Note de l'auteuse : Maintenant que j'ai loupé mes partiels en bonne et due forme, je me penche à nouveau sur mes chères fics et poste (enfin) le quatrième chapitre de Maisons Closes!!! Déjà quatre chapitres, et la suite est en bonne voie! Sinon des milliers de remerciments à tous ceux qui m'ont laissé des reviews. On peut avoir l'impression que je me répète mais c'est toujours un plaisir de voir qu'on a reçut un review (pour moi en tout cas s'en est un) et double merci à ceux à qui je n'ai malheureusement pas répondu... Petit mot pour Elfie qui me l'a fait remarquer pour les chapitres prescédent : j'ai parfois tendance à mélanger Bill et Charlie donc je vais mettre les choses au clair : même s'il m'arrive de me planter, c'est toujours Bill qui est prostitué et Charlie placeur.
Voili, voilou, j'espère ne pas les avoir confondus dans ce chapitre (si oui vous avez tous le droit de me flageller via reviews :P) et surtout bonne lecture!!!
Chapitre quatre: Nouveau placeur et rencontre dans une bibliothèque.
Assis à la table du bar le moins médiocre qu'il avait trouvé, un homme assez grand, entièrement vêtue de noir et d'apparence taciturne semblait attendre quelque chose, assit devant sa tasse de café. Enfin, « café » était un bien grand mot pour décrire le contenu âcre de sa tasse... Il soupira, apparemment excédé par le retard de ce qu'il attendait lorsqu'il vit deux jeunes hommes aussi roux l'un que l'autre entrer dans le bar.
Ils les avait déjà rencontré et savait qu'ils avaient des propositions à lui soumettre. Par habitude, ils les contemplât d'un oeil expert tandis qu'ils s'approchaient de sa table. L'homme remarqua qu'il avaient tout deux fait un effort de tenue et portaient une redingote noire classique qui faisait ressortir leur cheveux flamboyant. Il se retint de grimacer en s'apercevant qu'il était vêtu exactement pareil l'un et l'autre.
Encore une fois, il allait être totalement incapable de les distinguer l'un de l'autre. Des jumeaux placeurs, il ne lui manquait plus que ça... Mais surtout, les deux jeunes hommes étaient très mignons et auraient eu leur place dans sa Maison. C'était d'ailleurs une des choses qu'il comptait aborder dans la soirée.
-Excusez-nous, dit le premier d'une voix essoufflée, mais...
-Nous habitons assez loin d'ici et sommes partis un peu tard, compléta l'autre comme à son habitude.
Nouvelle grimace de leur interlocuteur qui leur fit signe de s'asseoir. Décidément, il n'arrivait pas non plus à se faire à leur manie de finir les phrases de l'autre...
-C'est bon, leur répondit-il de sa voix grave, un peu rauque. Maintenant passons à ce qui nous intéresse.
Les jumeaux hochèrent la tête dans un parfait ensemble qui fit pousser un nouveau soupir à l'homme. Il faudrait qu'il se renseigne sur les mystères de la gémellité.
-Oui, bien sûr, firent-il en même temps, nous vous avons amener les photos de nos « pensionnaires ».
L'un des deux fouilla dans une poche de sa redingote et en sortit six petits clichés de qualité moyenne avant de les tendre à l'homme en noir. Ce dernier s'en saisit prestement, les faisant négligemment glisser dans ses longs doigts minces les observant l'une après l'autre.
« Pas mal... » pensa-t-il en tombant sur la photo d'une jeune fille à l'épaisse chevelure châtain dans une nuisette d'un rouge profond. Elle avait l'air gênée mais son visage était agréable et elle était bien faite.
Il continua sans tenir compte du regard inquiet et impatient que les jumeaux posaient sur lui. Plutôt mourir que d'avouer que leurs regards le perturbait.
« Ah! Ce doit être une fille de leur famille! » pensa-t-il en observant la jeune fille rousse qui posait dans sa nuisette bleue avec un immense sourire en faisant un V de la victoire. Elle avait un très joli visage elfique et un corps mince qui lui donnait un air de petite fille innocente.
« Tiens, encore un de leur famille, à tous les coup... ils sont combien comme ça?! » songea-t-il en tombant sur la photo d'un jeune homme à la longue chevelure rousse et au charme piquant. Un corps superbe, assez grand, et un sourire en coin qui lui rappelait horriblement celui de l'un de ses associés. « Le même sourire que ce sale clébard! »
Il passa à la photo suivante, son visage pâle toujours impassible, son regard acéré évaluant chacun avec précision.
