10- Mise en route de l'engrenage.
Qu'est-ce qu'une photo volée dans les vestiaires faisait dans un livre appartenant à Jiraya-sensei?
Je poussai la grande porte vitrée d'un air décidé. C'était la première fois depuis mon arrivée à Konoha que je remettais les pieds dans le bâtiment administratif. En temps normal, seul le comité devait représenter les étudiants en ces lieux. Les élèves ne pouvaient y venir qu'en cas exceptionnel et, de préférence, dans le calme et le respect. Mais ce jour-là, ce fut cinq furies qui entrèrent à vive allure dans le hall du vieil édifice.
La veille au soir, après avoir découvert la photo dans le livre de Jiraya, j'avais ressorti les anciennes preuves cachées dans la boite sous mon lit. J'avais longuement observé les clichés et aucun doute n'était possible. La photo provenait du même appareil, pourtant elle était de bien meilleure qualité et indéniablement pris deux jour distinct. Sur les deux images, je portais des sous-vêtements différents. Finalement, je m'étais précipitée vers la chambre de Sakura et Temari, où se trouvaient toujours Tenten et Ino, pour leur montrer mes découvertes. Nous avions convenus d'aller interroger Jiraya-sensei. Il fallait que nous sachions comme il s'était procuré cette photo, ainsi nous pourrions peut-être remonter jusqu'à l'idiot qui avait organisé toute cette affaire.
A grande enjambée, nous remontions l'escalier en bois vernis. Nous n'avions rencontré personne dans le hall. A cette heure-ci, tous les professeurs étaient dans leur bureau. Les secrétariats et la comptablilité devait avoir commencé à travailler. Il n'y avait donc que très peu d'allé et venu dans les couloirs. Ce qui nous arrangeait fortement. J'étais soulagée de n'avoir rencontré aucune difficulté jusqu'à lors, car ce que nous nous apprêtions à faire était bien assez risqué en soi. J'étais vraiment très en colère depuis la veille et une seule idée fixe obsédait mon esprit : cette photo. Malgré tout, j'étais assez consciente du risque que je prenais et surtout dans quel bourbier j'entraînais mes amies. Au début, j'avais voulu questionner le professeur seule, mais elles avaient tant insisté que j'avais fini par céder. Et puis, il fallait bien se l'avouer, nous serions sûrement plus impressionnante en groupe. Enfin, le porte en plastique rouge apparut dans mon champs de vision. D'un même mouvement, nous nous plantions devant, prêtes à affronter ero-sensei (1). D'une main ferme, je frappai à la vitre.
Dans un premier temps, le silence répondit à mes coups. Patiemment, j'attendis que quelqu'un daigne nous ouvrir. Ce qui ne tarda pas. Une silhouette sombre se dessina sur les stores rabaissés, alors que le cliquetis d'une serrure résonna dans le corridor paisible. La tête de la secrétaire de la directrice apparut à l'embrasure. Elle nous accueillit d'un froncement de sourcil, alors que j'entendis la voix joviale de mes amies chantonnaient en choeur dans mon dos:
- Bonjour Shizune-nee-san! (2)
- Les filles! S'exclama-t-elle d'un ton qui se voulait sévère, que faîtes-vous ici ?
- Je suis désolée mademoiselle, intervins-je pour calmer le jeu, nous voulions voir Jiraya-sama.
- Et bien, cela ne peut-il pas attendre?
- Je crains que non, il s'agit d'une affaire assez urgente et... personnelle, répliquai-je en adoptant un ton embarassé.
- Et bien dans ce cas, soupira-t-elle, suivez-moi !
- Je vous remercie mademoiselle.
- Voyons, appelle-moi Shizune comme tout le monde, déclara-t-elle sourire aux lèvres.
En disant ces mots, elle avait complètement ouvert la porte et s'était mise de côté pour nous laisser la voie libre. Quand, elle l'eut refermer, elle s'excusa de ne pas pouvoir nous accompagner mais nous indiqua la place du vieux professeur. A peine fut-elle rassise à son petit bureau près de la sortie que nous nous dirigions vers l'endroit qu'elle nous avait indiqué. Alors que nous déambulions parmi les enseignants qui nous lançaient des regards sévères, je reconnus Kakashi-sensei qui, fidèle à lui-même, lisait le roman pervers écrit par son maître. L'agitation que notre arrivée avait provoqué le fit lever les yeux de sa lecture. Pendant quelques secondes, ses yeux noirs se posèrent encore une fois sur moi, ce qui me fit frissonner. Il avait encore ce regard. Depuis plus de deux semaines, quand Kakashi-sensei posait sur moi son regard perçant, je sentais une drôle de satisfaction qui y brillait. C'était comme s'il savait quelque chose sur moi, quelque chose de compromettant... Je fus prise d'un violent frisson et me détournai de lui. Je n'avais pas le temps de m'occuper de ce pervers-ci... J'avais bien assez à faire avec celui que je me préparais à affronter : le roi des pervers...
Jiraya-sensei était avachi sur son siège, un journal ouvert sur son visage. Un léger ronflement semblait s'échapper du sourire de l'homme politique qui depuis sa page en noir et blanc nous fixait. Décontenancée, je me tournai vers mes amies pour quémander leur aide. J'étais absolument incapable de le réveiller, car ce geste si intime me m'étais mal à l'aise. Temari poussa un long soupir et me passa devant. Loin de mes inhibitions, elle attrapa le journal qu'elle jeta sur le bureau. Si son geste suffit à faire froncer le nez au professeur, il ne le réveilla cependant pas. Aussi, se mit-elle à le secouer sans ménagement. Jiraya-sensei lâcha quelques grognements rauques avant d'entrouvir les yeux et d'émerger en poussant un bâillement sonore. Satisfaite d'elle-même, mon amie se recula, un sourire ravi scotché sur son visage. Nous attendions encore quelques minutes que le vieil homme soit totalement réveiller et nous salue, pour lui exposer la raison de notre visite :
- J'ai commencé à regarder les belles endormies hier soir...déclarai-je de but-en-blanc.
- Vraiment ? Répondit-il l'air peu concerné, Alors ? Intéressant ?
- Oh que oui... lançai-je d'un ton hostile, particulièrement une des images.
Je pris la fameuse photo dans mon sac et d'un mouvement leste, la mis sous les yeux de notre professeur de littérature. Lentement mais sûrement, je vis son expression se transformer. Sa mine blasée et lasse céda la place à une panique sans nom. Il voulut arracher la photo de mes mains mais, assez vive, je le souscris à ses ardeurs. Sans me retourner, je la fis passer à mes amies derrière en murmurant :
- Intéressant, n'est-ce pas?
Mon ton était ouvertement moqueur. Mon expression trahissait ma colère. Sourcils haussés, un rictus menaçant se dessinait sur mes lèvres. Derrière moi les filles étaient entrées dans mon jeu, elles commentaient l'image d'un air étonné et passionné. Une drôle d'irritation commençait à poindre sur le visage du vieux sage. Depuis, mon arrivée c'était bien la premièer fois que je lui voyais un tel regard. C'était comme un brasier qui s'était allumé en lui, pas une flamme chaleureuse et réconfortante, comme à son habitude, mais quelque chose de résolument redoutable qui tenait du prédateur. Il me fallut tout mon courage pour continuer dans le même registre sans trembler ni me répendre en excuse. Enfin, d'une voix difficilement maîtrisée, il nous demanda :
- A quoi vous jouez les petites ?
Je sentis le poid d'une personne sur mon épaule. Ino venait de s'accouder à moi et susurra de son air le plus innocent, comme pour m'ouvrir la voie :
- Au jeu des devinettes...
- Comment avez-vous eu cette photo? Enchaînai-je immédiatement, à mi-voix, masquant ma crainte derrière un regard dur.
- Et si je ne veux pas répondre ? Rétorqua-t-il, un sourire dangereusement assuré éclairant soudainement son visage ridé.
- Et bien je pense que Tsunade-sama aimera beaucoup cette photo ! Déclara Sakura en secouant notre preuve au dessus de sa tête d'un air ravi.
- Oooh, bonne idée, allons donc voir cette chère directrice, répondit-il provoquant dans nos rangs des oeillades d'incompréhension totale.
Mon estomac se crispa quand son sourire fleurit sur ses traits radieux. Il avait trouvé une parade je le sentais et il ne tarda pas à nous la révéler, ses paroles prenant des accents horriblement mielleux :
- Je pense que notre chère directrice sera ravie de découvrir que des élèves trouvent amusant de menacer un de ses professeurs...
- Vous oubliez cette photo, répliqua Tenten.
- Vous l'aurez prise pour me confondre...
- Mais vous êtes horribles, s'offusqua mon aînée.
- Non, assura-t-il d'une voix rendu grave par sa peine devenu flagrante, il y a deux choses aus quelles je tiens mon job et ma petite Tsunade. Je ne vous laisserai pas tout gâcher pour une photo trouvé dans un bouquin. Oubliez tout ça mes petites. Je comprends votre colère, je ne vous en veux déjà plus...
Tout d'abord, ce fut notre mutisme surpris qui lui répondit. Étonnement, je comprenais ses raisons, ne le trouvant pas monstrueux le moins du monde. Parfois, pour protéger ce qui nous était cher, nous arrivions aux pires extrémités... mon père me l'avait déjà prouvé... Mon coeur se serra en repensant au visage cireux de mon oncle... ses poignets entaillés... puis ce fut le regard triste de Mayumi qui remplaça le corps sans vie du père de Neji. Je me secouai mentalement, si Jiraya-sensei avait ses raisons, nous avions aussi les nôtres et elles méritaient que nous le défendions. Prise d'un élan de rage, je me mis à murmurer avec hargne :
- C'est à cause du con qui à pris ces photos que Mayumi a tenté de ce suicider, je... hurmph...
Tenten venait de me baillôner assez violemment. Alors que Temari pestait contre mon « putain d'emportement », Sakura et Ino soupiraient d'épuisement. J'avais gaffé... ou peut-être pas. Mon regard croisa celui du professeur, il était réellement troublé. D'ailleurs son visage devenut blême était complètement décomposé. Il sembla, néanmoins, que je fus la seule à remarquer son agitation car déjà Tenten s'excusait de notre part à toute de l'avoir importuné. Puis d'une bourrade discrète, elle me poussa à les suivre hors de la pièce. Sans plus de cérémonie, nous plantions là l'homme et quittions rapidement la salle des professeurs. A peine la porte fut-elle refermée qu'un soupir général échappa à notre groupe. Nous prîme notre route vers le lycée à une allure beaucoup plus modérée. Au bout de quelques minutes, quand nous quittions l'administration Tenten se décida à parler :
- Tu es allée trop loin ce coup-ci Hinata...
- Il ne faut jamais rien dire aux professeurs, expliqua une nouvelle fois Temari, si il fourre son nez là-dedans ça va être la guerre!
- Ça l'est déjà, fit judicieusement remarquer Ino.
- Tu sais très bien ce que je veux dire, s'emporta Temari, si on apprend qu'un prof est au courant de tout cette histoire à cause de nous on aura tout le lycée sur le dos!! Filles comme garçons! La merde!!!!
- Ce n'est pas l'ordre du jour, coupa Sakura, finalement parler à ero-sensei n'aura servit à rien.
Elles tournèrent toutes leurs têtes vers moi. J'étais à l'origine de ce plan et, à présent qu'il était tomber à l'eau, elles espéraient de moi une solution de secours. Je ne leur répondis pas de suite. En fait, depuis que nous avions quitté ce cher Jiraya-sensei, une drôle d'idée me trottait dans l'esprit. Et si mes mots avaient fait leur chemin dans son esprit ? Nous le savions toute sans nous l'avouer, malgré ses airs bourrus et pervers, le professeurs de littérature était un homme bien et plein de principe... peut-être l'idée d'être indirectement lié à la tentative suicide d'une élève allait-il assez le préoccuper pour qu'il agisse en notre faveur. Une bonne intuition avait étreint mon coeur. Sereine, j'offris mon visage au soleil qui doucement réchauffait le pavé froid de la cours. Avril touchait à sa fin. Dans quelques jours, la golden week (3) apporterait ses longs jours de vacances puis Mai nous ouvrirait les bras... Je souris à ces douces perspectives.
- Jiraya-sensei, n'est pas un monstre, dis-je sans les regarder, attendons un peu, je crois que nous obtiendrons ce que nous voulions.
