Pour être honnête, je pense que le chapitre précédent était bien meilleur que celui-ci (et vlan on a déjà la moitié des lecteurs qui viennent de faire demi-tour XD), mais comme on dit sagemment : un tiens vaut mieux que deux tu l'auras! Donc voilà le nouveau chapitre de maison close (et oui, oui, tout arrive, sauf le messi!).
C'est le genre de chapitre chiant, où il ne se passe pas grand chose, mais où l'auteur (?) met en place certain élément de l'histoire... Whoa, ça fait vraiment sèrieux présenté comme ça! Bref, l'histoire prend un nouveau tour que je n'avais pas exactement prévus de la sorte au début, mais qui en fait c'est imposé (plus ou moins) à moi pendant l'ecriture (épique) de ce chapitre.
Bref, j'arrête là pour mon habituel blabla à peut près aussi passionant qu'un épisode de Derrick et qui n'intéresse probablement que moi.
Merci encore à Sinelune, ma (courageuse) bêta pour cette fic qui à l'art de se faire attendre (comme toutes mes fics d'ailleurs...)
Bonne lecture!
Chapitre 8 : Mousson...
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Blaise referma la lourde porte de métal ouvragée de son hôtel particulier et poussa un soupir de soulagement. A ses pieds se formait déjà une vaste flaque, et il avait la désagréable impression de s'être métamorphosé en énorme outre pleine d'eau. Ou en éponge... Dehors, la pluie tombait avec une force rare sur Paris depuis la nuit de la veille, et on parlait déjà de l'arrivée d'une tempête.
-Oh! Bonsoir Monsieur Zabini! Je vous débarrasse de votre manteau et de vos chaussures de suite! Peter est allé vous cherchez un tenue sèche.
-Merci Kitty! Je savais que je pouvais compter sur vous, répondit-il en souriant gracieusement à la jeune fille avant de monter vers ses appartements.
Kitty était plus qu'une servante pour Blaise.
Il n'avait aucun sentiment amoureux pour elle, mais ils partageaient une affection et une forme de respect mutuel qui faisait rire Draco. Kitty, de son vrai nom Catherine Grenier, était une jeune française qu'il avait prit à son service dès son installation en France, quelques années auparavant.
Elle n'était pas sorcière, mais, comme tout le monde dans la maisonnée, elle savait parfaitement qu'il était sorcier, et n'en éprouvait aucune peur. Kitty était une médium, une moldue ayant, pour des raisons inconnues, quelques pouvoir psychiques, et elle était venue d'elle-même se présenter à sa porte, annonçant qu'elle savait qu'il avait besoin d'une gouvernante pour son hôtel, et que malgré son jeune âge, elle savait qu'elle était capable non seulement d'assurer cette fonction, mais aussi de lui trouver un personnel parfaitement fiable et performant. Ce qu'elle avait accompli avec succès. Il ne regrettait pas de lui avoir donné sa chance ce jour-là!
Blaise pouvait non seulement leur faire confiance, mais en plus, il n'avait que très rarement eu à formuler les reproches. Il se sentait nettement mieux ici que dans le château de ses parents en Angleterre, mille fois mieux!
Kitty était la première médium qu'il avait rencontré dans sa courte vie.
Bien qu'informé de leur existence, ils étaient totalement bannis du monde magique en Angleterre depuis quelques siècles pour des raisons pour le moins obscures.
On ne savait pas bien ce qu'ils étaient, n'étant ni des sorciers ni de simple moldus, et toutes sortes de rumeurs plus délirantes les unes que les autres couraient sur eux, mais Blaise ne regrettait pas de ne pas en avoir tenu compte. Kitty était une petite fée, elle savait toujours quand il rentrait, savait parfois ce qu'il voulait avant lui mais surtout, elle avait réussi à se faire accepter par Draco, qui ne la traitait plus comme une inférieure moldue mais avec un minimum de respect. Un véritable miracle!
En arrivant dans sa chambre, il trouva, comme l'avait annoncé Kitty, un ensemble complet de vêtements secs et une serviette l'attendant sagement posé sur son lit.
Il se débarrassa de ses vêtements humides et les posa négligemment sur l'un des larges fauteuils, se sécha soigneusement avant de passer avec bonheur ses vêtements chauds et secs. Ce n'est qu'après qu'il remarqua une large enveloppe posée sur son bureau.
