Notes : Boooooon! Je sais, je sais,ça faisait un bail, mais entre un virus, pas d'internet pendant 4 mois et une rentrée sur les chapeaux de roues, j'ai pas franchement eu de temps! En plus, pour être parfaitement honnête, mes intérets se sont largement diversifiés et j'écris maintenant sur d'autre fandoms que Harry Potter ;-)
Pas de panique, je n'abandonne pas cette fic mais disons que tout cela fait que les chapitres mettrons encore plus de temps à venir (mais vous savez ce qu'on dit : mieux vaut tard que jamais!). En plus, vu la longueur de ce chapitre, il compte comme plusieurs lol!
Bref, quand au retard, c'est entièrement ma faute, et pas celle de ma bêta Sinelune qui fait un exellent boulot dans un temps reccords, et que je rends dingue tellement je fais de fautes en un seul chapitre (vous pouvez vraiment la remercier parce que se serait limite illisible sans elle lol!) s'il reste des fautes égarées c'est entièrement ma faute!!!
Comme toujours, merci, un immense merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews! C'est vraiment encourageant et ça me motive pour la suite :-)
Voili voilou, bonne lecture a tous, en espérant que ce nouveau chapitre vous plaira!
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Chapitre 7 : Floraison...
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Une belle jeune femme à la longue chevelure brune, aux grand yeux sombres et au teint hâlé pénétra dans la salle ronde qui servait de « salle commune » au cercles des Roses, vêtue en tout et pour tout d'un ensemble de sous-vêtements de dentelle noire, d'un corset de cuir noir et de bas résille retenus par un affriolant porte-jarretelles sur lequel elle portait un kimono de soie noire. A son cou, un collier de chien fait de cuir et d'argent brillait légèrement. A l'intérieur se trouvaient déjà deux jeunes hommes et une autre jeune femme, tous possédant une beauté propre.
C'était le début de l'après midi à l'Orchidée, et bien qu'il y ait déjà quelques clients, l'animation était loin d'être à son comble.
-Angélica! s'exclama l'un des jeunes hommes, accueillant la brune avec un sourire aimable. Déjà fini?
-Tu avais un client Angélica? s'étonna une jeune fille blonde à l'air lunaire.
Angélica était une spécialistes des « plaisirs spéciaux » des clients, et ses horaires de visite étaient d'ordinaire plus tardifs.
-Oui, répondit la brune en dénouant sa longue chevelure brune qui tomba en une masse épaisse et brillante dans son dos.
-Lequel? demanda celui qui l'avait accueillie. L'officier de la légion d'honneur?
-Non, le romancier maso.
-Oh, celui qui aime les cigarettes? s'étonna de nouveau la blonde. Je pensais pourtant qu'il ne voyageait que la nuit. Il n'est peut-être pas un vampire finalement...
-Tu le prenais pour un vampire, Luna? demanda le deuxième garçon, un grand noir, haussant un sourcil. Pourquoi cela ne m'étonne-t-il même pas ?
-Il avait toutes les caractéristiques d'un vampire, expliqua Luna d'un air absent. Il ne venait que la nuit, avait le teint blafard, aimait l'obscurité, et il n'appréciait pas mes colliers d'ail et de lavande.
-Il n'a jamais essayé de me mordre, intervint Angélica. Et de toute façon, notre séance d'aujourd'hui a été écourtée.
-Ecourtée ? Mais pourquoi?
-Ah! Tu vas voir, commença-t-elle en se laissant tomber sur l'un des fauteuils de la pièce, c'est assez amusant quand j'y repense, Théo : je faisais comme à notre habitude, il était ligoté sur la chaise et je lui brûlais les bras, la poitrine et le dos avec ma cigarette en lui soufflant des insanités. Le pauvre bandait comme un taureau... Quand brusquement il me demande de le détacher, perce la chaise et me m'ordonne de mettre le feu au paquet de journaux qu'il venait de déposer sous ses fesses.
Le dénommé Théo sembla stupéfait tandis le grand noir éclatait de rire.
-Je t'assure que ce n'était pas vraiment drôle sur le coup, Lee!
-Excuse-moi mais, là, ça l'est.
-Il avait peut être froid...
Trois regards dubitatifs convergèrent vers Luna mais personne ne dit rien. Il y avait bien longtemps qu'ils s'étaient habitué à la dernière venue au cercle des Roses.
Arrivée qui les avaient d'ailleurs surpris, vue l'étrangeté de la jeune fille, mais ils s'étaient rapidement rendus compte que le choix de Remus Lupin avait été judicieux : en dépit de ses bizarreries, Luna était souvent d'une clairvoyance troublante.
Bien que certains membres du cercle des Roses l'évitaient, d'autres avaient appris à l'apprécier en dépit de son originalité, son caractère rêveur et sa beauté éthérée rencontrant un vif succès auprès de nombreux artistes. Angélica, Théodore et Lee étaient maintenant de ses amis.
-Et alors, qu'est-ce que tu as fait? Tu lui as vraiment brûlé le postérieur à notre écrivain? demanda Théo, que l'histoire intéressait plus qu'il ne voulait bien l'admettre.
-Bien sur que non. Je suis sortie de la chambre et suis alleé trouver Monsieur Lupin -Dieu merci il n'était ni sous Monsieur Black ni sous Monsieur Snape, ou même au-dessus, à ce moment là- et je lui ai fait part de la demande du gratte-papier.
-Et? la pressa Lee.
-Et il a refusé bien sur. Il a expliqué à mon client par A plus B qu'il ne pouvait permettre une « pratique » aussi dangereuse dans son établissement.
-Comment l'a pris l'artiste? Demanda Théo.
-Assez bien. Messire Lupin a suffisamment de délicatesse et de tact pour réussir à refuser quelque chose à quelqu'un sans offenser celui-ci. Mieux encore, il repart presque satisfait de s'être vu refuser quelque chose!
-Remus Lupin est très angélique, vous ne trouvez pas, dit Luna, pauvre monsieur, il est si gentil et si joli...
Aucun de ses amis ne comprit pourquoi Luna semblait plaindre Remus Lupin mais ils n'y firent pas spécialement attention. Luna avait souvent une conversation assez décousue, parlant par suggestion, image et métaphore que son entourage ne saisissait qu'occasionnellement. Il n'était même pas sûr que cela ait toujours un sens, caché ou non.
-Au fait, commença Lee, vous en pensez quoi des nouvelles recrues?
Angélica leva les yeux au ciel en refermant son kimono.
-Au cas où tu n'es pas au courant, la plupart est dans le cercle des Violettes. On ne les croise quasiment jamais!
Lee lui jeta un regard exaspéré.
-Bien sûr que je suis au courant! Mais je veux parler de ceux qui sont entrés dans notre, ce ? cercle!
-Le garçon, Harry je crois, est entré directement dans notre cercle, sans passer par l'étape du cercle des Violettes, remarqua Théodore. Etrange non? Il paraît que les patrons le connaissent et qu'il est le petit protégé de Monsieur Black.
-Les rumeurs vont vite! grogna la brune.
Elle pouvait deviner que cela ne servirait pas le garçon, et une vague de sympathie à son égard s'insinua en elle. Bien qu'elle ne l'ait croisé que rarement, et sans lui prêter une réelle attention, le jeune garçon lui avait fait bonne impression. Pas de fausse manière, de suffisance ou d'orgueil dans son attitude; quand bien même serait-il le favori de leurs patrons, il ne le montrait en aucune façon.
-Les Violettes lui reprochent d'être entré directement chez les Roses alors ça y va à tord et à travers, avoua Lee. Et même certains des nôtres y vont de leurs commentaires. Pauvre gosse, il a vraiment l'air adorable pourtant.
-Vous parlez de Harry? Oh, il est tellement amusant et charmant, je l'apprécie vraiment, dit Luna en souriant.
-Tu lui as parlé! s'étonna Angélica.
-Un peu. Il est vraiment magnifique quand on prend le temps de le regarder. Ces yeux ressemblent aux émeraudes que portait la grande dame blonde qui est venue voir Lee il y a quelques semaine... c'était... joli...
-Oh, j'ai également entendu parler d'une nouvelle fille...
-Oui, elle ne sera pas restée longtemps chez les Violettes, elle, dit Angelica.
-Apparemment, c'est Snape qui l'a fait changer de cercle si rapidement, expliqua Lee. Elle avait tout ce qu'il faut pour y entrer je suppose. Snape a beau être sévère et à la limite du sadisme, son jugement est juste.
Théo jeta à son ami un regard en coin, et passa la main dans ses courts cheveux bruns.
-Tu es vraiment la commère du coin, Lee.
Théodore était de la taille d'Angélica, le teint halé, les cheveux bruns, et d'improbables yeux turquoise à l'éclat rehaussé par son teint mat. Ses longues jambes, sa souplesse et sa physionomie délicate lui donnaient un air félin qui séduisait hommes et femmes.
Les patrons de l'Orchidée l'avaient trouvé dans la rue, où il survivait comme voleur et prostitué à ses heures. Ces parents, de riches sorciers bourgeois, étaient morts dans un accident dans son enfance alors qu'ils étaient en pleine transaction financière pour l'un de leur projet immobilier. La banque et les associés de ses parents n'avaient eu aucun mal à voler l'enfant qu'il était, et il s'était rapidement retrouvé sans fortune et sans toit.
Angélica, elle, était une véritable enfant des rues. Ses parents étaient pauvres, et avaient eu trop d'enfants. Angélica avait été vendue à une maison de passe pour rapporter de l'argent à ses parents dès ses treize ans, et elle y était restée jusqu'à ses seize ans, lorsque Severus Snape l'y avait trouvée.