Debout, devant le Locolotion(4), j'attendais Kiba.
Après avoir pris d'assaut le bureau des professeurs, mes amies et moi étions retournées en cours. J'avais profité de l'habituel retard de Kakashi-sensei pour me rendre au casier désert et glisser un mot au brun. Je voulais le remercier pour son aide. S'il ne m'avait pas donner l'adresse de ce site, jamais nous ne nous serions douté des tourments de Mayumi... et peut-être n'aurait-elle pas pu être sauvée... Je me mordis mes lèvres en chassant l'image du corps inerte de mon sempai. Tout ce sang, sa respiration saccadée et gutturale. Je fis prise d'un spasme assez violent et une larme coula le long de ma joue. J'étais toujours sous le choc de cette scène atroce... La nuit, les moindres détails de cette pièce me revenaient en mémoire. Quand nous étions entrées, la chambre de Mayumi embaumait le bain-douche pourtant, une fragrance légère flottait. Elle n'était qu'à demi-masqué par le parfum du savon : de l'alcool. Nous avions trouvé une bouteil de Sake brisé au pied du lit. Depuis la salle de bain nous parvenait le débit incessant de la douche, même l'agréable morceaux de Schubert que jouait la chaîne stéréo ne parvenait pas à le couvrir entièrement... Il y avait tant de détail imprimé sur ma rétine que, les yeux clos, je revoyais l'exact dessin que les cheveux humides de Mayumi dessinaient sur son oreiller blanc. Malgré moi, je laissai échapper un sanglot. J'étais si soulagée que Mayumi s'en soit sortie... mais j'aurais tant voulu comprendre... Je fermais les paupières de toutes mes forces, pour oublier, chasser de ma tête toutes ses images difficiles. Mais tout ce que je parvins à faire ce fut de me plonger plus profondément encore dans la spirale infernale de mes souvenirs. Mes épaules, secouées de sanglots, ne pouvaient pas porter ses images de tristesse. Je n'étais pas assez forte.
Soudain, je sentis deux bras m'entourer et me serrer avec une force incroyable contre ce qui me parut être un torse d'homme. Prise de panique, je rouvris les yeux et voulus me débattre, mais il me serra plus fort encore, empoignant à pleine mains mes cheveux pour caresser avec tendresse mon cuir chevelu... Mais je ne me défendis pas plus longtemps. Au contraire, je m'accrochais possessivement à son pull noir pour pleurer tout mon saoul. Je me sentais protéger entre ses bras. Entendre les battements affolés de son coeur me rassérénaient. Sentir sa respiration haletante me procurait une drôle de sensation au creux des reins. Son parfum avait eu raison de mon bon sens et je le serrai encore et toujours plus fort comme pour me fondre en lui. Je voulais que le temps s'arrête, pour me laisser à tout jamais dans ses bras... Contre ce magicien qui, par je ne sais quel tour de passe-passe, arrivait toujours au moment où j'avais le plus besoin de lui... Kiba.
Au bout d'un long moment, mes larmes se tarirent. Kiba relâcha un peu son étreinte pour me regarder droit dans les yeux. Mon coeur battait la chamade quand je plongeai dans son regard obsidienne. D'une main, il dégagea les mèches qui collaient mon visage humide. La caresse de ses doigts sur ma joue me fit frémir. Il m'observait, les traits de son visage marquant son inquiétude. D'un ton d'excuse, je me mis à lui expliquer :
- Je t'attendais et je me suis mise à penser à Mayumi... à ce que nous avons vu en entrant dans cette chambre, je... je...
Des larmes brûlèrent de nouveau mes yeux, mais Kiba m'intima le silence. Du bout des doigts, il effleura les lèvres tout en me fixant avec une intensité qui me mis mal à l'aise. Je me mis à penser qu'il allait m'embrasser... et j'étais disposée à recevoir ce baiser... Mais il n'en fit rien. Il me serra encore une fois dans ses bras, avant de me relâcher pour me dire d'une voix moqueuse :
- Tu es très moche quand tu pleures...
Je restai un instant pétrifiée par ses mots. Mais, lorsqu'il tourna des yeux rieurs vers moi, je compris qu'il me taquinait. J'éclatai de rire et lui assénai une grande claque sur le bras. Pour toute réponse, il se mit lui aussi à rire.
- Ça te dit pas d'entrer boire un verre, finit-il par demander en m'indiquant du menton la porte du café. Je sursautais, lançant un regard méfiant à la gueule béante de ce monstre appelé Locolotion. C'était l'un des endroits les plus branchés de Shinjuku (5). Si j'avais donné rendez-vous à Kiba en ce lieux, c'était dans un soucis pratique. Je n'avais aucunement l'intention de pénétrer en ces lieux... ou du moins pas dans cette tenue. Je portais une robe qui, bien que mignonne, n'était pas vraiment à la mode. Je jugeais d'un air critique le vêtement bleu clair que je portais. Bien cintré en haut, ma robe m'était en valeur mon buste et mes hanches puis s'évasait dans un drapé souple. Elle s'arrêtait à mi-mollet. Tout le bas était brodé en bleu indigo. Oui, vraiment, je trouvais cette robe très mignonne... mais avec un style aussi décalé j'allais me ridiculiser dans le café-bar le plus branché de Shinjuku... Je lançais un regard à Kiba, lui au moins était assez bien pour entrer au Locolotion... Il portait un jeans denim bien cintré et si usé qu'il semblait devenir jaune sur les genoux. Il avait passé un pull assez moulant à col en V. Il tenait à la main une veste en jean. Je réalisais brusquement que c'était les vêtements que nous avions acheté lors de notre premier rendez-vous... Ce qui suffit à me faire rougir. Je voulus détourner la tête pour qu'il ne le remarque pas, mais ce fut peine perdu. Il prit soudainement un air un peu ronchon et m'interrogea d'une voix devenu un peu brusque.
- Kesskia?
Réalisant qu'il avait tout à fait remarquer ma gêne, je me mis à triturer l'une de mes bretelles assez fines en serrant contre moi mon sac à main. Puis bégayante, je tentais de trouver une réponse qui détournerait son attention :
- Je... enfin... le Locolotion... je... tu vois... mes vêtements... enfin... je ne suis pas habillée pour ! Finis-je par lâcher dans un souffle.
Il me défigura, ses sourcils haussés sous le coup de la surprise. Puis une lueur douce illumina ses yeux mutins. Un sourire tendre étira ses lèvres comme une introduction aux quelques mots qu'il me dit :
- Ne t'en fais pas, tu es très belle.
Il n'en fallut pas plus pour me faire virer à une couleur violette assez soutenue. Je reculais d'un pas et crus un moment que j'allais m'évanouir. Avait-on idée de dire des choses pareils avec un sourire aussi craquant ? Faisant mine de ne pas remarquer mon soudain malaise, il me prit la main et m'amena au Locolotion.
Je me souviendrai toute ma vie du morceau qui jouait à ce moment-là. La voix douce et mélodieuse de Sting chantait avec mélancolie :
It takes a man to suffer ignorance and smile.
Be yourself no matter what they say
I'm an alien,
I'm a legal alien,
I'm an Englishman in New York. (6)
Je fus immédiatement charmé par ce chant, dont je ne comprenais que la moitié. Très vite, cette mélodie est devenue ma favorite et souvent, quand je la fredonne, je me surprend à revivre chaques détails de ce rendez-vous. Le bar était enfumé. Une puissante odeur de café planait dans l'air. Le rire tonitruant de yankees(7) au comptoir résonnait dans la salle bourdonnante comme un essaim d'abeille. Des gals en mini jupes fluos jetaient sur Kiba des regards envieux. Un garçon qui, avec ses cheveux roses vifs et son pantalon cuir, aurait pu faire partie d'un groupe de Visual Kei (8) m'avait fait un clin d'oeil. Je me rappelle même du parfum de la jeune femme qui était assise dans mon dos. Les tables étaient de bois brutes, je pouvais parfaitement y distinguer les traces des verres humides. Kiba face à moi chantonnait la mélodie de Sting en tapant le rythme du bout des doigts. Il semblait ravi, réellement heureux d'être là avec moi. D'ailleurs, j'étais moi-même plutôt bien installée face à lui. Il avait réussit à tarir mes larmes en un temps record. Il m'avait sorti de ma morosité... et j'en étais ravie.
Un serveur à la ligne élancée et aux cheveux bleus électrique s'approcha de nous, un calpin à la main. Il était percé à un bon nombre d'endroit notamment les lèvres, l'arcade sourcillière, le nez et les oreilles. Il s'approcha de nous en nous offrant un rictus parfaitement commercial mais, quand il leva les yeux vers nous, son expression se métamorphosa. Sa grimace fatiguée et forcée laissa place à un sourire réellement amusée lorsqu'il nous demanda d'un air taquin :
- Va falloir un truc fort à la demoiselle.
- Je pense aussi, rétorqua Kiba sur le même ton, sors-nous ton meilleur whisky.
- Kiba! M'indignai-je, en sursautant.
- Je plaisante Hinata! Pouffa-t-il, je suis pas sûr qu'il nous laisse rentrer au dortoir si on arrive saoûl! Qu'est-ce tu veux boire ?
- C'est toi qui paie j'espère, demanda le serveur d'un ton sévère qui n'allait pas avec son regard hilare, on fait pas pleurer une fille.
- Oh... non... je... bafouillai-je en baissant la tête.
- Je suis pas coupable ! S'emporta Kiba, moi je fais que réconforter. De toute façon c'est moi qui paie...
- Mais, Kiba! Protestai-je, c'est moi qui t'ai invité!
- Ouai, mais je paie, rétorqua-t-il de son habituel ton un peu bougon, donc tu dis à Rei ce que tu veux boire et on en parle plus.
- Rei ? Demandions d'une même voix le serveur et moi.
- Ben ouai, se mit à expliquer Kiba, avec tes cheveux bleus, tu ressembles à Rei dans Evangelion. (9)
Le baptisé Rei et moi échangeâmes un regard surpris avant de ricaner. Prise au jeu, je me mis moi aussi à embêter le serveur.
- Si cela ne vous dérange pas, je préfère vous appeler Miyavi (10), vous lui ressemblez beaucoup, surtout quand vous souriez.
- Je préfère que tu m'appelles Miyavi, avoua-t-il, lui au moins c'est un garçon.
Kiba haussa les épaules alors que je recommençais à rire, mon visage à moitié dissimulé par mes mains. Finalement, nous tombions d'accord pour baptiser le serveur Miyavi et lui commandions deux sodas. Après avoir siroté silencieusement les premières gorgées de ma boisson, je me mis à lui raconter mon drôle de week-end. Je lui exposais toute nos dernières découvertes sur cette histoire et lui annonçait le réveil de Mayumi. Je lui expliquai que Tenten était au même moment en compagnie de cette dernière et que j'espèrais de tout coeur qu'elle puisse en tirer quelques aveux. Plusieurs fois, Kiba me donna son avis. Les garçons de sa bande en avaient beaucoup discuter entre eux. Comme Gaara l'avaient déjà expliqué à Temari, ils pensaient que des filles n'étaient pas étrangères à ce coup. Pourtant, ils se demandaient quel garçons auraient acceptés de violer Mayumi et en échange de quoi. Ils avaient aussi beaucoup pensé à la tentative de suicide de la jeune fille. Ils en avaient conclue qu'elle n'étaient tout simplement pas assez forte... mais il n'était pas d'accord : quelle femme aurait les épaules assez solides pour supporter un tel secret ? Quand je lui demandai comment il pouvait si bien comprendre les femmes, il me confessa entre gêne et hilarité qu'il n'avait été élevé que par des femmes « Enfait je devrai dire des furies! » avait-il ajouté après un moment de réflexion. Non seulement il était le seul homme du foyer, mais il était le benjamin de la famille. Au bout d'un certain temps à ce traitement, il avait fini par tenter de comprendre la femme... pour sa propre survie.