« Mouais... mignonne mais sans plus. » pensa-t-il tout d'abord en tombant sur la photo d'une jeune fille à la longue chevelure roux clair. Puis il aperçut son décolleté... « Par les cornes de ce vieux Satan ! C'est possible d'en avoir autant?! » s'exclama t-il intérieurement devant le plus que généreux décolleté de la demoiselle. Nul doute que c'était son atout principal.
« Pas mal. » observa t-il en contemplant le jeune homme blond au corps agréable qui posait, « un peu fade peu être... ».
Puis il posa son regard sur la dernière photo et eut un sursaut.
« Oh putain! » Ce n'était pas tant la beauté du jeune garçon qui stupéfia l'homme –bien qu'elle le perturba grandement tant elle éclipsait les autres jeunes gens. Ce qui frappa l'homme en noir, ce fut la petite marque que portait l'enfant sur son front blanc. Une petite cicatrice en forme d'éclair.
Il détailla ensuite attentivement le visage séraphique du jeune homme. Pas de doutes possible.
« Le même sourire que son connard prétentieux de père, mêmes cheveux absolument... épouvantablement indisciplinés, les même yeux que sa mère, la même bouche aussi... » Non, l'homme en était sûr, ce gosse était celui que recherchait désespérément ses deux associés depuis tant d'années.
Pas qu'il ait spécialement envie de faire plaisir au « clébard » en lui ramenant son protégé sur un plateau mais il n'était pas contre l'idée de faire plaisir à l'autre...
En plus, d'un point de vue professionnel, le jeune homme était suffisamment beau pour entrer directement dans la plus haute catégorie de sa Maison. Il semblait de taille moyenne, mince, un peu androgyne. L'homme soupira. Il risquait d'y avoir un remue-ménage pas possible à son retour.
Un toussotement discret lui rappela où il se trouvait et il releva son regard d'encre sur les deux jolis rouquins qui attendaient son jugement, plus inquiets qu'ils ne le laissaient paraître.
-Alors? demandèrent-ils en même temps.
L'homme en noir se surprit à les trouver attendrissants. L'espace de deux secondes uniquement...
-Vous avez des pièces intéressantes. A vrai dire, certaines valent vraiment le coup, dit-il de sa voix calme.
De ses longues mains noueuses, il sortit les photos de Harry, Ginny, Bill et Hermione pour les leur tendre ?. Un sourire que l'homme qualifia de soulagé apparut sur leur lèvres. En même temps. Encore.
-Les deux autres ne sont pas mal, mais peut-être un peu trop classiques, quoique les arguments de la demoiselle soit sans doute parmi les plus impressionnants que j'aie jamais vu...
Les jumeaux pouffèrent. Eux-mêmes avaient été sacrément impressionnés lorsqu'Harry et Hermione leur avaient présenté Hannah Abbot et son imposante poitrine.
-Pour parler franchement, je pense que j'accepterais de tous les prendre si vous avez réfléchi à ma proposition. Ce serait pour vous l'occasion de quitter cette ville désagréable et de toucher un salaire nettement plus élevé. Bien entendu, je ne vous cache pas qu'il y a des désagréments mais après tout, si j'ai de bon yeux, je crois que certains membres de votre famille sont déjà dans le milieu, n'est-ce pas ?
Les jumeaux se regardèrent. Oh oui, ils y avaient réfléchi, à cette fichue proposition! Et ils avaient décidez d'accepter. Nul doute que Ginny, Harry et Hermione tenteraient de les décapiter à main nue, les couper en morceaux avant de les jeter aux chiens du coin pour avoir osé mais ils avaient fait leur choix.
-A vrai dire... commença l'un des deux.
-On a décidé...
-D'accepter!
L'homme, quoique moyennement surpris, resta impassible et hocha silencieusement la tête. Cela lui convenait. Il était bien loin de se douter en venant dans un tel bled de trouver d'aussi bon nouveaux pensionnaires alors qu'il avait déjà parcouru bien des régions sans rien trouver de valable. Et puis surtout, il l'avait trouvé lui! Mon Dieu, ils allaient en faire une syncope...
« Pas que se soit pour me déplaire... » pensa-t-il en esquissant un sourire sadique.
