Résumé : camps de vacances

Genre : UA, OOC (je le mets dans le doute, mais j'essaie de respecter leur caractère)

Couple : 1x2 3x4 5xMeiran et début de Zechs xLucrezia

Disclaimer : Les personnages ne sont pas à moi

Note : J'ai eu beaucoup de mal à l'écrire celui-là. J'avais l'idée de départ, mais pas trop les détails. Mais bon, comme j'avais commencé, je me suis dit qu'il fallait que je finisse. La description de la semaine n'est pas très détaillée, mais comme ça, chacun peut imaginer ce qu'il veut.

Bonne lecture.


La vengeance est un plat qui se mange froid

- Salut les filles, lança Réléna en s'approchant d'une table sur la terrasse d'un petit café. Elle fit le tour en embrassant ses amies puis s'assit, visiblement épuisée. Il y avait là Hilde, Catherine, Sally, Meiran et Iria.

- Ca va ? demanda Hilde à sa droite.

- Heero va me tuer. Il croit que parce que lui est un bourreau du travail, tout le monde peut travailler à la même cadence, du coup je dois faire des heures pas possibles pour venir à bout de tout ce qu'il me donne à faire.

- Wufei est pareil, confia Meiran. Depuis qu'on s'est installé ici, il veut prouver à sa famille qu'ils ont eut raison de lui confier la partie américaine de la société et il s'épuise carrément à la tâche !

- Ce n'est pas pire que Trowa ! affirma Catherine. Il cumule deux boulots, directeur et vétérinaire et en plus il faut qu'il se libère du temps quand Quatre en a pour qu'il puisse se voir un minimum.

Tous les regards se tournèrent vers Hilde pour savoir ce qu'il en était de Duo, mais Sally fut la première à exprimer l'avis général :

- Au moins, Duo ne doit pas être trop fatigué. Il est la star du tournage sur ce film, non ?

- Même pas ! répliqua Hilde. Il doit se lever à 5h tous les matins pour aller sur le plateau et même si le metteur en scène est un génie, c'est aussi un sacré emmerdeur ! Il ne laisse personne partir tant qu'il n'est pas satisfait. Et Duo en bave autant que les autres.

-Pff les mecs ! résuma Réléna.

Un moment de silence tomba sur le groupe, toutes les filles étant perdue dans leurs pensées. Depuis quelques semaines, depuis la prise d'otage pour être exact, elles s'étaient revues pour boire un café, faire les magasins ou voir un film. Faire parti de l'entourage de cinq des vingt plus beaux gosses d'Amérique rapprochait énormément.

- Il leur faut des vacances ! lança Meiran.

- Ils ne voudront jamais, répliqua Iria.

- Il suffit de les kidnapper, proposa Catherine.

- Pas mal, dit Sally. Mais même si on réussit à les convaincre, on les envois où ? Si on tourne le dos une minute, je parie qu'on les retrouvera devant un ordi ou une revue financière. Et je ne tiens pas à les suivre juste pour les surveiller !

Un autre silence recouvrit la petite assemblée jusqu'à ce qu'Hilde prenne la parole :

- J'ai peut-être une solution. Je suis resté en contact avec une fille de l'orphelinat. Elle travaille dans un ranch avec cinq vieux garçons mais comme ça ne tourne pas terrible elle prend en pension des vacanciers en mal de nature pour les aider dans leur travaux. Comme ça les garçons ne pourront pas dire qu'on les empêche de travailler et c'est a à peine une heure d'ici.

Cinq sourires répondirent à cette idée et il ne leur fallut que quelques minutes pour mettre en place leur traquenard.

Iria se chargea de prévenir Rachid pour qu'il bloque une semaine dans l'emploi du temps de Quatre.

Catherine demanda Dorothy, l'adjointe de Trowa dans la direction de l'école, d'assumer ses fonctions cette semaine là, ce qu'elle accepta avec plaisir.

Sally et Meiran se chargèrent de Wufei qui ne comprit pas pourquoi sa secrétaire restait très vague quant à ses rendez-vous.

Ce fut plus dur à Réléna et Zechs (quio avait été mis dans le coup) de préparer l'absence d'Heero, étant son propre patron, mais ils réussirent à programmer nombres de réunions fictives avec des gens de l'entreprise et annulèrent les entrevues plus importantes avec l'extérieur.

Hilde n'eut aucun mal par contre à flouer Duo, celui-ci ne faisait plus attention à son emploi du temps et attendait juste la fin du tournage prévu la veille du départ.

Il était prévu que Zechs loue un mini bus pour emmener les cinq garçons, lui seul avait accepté de prendre le risque. Enfermé dans un espace aussi restreint avec cinq hommes non consentants n'était après tout pas très sûr mais il préférait ça plutôt que faire partie du convoi, sa sœur lui ayant fait remarqué qu'il avait lui aussi besoin de vacances.