Le reste de cette trop courte rencontre se déroula au gré de ses souvenirs d'enfance. Il me raconta un bon nombre d'anecdotes où ses soeurs s'amusaient à le traumatiser sous les regards amusés de sa mère et ses tantes. Il se plaisait à comparer sa famille à une tribu d'amazones où il aurait échoué par erreur. Il avait essayé de survivre de son mieux, mais il n'en était pas sorti indemne. Il me montra quelques cicatrices que les combats contre ses soeurs lui avait valu... Et ce n'était que les visibles! Sa plus belle marque de guerre était sans conteste la longue cicatrice qui lui barrait le dos. Il avait été hospitalisé plusieurs jours à cause de cette blessure, mais il n'en était pas peu fier : ce jour-là, il avait réussi à vaincre ses adversaires pour la première fois. Nous avions beaucoup ri et n'avions pas vu le temps passer. Aussi,tout juste cinq minutes avant le couvre feu de l'internat, nous quittions le bar en catastrophe. Je passai la porte, poussée par un Kiba lançant un tonitruant : « A plus Miyavi! » qui fit rire le serveur aux cheveux bleus.
Dans la rue, nous pressions le pas jusqu'à la guare, courant presque pour ne pas arriver trop tard. Nous nous décidions d'un commun accord de ne pas faire les mêmes simagrées que la fois précédante. Pour ne pas perdre de temps, nous prendrions le même train. Je frémis en regardant la grande horloge sur le quai. Les corvées nous pendaient au nez puisqu'au moment où nous nous engouffrions dans la rame, l'heure du couvre feu était passé depuis plus de cinq minutes. Je commençais à paniquer, mais Kiba me résonna. Les concierges n'étaient pas aussi sévère que nos professeurs, nous avions une heure pour arriver avant qu'ils ne sévissent réellement. D'une poigne ferme, il m'entraîna vers un coin du wagon. Nous ne pouvions nous asseoir tant l'endroit était plein. A cette heure-ci, les employés les plus tardifs regagnaient leur logis. Des lycéennes revenaient de leur virée en ville. Quelques groupes de garçons semblaient achever tout juste leur entraînement. L'atmosphère autour de nous était suvolté, les adolescents remuaient dans tous les sens et les salarymen les observaient d'un regard vitreux, exténués par leur longue journée de travail. Au milieu de tout ce brouhaha, Kiba et moi restions silencieux. Plus je l'observais, plus je trouvais à son visage un air anxieux. J'aurais voulu l'inviter à me parler, mais une boule dans ma gorge m'empêchait de prononcer le moindre mot. Il en fut ainsi de longue minutes, jusqu'à ce que, déséquilibrée par le brusque arrêt du train, une fille me bouscule et me fasse tomber droit sur Kiba. Ce dernier me retint d'un seul bras et me remit sur mes jambes, sans un mot, sans un sourire. Il me fixait intensément, puis de but-en-blanc, il me déclara :
- T'es sûr que ça va aller pour cette affaire avec Katsura...
Je fronçai les sourcils pour lui signifier mon incompréhension, aussi poursuivit-il d'une voix rendu rauque par l'inquiétude :
- Je veux dire, si tu trempes trop là-dedans, j'ai peur que ceux qui ont fait ça à Katsura-sempai s'en prenne à toi... Je ne voudrais pas... que... enfin... tu vois ce que je veux dire...
Je lui souris. Il était adorable à s'inquiéter autant. Sans trop y réfléchir, je me hissais sur la pointe des pieds et posais un baiser sur sa joue. Quand je le regardais de nouveau droit dans les yeux, il se tenait la joue, surpris par mon geste. D'une voix apaisante je lui murmurai :
- Si jamais j'ai le moindre soucis, j'appelerai mon paysan à mon secour...
Je remontai à pas lents les escaliers. Je venais de me faire réprimander vertement par la concierge. Le couvre-feu était dépassé depuis une demi heure. Il y avait des règles à respecter dans cette école, elle devrait sévir... Mais elle passerait l'éponge pour cette fois-ci car c'était la première fois... Mais que ce soit la dernière!
Après m'être excusée, j'avais fui son office le plus vite possible et regagnais ma chambre en pensant à Kiba. Avant que nous nous séparions, il m'avait fait promettre de ne pas me lancer tête baissée dans un jeu trop dangereux. Si les choses venaient à se compliquer, je devais faire appel à lui, qu'importe cette guerre filles-garçons, ma sécurité était plus importante que ces rivalités idiotes. Je lui avais promis bouleversée par ces paroles... Si Neji avait eu les même, peut-être aurions-nous été encore ensemble... Je me secouai. A quoi bon penser à Neji ? Je n'avais pas vraiment de regrets pour notre couple... j'étais juste un peu... troublée. Mon estomac se crispa, alors que je posai ma main sur la poignet de la porte de ma chambre. Je ne savais plus très bien où j'en étais dans mes sentiments. Entre Kiba qui faisait battre mon coeur et Neji qui éveillait ma tendresse... Où devrais-je me placer?
Je n'eus pas le temps de penser plus longtemps à ce problème. A peine avais-je passé le pas de la porte qu'un cri aigu m'accueillit. Je sursautai. Mon coeur cessa de battre. Je relevai vivement les yeux pour voir mes quatre amies installées au pied du lit superposé. Ino se leva d'un bond pour m'accueillir et me tira par le bras jusq'au cercle qu'elles formaient.
- T'es été passée où ? Aboya Temari, T'as vu l'heure qu'il est ? Tu sais depuis combien de temps on t'attend ?
- Je suis désolée, répondis-je en m'asseyant entre Ino et Sakura, Qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai réussi à faire parler Mayumi, annonça Tenten, sourire aux lèvres.
- Vraiment ? M'écriai-je en bondissant.
- Oui, ça a d'ailleurs été plutôt facile, avoua mon aîné un air triste traversant son visage, Mayu-chan a décidé d'arrêter ses études, elle quitte Konoha.
- Comment ? Soufflai-je, surprise par cette révélation.
- Elle ne peut pas supporter tout ça... Rends-toi compte Hinata, tout le lycée a vu ces photos d'elle... t'imagine bien tout ce qui a circulé sur elle après... Entre les propositions indécentes et les gens qui lui crachait au visage... Elle en a vite eu marre. Ces mecs lui ont volé sa virginité... ils ont baffoué son honneur, à ses yeux il n'y avait plu grand chose à protéger...
- Mais... elle... enfin... baffouillai-je au bord des larmes.
- Ces parents ont réussis à la convaincre qu'elle était toujours cette même personne valeureuse. C'est pour cette raison qu'elle rentre à Hokkaido. C'est tellement dommage... Mayu-chan voulait entrer à Tôdai, tu sais... Elle rêvait de devenir avocate. C'était une vocation chez elle, c'est pour ça qu'elle est venue à Konoha...
Je reniflai en pensant à ce rêve briser. Tenten ne pleurait pas, mais ces yeux en disait long sur l'étendu de sa douleur. Elle se mordit les lèvres et ajouta :
- Et maintenant elle va reprendre l'affaire familiale... Elle avait l'air résolue... à peine triste d'abandonner son rêve... Du coup, elle m'a tout avouer... Elle n'a pas l'intention de remettre les pieds dans cet établissement. Ces affaires vont être transférer le plus tôt possible et ses parents règlent déjà les détails administratifs.
- Elle t'a donné des noms ? Demandai-je tremblante.
J'étais à la fois excitée par une possible résolution du mystère et déçue car toutes nos recherches ne nous auraient servi à rien... J'étais apeurée et triste, je ne comprenais pas la fin de cette sordide affaire... Je fixai d'un regard suppliant une Tenten qui me sourit largement avant de répondre :
- Ton intuition était juste Hinata... il s'agit bien du club cinéma...
Je sentis mon visage se décomposer sous la surprise. Alors finalement, c'était bien eux... j'étais presque désappointée par cette réponse... car il me manquait quelque chose, une raison à tout ces monstruosités.
- Je... enfin... Tenten... qu'est-ce que...
- Mayumi n'a pas pu être réellement très claire, expliqua mon amie, ces souvenirs sont douloureux pour elle... Mais en fait... il semblerait que Mayu-chan avait bel et bien un petit ami... et le club cinéma l'aurait découvert. Ils ont commencé à la faire chanter, avec des photos qu'ils avaient pris durant l'un de leur rendez-vous. Si elle ne voulait pas que tout soit dévoilé entre son petit-ami et elle devait faire leurs quatre volontés... Ce qu'elle n'a pas hésité à faire... pour lui. Elle s'est laissée manipuler par le club cinéma pour protéger le nom de son petit-ami car il est élève à Konoha. Elle a tout accepté, par amour... mais finalement, avec la dernière série de photo, il a décidé de la quitter. C'est pour ça qu'elle s'est taillée les veines parce que sans ce garçons, elle n'avait plus aucune raison de supporter tout ça...
Je restais bouche-bée devant ces révélations. Alors toute cette histoire pour un garçon... parce qu'elle n'avait pas le droit de sortir avec un garçon de notre lycée... J'étais en colère, tellement en colère... Avant même que je puisse me retenir, mon poing s'abattit sur le sol alors que je criai d'une voix furieuse :
- C'est ridicule!
Mes amies sursautèrent et me fixèrent, sans que je ne leur prête attention...
- Elle a rien compris cette idiote de Mayumi...
Elles me dévisageaient, choquée par ma rudesse, mais j'étais trop en colère pour me soucier de leur opinion. L'amour valait-il la peine de vivre toutes ces horreurs. Pour au final n'avoir aucune récompense ? Et sa dignité dans cette histoire ? J'avais quitté Neji pour ne pas baffouer ma fierté... Mayumi tentait-elle de me donner tort par ses actes ? Puis, je repensais à ce que j'avais fait, ma première nuit à Tokyo pour ne pas perdre mon amour d'enfance... A ce moment j'aurais été prête à tout pour ne pas le perdre. Mayumi avait sûrement été dans cet état d'esprit, aussi me radoucis-je et murmurai avec compassion :
- Mais maintenant, elle a toute la vie devant elle pour comprendre.
Elles parurent rassurée de me voir de nouveau calme et douce... La Hinata qu'elles connaissaient. Pourtant une colère sourde bouillonait toujours en moi. Toutes mes questions n'avaient pas trouvé de réponses. Pourquoi ? Comment ? Qu'avaient-ils à gagner en jouant à ce jeu ? Était-ce normal qu'ils s'en sortent sans être inquiétés ? Non... Non vraiment je n'étais pas d'accord avec cette fin. Mayumi n'avait pas souffert tous ces maux pour que ces garçons s'en sortent sans soucis. Nous n'avions pas menés cette enquête pour qu'elle se finisse de manière aussi bête... Quoiqu'en dise Tenten, Mayumi ou quique ce soit d'autre... J'avais comme l'impression que tout était plus compliqué. Même si ces garçons avaient profié de Mayumi en la faisant chanter, leurs raisons me paraissaient importantes à découvrir. Aussi, je relevais des yeux déterminés vers les filles :
- Je ne vais pas en rester là. Ils vont payer cher ce qu'ils ont fait... Qui me suit ?
Pendant une franction de seconde, ce fut le silence qui me répondit. Je les fixai à la fois suppliante et résolue. Quoi qu'elles disent j'irai au bout de ma décision. Elles échangèrent un regard incrédule avant de me répondre avec véhémence :
- Mais t'es bête ou quoi, s'écria Temari, on va pas te laisser te fourrer là-dedans sans nous !
- Il te faut le soutien de tes amies, assura Ino souriante.
- Et puis on faisait une bonne équipe pour les déductions, assura Sakura.
- J'ai promis à Mayumi que j'allais leur exploser la gueule, s'écria Tenten.
Je souris ravie par leur réponse. Notre vengeance était en marche. Nous allions leur apprendre à traiter une fille de la sorte. Forte de cette décision, je me tournai mon regard vers Tenten et lui demandai :
- Mayumi t'a-t-elle donné le nom de son petit-ami ?
Un sourire carnassier apparut sur le visage de mon amie.
- Oh ! Mais tu le connais déjà...
Le lumière bleuté des néons rendait réellement insolite la peau de Temari assise à mes côtés. Je la fixai l'air passionée parce qu'elle disait, mais en réalité j'observais Hideki Renge debout à quelque mètres de là. Mon amie le savait très bien et remplissait à la perfection son rôle de « copine super bavarde » qu'on lui avait attribué. Nous étions assise dans les locaux du club cinéma depuis une demi heure déjà et nous sentions que nous étions sur la bonne voie.