Il se leva majestueusement, paya leurs consommations et salua les jumeaux.
-Je passerai vous prendre vous et vos protégés à la fin de la semaine, le temps de faire venir plusieurs voitures. Je crois que vous m'aviez également parlé de vos deux frères placeurs?
-Oui! Ils sont excellents! A vrai dire, c'est notre frère cadet qui a trouvé le blond et la jeune fille aux généreux arguments.
-Pourquoi n'est-il pas venu alors? demanda l'homme d'une voix égale.
Les jumeaux ne purent s'empêcher de pouffer.
-A vrai dire...
-Notre très cher petit frère...
-Est plutôt empoté...
-Pour tout ce qui est relationnel.
-Aucune psychologie voyez vous...
-Alors devant quelqu'un d'une grande Maisons closes...
Il aurait perdu tous ses moyens!
-Quel âge à t-il votre frère?
-Le même âge que Harry, celui aux yeux vert, mais pas le même sex-appeal! lancèrent-ils en chœur, se retenant visiblement de rire.
-Je vois... Je pense que nous pourrons les engager. Je les emmènerai également à la fin de la semaine mais il faudra que je soumette l'idée à mes associés. Ils n'aiment pas beaucoup les placeurs...
« Mais ils seront dans un tel état d'euphorie, à mon avis qu'il accepteront toute la tribu de rouquin à bras ouverts et en fermant les yeux... Surtout s'ils sont amis avec lui... » grimaça-t-il mentalement.
Les jumeaux acquiescèrent et tendirent simultanément leur main vers l'homme en noir qui les serra chacune leur tour.
-A dans quelques jours alors, dirent-ils, Monsieur...?
-Snape... Severus Snape.
¤¤¤
Pendant que les jumeaux faisaient leur job de placeur, Harry et Hermione profitaient d'une de leurs rares journées de libre.
Ils avaient en fait plus où moins forcé la main à Ombrage en lui affirmant que si elle ne leur donnait pas leur journée, ils allaient défigurer toutes les filles et garçons potables de la Maison et qu'elle serait ruinée. Elle avait dû accepter, non sans les traiter de monstres et de bien d'autres qualificatifs plus ou moins originaux.
La vérité était qu'elle avait peur.
Harry et Hermione pouvaient être terriblement effrayant parfois, surtout Harry. Parfois, lors de violentes colères, des vases explosaient, lévitaient, et les prostitués subissaient toutes sortes de transformations bizarres, heureusement temporaire la plupart du temps. Cela était déjà arrivé avec Ginny et Bill mais très rarement.
En effet, ils avaient tous ce « don » dans leur famille et très tôt ils avaient appris à ne pas s'en servir. Mais cela tenait également au fait que chez Harry et dans une moindre mesure chez Hermione, le don était beaucoup plus fort.
Ni l'un ni l'autre ne savait exactement d'où cela venait et ce que c'était et les Weasley avaient été bien incapables de leur expliquer car leurs parents n'avaient jamais voulu le leur dire et étaient morts sans leur donner d'explication. Aussi ils vivaient dans l'ignorance, ce qui ennuyait Hermione au plus haut point.
Harry, lui, s'en accommodait fort bien. Du moment que cela lui permettait d'avoir des journées de libre...
Ils avaient donc décidé d'aller à la bibliothèque, ou plus exactement, Hermione avait décidé qu'ils iraient à la bibliothèque et Harry n'avait pas jugé bon de protester. Hermione était aussi butée que lui et engager une dispute, c'était foutre en l'air toute leur journée. De plus, il n'avait rien contre la bibliothèque qui était un endroit tranquille.
Harry aimait bien le calme et la solitude de temps en temps.
Tous deux étaient vêtu de leur tenue de tous les jours, une robe de coton marron pour Hermione, un pantalon de toile marron et une chemise blanche pour Harry. Rien de très élégant mais c'était le dernier de leur souci. Comme d'habitude, la bibliothécaire les avait laissé emprunter des livres gratuitement. Elle les trouvait sympathique et ne voulait pas les empêcher de se cultiver si cela les détendait et leur faisait oublier leurs nombreux tracas quotidien.
Dès son entrée, Hermione s'était dirigée vers le rayons des sciences.
