange pas, assura-t-il en se dégageant de mon emprise.
Bien sûr que ça ne le dérangeait pas ! Je ne doutais pas un instant que ça ne le dérangeait pas ! Mais, ce n'était pas pour autant que j'appréciais ce contact. Ces caresses se firent encore plus sensuelles que plus tôt. Ma respiration s'accélérait sous la tension qu'il m'infligeait. Ma torture dura quelques minutes encore, avant qu'il ne jette le tissu dans la bassine. Il n'avait pas profité de la situation, ce qui me soulageait, et me rassurait. Il se leva en s'étirant :
- Bon, je voudrais que tu te reposes un peu, tu as perdu pas mal de sang et tu as été très éprouvée. Je te dispense de cours pour le reste de l'après-midi, reste un peu ici, tu rentreras plus tard à l'internat.
- Très bien...
Après m'avoir, ébouriffé la frange d'un geste singulièrement fraternel, il retira mes chaussons puis partit en refermant derrière lui les rideaux qui m'isolèrent du reste de la pièce. Je m'installai confortablement au fond de mes draps. Il ne fallut pas longtemps pour que mon esprit dévie de nouveau dans mon imaginaire.
Je m'étais vraiment amusée pendant ce cours de dissection raté. Je m'étais sentie comme une aventurière. C'était absolument plaisant. Si j'avais pu atteindre Kiba, tout aurait été parfait... Kiba, j'aurai tellement voulu que ce soit lui qui me porte ! De ses bras forts, mon paysan qui venait en aide à sa princesse. Dans ma belle robe de taffetas, un diadème en diamant ceignant ma tête, je fuyais l'horrible sorcière Itachi, vêtue d'une longue robe noire imprimée de nuage rouge et de bas résille, me courait après, tendant vers moi des mains aux ongles peints de noir. Ses lèvres, elles aussi maquillées de noir, murmuraient mon prénom dans une litanie obsessionnelle. Usant d'une formule magique, la sorcière Itachi se retrouva juste derrière moi et m'attrapa par la poitrine. Bien que je me débattais, elle se mit à me peloter les seins en chantonnant un sort. Telle une conscience extérieure, je me vis sombrer dans un sommeil profond. La sorcière Itachi transporta mon corps inerte tout en haut d'une tour, protégée par d'inexpugnables ronces. Soudain, Kiba apparut, toujours vêtu de ses loques rapiécées de paysan. Par je ne sais qu'elle tour de force, il parvint à se défaire des agressives broussailles. Puis combattu, un magyar à pointe (3), monstrueux dragon de légende, pour atteindre la salle où reposait la princesse, moi. Il s'approcha du lit et se pencha vers moi pour m'embrasser. Jamais le temps ne s'était écoulé aussi lentement. Comme au ralenti, je voyais Kiba, descendre lentement... très lentement... trop lentement... Dans un pouf, digne d'un film de série Z, la sorcière Itachi apparut derrière mon paysan et se mit à faire des niaiseries et autres singeries digne d'un sale gosse. Bien sûr Kiba ne le voyait pas et continuait son interminable incursion vers mes lèvres. Comme dans le pire des scénarios possibles, la sorcière Itachi se mit à crier mon nom, m'appelant encore et encore, gênant de plus en plus cette tentative de baiser... Bon dieu, mais ne voyait-il pas que je me languissais des lèvres du beau brun ? S'il pouvait cessez ces simagrées que nous puissions couler dans une sensualité innommable...
- HINATA !
J'ouvris brusquement les yeux. Face à moi, il n'y avait que le plafond désespérément blanc de l'infirmerie. Je me relevai légèrement, juste assez pour voir Itachi-sensei penché vers moi, l'oeil inquiet. Il soupira d'aise avant de poser une de ses mains fraîches sur mon front.
- J'ai eu dû mal à te réveiller, tu fais encore un peu de fièvre, déclara-t-il puis se tournant vers la gauche reprit, je ne sais pas si c'est raisonnable de la laisser rejoindre Orochimaru.
- Je sais bien sensei, répondit une voix que je reconnus tout de suite, Ino.
Elle continua :
- Mais Orochimaru-sensei insiste beaucoup sur sa présence.
- Vieil enquiquineur ! pesta Itachi-sensei.
Pas vraiment concernée par leur conversation, je pensais à mon rêve. La sueur perlait entre mes seins comme une rivière au fond d'une vallée, je sentais mes joues brûlantes et mes membres tremblants. J'avais dû mal à réaliser. Kiba avait vraiment un drôle d'effet sur moi, à moins que ce soit un délire dû à la fièvre ? Pourtant j'en étais certaine, même éveillée, j'aurais vraiment voulu que le paysan embrasse la princesse.
- Écoute Hinata...
Je sursautai, rejetant mon rêve au plus profond de mon esprit et me tournai vers Itachi-sensei qui s'était adressé à moi.
- ... Il semblerait que je n'ai pas le choix, je vais devoir te laisser y aller. Mais quelque soit ce que te demande Orochimaru, tu te ménages compris ?
- Je ne comprends pas de quoi vous parlez, avouai-je d'une voix pâteuse.
- Pff, elle ne nous a pas entendu, elle est complètement dans les vappes, grogna Itachi-sensei parlant plus à Ino qu'à moi. Orochimaru a envoyé ton amie te chercher, expliqua-t-il avec lenteur, il veut que tu fasses ta colle ce soir même. Il est têtu et en tant que nouvel employé, je n'ai pas trop mon mot à dire, donc je vais devoir te laisser y aller. Je te le répète, quoi qu'il puisse te demander de faire tu te ménages. Tu es encore faible, si tu forces trop, tu vas te retrouver à l'hôpital.
J'acquiesçai en me redressant. Le cerveau encore anesthésié par les médicaments, je m'appuyai sur ma main blessée, ce qui m'arracha un atroce cri de douleur et me fit retomber contre l'oreiller. Ino se précipita vers mon lit, affolée. Le médecin la retint d'un bras sur la taille, juste avant qu'elle ne se jette de tout son long sur moi.
- Ce n'est pas grand chose, jeune fille. Un moment d'inattention de la part d'Hinata. L'anesthésie ne fait plus effet, fais gaffe à ta main.
Je repris une profonde inspiration et me redressai, cette fois-ci avec plus de succès. Je parvins à m'asseoir au bord de mon lit, sous le regard soulagé d'Ino et le sourire approbateur du brun. Il en profita pour relâcher mon amie et déclara en retournant à son bureau.
- Je vous laisse, tu devrais l'aider à arranger sa tenue, elle aura un peu de mal avec une main invalide. Je vous attends toutes les deux à mon bureau, j'ai encore quelques recommandations.
Une fois seules, Ino s'attela à la tâche que lui avait confié Itachi-sensei. Elle me remit mes chaussons puis arrangea de son mieux mon chemisier tâché. Elle ne prononçait pas un mot et j'étais bien trop engourdie pour m'imaginer en train de papoter. Les lèvres pincées, les yeux sombres, mon amie s'affairait autour de moi. Quand elle eut fini, elle m'invita d'une pression dans le dos à me relever et me diriger vers la sortie. J'avais à peine fait quelques pas que je la sentis tirer sur ma jupe pour la redresser. Elle était comme ça Ino, perfectionniste... trop sensible... trop anxieuse...