Plutôt dans la journée, nous nous étions rendues toutes les deux à l'étage des dernières années pour rencontrer le président du club cinéma, Renge. Suivant le plan que nous avions articulé la veille, Temari et moi devions convaincre notre aîné de nous laisser entrer dans son club et, une fois sur place, faire tout notre possible à la fois pour enquêter sur les lieux et nous faire remarquer par les garçons... Ce qui en soit ne fut pas bien difficile. Renge n'avait pas fait beaucoup de manière pour nous inviter à une première réunion, « pour vous informer sur nos activités » avait-il déclaré. Bien sûr nous avions accepté en minaudant, ce qui sembla lui plaire. Jouer les idiotes nous permettait de ne pas éveiller leur soupçons... et j'étais étonnée de voir à quel point c'était efficace.
La salle de réunion du club cinéma était divisée en deux espaces. Le premier, celui par lequel nous entrions servait à la fois de bureaux, de salle de conférence, de salle de cours et d'entrepôt. La pièce n'était pas très grande. Au beaux milieux, des tables disposées en cercles étaient recouvertes de papiers griffonnées de croquis et quelques notes, de livres traitants de la lumière ou des différents types de matériels. Quelques magazines et catalogues de photographie et de cinéma traînaient aussi çà et là. Sur l'un des murs, un tableau noir était rempli de formule et de croquis illisibles. Renge nous expliqua que, malgré son nom, le club ne faisait pas que du cinéma. Il touchait aussi à la photographie, non seulement numérique, mais aussi argentique. Toutes ces formules aux tableaux étaient des rappels des dosages pour les produits de développement et de tirage. Une armoir à demi-ouverte laissée apercevoir son contenu, des sacs noirs dont on devinaient facilement la teneur. Le rouquin nous fit un inventaire de leur bien. L'école avait investi dans un matériel audio-visuel assez important... Allant de la petite caméra numérique de base au caméra professionnelle qui pourraient filmer « un grain de beauté sur une arête du nez sans le moindre soucis » avait précisé Renge, hilare. Il y'avait bien sûr tout un panel d'appareils photo, allant des numériques derniers cri en passant par les argentiques qui, étant considéré comme des objets de collections, valaient une fortune. Enfin, dans un coin, sur une grande table trônait un matériel de montage vraiment impressionnant. Depuis la télévision de visualisation en passant par un magnétoscope d'acquisition très récent qui traitait les données numériques et un plus ancien qui datait d'au moins dix ans et ne lisait que l'analogique. Ce bel ensemble était compléter par trois ordinateurs, des Macintosh, connus pour leur précision dans le domaine du graphisme et leur grande qualité des images numériques. Au fond de la pièce, une porte étanche à toute lumière nous menait au second espace : le studio.
C'était un endroit rendu parfaitement sombre pour des besoins techniques. Des planches obstruaient les lucarnes, des jointures de plastiques avaient été ajoutées à toutes les portes. La pièce était totalement close... et d'ailleurs sentaient le fauve. Il y avait dans l'espace un beau désordre. Un peu plus petite que le salle précedente, elle était encombrée par du matériel de qualité. Un certain nombre de spot de qualité était monté sur des pieds amovibles. Des mandarines traînaient sur le sol, une girafe longeait le mur latéral, de grands fonds noir et blanc étaient posés sur les façades, des armoirs vomissaient pêle-mêle le petit matériel comme les nids d'abeille, les câbles de flash ou les filtres de couleurs diverses... Je pourrai m'étendre encore longtemps sur leurs possessions impressionnantes pour un club de lycéens, je me souviens des moindres détails, comme-ci hier encore je me promenais dans ce studio... Temari et moi avions appris par coeur la dispositions des lieux, pour la réalisation de notre plan.
Enfin, Renge nous entraîna vers une petite porte à moitié dissimulée derrière un écran au proportion impressionnante. Il nous fit entrer dans un sasse parfaitement sombre :
- Comme on est plusieurs à bosser, ce sasse sert à éviter les entrées de lumière, ça peut abîmer la pellicule si on ne l'a pas encore développée ou brûler le papier photo. Du coup, pour entrer ou sortir, on doit s'assurer que les portes sont bien fermée en cognant comme ce ceci, expliqua Renge en faisant une démonstration sur la porte.
- Brûler le papier ? Répéta Temari, faisant une grimace, totalement prise dans son jeu.
Renge se mit à lui expliquer que, lorsqu'on travail en argentique, pour passer la photo de la pellicule sur du papier, il était encore une fois une question de lumière. Les négatifs sont enfait des filtres qui dose la lumière qui tombera sur le support : le papier photo... Le papier est donc sensible à la lumière, elle brûle plus ou moins le support créant ainsi le dessin... mais entrons, entrons, nous comprendrions mieux... Il nous fit pénétrer dans le laboratoire exigu. J'étais interloquée. Je découvrais un Renge très différent de ce que j'avais imaginé. Nous seulement, il était sympathique et drôle, mais en plus, il semblait passionné par ce qu'il faisait. La photo, le cinéma,... toutes ces notions ne semblaient avoir aucun secret pour lui, et par-dessus le marché, il aimait transmettre cette passion. Il avait captivé ma petite Temari qui en oubliait presque d'observer l'environnement. Il était entrain de nous entretenir sur les différents bains qui permetter de réveler la photo sur le papier : le révélateur, le rinçage, le fixateur, le rinçage et enfin un bon lavage bien long. Il fit tester à Temari les agrandisseurs (11) pendant que je jetai des coups d'oeil régulier à la bande de garçon qui nous suivait. Ils me faisaient bien plus peur que Renge. Ils nous observaient avec une sorte de gourmandise malsaine dans les yeux... ce qui m'effrayait. Je voyais leur regard s'attarder sur les volants de notre marinières trop courtes, nos cuisses, notre poitrine révélée par un chemisier léger... chaque centimètre de peau était passé au scanner... J'étais de plus en plus mal à l'aise. Je me retournais vers Renge pour oublier ma gêne.
Plus les minutes passaient, plus je me rendais compte que j'avais peut-être jugé trop rapidement ce garçon. Au delà de son physique de bellâtre-surfer-raté et de son air suffisant, il paraissait vraiment gentil. Il parlait avec beaucoup d'humour et de subtilité, ce malgré sa voix aux accents faussement sarcastisques et ces mots parfois un peu crus. De plus, ces clichés dénotaient une sensibilité incroyable. Il nous avait montré un certain nombre de ses clichés. Il travaillait exclusivement à l'argentique et de préférence en noir et blanc. Il me fallut un long moment pour reconnaître des coins de Tokyo que j'avais déjà vu. Sa lumière était si étrange, totalment irréelle, qu'elle transformait l'endroit lui donnant une autre dimension... une dimension rêvée. Ses portraits étaient splendides, le sourire de ce garçon, les larmes de cette fille, la tendresse entre ce vieil homme et son petit-fils... toutes les émotions étaient palpables, pourtant, ces gens ne semblaient plus tout à fait humain. Ils étaient transcendés par la lumière que Renge avait capturé à ce moment. J'étais charmé par ces images, par ces défauts qui rendaient si beaux les gens qu'il avait croisé et rendu immortelle par une simple photo... Comment un si bon photographe aurait pu être un pervers violeur ? Je me mettais à douter et de nouveau, je me posai une question importante : n'avait-il pas été manipulé ? Il était si drôle, si sympathique, si sensible... tous mes préjugés s'étaient envolés au fil des deux heures que nous avions passé à l'écouter. Pourtant, je savais que lui et tout son club étaient coupable, Mayumi nous l'avait clairement dit. Je ressentis un pincement au coeur, même un garçon si sensible pouvait faire de tels horreurs ? C'était incensé... C'était injuste...
Nous quittions le club cinéma un quart d'heure plus tard, des papiers d'inscriptions au mains et le sourire aux lèvres. Temari eut la première à parler :
- Il est sympa...
- Je sais...
- C'est presque bizarre cette histoire...
- Je sais...
Un silence que je ne notais pas s'installa. J'étais dans mes pensées et j'écoutais sans entendre les mots que prononçaient mon amie. J'étais tellement plongée dans mes conjectures que je ne faisais plus attention à rien...
- Je vais t'embrasser...
- Je sais... QUOI!!!
Je fis un bond de côté pour m'éloigner d'elle, alors que Temari éclatait de rire. Pliée en deux, les bras serrées sur son abdomen, elle pleurait tant son hilarité était puissante. Rouge, je la dévisageai en me maudissant de m'être laissée avoir par sa blague stupide. Elle se redressa difficilement en soufflant et se mit à hoqueter, pas encore tout à fait calmée.
- S.. Si.. Si tu voyais ta tête.. Ah.. Hihi!!! C'est excellent!!!
- Tu m'as fait trop peur... murmurai-je mi-furieuse, mi-embarassée.
- Je m'en doute, pouffat-elle haletante, mais tu m'écoutais pas...
- Si... si je t'écoutais, assurai-je d'un air grave, mais je me pose des questions Temari...
Le ton de ma voix la calma instantanément. Elle fronça les sourcils et d'un regard m'invita à préciser ma pensée.
- Je me dis qu'au fond l'histoire est plus compliquée que l'on croit... Mayumi n'en connaît peut-être que la surface...
- Peut-être Hinata... peut-être que quelqu'un a monté tout ça... que le club ciné n'a fait qu'exécuter des ordres... mais même dans ce cas ils sont coupables...
- Je ne dis pas le contraire...
- Pour le moment, occupons-nous de ces pervers un point c'est tout.
Assise au fond de la classe vide, j'attendais mes amies. Les cours étaient finis depuis un moment déjà et elles s'étaient toutes rendues à leur club respectifs. Généralement, à ces heures-ci, j'étais déjà rentrée au dortoir pour avancer mes devoirs en attendant qu'Ino rentre. Mais ce jour-là était différent.
Nous avions visité le club cinéma depuis deux jours et depuis nous n'avions pas beaucoup agi. Nous savions exactement ce que nous avions à faire, mais avions attendu le bon moment. Une autre personne méritait une correction pour la peine qu'elle avait fait à Mayumi Katsura. De plus elle pouvait nous en dire un peu plus sûre les problèmes de la jeune fille et nous comptions bien l'interroger le soir-même.
Nous avions longuement parlé de Renge, de son club, de mes doutes... mes amies avaient vite fait de les écarter. « Ils ont violé Mayumi, avait crié Tenten, ce sont des salauds et ils n'ont eu besoin de personne pour être des salauds! » J'avais donc tû très rapidement mes conjectures et m'étais rangée de leur côté... un peu à contre coeur, je l'avoue.
Soudain, la porte de la classe s'ouvrit sur une Ino à l'air soucieux. Elle s'approcha de ma place à grandes emjambées et s'assit en face de moi. Elle plissa un moment sa jupe avant de me demander sans me regarder dans les yeux :
- Si je te dis que Mayumi avait de gros problèmes avec les Sweet Girls...
Elle leva vers moi un regard entendu... Je la fixai surprise... Comment Ino faisait-elle pour toujours si bien me comprendre. Elle avait deviné que je n'avais pas totalement abandonné mes doutes sur un possible manipulateur de l'ombre.
- Je te demanderai de tout me raconter en détail, murmurai-je au bout d'un moment, curieuse d'en connaître plus.
- Il semblerait qu'elles se soient disputées... Enfin, ça a commencé par cette ganguro dans la classe de Tenten... Elle reprochait à Mayumi de trop coller Renge... J'ai appris par mes sempais d'Ikebana que les Sweet Girls avaient formé le « fan club d'Hideki »(12). Le fait que Mayumi et Renge soient proches les agaçait... Mayumi a eu quelques coups bas de la part des Sweet Girls. Elle s'est fait coincée dans les toilettes, arrosées d'eau sales, sans oublier le traditionnel shampoing parfum WC... Il y a eu les punaises dans les chaussons, les lettres de menaces dans le casier...
- Toute la panoplie classique de l'Ijime en gros... rétorquai-je en me mâchonnant la lèvre inférieur.
- Oui... mais Mayumi a tenu bon. Elle est restée au club audio-visuel, n'a jamais fui Renge quand il venait la voir... ils travaillaient souvent ensemble, Genma Shiranui-sensei, le prof responsable du club audio-visuel, leur collait des projets en duo... ce qui n'a pas dû arranger l'humeur de ces bécasses du Sweet Girls... Et si ça avait été trop loin ?