Un nœud familier noua son estomac.
Il recevait peu de courrier. Le plus généralement, il s'agissait de lettres concernant son travail, ou bien de lettres de Draco, mais un pressentiment lui soufflait qu'il s'agissait d'une lettre de sa mère. Une lettre de sa mère était rarement bon signe.
Blaise pouvait qualifier ses relations avec ses parents de non-existantes depuis qu'il avait quitté (fuit) l'Angleterre pour rejoindre la France. Divergence politique. Une façon polie de dire que son père le ferait probablement écarteler sans arrière-pensées si leurs routes venaient à se croiser. Sa mère et lui avaient toujours été proches, mais elle avait toujours plié devant son mari.
Elle lui écrivait rarement, toujours en secret, et ses lettres n'étaient rien d'autre que la description d'une situation qui ne faisait que se détériorer.
Au diable le monde sorcier britannique! Il n'était plus qu'une loque, l'ombre de lui-même, une créature ignoble et malade. Oh, ce n'était pas nouveau; les choses avaient commencé à se dégrader bien avant sa naissance, mais il en avait pris conscience avec une acuité presque douloureuse lors de sa scolarisation à la prestigieuse école de sorciers anglaise, Poudlard.
Si l'architecture du lieu avait été à la hauteur de ses espérances, et même bien haut-dessus, il n'en avait pas été de même pour le reste . Aux yeux du monde sorcier, Dumbledore était le meilleur directeur que Poudlard ait jamais eu, mais il était surtout le plus accroché à sa fonction.
Il ne faisait aucun doute pour Blaise que les intentions de Dumbledore avaient sans doutes été bonnes, qu'il avait certainement fait tout ce qu'il avait faire « pour le bien du monde sorcier et la sécurité des élèves », parce que « cela devait être fait », mais il n'en restait pas moins qu'il était un menteur, un manipulateur, un stratège hors pair et qu'une part de Blaise ne pouvait s'empêchera de penser que son orgueil et son désir de contrôle avaient également joué un rôle dans les réformes qu'il avait mit en place. Lentement mais surement, profitant ouvertement de la faiblesse pathétique du gouvernement sorcier, il avait fait basculer les sorciers britanniques dans une peur viscérale de toutes les anciennes magies, en brandissant très haut la bannière de la redoutable magie noire comme ultime responsable de tous les maux de la terre.
Toutes les créatures magiques non-humaines, fées, elfes, loups-garous, centaures, vampires, dragons... étaient répertoriés et placés dans des réserves ou tout bonnement chassés et tués comme de simple animaux s'ils osaient résister, considérés comme inférieurs aux sorciers. Les anciennes magies, nécromancie, conjuration, invocations, illusionnisme... avait été bannies, jugées trop dangereuses, susceptibles de corrompre les sorciers, ou qualifiées de magie noire, et les derniers sorciers les pratiquant étaient chassés, enfermés, poussant les rescapés à s'exiler dans d'autres pays. Tous les savoirs de l'Ancien Monde avaient été perdus pour les nouvelles générations comme Blaise et Drago, qui n'en avaient reçu que des bribes grâce à leurs parents dont le savoir n'était déjà que ténu.
Bien sûr, toutes ces interdictions successives, cette privation violente faite aux sorciers d'une part de leur essence n'avait été possible que par l'émergence de Tom Marvolo Riddle, dit Lord Voldemort, le plus puissant sorcier Noir qui avait foulé la Terre depuis des siècles.
Ou, tout du moins, le plus mégalomane.
Loin d'être un idiot lui-même, Voldemort avait joué de la colère et de la frustration ressentie par de nombreux sorciers comme Dumbledore avait su jouer de leurs peurs, et il avait obtenu un franc succès. Notamment auprès de ses parents (de son père en fait), et de ceux de Draco, qui s'étaient rapidement ralliés à sa cause.
Résultat des courses, arrivé à l'âge adulte, Blaise s'était retrouvé face à un choix des plus désagréables : rejoindre le troupeau de moutons de Dumbledore, celui des faiblards du Gouvernement, ou celui de Voldemort. Le bon mégalo avec un sérieux complexe de Dieu, les incompétents ou le mégalo psychotique se prenant pour l'antéchrist.