- Je vais bien, affirmai-je d'une voix faible et confuse
- Menteuse.
Je souris à peine. En vérité, mon bras tout entier m'élançait. J'avais la tête dans un étau et une patate dans la bouche. J'aurais pu boire avec plaisir toute l'eau d'une rivière, tant ma gorge brûlait sous le coup de la déshydratation. Mais qu'importent tous ces symptômes finalement, j'étais heureuse qu'Ino soit là, à mes côtés. Sa mine affligée n'avait pas lieu d'être, dans peu de temps je me sentirai bien mieux.
Forte de ces convictions, je repoussai le rideau et me dirigeai vers Itachi-sensei, confortablement installé derrière son bureau.
- Tu risques d'être assez handicapé pour la semaine à venir. J'ai déjà prévenu la vie scolaire de cet incident et j'ai fait le nécessaire pour que tu sois dispensée de sport pendant trois semaines.
- Quoi ! s'écria Ino, sa blessure va mettre trois semaines à se guérir ?
- Non, je ne pense pas, rétorqua l'homme avec calme, dans deux semaines elle devrait être bien refermée, mais je prends des précautions. On ne sait jamais ce qui peut arriver durant un cours de sport avec Anko. Ce ne sera pas nécessaire de venir à l'infirmerie pour faire enlever les fils, ce sont des fils résorbables, ils disparaîtront en temps voulu. En attendant, fais attention à bien te soigner. J'ai mis dans ce sachet un flacon d'eau oxygénée, un tube de pommade antibiotique et deux bandages de rechange, je suis sûre que ton amie se fera un plaisir de t'aider à te soigner...
- Évidemment, rétorqua Ino, troublée par le regard que lui avait lancé Itachi-sensei.
- Tu devras toujours avoir les mains propres, tu nettoies avec l'eau oxygéné, tu passes la pommade et tu bandes, pas trop serré. Ensuite tu trouveras des antalgiques dans le sachet, je t'ai noté la posologie sur post-it. Dernière recommandation, tu bois beaucoup et tu te nourries bien. Des repas complets et réguliers, c'est important quand tu as perdu autant de sang, tu es en anémie. Essaie de manger de la viande et interdiction de boire du thé, ça risque d'accentuer l'anémie, c'est compris ?
- Oui, sensei.
- Bien, alors avant de partir tu me croques ça.
Il me tendit un carré de sucre roux. Sans poser de question, je le mis sur ma langue pour le laisser fondre.
- Bon, ben dehors vous deux !
Il mit dans les mains d'Ino le sachet de médicament et posa sur mon front une canette fraîche. Je serrai mes doigts sur le métal glacé effleurant au passage la main du médecin. Il sourit et retourna à ses activités. Ino et moi quittions la blancheur de l'infirmerie. Je tenais fermement la boisson qu'il m'avait offerte, ce n'était que de l'eau gazeuse, mais rien n'aurait pu me faire plus plaisir à ce moment. Nous quittions assez rapidement, le couloir sombre où seule se trouvait l'infirmerie et nous trouvions dans le hall. Ce ne fut que lorsque nous posions nos pieds sur la première marche de l'escalier qu'Ino se décida à parler.
- J'ai vraiment eu très peur, dit-elle.
- De quoi ? questionnai-je un peu absente.
- Toi ! Quand tu t'es évanouie ! Tu te serais entendue crier !!! Tout s'est arrêté dans la classe ! Et puis je t'ai vu tomber sans pouvoir faire quoique ce soit, j'ai cru que ta tête allait percuter le bord du bureau... Ce qui serait arrivé, s'il ne t'avait pas rattrapé...
Aaah, Sasuke... grognai-je d'un ton dégoûté.
- Sasuke? Répéta Ino, visiblement surprise, mais non Kiba ! C'est Kiba qui t'a rattrapé. Il t'a soulevé... Pfiou... comme ça, comme si tu ne pesais pas plus lourd qu'une plume. C'était super romantique, s'extasia la blonde.
Je la regardais, incrédule. Ainsi c'était Kiba qui m'avait rattrapé. Je recherchais dans ma mémoire les détails qui précédaient ma chute. Au fond je n'avais perçu que ses bras et vu ses yeux noirs. Je souris, je m'étais sentie si bien abandonnée dans ses bras forts avant de perdre conscience. J'étais soulagée de savoir que je ne devais rien à Sasuke... pourtant...
- Mais ? C'est Sasuke qui me portait vers l'infirmerie !
- Ah, ça c'est un coup de ce vieux serpent, pesta Ino, Kiba a voulu le faire lui même, mais Orochimaru a dit que c'était la punition de Sasuke...
- Oh, je vois... Je suppose que le vieux vous a fait la morale...
- Bien sûr que non, ce n'est pas le genre d'Orochimaru. Par contre, il nous a menacé. Si jamais l'idée de recommencer vous effleurait, susurra Ino en imitant la voix doucereuse et nasillarde du professeur de biologie, « je peux vous assurer que je risque d'avoir envie de vous faire quitter ce lycée ou tout simplement poser un blâme dans vos dossiers, je crois que certain d'entre vous se prédestine à de grandes études, ce serait vraiment dommage de tout gâcher... » le vieux schnock ! Conclut-elle reprenant sa voix normale.
- Évidemment, pouffai-je, c'est pire dit comme ça. Et il a donné des punitions ?
- Qu'est-ce que tu crois ? On a un devoir de dix pages à rendre pour le prochain cours sur un sujet que je n'ai même pas retenu tellement il est difficile ! Même Sakura sèche, c'est pour te dire !!!! Il va le noter, bien entendu, et ce sera la note principale pour ce semestre, il va lui mettre un coefficient trois !
- Comment ? Mais c'est plus encore que les devoirs que nous faisons en fin de semestre !
- Il sait bien qu'on va tous se planter ! Dix pages ? Pour Jeudi ? Sur un sujet qu'on n'a jamais étudié ? Sans négliger les autres cours ? C'est quasiment impossible Hinata, il va nous mettre à tous une mauvaise note...
- En gros il a trouvé un bon moyen de se venger... soupirai-je, désolée.
Avec un coefficient trois, la moindre mauvaise note ferait baisser la moyenne en cette matière, même pour de bons éléments comme Sasuke et Sakura. Cependant, pour accéder à de grandes universités, le concours d'entrée seul ne suffisait pas, il fallait avoir un dossier en béton, une lettre de motivation et une lettre de recommandation. Si l'affaire de la salle de science s'ébruitait, toute notre classe pouvais dire au revoir à deux de ses conditions : le dossier béton et la lettre de recommandation. Quel professeur prendrait la peine de recommander un élève perturbateur ? Sasuke et moi étions particulièrement mal lotis. Nous avions provoqué la bagarre, nous avions bouleversé le bon écoulement d'un cours, il avait toutes les raisons du monde de briser notre avenir. De plus en plus inquiète, je finis par demander :
- Et il a prévu quelque chose de spécial pour Sasuke et moi ?
