Résumé : Histoire de la rencontre entre Heero et Duo

Genre : UA, OCC (je le mets dans le doute, mais j'essaie de respecter leur caractère)

Couple : 1x2

Disclaimer : Les personnages ne sont pas à moi.

Note : Chapitre un peu plus long qui m'est venu après avoir écrit le chapitre un. Je faisais tellement d'allusion à cette rencontre que ça m'a paru une évidence de la raconter. Je sais qu'il est un peu long, mais j'ai pas eu le courage de le couper.

Je sais que j'avais dis que je ne le mettrais que demain, mais je n'ai pas pu résister, et puis je m'ennuyais alors ...

Bonne lecture et merci encore pour toutes vos reviews.


Tous les chemins mènent à ….

- Heero ?

- Mmm.

- Tu te rappelles de notre première rencontre ?

Heero soupira. Pourquoi Duo voulait-il absolument parler, surtout de ÇA, alors qu'ils étaient si bien couchés dans leur lit, leur corps repu de plaisir. Mais sachant qu'il n'était pas du genre à abandonner, Heero lui répondit.

- Hn.

- Tu regrettes des fois d'être venu ce jour là ?

- Baka.

- Mais euuuuh.

- Arrête de dire des bêtises. C'est la plus belle chose qui me soit arrivé dans la vie, pourquoi veux tu que je regrette ?

Duo, très fier d'avoir fait parler son chéri autant que du contenu de sa réponse, se colla un peu plus dans ses bras et se mit à penser à leur rencontre.


Flash Back

25 juillet 2005 Bureau d'Heero Yuy

- Bon sang Heero, tu es encore là ? Mais quand est-ce que tu manges ? Et tant qu'on y est, quand est-ce que tu dors ?

Heero releva la tête pour voir son bras droit, Milliardo Peascreaft dit Zechs suite à une obscure histoire durant une soirée trop arrosée. Le jeune homme était plus âgé que lui, blond aux cheveux longs magnifiques et à la silhouette athlétique. Si ce n'était pas son meilleur ami, il aurait peut-être tenté quelque chose mais il était trop proche et avait trop besoin de lui pour l'utiliser comme il le faisait avec ses autres partenaires sexuels.

Il avait connu Zechs grâce à sa sœur, Réléna, qui avait été désigné pour être sa marraine à l'université. Elle était tellement gentille, qu'elle avait pris en pitié le garçon trop jeune et sans défense qu'on lui avait confié, et avait décidé de le transformer pour en faire le magnifique jeune homme qu'il était devenu, du moins à l'extérieur.

Mais elle avait été la première à s'occuper de lui et il ne l'avait pas oublié quand sa société avait commencé à marcher, alors qu'il n'était même pas sorti de la faculté. Aujourd'hui, elle était responsable de la partie relation publique de la Wing Corporation tandis que Zechs chapeautait le côté sécurité.

Heero était le propriétaire, président, mais surtout, le concepteur de tous les logiciels qui avaient fait sa fortune. A vingt trois ans, il aurait très bien pu se contenter de vivre de ce que lui rapportait ses brevets. Mais il voulait toujours plus.

Ce n'était pas l'argent qui l'intéressait, ni la gloire puisque personne à part quelques rares privilégiés, ne savait à quoi il ressemblait. C'était pour lui. Pour se venger de toutes ces années de brimades. Parfois, il se disait qu'un psy aurait fait fortune avec lui, mais il était trop fier pour aller s'épancher devant un inconnu.

Alors il travaillait, ne comptant jamais ses heures, n'allant chez lui que pour dormir, quand il ne le faisait pas sur le divan de son bureau.



Comme Zechs semblait attendre une réponse, Heero se contenta de hausser les épaules. Oui, il était midi passé et oui, il ne comptait pas sortir manger. Après tout, pourquoi avait-on inventé le sandwich si ce n'était pas pour manger le plus vite possible et se remettre au travail ?

Son vis-à-vis soupira et abandonna. Si sa sœur n'avait pas réussit malgré toute sa gentillesse et sa persuasion à convaincre Heero de vivre en dehors du boulot, ça n'était pas lui qui y arriverait. Si seulement il pouvait rencontrer quelqu'un qui lui mette un peu de plomb dans la cervelle ! Ou qui arrive à lui faire oublier son passé, songea-t-il tristement.

Heero mettait la dernière main à un logiciel de codage pour transmettre des messages d'une entreprise à une autre sans qu'il puisse y avoir de fuite, quand le téléphone sonna. Il leva la tête pour voir qu'il faisait déjà noir par la fenêtre. Sa secrétaire était donc partie et ne pouvait pas filtrer les appels pour lui. Il décrocha le combiné et répondit :

- Allô ?

- Bonjour, vous êtes le secrétaire de Monsieur Yuy ? Je suis heureux de voir que vous êtes encore là, je n'espérais plus avoir personne. Je suis désolé de vous déranger, mais nous avons un problème avec notre installation et il nous faut une assistance pour demain matin de toute urgence et comme c'est samedi je n'ai pu avoir personne qui se libère aussi rapidement. Nous sommes prêts à payer n'importe quel prix, mais il faut absolument que la sécurité de l'immeuble soit rétablie pour demain, et que le réseau informatique fonctionne au moins pour le soir. Vous pourriez nous envoyer quelqu'un ?

La jeune femme au bout du fil n'avait pas arrêté de parler une seule seconde, il n'avait donc pas pu la détromper sur son identité ni lui demander plus de précisions. Décidant que la première chose n'était pas indispensable, il se concentra sur la seconde.

- Vous êtes qui, c'est quel adresse et quel est le problème ?

- Oh, je suis désolée, je m'appelle Hilde, je suis l'agent de Shinigami et nous avons une séance photo dans nos locaux de la vingt deuxième rue. Tout le réseau est HS suite à un virus.

- Quelle heure ?

- Euh … nous commençons à huit heures donc si vous pouviez être là avant. Le gardien sera prévenu.

- C'est d'accord.

Heero ne prit même pas la peine de dire au revoir et raccrocha. Les contacts humains, ce n'était pas son truc.

Il regarda son dernier programme, le sauvegarda et éteignit l'ordinateur. Puis il alla s'allonger sur le divan. Il devrait se lever tôt demain matin. Aucun de ses employés ne voudrait se déplacer un samedi sans avoir été prévenu avant, il s'en chargerait donc.