Elle savait parfaitement que ses parents n'avaient guère eu d'autres choix que de la vendre, mais elle n'avait pas souhaité les revoir depuis, même si sa situation pécuniaire s'était nettement améliorée. Elle continuait cependant à leur envoyer une part de ses revenus tous les mois.
Lee, quant à lui, était d'origine somalienne, mais sa famille vivait en France depuis plusieurs générations, et il n'avait jamais mis les pieds dans son pays d'origine. Ses ancêtres étaient des esclaves à qui leur maître avait donné l'indépendance.
La vie avait longtemps été difficile, mais doucement, les mentalités avait évolué et ils avaient construit une petite entreprise. Malheureusement, alors que tout était tranquille, la maladie avait tué ses parents, le laissant seul à quinze ans, avec sa petite sœur de dix ans et leur argent disparu dans les poches des médecins.
Déjà grand et beau garçon, il comprit rapidement que se vendre aux nombreuses femmes lui offrant leurs faveurs lui permettrait de survivre, et de protéger sa jeune sœur. Il rencontra Remus Lupin chez l'une de ses clientes, et celui-ci lui proposa de travailler à l'Orchidée. Il avait tout juste dix-huit ans lorsqu'il était entré dans la maison.
Grâce à l'argent qu'il gagnait, sa sœur allait à l'école, et aidait parfois à l'Orchidée comme servante. Aussi longtemps que Lee vivrait, il ferait en sorte que Neva n'aie pas à se vendre.
Luna, quant à elle, restait un mystère. Personne ne savait rien de son passé, les rares ayant posé des questions n'ayant reçu, pour toute réponse que des phrases décalées et des sourires rêveurs. Certains la disaient noble, d'autres pauvresse sans qu'elle ne donne sa préférence à l'une ou l'autre des hypothèses.
-Je me contente de me tenir informé, Théo. Et d'ailleurs, vous saviez que Cho Chang a encore fait sa demande pour passer dans le cercle des Roses ?
-Encore, elle n'abandonnera donc jamais?! siffla Angélica. Je veux dire, elle a une situation plus que correcte chez les Violettes. Elle est l'une des plus célèbres et des plus demandées de la maison, elle a deux ou trois servantes à ses ordres, une chambre personnelle, des centaines de tenues, et elle fait partie de celles qui gagnent le plus ici, tous cercles confondus, bien qu'elle dépense la majorité en futilité. On n'y peut rien si elle est incapable d'avoir une conversation intéressante!
-Je crois qu'elle n'a pas encore saisi qu'une conversation avec un interlocuteur n'est pas censée ne tourner qu'autour de soi, remarqua Théodore.
-Enfin, elle a un nouveau poisson dans ses filets en ce moment, un jeune homme riche et beau qui se serait entichée d'elle, un certain Digori je crois.
-Il est parfaitement idiot ou quoi? demanda Angélica.
- « Boys will be boys », dit Luna.
-Exactement Luna, repris Lee. Il est jeune, et Cho est superbe. Si seulement elle n'était pas si égocentrique et si peu encline à l'intelligence, elle serait sans doute déjà dans le cercle des Lys. Espérons juste que ce jeune homme se rendra compte de son erreur avant de lui avoir passé la bague au doigt...
Angélica leva les yeux au ciel.
-Ah, ça, elle excelle dans le rôle de victime, elle a constamment matière à se plaindre!
-Mais elle est très douée au lit, jeune, belle, complaisante, et est du genre à avoir besoin de l'aide d'un homme, quoi de mieux pour un jeune homme fortuné avec un complexe du chevalier. Elle flatte son ego, dit Théo.
-Ce n'est tout de même pas le genre de fille que tu souhaites présenter à ta mère lorsque tu es un jeune homme fortuné de la haute société. Il n'irait tout de même pas épouser une prostituée?! Surtout Cho! Je veux dire, c'est une gentille fille, mais elle a sans doute couché avec toute la haute société de Paris, et un bon paquet de celle des étrangers de passage. Je vois déjà les soirées mondaines!
-Tu veux dire que nous ne pouvons nous marier avec des gens comme lui Angélica? demanda Luna.
La brune soupira.
-Nous ne leur sommes pas inférieurs, Luna, ce n'est pas ce que je voulais dire tu le sais, mais je suis réaliste : ils ne nous verront jamais que comme des putes. Peu importe que nous nous soyons battues pour en arriver là où nous sommes, peu importe que nous soyons plus intelligentes, plus belles ou plus raffinées que leurs propres femmes. Nous sommes des putes. Rien d'autre. Pour une femme de la bonne société, sa réputation et sa naissance est tout ce qu'elle a, et c'est ce dont nous manquons. Aussi infime que cela paraisse, c'est capital à leurs yeux.
Luna aquiesça avant de porter son intérêt vers ses cheveux qu'elle décida finalement de natter. La déclaration d'Angélica avait jeté un froid sur la petite assemblée.
-Tu remarqueras ma chère, commença Lee, que cette remarque ne s'applique pas qu'à vous les femmes. Nous, hommes et prostitués, vous sommes encore inférieurs à leurs yeux car ils considèrent que nous avons perdu notre « dignité d'homme ».
-La belle affaire! s'exclama Théo. Va savoir où elle est, la dignité des hommes qui viennent nous voir! Je comprends relativement ceux qui viennent pour le sexe, après tout, ils ne se sont que rarement mariés par amour, mais, dis-moi, où est-elle la « dignité d'homme » de cet officier de la légion d'honneur soixantenaire qui vient une fois par semaine, se déguisant en en femme portant une perruque blanche et se faisant appeler « la grande Berthe »! Et ce vieux noble qui vient jouer au bébé, demandant aux filles de lui changer ses couches, le bercer, l'emmailloter, elle est où, sa dignité?!
Lee haussa les épaule, désabusé, et Angelica se contenta de grogner que la notion de « dignité » était très variable, ajoutant que ce qui ne quittait pas les portes de l'Orchidée n'existait pas pour eux.
Théo allait répliquer vertement lorsque l'une des portes du petit salon s'ouvrit.
Les quatre jeunes gens se tournèrent vers le nouvel arrivant, et se trouvèrent face à un jeune garçon aux cheveux noirs définitivement désordonnés, aux grands yeux émeraude cachés par de grandes lunettes de vue que Lee reconnut comme le nouveau membre du cercle des Roses.
-Hum, excusez-moi, je ne voulais pas vous interrompre.
Bien qu'il sembla légèrement mal à l'aise, il entra dans le salon. Il portait un pantalon noir qui suivait de près ses longues jambes, une chemise de flanelle à jabot blanche et un pourpoint beige qui, sans être luxueux à outrance, était de bien meilleure qualité que les vêtements défraîchis qu'il portait les premiers jours.
Lee se leva immédiatement de son fauteuil et s'approcha du nouvel arrivant, un sourire engageant illuminant son visage.
-Non, ne t'excuse pas, tu ne nous interromps pas. La conversation glissait sur un sujet peu réjouissant de toute façon... Tu es Harry, c'est ça?
-Oui, oui c'est cela. Je crois que tu es Lee Jordan, non?
Le sourire de Lee s'élargit.
-Eh! Tu me connais!
Harry sourit légèrement, et un éclat de malice traversa son regard vert.
-Et bien, il est difficile de ne pas te remarquer... Tu es assez célèbre dans la maison, et j'ai entendu dire que tu savais toujours tout sur ce qui se passe ici.
Angélica ricana.
-Tu vois Lee, ta réputation de commère a déjà fait le tour de ma maison!
Elle se tourna ensuite vers Harry.
-Enchantée Harry, je suis Angélica Johnson. On a dû se croiser deux ou trois fois depuis ton arrivée, mais je ne me suis jamais présentée. Tu connais visiblement déjà Lee et Luna, il ne reste donc plus que Théodore Nott.
Théodore et Harry se saluèrent poliment, s'évaluant du regard.
-Oh, Harry! s'exclama Luna qui venait seulement de remarquer le jeune homme. Tu es vraiment resplendissant aujourd'hui! J'espère que tu te plais ici avec nous.
Harry sourit franchement à la jeune blonde. Aussi étrange qu'elle soit, elle avait été la première du cercle des Roses à lui parler, et passé ses petites particularités, elle était d'une très agréable compagnie. Rapidement, il l'avait considérée comme une amie.
-Oui Luna, je me plais plus que je ne pouvais l'imaginer.
-Tant mieux! Je t'aime bien, alors j'aurais été triste que tu ne restes pas. Cho peut être un peu... excessive, mais elle est gentille.
Angélica se racla la gorge et Théo haussa un sourcil dubitatif.
-Cho? Oh, oui, la belle asiatique, dit Harry. Oui, elle semblait m'en vouloir... je n'y ai pas vraiment fait attention de toute façon. Je ne vois pas ce que j'ai pu faire pour...
-Ce n'est pas contre toi qu'elle en a Harry, intervint Angélica, c'est plutôt parce que tu es entré directement dans le cercle des Roses dès ton arrivée. En temps normal, même pour un court laps de temps, tout le monde passe dans le cercle des Violettes, comme ton amie. Toi, tu es venu directement chez nous alors que Cho tente d'en faire partie depuis plus d'un an sans succès.
-Je vois. Si j'avais su, j'aurais demandé à Sirius de me faire passer par ce cercle.
-« Sirius »? Tu parles de Monsieur Black? demanda Lee. Tu l'appelle Sirius!