- Pourquoi crois-tu que je t'emmène le voir ? rétorqua Ino l'air franchement ennuyée, il vous a mis une colle pour ce soir. Vous allez nettoyer la salle de science, il a tout laissé en plan exprès ce vieux sadique... Je suis sûre qu'il en a même rajouté, c'est tout à fait son genre.
- Nettoyer ? Seule avec Sasuke, m'exclamai-je désespérée, je dois être maudite.
- Pas tant que ça, chuchota Ino d'un air conspirateur et une lueur maligne dans les yeux.
- Quoi ? Soufflai-je, intéressée par son comportement étrange.
- Disons que je connais un certain paysan qui s'est fait collé lui aussi...
- Kiba ? Mais pourquoi ?
- Disons que Kiba n'a pas apprécié de se faire traité de débile... et qu'Orochimaru n'a pas apprécié de recevoir des oeufs de grenouilles en pleine pomme !
Je fixai Ino, bouche bée. Avais-je bien compris ce qu'elle venait de dire ? Kiba était-il plus impulsif encore que je ne l'avais cru ? C'était totalement idiot de provoquer la colère d'un professeur de cette manière. Je soupirai. Soudain nous nous arrêtions devant la classe de biologie.
- C'est là que je te laisse, déclara Ino, fais bien attention, écoute les conseils d'Itachi-sensei.
- Oui, ne t'en fais pas.
Elle me souhaita bon courage et partit en me faisant un petit signe de main. Pas rassurée, je regardais la porte close qui me faisait face. Bien sûr, j'étais plutôt satisfaite de ne pas me retrouver en tête à tête avec Sasuke, mais je ne pourrais pas non plus parler à Kiba... Je soupirai, ma seule consolation était de me sentir soutenue par mon paysan... De manière aussi brusque que subite, mon rêve me revint à l'esprit. Je virai au rouge en revoyant le visage de Kiba se pencher vers moi... J'étais vraiment déçue qu'Itachi-sensei m'ait réveillé avant le baiser... Je me secouai mentalement, reprenant un peu le dessus, je posai ma main sur la poignée et fit coulisser le pan amovible.
Kiba était assis au premier rang, seul face à Orochimaru-sensei. Tous deux relevèrent la tête vers moi. Le professeur eut un drôle de rictus en me voyant et se mit à parler :
- Bien, voici enfin mademoiselle Hyûga, installez-vous au côté de Monsieur Inuzuka, je vous prie.
J'obtempérais. Je pris le siège à la droite de Kiba, faisant tout mon possible pour chasser ce rêve de mon esprit. Tête baissée, je tripotais mes doigts, jouais avec ma cannette toujours close, évitant au mieux de ne pas croiser le regard du grand brun. Je ne pus cependant m'empêcher de le contempler. Sa chemise blanche, ouverte négligemment au col, était tâchée. Des oeufs de grenouilles éclatés, du formol, des petites tâches de sang... mon sang... Je me mordis les lèvres, c'était réellement singulier de penser qu'un peu plus tôt, il m'avait serré dans ses bras... Orochimaru, ne me laissa pas le temps de m'étendre sur mon embarras, il se lança presque immédiatement dans un monologue particulièrement ennuyeux :
- Voyez-vous Mademoiselle Hyûga, j'ai toujours été un professeur assez clément, vous pourrez vous même en témoigner, la punition que je vous inflige n'est finalement pas si terrible, qu'est-ce qu'un devoir et deux heures de colles face au carnage qui a eu lieu dans cette classe ! Cependant, je n'admets pas que vous sortiez Monsieur Uchiwa du bon chemin, il a toujours été un élève modèle. Vous me voyez donc dans l'obligation de référé de toute cette affaire à Monsieur Hatake, en tant que votre professeur principal, il sera le seul en mesure de décider de votre sort. Nous déciderons à ce moment là si nous en parlons à Madame la directrice. En attendant, Monsieur Uchiwa, Monsieur Inuzuka et vous-même me nettoierez cette classe de fond en comble sans bien sûr oublier de me rendre le devoir Jeudi. Je le noterai et il comptera dans votre moyenne. Coefficient trois. Vos amies vous donneront le sujet, compris ?
J'acquiesçai, ma main valide appuyée sous mon menton l'autre reposant sur le bureau à côté de la cannette fraîche que j'avais posée là. En fait, seul deux détails de son discours m'avaient intéressé. Le premier concerné Monsieur Hatake... Kakashi-sensei. J'avais peur que, dans son habitude de prendre part à la guerre des sexes, il pousse mon affaire jusqu'au bureau de la principale. D'un autre côté, je le savais un peu plus raisonnable que ce fanatique d'Orochimaru. Mais était-il prêt à utiliser sa raison dans un cas semblable, n'allait-il pas plutôt décider de m'embêter jusqu'au bout, comme il aimait tant le faire...
Le second point était le fait que Sasuke se trouvait également sanctionné. J'avais beau regarder de droite et de gauche, je ne voyais nulle part Monsieur-Uchiwa-je-me-le-pète-chouchou-du-prof-et-belle-gueule. Ce qui ne semblait pas inquiéter outre mesure le savant fou, puisqu'il quitta la classe en nous promettant de revenir inspecter les lieux dans deux heures. Quand il eût refermé la porte, je voulus me retourner vivement vers Kiba pour lui exprimer le fond de ma pensée sur Sasuke-je-suis-trop-bien-pour-me-pointer-en-colle, mais je fus prise de violents vertiges qui me forcèrent à me raccrocher à la table. Attentionnée, comme à son habitude, Kiba remarqua immédiatement mon malaise et me soutint en entourant mes épaules d'un de ses bras. Il posa une main sur ma joue et siffla son effarement :
- T'as une putain de fièvre ! Je comprends mieux pourquoi t'es rouge !
« En fait, je suis rouge parce que je ne me peux pas m'empêcher de penser aux rêves où je mourrai d'envie de te faire des gâteries ! » pensai-je assez vivement pour me faire rougir plus encore. Bien sûr, je ne pouvais pas le lui avouer, c'eut été assez déplacé, je me contentais donc de cligner des yeux en signe d'approbation et me laisser aller plus encore dans ses bras.
- Tu n'aurais pas dû quitter l'infirmerie...
- Orochimaru ne m'a pas laissé le choix, répondis-je doucement, mais je suis contente d'être là, je voulais te parler. Je suis ravie d'être avec toi...
Je vis la gêne se peindre sur son visage, alors qu'il détournait légèrement les yeux. Il marmonna quelques explications que je ne compris qu'à moitié... ce qui fut amplement suffisant pour me faire écarquiller les yeux. Je sentis mon coeur s'accélérer. Si j'en croyais ses dires, il s'était volontairement fait coller parce qu'il n'aimait pas trop l'idée de me laisser seule avec Sasuke. Je ne pus retenir un petit gloussement satisfait. J'étais émue par ses drôles d'aveux. Il sembla croire que je me moquais de lui et s'apprêtait à me réprimander, mais une caresse sur sa joue et un « merci » murmuré dans un souffle lui fit comprendre la véritable raison de mon rire : une émotion difficile à exprimer. Finalement, pour dissiper notre timidité, il me relâcha et nous rassîmes stoïque sur nos tabourets. Je me mis à essuyer les gouttelettes humides qui perlaient sur le métal de la cannette. Ce qui me rappela ma soif. Je me mis à combattre contre la languette qui, croyez-le ou non, lorsqu'on a qu'une seule main valide, peut se montrer particulièrement récalcitrante.