Le samedi matin tant attendu (par les filles seulement) arriva enfin et la rafle commença. Les valises avaient été préparées plus tôt en toute discrétion, il ne restait donc qu'à emporter leur propriétaire.

Le plus facile fut Wufei, Meiran n'eut qu'à monter dans le véhicule sous couvert d'une surprise pour l'entrainer avec elle. S'il ne comprit pas le pourquoi, il finit bien vite par abandonner ses questions face au regard de sa femme.

C'est donc en silence que Zechs continua jusqu'au domicile de Heero et Duo. Hilde attendait devant et aida le chauffeur à porter un Duo en pyjama et encore endormi à l'intérieur. Si Wufei fut estomaqué, il n'en montra rien mais commençait néanmoins à imaginer les pires machinations. Heero déboula alors de la maison, déjà en costume et s'engouffra dans le bus pour récupérer son amant, mais Zechs démarra dès qu'il eut mis un pied à l'intérieur et les deux femmes agitèrent leur mouchoir à l'extérieur, tout sourire. Heero eut beau tempêter, tout ce qu'il obtient fut de réveiller Duo et d'énerver un peu plus Wufei.

Quand ils arrivèrent devant chez Quatre, Heero essaya de descendre, mais Rachid et quelques domestiques de la maison catapultèrent un Quatre complètement perdu et un Trowa taciturne avant qu'il ait pu faire un geste.

Ils s'assirent donc tous les cinq le plus loin possible du conducteur et tinrent un petit conciliabule avant de s'approcher de Zechs pour lui poser leurs questions. Celui-ci fut pourtant plus rapide et déballa le speech qu'il avait préparé en vue de rester en vie jusqu'à la fin du voyage.

- Les filles ont décidées que vous aviez besoin de vacances donc vous avez gagné une semaine gratuite dans un ranch en pleine nature pour vous ressourcer et reprendre des forces. Je viendrais vous chercher vendredi prochain pour vous ramener en pleine forme à vos chères affaires. Au fait, vos bagages sont dans les rangements au dessus de vos têtes si ça intéresse certains.

Un silence glacial lui répondit. Ne pouvant pas quitter la route des yeux, il ne pouvait qu'imaginer les regards de mort qui planait sur lui.

Quatre fut le premier à capituler. Après tout, il savait que sa société ne risquait rien avec Rachid, au pire il pourrait revenir rapidement. Et puis, ça lui ferait vraiment du bien de faire une pause et de se retrouver un peu seul avec Trowa.

Celui-ci, voyant le sourire de son compagnon décida également de faire contre bonne fortune bon cœur et alla s'installer à côté de son amour dans les sièges du fond. Après tout, il ne serait pas trop dépayser dans un ranch.

Wufei comprit vite qu'il n'avait pas son mot à dire et que même s'il trouvait un moyen de rentrer, sa femme le renverrait à coup de pied dans le … enfin, très rapidement. Il s'assit donc en grommelant contre les onnas autoritaire et les amis faux frères.

Duo, toujours en pyjama, avait pâlit à l'évocation du ranch mais décida que le plus urgent était de s'habiller. Il n'était pas contre des petites vacances avec son Hee-chan, loin de là, mais une semaine dans un ranch ….il allait devoir négocier. Pas qu'il n'aime pas la nature, mais qui disait ranch disait animaux, et là un problème apparaissait. Duo avait grandi en ville, les seules bestioles qu'il connaissait étaient les rats, les chats de gouttières et les chiens faméliques.

La fois où il avait dû poser en tenue de cow-boys sur son cheval, le photographe avait été obligé de recourir à un fond numérique car il avait été incapable de s'approcher de l'animal. Et cela valait pour toute la faune existante dans une ferme. Le problème, c'est qu'il n'avait pas avoué sa phobie à Heero et il ne voulait pas que celui-ci se moque de lui, pas plus que ses amis.

Quand il eut finit de se changer, Heero revenait de l'avant, furieux après sa conversation avec Zechs. Il avait toujours été son propre patron, décidant de ce qu'il faisait de ses journées, de sa vie. Il ne supportait donc pas que quelqu'un lui impose des vacances, surtout dans un ranch paumé au fin fond de la campagne. Pourtant, Zechs avait été inflexible. Il ne le laisserait pas partir.

C'est avec l'idée de s'échapper une fois à destination qu'il s'assit à côté de Duo, inconscient du trouble de celui-ci.