-Euh, et bien, disons que c'est un parent. Nous nous étions... perdus de vue.
-Drôle de façon de se retrouver, commenta Angélica. Enfin, ça explique pourquoi tu n'es pas passé par le cercle des Violettes. Black est du genre protecteur avec les siens.
Harry éclata de rire.
-Oui, oui, j'ai remarqué. Ca a le don d'agacer Snape d'ailleurs.
Théodore leva les yeux au ciel.
-Oh, ces deux-là ne semblent pas se lasser de se disputer constamment. Heureusement, Remus Lupin est là pour les calmer. Je me demande comment nous ferions sans lui...
-Ils se seraient sans doute égorgés mutuellement avant la fin de la journée, affirma Angélica. Dis-moi Harry, tu parais très jeune, quel âge as-tu?
-Dix-sept ans, mais si c'est ce que tu veux savoir, je travaille dans un bordel depuis plusieurs années maintenant.
La brune soupira. Elle l'avait pressenti, et aurait préféré se tromper. Même si officiellement, les mineurs n'étaient pas autorisés à travailler comme prostitués, en maison close comme dans la rue, les autorités s'en moquaient complètement et ils étaient de plus en plus nombreux. Et de plus en plus jeunes...
-Je suppose que tu as déjà beaucoup de clients assidus ici.
-Pas mal en effet. Ils ont tous été remarquablement corrects à mon égard en comparaison de ce à quoi j'ai eu droit par le passé. Mais je dois dire que j'ai tout de même croisé deux trois clients qui m'ont soit demandé de les mordre, soit exprimé le souhait de m'attacher... Dieu merci, Remus leur a parfaitement expliqué que je ne faisais pas ce genre de chose.
Lee et Théo rirent et Angélica eut un sourire compréhensif.
-Oui, je vois tout à fait. En fait, c'est mon rayon ce genre de clients, moi et quelques-autres, mais il est vrai que tu as un physique auquel mes clients sont sensibles. Qui sait, tu finiras peut-être par le faire aussi.
Le jeune brun eut une grimace assez éloquente.
-Hum, pas pour l'instant j'en ai peur, dit-il. J'ai du mal à comprendre ce type de relation. Certains de mes clients, dans mon ancienne maison, m'ont attaché et se sont livrés à ce genre de jeux, et je ne pense pas vouloir revivre ça.
-Oh. Je suis désolée, répondit Angélica. Je n'avais aucune idée de... Enfin, quoi qu'il en soit, sache que même en se livrant à ce genre de jeux, le client n'a pas le droit de t'abîmer, sauf si tu l'y autorises toi-même. Quelques clients riches et puissants ont outrepassé cette règle par le passé, pensant que cela ne s'appliquait pas à eux, et ils ont définitivement été banni de l'Orchidée. Messieurs Lupin, Black et Snape sont très stricts à ce sujet.
Harry allait répondre lorsque l'une des portes du salon s'ouvrit à nouveau pour laisser entrer Hermione, vêtue d'une robe de mousseline rose sombre, ses cheveux châtains clairs aussi indomptables que de coutume, tombant en mèches folles de son lourd chignon.
-Ah! Tu es là Harry! s'exclama-t-elle en apercevant son ami au sein de la petite compagnie.
-Mione! Désolé, j'ai oublié de passer à ta chambre.
Son amie l'excusa d'un geste de la main et vint se placer à ses côtés, considérant les autres jeunes gens de son regard sombre. Elle ne connaissait que Luna, que Harry lui avait présenté comme une amie, et qu'elle trouvait sympathique en dépit de son caractère évaporé mais, si elle se rappelait avoir déjà croisé les autres dans la maison et au cours des repas, elle était incapable de mettre un nom sur leur visage. Harry s'occupa de la présenter au reste du groupe.
-Hermione et moi nous connaissons depuis plusieurs années maintenant. Quand je suis entré au Chat Noir, elle y était déjà et m'a en quelque sorte pris sous son aile. Elle est vraiment merveilleuse, sitôt que vous avez passé outre son côté légèrement exaspérant et ses sarcasmes, dit-il en ignorant le regard indigné de son amie.
Lee fut immédiatement très chaleureux.
Il avait beaucoup entendu parler d'elle dans la maison, et pouvait affirmer avec une quasi-certitude que c'était en des termes guère favorables. Nombre des filles du cercle des Violettes l'auraient mise à l'échafaud avec le plus grand plaisir.
Il avait rapidement découvert qu'elle avait eu l'infortune de se mettre Cho Chang à dos, la qualifiant, entre autres, de parfaite petite idiote hypocrite. Bien évidemment, la concernée n'avait pas goûté les commentaires d'Hermione à son égard et il en avait fallu de peu pour que cela ne finisse en un arrachage de cheveux collectif, les rouquins fraîchement débarqués s'étant rangés aux côtés de leur amie.
L'histoire étant parvenue aux oreilles de Lee, elle avait rapidement fait le tour de l'Orchidée, et si cela avait valu à Hermione de désagréables commentaires sur la prétention inadéquate d'une nouvelle venue, cela lui avait également offert la sympathie de Lee, ses amis, et d'autres « victimes » de la belle Cho Chang.
La conversation s'engagea facilement entre eux, comme s'ils avaient tous été de vieux amis, et c'est avec un sincère regret qu'Hermione leur indiqua qu'elle et Harry devaient les quitter. Elle et Angélica s'entendaient vraiment bien, et la grande brune avait des anecdotes véritablement fascinantes sur certains de ses curieux clients, si bien que la jeune fille était presque tentée de rejoindre les « plaisirs spéciaux. »
De son côté, Harry, d'abord plus à son aise avec Lee, se découvrit un certain nombre de points communs avec Théodore, en particulier l'amour de la poésie.
Ils quittèrent le salon avec la certitude qu'ils s'étaient fait de nouveaux amis au sein de l'Orchidée.
-Alors? demanda Lee avec un sourire radieux en se tournant vers Théo une fois la porte close.
Théodore leva ses yeux turquoise sur le beau noir et soupira.
-C'est bon, c'est bon, tu avais raison Lee, voila tes galions, dit-il en donnant à son ami une dizaine de pièces dorées qui tintèrent joliment.
-Ahah! Je vous l'avais bien dit! Et encore une fois Lee triomphe face à l'ignorance collective! s'exclama t-il.
Luna éclata de rire, Théodore leva les yeux au ciel et Angélica eut un sourire amusé.
-D'accord Lee, dit-elle, tu avais raison. L'Orchidée a de nouveaux sorciers dans la place.
A quelques mètres de là, Harry et Hermione montaient vers le troisième étage, dans l'aile gauche, aux quartiers des directeurs, pour une de leurs leçons de sorcellerie journalière.
Etrangement, Hermione avait appris la nouvelle de son statut de sorcière avec un calme qui avait surpris Harry, et malgré son esprit scientifique qui doutait, elle accepta les faits lorsque Remus changea la table de son bureau en chat.
Harry fut donc soulagé quand, de son côté, Ron s'évanouit en voyant le chat-qui-était-un-bureau venir se frotter contre sa jambe.
Fred et George s'enthousiasmèrent immédiatement, Bill et Charlie n'en furent pas réellement surpris, se rappelant vaguement avoir vu, dans leur enfance, leurs parents faire des choses semblables. Ginny, d'abord mal à l'aise, éclata de rire en voyant son frère étendu sur le sol, suivie, plus timidement, de Seamus et Hannah.
Malgré les réticences de Severus, Remus, Sirius et lui décidèrent qu'il fallait faire l'éducation de leurs nouveaux élèves et s'accordèrent sur les leçons journalières aux cours desquels ils leurs expliquèrent petit à petit l'existence du monde magique et comment apprendre à s'en servir.
Jusqu'à présent, ils s'étaient contentés de la théorie, et même s'il n'avait pas déjà mémorisé les livres mis à leur disposition comme l'avait fait Hermione, Harry brûlait de passer à la pratique. Il avait eu, feuilletant quelques-uns des livres, un petit aperçu de ce qu'était concrètement la magie, et cela le démangeait de pouvoir jeter, à son tour, des sortilèges.
Il garda ses expériences secrètes, et ne dit à personne, pas même Hermione, qu'il avait déjà réussi à changer certains meubles de sa chambre avant de leur rendre leur forme originelle, et même à faire léviter ou déplacer certains objets.
Séverus Snape avait été très clair : sans baguette, un sorcier ne pouvait utiliser sa magie, et même s'il ne connaissait encore que très peu de choses sur la magie ou sur le monde magique, il savait que ce n'était pas « normal ».
Arrivés devant la porte de la pièce où ils étudiaient, Hermione frappa trois fois, comme convenu, et attendit la réponse. La porte s'ouvrit et Severus Snape apparut.
-Vous êtes en retard! leur reprocha-t-il avant de les laisser entrer.
Remus Lupin, Sirius Black et leurs amis les attendaient déjà dans la pièce, avec un vieil homme mince, presque maigre, au regard clair perçant et à l'élégance parfaite entouré de nombreuses et volumineuses malles.
Harry et Hermione s'inclinèrent rapidement devant l'inconnu avant de rejoindrent leurs amis, s'asseyant à leurs côtés sur l'un des bancs. Harry pouvait sentir le regard aiguisé du vieil homme sur lui, fixer sur son front, l'angoissant. Pourquoi cet homme le fixait-il ainsi?
Quelque chose chez cet homme indiquait qu'il n'était pas un simple client de l'Orchidée, et cela ne tenait pas au fait qu'il soit un sorcier. Car il en était un, cela ne faisait aucun doute.