Soudain, Kiba m'arracha la boisson des mains en grognant un « laisse » un peu bougon. Une fois de plus, je souris. Il ne pouvait pas s'empêcher de prendre un air fâché lors d'un de ses excès de gentillesse. Il me tendit la boîte ouverte, sans même m'accorder un regard et je la pris en le remerciant.
De nouveau, ce mutisme assourdissant.
Peut-être avez-vous remarqué ? Il existe plusieurs types de silence. Ceux qui nous sont agréables, ceux qui nous inquiètent, ceux qui nous importunent, ceux qui nous rassurent, ceux qui nous embarrassent... Nous étions plongé dans la dernière sorte de silence. Celui qui veut dire : je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus quoi faire, car ta simple présence suffit à embarquer mon coeur dans une envolée folle. Ma gorge s'assèche quand tu es là et chacun de mes membres tremblent. J'ai peur de ton contact mais je meurs d'envie de te toucher, d'effleurer ta peau, tes lèvres...
C'était de ce silence que j'essayais maladroitement de me dépêtrer. Je bus une gorgée d'eau pétillante pour me calmer. Il ne fallait pas que je laisse ces drôles de pensées me gagner. Il fallait que je dise quelque chose, n'importe quoi.
- Nous ... n... nous n'étions pas censé ... être ... être ...trois à nettoyer la classe ? Je... enfin... Il... Il est où le troisième larron ?
Si j'avais voulu me montrer cassante, j'avais bel et bien raté mon effet. J'étais bien loin du ton caustique que j'avais voulu employer, sans parler de ces impossibles bafouillage qui me faisait passer pour une gourde. Kiba se contenta de répondre à ma question, ne paraissant ni étonné par mon intérêt soudain pour Sasuke, ni par mon balbutiement.
- Il est au club de basket, il prévient Iruka-sensei pour la colle. C'est qu'on est censé avoir entraînement à cette heure-ci.
- Oh, je vois...
Le silence retomba. Je ne voyais pas quoi dire pour entretenir la conversation. Mais ce fut finalement Kiba qui amena un sujet bien plus intéressant.
- Tu as dit que tu voulais me parler...
- Oh oui ! m'exclamai-je ravie d'avoir un sujet sur lequel rebondir, c'est à propos de cette histoire de photo, je voulais savoir si tu avais entendu parler des conduits d'aérations qui permettaient d'accéder aux vestiaires depuis le toit ?
- Quoi ? Ça existe un truc pareil !
- Euh, oui... c'est Tenten qui nous en a parlé...
- Je ne savais pas, di-il l'air songeur, pourquoi tu demandes ça ?
- En fait...
J'hésitai une fraction de seconde, puis finalement me lançais. De toute façon depuis le début, je lui avais fait confiance, autant le tenir au courant de l'évolution de l'affaire... d'autant plus qu'il pouvait m'aider à sa manière. Je lui confiai donc les raisons de notre incursion au gymnase et nos trouvailles. Je lui parlais de ce garçon de terminal Kikuchi sur qui nous portions nos soupçons. Je me surpris même à lui confier mes craintes par rapport à une possible implication des filles dans cette affaire. Il était un bon auditeur, curieux, il posait les questions justes, aux bons moments, et prenait réellement à coeur cette affaire.
- Si jamais tu entends parler de quoique ce soit Kiba, il faut que tu me le dises... conclus-je, l'air suppliant.
- Ne t'en fais pas pour ça, je vais voir si des garçons connaissent ces fameux conduits... Je vais essayer d'en savoir plus sur Takeru aussi...
- Takeru ? Répétai-je perplexe.
- Takeru Kikuchi, Terminale C, c'est de lui que tu me parlais non ?
- Je ne connaissais pas son prénom, avouai-je.
- Il est responsable générale du dortoir. On le connaît tous plus ou moins, il est assez sympa et s'entend bien avec tout le monde... mais c'est vrai qu'on ne sait pas grand chose sur sa vie privée... Y'a pas beaucoup de bruits qui courent sur lui non plus... A part une rumeur qui dit qu'il a une petite amie... ricana Kiba.
Je souris, grâce à lui, j'en avais appris encore un peu plus. Savoir quel genre de personnalité avait Kikuchi pouvait nous aider. Après tout, il n'avait pas pu poser seul tous ces appareils photo, j'en étais persuadée. Or apprendre qu'il était chef de dortoir et amical avec la majorité des garçons, me permettait de déduire qu'il était plutôt bien placé pour embrigader autant d'hommes qu'il le souhaitait... Perdue dans mes réflexions, je n'entendis pas Kiba qui du me secouer légèrement l'épaule pour me ramener sur terre :
- Il faudrait qu'on commence à nettoyer, Sasuke ne va plus tarder et s'il nous voit ensemble ça va encore créer des histoires...
J'acquiesçais, absolument pas disposée à révéler la relation... amicale que j'entretenais avec Kiba. Nous nous mîmes donc au travail. Des balais, serpillières et autres matériels de ménage nous attendaient près de la porte. Nous commencions chacun de notre côté, au fond de la salle. J'avais vraiment beaucoup de mal à manipuler mon balai d'une seule main. Sans oublier que chaque secousse, même légère, me rappelait cruellement que mon autre main était blessée. J'avançais doucement dans le ménage, essayant de ne pas penser à la bouffée de chaleur qui empourprait mon teint. Je ne pensais pas à me plaindre, Kiba me soutenait de sourires discrets mais rassurants. Je le sentais dans ses yeux, dans son attitude, tout me disait : « ne t'en fais pas, fais ce que tu peux, je me charge du reste. » Je ne voulais pas abuser de sa bonne volonté, alors je donnais mon maximum.
Cinq minutes entières passèrent ainsi, sans que nous échangions la moindre parole par crainte d'un intrus attendus. Celui-ci, d'ailleurs, daigna montrer le bout de son nez. D'un pas conquérant, la tête haute, malgré sa chemise tâchée de sang et de formol, Sasuke pénétra dans la salle de classe. Posant son regard hautain sur Kiba puis sur moi, il eut une moue réprobatrice qui fit envoler toute ma quiétude... Si ma présence gênait Monsieur-sasuke-chuis-le-meilleur, il n'avait qu'à aller ramper devant le vieux serpent pour ne pas avoir à subir cette colle avec nous... Je ne m'en porterais que mieux. Mais il n'en fit rien. Il posa son sac sur le bureau du professeur, attrapa un balai et vint à son tour nettoyer nos dégâts.
Est-il besoin de préciser que nous n'y étions pas allés de mains mortes ? Il y avait des viscères de grenouilles collés aux murs. Le sol était devenu glissant tant il était couvert d'oeufs. Des morceaux des animaux traînaient un peu partout... Nous avions une immense surface à couvrir et tout çà en deux heures tout juste.