Blaise avait fait son choix : la fuite! Et il ne l'avait pas regretté!
Sérieusement, rien ne l'avait retenu en Angleterre. Pas de petite amie (ou plutôt une pléiades de petites amies, ce qui était plutôt un des autres aspects positifs de la fuite), pas d'amis ne pouvant se déplacer (même si Draco continuait à jurer qu'il détestait la France, il ne doutait pas que cela changerait sous peu), et surtout pas sa famille. Non, certainement pas sa famille...
La France n'avait absolument rien de commun avec l'Angleterre, comme si les sorciers français avaient mit un point d'honneur à ne surtout pas ressembler à leur voisins nordique, ou vice versa.
Bien entendu, les sorciers français avaient entendu parler de Dumbledore et Lord Voldemort, mais comme les deux sorciers limitaient leur conflit au Royaume-Uni, ils ne s'en étaient pas inquiétés plus que ça.
Il n'existait pas de gouvernement sorcier en France, pas de gouvernement clairement établi, mais un fonctionnement par clans, par conseil de sorciers et sur le respect des anciennes lois. La communauté sorcière française avait subit de nombreuses guerres, et était bien moins nombreuses que la communauté britannique mais Blaise, dès son installation, avait reçut la visite d'une sorcière envoyée par les différents clans et par les chefs de conseils pour lui expliquer que sa présence sur leur territoire ne leur posait aucun problème, du moment qu'il respectait leur lois. La sorcière envoyée lui avait semblé excessivement jeune, mais Blaise savait parfaitement qu'il ne fallait pas se fier aux apparences en matière de magie. Elle pratiquait sans aucun doute les anciennes magies, et aurait pu se débarrasser de lui d'un claquement de doigt si elle l'avait souhaité.
Merlin en soit remercié, Kitty lui avait longuement enseigné les règles qui régissaient leur monde, lui évitant ainsi nombre de problèmes!
Il avait découvert l'Orchidée peu de temps après son arrivée, et en était un grand amateur depuis ce jour. Encore une fois, il devait remercier Kitty de lui en avoir parlé, lui affirmant que c'était la seule maison close à la fois sorcière et moldue, et qu'elle était tenue par des « gens comme lui », des britanniques ayant quitté le pays.
-Ils sont ici depuis bien plus longtemps que vous par contre! Cela fait près de dix-huit ans maintenant. De grands sorciers! La communauté les aime bien, et les a définitivement adoptés, même si leur travail est un peu... particulier, avait expliqué Kitty.
-Il n'y avait pas de maison close sorcière avant eux?
-Oh, il y en avait, bien sûr, mais pas de maison à la fois sorcière et moldue, le concept est vraiment original. Et nos maisons closes sorcières ne sont pas tenue par des hommes... Généralement des femmes, souvent des vampires, des vélanes, et même quelques succubes, à ma connaissance, peu de sorcières ont ce genre d'occupation ici.
-Des succubes et des vampires? Je croyais que les espèces étaient éteintes!
Kitty lui avait jeté un regard voilé, un peu condescendant avant de lui répondre.
-Hum, elles le sont presque en effet, mais contrairement à votre pays, le notre est toujours en contact proche avec eux. Nous les aidons autant que possible à survivre du moment qu'ils respectent les règles d'entente et ne se font pas remarquer. L'époque où ils pouvaient parcourir le monde à découvert et se nourrir d'humains sans soucis est définitivement révolue, mais les avoir comme alliés est toujours une bonne chose.
Bien sûr, Blaise avait été surpris, mais ce n'était là que l'une des nombreuses choses qu'il avait découvert en passant de l'autre côté de la Manche.
Il aurait adoré partager ses découvertes avec Draco, lui apprendre tout ce qu'il avait appris, lui faire voir tout ce qu'il avait vu, mais cela aurait été à l'encontre des règles. Draco n'était qu'un visiteur, il retournait toujours en Angleterre, et sa famille était proche, très proche de Lord Voldemort. Il était donc formellement interdit à Blaise de lui donner la moindre information sur la communauté magique et non humaine française, quelque soit la confiance qu'il avait en son ami.