-Bien, aujourd'hui, Sirius, Séverus et moi avons décidé qu'il était temps que chacun d'entre vous reçoive une baguette afin que nous puissions passer, dans une certaine mesure, à la pratique, et qu'une fois votre retard rattrapé, vous puissiez rejoindre les autres en cours.
-Les autres? répétèrent Harry et Hermione. En cours?!
-Nous n'avons pas besoin d'écho, mister Potter et miss Hermione, ironisa Séverus Snape, s'attirant un grognement de Sirius Black.
-Ce n'est qu'une supposition, continua Remus, mais je pense que vous avez tous senti que vous n'étiez pas les seuls sorciers ici. Comme Séverus, Sirius et moi-même sommes des sorciers, nous avons en effet tendance à prendre des jeunes gens qui en soient également; pas toujours consciement d'ailleurs. Et même si notre maison est ouverte autant aux moldus qu'au sorciers, nous avons une certaine réputation,et une large part de notre clientèle provient du monde magique. Nous éduquons donc les sorciers qui travaillent ici, de façon à ce que leurs connaissances du monde magique dans sa culture, son mode de vie et son actualité soient suffisamment approfondis pour satisfaire nos clients sorciers par leur conversation. Nous tenons également à ce qu'ils aient baguette et pratique la magie courante, de sorte à ce qu'il n'y pas de réelle infériorité vis-à-vis du client.
Digérant l'information, les jeunes sorciers s'entre-regardèrent mutuellement ; leur impatience était palpable.
-Ce qui explique le pourquoi de la présence de Monsieur Olivander ici, continua Séverus Snape. Il nous a fait le plaisir de venir en personne de Londres avec son magasin afin de vous trouver à chacun une baguette, alors tâchez de bien vous tenir.
Ron se pencha vers Harry.
-Comment peut-il avoir tout son magasin avec lui! Il a beaucoup de malles, mais tout de même…
-Aucune idée, fit le brun.
Hermione roula des yeux.
-Est-ce que je suis la seule à avoir lu les livres qu'ils nous ont prêtés! Les sortilèges de réductions font partie de ceux appris en cinquième année d'étude en école de magie! Ils font partie des sortilèges d'usages courants dans le monde magique! souffla-t-elle discrètement à ses camarades.
Harry et Ron échangèrent un regard entendu. Hermione était, pour sûr, la seule à avoir déjà mémorisé le livre entier.
Snape les fit taire d'un simple regard, et le vieux sorcier sortit sa baguette, un long morceau de bois noir, d'une poche de sa cape grise avant de tourner son regard gris terne vers les jeunes gens.
« Rien à voir avec les yeux de ce Draco Malfoy... » ne put s'empêcher de penser Harry en se souvenant des superbes yeux gris perle de l'arrogant personnage.
-De nouvelles recrues, à ce que je vois, commença M.Ollivander d'une voix lente, bien, bien, bien, par qui allons nous commencer?
Il jeta un coup d'œil à Severus Snape, et celui-ci indiqua Hannah et Seamus du regard, qui s'avancèrent timidement vers le vieil homme. Un mètre apparut, et Harry, Ron et Hermione le regardèrent prendre des mesures sans comprendre.
Finalement, l'homme fit de légers mouvements de poignet et deux larges malle apparurent, dans lesquelles se trouvaient des centaines de longues boites rectangulaires. Il en retira deux premières, et donna une baguette à Seamus, et une à Hanna, qui le regardèrent sans comprendre.
-Et bien, qu'attendez-vous? Souffla-t-il avec impatience. Faites le mouvement!
Hannah et Seamus se regardèrent, et Seamus agita la baguette, se demandant vraiment ce qu'il faisait là. Brusquement, l'un des magnifiques vases de la pièce explosa, au grand déplaisir de Snape qui grimaça. Ollivander se précipita pour retirer la baguette des mains d'un Seamus stupéfait.
-Non, visiblement ce n'est pas ça!
Il se tourna vers Hannah, qui était restée bouche bée en voyant le vase exploser, comme les autres jeunes gens.
-Et bien qu'attendez-vous mademoiselle! Essayez votre baguette que je vois si je ne me suis pas trompé!
Hésitante, la rouquine fit un faible moulinet du poignet, et une superbe gerbe d'étincelle jaune sortit de sa baguette et monta vers le plafond.
-Who! s'exclamèrent les jumeaux. Cool!
-Parfait! s'écria le vieil Ollivander avec satisfaction. Parfait! Belle baguette, du chêne, une baguette solide, avec une branche du houx argenté magique de Salem à l'intérieur. Particulièrement efficace pour les sorts et les rituels de conjuration, la création d'objets et de créatures utiles, mademoiselle.
Hannah hocha la tête sans quitter sa baguette des yeux, la serrant un peu plus fermement dans sa main, appréciant la chaleur diffuse qu'elle ressentait à son contact.
-Bien, veuillez retourner vous asseoir mademoiselle Abbot, demanda Severus Snape.
La jeune fille retourna s'asseoir à côté de Ginny en regardant fixement sa baguette, et les deux jeunes filles commencèrent à murmurer à voix basse.
Pour Seamus, la deuxième baguette fut la bonne. Du sapin avec un nerf de dragon, très rigide, adéquate pour sortilèges offensifs.
Petit à petit, Ollivander trouva à chacun une baguette, renvoyant chacun dans sa chambre une fois leur baguette trouvée, leur recommandant de ne pas trop faire de bêtises avec, et bientôt, il ne resta plus que Ron, Hermione et Harry. Le brun en était presque sûr, Snape faisait exprès de le faire passer en dernier, bien qu'il ne soit pascertain de la raison.
Ron se retrouva rapidement avec une baguette en noisetier, très flexible et agréable à manier, avec des crins de jeune licorne à l'intérieur. Une bonne baguette, avait dit Ollivander, visiblement un peu surpris du résultat, puissante, spécialement pour les abjurateurs, les mages spécialisés en magie protectrice.
Il eut plus de mal à trouver une baguette à Hermione, et après plusieurs essais infructueux, il sortit une belle baguette de bois clair à la couleur étrange soigneusement ouvragée d'une malle particulière, en jetant à la jeune fille un regard perçant qui la mit mal à l'aise.
-Bois de rose, travail ancien et particulièrement rare! Je ne pensais pas un jour la vendre mademoiselle. Vingt-cinq centimètres, souple. Le sorcier béni qui a réalisé ce chef-d'œuvre a réussi, par je ne sais quel miracle, à obtenir qu'une fée et une nymphe lui donnent une mèche de leurs cheveux, qu'il a ensuite placé dans cette baguette. Ce sont elles qui ont choisit le bois adéquat pour contenir leurs cheveux. Une baguette puissante, cela va sans dire, tout particulièrement pour les illusionnistes.
Quand Harry s'avança, le vieil homme prit ses mesures, et le dévisagea un long moment. Machinalement, Harry rabattît ses cheveux sur sa cicatrice. Il entendit Ollivander marmonner quelque chose mais ne parvint à en saisir le sens avec précision.
Quelque chose à propos d'une baguette en bois de saule et d'une baguette d'acajou...
Il lui fit essayer plusieurs baguettes, pour le plus grand malheur de l'ameublement et de la décoration de la pièce, mais ne parut pas autrement surpris en voyant les échecs se succéder. Ollivander soupira, et fit réapparaître l'étrange malle noire d'où il avait tiré la baguette d'Hermione et celle de Ginny. Il en sortit une longue boîte noire couverte de poussière avant de regarder intensément Harry.
-Voila, une combinaison particulièrement originale, inhabituelle même : bois de houx et plume de phénix. L'une des rares baguettes en bois de houx qui existe, c'est un bois peu utilisé. Vingt-sept centimètres et demi, facile à manier et très souple.
A peine la baguette toucha sa main, Harry sentit une chaleur étrange se répandre dans ses doigts.
D'un léger mouvement de la main, il tira une gerbe rouge et or qui se déplaça dans la pièce, traçant une spirale avant d'imploser.
-Intéressant! S'exclama Ollivander. Vraiment fascinant... Saviez-vous, jeune Harry, que ce n'est pas le sorcier qui choisit la baguette, mais la baguette qui choisit le sorcier. Le phénix qui a donné sa plume à cette baguette, n'en a donné qu'une seule autre. Trente-trois centimètres soixante-quinze, bois d'if, puissante baguette. N'est-il pas amusant de constater que la baguette qui vous a choisi pour maître est la sœur de celle qui vous a fait la cicatrice que vous tentez de dissimuler sous vos cheveux?
Harry recula, troublé, et Severus Snape s'interposa entre lui et Ollivander.
-Prenez votre baguette et retournez dans votre chambre! ordonna-t-il au jeune homme.
Harry n'eut pas à se le faire dire deux fois et quitta précipitamment la pièce.
-Merci de vous être déplacé, M.Ollivander, c'est Remus qui s'occupera de vous régler la note, comme de coutume.
Le vieil homme rangea ses malles en quelques sorts, et s'inclina poliment devant Snape.
-Ce fut un plaisir Severus, comme toujours. De plus, cela faisait longtemps que je n'avais pas eu à fournir des Weasley en baguettes! répondit-il.
Snape ne manqua pas de froncer les sourcils à cette remarque, ce qui fit rire doucement le sorcier.