Une heure passa dans le calme le plus complet. Tous les bureaux avaient été lessivés et nous nous étions attaqué aux murs. Aucun d'entre nous n'avait prononcé le moindre mot depuis l'entrée de Sasuke, pourtant la tension était palpable. L'ambiance lourde, se traduisait par des ronchonnements colériques, des soupirs exaspérés et des gestes de plus en plus impatients. De mon côté, en plus de la mauvaise humeur, je devais supporter l'endolorissement de plus en plus cuisant de ma main. J'étais épuisée et je sentais bien qu'une fièvre carabinée parcourait tout mon corps. Malgré ces mauvaises conjonctures, je continuai mon labeur pour que ma maigre contribution fasse avancer le nettoyage. Car, je devais l'avouer, je n'étais pas très efficace. Je manquais de m'évanouir à tout bout de champs et j'étais rendue maladroite par ma main invalide. Je me doutais bien que ces circonstances contrariaient plus encore Sasuke, qui me lançait, à intervalle régulière, des oeillades meurtrières. Kiba en revanche me soutenait l'air de rien. A la moindre occasion, il effleurait ma main, il reprenait volontiers les tâches que je ne pouvais mener à bout, il m'avait même rattrapé lorsque, prise de vertige, j'étais tombée de la chaise où je m'étais perchée. Sasuke avait-il conscience de notre petit manège ? Je n'en avais aucune idée, mais il cachait de moins en moins bien son irritation et les choses devenaient de plus en plus électriques entre nous. Je reçus une ou deux fois des coups de balai dans les jambes, il m'adressait ses grommellements les plus hargneux et m'assénai des regards plus glacés les uns que les autres... Ce que je lui rendais bien. Quelquefois ma main glissait malencontreusement et mon balai le faisait trébucher... tout à fait par hasard entendons-nous. Bien sûr, quand mon seau d'eau se renversait un peu sur le bas de son pantalon, ce n'était qu'un malheureux incident dû une fois encore au hasard...
Au final, au bout d'une heure et demi de travail et un sol redevenu propre grâce à nos efforts conjugués, nous nous assîmes chacun de notre côté pour attendre le retour du professeur. Si le travail avait réussi à contenir notre mauvaise humeur, l'inactivité en revanche nous rendait belliqueux. Ce fut donc ainsi, qu'après moins de cinq minutes de guerre froide à s'échanger des regards haineux, Sasuke et moi commencions à nous disputer :
- Tu te rends compte que tu as été parfaitement inutile ? cracha Sasuke en guise d'introduction.
- Oh, parce que monsieur Sasuke a été utile peut-être, rétorquai-je d'un ton condescendant, alors qu'il a quasiment fallu t'apprendre à tenir un balai ?
- Putain ça commence, soupira Kiba en posant sa tête sur ses bras d'un air las.
- Pourtant même un apprenti comme moi a été plus efficace qu'un manchot.
- Tu pourrais avoir plus de compassion pour une blessée !
- Pardon ! s'esclaffa Sasuke, De la compassion ? Pour toi ? Tu rêves !
- Oh c'est vrai, excusez-moi, lançai-je, ponctuant mon ton pompeux d'une révérence moqueuse, Sasuke Uchiwa n'a pas de cœur ! Sasuke Uchiwa ne peut ressentir que du mépris pour autrui.
- Tu es triste ? Tu voulais que je t'aime peut-être ?
En disant ces mots, il se leva et se dirigea vers moi. Sur mes gardes, je bondis sur mes jambes, prête à me défendre. Je vis, derrière le dos de mon ennemi, Kiba qui relevait la tête, en alerte. Il avisa bien vite la situation et je vis son corps se bander, comme un prédateur prêt à l'attaque. Il resta cependant à sa place et se contenta de souffler d'un ton qui se voulait désinvolte :
- Fiche lui la paix Sasuke, elle est blessée...
- Psss, siffla l'interpellé en s'arrêtant à quelques mètres de moi, dès que Kiba est dans le coin je ne peux plus te taquiner. C'est la deuxième fois qu'il te vient en aide...
Je ne pus m'empêcher de piquer un fard. Pourquoi fallait-il que ses insinuations me mettent mal à l'aise. Heureusement qu'il ne pouvait voir son ami ou il se serait forcément douter de notre secret. Mon paysan dansait nerveusement sur son tabouret, se grattant le nez, les yeux rivés vers l'extérieur de la classe. Pour ne pas laisser à mon vis-à-vis le temps de monter des théories folles dans sa tête, je ripostais avec une morgue que je ne me connaissais pas :
- Au moins un de vous qui n'a pas que des testostérones dans le cerveau !
- Testo... répéta Sasuke incrédule.
- Qu'est ce qu'il y a ? continuai-je pour ne pas lui laisser de répit. Ce mot est trop compliqué pour toi ? C'est vrai que quand on a le cerveau placé dans l'entrejambe, on a un peu de mal avec les mots de plus de deux syllabes !
Les deux garçons me fixaient avec les yeux aussi larges que des soucoupes. Kiba aurait pu éclater de rire à tout moment s'il n'avait pas craint d'éveiller les soupçons de Sasuke. Ce dernier n'en menait pas large, aurait-il pu imaginer que je lui répondrais d'un ton si acerbe ? Je ne le pense pas, puisque moi-même ne me savait pas si... irrévérencieuse. J'étais choquée par mes propres paroles, car jamais ô grand jamais, je ne m'étais permis de tels mots envers qui que ce soit d'autre. Subitement, sans crier gare, Sasuke éclata d'un grand rire qui me fit froid dans le dos. Je le défigurai, estomaquée, jusqu'à ce qu'il se calme et, la larme à l'oeil, déclare :
- Chaque jour tu es un peu plus intéressante ! Dis-moi, elle est où la fille timide qui parle poliment ? C'est de la comédie ? A moins que tu ne réserves ce joli visage coléreux que pour moi ?
Je reçus ce commentaire comme un poing en pleine figure. Où était-elle l'Hinata d'Izumo? J'avais reproché à Neji d'avoir changé, mais je n'avais pas fait mieux... J'étais différente, moins timide plus colérique. Je perdais de ma douceur, entraînée par l'ambiance de ce lycée... ou alors tout simplement par... Je levais mes yeux vers Uchiwa qui, l'amusement au fond des pupilles, attendait une réponse. Je lui rendais un sourire des plus charmants en répondant de ma voix la plus douce :
- Il semblerait que tu aies le don de tirer le pire de moi...
- C'est un compliment ?
- Absolument pas, je dirais un reproche ! Ou plutôt une constatation, car je réserve mes reproches pour les gens qui ont un tant soit peu d'intérêt à mes yeux.
- Oh, mais je vois... susurra-t-il sur un ton particulièrement amer, je vois qu'on a les mêmes principes toi et moi...
- Dans ce cas vous devez être sacrément attirés l'un par l'autre...