Une heure plus tard, Zechs arriva sur un chemin de terre tout défoncé qui devait mener, selon les indications de la copine d'Hilde, au ranch Gundam. En effet, après quelques kilomètres à cahoter, le mini bus passa sous un panneau légèrement défoncé et très détérioré où l'on pouvait deviner le mot Gundam peint dans un temps très lointain vu la couleur passé.

L'appréhension de Duo revint en force et l'énervement de Heero et Wufei fut à son comble. Ils n'allaient quand même pas passer leurs vacances forcées dans un endroit aussi minable que ça ! Surtout que la dernière ville qu'il avait vu était vraiment petite et se situait à au moins dix kilomètres de là.

Ils passèrent devant des champs plus ou moins entretenu, certains labourés, d'autres déjà semés. Ils virent aussi de grands parcs ou paissaient des chevaux, parfois même des vaches. Heero, trop préoccupé par sa colère ne vit pas le malaise grandissant de son compagnon.

Ils parvinrent enfin en vue de bâtiment, visiblement plus tout jeune, et d'une immense maison typique. C'était un espèce de chalet démesuré de deux étages, entouré d'une large terrasse couverte, le tout construit en bois. Une balancelle bougeait avec le vent.

Zechs s'arrêta alors qu'une jeune femme sortait de la maison. Elle était habillée d'un jean et d'une chemise en flanelle, les cheveux court et noir, pourtant on ne pouvait nier sa féminité. Zechs regretta presque de ne pas rester.


Lucrezia sortit de la maison en entendant un bruit de moteur. Ces imbéciles de la ville étaient enfin arrivés. Les attendre lui avait fait perdre une matinée de travail et elle allait devoir mettre les bouchés double si elle voulait avoir tout finit.

Pas que les professeurs ne puissent l'aider, mais ils avaient une fâcheuse tendance à partir dans leur expérience et négligeaient leur partie du travail. Et malgré toute se bonne volonté, elle ne pouvait pas faire tourner une ferme de cette dimension à elle toute seule. Et elle n'avait absolument pas les moyens d'engager du personnel, devant faire vivre six personnes avec ce que rapportait le ranch.

Pas qu'elle ait beaucoup de besoins, mais rien que les dépenses en investissements pour la ferme en plus des fonds nécessaires aux expériences de ses employeurs, vidaient les comptes alors qu'il fallait encore remplir le frigo.

En effet, les cinq professeurs avaient acheté le ranch pour y mener leur recherche et avait engagé la jeune fille qu'elle était en sortant de l'orphelinat à sa majorité, pour s'occuper de la maison. Bien sûr, elle n'avait jamais eut l'intention de faire la cuisine ou les tâches ménagères et avait préféré s'atteler à la comptabilité et à la bonne marche du ranch.

Elle avait ainsi réussit à sortir la ferme de la faillite, permettant aux cinq scientifiques de continuer leur recherche, et menait la vie au grand air comme elle l'avait toujours rêvé.

Pour la maison, c'est une femme de la ville qui venait de temps en temps faire le ménage et apportait les courses ainsi que des plats tout prêts.

Revenant au présent, elle vit sortir deux hommes d'origine asiatique visiblement furieux, une véritable bombe sexuelle (pas que les autres ne soit pas beaux mais on voyait que celui-ci s'entretenait davantage) pour le moment tremblant et un couple tout sourire. Du moins pour le blond, l'autre était neutre.

Grâce aux descriptions de son ancienne amie, elle put mettre un nom sur leur visage, même si certains ne lui étaient pas tout à fait inconnus. Après tout, ce n'était pas parce qu'elle habitait un trou perdu qu'elle ne regardait pas les informations pour se tenir un peu au courant.

Le chauffeur descendit à son tour et Lucrezia eut une montée d'hormone en voyant le sourire appréciateur du beau blond qui avait les yeux fixé sur elle. Elle préféra détourner le regard et observer ses nouveaux aides.

- Je m'appelle Lucrezia Noin et je suis ravie de vous recevoir au ranch Gundam. Je n'ai pas beaucoup de temps, alors je vais vous montrer vos chambres pour que vous posiez vos affaires et je vous emmènerez chacun avec un professeur pour que vous les aidiez.

- Quoi ? s'exclamèrent cinq voix en même temps.

Lucrezia fronça les sourcils. Pourquoi étaient-ils aussi étonnés ? Ils savaient bien qu'ils étaient là pour aider non ?

Un bruit attira son attention derrière les vacanciers et elle vit le bus partir avec un Zechs tout souriant qui agitait la main.

- Je vais le tuer ! dit Heero ulcéré.

- Elles méritent toute une correction ! ajouta Wufei.

- Veut partir, murmura Duo mais trop bas pour que quelqu'un l'entende.

- On peut avoir quelques explications ? demanda Quatre en souriant à la jeune femme.