26 juillet 2008 un immeuble de la vingt deuxième rue

Heero, était en train de se demander si la loi des séries était finalement quelque chose de scientifiquement prouvé plutôt qu'une théorie farfelue qu'il avait toujours méprisé. Après tout, son réveil, qui ne l'avait jamais trahi une seule fois en cinq ans n'avait pas fait son boulot ce matin et il s'était réveillé en retard.

Il avait donc juste eu le temps de prendre une douche sans pouvoir se coiffer et de mettre un costume avant de partir prendre un taxi avec sa mallette où reposait son merveilleux et précieux ordinateur personnel.

Malheureusement, une grève surprise des chauffeurs l'avait obligé à prendre le métro. Il avait cru à de la chance quand il avait vu un vendeur ambulant juste devant sa bouche de sortie, mais le hamburger qu'il avait voulu engloutir avait aussi tâché sa veste.

De plus, un cycliste avait du trouver drôle de rouler sur le trottoir et il l'avait bousculé juste assez pour l'envoyer sur un tas d'ordure déposé à côté d'une poubelle qui débordait. Quand la propriétaire de la boutique juste devant l'avait vu, elle l'avait pris en pitié et lui avait proposé de venir se changer dans une de ses cabines d'essayage.

Heero avait attrapé le premier jean à sa portée ainsi qu'un tee shirt blanc mais une fois enfilé, il se rendit compte que le bas était troué, comme le voulait la mode, et le haut trop serré. Mais il n'avait plus le temps de se changer, il paya donc la brave femme et se précipita dans l'immeuble d'à côté.Pour s'entendre dire qu'il n'avait pas le droit d'entrer.

Il était sur le point de s'énerver pour de bon quand une limousine s'arrêta devant la porte et laissa descendre une femme, brune les cheveux courts, plutôt mignonne, qui était en train de parler au téléphone. Derrière elle, suivit un adolescent, une casquette sur la tête et des lunettes de soleil cachant son visage. Il était habillé à la dernière mode, tee shirt trois fois trop grand pour lui et baggi très bas sur les hanches.

Heureusement, Heero reconnu la voix de la jeune femme, il la harponna donc quand elle passa à côté de lui :

- S'il vous plait. Je suis l'employé de la Wing Corp, je croyais que vous aviez donné des instructions pour que je puisse entrer.

Bien sûr, il avait employé son ton froid habituel, ce qui lui valu un regard glacial de la jeune femme, mais il n'en avait cure, il voulait juste faire son boulot, lui. Le jeune garçon derrière elle le regarda intensément en faisant une bulle avec son chewing-gum, pendant que l'agent briefait le gardien, puis ils entrèrent tous les trois dans l'immeuble.

- L'installation est au premier, dit la jeune femme en raccrochant. Vous aurez fini dans combien de temps ? ajouta-t-elle.

- Je vous le dirais quand je le saurais, répondit Heero toujours aussi glacial.

Puis il se dirigea vers les escaliers puisque l'ascenseur ne marchait pas. Un étage à pieds, ce n'était pas la mort.

- Charmant, commenta Hilde.

- Oui, tout à fait charmant, répondit le jeune homme en souriant.

- Duo ! Ce n'est vraiment pas le moment de draguer ! se fâcha la jeune femme. Va plutôt te préparer pour la séance, on commence dès que le glaçon aura remis en marche l'éclairage.

- Oui maman, répondit le mannequin en enlevant sa casquette, ce qui eu pour effet de révéler une longue natte couleur miel qui cascada jusqu'au milieu de son dos. Puis il partit avec le sourire aux lèvres.

- Le pauvre, murmura Hilde en pensant au réparateur. Il était peut-être froid comme la banquise, mais maintenant qu'il avait tapé dans l'œil de Duo, il ne pourrait plus s'en sortir sans passer par la case lit. En pensant au lit, elle se précipita vers le premier pour savoir comment avançait la réparation.


- Mais vous aurez finit quand ?

- Ce soir.

- C'est impossible.

Impassible, Heero continua à taper sur son portable pour traquer ce maudit virus. Apparemment, celui qui avait fait ça s'y connaissait. C'était une création originale et il lui faudrait bien une journée pour purger tout le système de l'immeuble.

C'était ça aussi avec les nouvelles constructions, si on enlevait la machine, plus rien ne marchait. L'éclairage, les ascenseurs, la clim mais aussi les portes et tout le système informatique était dépendant de l'unité centrale. Alors quand elle lui avait demandé d'aller travailler ailleurs pour qu'il puisse utiliser la seule pièce habitable de l'immeuble, il lui avait dit non.

Heero aurait pu se brancher n'importe où, mais l'agent lui avait désigné cette pièce au départ, maintenant, il y restait. Et puis, c'était la seule pièce dont il avait remis la clim en état. S'ils voulaient faire leur photos ici, ce n'était pas lui qui allait les en empêcher.

- Hn, répondit-il donc à la jeune femme presque hystérique qui faisait les cent pas dans son dos.

- T'arraches pas les cheveux ma grande, il prend pas de place, on peut travailler ensemble.

- Mais ces photos sont confidentielles ! Il …

- Ça va, je suis sûr que le monsieur va pas nous trahir. Il faudrait déjà qu'il relève son nez de l'écran, et c'est pas gagné.

Heero ne prit même pas la peine de lever un sourcil. L'homme qui avait parlé pouvait bien dire ce qu'il voulait, il faisait son métier un point c'est tout. Mais un technicien ouvrit un rideau à ce moment là, et le jeu de lumière fit que l'image de l'homme se refléta sur son écran. Le rythme de ses doigts faiblit quelques secondes puis repartit de plus belle.

Bon sang, il y avait un ange derrière lui. Discrètement, il jeta un œil vers le lit qui venait d'être installé à l'autre coin de la pièce et vit l'apparition dans toute sa splendeur. Un corps parfait, révélé par un caleçon noir moulant d'une grande marque quelconque, une chevelure aux milliers de reflets qui brillaient au soleil, et un visage dont le sourire illuminerait toute une ville.