D'un même mouvement, nous dirigions notre attention sur Kiba qui venait d'intervenir. Une lueur alarmante éclaira son regard habituellement si avenant. Tout à coup, je me sentis coupable, sans vraiment savoir pourquoi. Je n'étais pas attirée par Sasuke, il avait simplement le don de m'agacer. Il sembla que mon ennemi et moi soyons sur la même longueur d'onde car ce fut exactement la réponse qu'il fit à Kiba.
- Et bien, ce ne serait pas plus simple de s'ignorer ? insista le grand brun.
- Attends, tu cherches à nous faire dire quoi la Kiba, s'énerva Sasuke.
- Je ne sais pas, je ne fais que constater, objecta le second d'un air peu concerné, tu sais ce que ma soeur dit toujours ? Les plus belles histoires d'amour commencent par d'ignobles disputes...
- Oh Kiba, me lamentai-je réellement mortifiée.
- Toi la ferme ! rugit Sasuke en me pointant du doigt, quant à toi Kiba Inuzuka, tu retires ce que tu as dit avant que je te fasse ravaler tes paroles...
- Et ben ! Tant de cri pour si peu... tu ne fais que confirmer ce que je pense...
Il venait de dire la phrase de trop. Fou de rage, Sasuke fonça sur Kiba pour le frapper. J'eus un moment le réflexe de crier pour les arrêter, mais un vertige me força à prendre l'assise la plus proche. Je me sentais de plus en plus vaseuse. Les cris des garçons ne me parvenaient que comme des chuchotis étouffés. J'avais extrêmement chaud mais je tremblais de froid. Ma main m'élançait terriblement. Puis il eut un long silence... ou plutôt les voix avaient encore baissée d'un volume. Je tentais de relever la tête pour voir ce qui se passait, mais elle pesait des tonnes. J'ouvris tout de même les yeux, mais seules des tâches floues constituaient ma vision. A quoi bon essayer de comprendre quoique ce soit, mieux valait me laisser aller. J'avais besoin de repos... de repos...
- Hinata !
Une onde fraîche caressa mon visage, me ramenant à la réalité. Avec difficulté, j'ouvris les yeux. Tout autour de moi me semblait encore flou, mais les contours étaient tout de même assez distincts pour que je prenne mes repères. Une fois encore, je sentis un contact frais et tendre sur mon visage. Je pris complètement conscience de mon environnement. Tout près de moi, le visage soucieux de Kiba me scrutait. Je me redressai pour lui faire face.
- Tu es vraiment pâle, dit-il d'un ton sec, vas-y doucement !
Je plissai les yeux pour mieux le voir. La lumière nous enlaçait de ses rayons oranges sanguin, redessinant ses traits dans un clair-obscur écarlate. Son visage, ainsi accentué, était loin de la perfection, pourtant j'aimais le regarder. Il y avait quelque chose d'extrêmement fragile, comme une phalène qui reflète les flammes qui vont la brûler. Mon examen précis de son faciès me fit noter quelques ecchymoses qui n'étaient pas là, quelques temps plutôt. Du bout des doigts, je les effleurai mais il se redressa, se mettant hors de ma portée. Ma bouche s'entrouvrit sous la surprise et je sentis mes yeux picoter... Que signifiait ce geste ? Chamboulée par sa réaction, je tentai de reprendre contenance en lui parlant :
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Sasuke et moi on s'est battu. Orochimaru est arrivé et nous a donné quelques heures de colle en plus... Et toi tu as perdu connaissance sans qu'on le remarque.
Il avait fait son compte rendu d'une voix abrupt qui me laissait comme un goût amer. Je me surpris à frissonner devant cette montagne de glace, lui qui était généralement si sympathique et généreux...
- Orochimaru m'a demandé de te ramener à ton dortoir, il ne veut pas que tu rentres seule au cas où tu t'évanouirais encore... Quand même ce n'est pas un peu beaucoup pour une si petite blessure ?
- Je n'ai jamais eu une grosse santé, tentai-je de me défendre, sans grande conviction.
- Je me disais aussi, Bon allez monte !
Kiba s'agenouilla près de moi, me présentant son dos pour que je m'y installe. Il était très visiblement en colère. Sa voix était cassante, il me faisait des reproches cruels. Pourtant, je n'arrivais pas à lui en vouloir. Il devait penser que je me moquais de lui, que je m'amusais avec ses sentiments. J'avais blessé son amour propre. J'avais réussi à le pousser à se battre contre un ami. Tout était de ma faute et je ne savais plus quoi dire pour le calmer. Je ne voulais pas qu'il soit fâché contre moi... Je ne voulais pas que le paysan abandonne la princesse...
- Pardon.
Il se retourna vivement vers moi. Tête baissée, les larmes aux yeux, je tenais fermement le bord de mon tabouret. Il se releva et s'empara de mon visage. De sa grande main, il tenait mon menton, entourant avec aisance tout le bas de ma figure. Son visage avait changé du tout au tout. Comme s'il regrettait déjà sa dureté, il avait retrouvé son air habituel, chaleureux et ce petit quelque chose d'espiègle dans ses yeux. Il me forçait à soutenir son regard... pas un mot... pas un reproche... pas une question...
- Je n'aurai pas dû... avec Sasuke...murmurai-je.
Il me relâcha et détourna la tête. Malgré les teintes rougeâtres du couchant, je pus distinguer des tâches écarlates qui coloraient ses joues.
- On ne sort pas ensemble Hinata, finit-il par dire d'une voix assurée, tu m'as rien promis et tu n'as aucune obligation envers moi ! Si Sasuke te plait plus, j'y peux rien... Il a toujours eu un putain de succès avec les filles... Juste que ça me ferait chier... Tu me plais bien...
- Kiba...
- Non, sérieux ! insista-t-il, je ne vais pas te reprocher quoique ce soit...
J'attrapai un pan de sa chemise mal entrée dans son pantalon et l'obligeai à se rapprocher de moi. Il se laissa faire, trop surpris pour réagir. Je tendis la main pour attraper son col ouvert et le pousser à se pencher vers moi. Ses yeux ébahis m'observaient sans comprendre. Ses lèvres entrouvertes me paraissaient particulièrement tentantes... Mon coeur battait à tout rompre... Il était si proche... Il était si touchant... si charmant...
Neji
Mes lèvres se posèrent sur son front.
Je n'avais pas osé. En fait, je n'étais pas prête. Je me maudissais intérieurement. J'avais face à moi quelqu'un de formidable, et je pensais à celui qui m'avait déçue. Je relâchai Kiba et lorsque nos yeux se croisèrent mes joues devinrent vermeilles. Je baissai les yeux à tout allure. Pourquoi étais-je déjà si intimidée par ce petit... rien ? Il resta silencieux, attendant je suppose une explication de ma part. Mais qu'aurais-je pu lui dire ? Il n'y avait pas de raison profonde à cette bise, j'en avais juste eu envie... rien de plus. Au bout de quelques minutes, il me fallut tout de même parler pour chasser cet horrible silence :
- Sasuke m'énerve parce qu'il est odieux avec moi... Depuis l'affaire des vestiaires, j'ai peur qu'il tente de récidiver s'il voit la moindre faiblesse de ma part. C'est pour çà que je ne peux pas l'ignorer...