Médecine, mathématique, chimie, tout cela la passionnait, en particulier les différents effets des poisons sur le corps humain. Harry la charriait souvent en lui affirmant que si jamais il y avait une mort suspecte, il saurait d'où ça venait. Elle aurait voulu trouver des livres sur les science occultes, ne trouvant rien dans les science « normales » pour expliquer leur pouvoirs mais ils étaient interdit et elle n'avait pu en trouver.
Harry soupira, et se dirigea vers les romans et poèmes en haussant les épaules avec nonchalance. Décidément, il était toujours aussi impressionnant de constater le pouvoir qu'avaient les livres sur Hermione. Pas la peine d'essayer de lui dire quelque chose dans ces moments-là. Il savait bien que ses recherches visaient également à comprendre leurs pouvoirs mais lui s'en fichait. Par contre, il était sûr qu'Hermione le tuerait si elle découvrait qu'il s'entraînait en secret à maîtriser ses pouvoirs.
Inconsciemment, Harry savait qu'il était le seul à pouvoir le faire. Hermione et les Weasley n'avaient que très rarement utilisé leurs pouvoirs, uniquement dans des situations extrêmes et ils ne pouvaient pas les contrôler. C'était comme si leur pouvoir était bloqué par quelque chose, comme s'il fallait une sorte de catalyseur pour s'en servir...
De plus, c'était très court et de petite envergure la plupart du temps alors que lui... A force de s'entraîner, il avait découvert plusieurs choses. Tout d'abord que même lorsqu'il ne s'en servait pas, il pouvait sentir ce pouvoir dans ses veines.
La deuxième chose était que ce pouvoir avait une stabilité relative mais que chez lui, la puissance était très variable en fonction de ses émotions. Il pouvait également sentir le flux de pouvoir de ses amis et avait découvert que le sien était différent. Leur flux de pouvoir étaient à peu près équivalents, celui d'Hermione peut-être un peu supérieur, mais le sien les dépassait largement. De plus, son flux avait quelque chose de bizarre, une chaleur un peu inhabituelle qu'il ne sentait pas chez les autres.
La troisième phase de son expérimentation avait été d'essayer de mettre en pratique ses découvertes. Il le faisait lors de ses journées de libre, en s'isolant. Il avait découvert chez Hannah Abbot et chez Seamus le même pouvoir à l'état latent, même cette garce d'Ombrage avait ce flux mais il était si faible et si latent qu'Harry doutait qu'elle ne s'en rende un jour compte.
En fait, la plupart des gens de son entourage possédait ce flux, comme s'il attirait les personnes « comme lui » autour de lui sans s'en rendre compte.
Il avait donc testé ses pouvoirs. A présent, il arrivait à faire léviter des objets, les faire venir à lui, à les déplacer et même récemment à les transformer en autre chose. Par contre, jusqu'à présent il n'avait jamais utilisé consciemment son pouvoir sur des humains. Oh bien sûr il y avait les prostitués à qui il avait enlevé les cheveux, fait poussé d'autre bras où des appendices d'animaux, changer de sexe de temps à autre, mais c'était toujours sous le coup d'une violente colère.
Il secoua la tête, comme si cela pouvait en faire sortir les souvenirs les plus dérangeants et chercha un livre à emprunter.
Il avait déjà lu Rimbaut, Verlaine, Beaudelaire, Victor Hugo, Frédérico Garcia Lorca, Pablo Neruda et beaucoup d'autre poètes et ces derniers temps il préférait les romans. Il appréciait particulièrement Zola ces derniers temps et se décida donc pour un de ses écrits. Il avait déjà lu La Curée, Germinal, et bien entendu Au bonheur des dames et se décida finalement pour un recueil de nouvelles intitulé La mort d'Olivier Bécaille.
Il s'assit sur le rebord d'une fenêtre, s'appuya contre la vitre et commença sa lecture.
¤¤¤
Ce qu'Harry et Hermione ignoraient, c'était que deux jeunes, beaux et riches aristocrates entraient à ce moment précis dans la bibliothèque. Blaise, bien que convaincu de ne trouver dans cette bibliothèque aucun livre, rare n'avait pu résister à la tentation d'y entrer. La simple idée de se retrouver au beau milieu de livres semblait lui apporter un grand plaisir...
Quand à Draco, il n'avait pas eu la force de s'opposer à la volonté de son ami, bien qu'il se soit permis de grogner. En fait, Draco n'avait pas été en excellente forme ces derniers temps. Certes, sa partenaire régulière, Précieuse –excellait dans le domaine des plaisirs charnels, mais malgré ses talents indéniables elle ne parvenait pas à faire sortir Emeraude de la tête de Draco.