Heero se remit bien vite au travail mais écouta désormais tout ce qui se passait autour de lui. Il apprit ainsi que le mannequin devait poser pour une marque de sous vêtement qui allait faire une campagne de pub surprise, d'où les mesures de discrétion pour tout le staff.

Il apprit également que le top model qui ressemblait à un ange se faisait appeler Shinigami et était depuis plus de deux ans l'égérie des plus grands couturiers et que tout le monde se l'arrachait pour représenter son produit. Il était aujourd'hui très riche, très demandé, et très observé, pourtant personne n'avait pu obtenir une goutte d'information sur son passé.

Les hypothèses allait bon train, mais ce qui intéressait pour l'instant les tabloïds était la ou les relations amoureuses supposées du mannequin. Celui-ci sortait beaucoup mais on ne le voyait jamais au bras de la même femme ou du même homme deux jours de suite. Alors qu'elles étaient ses préférences, avaient-ils une relation suivie ou collectionnait-il les aventures ?

Telles étaient les questions que se posaient les paparazzis, les membres du staff sur le plateau, et également Heero.

Depuis qu'il avait bénéficié des conseils de Réléna en matière de mode et qu'il avait gagné assez d'argent pour se payer une opération des yeux, il n'avait plus eu aucun problème pour attraper dans ses filets des coups d'un soir, comme les appelait Zechs.

Il n'avait aucun effort à faire, son physique et ses vêtements de prix le définissait comme un bon coup. Il avait maintenant assez d'expérience au lit pour faire grimper ses amants au rideau, mais le lendemain, ils dégageaient tous sans exception. Pourtant, il n'arrivait pas à s'enlever de l'idée que si Duo atterrissait dans son lit, il ne pourrait pas se rassasier de lui en seulement une nuit.

La séance débuta alors, et Heero, bien que concentré sur sa tâche, ne put qu'admirer le professionnalisme du jeune homme. En un instant il pouvait prendre n'importe quelle pose, n'importe quelle expression.

Quand midi fut arrivé, le photographe donna une pause à toute l'équipe et Heero resta seul dans la pièce. Ça ne le dérangeait pas de ne pas manger, il l'avait déjà fait plusieurs fois quand il était trop concentré sur un projet, et il aimait travailler dans le calme. L'absence du staff lui permettait donc d'avancer plus vite sur son virus.

Il était en train de se dire qu'il aurait quand même bien aimé boire une canette ou un peu d'eau, quand quelque chose de froid se colla dans son cou. Il sursauta et failli envoyer la personne derrière lui au tapis, mais une voix le fit se figer. C'était lui.


Duo avait décidé de passer à la première partie de son plan pour mettre le réparateur dans son lit. Quand il vit que celui-ci ne se décidait pas à aller déjeuner, il alla acheter deux sandwichs et deux canettes au distributeur du couloir puis il revint dans la salle. Il s'approcha du jeune homme en faisant le moins de bruit possible, comme il l'avait appris pendant ses jeunes années, et sourit en lui collant une des canettes froides dans le cou.

- Un vrai bourreau du travail à ce que je vois, plaisanta Duo.

Il vit le réparateur sursauter et se mettre debout en un éclair, mais son regard le figea sur place. On aurait dit une immensité glacé.

Heero était lui aussi perdu dans le regard améthyste de son vis-à-vis qu'il n'avait pas eu le loisir d'admirer jusque là. Quand l'autre lui tendit la canette, il l'a prit machinalement et se rassit. Duo pris une chaise qui trainait et s'installa en face, donnant un sandwich au jeune homme muet.

Il allait entamer le sien, quand sa cible demanda :

- Je croyais que les mannequins ne se nourrissaient que de salade et de yaourt.

Duo regarda les deux morceaux de pain dégoulinant de mayonnaise et éclata de rire.

- J'ai la chance de brûler tout ce que j'avale. Et puis, je fais beaucoup de sport, ajouta-t-il sensuellement en le regardant en coin.

Malheureusement, il ne vit aucune réaction à sa tentative de séduction. Un coriace, pensa-t-il en souriant encore plus. Il adorait ça. Cette fois ci, c'était sûr, il aurait cet homme dans son lit, quelques soit le temps que ça prendrait, mais il le ferait hurler de plaisir dans ses bras.

Heero se sentit frissonner quand le mannequin lui fit une allusion plutôt chaude, mais comme à son habitude, il n'en laissa rien paraître. Rêvait-il ou celui-ci était-il en train de le draguer ? Il réfléchit quelques secondes en écoutant l'autre parler de tout et de rien. Puis il sourit intérieurement. Après tout, pourquoi pas ?

D'habitude on le voulait pour son fric, là il ne devait pas briller question vêtement et il faisait le boulot d'un subalterne, donc rien ne pouvait présager de sa fortune. Et l'autre ne connaissait pas son nom donc une fois qu'il aurait passé du bon temps ensemble, il lui suffirait de disparaitre. Heero finit son sandwich à la hâte, puis concentra son regard sur le bavard en face de lui.

Duo parlait de la séance qui venait de se dérouler ce matin là et qui allait sûrement durer jusqu'à tard dans la nuit car il devait tout boucler en un jour, quand il sentit le regard de sa proie se fixer sur lui. Apparemment, son statut de chasseur venait de lui être voler.

Il n'eut pas le temps de lancer une remarque spirituelle, que l'autre se jeta sur lui, le prit dans ses bras et le jeta sur le lit un peu plus loin. Le lit où il avait posé toute la matinée en sous vêtement. Lit qu'il allait utiliser pour toute la gamme de produit.

- Pas de marques sur le corps, eut-il juste le temps de dire avant qu'Heero ne le bâillonne avec sa bouche.

Heureusement, Heero avait toujours un préservatif dans son portefeuille. Heureusement, une des maquilleuses avait laissé un tube de crème hydratante pas loin du lit. Heureusement, pas un membre de l'équipe ne rentra en avance sur l'horaire accordé par le photographe.

Quand ils le firent, Heero était encore sur son portable en train de taper et Duo sortait juste des paravents où il se changeait régulièrement avec le prochain caleçon à photographier. Personne ne vit que les draps étaient légèrement plus froissé que le matin ou que Duo avait légèrement plus de mal à sa mouvoir. Même pas Hilde. Mais elle connaissait parfaitement son ami, et elle remarqua tout de suite le sourire triomphant et très satisfait qui ornait son visage.