-Vous ne pensiez tout de même pas que je ne m'en rendrais pas compte, Severus? Enfin, enfin, une bonne chose que la lignée ne se soit pas éteinte comme nous le craignons! Pauvre Molly, pauvre Arthur, je me souviens encore du jour où ils étaient venus chercher leur baguette chez moi... Et Harry! Qui aurait pu penser que je tomberais sur le dernier des Potter, le fils de James et Lily, dans un tel endroit! Je suppose que Monsieur Black est ravi. Un garçon extraordinaire, sans aucun doute!
-J'espère que vous comprendrez, M.Ollivander, que nous attendons de vous la plus grande discrétion, dit calmement Snape.
Le vieux sorcier eut un léger sourire.
-Bien entendu. Ne vous inquiétez pas, je suis partisan de laisser le Destin faire les choses à sa guise. Et nul doute qu'il ne tardera pas à s'intéresser à ces jeunes gens, s'il n'a pas déjà commencé...
Severus ne répondit pas, mais le vieil homme n'attendait pas de réponse, parlant plus à lui-même qu'à l'autre sorcier. Il prit congé, et disparut par la cheminée dans un craquement d'étincelles.
Harry, quant à lui, s'était hâté de rejoindre sa chambre et resta longtemps étendu sur son lit, le regard fixé au plafond, sans vraiment le voir. Il finit par s'endormir sans s'en rendre compte.
¤¤¤
Quelqu'un frappa plusieurs fois à la porte, et Hermione entra. Elle eut un sourire attendrit en trouvant son ami profondément endormi, tout habillé sur son lit. Harry avait la capacité de s'endormir n'importe où et n'importe quand, même si elle n'était pas convaincue que ce soit véritablement qualifiable de capacité...
Elle s'approcha, et secoua le brun jusqu'à ce ses yeux papillonnent.
-Mione? Qu'est-ce que tu fous là?
La jeune sorcière roula des yeux. Elle portait une robe de soie bronze sans manches s'arrêtant juste au-dessous de ses genoux qui projetait de chatoyants reflets à chacun de ses mouvements. Ses cheveux étaient noués en un chignon soigné d'où s'échappaient malgré elle des mèches indomptables et elle s'était maquillée, soulignant ses yeux de brun, pailletant légèrement son visage, un rapide coup de gloss sur les lèvres. Pour seul bijou, deux petites roses en or ornaient ses oreilles.
-Tu as dormi tout l'après-midi Harry! La nuit est tombée depuis plus d'une heure et les maisons commencent à se remplir. Il serait temps que tu viennes.
Harry s'étira et bailla longuement avant de se redresser sur le lit, les muscles douloureusement ankylosés.
-D'accord, je vais prendre une douche et j'arrive.
-Vas-y vite alors, je te sors une tenue. Et n'oublie pas de mettre tes lentilles! Tu es adorable avec tes lunettes mais ça cache tes yeux, qui sont certainement ton plus grand atout!
Le jeune homme se dirigea vers la salle de bain et, une fois qu'il y fut entré, Hermione se dirigea vers l'armoire. Elle en retira un pantalon de velours noir côtelé, un polo en cachemire vert bouteille très près du corps et une veste dans le même velours noir côtelé que son pantalon. Ce serait parfait, et n'en montrait pas trop, Harry serait absolument craquant.
Quelques minutes plus tard, le brun sortit de la douche, enveloppé dans un peignoir blanc, ses cheveux encore pleins d'eau, et regarda la tenue que lui avait choisi son amie.
-Je ne savais même pas que j'avais ça dans mon armoire, avoua t-il.
Hermione leva les yeux au ciel.
-Harry, je t'adore tu sais, mais je dois admettre que tu n'as absolument aucun sens du style en ce qui concerne les vêtements. A chaque fois que je te vois, c'est comme si tu avais enfilé les premiers trucs qui te sont passés sous la main.
Harry se retint de lui dire que c'était exactement ce qu'il faisait. Il n'y pouvait pas grand chose, il n'avait pas le sens du style, ce n'était pas son truc. Heureusement, il n'avait pas besoin de vêtements exceptionnels pour être remarqué.
Il enfila les vêtements et Hermione souligna ses yeux verts de khôl. Elle recula pour admirer son oeuvre et offrit un sourire rayonnant.
-Tu es super, Harry.
-Merci, répondit-il en lui rendant son sourire, tu n'es pas mal non plus!
-Et devine la nouvelle : les jumeaux viennent d'être intégrés au cercle des Roses!
-Vraiment?! ça ne m'étonne pas d'eux. Je suis presque sûr que d'ici une semaine, ils connaîtront tout le monde et seront aussi à l'aise que s'ils étaient là depuis toujours!
-Oui, ils s'adaptent vraiment vite et savent se rendrent populaire. Je dois reconnaître que les jumeaux avaient raison : la moitié des clients les choisissent justement parce qu'ils sont jumeaux. C'est un fantasme très répandu... Et comme en plus ils sont loin d'être laid...
-On dirait que Snape va rentabiliser notre achat plus rapidement que prévu!
Hermione hocha la tête et saisit Harry par la manche.
-Allez viens maintenant, il est temps d'aller bosser, sinon les jumeaux seront les seuls à s'enrichir et nous resterons sur la paille!
Harry éclata de rire et suivit Hermione, dévalant les escaliers vers le premier étage, croisant quelques-autres prostitués au passage.
Ils rejoignirent ensuite le grand salon dévolu au cercle des Roses. A l'intérieur de la grande salle bien éclairée, de nombreux jeunes gens faisaient la conversation à de riches clients de tous âges et tous sexes. Si le client avait fait un choix, il s'installait dans l'un des canapés de la pièce avec la personne en question pour poursuivre la conversation, ou s'installait entre amis avec plusieurs prostitués. Les serviteurs faisaient en permanence le service de boissons et de mets variés.
Le travail des membres du cercle des Roses ne se limitait pas à coucher avec le client, au contraire, ce n'était qu'une de ses fonctions. Avant tout autre chose, il devait divertir. La maison était célèbre, et très populaire chez la jeune et riche population parisienne.
Il n'était pas rare que certains clients viennent entre amis, et qu'ils ne couchent pas avec l'un ou l'une des prostitués, préférant se contenter de passer une bonne soirée. Ils payaient ce qu'il mangeait, buvaient, ainsi que les consommations des jeunes gens dont ils demandaient la compagnie, et plus ils passaient de temps avec eux, plus le tarif augmentait. Bien sûr, s'il y avait des baisers, des caresses, ou tout autre forme d'échange sexuel entre le client et le prostitué, les tarifs augmentaient, même s'il n'avait pas demandé de chambre.
C'était à eux de faire en sorte que le client passe par leur chambre, car plus le client dépensait, plus ils gagnaient à la fin.
Harry et Hermione étaient rapidement devenus très populaires auprès d'un certain nombre de clients, surtout les groupes de jeunes gens. Hermione avait une conversation fluide et intelligente, bien qu'elle se retienne souvent d'aborder des sujets trop complexes pour ne pas ennuyer ses clients. Harry était très charismatique, connaissait les nouveautés à la mode chez ses clients et sa conversation vive et ironique était appréciée.
Etrangement, le fait qu'Harry et Hermione soient amis attirait les clients, qui aimaient les prendre ensemble à leur table, et, parfois, dans leur lit. L'espèce de respect avec lequel les traitaient leurs clients, y compris au lit, avait été une des agréables surprises qu'ils avaient eues en commençant à travailler à l'Orchidée.
Il y avait toujours des clients vulgaires et parfois brutaux, mais s'ils commençaient à devenir trop vindicatifs à l'égard de l'un d'entre eux, un des serviteurs avait tôt fait de prévenir Mme Pomfresh pour remettre de l'ordre et éviter que la situation ne dérape. La petite femme savait se montrer très convaincante lorsqu'elle le voulait. Et si jamais un des patrons de la maison se trouvait obligé d'intervenir en personne, le client était définitivement mis à la porte.
Les règles étaient strictes, c'était la condition pour que l'Orchidée ne soit pas seulement une maison close, ou un vulgaire bordel. Les règles les plus sévères concernaient les sorciers. Contrairement à ce qu'Harry avait pensé de prime abord, les sorciers n'étaient pas rares dans la maison, tant chez les prostitués et les hôtes que chez les clients, mais l'usage de la magie était formellement interdit en présence d'un moldu. En revanche, si en privé, un client sorcier souhaitait utiliser la magie avec un prostitué également sorcier, c'était autorisé, mais avec beaucoup de précautions. Quels que soient leur richesse et leur pouvoir, il était absolument interdit aux clients sorciers d'utiliser la magie sur les prostitués moldus de la maison.
Hermione et Harry étaient particulièrement populaire chez les sorciers.
Quand ils leur expliquaient qu'ils ne connaissaient pas encore beaucoup de choses à la magie, ayant récemment découvert leur condition de sorciers, leurs clients étaient honnêtement surpris.
L'un d'eux, un jeune et sympathique sorcier marocain, leur avait expliqué que leur aura magique était vive, et que celle de Harry était vraiment originale, ce qui laissait croire qu'ils étaient des sorciers de haut niveau. Il leur avait même montré, dans l'intimité de la chambre, quelques tours de magie.
Théodore leur indiqua discrètement de ne pas trop se fier aux clients sorciers et de surtout ne jamais rien attendre d'eux.
D'après lui, les clients sorciers étaient comme les journalistes : peut importe depuis combien de temps tu les connais, tu ne peux jamais leur faire confiance. Et il savait de quoi il parlait puisqu'il était lui-même sorcier. Apparemment, il y avait quelque chose de bien plus incompatible entre les prostitués et les sorciers qu'avec les clients moldu. Question de culture, selon Théo.