- Et si... répétai-je soucieuse, avec des si on peut construire un monde, ajoutai-je en lui offrant un sourire complice.
- Oh mais je sais... ce n'était qu'à titre informatif... rétorqua-t-elle d'un ton faussement dégagé.
Nous nous sourions avant d'éclater de rire. Nous nous étions parfaitement comprise, nul besoin d'en dire plus. D'un commun accord, nous quittions la classe et descendions dans la cour. Les trois filles manquantes nous y rejoindraient après leurs clubs. Nous les attendions dans le silence le plus total.
Tenten fut la dernière à nous rejoindre. Le club de combat FreeStyle dirigé par Anko-sensei finissait toujours en retard. Elle arriva en maudissant cette « saleté de prof sadique » et se massant l'épaule. D'après ce qu'elle nous raconta, Anko-sensei l'avait violemment plaqué au sol parce qu'elle avait frappé un garçon un peu trop virulent dans ces propos... Quand elle se fut un peu calmée, je les réunis autour de moi et dis à voix basse :
- Bon vous vous rappelez de votre rôle à toutes ?
Elles acquiesçèrent de concert :
- Vous n'oubliez pas Sakura et Ino, même si vous le frappez pas, jouez les gros durs... faîtes lui peur...
- T'inquiète pas, assura Ino, on fera bien notre boulot.
- Bien... Tenten, tu es sûre de tes infos... il est bien seul.
- Certaine, t'inquiète, il est toujours le dernier a quitté son club...
- Bon, dans ce cas on y va...
D'un pas assuré, nous nous dirigions vers le bâtiment des clubs. A Konoha, un immeuble entier avait été dédié aux activités extra-scolaire. Il regroupait des club qui accueillait les élèves depuis le primaire jusqu'au lycée. Ainsi, jamais les salles de classe n'étaient déteriorées par les activités des élèves et ils avaient un endroit stable où stocker leurs matériels. Ce fut dans ce grand bâtiment, rendu silencieux par la fin des heures de club, que nous pénétrions d'une démarche conquérante. Nous remontions les escaliers jusqu'au quatrième étage et nous arrêtions devant la salle du club d'informatique. Après avoir lancé un regard entendu à mes amies pour m'assurer qu'elles étaient prêtes, je poussai la porte coulissante. Il était là, assis face un ordinateur, pas troublé le moins du monde. Je l'observais avec attention... Ce visage que je connaissais déjà était parfaitement concentré. Sa silhouette un peu replète était voutée face à la machine. Ses cheveux habituellement coiffés à la perfection était légèrement en bataille, comme s'il avait passé plusieurs fois passé sa main dedans. Ses lunettes carrées tombaient un peu sur son nez, accentuant l'air fatigué qui était commune à toute son apparence.
- Bonsoir Kikuchi-sempai, déclarai-je d'une voix avenante, sourire aux lèvres.
Il sursauta légèrement et leva vers nous son regard glacial. Ils nous détailla un moment avant de demander de sa voix que me parut plus épineuse que jamais :
- Bonsoir, que puis-je pour vous ?
- Ooooh, teeellement peu, sempai, répondit Temari d'une voix envoûtante.
Tenten et elle me dépassèrent pour se diriger vers lui. Je souris tout commençais plutôt bien. Je leur emboîtais le pas. Les deux jeunes femmes empoignèrent chacune un bras de Kikuchi et le soulevèrent brusquement. Elles le plaquèrent avec force contre le mur le plus proche. Souriant avec gentillesse, je me plaçais face à lui, les bras croisés sous ma poitrine. Ino et Sakura nous rejoignirent. Elles se postèrent derrière moi, arborrant, comme prévus, des masques assez terrifiants. Quiconque ne les connaissant pas aurait pu les confondre avec de véritable voyous. Kikuchi protestait avec véhémence, assurant que nous allions le regretter, qu'il se plaindrait au professeur, qu'il allait nous faire renvoyer... Il avait déjà peur, nous avions gagné. Je pris mon air le plus innocent et doux pour lui répondre d'une voix pleine de mièvrerie :
- Vous ne feriez pas ça sempai, quand même...
- Parce que je vais me gêner ? S'écria-t-il fou de rage, vous m'agressez alors que je ne vous connais même pas...
- Moi je ne pense pas que vous le ferez, dis-je d'une voix douce et enfantine.
- Ah oui ? Et pourquoi donc ?
Je lui souris innocemment, alors que Sakura et Ino ricanèrent à point nommé. D'un geste vif, je lançai mon poing vers lui. Durant la franction de seconde que dura ce geste, je vis toutes les couleurs de l'arc-en-ciel passer sur son visage décomposé. A la dernière seconde, je déviai mon coup et frappai le mur à quelques millimètre de son visage. Je l'avais senti, ma main avait frôlé sa joue, de plus son oreille avait rougi comme fouettée par la volée qui l'avait loupé. A présent, il me fixait bouche-bée. Mon visage n'était qu'à quelques centimètres du sien et je gardais cette mine de petite fille timorée à qui on aurait donné le bon dieu sans confession. Je lui souris en me redressant. Ostensiblement, j'effleurais sa joue de cette même main qui avait failli le frapper. Il paraissait plus nerveux, mais ne se laissa pas impressionner.
- Ce sont des menaces! Hurla-t-il, Oh ! Mais ne vous gênez pas les filles, frappez-moi! Vous aurez tous les tords ! Je pourrais avoir envie d'alerter les professeurs ! La violence scolaire quel plaie. Ou encore envoyer tous les garçons du lycées sur votre dos, je les ai tous à ma botte ! Ils ne vous...
- Tu peux pas la fermer, aboya Temari en lui assénant une tape sur la tête.
- T'es saoûlant ! Ajouta Tenten en lui mettant une petite giffle.
- Si c'est pas une honte, grogna Ino, se cacher derrière les profs...
- Et il se vante de tenir les mecs à sa botte ? Pouffa Sakura,
- Ça m'étonnerai beaucoup, répondit Ino, un faiblard comme lui ? Il tiendrait pas tête à Sasuke !
- Tu connais Sasuke, dans notre classe ? Demanda Sakura plus comme une menace que comme une véritable interrogation, il est connu parmi les premières années. Populaire, mignon, il est considéré comme le chef des garçons...
- Et ben notre petit Hina-chan l'a mis au tapis... termina Ino
Il posa sur moi des yeux exhorbités alors que je me mettai à minauder :
- Oh, mais non... Arrêtez-vous aller me faire rougir ! Ce n'était pas si dur...
Il me fixait comme si j'étais un monstre. Je voyais les rouages de son cerveau s'emballer. Comme une demi-portion comme moi avait pu venir à bout du Sasuke Uchiwa que même les dernières années respectaient. Au bout d'un certains temps, il se mit à rire, peu assuré, mais voulant visiblement nous impressionner.
- Vous croyez me faire peur avec vos menaces ? Arrêtez un instant votre cinéma et faites attention à qui vous parlez !
Nous le fixions un moment, interdites, puis lui échangions des coups d'oeil incrédules avant d'éclater de rire.
- Toi, fais attention à qui tu parles ! Susurra Temati.
- Vous ne croyiez tout de même pas que nous comptions sur ses menaces pour vous faire parler sempai, répondis-je d'un ton mutin, nous avons beaucoup mieux...
- N'importe quoi... ça suffit maintenant lâchez-moi.
Il tenta de se débattre mais, faisant preuve d'une force incroyable, ses deux tortionnaires le plaquèrent à nouveau au mur, si violemment cette fois-ci qu'elles lui arrachèrent une exhalation de douleur. Sakura et Ino derrière moi lâchèrent un rire mauvais qui collait plutôt bien à la situation, elles étaient parfaites dans leur rôle. De mon côté, je poussai un soupir déchirant alors que, adoptant une attitude féline, je me rapprochai de lui.
- Les menaces ne marchent sempai ? Et le chantage ? A votre avis, le chantage marchera-t-il?
- Chantage... répéta-t-il sans comprendre.
- Nous savons que vous sortiez avec Mayumi Katsura...
Il blêmit. Je vis nettement son corps de se relâcher, n'opposant plus aucune résistance à la pression qu'exerçait Tenten et Temari. Il était vaincu... Encore un tout petit peu et nous ferions de lui ce que bon nous semble. Je me remis à parler gardant toujours ma voix douce et calme, je savais qu'il n'y avait pas besoin d'être menaçante pour lui imposer notre loi, être cordiale en tenant des propos hostiles était la meilleure solution. Ainsi, nous le ferions craquer et regretter les larmes qu'il avait volé à Mayumi.
- Je pense que ça ne plairait pas aux garçons que vous... tenez à votre botte, terminai-je d'un ton légèrement moqueur...
- Tss, siffla Ino, avec cette guerre qui nous divise...
- Pas bon pour ta réputation, conclut Temari en caressant les cheveux de sa victime.
- MAIS MERDE QU'EST-CE QUE VOUS VOULEZ A LA FIN!!!! s'écria Kikuchi perdant une fois pour toute son calme et son assurance orgueilleuse.
- Pourquoi ? Demandai-je de but-en-blanc, Pourquoi avoir quitté Mayumi au lieu de la soutenir au moment où elle en avait le plus besoin ?
- Je vous comprends pas... murmura-t-il épuisé, pourquoi vous faites tout ça?
- Parce que Mayumi est ma plus ancienne amie, rétorqua Tenten en colère.
- Parce qu'elle ne méritait pas tout ce qui lui est arrivé, dis-je avec calme.
- Merde, souffla-t-il, vous me faîtes chier !
Mon sang ne fit qu'un tour. Sans plus réfléchir, je lui plaçais un bon uppercut dans l'abdomen... pas trop fort tout de même, il ne fallait pas que le fils à papa perde connaissance. Surpris, il toussa sous la douleur et lâcha tout son poid dans les bras de Tenten et Temari qui ployèrent pour ne pas le laisser tomber. Elles le ramenèrent encore une fois contre le mur. Dans mon élan, j'attrapai le cou massif du garçon face à moi et susurrai avec une sensualité et une douceur qui ne cadrait pas avec mes propos :
- Vous voyez Kikuchi-sempai, Mayumi-sempai a tenté de se suicider parce que vous l'aviez abandonné. Elle a supporté toutes les brimades pour vous... et vous la laissez tomber ? Juste pour ça, je pourrai avoir envie de vous tabasser et aller crier partout votre relation avec elle...
- Mais merde, rétorqua-t-il d'une voix tremblante, oui j'ai quitté Mayumi mais que savez-vous de mes raisons ?
- C'est ce que nous vous demandons, sempai. Donnez-nous vos raisons, déclarai-je avec lenteur, articulant comme si je m'adressai aux derniers des abrutis.
- Je suis l'héritier de la plus grosse société du Japon, je suis déjà fiancé. J'ai flirté avec Mayumi parce qu'elle était mignonne et même si j'ai été sérieux, je ne pensais pas au long terme. Mais apparemment Mayumi a rien capté. Elle m'avait pas dit pour ces connards du club ciné, c'est eux qui m'ont contacté. Ils m'ont envoyé un mail, y'avait des photos de Mayumi et moi et le lien vers cette vidéo qui a circulé dans l'école. Ajoutez à ça les photos qui avaient déjà fait autant de remue ménage... J'ai pris peur... j'ai eu peur que ma relation avec Mayumi s'ébruite et qu'elle arrive aux oreilles de ma fiancée. Alors j'ai pas refusé de payer le club ciné et j'ai immédiatement rompu avec Mayu... mon avenir est plus important qu'une fille de rien.
Ma main partit toute seule. Je le giflai avec tante de force que ses lunettes volèrent au sol. Je serrai le poing, folle de rage. Je vis les mains de Tenten se resserrer sur le bras de cet imbécile. Il était répugnant. De quel droit se jugeait-il plus important que Mayumi Katsura ? J'étais remué au plus profond de moi. Mayumi avait donné tout son amour à un garçon qui ne le méritait pas. Il me fallut respirer un long moment avant de parvenir à me calmer et entrer à nouveau dans mon rôle...
- Je veux voir ce mail, déclarai-je.
- Parce que tu crois que je l'ai gardé ! S'exclama-t-il riant presque, trop risquée ça ma petite, Mayumi est bien mignonne mais je ne veux pas prendre de risque pour elle... J'ai un avenir à assurer. Je me suis débarassé du mail immédiatement après l'avoir lu.