Il était déjà vingt heures quand le photographe décida qu'il avait toutes les photos qu'il lui fallait. Tout le monde soupira et l'équipe commença à remballer pendant que Duo se changeait. Heero continua quant à lui de faire semblant de travailler.

Finalement, il avait réussit à anéantir définitivement le virus aux alentours de dix huit heures et depuis, il jouait un peu avec les données de son portable en regardant attentivement mais très discrètement Shinigami au travail. Aux souvenirs de ce qu'ils avaient fait, son corps avait réagit et il était serré dans son jean pendant tout ce temps.

Pourtant il l'avait eu. Il l'avait fait crier, comme il se l'était promis. Mais jouir une fois ne lui avait pas suffit. Pas avec lui. Il lui fallait plus. Il comptait donc sur sa chance et peut-être un peu sur ses performances pour faire rester Duo assez longtemps dans la pièce et refermer la porte sur eux deux. Il pourrait toujours invoquer une erreur du système due au virus.

Finalement, il ne resta plus que l'agent et son poulain dans la pièce et il pria pour qu'ils ne partent pas ensemble. Il voulait ce corps, il lui fallait. Mais la jeune femme, après lui avoir demandé quand il aurait finit et avoir eu un « Hn » en réponse, entraîna Duo avec elle.

Heero en aurait pleuré de frustration. Qu'allait-il faire maintenant ? Sa fierté ne lui permettait pas de lui courir après et il n'aurait sûrement plus l'occasion de le revoir. Il abattit son poing sur la table et resta quelques instants les yeux dans le vide.

C'est alors que la porte se rouvrit dans un suintement et qu'il vit apparaitre une silhouette tant désirée.

- J'ai oublié mon portable, dit alors Duo en faisant un pas.

Heero s'empressa d'appuyer sur la touche entrée de son portable, ce qui fit se fermer la porte derrière le natté dans la seconde. Celui-ci sourit encore plus largement.

- On est enfermé ? demanda-t-il.

- Pour toute la nuit, répondit Heero sans qu'un muscle de son visage ne bouge.

Duo mis alors sa main dans la poche de son pantalon, sortit un portable et appuya sur une touche sans quitter des yeux une seule seconde son kidnappeur. Ce devait être un numéro pré enregistré, car une voix féminine se fit bientôt entendre à l'autre bout.

- Hilde chérie ? Oui, j'ai retrouvé mon portable, le problème, c'est que je suis enfermé, la porte est bloquée. Profite de la limousine, je prendrais un taxi dès que je serais sorti.

Il écouta un moment puis continua :

- Ne t'en fais pas, tu sais très bien que je peux me défendre. A plus, ma puce.

Puis il raccrocha et se rapprocha de Heero. Celui-ci fit de même et ils se retrouvèrent encore une fois sur le lit.

- Pas de marques, dit encore une fois Duo en échappant une secondes aux lèvres voraces de son partenaire.

Les deux hommes étaient encore essoufflés, vautrés sur le lit, quand Heero sentit ses lèvres bouger sans qu'il puisse les retenir.

- Comment tu t'appelles ?

Était ce vraiment lui qui avait parlé ? Mais pourquoi ? L'incroyable orgasme qu'il venait d'avoir devait lui avoir fait perdre les pédales.

- Duo. Et toi ? lui répondit simplement son amant.

- Heero, répondit-il simplement.

Ils se rapprochèrent un peu et le baiser qu'ils échangèrent ralluma la flamme.

Le lendemain, Duo se réveilla seul dans le lit. Heero avait disparu mais la porte était ouverte.

- Drôle de gars, se dit-il en s'étirant. Il jeta un coup d'œil à son portable pour savoir l'heure et décida qu'il avait encore cinq minutes avant de se lever et de rejoindre son appartement pour se faire copieusement agonir d'injures par Hilde pour son comportement totalement immature. Mais il ne regrettait pas une seconde d'avoir fait l'amour avec un dieu.


Pourtant, trois semaines plus tard, Duo se dit que connaître la perfection peut avoir des désavantages. Par exemple, quand plus aucun homme aussi beau soit-il ne l'intéresse pour autre chose qu'un bon matage. Depuis quand un corps d'homme ne le faisait plus bander ?

En plus, le dingue qui le poursuivait et leur avait envoyé le virus pour punir ses proches qui ne le respectaient pas suffisamment d'après lui, avait franchi une étape supplémentaire en menaçant cette fois-ci physiquement Duo.

Était-ce sa faute s'il l'avait traité un peu insulté lors d'une interview ? Hilde l'avait copieusement engueulé, mais maintenant il devait se terrer chez lui car sa manageuse avait mis les flics sur le coup.

Il soupira une énième fois, ne sachant pas que faire de toute l'énergie qu'il dépensait habituellement dans la journée en séance photos, interview et soirées arrosées. En plus, il n'avait pas baisé depuis trop longtemps et la frustration n'aidait pas.

Il s'allongea un peu plus confortablement sur le canapé design de son salon où il s'était assis quand Hilde lui avait annoncé au téléphone qu'elle avait obtenu que la Wind Corp vienne s'occuper immédiatement de sécuriser son appartement. Et quand on voyait le nombre restreint de contrats privé que la société acceptait, c'était un tour de force.

- Quelqu'un viendra demain pour voir ce qu'il faut améliorer et il faudra de une à deux semaines pour tout faire ensuite. Alors, qui est la meilleure ?

- C'est toi Hilde, répondit obligeamment Duo. Et qui va venir ? demanda-t-il négligemment après quelques secondes.

- Oh, je te vois venir toi ! Tu voudrais revoir ton petit réparateur de l'autre jour. Tu crois que je n'ai pas compris le coup de la porte bloquée et du portable oublié ?

Duo eut le bon gout de rougir mais n'oublia pas pour autant sa question. La jeune femme soupira mais avoua son ignorance.

- Ils ont juste dit qu'il envoyait quelqu'un. Mais ne te fais pas d'illusion. C'est peut-être la même entreprise, mais la sécurité concerne Zechs Merquise et son personnel est spécialisé dans cette branche, pas dans la recherche et l'anéantissement de virus.