Le jeune garçon l'obsédait, son corps, sa bouche, ses yeux... tout en lui éveillait chez Draco un désir coupable qui le répugnait et l'existait. Il en était venu à haïr le garçon qu'il ne croisait que rarement et très brièvement au Chat Noir.
C'était devenu un cauchemar.
Il le haïssait, le méprisait et en même temps il ne pouvait s'empêcher de revenir l'entrapercevoir, l'approcher, comme un papillon qui se rapproche de la lumière alors qu'il sait que cela va le brûler.
Et comme le papillon, même brûlé, Draco revenait, s'approchant encore, se brûlant encore. Cela tournait à l'obsession.
Mais il n'en montrait rien et demeurait impassible, refoulant au plus profond de lui ce tiraillement de son âme entre désir et répulsion, entre amour et haine. Mais la haine gagnait souvent et Draco haïssait le jeune homme comme il n'avait jamais haï personne, et il se haïssait lui même pour son désir odieux.
Il était enchaîné au garçon par sa haine. Prisonnier de sa haine. Lui, un Malfoy, être indépendant et dominant entre tous, n'était plus qu'un misérable prisonnier à cause de ce garçon aux yeux verts dont il ne connaissait même pas le nom! Un garçon qui ne savait sans doute même pas qu'il existait!
Il passa une main lasse dans les cheveux et contempla d'un air faussement désespéré les sautillement de contentement de Blaise devant le nombre incalculable de rayons de la bibliothèque. Apparemment, la bibliothèque était bien plus grande qu'il ne l'avait cru de prime abord. Il suivit donc en silence Blaise à travers le labyrinthe, l'esprit ailleurs, lorsque celui-ci s'arrêta brutalement une fois arrivé au rayon des sciences et poussa une exclamation étouffée.
-Mais qu'est ce qui t'arrive? demanda Draco, surpris par le comportement de son ami.
-Chut!!! chuchota ce dernier en lui plaquant une main sur la bouche pour le faire taire. Regarde donc si tu vois ce que je vois au bout du rayon!
Draco retira rapidement la main de Blaise de sa bouche et observa silencieusement le bout du rayon.
A quelque mètres d'eux se tenait, assise sur le sol entouré de livres plus épais les uns que les autres, la jeune fille aux cheveux châtain légèrement ébouriffés.
Elle n'était pas vêtue de sa somptueuse nuisette rouge mais d'une simple robe de coton marron. Elle n'était pas non plus maquillée, ses cheveux avaient simplement été remontés sur sa nuque avec une pince d'où s'échappaient quelques mèches folles et pourtant, Draco dut avouer qu'elle restait charmante.
Mais que faisait une prostituée dans une bibliothèque?
-Elle sait lire? chuchota t-il d'un air incrédule.
-Faut croire, répondit Blaise d'une voix qui masquait difficilement son propre étonnement.
-Mais qu'est-ce qu'elle fout au rayon sciences? Même si elle sait lire –ce qui en soit tient d'après moi de l'aberration la plus totale – elle ne doit rien y comprendre! Elle a dû se planter de rayon, les roman à l'eau de rose c'est pas ici, acheva t-il d'un ton condescendant.
-Mouis, peut-être, répondit Blaise d'un air distrait. Mais tu vois, cela éveille ma curiosité. Après tout, elle, je ne l'ai pas encore mise dans mon lit –elle tirait trop la gueule à chaque fois qu'on venait – mais je dois t'avouer que l'avoir sous la main ici ne me déplait pas, termina t-il avec un sourire de prédateur.
Sourire que Draco ne connaissait que trop et dont il comprit immédiatement la signification.
-Ok Blaise, je crois que je vais te laisser hein. Amuse toi bien mon vieux, on se retrouve à l'hôtel! lança Draco avant de disparaître au détour d'un rayon.
Blaise laissa échapper un petit rire amusé et s'approcha doucement de la jeune fille. Celle-ci était tellement concentrée dans sa lecture qu'elle n'entendit pas le jeune homme approcher. Même lorsqu'il se pencha au dessus d'elle pour voir ce qu'elle lisait, elle ne remarqua pas sa présence.
C'en était presque vexant.
Il toussa discrètement. Toujours rien.