Celle-ci soupira. Elle allait bien engueuler Hilde elle aussi. Elle croyait hériter de cinq stupides gars de la ville motivés, elle se retrouvait avec cinq stupide gars de la ville énervés ET ignorants.

- Le ranch Gundam accueille des citadins désireux d'apprendre les travaux agricoles. Vous êtes logé et nourri en échange d'un coup de main pour s'occuper du potager, des bêtes et des champs.

- Combien pour nous laisser partir ? coupa alors Heero.

Wufei et Duo regardèrent également la jeune femme intensément pour l'un, plein d'espoir pour l'autre.

- Désolé, mais aucune défection n'est possible. Vous vous êtes engagé à nous aider, alors vous rester.

Pas qu'elle ait vraiment besoin de boulets supplémentaires, mais le peu qu'il pourrait faire était ça en moins pour elle. Et puis elle n'allait pas leur donner satisfaction. Il fallait qu'ils apprennent que tout n'était pas à vendre.

- Ce n'est pas nous ! répliqua Wufei à la réponse de la jeune femme. On n'était même pas au courant !

- Dites plutôt que vous voulez des esclaves ! rajouta Duo, paniqué à l'idée de s'approcher des animaux.

La jeune femme leur lança un regard noir puis se retourna :

- Prenez vos sacs et suivez-moi.

Les cinq hommes grommelèrent, même Quatre et Trowa qui auraient préféré passer du temps ensemble plutôt que de travailler. La jeune femme ne leur laissa que quelques secondes pour s'installer, Heero et Duo dans une chambre, Trowa et Quatre dans une autre et Wufei dans la dernière. Heureusement, ils n'étaient pas dans un dortoir commun, ils n'auraient pas tenu sinon.

Ils redescendirent donc à la file derrière Lucrezia qui s'arrêta dans la cour pour les dispatcher. Un simple coup d'œil lui permit de définit quelle tâche elle allait leur donner.

Pour Wufei, il n'y avait que le professeur O qui pourrait le tenir. De plus, il serait amusant de voir comment il allait s'en sortir avec la discipline dans laquelle le professeur faisait ses recherches. Ca lui ferait les pieds ! pensa la jeune femme.

- Wufei, vous aiderez le professeur O dans le potager à l'arrière de la maison. Dépêchez-vous il vous attend, ajouta-t-elle en souriant.

Elle crut que l'homme allait exploser, il se tendit, faillit hurler, mais le regard moqueur de ses compagnons le convainquit de partir sans un mot.

Lucrezia se tourna ensuite vers l'autre grognon du groupe.

- Le professeur J s'occupe de toutes les machines du ranch. Tu le trouveras dans le garage là-bas, ajouta-t-elle en lui désignant un hangar à l'écart.

Légèrement intéressé par le sujet, Heero décida d'aller voir ce qu'il en était avant de tenter 10km de marches à pieds pour rejoindre un semblant de civilisation.

- Trowa, vous connaissez les chevaux n'est ce pas ?

En effet, Hilde lui avait dit qu'un d'entre eux était vétérinaire et avait grandit dans un cirque. Elle n'aurait jamais laissé quelqu'un approcher ses chéris, même si le professeur S était là pour surveiller.

- Oui, répondit simplement le jeune homme, une lueur d'envie dans les yeux.

La jeune femme se contenta de montrer la direction des écuries et de lui donner le nom de son "tuteur". Trowa embrassa Quatre et se dirigea vers ses nouveaux amis.

Lucrezia fit alors face aux deux hommes restants. L'un plutôt souriant, l'autre très stressé. Elle avait encore deux places à distribuer, l'une aux côtés de G pour s'occuper de la basse-cour et l'autre dans la maison pour s'occuper des tâches ménagères.

En effet, la femme qui s'en occupait avait pris une semaine de vacances, et le professeur H était à un séminaire et avait interdit quiconque de s'approcher de ses engrais. Elle ne se posa même pas la question de savoir qui s'occuperait de la cuisine, Hilde l'avait prévenu des compétences de Duo en la matière.

- Tu veux bien préparer le repas ? demanda-t-elle à Quatre.

- Bien sûr, répondit le jeune homme. Bonne chance Duo, ajouta-t-il en se dirigeant vers la maison.

Celui-ci ne répondit rien mais tourna vers la jeune femme avec un regard désespéré.

- Le professeur G s'occupe de tous les animaux de basse cour et …, commença-t-elle.

Elle faillit abandonner en le voyant pâlir, mais elle n'avait pas de temps à perdre, la comptabilité l'attendait et elle n'avait pas le temps de faire ce travail en plus. Quelles que soient les appréhensions du jeune homme, il allait devoir y faire face.