Duo soupira et se rallongea sur le canapé. Puis il prit la zapette et entrepris de trouver une chaine à peu près potable à regarder.


Zechs raccrocha le téléphone et sourit. Heero allait être content, Shinigami avait encore besoin de ses services.

Quand le jeune homme avait vu revenir son patron un lundi matin avec presque un sourire aux lèvres, il l'avait cuisiné jusqu'à ce qu'il ait le fin mot de l'histoire. Et s'il avait encore râlé parce qu'il avait travaillé un samedi, le reste de l'histoire était beaucoup plus intéressante.

Surtout depuis que son ami achetait tous les magasines qui passaient où Shinigami apparaissait et regardait la télé juste pour le voir passer dans une pub. Il l'avait vu aussi se faire du souci pour lui quand les journaux avaient révéler qu'un dingue s'accrochait à ses basques, surtout après avoir sût que le virus était de lui.

Apparemment, ce n'était pas un minable. Il était donc très heureux que l'agent du mannequin ait fait appel à eux pour sécuriser la maison de celui-ci, même s'il était légèrement débordé. Après tout, il connaissait quelqu'un de parfaitement qualifié qui serait ravi de prendre deux semaines de vacances pour s'en occuper !


Heero hésita à sonner. Il était enfin arrivé devant la porte de son ex-amant et n'osait pas aller plus loin. Depuis que Zechs lui avait parlé de cette mission, il n'arrivait pas à s'enlever l'image de Duo de la tête. Non, pour être honnête, il pensait à Duo depuis qu'il avait franchi la porte de cette pièce ce matin là, sans regarder en arrière.

Comme il le faisait toujours avait ses amants d'une nuit. Alors pourquoi celui-là ne voulait-il pas le lâcher ? Cela faisait trois semaines qu'il se posait la question et il avait sauté sur l'occasion de revoir Duo en demandant à Zechs de lui laisser ce travail.

Celui-ci avait eu un drôle de regard quand il lui avait demandé, maintenant qu'il y pensait, mais il n'avait pas le temps d'y réfléchir pour l'instant, il fallait qu'il sonne.

Il trouva enfin le courage d'appuyer sur le bouton et pria pour que ce soit Duo qui ouvre.

Heureusement, sa prière fut exaucée et ils mirent bien une minute à se regarder mutuellement avant que le mannequin ne lui dise d'entrer. Il réussit à rester professionnel pendant toute la visite, mais une fois qu'ils se mirent assis dans le salon pour faire la mise au point de changements à apporté, Heero ne pu s'empêcher de sauter sur son amant et la journée se finit au lit.

Comme toutes les suivantes pendant deux semaines, à tel point qu'Heero dormit presque toutes les nuits chez Duo pendant qu'ils dirigeaient les installations le jour. Ce dernier avait prit un congé le temps que le dingue soit arrêté et comme Heero avait tenu à tout installer seul, ils passèrent ces deux semaines dans une bulle.

A leur grande surprise, ils ne se rassasiaient pas du corps de l'autre, éprouvant toujours plus de plaisir à chaque fois qu'ils faisaient l'amour.

De plus, ils passaient maintenant du temps à discuter, apprenant à se connaître un peu plus chaque jour. Bien sûr, ils ne parlaient pas des sujets importants, comme le passé de Duo ou le véritable travail d'Heero, mais ils en savaient maintenant beaucoup sur la personnalité de l'autre, ses habitudes, ses préférences.

Si Duo ne parlait pas de son enfance, c'est parce qu'il avait peur qu'Heero le rejette quand il saurait par où il était passé. Si Heero ne parlait pas de son travail, c'est parce qu'il avait peur que Duo le rejette quand il saurait qu'il lui avait menti.

Pourtant, ils se rapprochaient petit à petit, faisant chacun des concessions pour plaire à l'autre, se comportant de plus en plus comme un couple et non plus comme deux personnes qui baisaient juste ensemble.

Duo le premier se rendit compte du changement. Côté sentiment, il avait eu un apprentissage normal et comprit vite qu'il était tombé amoureux. Il l'accepta mais décida de ne rien dire pour ne pas brusquer son amant. Il savait que celui-ci avait du mal avec les sentiments, il était donc prêt à attendre. Car il savait que désormais il ne draguerait plus à tout va. Il avait trouvé son autre moitié et était bien décidé à la garder.

Heero par contre, avait plus de mal à se faire aux sensations qu'il éprouvait pour son amant. Il avait compris qu'il ressentait plus, beaucoup plus que pour ses autres partenaires, mais il n'était pas prêt à avouer qu'il était devenu dépendant de lui. Il ne voulait pas ressentir.

Bien sûr, il ne pouvait éviter les démonstrations de tendresse, mais de là à se dire amoureux … non, il allait bien finir pas se lasser de cette relation et ensuite, tout redeviendrait comme avant. Cela devait être ainsi !

C'est sur ces entre faits que la police arrêta le dingue. C'était un jeune homme doué en informatique qui avait fait une fixation sur Duo. Quand ils l'apprirent, Heero et Duo venait de fêter à leur manière la fin des travaux chez ce dernier.

Ils s'étaient rhabillés et buvaient tranquillement une tasse de thé quand Hilde avait sonné. Si elle avait été surprise de la présence de l'informaticien, elle n'en avait rien laissé paraître, mais elle avait annoncé la bonne nouvelle à son protégé et lui avait donné son emploi du temps pour la semaine d'après. Les vacances étaient finies.

Heero était encore plongé dans ses pensées quand Duo l'en sortit en l'appelant.

- Hee-chan ?

- Hn.

- On fait quoi maintenant ?

La question aurait pu paraitre anodine. Après tout, il lui avait déjà posé après qu'il ait fait l'amour ou quand Heero avait fini d'installer un capteur sur une quelconque partie de l'appartement et que le natté voulait son attention pour un petit câlin. Mais aujourd'hui, il savait très bien que ce n'est pas le présent immédiat qui intéressait Duo.

Après tout, il aurait dut se douter que cet instant allait bientôt arriver. Il finirait bien un jour de sécuriser la maison, et puis, il n'aurait pas pris sur ses temps de pause pour remonter le fil des emails que recevaient Duo et refiler le tuyau à la police qu'il ne voulait pas qu'on arrête le dingue et que cette histoire s'arrête. Alors pourquoi avait-il le cœur qui se serrait ainsi ? Cette relation était la plus longue qu'il ait jamais eut, mais elle devait bien se finir un jour non ?