Il soupira et m'attira contre lui. Il me força à poser ma tête sur son ventre et caressa doucement mes cheveux. Je me sentais bien, reposée dans son giron, entourée de sa force. Je tremblais un peu, bouleversée par ce contact, mais je ne voulais pas qu'il cesse. Sans lâcher prise, Kiba m'adressa quelques mots, qui achevèrent de me secouer :
- C'est ce qui m'a plus en premier chez toi, cette fragilité. Mais je crois que j'aime bien aussi la femme forte qui se cache derrière. Surtout te laisse pas faire par Sasuke !
C'était la première fois que quelqu'un me trouvait forte. Je pinçai les lèvres pour ne pas éclater en sanglots et m'accrochais à sa chemise sale. Tant d'année sous les moqueries, à courir après la reconnaissance, à courber l'échine face à mon père, à m'acharner dans les arts martiaux, à prendre de front mon cousin, pour finalement entendre les mots que je cherchais de la bouche d'un garçon qui me connaissait à peine. Je ne sais quel sort du destin l'avait mis sur ma route, mais il avait fait une bonne oeuvre.
Les dix jours qui suivirent s'écoulèrent dans un calme relatif. Notre petit écart en cours de dissection avait fait le tour du lycée. Les terminales l'avaient affectueusement surnommé « la guerre des grenouilles ». Notre classe recevait des félicitations de la part de tous les élèves, Orochimaru-sensei était peu apprécié. Certains poussaient même jusqu'à dire qu'une telle pagaille dans la classe du savant fou mériterait de passer dans les annales du lycée. Ce qui rendait cette affaire plus légère à mes yeux, était que, hormis les punitions du professeur de biologie, nous n'avions pas eu d'autres réprimandes. Si effectivement Orochimaru-sensei avait parlé à Kakashi-sensei de cette histoire, alors ce dernier ne l'avait pas jugé assez importante pour m'inquiéter. Ce qui m'arrangeait à vrai dire.
Une autre anecdote avait remué le dortoir des filles. Quand Kiba m'avait ramené sur son dos de nos heures de colle, le hall était plein de filles se rendant déjà au réfectoire. Bien qu'ayant présenté à la concierge une note explicative d'Orochimaru-sensei, ce problème fit beaucoup de bruit... du moins le temps d'une soirée. Je dus expliquer mille fois la situation aux autres filles pour qu'elles me laissent en paix. Mais, en définitive, ce fut l'un de mes malaises qui les convainquit. Il permit de tuer dans l'oeuf des rumeurs qui s'annonçaient embarrassantes.
Ma main, quant à elle, allait beaucoup mieux. Si les deux premiers jours avaient été difficiles à cause de la douleur, le reste du temps n'avait pas été si terrible que je me l'imaginais. Naturellement, j'avais été assez invalidée mais mes amies m'avaient bien aidée. Ses dix jours et le traitement d'Itachi-sensei avaient fait des miracles et ma plaie, refermée, ne me faisait déjà plus souffrir. Il ne restait qu'une escarre noirâtre qui m'infligeait d'atroce démangeaison.
Il ne s'était rien passé d'exceptionnel en dix jours, ce qui me parut un miracle à moi qui, depuis mon arrivée à Konoha, n'avais pas connu un moment tranquille. J'en arrivais presque à trouver cette quiétude lassante et aurait tout donné pour un sale coup à venger. Même notre affaire des photos piétinait. Nous n'avions rien appris de plus. Malgré tous nos efforts, nous n'avions toujours aucun renseignement sur ces fameux conduits d'aération. Quant aux rumeurs que nous essayions de glaner sur Mayumi Katsura, elles ne nous menaient à rien. Sakura et Ino avaient choisi de se concentrer en premier lieu sur les élèves qui étaient dans la classe de la victime. Ce qui ne donnaient rien de probant. Personne ne savait rien sur Mayumi... ou du moins c'est ce qu'ils disaient. J'étais réellement désespérée... et au final j'avais misé sur un petit rendez-vous à dissimuler aux yeux de tous, pour me remonter le moral... Mais Kiba ne pouvait pas sortir. Tous les soirs, il avait entraînement de basket jusqu'aux heures de couvre-feu de l'internat. Sans oublier que Sasuke et lui avait été collés une seconde fois. Iruka-sensei avait négocié avec Orochimaru-sensei pour déplacer la colle au Samedi. De fait, une punition qui aurait dû durer une heure ou deux, traîna toute une après-midi... m'empêchant de voir mon paysan. Ino m'avait tant entendu râler ce jour-là, qu'elle s'était mise à me taquiner chaque jour au sujet d'un « certain brun pas trop vilain ».
Une placide monotonie s'était donc installée sur notre lycée, jusqu'à ce fameux jour qui bouleversa notre enquête.
Ce jeudi matin avait commencé d'une façon plutôt banale. Tout au long de sa bouche, Ino chantait à tue-tête l'une des chansons du film que nous avions regardé la veille au soir. Imitant, assez mal soit dit en passant, la voix de Mika Nakashima, elle déversait les paroles de My medecine au rythme de sa douche. Elle sortit enfin, chantonnant toujours et se mit à danser, sa serviette humide autour d'elle, et me lançant d'un ton joyeux :
- Allez Hachi ! A la douche ! Faut se faire belle pour un certain brun pas trop vilain...
- Voyons Nana-san, m'exclamai-je entrant dans son jeu, cessez de m'appeler Hachi !
Je fis mes yeux de bébé cocker et me mit à minauder. Ce qui augmenta la bonne humeur de mon amie et la fit pleurer de rire. Elle me poussa dans la salle de bain où je m'enfermais finalement. Je soupirai, ce film, Nana (4), nous avait vraiment plu. C'était une belle histoire d'amour et d'amitié tiré du manga éponyme que nous avions toutes deux lu. J'étais un peu déçue d'être Hachi, j'aurai adoré être comparée à la belle Mika Nakashima, mais mon caractère correspondait plus à celui de l'autre personnage... dommage.
Ce fut donc de très bonne humeur que nous nous rendions en cours en compagnie de Temari, Sakura et Tenten. Cette dernière marchait à mes côtés, m'entretenant obstinément sur les techniques de combats de ma famille. Elle rêvait de pouvoir botter les fesses de Neji, mais « Pour être certaine de gagner, disait-elle, je dois connaître mon ennemi... qui est fort ! » Évidemment, j'étais sa meilleure source d'information.
Après un passage aux casiers à chaussure, nous nous dirigions vers les étages. Il était encore très tôt. Aucun professeur n'était arrivé et peu d'élèves circulaient dans les couloirs. Cependant, ceux que nous croisions paraissaient particulièrement agités, comme si quelque chose d'important s'était tenu ou allait se dérouler. Un peu inquiète par cette effervescence, je jetai un coup d'oeil à Tenten qui haussa les épaules, sourcils froncés, et m'invita à les suivre dans les escaliers.