- Quels an…ani…animaux ? demanda Duo en tremblant.

Lucrezia haussa les épaules. C'était bien un citadin pour ne pas savoir quels animaux faisaient parti de la basse cour !

- Nous avons une vingtaine de poules, autant de lapins, quelques canards et une oie. En plus de ça, le professeur a adopté un couple de cochons qui vient d'avoir une portée et trois brebis ainsi qu'un bélier. Alors même si ce n'est pas vraiment dans ses attributions ...

Elle vit Duo vaciller mais il se contenta de faire demi-tour et de partir dans la direction qu'elle avait inconsciemment désignée en parlant. Un peu inquiète, elle parti quand même dans son bureau pour s'occuper de toutes les factures en suspens.




Midi sonna deux heures plus tard et Lucrezia releva le nez. Elle évalua rapidement la pile de paperasse encore devant elle et estima qu'elle en avait encore pour quatre heures au minimum. Avec de la chance, après le repas et ça, elle aurait juste le temps d'aller faire un tour sur l'exploitation pour voir si aucune catastrophe n'était arrivée et il serait l'heure du dîner puis d'aller se coucher. Et les comptes n'étaient pas pour la rassurer.

En soupirant, elle se dirigea vers la maison, se déchaussa dans l'entrée pour ne pas salir l'intérieur et passa dans la salle de bain pour se laver les mains. Étrangement, elle n'entendit pas le joyeux brouhaha des professeurs échangeant leurs ressentes découvertes autour de la table. Pourtant, ils étaient toujours à l'heure quand il s'agissait de manger.

Elle entra dans la salle à manger, perçut la délicieuse odeur provenant de la cuisine en même temps qu'elle voyait un étrange spectacle autour de la table. Les quatre profs présents faisaient face à leurs quatre adjoints. L'atmosphère était lourde.

Lucrezia s'assit à un bout, tandis que Quatre entrait de l'autre côté avec un plat dans les mains et s'installait à l'autre.

Le plat passa de mains en mains, tout le monde se servant généreusement des tomates fraiches, mais personne n'osant parler. C'est finalement Quatre qui prit la parole quand il vit que les personnes présentes mangeaient de bon appétit.

- Alors, comment ce sont passé vos débuts ?

Ses compagnons se tendirent pendant que les profs baissaient la tête dans leurs assiettes. Surpris, Quatre se tourna vers son amant.

- Trowa ?

Celui-ci jeta un imperceptible coup d'œil à S, puis regarda Quatre quelques secondes mais retourna à son assiette sans rien dire. Étonné, celui-ci allait poser une question quand le professeur chargé des chevaux prit la parole, sans trop hausser la voix toutefois :

- Je fais les expériences que je veux d'abord, c'est mes canassons à moi.

Trowa releva la tête instantanément et fixa le malheureux avec un regard de tueur. Le prof continua à parler dans sa barbe mais seul un léger murmure se faisait entendre.

Quatre se racla la gorge et continua son tour de table.

- Heero ?

On aurait dit que le professeur J n'attendait que ça pour intervenir, car il commença à médire sur ces jeunes qui ne pensaient qu'à l'électronique alors que seule la bonne vieille mécanique était sûre et ne lui avait jamais fait défaut, et d'abord c'était lui le chef qui décidait comment réparer les machines et que ce n'était pas un blanc bec de la ville qui allait lui apprendre son métier.

Au bout de la tirade, il n'avait pas une seule fois regardé Heero qui se contentait de manger sans faire attention à son entourage. Comme le silence commençait à revenir, Quatre se tourna alors vers Wufei en désespoir de cause.

- Wufei ? demanda-t-il d'une toute petite voix.

Celui-ci s'était retenu jusque là, mais si on lui demandait directement son avis, il allait le donner !

- Je ne suis pas une onna ! Je n'ai pas à planter des graines et à déplacer des brins d'herbes d'un pot à un autre ! Et c'est complètement idiot de prendre un ridicule petit arrosoir et faire cinquante allers-retours au lieu d'attendre qu'il pleuve ! Et … et …

- Et il bêche comme un pied, compléta le professeur O en relèchant consciencieusement son assiette sans regarder son interlocuteur. Wufei se tut mais on pouvait voir dans ses yeux qu'au moindre faux pas, il se ferait une joie de rabattre son caquet à son vis-à-vis.

Voulant alléger l'atmosphère, Quatre se tourna vers Duo qu'il savait être toujours de bonne humeur.

- Et toi Duo ?

Le jeune homme craqua sous les regards de toute l'assemblée, et s'effondra en larmes sur l'épaule de son amant qui se trouvait à côté de lui. Tout le monde se tourna vers le professeur G qui se contenta de sourire. Quatre se dépêcha donc de débarrasser le plat de tomates vide et apporta le reste du repas.