- Je vais partir, répondit-il à Duo.

Il vit la douleur passer dans le regard de son amant. Mais celui-ci ne posa aucune question, ne fit aucune objection, ne formula aucun reproche. Il avait compris. Il ne le retiendrait pas.

Même si ça faisait un mal de chien, même s'il savait qu'il ne pourrait jamais aimer comme il aimait Heero aujourd'hui. Celui-ci le rejetait. Non, plutôt il rejetait l'amour qu'il y avait entre eux. Il ne pouvait pas le forcer à rester. Il fallait qu'il comprenne seul. Qu'il accepte seul. La seule solution était donc de le laisser partir. Avec un peu de chance, il comprendrait son erreur et reviendrait.

Heero se leva mécaniquement, espérant une réaction, un reproche. Il aurait voulut qu'il crie, qu'il tempête, qu'il l'agonisse d'injures. Ainsi il aurait put partir sereinement, sûr de sa décision. Mais Duo se contenta de lui faire un petit sourire triste et le regarda s'en aller. Dans le taxi qui le ramena chez lui, Heero pleura. Pour la première fois depuis plus de dix ans, des larmes coulèrent sur ses joues.


A partir de ce jour, il devint un acharné au travail. Réléna et Zechs le traitaient de bourreau du travail avant, mais là il passa tout son temps dans son bureau, faisant exploser son chiffre d'affaire, ainsi que le nombre d'heures de boulot. Il ne rentra pas une fois chez lui, demandant à une employée d'aller lui faire nettoyer ses costumes, se servant de la salle de bain de son bureau ainsi que de son divan.

Parallèlement, Duo devint plus que présent dans les médias, tournant un nombre de publicités inimaginable, étant de toutes les soirées de toutes les fêtes, mais rentrant toujours seul.

Il fallut un mois à Heero pour craquer. Il était dans son bureau, attendant un des plus grand patrons du monde des affaires, et pourtant un des plus jeunes, Quatre Raberba Winner. Il avait déjà rencontré le jeune homme plusieurs fois et l'avait trouvé très sympathique. S'il n'avait pas été aussi handicapé niveau sentiments, il en aurait presque fait un ami, mais il ne savait pas faire le premier pas, alors il s'en tenait à leur relation d'affaire.

Il surfait sur le site de la bourse quand la fatigue le rattrapa et le fit appuyer sur la mauvaise touche. Aussitôt un pop up apparut. Il allait le fermer, exaspéré, quand il vit Duo, son Duo avancer dans la fenêtre sur l'écran.

Celui-ci ouvrit un frigo et en sortit un yaourt dont il devait vanter la saveur. Mais quand il mit la cuillère à la bouche, son regard et ses gestes furent si sensuel, si … ça lui ressemblait tellement quand ils étaient ensemble et que celui-ci voulait l'exciter … alors le barrage que Heero avait patiemment battit autour de son cœur depuis tant d'année se rompit et il s'écroula littéralement sur son bureau.

Quand Quatre entra, il sentit tout de suite que quelque chose n'allait pas, mais il ne s'attendait certainement pas à trouver Heero Yuy, l'homme le plus froid qu'il ait jamais rencontré, en train de pleurer sur son bureau. Surtout que vu les sanglots qu'il pouvait voir et entendre, ce n'était pas une petite crise.

Il se figea quelques secondes, ne sachant que faire, puis décida d'agir comme il l'aurait fait avec un enfant. Il prit le jeune homme contre lui, lui murmurant doucement à l'oreille des phrases toutes simples pour le calmer. Quand il sentit que le plus gros était passé, il s'écarta pour ne pas gêner son collègue et préféra passer dans la salle de bain pour mouiller une serviette et lui tendre.

Calmé, Heero posa la serviette sur son visage et respira profondément.

- Ca va mieux ? demanda alors Quatre calmement.

Heero fut alors très gêné de s'être ainsi donné en spectacle, mais il sentait qu'il était quand même tombé sur la bonne personne pour montrer ses faiblesses. Quatre ne se servirait pas de ça pour avantager ses contrats et il n'était pas du genre à colporter des ragots. Bien sûr, on le disait impitoyable en affaire, mais il était loyal, surtout avec ses alliés. Devant son visage si plein de sollicitude, il ne put se retenir et dit :

- Je suis amoureux.

Quelques secondes passèrent à se regarder dans les yeux, puis Quatre répondit :

- Et ce n'est pas une bonne nouvelle ?

- J'ai tout gâché.

- Alors je suppose qu'il ne te reste plus qu'à aller t'agenouiller devant elle et la supplier de te pardonner.

Le tutoiement lui avait paru naturel dans cette situation, mais Quatre vit qu'Heero était gêné par ses propos.

- C'est un homme, avoua-t-il alors timidement.

- Oh, ne put s'empêcher de dire le blond.

Puis il sourit.

- Il a bien de la chance alors, reprit-il. Si j'avais su, j'aurais tenté ma chance avant.

Heero rougit encore plus puis se leva d'un coup.

- Il faut que je m'excuse.

Quatre acquiesça.

- Quand vous vous serez réconcilié, je serais très heureux de le rencontrer. Tu devrais te dépêcher.

- Mais …

- On se verra bien une autre fois, coupa Quatre avant que l'autre finisse. L'amour passe avant les affaires.

Heero ne se le fit pas dire deux fois et se précipita hors de on bureau. Il eut juste le temps de dire à sa secrétaire d'annuler tous ses rendez-vous pour la journée qu'il était déjà dans l'ascenseur. La pauvre femme vit ensuite ressortir le célèbre et magnifique héritier Winner, les mains dans les poches et le sourire aux lèvres.

- Belle journée, n'est ce pas ? lui dit-il.

- Oui, monsieur, lui répondit-elle abasourdi.

Puis il continua son chemin en sifflant.