Ce ne fut qu'au premier étage que nous découvrions la raison de cette agitation. Sakura fut celle qui les vit en premier. Le visage blême, le doigt tremblant, elle nous indiqua un pan de mur où quelques personnes s'attardaient. D'un même geste nous nous retournions. Mon coeur fit un bond dans ma poitrine. Je me rapprochais pour être certaine de ce que je venais de voir. Une sorte d'exclamation de stupeur et d'indignation s'échappa de mon gosier alors que ma main se plaqua violemment sur mes lèvres. Qui avait pu faire une telle chose ?
Fin du chapitre 8, suite au chapitre 9.
Notes:
1- A propos des yeux d'Itashi, me suis dit, un sharingan? Dans le monde réel? Çà le fait pas trop! Du coup je lui ai fait quelque chose qui rappelait mais qui paraissait naturel.
2- Je suis partie du principe qu'il y a sept années d'étude de médecine, je suis désolée si je me suis trompée
3- Le magyar à pointe, pour ce qui ne connaîtrait pas Harry Potter de J.K. Rowling. C'est un dragon, considéré comme étant très dangereux. Pour ceux que des infos intéresseraient : http://membres.lycos.fr/legrimoirehp/pagemonstres.html
4- Nana (et tout ce qui précéde) fabuleux manga de Ai Yazawa il raconte l'histoire de deux jeunes filles portant le même prénom Nana. L'une d'elle est chanteuse, quand à la seconde elle cherche un rêve au quel se raccrocher. Elles partagent un appartement à Tokyo et tentent de leur mieux de vive leur vie. Mon résumé est pourri mais l'histoire (et surtout les dessins) sont magnifiques. Nana a connu un tel succès au Japon qu'ils l'ont adapté en anime puis en deux films où joue la très jolie chanteuse Mika Nakashime. Au sujet des deux Nana, l'une (la chanteuse) est forte, cassante, rentre dedans, une fille assez imposante en somme. La seconde est plus effacé, un peu suiveuse, un peu timorée, pas timide mais polie et douce. Son attitude fait que les membres du groupe de Nana n°1 la surnomme Hachi.
Hachi fait référence à deux chose différente. Premièrement Hachiko, statut du chien qui orne l'une des places les plus populaires de Shinjuku. La légende raconte que ce chien attendit des années son maître à cet endroit. Deuxièmement, c'est un jeu de mot sur les nombres, sept se dit nana en japonais, et huit se dit hachi...
Nana, même si je ne lui ai pas rendu gloire dans mes propos, est un très bon manga (comme tous les mangas d'Ai Yazawa) je vous le conseil fortement.
Pour en savoir plus sur Nana : http://fr. sur Aiyazawa et ses oeuvres : vous voulez écouter My medecine : http://www.radioblogclub.fr/open/143373/Mika20Nakashima20-20My20Medecine.mp3/Mika20Nakashima20-20My20Medecine
Et bien voilà, le chapitre 8... (Pfff, pas trop tôt...)
J'espère que vous continuerez à lire mon histoire malgré ma très longue absence d'up-date et malgré la nullité de ce chapitre!!
J'ai vraiment eu beaucoup de mal à le pondre celui-là. Je ne sais pas si c'est parce que je n'étais pas vraiment dans le bain, ou lors parce qu'il était un peu comme une pause, une parenthèse dans l'histoire, ce qui est sûre c'est que j'ai suer sang et encre pour nous le sortir! Bon, au moins c'est fait! Ne me lyncher pas, je vous promets de faire mieux pour le prochain chapitre!!! Promis, en plus du sang et de l'encre, je suerai l'eau... oui bon on laisse tomber, c'est juste que je fatigue là!
Bref, alors j'ai une... non deux grande excuses à faire...
Itachi... oui, je sais il est totalement OOC, pardon mais il y a une raison à cela... enfait... enfait... j'avais besoin d'un infirmier pervers!!! XD Non c'est pas vrai! C'est pas çà! Mais vous verrez par la suite, il y a une raison à ce caractère...
Bon en même temps, j'avoue, tous mes personnages sont OOC, j'en suis désolée, mais c'est un choix! C'est aussi un risque qu'on prend quand on fait une fic hors de l'univers de Naruto, c'est tellement tentant... Et puis vous voyez Hinata débarquer en cours de littérature japonaise et dire : « Je serai fidèle à mon nindô! » ou Naruto gueuler : « Je serai Hokage... » Ben moi pas trop en fait! Bon tout çà pour dire que je suis à fond dans le OOC... Enfin pas tant que çà, j'essaie au mieux de rester fidèle à leur caractère... au mieux...
Bon la deuxième grande excuse... On risque de ne pas voir Neji pendant un petit bout de temps, ou alors juste des apparitions éclairs (z'allez me dire, çà change pas de d'habitude). Les prochains chapitres sont consacrés à l'affaire des photos et sur la classe d'Hinata... même Tenten va disparaître assez rapidement pour réapparaître plus tard... Que leurs fans acceptent mes plates excuses!!!
Dernière chose, j'ai eu envie (car j'adore échanger avec les lecteurs) de tenter un petit jeu... Enfait même deux.
Le premier, ce serait d'essayer de découvrir qui est l'instigateur de l'affaire des photos. Sachez que dès le chapitre 10 toutes les cartes de cette affaire seront entre vos mains et, vous pourrez deviner de qui il s'agit. Je continuerai à divulgeur mes indices au fur et à mesure. Le chapitre précédant le dénouement, je vous signalerai que les spéculations sont terminées. Je me propose d'écrire un One-Shot pour la ou les personnes qui auront trouvé le coupable. Vous pourrez choisir le couple, le genre, le rating, le sujet, la mésaventure, j'écris de tout et je serai ravie de faire plaisir à quelqu'un...
Le deuxième jeu sera pour le même genre de « prix » Au moment où je vous le direz, pareil, toutes les cartes seront entre vos mains, alors il vous faudra deviner qui est le prétendant mystère.
Si jamais çà vous intéresse, dîtes le moi!
Bref, je fais de gros bisoux à tout le monde et dis un gros merci!! (même ceux qui ne me laisse pas de com'... Non c'est vrai merci à vous aussi parce que vous avez lu mon histoire... n'empêche que çà me ferait plaisir de savoir ce que vous en pensez... ). Un énorme bisoux à Aya72, Seydrune, Okami Jigoku, Nanamy, fraise tagada (qui a laissé un com' pour chaque chapitre, même si elle les a tous lu d'un coup! XD, çà c'est fun!) et Inurame qui ont laissé des com' pour le précédant chapitre!
Je n'ai pas répondu à vos com' et je m'en excuse, j'avais pas mal de boulor ces derniers temps, mais promis, à partir de maintenant je répondrais personnellement à chaque reviews!!!
Une dernière chose le bouton en bas à gauche, c'est pas comme l'acool, en abuser ne fait de mal à personne (et surtout pas à l'auteur qui voit ses forces décupler pour écrire!! ) Donc il ne faut surtout pas hésiter à en abuser!!!!
Un gros bisoux à Asuka qui continue à bétalire ma fic et qui fait du bon boulot! Kiss toi et merci!!!
Allez kiss, rendez-vous au prochain chapitre!
°oO°Oo Tsubaki no Tsuki oO°Oo°