Il décida finalement de regarder ce qu'elle lisait. Il fut surpris de voir que le sujet de sa lecture portait sur les poisons agissant sur le système nerveu et le cerveau, leurs formes, leurs effets selon les dosages sur le corps humain et animal, les mutations possibles et les contrepoisons existants. Drôle de lecture pour une jeune femme, mais encore plus surprenant pour une prostituée.
Blaise considéra soudain la jeune fille d'un autre oeil, plus celui de l'homme à femme mais celui de l'intellectuel.
Il regarda les autres ouvrages ouverts autour d'elle, tous portaient sur les poisons. Les poisons anesthésiques, hypnotiques, vasodilatateurs, antithermiques, myriadiques et bien d'autres, les répertoriant et les analysant. Les ouvrages étaient bien fait et traitaient du sujet en détail. Voilà qui expliquait le manque de réaction de la jeune fille à son approche: elle était bien trop occupée à assimiler les informations du livre.
Cependant son orgueil ne supporta pas d'être ignoré de la sorte et il toussa à nouveau, un peu plus fort cette fois. Toujours rien.
Il décida finalement de secouer un peu la jeune fille et posa sa main sur son épaule.
-Mademoiselle...
Mais la demoiselle sursauta violemment à son contact, se redressa vivement et lui envoya par un réflexe conditionné une gifle magistrale dans la figure. Ce ne fut qu'après qu'elle reconnut son « agresseur » comme étant le riche client du bordel. Elle s'excusa sèchement mais resta visiblement sur ses gardes.
Pour Blaise qui ne s'attendait pas du tout à un tel accueil la surprise fut double.
D'abord la gifle, il n'avait pas dû en recevoir de telle depuis... depuis ses sept ans environ; ensuite la réaction de la fille, lui qui s'attendait à des lamentations d'excuses une fois qu'elle se serait rendue compte qu'elle avait frappé un riche client fut à la limite du traumatisme lorsqu'elle lui envoya un simple « 'Xcusez moi pas fait exprès. » comme on fait un lavement.
Drôle de réaction... et fichu caractère!
-Qu'est-ce que vous me vouliez?! demanda-t-elle, visiblement mécontente d'avoir été interrompue dans sa lecture.
Elle ne l'avait même pas regardé en lui posant la question et avait commencé à ranger ses livres comme si Blaise n'avait rien été d'autre qu'un merdeux de douze ans. Mais Blaise ne s'en formalisa pas. Il se sentait d'humeur persévérante.
-J'étais simplement surpris de rencontrer quelqu'un comme vous dans un tel lieu et venait m'enquérir des raisons de votre présence ici, répondit-il d'une voix calme.
Hermione inspira fortement et bloqua de toutes ses forces tous les pores de son pouvoir. Ce n'était vraiment pas le moment de se faire remarquer en faisant pousser des oreilles d'ânes... Mais c'est façon de dire « quelqu'un comme vous » lui avait donné des envies de meurtre.
Qu'est-ce que c'était « quelqu'un comme elle »? De quel droit faisait-il un tel amalgame de toutes les prostituées? Il croyait peut-être qu'elle prenait plaisir à ce qu'elle faisait?!
Oh, elle voyait bien ce qu'il entendait par là! Pour lui, une prostituée n'était rien de plus qu'un objet de plaisir, un être inférieur stupide, vulgaire, prêt à tout pour trouver un homme riche acceptant de l'épouser. Il ne voyait en elle que la pute et pas la femme.
Mais elle se retint, comme elle l'avait appris depuis l'âge de treize ans. Depuis que ses parents étaient morts.
-Les raisons de ma présence ici ne regardent que moi, Monsieur. Votre question tout comme votre surprise me paraissent déplacées et offensantes! répliqua-t-elle d'une vois acide sans lui adresser le moindre regard.
Encore une fois, Blaise fut surpris autant par la vivacité de la réponse que par la colère contenue que couvait la voix claire de la jeune fille. Visiblement, elle ne l'appréciait pas beaucoup.
-Pardonnez moi si je vous ai offensée, Mademoiselle, croyez bien que cela n'était pas du tout mon intention.
-Ce sont justement vos intentions que j'aimerais comprendre Monsieur! répondit-elle, hors d'elle.
-Ne sont-elles pas facile à deviner?
-Elles ne le sont que trop mais j'espère me tromper!