Heero arriva devant chez Duo complètement essoufflé. Le taxi était resté dans un bouchon trois blocs avant et il avait fini à pied, trop impatient pour attendre. Et maintenant, il se rendait compte qu'il aurait dû appeler car il avait peu de chance de trouver le natté chez lui à cette heure. Reviendrait-il même ici ce soir ? Après tout, son travail le faisait voyager beaucoup, et s'il avait pu être ensemble aussi longtemps c'était à cause de la menace d'un dingue. Et puis, il ne voudrait peut-être pas lui ouvrir, même s'il était là.

Heero s'approcha presque craintivement et sonna. Qu'est ce qu'il allait bien pouvoir lui dire ? Je me suis trompé, je t'aime et je veux revenir ? Il allait le prendre pour un fou !

Mais personne n'ouvrit la porte. Il aurait du s'en douter. Mais il n'allait pas abandonner maintenant. Il s'assit sur le paillasson et décida d'attendre le retour du maitre des lieux, même si celui-ci ne revenait que dans plusieurs jours.


Duo était éreinté. Il savait que fuir la douleur dans le travail n'était pas une solution, mais cela faisait maintenant un mois que Heero l'avait quitté, et il n'avait maintenant plus d'espoir de le voir revenir.

Il s'était leurré en croyant que son amour était partagé et que son amant lui reviendrait. En fait, il n'avait fait que jouer avec lui. Quel idiot ! Il était tombé amoureux d'un salaud et n'arrivait même pas à lui en vouloir. Après tout, c'est lui qui avait fait des rêves, qui s'était imaginé un avenir à deux.

Complètement épuisé autant physiquement que psychiquement, il sortit du taxi qui le ramenai de son boulot et se traina jusqu'à la porte de chez lui.

C'est là qu'il le vit. Une silhouette recroquevillée sur son paillasson, la tête entre les genoux. Se pourrait-il que … ? La forme assise par terre leva alors la tête et Duo put voir deux magnifiques yeux cobalts briller dans la pénombre du soir. Il sentit les larmes poindre au coin de ses yeux.

- Tu es revenus, murmura-t-il, plus pour lui que pour son amant.

Heero passa onze heures assis sans bouger devant la porte. Quand il entendit un pas s'approcher, il leva la tête et put voir Duo devant lui. Il l'entendit parler doucement mais ne put saisir ses paroles. Il tenta alors de se relever mais le sang avait depuis longtemps cessé d'irriguer correctement ses jambes et il ne réussit pas à se mettre debout. Mais quelle importance pour ce qu'il avait à faire ?

Il se mit donc à genoux, puis se pencha en avant jusqu'à ce que son front touche le sol. Il demanda alors humblement pardon :

- Je suis désolé. Je sais que je t'ai fait du mal, je sais que je suis un imbécile, que je ne te mérite absolument pas et que tu n'as aucune raison de me pardonner, mais je ferais n'importe quoi pour que tu acceptes de me laisser juste une chance de te prouver à quel point je t'aime. Je te jure de te rendre heureux, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te voir sourire encore et encore. Alors s'il te plait Duo, accepte de me laisser revenir dans ta vie.

Puis il attendit.

Duo ne savait plus quoi faire. Il avait bien vu qu'Heero n'arrivait pas à se mettre debout, mais avant qu'il ait pu faire quoi que soit, celui-ci s'était agenouillé et lui faisait la plus belle déclaration qu'il ait jamais eut. Même si celle-ci venait après une énorme erreur, il s'en fichait.

- Tu sais Hee-chan, quand tu es parti, c'est une partie de mon cœur que tu as emporté. Tu m'as fait mal comme personne ne pourra jamais le faire car je t'aimais comme je n'ai jamais aimé.

A ce moment là, Heero se dit qu'il avait perdu. Duo ne lui pardonnerai jamais. Il laissa libre cours à ses larmes, sans pouvoir bouger, figé.

- Mais je savais que tu reviendrais. Parce que je savais que tu m'aimais, même si tu n'arrivais pas à te l'avouer. Alors je t'ai attendu. Ca fait un mois que je t'attends.

Quand il comprit le sens de la phrase, Heero releva lentement la tête pour voir si Duo était sérieux, mais tout ce qu'il put voir c'est un regard rempli d'amour.

Est-ce que c'était réel ? Était-il possible d'avoir autant de chance ?

Ne voulant pas que son amant change d'avis, Heero se jeta dans ses bras, le serrant à l'étouffer.

Cette nuit là, ils ne firent pas l'amour, mais ils dormirent l'un contre l'autre, savourant tout simplement le fait d'être ensemble.

Le lendemain, Heero se réveilla avec un corps chaud tout contre lui. Il se rappela soudain des évènements de la veille et un sourire niais naquit sur son visage. Avant qu'il ne se souvienne qu'il avait légèrement menti sur une partie importante de sa vie.

Duo allait-il lui en vouloir pour ça ? Alors qu'il se torturait les méninges pour savoir comment lui annoncer qu'il était aussi voir plus riche que lui, et accessoirement le patron dont il se moquait quand il parlait de son travail.

Après tout, personne ne connaissait le nom ni l'âge et encore moins le visage du patron de la Wing Corp, et même Duo qui était mystérieux sur son passé ne déchainait autant les hypothèses sur son passé.

Alors qu'il essayait une énième version complètement débile pour avouer son identité à son amant, il sentit que celui-ci remuait contre lui. Le moment tant redouté allait arriver.

Duo se sentit émerger lentement des brumes du sommeil et sourit quand il se rendit compte ou et surtout avec qui il était. Il s'étira lentement, tel un chat, puis se figea. Il venait de se souvenir qu'il n'avait pas eu le courage de confier son passé à son amant hier. Et s'il ne le faisait pas maintenant, il savait qu'il n'aurait plus jamais le courage. Il sentit Heero frissonner contre lui et se lança.

- Il faut que je te t'avoue …

Ils s'interrompirent tous les deux quand ils se rendirent compte qu'ils avaient parlé en même temps. Mais loin de rire de leur synchronisation, ils restèrent silencieux en s'observant. Ainsi, ils avaient tout les deux cachés quelque chose à l'autre.

Sans se concerté plus, ils se levèrent et s'habillèrent. Ils préféraient être un peu plus couverts pour la discussion qui s'annonçait. Une fois habillé et installés devant leur tasse de café, Heero soupira et dit :

- A toi l'honneur.

C'était peut-être lâche, mais il préférait que Duo commence. Celui-ci se lança donc.