Harry et Hermione n'eurent pas à attendre longtemps avant qu'un petit groupe de jeunes sorciers ne les attirent à leur table. Deux garçons et une fille, âgés d'une vingtaine d'années. Ce soir, il y avait un nouveau venu à leur table qui attira immédiatement le regard de Harry. Le jeune homme était particulièrement beau; grand, un corps à se damner, jeune, solide et musclé, des cheveux bruns, un visage de jeune dieu grec.
-Harry, Hermione, nous espérions bien vous voir ce soir! s'exclama joyeusement la jeune femme.
Millicent était une femme aux courts cheveux noirs. Elle n'était pas d'une grande beauté, mais son visage intelligent était plein de charme. D'immenses yeux noirs ornaient son visage, sa peau était translucide, sa bouche mince et bien dessinée, quoiqu'un peu grande, et elle portait une élégante robe noire, courte et bien coupée. Hermione remarqua les magnifiques bijoux ouvragés qui paraient les poignets et le cou de Millicent.
-Aujourd'hui est un jour un peu spécial, dit un autre jeune homme. Nous avons réussi à traîner Cédric Digori au cercle des Roses! Lui qui d'habitude ne décoince pas du cercle des Violettes...
Olivier Dubois était un amant régulier de Harry, et il laissa glisser son regard brun sur le corps du jeune homme un peu plus longuement qu'il ne le fallait. Harry sentit ses joues se colorer alors qu'il s'installait entre Hermione et Millicent.
Olivier n'avait certes pas la beauté de Cédric, mais il était beau garçon, agréable et loin d'être un amant empoté.
Zacharias Smith leur offrit un verre. Bien que très orgueilleux et assez insupportable de prime abord, il savait rire de lui-même et se montrer charmant. Il était séduit par l'intelligence d'Hermione, et avait fait plusieurs détours par sa chambre, mais, à la surprise générale, y comprit la sienne, il s'était actuellement entiché de Luna.
Hermione s'assit, offrant un sourire charmant à Cédric. Elle n'était pas folle au point de rater l'occasion d'attirer un homme tel que Cédric Digori dans son lit! Elle savait parfaitement qu'il était actuellement dans les filets de Cho Chang, et bien qu'elle n'aie pas l'éclatante beauté de l'Asiatique, elle avait d'autres atouts. Et l'idée de le prendre à Cho avait quelque chose d'excitant!
-Notre conversation vous déplaît-elle messires? Ou bien les charmes des Violettes sont-ils si envoûtants? demanda t-elle.
Cédric rougit légèrement, Millicent, Olivier et Zacharias éclatant de rire.
-Non mademoiselle, Zacharias m'a toujours parlé de votre conversation en des termes élogieux, et je sais combien mon ami se montre difficile, mais quelque chose me retenait chez les Violettes, une jeune femme merveilleuse.
Hermione réprima une grimace et Harry plongea dans sa coupe de champagne afin de se donner contenance. Cho Chang?! Merveilleuse?! Elle avait dû aspirer le cerveau de ce pauvre garçon oui! Millicent haussa un sourcil clairement dubitatif, Olivier leva les yeux au ciel et Zacharias émit raclement de gorge significatif.
-Aussi merveilleuse qu'un nid de frelons, oui! Grogna-t-il en commandant un plateau de petits fours d'un geste de la main.
Cédric donna un violent coup dans les côtes de son ami qui manqua de renverser sa coupe de champagne, et Harry dut se mordre violemment la lèvre pour ne pas éclater de rire.
-Mais, reprit Cédric en ignorant délibérément l'attitude de ses amis et en se tournant vers Harry, il semble que le cercle des Roses ne manque pas de surprises.
Harry, amusé, offrit un sourire de chat au jeune client.
-Bonnes, j'espère.
Hermione soupira. Elle pouvait faire une croix sur le beau Cédric Digori pour ce soir : Harry venait de passer en mode prédateur, c'était foutu, le beau gosse était grillé. Quand Harry décidait qu'il voulait quelques chose, il finissait généralement par l'obtenir.
-Très bonnes même. En fait, je pensais sincèrement passer une mauvaise soirée, mais je vois avec plaisir que je m'étais trompé.
Harry s'apprêtait à répondre lorsque deux silhouettes familières passèrent les portes de la salle.
-Regardez qui nous avons là! leur souffla Millicent. N'est-ce pas ce cher Draco Lucius Malfoy?! Dieu, moi qui pensais que son noble cul béni ne connaissait point ce genre d'endroit!
-Sans doute est-ce parce qu'il est accompagné de ce bon vieux Blaise, dit Olivier en remplissant leurs verres derechef. S'il n'avait pas la lourde tâche d'être le meilleur ami de notre petit prince, il serait vraiment un type très fréquentable.
Hermione et Harry échangèrent un regard à mi-chemin entre la stupéfaction et le choc.
A l'entrée du salon nocturne du cercle des Roses se tenaient, plus beaux et plus magnifiquement vêtus que dans leurs souvenirs, Draco Malfoy et Blaise Zabini.
-Vous les connaissez?! interrogea Hermione en se penchant vers eux.
Zacharias ricana.
-Qui ne les connaît pas?! Draco Malfoy est l'héritier d'une des plus anciennes et des plus puissantes famille de sorciers de sang-pur britanniques. Particulièrement dogmatique et franchement arriéré, si vous voulez mon avis, mais je suppose que c'est le sang bleu qui veut ça.
-Quant à Blaise Zabini, il vient d'une famille de sorciers de sang-pur d'origine indienne, continua Zacharias. Richissime, cela va sans dire, et puissant, mais moins que les Malfoy, et nettement moins coincé! Je me demande ce qu'il trouve à Draco. D'accord, il est sexy à en mourir, mais il est fermement opposé aux relations homosexuelles, le pauvre garçon!
-Il ne sait pas ce qu'il perd! affirma Olivier en plantant son regard dans celui de Harry qui lui sourit, flatté.
Cédric remarqua le jeu entre Harry et Olivier.
-Avec un tel partenaire, je veux bien te croire Olivier, et, si tu permets, je t'emprunterai Harry pour la soirée.
Olivier eut l'air déçu.
-Oooooh voyez-vous ça! minauda Millicent. J'ai vraiment eu raison de t'emmener ici, Cédric! Pas que j'aie quoi que ce soit contre cette pauvre Cho Chang, mais Harry est tout de même nettement mieux : non seulement il est à croquer, mais il a un cerveau et en plus c'est un sorcier digne d'intérêt.
Harry, de son côté, essayait d'oublier le malaise qu'il avait ressenti en voyant Draco Malfoy et ses inoubliables yeux gris perle passer les portes du salon. De toutes ses forces, il essaya de reporter son attention sur Cédric. Il avait aisément remarqué le trouble d'Hermione lorsqu'elle avait reconnu leurs vieilles connaissances, bien que pour n'importe qui d'autre que lui, elle paraisse parfaitement sereine. Même jusqu'à présent, elle avait échappé à un interrogatoire, il faudrait qu'il envisage sérieusement de lui demander ce qui c'était passé entre elle et le bel indien.
Tout allait remarquablement bien jusqu'à ce que son regard ne croise celui du blond fixé sur lui.
¤¤¤
Blaise et Draco étaient à Paris depuis plusieurs semaines maintenant, et bien que Draco ne soit plus aussi désagréable que dans les premiers temps, Blaise était loin d'avoir retrouvé le compagnon aimable que le blond savait être lorsqu'il était loin de ses parents. Même si, concrètement, Lucius Malfoy était constamment en voyage d'affaire, sa présence était si imprégnée au manoir que Draco n'avait jamais su se libérer de son influence.
Draco et Blaise étaient amis depuis l'école. Déjà à l'époque, il avait été très dur d'approcher Draco et de gagner son amitié, mais Blaise y était parvenu. Il savait être particulièrement têtu lorsqu'il le souhaitait, une qualité que les Serpentars partageaient souvent avec les Griffondors, même si les deux partis concernés préféraient avaler de l'huile de foi de morue que de le reconnaître.
Blaise ne voulait pas se donner trop de crédit, mais il était presque certain que son amitié avec Draco avait permis à son ami de prendre doucement son indépendance par rapport à la façon de penser de son père et, même s'il était encore sous sa coupe aujourd'hui, il était bien plus lui qu'il ne l'avait été par le passé. Et Blaise travaillait encore à le faire progresser, à le sortir de la prison mentale dans laquelle son éducation patriarcale l'avait enfermé.
Et c'est là qu'intervenait le jeune Emeraude.
Le désir et l'attraction qu'il exerçait sur Draco avaient profondément chamboulé ce dernier, et Blaise ne savait avec précision si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Le fait était que ça allait dans son sens, bien qu'il n'avait jamais soupçonné Draco d'avoir ce genre de penchant. Lui-même était bisexuel, et Draco le savait. Même s'il n'était pas complètement à l'aise avec cet aspect de sa personnalité, Draco l'avait accepté.
Draco avait été proprement odieux en revenant sur la capitale française, mais Blaise n'avait pas émit le moindre commentaire. Il imaginait sans peine combien son ami devait être bouleversé; il s'était lui aussi senti très mal lorsqu'il avait été attiré par un garçon pour la première fois. Il s'en était quasiment rendu malade, et les mots anormal, monstre, et malsain avaient tourné dans sa tête à chaque fois qu'il croisait son reflet dans la glace.
Dieu merci ça lui avait passé.