Il avait fait simple, purée-steak, mais les travailleurs ne se plaignirent pas et avalèrent le tout. Quand une heure sonna, le dessert était consommé et ils s'apprêtaient tous à repartir à leurs occupations.

Lucrezia prit alors la parole.

- Je vous remercie de jouer le jeu, même si vous n'aviez pas prévu de prendre des vacances, et encore moins de bosser pendant celles-ci. Vous pourrez vous arrêter à 17h et vous aurez quartier libre. Il y a une bibliothèque à l'étage, à côté de vos chambres, ainsi qu'une télévision et quelques dvd. Quatre, si tu pouvais prévoir le dîner pour 19h, s'il te plait.

- Pas de problème, répondit celui-ci en souriant.

Ils se séparèrent tous, les visages plus ou moins enthousiastes.

A 17h, ils passèrent tous par la salle de bain pour s'enlever la poussière, terre, cambouis et autres produits indéterminés qui les ornait, même Quatre qui avait décidé de faire un peu de ménage pour ne pas s'ennuyer était couvert de poussière.

Ils se retrouvèrent ensuite dans la bibliothèque pour se détendre pendant que Lucrezia faisait un tour du ranch. Les professeurs lui assurèrent que tout se passait bien, même si elle ne les crut pas.

Il était évident que S et J n'étaient pas d'accord avec les méthodes de Trowa et Heero, dieu seul savait comment ces deux là les tenaient pour qu'ils ne se plaignent pas à elle.

Les professeurs O et G par contre semblaient beaucoup s'amuser avec leur aide mais ne refusèrent de donner des détails, même si elle remarqua nombre de pots cassés et de plantes brisées dans le potager, tandis qu'elle trouvait beaucoup de plumes dans le poulailler et un nombre incalculable de flaques d'eau et tas de nourriture (grain de blé, paille, bouilli…) dispersés un peu partout dans la cour. Qu'est ce qui c'était passé ici ?

Elle refusa de s'en occuper pour l'instant et fini par rentrer à la maison pour le diner.

Demain, le professeur H rentrait et il faudrait aller semer l'engrais dans les champs. Par contre, elle décida de laisser Quatre travailler dans la maison quand elle se rendit compte que celle-ci brillait comme un sous neuf et que le dîner était aussi bon que le déjeuner.

Si ce mec n'était pas un des hommes les plus riches de la planète, elle l'aurait engagé dans l'instant. L'ambiance ne fut pas des plus festives ce soir là, mais les garçons parlèrent tout de même de leur journée entre eux. Les profs firent bien quelques bruits bizarre en entendant un commentaire ou un autre, mais personne ne hurla ou ne fit la tête.

Ce soir là, en allant se coucher, les cinq garçons pensèrent la même chose. Travailler à la campagne était drôlement fatigant ! Mais alors que le sommeil venait les chercher, ils décidèrent de rester une semaine. Ce qui ne les empêchait pas de se venger dès qu'ils retrouveraient les instigatrices de ce traquenard ! C'est sur un sourire vengeur qu'ils finirent par sombrer.


Comme le deuxième jour était un dimanche, Lucrezia leur avait donné quartier libre pour la journée, les autorisant à se promener sur la ferme pour visiter les zones qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de voir. Ils firent donc la grasse matinée, prirent un bon petit déjeuner et jouèrent aux touristes.

Au déjeuner, ils mangèrent des plats tout prêts du congélateur et firent également la connaissance du professeur H. Ils se rendirent aussi compte que pour leur hôtes, le dimanche n'existait pas, quand il y avait du boulot, on bossait. Sans se concerter, ils passèrent donc leur après-midi comme la veille, à aider les profs dans leur tâche pendant que Lucrezia partait aux champs.

Le lundi matin, ils furent réveillés par une Lucrezia de bonne humeur à 6h pile ce qui les fit plus grimacer.

Ils passèrent ainsi la semaine à travailler, Heero apprenant que non l'informatique n'était pas une réponse à tout et qu'une bonne clef de douze assené sur un moteur faisait parfois des miracles.

Trowa apprit que la sélection génétique n'était pas si dangereuse et pouvait donner des sacrés beaux chevaux finalement.

Duo réussit petit à petit à faire face à sa peur des "bestioles", grâce notamment à la patience du professeur G qui entreprit de lui apprendre toutes les caractéristiques des différentes espèces et de lui présenter chaque animal par son nom, son histoire, son caractère.