-Pourquoi une telle crainte? Sont-elles si déplaisantes? interrogea-t-il de sa voix la plus séduisante.
-Parlez vous de vos paroles ou de vos intentions? demanda-t-elle sans chercher à masquer le sarcasme de sa voix.
-Des deux j'en ai peur, répliqua t-il en souriant.
-Soyez donc navré d'apprendre que les deux me déplaisent!
-En êtes vous sûre? demanda-t-il en se rapprochant d'elle.
-Plus que vous ne pouvez l'imaginer! répondit-elle en reculant jusqu'à ce que son dos cogne dans la bibliothèque.
Elle ne put s'empêcher de rougir de sa proximité avec l'insupportable mais séduisant jeune homme.
-Permettez moi d'en douter.
-Je ne vous le permets pas!
Il s'approcha encore, plaçant ses bras de part et d'autre de la jeune fille et se pencha vers elle, l'effleurant presque. Elle sentait bon, un mélange de l'odeur de sa peau et de vanille se dégageait de son épaisse chevelure et sa chaleur irradiait.
-« Tu es trop belle pour prêcher la chasteté ». murmura-t-il en passant inconsciemment au tutoiement.
Cette phrase lui était venue toute seule alors que l'odeur de la jeune fille l'emplissait tout entier. Il la désirait. La phrase n'était pas de lui mais jusqu'à présent, rares étaient les femmes qu'il avait remarqué. Et il doutait que la jeune fille en fasse partie, bien qu'elle sembla instruite.
-« La beauté est une demi-faveur du ciel, l'intelligence est un don. » répondit-elle en le repoussant violemment.
Blaise resta un moment stupéfait par la réponse et la jeune fille profita de ce moment pour s'éloigner rapidement. Mais avant de disparaître elle se retourna brièvement vers lui, un léger sourire aux lèvres.
-Et sachez que je n'ai jamais beaucoup aimé Eluart...
Pendant ce temps, Draco, après avoir quitté Blaise pour le laisser vaquer à ses occupations libertines, se baladait dans les rayons en cherchant celui des poèmes. Il passa devant les rayons cuisines, mode, fleurs, beauté, peinture, sculpture, architecture et même des rayons étranges comme sexualité, fantasmes, phobie mais ne trouva pas celui des poèmes. Cette bibliothèque était un véritable labyrinthe.
Il venait d'arriver avec lassitude dans un nouveau rayon lorsqu'il entendit un grand fracas suivit d'un flot d'insultes plus ou moins originales. La voix chantante à la sonorité étrange lui rappelait étrangement quelque chose et il ne put s'empêcher de se rapprocher de la voix.
Non loin d'une fenêtre, un jeune homme c'était apparemment cassé la figure d'une échelle en essayant de replacer un livre, entraînant avec lui bon nombre d'autres ouvrages qui lui étaient plus ou moins tombé dessus. Draco trouva la silhouette familière.
Le garçon se releva, pestant tout en massant son postérieur maltraité et sa tête douloureuse et Draco se figea. C'était lui. Son obsession et son cauchemar.
Le garçon leva son regard d'un vert plus sombre que d'habitude vers Draco qui vacilla lorsque leurs yeux se rencontrèrent.
-Oh! C'est vous. Vous pourriez pas me donnez un coup de main s'il vous plait? demanda-t-il d'un ton assez autoritaire.
Harry avait bien entendu reconnu le client du Chat Noir mais cela ne l'avait pas dérangé.
Le jeune homme blond arrogant ne l'avait jamais demandé et avait toujours pris Précieuse. Pour Harry, c'était la preuve d'un mauvais goût évident et le blond lui avait immédiatement déplû. Et au vu du comportement du blond à son égard, c'était réciproque. Il faisait souvent de cinglantes remarques à son sujet avec Ombrage, se moquant de ses lunettes et de son étrange cicatrice.
« Un vrai connard quoi! » avait-il pensé.
Mais dans la situation présente, il avait besoin du connard pour l'aider à ranger les livres. Le blond était plus grand et plus fort que lui –en même temps ce n'était pas dur– et pourrait en porter plus à la fois.
D'un autre côté, s'il n'avait pas surgit au détour du rayon Harry aurait pu utiliser son pouvoir... Mais il était là et il fallait donc improviser. La phrase était sortie toute seule.
-Permettez-moi de vous faire remarquer que vous vous êtes mis dans cette inconfortable situation tout seul. Pourquoi ne pas vous en sortir tout seul? répondit Draco de sa voix traînante et glaciale.