Pour Draco, vu son éducation, ce devait être pire, et Emeraude avait finalement eu de la chance de ne pas être à la disposition du blond durant sa crise identitaire. Blaise, connaissant le blond, savait qu'il aurait pu être violent, très violent, envers celui qu'il jugeait responsable de son état.
Blaise avait mis ces quelques semaines à profit pour aider son ami à accepter ce qu'il éprouvait pour le jeune garçon aux yeux émeraude, non sans difficultés : crises de rage, meubles brisés et fortes fréquentations des maisons closes. La totale!
D'un autre côté, gérer Draco lui avait permis d'éviter de trop penser à la jeune amie d'Emeraude. Malgré lui, Blaise n'avait pu empêcher son esprit de revenir souvent sur la jeune fille. Quelque chose en elle l'avait profondément touché, et même s'il était bien plus ouvert d'esprit que le blond, il savait pertinemment que tomber amoureux d'une prostituée était la dernière chose à faire. Sa famille était plus ouverte que celle de Draco, oui, mais il ne fallait pas exagérer. Il en était presque venu à souhaiter ne jamais la revoir, c'était sans doute ce qu'il y avait de mieux pour tout le monde.
Draco avait fait des progrès. Oh, il était encore loin d'être parfaitement à l'aise avec l'idée d'être attiré par le corps d'un autre homme, mais il n'avait plus de violente crise de rejet. Blaise n'avait pas encore essayé de le pousser à avoir une relation sexuelle avec un homme, c'était trop tôt, mais l'idée était certainement présente, consciemment ou non, dans l'esprit du blond.
C'est Draco qui avait suggéré qu'ils retournent à l'Orchidée.
Ils avaient tous deux apprécié la maison close au concept original, et surtout, c'était la seule maison close à leur connaissance qui mélangeait les prostitués sorciers et moldus, amenant les clients des deux mondes à se rencontrer. Le système des cercles qui régissait la maison était nouveau, et très apprécié, ouvrant les portes de l'Orchidée à une autre clientèle, ne se limitant plus au client en quête de sexe.
Cette fois, ce ne fut pas l'homme aux yeux bleus nuit qui les accueillit, mais un homme plus petit, à la beauté moins évidente que l'autre mais doté d'étranges yeux dorés. Ses vêtements étaient simples mais d'excellente qualité. Percevant l'hésitation de Draco, l'homme leur proposa d'aller au salon au premier étage, où ils pourraient boire et manger tout en regardant les hôtes de la maison, et faire leur choix si le cœur leur en disait.
Pour la première fois, Blaise et Draco montèrent les marches vers l'étage des Roses et entrèrent dans le salon. Il furent surpris au-delà des mots par le décor moderne, au goût parfait, de la pièce, très éloigné de l'apparence parfois vieillotte ou kitch de certaines maisons closes, ainsi que par le monde qui se trouvait rassemblé dans le vaste endroit et par la musique dansante et les lumières aveuglantes qui inondaient la salle.
Plusieurs appartements avaient dû être détruits pour créer cette salle de la taille d'un petit entrepôt où se trouvaient harmonieusement disposés un bar, une piste de danse, des tables basses et des canapés où se retrouvaient des amis, des couples et des hôtes. Pour un peu, Blaise aurait cru qu'ils étaient entrés dans un club huppé de la capitale.
Des clients de tous âges étaient attablés, entourés de jeunes gens superbes, mais une large majorité de jeunes personnes se déhanchaient sur la piste de danse. Il remarqua deux rouquins particulièrement bien faits de leur personne, se ressemblant comme deux gouttes d'eau, entourés un petit groupe d'admirateurs.
« Des jumeaux?! Intéressant... »
Blaise allait proposer à Draco d'aller prendre un gin au bar lorsqu'il sentit son ami se raidir.
-Blaise, est-ce que tu vois ce que je vois? demanda le blond d'une voix fébrile.
Perplexe, Blaise regarda son ami et, voyant son regard gris fixé avec une intensité rare sur l'une des tables, suivit son regard. Un mélange de stupéfaction, d'incrédulité et joie le parcourut lorsqu'il reconnut la jeune fille qui occupait ses pensées, non sans remarquer que ses souvenirs étaient bien loin de la réalité. Elle était plus jolie qu'il ne l'avait vue ce soir.
C'est à cet instant qu'il remarqua deux yeux vert émeraude difficilement oubliables à la même table que la belle et comprit la cause du choc de Draco.
-C'est Emeraude, dit-il, et son amie, bien que je ne parvienne pas à me souvenir de son nom. Que diable font-ils ici?! Quoi qu'il en soit, ils sont rapidement montés en grade! Ils n'ont pas l'air d'être restés bien longtemps dans le cercle des Violettes.
Blaise ne put s'empêcher de trouver sa voix trop hachée, et tenta de toutes ses forces de reprendre contenance. Il posa une main sur l'avant bras de Draco, espérant l'empêcher de commettre une erreur. Comme se précipiter vers la table et plaquer le jeune homme contre le mur le plus proche, par exemple.
-Et regarde avec qui ils sont! grogna le blond d'une voix rageuse. Merlin! Les dernières personnes que je souhaitais voir ici!
Ce n'est qu'à ce moment que Blaise reconnut avec étonnement les personnes en compagnie des deux prostitués.
-Olivier Dubois, Zacharias Smith, Cédric Digori et Millicent Bulstrode! murmura t-il. Qui aurait cru que nous fréquenterions les même endroits!
-Et surtout, grinça Draco, depuis quand Digori a-t-il viré sa cuti Je le croyais coincé dans les griffes de cette putain asiatique que j'avais pris...
-Visiblement, il a passé le cap, et en mieux, ce garçon est plus beau que jamais!
Draco marmonna ce qui semblait être une série d'insultes. Il détestait Cédric Digori. Non seulement le garçon de trois ans son aîné était d'une beauté qui éclipsait presque la sienne mais surtout, c'était le seul attrapeur de Poufsouffle qui lui ai jamais fait vivre l'humiliation de le vaincre. Vaincu par un Poufsouffle! Il avait bien cru ne jamais s'en remettre.
Et voilà qu'il le retrouvait en train de faire ostensiblement du charme aux yeux émeraude qui n'avaient cessé de l'obséder. Pire encore, le jeune garçon au yeux vert n'avait pas l'air contre l'idée d'amener Digori dans son lit. Il lui souriait, et ses grands yeux légèrement plissés lui donnaient une mine de chat prêt à dévorer une souris. Souris qui n'opposerait vraisemblablement pas une grande résistance...
Son regard vert croisa celui de Draco pendant quelques secondes et le blond retint son souffle.
Mais le brun détourna le regard et recommença à converser avec ses clients en l'ignorant complètement.
Une vague de haine parcourut Draco, qui la contint comme il put, se retenant de se ruer sur le prostitué.
-Allez, viens, dit alors Blaise, allons prendre un gin au bar, histoire de nous calmer un peu.
L'idée était séduisante et il suivit Blaise au bar où ils commencèrent à boire.
Plus tard -Draco était bien incapable de dire combien de temps s'était écoulé exactement, pas plus qu'il ne savait combien de verres de gin et de tequila il avait avalé- plus tard donc, il se tourna pour jeter un énième coup d'œil à la table où se trouvait les yeux émeraude.
Il faillit s'écrouler pitoyablement de l'élégant tabouret sur lequel il était assis -ce qui en soit indiquait que quelque soit le nombre de verres qu'il avait commandé, c'était plus qu'il n'en supportait- lorsqu'il s'aperçut que les yeux émeraude et le bellâtre Digori avaient disparu. Disparu! La pouasse!
Il les aperçut finalement, qui quittaient la salle. Son sang ne fit qu'un tour. Non! Il était hors de question que ce fichu Digori aie le droit de s'envoyer en l'air avec yeux verts sous prétexte qu'il était plus à l'aise que lui avec les choix de son pénis! Il se leva et décida de les suivre sans tenir compte de la faible protestation de Blaise. Sacré Blaise! Il devait être moitié aussi ivre que lui, et Draco lui laissait le plaisir de régler la note. Après tout, c'était sa faute! Qui avait eu l'idée d'aller au bar!
Draco traversa la salle et suivit les deux hommes dans le long couloir sans fenêtres qui menait aux chambres.
Les voyant s'arrêter devant l'une des portes, il accéléra le pas. Ils allaient entrer dans la chambre lorsque Draco poussa brutalement Cédric sur le côté avant de pousser Harry dans la chambre.
-Tu m'excuseras Digori, j'ai deux ou trois choses à régler avec le jeune homme, dit-il aigrement avant de s'engouffrer dans la chambre à son tour et d'en fermer la porte.
Par mesure de précaution, il poussa le verrou et y jeta un rapide sortilège, histoire que même si l'envie lui prenait d'utiliser sa baguette, ce bon vieux Digori reste là où était sa place : dehors.
-Non mais vous êtes malade?! s'écria le jeune homme aux yeux verts derrière lui.
Et un sort d'insonorisation pour la route! Draco inspira profondément, avant de se retourner vers le petit brun, à la limite de l'hystérie. Les beaux yeux émeraude le foudroyaient.
-Ca vous prend souvent de venir foutre en l'air le travail des gens?! continuait le brun en balançant sa veste noire sur le lit d'un geste rageur.
-Parce que vous appelez ça un travail? ne put s'empêcher de remarquer Draco avec dédain.
Cela n'améliora pas l'humeur du brun et un vase vint se projeter à quelques centimètres de la tête du blond.
-Eh! Doucement!