Il lui parla de son passé, lui révélant son vrai nom au passage, Duo Maxwell. Il était né dans les bas fonds de New York d'une mère prostitué et d'un père alcoolique. Il s'était enfui très tôt de chez lui et avait atterri dans une bande de petits délinquants qui vivaient du fruit de leur vol.

Quand Solo, leur chef et celui qu'il considérait comme son grand frère, avait été arrêté et emprisonné pour leur laisser une chance de fuir, il avait quitté la bande et s'était retrouvé à dormir sur le porche d'une église.

Le prêtre et la bonne sœur qui vivait là l'avait recueilli et éduqué comme ils avaient pu. Malheureusement, ils étaient morts dans l'incendie de leur église. Heero se rappelait très bien de la tragédie qui avait fait la une des journaux dans tout le pays à l'époque.

Duo avait été effondré mais il avait rencontré Hilde dans l'hôpital ou on l'avait admis. Il s'en sortait sans aucune blessure, ayant juste avalé trop de fumée. La jeune femme quand à elle, se remettait d'une raclée que lui avait mis le père de sa famille d'accueil, le jeune fille étant orpheline.

Ils avaient sympathisé et l'assistante sociale avait réussi à les envoyer dans le même centre d'accueil. Ils avaient réussi à s'en sortir ensemble, elle en menant à bien des études de management, lui en se faisant repérer dans la rue pour son physique. A force de travail et avec l'aide de la jeune femme, il était maintenant au sommet dans son domaine.

Duo se tut, les yeux toujours baissés sur sa tasse depuis le début de son récit. Maintenant que son amant connaissait son passé, allait-il toujours le voir comme digne de lui ? En entendant soupirer, il releva la tête mais au lieu d'une expression dégoutée, c'est un visage encore plus soucieux qui lui fit face.

- Hee-chan ? demanda Duo.

- Je ne vois absolument pas ce qui te fait penser que ton passé pourrait changer quelque chose dans notre relation. Mais du coup, ce que j'ai à te dire me fait encore plus culpabiliser.

- Tu es marié ? demanda Duo.

- Bien sûr que non, rétorqua Heero étonné.

- Tu as des enfants ? Tu es un criminel ? Tu as l'intention de me laisser tomber après m'avoir détroussé ?

- Non, non, répondit l'autre encore plus abasourdi.

- Alors t'inquiète pas Hee-chan, rien de ce que tu pourras me dire ne me feras changer d'avis. Je t'aime et je veux rester avec toi pour toujours, quoi qu'en dise les autres.

Duo souriait mais Heero était quand même inquiet.

- Et que dises ces autres ?

- Que tu m'aimes pour mon argent et accessoirement pour mon physique.

Un ange passa.

- Hee-chan ? demanda Duo.

Un gros soupir lui répondit.

- Je ne t'aime pas pour ton argent Duo, peut-être un peu pour ton physique, c'est quand même ça qui m'a attiré au début, mais maintenant je t'aime parce que tu es toi.

Ému, Duo vint s'assoir sur les genoux de son amant et lui demanda.

- Alors dit moi ce gros secret, mon Hee-chan.

Celui-ci enfouit son visage dans le cou de son partenaire et avoua :

- Je suis riche.

Duo cru d'abord à une blague mais quand il comprit qu'il était sérieux, il éclata de rire.

Ce qui ne plus pas beaucoup à Heero.

- Désolé Hee-chan, mais c'est vraiment trop drôle. Voilà, c'est fini. Je me calme. Alors dis moi, comment ce fait-il qu'un petit employé comme toi soit riche ?

- Suis pas un petit employé, marmonna celui-ci.

- Quoi ? demanda Duo qui ne l'avait pas compris.

Heero prit une grande respiration et se lança.

- Je ne suis pas un employé de la Wing Corp, j'en suis le patron.

Pour le coup, Duo en resta bouche bée. Il était tombé amoureux d'un génie multimilliardaire et en plus il était beau comme un dieu.

- Mais comment ? fut les seuls mots qu'il arriva à articuler.

- J'ai monté la Wing Corp quand j'étais encore à la fac, commença Heero. J'avais déjà deux ans d'avance et comme ça a bien marché pour moi avec tous les brevets que j'ai déposé, j'ai pu me développer assez vite. J'ai eu de la chance de rencontrer Réléna pour l'aspect relation publique, c'est la meilleure dans son domaine et elle a permis à la boîte d'avoir cette réputation d'excellence aujourd'hui. Je suppose que mon refus de me montrer a dut ajouter au mystère, et comme je n'avais pas vraiment de vie en dehors du boulot je ne me suis consacré qu'à ça jusqu'à ce que je te rencontre. Alors voilà.

Duo réfléchit quelques secondes puis demanda intrigué :

- Mais pourquoi c'est toi qui es venu personnellement réparer un simple réseau ?

- Je n'avais rien à faire ce jour là, alors comme c'est moi qui avait pris l'appel, j'ai décidé de m'occuper un peu, répondit simplement Heero. Et après, je voulais te revoir alors j'ai fait semblant d'être un employé. Je suis désolé tenshi.

- Qu'est ce que tu as dis ?

- Que j'étais désolé, répéta Heero malheureux.

- Non après. Tu as dis ten quelque chose.

- Tenshi, ça veut dire ange en japonais.

- Ange, répéta rêveusement Duo.

Comme il ne semblait pas réagir plus que cela, Heero finit par demander :

- Tu m'en veux ?

- De quoi ?

- De t'avoir mentit.

Duo sourit.

- Bien sur que non gros bêta. Tu avais tes raisons à ce moment là, et je comprends que tu ne veuilles pas donner ta véritable identité à tout le monde. Mais je pourrais le dire à Hilde ? demanda-t-il en faisant une petite moue adorable.

Heero éclata de rire et l'embrassa. Apparemment, leurs secrets respectifs n'avaient rien changé à leurs sentiments. Ils allaient maintenant devoir apprendre à vivre à deux, faisaient chacun des concessions pour continuer à vivre heureux l'un avec l'autre. Ils avaient fait tours et des détours, mais ils auraient dut savoir que tous les chemins mènent à …l'amour !


Alors, pas trop déçu ?

Fan de Wufei, ne vous inquiétez pas, il arrive dans le prochain chapitre !