-Donc le club cinéma vous a réclamé de l'argent... contre son silence je suppose !
- Contre quoi d'autre... cracha-t-il avec dédain.
- Doucement mon grand, ordonna Temari en le secouant avec agressivité.
- Tu es une honte pour la gente masculine ! Déclarai-je ne cachant plus mon dégoût derrière des mots mielleux et des sourire composée, tu ne méritais pas une fille comme Mayumi-sempai ! Tu ne mérites même pas qu'on s'occupe plus longtemps de toi... Le club cinéma paira ce qu'il a fait à Mayumi-sempai, tu n'as qu'à retourner avec ta fiancée...
Je tournais les talons et me précipitai hors de la salle du club d'informatique. J'entendis le son caractéristique d'un claque très violente suivit d'un grognement de douleur. Puis je franchissais la porte. Je redescendais à tout allure, fuyant ce monstre d'égoisme. Il me fallait m'y retrouver dans mes pensées, assembler les pièces du puzzle...
Photos des vestiaires...
Nues de Mayumi Katsura...
Photos du viol...
Vidéo du viol...
Les rumeurs...
Jiraya-sensei...
Sweet Girl...
Hideki Renge...
Takeru Kikuchi...
Couple...
Chantage...
Abandon...
Suicide...
Rien...
Rien ne me venait à m'esprit à part ma colère, ma déception. Comment pouvait-on être si cruelle ? Et nous les filles comment pouvions-nous devenir si bête quand il s'agissait d'amour ? Les garçons étaient-ils si faibles que nous quand ils tombaient amoureux ? Pouvaient-ils comme nous fermer les yeux sur tout et n'importe quoi ? Pouvaient-ils oublier leur instinct de protection face à l'objet de leur affection ? Je me sentais si idiote et faible... Épuisée par ma course, je m'arrêtai et m'appuyai contre un mur. Inconsciemment je regardais ma main, celle qui avait frappé le mur quelques instant plutôt. Elle était rouge et mes phalanges étaient meurtries. Je me mis à les caresser du bout des doigts. Mes pensées me ramenèrent à Mayumi. Je comprenais tellement bien ses sentiments et je ne les approuvais pourtant pas. Des larmes roulèrent sur mes joues. Je ne pouvais pas accepter tout ce qui était arrivé. Je n'arrivais pas à accepter que Takeru Kikuchi ne souffre pas au même titre que Mayumi-sempai. Je soupirai lâchant un passage un lourd sanglot. Mais même si Kikuchi avait blessé sa petite amie en la quittant, nous ne pouvions pas le punir, car il ne s'agissait pas d'un crime en soit. Tout ceci était tellement injuste... Le club de cinéma pairait au centuple... Il pairait pour tout ceux qui avait fait du mal à Mayumi et que nous ne pourrions jamais chatier directement.
Quand les filles arrivèrent enfin à me rattraper, elles m'entourèrent, tentant de me calmer mes larmes. Doucement, avec gentillesses, elles me demandaient ce qui n'allait, ce qu'elles pouvaient faire pour moi, de ne pas me faire de soucis, de tout leur dire, sans le moindre remords. Au bout de quelques minutes, quand je pus enfin calmer un peu ma voix, je croassai de ma voix enrouée par les pleurs :
- J'ai mal à la main...
Je remontais à pas lents, les escaliers jusqu'à ma salle de classe. Je revenais de mon cours d'Arts, dispensé par Kotetsu-sensei, un homme bizarre au cheveux hirsute et au nez toujours dissimulé par un bandage. Il avait un sens de l'humour bien particulier et aimé nous piéger avec des casses-têtes irrésolubles. Nous avions travaillé en extérieur ce jour-là, nous nous étions baladé à Shibuya pour dessiner des paysages urbains. La plupart de mes camarades de classes se dispersaient déjà, certain allant à leur club ou à la bibliothèque, d'autre retournant au dortoir. Mais moi, je retournais vers notre salle de classe où Kakashi-sensei m'avait demandé de le retrouver.
Un peu avant la première heure de l'après-midi, un élève était venu m'aborder pour me passer le message de mon professeur pricipal. Il s'agissait d'un sujet très important, Kakashi-sensei m'attendrait donc aussi longtemps qu'il le faudrait. Je me demandais ce qu'avait à me dire cet épouvantail. J'avais beau réfléchir, je ne voyais rien de bien important... à part paut-être notre « entrevue » avec Takeru Kikuchi. Il y avait déjà preque une semaine que nous l'avions légèrement bousculée dans sa salle de club. Depuis, c'était le calme plat. Temari et moi étions retournée une ou deux fois au club cinéma et nous y étions même inscrite. Renge se montrait particulièrement attentionné avec nous, il nous avait donné des cours personnels pour rattraper tout ce que les membres plus anciens savaient déjà. Nous avions manipulé la plupart des appareils photos, vu un peu les principes du développement et du tirage, mais même dans le noir, aucun des membres du club n'avaient eu un geste déplacé.
Je soupirai en m'arrêtant devant la porte de la classe. Je savais que je voulais venger Mayumi. Je savais aussi à quel résultat je voulais arriver... mais je ne savais pas quel chemin emprunter pour y arriver... Je poussai le pan coulissant de l'ouverture et eut la surprise de voir Kakashi-sensei, assis au bord de la fenêtre, son habituel bouquin pour pervers à la main. Il leva les yeux vers moi et sourit, ou du moins, ce que j'avais eu l'habitude d'identifier comme étant un sourire : quelques rides d'expression au coin de ses yeux, une lueur amusée au fond de la pupille... avec cette manie qu'il avait de se cacher le visage je n'étais jamais sûre de rien. Il me fit un signe de tête et déclara :
- Je t'attendais Hina-chan.
Je me retins pour ne pas lui faire ravaler son « Hina-chan » et demandai d'un ton neutre et courtois :
- Vous désiriez me voir, sensei?
- Ouaip ! Approche ! Dit-il en me faisant signe de venir vers la fenêtre.
Pour ne pas paraître insolente, je lui obéis. Il m'invita à m'asseoir au bureau le plus proche, puis y posa son livre. Je pus observer la couverture. Une femme, dotée d'arguments fort convaincant, courait dans une prairie poursuivit par un homme au sourire prédateur. Doté de couleurs criardes, le titre s'étendait sur un bon dizième de l'espace : « Icha Icha Paradise » suivit de près par le nom de son auteur : Jiraya. Je soupirai, dire que notre professeur de littérature était enfait l'écrivain qui vendait le plus de roman pervers de tout le pays.
- Dès que je t'ai vu j'ai su que tu allais me coser du soucis, déclara Kakashi-sensei, me tirant de ma contemplation.
- Comment ça ? Répliquai-je légèrement surprise.
- Parce que tu es belle. Les belles femmes causes toujours des soucis...
J'entrouvris les lèvres sous la surprise. Je le dévisageai, cherchant la moindre trace de plaisanterie dans son regard... Mais il était sérieux et il commençait à me faire peur. Pour ne pas laisser transparaître mes craintes, je lui lançais mon regard le plus froid et demandais d'un ton condescendant qui ne m'allait pas :
- M'avez-vous fait appeler pour débiter de tels anneries ?
Il me fixa, presque pas surpris par ma réplique cinglante et eut une sorte de petit rire sans joie.
- Pas vraiment non, dit-il, Bon Hina-chan, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je sais que tu prépares un sale coup au club de cinéma...
- Comment ? Parvins-je à articuler, trop surprise pour tenir un discour plus soutenu.
Le professeur soupira. Il resta un moment en silence, aillant l'air de chercher comment m'annoncer la chose. Au bout d'un long moment il poussa un second soupir, las et déclara d'un ton sec :
- Kiba
« Il m'a trahi ! Il m'a trahi ! Il m'a trahi ! » fut ma première pensée. Kiba m'avait trahi, il m'avait dénoncé au professeur, depuis le début il me trompait. Tout n'était qu'un coup monté... Puis, un détail me revint à l'esprit. Je n'avais pas parlé à Kiba de mes projets pour le club cinéma. Je ne l'avais pas vu depuis que Mayumi nous avait tout avoué et il ne savait absolument rien de l'évolution de l'affaire. Il n'aurait pas pu me dénoncer à Kakashi... alors comment ? Je fronçais les sourcils pour l'inciter à s'expliquer. Il se lança après avoir poussé un énième soupir...
- Autant être honnête... les appareils photos dans les vestiaires, c'était mon idée.
Je le fixai, perplexe face à cette révélation. Mon professeur, qui se rendait coupable de voyeurisme, était entrain de me l'avouer... où se trouvait l'erreur. Il poursuivit après une courte hésitation.
- J'avoue, Jiraya, Gai et moi... ben on est tous de vieux pervers. On avait envie de jolies photos de jeunes filles bien fraîches... alors on acheté ces appareils...
- Mais... mais... enfin, balbutiai-je destabilisée, comment ? C'est... C'est...
- Très facile pour des profs, on a, à peu près, toutes les clés... plus facile d'entrer comme ça... Jiraya est venue me voir après que tes copines et toi soyez venus faire votre numéros. On a tous été surpris d'apprendre que Mayu-chan a tenté de se suicider à cause nos photos, on ne voyez pas trop comment elle aurait pu savoir, puisque tout ça est toujours resté entre nous. J'ai un peu questionner les garçons à propos de Mayu-chan. C'est Kiba qui m'a mis la puce à l'oreille. Un peu comme toi, il a gaffé et m'a parlé de ce qui a circulé sur Mayu-chan... en passant par les photos des vestiaires. Du coup, je me suis un peu inquiété. Gai a très vite déduit que le système avait été piraté... Du coup je me suis dis que ça serait pas mal de me faire aider. J'ai mis Shikamaru et Kiba sur le coup.
- Shikamaru et Kiba ? Répétai-je surprise par ce drôle de duo.
- Shikamaru est un génie de l'informatique, quand à Kiba il a de bon contact avec les autres années grâce aux club de basket et à sa grande gueule. Shikamaru a très facilement remonté la filière, il a vite compris comment on avait été piraté. Ce n'est pas notre base de donné qui avait été visé, mais la source même, les appareils photos et les câbles intranets et ces recherches l'ont mené jusqu'au club cinéma. C'est là que Kiba, qui était mes yeux et mes oreilles dans les couloirs du lycée a prononcé ton nom. Il était vraiment pas rassuré car tu t'es acoquiné avec ce club et particulièrement Hideki Renge. Dis-moi si je ne me trompe Hina-chan, tu n'en as rien à foutre du cinéma...
Je m'étais peu à peu remise de ma surprise. J'avais assimilé peu à peu les informations. Kakashi était un voyeur. Gai un obsédé à la english touch. Quand à Jiraya c'était le roi des pervers. Deux des garçons de ma classe étaient maintenant impliqués dans cette histoire et nous avions la preuve tangible que les images du vestiaire venait très certainement de Renge et sa troupe. Pour couronner le tout, Kakashi-sensei se mêlait de mes affaires... Je lui adressai un petit rictus ironique avant de répondre d'un ton plein de défi :
- Bien vu...
- J'en étais sûr, reprit-il fatigué, tu t'es rapprochée de Mayu-chan ces derniers temps. Si le club photo est derrière le coup des vestiaires, j'en ai déduit en voyant la qualité des quelques clichés rescapés, qu'ils étaient aussi à l'origine des saloperies qui circulaient sur elle ces derniers temps. Autant dire qu'ils l'ont poussé au suicide.. et tu veux la venger.
J'étais étonnée qu'il soit si vite arrivé à ses conclusions alors que nous avions tant peiné. Sans me démonter, je gloussai d'un air hautain très étudié :
- Belle imagination.
- Te fous pas de moi, rétorqua-t-il d'un ton calme, je pourrai te mettre des bâtons dans les roues. Comment as-tu su pour le cinéma ?
- Mayumi-sempai l'a avoué à Tenten une fois à l'hôpital, mais je ne vois pas pourquoi je vous le dis, cette info ne vous servira à rien sensei.
- Et pourquoi ça ? Demanda-t-il en haussant les sourcils.
- Vous ne pouvez pas me mettre de bâton dans les roues, assurai-je d'un ton calme, un sourire angélique sur les lèvres, Si vous tentez quoique ce soit contre moi, je vous dénonce à la directrice, pervers !