-Non seulement vous violez les règles de fonctionnement de la maison mais en plus vous vous permettez de venir m'insulter?! Il faut peut-être que je vous aide à trouver la porte?!
-Vous êtes un sorcier?! demanda Draco, incrédule, qui remarqua pour la première fois l'aura magique du garçon.
Plus la peine qu'il se demande pourquoi sa magie réagissait tellement en présence du jeune homme! Celui-ci roula des yeux, visiblement outré par l'attitude du blond.
-Non je m'entraîne à la télékinésie! Evidemment que je suis un sorcier pauvre cloche!
-Non mais restez poli! Vous ne savez pas à qui vous parlez!
-Et je m'en contrefiche monsieur Draco Malfoy! Vous pouvez être l'équivalent du prince d'Angleterre dans le monde sorcier que ça ne changerait rien : ici, vous respectez les règles de la maison ou vous sortez! Compris?! Et maintenant vous allez me laisser avec mon client!
-Mais bien sûr!
Harry leva les yeux au ciel et se passa une main nerveuse dans ses cheveux.
-Qu'est-ce que vous me voulez bon Dieu?!
-J'en sais rien...
Ils s'arrêtèrent, et se contemplèrent sans un mot.
Harry regarda les longues jambes, les hanches étroites, les mains délicates aux longs doigts mince, la gorge blanche ou la pomme d'Adam palpitait légèrement, les cheveux blond argenté souples et parfaitement disciplinés. Ses yeux glissèrent sur le visage du blond. Anguleux, pommettes hautes, menton en pointe, incroyables yeux gris perle, nez parfaitement droit, et une bouche aux lèvres fines, charnues, avec une lèvre supérieure bien dessinée, ourlée. Il se dégageait de lui une aura d'ordre qui donna à Harry envie de le mettre sans dessus dessous. Malgré lui, le blond l'attirait, et, soudainement, ce n'était plus un aristocrate blond et trop sûr de lui qu'il avait devant lui, mais un jeune sorcier hésitant, troublé, vulnérable.
Il regardait Draco, et Draco le regardait. Et il aimait ce qu'il voyait, et il ne comprenait pas pourquoi il aimait ça. Le brun faisait une bonne tête de moins que lui, il était mince, pas de seins, un corps anguleux, pas de courbes, et pourtant, l'attrait de ce corps sur lui était fort, puissant, étourdissant même! Il passa sa langue sur ses lèvres mais sa gorge restait sèche. Il se sentait ivre, et sans doute l'était-il un peu, son sang battait vigoureusement contre ses tempes, il n'arrivait pas à ordonner ses pensées. Il savait qu'il aurait dû faire, dire quelque chose, n'importe quoi, mais il n'arrivait qu'à regarder fixement le brun, ne percevant plus rien que cette chaleur, cette attraction qui les attirait violemment l'un vers l'autre.
L'atmosphère était saturée de magie, d'une tension sexuelle palpable.
Sans trop savoir comment ils se retrouvèrent collés l'un contre l'autre, Harry mordant, dévorant les lèvres de Draco qui lui répondit avec la même ferveur. Aucune tendresse dans leur échange, c'était brutal, puissant, un affrontement, un combat. Draco ne pensait plus clairement, ses sens et sa magie complètement intoxiqués par le brun, son goût, son odeur, la sensation presque insoutenable de son corps dur et indéniablement masculin plaqué contre le sien et, quelque part dans le flot chaotique de ses pensées, cette masculinité ne l'excitait que plus.
Interdit.
Tout allait très vite. Fébrilement, les mains d'Harry tirèrent la braguette de Draco, le manque d'air les obligeant finalement à se séparer l'espace de quelques secondes. Harry planta son regard vert dans les yeux gris perle du blond, notant avec une satisfaction toute nouvelle que les beaux yeux gris étaient voilés, assombris par le désir.
-Je pense que c'est une très mauvaise idée, haleta malgré tout Draco.
-Une fellation n'est jamais une mauvaise idée, sourit Harry avant de se laisser tomber sur ses genoux et de donner un premier coup de langue sur le gland du sexe à moitié dur du blond.
Draco allait répondre quand la sensation de la langue chaude du brun sur son sexe le coupa et il ne put que laisser échapper un bruyant gémissement en enfouissant ses mains dans les épais cheveux noirs. Il ferma les yeux, sûr de ne pouvoir soutenir la vision du brun dévorant son sexe sans éjaculer immédiatement.
Harry commença à le sucer, prenant lentement son gland entre ses lèvres, le sentant grossir et se durcir dans sa bouche. Ses mains glissèrent sur les hanches pâles, l'aine, désordonnant complètement les vêtements impeccables du blond avec un plaisir non dissimulé. Mais c'était la dernière chose à laquelle pensait Draco à ce moment. Il pouvait sentir ses genoux faiblir alors que la langue habile se mouvait sur son sexe dans un va-et-vient qui lui faisait perdre la tête, taquinant la fente, avalant les prémices de son plaisir.
Dieu, il était prêt à jurer que c'était la meilleure pipe qu'il ait jamais eue. En fait, il était prêt à jurer tout et n'importe quoi du moment que le brun n'arrête pas ce qu'il faisait, l'amenant sûrement vers l'orgasme le plus puissant de sa vie.
Harry était véritablement, indéniablement doué. Ses mains trouvèrent avec une facilité déconcertante les points sensibles du corps du blond, sur son bassin, ses hanches, et se glissèrent sur ses fesses avant de venir caresser ses testicules. L'une de ses mains glissa un peu plus loin, ses longs doigts effleurant l'entrée de Draco, pressant doucement, avant d'enfoncer un premier doigt en lui, étirant doucement ses chairs. Draco hoqueta, mais avant qu'il ne puisse émettre le moindre commentaire, un deuxième doigt entra en lui et commença à aller et venir. Le blond sentit son corps se tendre, rapidement couvert d'une fine pellicule de sueur, l'air lui manqua et son regard chercha celui de Harry pour s'y ancrer.
-Qu'est-ce que... tenta-t-il, haletant, en sentant une vague de plaisir aigu traverser chaque fibre de son corps.
-Ca, blondinet, c'est ta prostate, souffla Harry avec un sourire en coin.
Draco gémit bruyamment, et se mordit sauvagement la lèvre dans l'espoir d'arrêter ses plaintes pendant que la langue du brun continuait son divin travail.
Harry aurait sourit s'il avait pu : même les hétéros les plus extrêmes aimaient sa façon de tailler les pipes, lorsqu'il enfonçait ses doigts en eux pendant qu'il les suçait; ça n'avait rien à voir avec l'homosexualité -pas mal de ses collègues féminines le faisaient également après tout- ce n'était qu'une question de plaisir. Et Harry savait donner ce plaisir, ses doigts massant la prostate du blond avec la même science qu'il mettait à le sucer. Il sentit le blond se tendre, et son sexe tressauta avant qu'il ne parvienne à l'orgasme. Harry avala autant qu'il le put et s'essuya la bouche avant de se redresser et d'embrasser Draco, qui goûta son propre goût dans la bouche du brun. Dérangeant, mais follement érotique.
Encore délicieusement groggy par son orgasme, cherchant à reprendre son souffle, les yeux mis-clos, le blond ne réalisait pas vraiment ce qui venait de se passer. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il s'était rarement sentit aussi bien. Pourtant la délicieuse plénitude post-coïtale passée, il ouvrit les yeux avec stupeur avant de repousser brutalement le brun. Harry faillit protester, mais le mélange de surprise et d'effroi sur le visage de Draco l'arrêta.
-Je... tenta pitoyablement le blond, je... ne... pas...
Incapable de parler, il se remonta prestement son pantalon et jeta un coup d'œil éperdu sur Harry avant de déverrouiller la porte et de s'enfuir.
Encore sous le coup de ce qui venait de se passer, Harry ferma magiquement la porte d'un geste de la main. Il refusait de penser à sa propre érection douloureusement tendue gênée par son pantalon. Jamais jusqu'à aujourd'hui il n'avait été excité de la sorte en faisant une fellation à un client! Il croisa son regard dans le miroir de la chambre et fut surpris par son reflet. Il avait la tête de quelqu'un qui venait d'avoir une partie de jambes en l'air particulièrement réjouissante alors qu'il avait juste taillé une pipe à un client. Harry se sentit mal, troublé, légèrement nauséeux. Il avait besoin de réfléchir.
Il se laissa sommairement tomber sur le lit avec un soupir résigné.
Pour lui, la soirée était finie.
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... Alors? Satisfait(es)?!
J'attends très impatiement TOUS vos commentaires sur ce chapitres lol, parce que non seulement il est important pour la suite de l'histoire, mais en plus je tiens vraiment à savoir ce que vous en avez pensé!
Sinon, je ne déséspère pas ;-) : s'il y a des intéressé par des slash sur CSI Miami (Les experts Miami) faites moi signe lol (ou baladez vous sur mon profil!). J'ecris pour la communauté 30 baisers et d'autres sur livejournal donc si jamais il y en a que ça intéresse, vous pouvez aller voir sur mon profil ;-) ... et je vais bientôt ecrire des Sylar/Mohinder (fandom : Heroes) pour ceux que ça intéressent...
(j'ai le vague sentiment d'être toute seule loooool) ;-P
Quoi qu'il en soit, merci d'avoir lu, et, pitié, un mot, une voyelle, un cri XD mais une review est toujours la bienvenue!!! (et ça motive l'auteur! Comprendre en message subliminale : pas de reviews, pas de prochain chapitre ;-)