La façon dont le prostitué s'était adressé lui avait déplu tout en lui plaisant. Il lui avait parlé comme on parle à un égal, lui, un simple prostitué.
Comme si on pouvait être l'égal d'un Malfoy! Toute sa fierté Malfoyienne se hérissait devant le ton autoritaire du jeune homme, sa façon de se tenir nonchalante, naturelle, tout. Mais en même temps, cette nature inconsciemment insolente, cette façon d'annihiler en une phrase toutes les différences sociales, culturelles, familiales lui plaisaient diablement.
Pour ce garçon, qu'il soit Draco Malfoy, puissant héritier adulé de tous ou un simple commerçant ne faisait aucune différence.
C'était effrayant.
C'était excitant.
Cela bouleversait son monde, renversait ses principes, son éducation, ses bases.
Le garçon était dangereux. Le garçon était attirant. Et beaucoup trop mignon pour son propre bien, même avec ses horribles binocles et son étrange cicatrice.
-J'aurais dû m'en douter! grinça furieusement Harry. Et bien barrez-vous alors, je vais m'en occuper tout seul!
Et il commença immédiatement à ranger les livres sans prêter attention à Draco. Malheureusement pour lui, les livres étaient énormes et bien que sa force soit assez impressionnante pour un garçon de sa carrure, il ployait sous le poids des livres. Déjà qu'il n'était pas très grand. Le spectacle qu'il offrait était cocasse et terriblement attendrissant.
Draco ne put s'empêcher de sourire, sourire qu'Harry interpréta très mal...
-C'est ça, allez y, foutez-vous de ma gueule pendant que vous y êtes!!! J'aurais dû me douter que vous n'étiez qu'un arrogant aristocrate de plus, pourri jusqu'à l'os!
Draco se raidit. Il ne supportait pas que l'on touche à sa situation d'aristocrate. Comment ce vulgaire prostitué osait-il? Et comment pouvait-il le désirer? C'était un homme! Un homme! Pas de seins, pas de rondeurs affriolantes, un service trois pièces en parfait état de marche entre les jambes! C'était répugnant, contre nature. Il ne pouvait pas. Il le haïssait.
-Vraiment ? Permets-moi cependant de te faire remarquer que tu n'es absolument pas en position de force ici! Je ne vois pas comment un misérable vermisseau balafré tel que toi ose seulement lever ses sales binocles sur moi. Cet établissement est décidément envahit par la vermine, lança-t-il, non sans remarquer que les mains du jeune garçon tremblait de rage.
Ses yeux brillaient comme des joyaux.
Ils brillaient de haine et Draco ressentit un plaisir violent en sachant que c'était pour lui que ces yeux brillaient, que c'était à cause de lui.
Il se retourna d'un air majestueux pour quitter le rayon mais ne put s'empêcher de s'assurer que le jeune homme ne l'oublierait pas de sitôt.
-Oh ! Et bonne chance pour ranger tout ça ! acheva-t-il en envoyant une légère onde magique qui fit tomber tout un pan des livres du rayon qu'il avait commencé à ranger.
Hum Hum Hum... mouai, pour être franche je ne suis pas complètement convaincue par ce chapitre lol... Enfin, y'a un nouveau perso dans ce chapitre et l'apparition tardive de la magie. Et oui, que serait Harry Potter sans un peu de magie! Comme vous pouvez le voir, ils ne sont pas encore conscient d'être des sorciers, par contre Draco et Blaise sont parfaitement au courant qu'ils en sont et maîtrisent leur pouvoirs enfin bref, y'aura des explications à ce sujet dans les prochain chapitres.
Quoi? Pour le lemon Draco/Harry? Euh... Roooh le booo élephant rose!!! Si, si j'vous assure! Comment ça je détourne la conversation?!
Par contre ce chapitre a été très, très long (pour moi) et autant vous dire que ce sera beaucoup plus court dans les prochains!
En tout cas comme toujours une montagne de remerciments à ma super bêta lectrice Sinelune qui fais un exellent boulot sur cette fic en plus d'en ecrire de très bien (non ce n'est pas de la propagande ;-)
Merci de me lire n'hésitez pas à me faire par de vos commentaire je n'attend que ça ;-) Reviewwwwwwws please, c'est la nourriture spirituelle de l'auteuse :P