- Penses-tu ! s'exclama-t-il soudain hilare, j'ai un moyen de te faire taire.
Mon coeur fit un bond phénoménal et mes premières pensées allèrent vers Kiba. Je me calmais bien vite, comment aurait-il pu savoir. Gardant mon air de petite fille irréprochable et gentille, je lui dis :
- Je n'ai rien à me reprocher...
- Vraiment ? Alors si le lycée entier apprend que tu vis une relation incestueuse avec ton cousin ça ne fait rien ? Si en bon professeur inquiet de ses élèves, je préviens ton père, ce n'est pas important.
Sans y penser, je me levai et le giflai. Il ne réagit pas. Les larmes aux yeux, je le fixai. Il était si proche de moi à présent que je pouvais voir les moindre détails de son visage. Ma claque avait d'ailleurs fait bougé son écharpe et pour la première fois, j'apperçus un bout de son visage. Étrangement, le temps était comme suspendu. J'étais fasciné par ce que je voyais. Kakashi-sensei était incroyablement beau. Ses traits étaient fins et mature. Il y avait quelque chose d'irrél dans cette figure au caractère marqué. Inconsciemment, je levai la main pour dégager les derniers centimètres de tissus qui masquait une partie de ses lèvres à la courbe sensuelle. Mais, alors que j'éffleurai l'étoffe douce, il attrapa mon poignet pour retenir mon geste et ses pupilles noirs plongèrent dans les miennes. Nous restions un moment comme ça avant que je me rende compte de l'incongruité de cette situation. Rougissante, je tentais de m'éloigner de lui, mais il me tenait assez fermement. Je ne savais plus où me cacher. Mon coeur était affolé et mon cerveau marchait à toute allure. Je repensais à l'attitude de mon professeur ses derniers temps, ces regards pleins de sous entendus, ses paroles étranges... Il savait pour Neji et moi depuis un petit moment. Était-ce pour cette raison qu'il me semblait soudain plus intime, comme-ci, enfin soulagée de ne plus avoir à porter seule ce lourd secret, je me reposai sur lui et sa force d'adulte. Je me secouai. Kakashi-sensei n'était pas un adulte c'était un enfoiré de pervers. Me dégageant d'un geste brusque, je déclarai d'une voix qui cachait mon émotion :
- Pour votre information, vous pouvez parler au passé, c'est fini entre Neji et moi... mais comment avez-vous su ?
- Je vous ai apperçu une fois en ville, expliqua-t-il en réajustant son écharpe, c'est vrai que l'ambiance était orageuse. Tu n'es pas trop triste au moins, je te console si tu veux, ajouta-t-il, des rides d'expression bridant le coin de ses yeux.
- N'approchez même pas ! Je ne suis pas triste du tout ! M'écriai-je en faisant un bond en arrière.
Il éclata de rire face à mon attitude. Cet homme était vraiment étrange. Je découvrai de nouvelle facette de lui. Il était attentionné à sa manière, mais il était incroyablement insupportable. Il pouvait rire comme un enfant, alors que ses yeux reflétaient toute l'expérience d'une personne qui a connu l'enfer. Il était malin, très malin. Il m'avait acculé. Il savait qu'il tenait un moyen de pression assez important pour me faire céder. Si je me fichai du lycée, je n'étais malheureusement pas rassuré à l'idée que mon père soit mis au courant de cette situation. Son héritier avec le mouton noir de la famille ? Il risquait de me faire regretter le jour de ma naissance. Aussi, décidai-je de me montrer raisonnable.
- Je crois que nous allons devoir collaborer Kakashi-sensei... Je me tairai pour les photos et vous tairez pour ma relation avec Neji... que dois-je faire pour vous aider ?
- Je veux que tu cesses tes manigances Hina-chan. Je m'occuperai moi-même de ses connards. Je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose qu'à Mayu-chan.
Jamais ! Hurlai-je en colère.
Tremblante, je m'étais de nouveau rapprochée de lui et empoignai la manche de sa veste noire. J'étais folle de rage. Nous n'avions pas tant travaillé pour abandonner si près du but. Prête à tout pour imposer mon opinion, je me mis à lui parler avec ma moue la plus adorable. Celle que mon cousin avait surnommé « l'arme fatal ». Quand je regardai quelqu'un avec ce regard à la fois suppliant et doux, personne ne me résistait.
- Écoutez, je veux venger Mayumi-sempai et je ne suis pas la seule ! Mes amies ne comprendraient pas pourquoi j'abandonne. Nous sommes si près du but. Je vous en prie laissez-moi continuer... mais vous pourrez m'aider, comme ça, il ne m'arrivera rien de fâcheux, vous vous en assurerez...
Il sembla hésiter un moment, posant le pour et le contre. Mais finalement, j'eus gain de cause. Il posa une main sur mes cheveux qu'il ébourrifa vigoureusement et déclara :
- Bien... très bien Hina-chan... Mais interdiction de bouger sans ma bénédiction ! Je veux être au courant de tout ce que tu vas faire et si je te dis que tu ne le fais, alors tu ne le feras pas! Promis ? Demanda-t-il en me tendant le petit doigt.
Je le fixai un moment puis, lâchant sa manche, j'enlaçai mon petit doigt autour du sien en signe d'approbation. Ses yeux me firent un de leur plus beau sourire. Il brisa notre lien et se leva en attrapant son livre :
- Bon... on estime que tout est réglé... sur ce...
Il se dirigea vers la porte. Surprise par son brusque départ, je ne sus quoi faire. J'étais tellement destabilisée, qu'il me fallait quelque chose pour le retenir... tout... n'importe quoi... la première chose qui me viendrait à l'esprit...
- Pourquoi vous m'aidez ? Vous êtes tellement dégueulasse d'habitude !
Je regrettais déjà mes mots. J'avais encore gaffé. Non contente de l'avoir giflé, ce qui m'aurait déjà valu une suspension temporaire en temps normal, je me mettais à le traiter de dégueulasse. Mais il sembla que la chance fut de mon côté ce jour-là, car au lieu de me réprimander, Kakashi-sensei s'arrêta à la porte qu'il s'apprêtait à ouvrir et me répondit sans me regarder.
- Je t'ai déjà dis que j'étais élève à Konoha Gakkô avant... Et bien nous étions déjà en guerre contre les filles de Kunoichi... Il y en a une en particulier que j'adorai taquiner, elle était douce et polie, mais elle avait du répondant... Tu lui ressembles et je t'aime bien. Bien malgré moi, tu me rappelles à mes bons sentiments, alors je ne veux pas que tu sois blessée... Je ne suis pas le salaud que tu t'imagines...
Il partit. Je remerciai tous les dieux et mes ancêtres qu'il ne ce soit pas retourner une seule fois pour me parler, j'étais devenue si rouge que je me sentais défaillir.
Le vide qu'il laissa dans cette immense salle de classe me parut incroyablement cruel. Après de tels révélations, il m'avait égoistement abandonné à mes réflexions. En y repensant, j'avais du mal à encaisser la scène qui venait de se dérouler. Le professeur m'avait avoué une de ses fredaines, choses assez déroutante en soi, il m'avait menacé de révéler une relation dont il n'aurait jamais dû se mêler et je l'avais giflé. Quel professeur ce serait laissé frapper par une élève sans réagir ? Il avait accepté mon coup, presque comme s'il s'était attendu à ma colère. Et ce regard que nous avions échangé ? Que signifiait-il ? A présent nous étions associés pour un coup fourré qui visait des élèves du lycée... A quel moment tout avait basculé ? Quand Kakashi-sensei était-il devenu plus qu'un simple professeur ? J'avais parfois l'impression de m'adresser à un grand frère, aussi embêtant, aussi taquin, aussi protecteur...
Je soupirai en allant m'asseoir à la table la plus proche. Il commençait à se faire tard, déjà le soleil se couchait sur Tokyo entraînant avec lui le peu de chaleur que le printemps nous procurait. Déjà une brise plus fraîche parcourait la classe, m'arrachant des frissons.Tout était si confus dans ma tête. D'un côté, j'étais agacée de devoir travailler avec cette ennemie de la femme, pervers et paresseux, de l'autre je me doutais bien que grâce à lui, notre marge de manoeuvre serait décuplée. Je souris, père nous l'avait très bien appris, « utilise tout ce qui est à ta portée pour arriver à tes fins, et si pour cela tu dois manipuler tes amis et bien fait le sans remords. » Je n'étais pas tout à fait d'accord avec ce principe et ne l'avait jamais appliqué, mais Kakashi-sensei n'était pas un ami, je venais même de l'ajouter à mon top dix des ennemis irritants, aussi peut-être une fois dans ma vie je pourrai suivre l'enseignement de mon père et tenter d'être plus maligne que cet agaçant professeur.
Soudain, je repensais aux dernières paroles de Kakashi. « Je ne suis pas le salaud que tu imagines. » Mais alors qu'était-il ? A quoi jouait-il ? Se rendait-il compte qu'il venait de réveiller en moi un certain nombre de blessures mal-cicatrisées... je dirais même encore suintante... Neji, Kiba... il avait ébranlé mes sentiments et réveillé des craintes que j'avais refoulé. Kiba me faisait peur. Il était comme une bombe prête à exploser. Il était celui qui pouvait me trahir à tout instant. Il était celui qui pouvait le mieux me blesser... car je devais le reconnaître, j'avais des sentiments pour lui. J'avais eu si peur quand Kakashi avait cité son nom. J'avais eu mal en pensant qu'il m'avait trahi, car sans le voir, j'avais déjà commencé à lui ouvrir mon coeur... et si au final toute cette histoire n'était qu'un coup monté, je crois que je ne le supporterai pas... Je ne voulais pas souffrir encore... Pas après ce que j'avais vécu avec Neji...
Une larme roula sur ma joue en repensant à toutes ces fois où Neji m'avait si rudement embrasser, caresser, pénétrer... Je fus secouer d'un spasme et me prit la tête dans les mains. Bien sûr je ne pouvais pas parler de viol, je n'étais pas dans le cas de Mayumi, mais... j'avais été tellement humiliée, j'avais eu si peur de lui, de ses gestes brusques, de ses regards froids... Je n'avais pas toujours été d'accord mais ne m'étais pas débattue par couardise et par amour... J'avais fait des choses dont j'avais honte par amour, et aujourd'hui, j'avais l'impression de ne rien ressentir pour lui...
Tremblante, je tentai d'essuyer les larmes qui mouillaient ma joue quand la porte s'ouvrit avec fracas, me faisant sursauter. Au pas de la porte, Iruka-sensei s'apprêtais visiblement à m'enguirlander, mais il se modéra quand il apperçut ma mine déconfite. Sans un mot, il se rapprocha de moi. Je me redressai, effaçant fièrement les marques de chagrin sur mon visage, mais je ne pus le duper. Il s'arrêta face à moi et me demanda d'une voix douce :
- Que fais-tu seule ici ? Sais-tu que le lycée va bientôt fermer ces portes ?
- Je... je ne... savais pas... dé... désolée... répondis-je d'une voix hâchée.
Il me sourit et s'assit à un pupître non loin de moi. Il posa ses coudes sur ses genoux et joint les mains. Son visage était ouvert et disposé, comme un spécialiste prêt à entendre nos confessions.
- Que se passe-t-il ? Demanda-t-il sans plus de cérérmonie.
Iruka était un professeur comme tout élève aurait rêvé d'en avoir. Sévère parfois, doux comme un agneau à d'autre moment, il était toujours juste et intégre. Malgré son jeune âge, il avait une certaine sagesse, qui manquait à certain professeur, dont il ne me semble pas nécessaire de citer les noms. Il était un peu comme un père ou comme un oncle affectueux à sa manière, tout en gardant la distance réglementaire entre un professeur et ses élèves. En fait, c'était ce genre de personne qui vous fait dire ce que vous n'aurez jamais avoué , même sous la torture, d'un seul regard. Et avant même que vous le réalisiez, il savait tout de vous.
- Je suis une idiote, sanglotai-je ne pouvant retenir plus longtemps mes émotions, j'ai l'impression d'être un coeur d'artichaud... Il y a ce garçon, il m'a séduit par quelques lettres et, c'est un peu à cause de lui que j'ai rompu avec mon petit ami, et maintenant même si ça fait pas longtemps que c'est fini avec mon ex, j'ai envie d'être avec l'autre... J'ai envie qu'il tienne à moi comme je tiens à lui. Mais c'est... c'est si rapide... ça me fait un peu peur... je ne sais plus où j'en suis. Je me sens dégueulasse...