Wufei comprit que le potager était aussi une affaire d'homme, surtout quand il sentit tous ses muscles protester à la seule vue d'une bêche. Il apprit aussi la patience qu'il faut pour attendre qu'une petite graine germe, pousse, fleurisse et ensuite devienne un beau fruit ou un savoureux légume. Bien sûr, il n'aurait pas la chance de profiter de son travail, mais le professeur O lui promit de lui envoyer quelque échantillon de sa production.

Quatre quand à lui, prit beaucoup de plaisir à s'occuper de son intérieur, ainsi qu'à nourrir toute la petite troupe. Il se promit qu'à son retour, il prendrait plus de temps pour passer à la maison et cuisiner pour son Trowa.

Bien sûr, tout ne fut pas rose et il y eut quelques scènes plutôt comiques. Comme quand ils retrouvèrent Quatre debout sur une chaise parce qu'il y avait une souris dans la cuisine.

Ou quand Heero hurla de terreur devant une minuscule petite araignée qui voulait prendre une douche en même temps que lui.

Ou quand Wufei s'amusa à cacher une grenouille dans une des chaussures de Duo. Son cri failli briser un vase. Mais il se vengea en dissimulant une colonie de verre de terre dans un des pots que le chinois devait utiliser. Le pot vola à quinze mètres.

Trowa, lui, eut droit à une chute assez spectaculaire alors qu'il tentait de reproduire une acrobatie sur le dos d'un cheval qui n'a pas été dressé pour ça. Quatre lui hurla dessus pendant cinq minutes, le traitant d'inconscient mais il le palpa bien partout pour vérifier qu'il n'était pas blessé.

Lucrezia dut réviser légèrement son jugement sur les "gars de la ville" et fit les yeux ronds quand elle s'aperçut que non seulement quelqu'un avait touché à sa comptabilité pour lui faire faire des économies, mais que des actions avaient été achetées sur le compte du ranch qui lui rapportaient déjà. Elle ne sut jamais lequel avait fait le coup.

Le vendredi arriva donc bien vite et avec lui le mini bus qui devait les ramener à leur vie. Par contre, ils eurent la surprise de voir arrivé avec Zechs, toutes les filles qui avaient programmé leurs vacances. En effet, Lucrezia avait invité tout le monde à un grand diner pour remercier les garçons de leur travail et les filles de les avoir amenés ici. Elle avait spécialement commandé un repas à un traiteur de la ville pour l'occasion.

Ce fut donc une joyeuse tablé qui se réunit ce soir là. Si les filles avaient eut peur de la réaction des garçons, elles furent rassurés par la bonne humeur de ceux-ci.

Elles auraient du savoir que la vengeance est un plat qui se mange froid.


- Alors comment s'est passé cette semaine ? demanda Réléna autour de la table, après avoir échanger des banalités.

Heero sourit intérieurement. C'était le moment de lâcher sa bombe.

- Très bien Réléna, tu as eu une excellente idée de m'obliger à prendre ces vacances. Je me suis tellement amusé que je n'ai pas du tout pensé à ma société.

La pauvre ne comprit pas qu'il la flattait pour mieux la faire tomber et se rengorgeait de plus en plus. Mais les autres commençaient à trouver bizarre qu'Heero agisse ainsi et les garçons riaient sous cape.

- J'espère que tu t'es bien occupé du dossier Alkonse qui doit être prêt pour mardi prochain comme je devais te le dire samedi dernier ? rajouta Heero innocemment toujours en souriant.

Réléna perdit alors sa belle assurance et pâlit affreusement.

- Quel dommage, ajouta alors Heero pour enfoncer le clou, tu vas devoir y passer tout ton week-end dans ce cas !

Après ça, Réléna passa le repas dans son coin à ruminer tandis que les autres filles se demandaient ce qui allait leur tomber sur le nez.

C'est Quatre qui passa ensuite à l'attaque. Comme Lucrezia le complimentait devant tout le monde pour sa cuisine et sa parfaite tenue de la maison, il se tourna vers sa sœur et lui dit :

- Cette expérience m'a vraiment transformé Iria, je ne te remercierais jamais assez de m'avoir fait découvrir le plaisir de s'occuper de son intérieur. D'ailleurs, j'ai décidé de démissionner et de te laisser mon poste à la tête des entreprises Winner pour devenir homme au foyer et pouvoir m'occuper de Trowa.

Bien sûr, il récita sa petite tirade en souriant, tel un ange innocent et Iria avala la couleuvre.

- Quoi ? Mais tu ne peux pas faire ça ! C'est impossible ! Quatre, tu blagues n'est ce pas ? Tu ne vas pas me faire ça !

Au bout de cinq minutes de supplications, Quatre consentit à garder sa place contre la promesse de ne plus jamais intervenir dans sa vie. Si Iria comprit qu'elle s'était faite avoir, elle préféra se faire toute petite le reste du repas.