- Voyons mademoiselle Hyûga, dit immédiatement Iruka-sensei m'empêchant d'aller plus loin, ne vous dénigrez pas ! Oui vos sentiments changent, cela ne fait pas de vous une garce ou une fille facile. A votre âge, on fait des erreurs. On tombe et on se relève pour mieux avancer. Parfois on croit aimer et on se rend compte qu'on peut aimer encore plus fort. Si ce garçon fait battre votre coeur à ce point, s'il est celui qu'il vous faut au jour d'aujourd'hui, pourquoi culpabilisé ? N'ayez pas peur d'avancer ! Vos sentiments changeront encore et quelqu'un, un jour, rendra ce que vous éprouver pour ce jeune homme incroyablement ridicule, car il sera juste fait pour vous. Il ne sera pas parfait, il ne sera pas forcément beau, mais pour vous il sera ce qui vous ai arrivé de mieux... vous comprenez où je veux en venir ?
- Je pense... gloussai-je soudain calmée, je suis un peu jeune pour me chercher l'homme de ma vie...
- Je pense oui, pouffa-t-il.
- Mais j'ai tellement peur de souffrir...
- Cela fait parti de la vie. J'ai beaucoup souffert avant de trouver ma fiancé et j'en ai fait souffrir plus d'une... Même elle, le femme de ma vie, m'a fait beaucoup de mal... je lui en ai fait aussi... et je sais que même après notre mariage nous nous ferons souffrir.
- Oui... soufflai-je en souriant malgré mes larmes.
- Bon, à vous de décider maintenant... tout est entre vos mains...
- Merci sensei
- Mais de rien, si j'ai pu vous aider... Bon maintenant il va falloir y aller, le concierge va fermer.
Je le remerciai encore, essuyant mes larmes du revers de la main, et partis en mettant mon sac sur mon épaule. Parler avec Iruka-sensei m'avait réellement rassuré. Il disait des choses censées. Il ne me restait qu'à décider si Kiba valait la peine que je souffre pour lui...
Alors que je m'apprêtais à tourner, des voix graves me firent arrêter tout mouvement. Des voix que je connaissais. A bien y penser, j'avais vraiment une chance folle ce soir-là. Combien y'avait-il de possibilité pour que je me trouve dans la cours de l'école à cette heure-ci ? J'aurai pu me trouver n'importe où, mais je surpris cette bride de conversation.
- Alors Hideki a pris sa décision ?
- Ouai, qu'est-ce t'en pense toi ?
- Et que veux-tu que j'en pense ? On a pas le choix ! On ne fait qu'éxécuter les ordres.
- Donc on se la fait.
- On se la fait... Il faut lui couper l'envie d'en parler à qui que ce soit...
- Oh fait pas style c'était une corvée non plus, elle est pas mal la brunette.
- C'est pas un jeu, il faut qu'on la piège... Hinata Hyûga.
Fin du chapitre 10, suite au chapitre 12.
Notes :
1- Bon c'est juste un petit jeu de mot, je peux pas appeler Jiraya ero-sennin (hermite pervers) donc c'est devenu ero-sensei (professeur pervers) !
2- Shizune-nee-san : contraction de Shizune onee-san : grande soeur Shizune. Les japonais on tendance à appeler grande soeur ou grand frère (onii-san) un ainé qu'ils aiment, respectent et dont ils se sentent proche.
3- Golden Week : Une semaine de repos commune à tout les japonais. Enfait 4 jours sont fériés durant cette semaine, alors les trois autres sont aussi chômé. Pendant ces courtes vacances, Quasiment tout ferme ces portes et les administrations et autre fonctionnent avec le minimum de personnel.
Les 4 fêtes de la golden week :
29 avril : Shôwa no Hi (jour de naissance de l'empereur Shôwa)
3 mais : Jour de commémoration de la contitution.
4 mai : Midori no Hi (jour de la nature)
5 mai : Kodomo no Hi (jour des enfants)
4- Locolotion : Si ça veut dire quelque chose, j'en ignore le sens !!! C'est enfait le titre d'une chanson d'un groupe que j'adore, Orange Range (ils sont fait un des génériques de Naruto, Viva Rock) Je trouve que ça sonnait bien pour le nom d'un Café-bar branché XD
5- Shinjuku : c'est l'un des quartiers les plus branché de Tokyo. Night-club, Bar ect... tout ce qu'il faut pour passer des nuits folles... (quoi j'ai oublié de citer les love hôtels???? la honte sur moi XD)
6- Englishman in NewYork est une chanson de Sting & the police. Elle est magnifique, si vous voulez l'écouter pour vous plonger dans l'ambiance, un petit clique sur le lien :
http://www.radioblogclub.fr/open/53007/Sting20-20Englishman20in20New20York/Sting20-20Englishman20in20New20York
7- Yankee : nom que donne les japonais au voyous. Souvent ils sont décolorés et parle mal, ils ont tendances à être violent et porte très mal leur uniformes (c'est la vision japonaise des choses... moi je les aime bien... Onizuka est un Yankee... VIVE GTO)
8- Visual Kei, dit aussi Visual Rock. Mouvement musical typiquement japonais. Un petit article wiki sur le sujet ? http://fr. un mouvement que j'apprécie beaucoup car il est original. Un grand nom du Visual Kei est bien évidemment X-Japan... d'ailleurs mon perso au cheveux roses est une référence à notre regrettée petite crevette rose ! Hide, je t'aime ! Pour quoi nous as-tu quitté ? Tu as privée le monde d'un guitariste de talent :'(
9- Rei, personnage féminin d'Evangelion, aux cheveux roses.
http://www.cyberiacafe.ch/Ayanami/large/rei3.jpg
10- Miyavi... Ben c'est Miyavi quoi (les yeux pleins de petits coeurs) il est considéré comme un Hide junior (une bête en guitare) Ancien guitariste du groupe visual kei Dué le Quartz, il prend sa carrière solo en 2002, devenant plus gothique et punk. Il a tout juste 26 ans et il est absolument fabuleux (groupie? Qui a dit groupie? Meuh nooon! Juste un peu? XD)
Enfin bref, dans un de ses clips il a les cheveux bleus et mon serveur lui ressemble comme deux gouttes d'eau donc voilà une petite image.
http://wk. (celle là c'est une image capture du clip en question, Jibun Kakumei)
Bon je m'arrête là... à regret... Mais euh Arrêtez de répéter groupie!!! Je vous entends!!! XD
11- Ah! Ah!ah!ah! Je me suis piégée toute seule! Je dois tout expliquer maintenant! Bon c'est pas vachement important pour l'histoire, disons c'est pour les curieux. C'était juste pour faire sentir que Renge était super callé. Enfait... je vais vous expliquer juste certain termes employaient, car si je me lançais dans un cour de photo on y serait encore dans 100 pages... ¬ .¬
argentique : nom que l'on donne aux anciens appareils photos avec pellicule qu'il faut développer, puis tirer, le bonheur des fan de photographie en fait (VIVE L'ARGENTIQUE!!!)
Numérique : c'est tout ce que nous utilisont maintenant. Tout est traité en données informatiques les images ne sont donc plus qu'une série de chiffre (des 1 et des 0 pour être précise...) mais je vais pas me lancer là-dedans parce que de toute façon je n'en connais pas toutes les subtilités (je maîtrise l'essentiel qui est parfaitement inutile pour faire des belles images!)
analogique : ben là c'est le principe de nos anciennes VHS, des images inscrites sur une bande et qui se lit au magnétoscope
Mac : c'est la vérité, dans le monde du graphisme (pub, vidéo, art...) les mac sont préférables au PC pour leur précision.
Mandarine : nom donné à un type de spot petit, rond et orange (comme les mandarines... j'ai faim... vais en manger une maintenant! XD) et qui éclaire particulièrement fort, d'une lumière extrêmement blanche, et peuvent accrochés un peu partout (ce sont des constations faîtes sur le terrain, je ne suis pas sûre que vous trouverez la même chose si vous faisiez des recherches dessus! XD)
Girafe : sorte de perche qui permet... ben beaucoup de chose en vérité... on a fait vraiment n'importe quoi avec!!! XD Normalement, on s'en sert avant tout pour l'éclairage. Etant faite de pied robuste, elle permet un éclairage verticale à 90° avec le sol... Mais nous on en a fait une tringle à rideau et une branche où suspendre des jeunes femmes en sous-vêtements... ¬ .¬
Voilà... je crois que c'est tout... la photo c'est bien jolie, je comprends beaucoup de chose, mais je suis incapable d'en expliquer la moitié! Enfin, j'espère que ça vous aura éclairer un peu... (sans mauvais jeu de mot...)
12- « le fan club d'Hideki » vous connaissez Fruit Basket ? Ben c'est un club à la manière du prince Yuki... Enfait ce fan club est une référence à Hideki, chanteur du groupe Siam Shade... cherchez pas pourquoi, c'est pas logique... ¬ .¬
Voilà, chapitre 10... aussi vite que j'ai pu!
Donc nous voilà arrivé au moment crucial... J'ai dépassé les 100 com' !!!!! XD
Pour fêter ça, j'ai fait un petit One Shot, en lien avec l'univers de ma fic, pour développer le couple Ino/Shika (rukia vs yuna qui me l'avait demandé il y a un moment déjà, j'espère que ça te plaira ) C'est petit truc sans prétention avec lemon...
Il vous suffit de faire un tour sur ma page d'auteur pour le savoir.
Bon, maintenant autre chose, ne soyez pas trop dur avec moi! J'ai peiné à l'écrire ce chapitre. Je voulais qu'il y'ait des indices pour la suite, mais pas trop pour ne pas gâcher le jeu... Du coup ça a donné ça, je ne suis pas pleinement satisfaite... En plus, Hinata pleure beaucoup, et j'ai une sainte horreur des personnages pleureur..., simplement après ce qui c'est passé, ça aurait été difficile de faire une autre réaction. J'espère que ça ne vous dérange pas trop tout de même... Bon passons à autre chose avant que j'efface le fichier pour tout recommencer...
Voilà c'est l'heure du vrai début du jeu. Pour essayer de cadrer les choses (pour ne pas me retrouver avec des trucs qui partent dans tous les sens et un soucis d'équiter) on va faire les choses de la manière suivante. J'ai calculé, le fin mot de l'histoire vous sera révélé au chapitre 16... Vous avez donc jusqu'au chapitre 15 pour réfléchir à la réponse... Donc, il faudra poster votre réponse dans un com' au chapitre 15... Le premier qui postera le nom du coupable aura gagné!!!! OOOUUUAAAIII!
Voilà, pour le groupe d'auteur qui apprécient les couples originaux, je rencontre quelques soucis techniques. Je recontacterai ceux que ça intéresse...
Euh, je crois que j'ai a peu près tout dis... Ah si... j'étais entrain de penser à l'avenir... Si jamais j'arrivai à atteindre les 200 commentaires... j'aimerai refaire un One-Shot pour marquer le coup. Mais cette fois, je vous donne la voix, que préférez-vous ?
1- encore une fic relative à ma fiction qui raconterai les débuts du couple Hina/Neji
2- Un one-shot d'un tout autre genre avec 4 couples au choix :
Hinata-Sasuke
Hinata-Shikamaru
Ino-Chôji
Tenten-Lee
Maintenant je prie pour arriver aux 200 com'... et si vous voulez voir des One-Shot sur ces couples, cela ne tient qu'à vous (faites péter les com'!!!!! Comment ça c'est du chantage... mais pas du tout... ¬ .¬)
Oh! En parlant de com', je suis désolée, mais avec l'écriture du One Shot, j'ai preis du retard. Mes réponses seront pour une fois courtes et peut-être un peu impersonnelles... la honte sur moi! Je vous promets de faire de mon mieux pour le prochain chapitre... Je vous embrasse tous, et vous prie vraiment de m'excuser pour ces réponses faite, avouons-le, dans la hâte.
Bon, je vais m'arrêter là je vous embrasse tous!!!
Kiss!!!
Rendez-vous au prochain chapitre!!!!
°oO°Oo Tsubaki no Tsuki oO°Oo°
PS : ce chapitre est posté non bétalu, désolée pour les fautes