Catherine, voyant son tour arriver, prit les devants et annonça à son frère avant qu'il ait pu ouvrir la bouche :

- Dorothy a fait un excellent travail, alors je lui ai demandé si elle ne voulait pas prendre un peu plus de responsabilité pour l'école et elle a accepté avec joie. Tu n'auras plus à faire que quelques apparitions et à signer les papiers importants en tant que directeur, sinon tu pourras te concentrer sur ton travail de vétérinaire et comme ça tu auras plus de temps pour Quatre. Tu es content ?

Elle respira profondément en finissant, n'ayant pas prit le temps de respirer pendant sa tirade de peur que son frère ne la coupe, mais celui-ci se contenta de sourire et de dire qu'il n'avait jamais eut l'intention de lui reprocher quoi que ce soit mais que comme elle avait pris ces dispositions, il n'allait pas revenir dessus. Et Catherine rejoignit le clan des boudeuses.

Hilde et Sally regardaient les deux garçons restant avec appréhension. Par contre, Meiran souriait à son mari, sûre d'elle.

C'est finalement Duo qui commença.

- Hilde ?

- Vi ? fit-elle d'une toute petite voix.

- Tu es fière de toi ? M'envoyer ici au milieu de plein de bestioles ?

La jeune fille sembla enfin connecter. Elle savait que son ami avait une peur bleue de tous les animaux, surtout ceux qu'il ne connaissait pas, mais elle n'avait pas réalisé qu'ici il serait en contact permanent avec toute une faune inconnue. Ca avait dut être l'enfer pour lu.

- Oh mon dieu ! Je suis désolée Duo, je n'avais pas réalisé. Ca va ? Tu as réussit à tenir ?

Si les autres filles et Zechs ne comprirent pas ce qu'elle voulait dire, les quatre garçons saisirent très bien le problème. Après tout, même la discrétion de G et les progrès du mannequin n'avait put effacer les cris de panique et les fuites sous la couette régulières qu'avait effectué Duo.

- En plus, la cuisine de Quatre m'a fait prendre deux kilos, je ne rentre plus dans mes pantalons ! Et puis j'ai des bleus partout sur le corps et des griffures aussi. Et mes cheveux ! Tu as vu l'état de mes cheveux ? Tu n'avais pas mis mes shampooing dans ma valise, j'ai dut prendre ceux qu'ils avaient ici, et ce n'était pas celui qui rend les cheveux tout doux, et puis il sent pas bon. En plus, j'ai des ampoules pleins les mains et mon collier porte bonheur, il est cassé.

Et Duo réussit à tenir ainsi vingt minutes entières, passant du coq à l'âne sous le regard désespéré de Hilde qui ne savait plus comment l'arrêter.

Finalement, Heero eut pitié d'elle, ou plutôt, il en eut lui aussi marre du monologue de son amant car il attrapa Duo par le cou et l'embrassa.

Si tout le monde fut soulagé du silence soudain, Sally vit sa dernière heure arrivée, mais heuresement pour elle, Wufei n'en avait qu'après sa femme et ne s'intéressa pas à la diplomate. Il fixa Meiran dans les yeux, prêt à se venger à son tour, quand la jeune femme le prit de vitesse et annonça :

- Je suis enceinte.

Wufei sursauta si haut qu'il en tomba de sa chaise.

Tout le monde pouffa de rire en le voyant les quatre fers en l'air, complètement halluciné. Mais il se reprit très vite et se releva pour prendre Meiran dans ses bras et la faire tourner en riant.

-Un bébé ! On va avoir un bébé. Je vais être papa.

Puis il s'arrêta soudain, semblant réaliser. Il lâcha alors la jeune femme et la remit sur sa chaise en lui demandant si elle se sentait bien, si elle avait assez mangé, si elle n'avait pas trop froid, …

Le repas s'acheva donc sur un éclat de rire général.

De son côté, Zechs passa tout le repas à faire les yeux doux à Lucrezia, étalant tout son savoir pour la draguer. Mais quand il demanda à la belle quand il pourrait la revoir, elle se pencha vers lui pour lui souffler à l'oreille :

- Viens en vacances ici et tu me verras tous les jours.

FIN


Voilà, j'espère que cette histoire vous a plus, certains chapitres peut-être plus que d'autres. Merci pour tous les commentaires que j'ai reçu, ça fait chaud au cœur et j'espère avoir répondu à tout le monde.

Si quelqu'un est inspirée pour développer un peu les péripéties des garçons durant cette semaine de délire, je suis tout à fait prête à collaborer voir à "sponsoriser" une histoire, il suffit de me demander !

A la semaine prochaine pour un petit one shot complétement délire.