Et même s'il adorait Draco, Blaise était assez objectif pour admettre qu'il n'était pas stable. Mais personne ayant eu Lucius Malfoy comme père n'aurait pu se vanter d'être stable. Draco était le fils unique d'un homme représentant l'une des plus anciennes et des plus puissantes famille de sang-pur au monde, et comme si cela n'était pas suffisant comme poids pesant sur ses épaules, s'ajoutait à cela l'allégeance non-officielle de Lucius Malfoy à Lord Voldemort, plaçant Draco dans une délicate situation de double jeu depuis sa plus tendre enfance.
Narcissa Malfoy aimait son fils de toutes ses forces, mais elle n'avait pas plus réussi à se libérer de l'emprise de son mari que de celle de sa famille, alors pour ce qui était d'aider son fils ...
Depuis cette fameuse soirée à l'Orchidée, Draco n'avait pas été à prendre avec des pincettes! Draco avait toujours été difficile, mais Blaise était heureux de ne pas avoir été présent lorsque son ami était rentré ce soir-là. Draco avait littéralement explosé sa chambre, détruisant minutieusement la totalité du mobilier et était resté enfermé pendant les deux jours suivants. Lorsqu'il en était sorti le troisième jour, il avait rejoint Blaise dans le petit salon pour le petit déjeuner et n'avait dit qu'une seule phrase.
-Je crois que je suis attiré par les hommes.
Blaise s'était contenté d'un haussement de sourcil, et avait terminé son café noir sans un mot, doutant que Draco attende la moindre réponse. Le reste du déjeuner s'était déroulé dans un silence étrange, qui, sans être pesant, n'était pas le silence confortable qu'ils partageaient habituellement.
Honnêtement, la déclaration du blond ne l'avait pas surprit outre mesure.
Déjà à Poudlard, Blaise avait pensé que Draco pouvait être gay. Ca n'avait rien à voir avec son apparence physique, son goût pour l'art, les vêtements où sa propre bisexualité qui lui aurait donné des idées mais plutôt la façon dont toutes les relations de Draco avec les femmes s'étaient soldées par des échec plus ou moins monumentaux, et la façon dont son regard suivait parfois certains garçons. Ce qui l'avait surprit en revanche, c'était que Draco, finalement, l'ait admit de lui-même, à voix haute. Rien que pour ça, il aurait pu aller remercier chaudement Harry! Quoi qu'il ait fait au blond, cela avait été plus efficace que des années de conversation acharnée avec Blaise. Oh, bien sûr, il avait une petite idée de quelles parties Harry avait travaillées, et tout autant qu'il aime son meilleur ami, Blaise n'était pas l'homme de la situation.
Pour ce qu'il en savait, Draco n'avait pas revu Harry depuis... et bien, depuis la soirée ou le joli brun avait vraisemblablement décidé de prendre les choses en mains (ou en bouche...), et c'était peut-être une bonne chose. Blaise ne connaissait pas directement le brun, mais il avait finalement appris son nom avec l'une de ses nouvelles favorites à L'Orchidée.
Depuis leur dernière visite commune, Blaise n'avait pas osé remettre les pieds au salon des Roses. Sa dernière confrontation avec la ravissante brunette -Hermione- l'avait profondément remué, et il sentait clairement qu'il était en danger. Il la connaissait à peine, et déjà elle avait ce pouvoir sur lui qui ne s'expliquait malheureusement pas par le fait qu'elle soit sorcière. Qu'elle soit une sorcière ne faisait que la rendre plus dangereuse, car plus attirante, et plus compatible avec lui, et il regrettait souvent qu'elle ne soit pas une simple moldue. Il aurait été plus simple de se raisonner si elle avait été une simple humaine.
Il s'était donc tourné de nouveau vers le Cercle des Violettes, et y avait découvert celle qui était devenue sa nouvelle partenaire de jeu, et une précieuse informatrice. C'était une rousse à la beauté sauvage, au visage et corps d'elfes silvestre qui aurait pu voler son cœur avec une facilité déconcertante s'il n'avait pas été obsédé par la brunette. Ginny, car c'était là le nom de sa rouquine, lui avait rit au nez la première fois qu'ils s'étaient retrouvés dans une chambre tous les deux. Ce qui n'était pas exactement la réaction à laquelle il s'attendait...
Elle lui avait ensuite expliqué qu'elle était déjà avec Hermione et Harry dans leur ancienne maison close, et qu'il ne l'avait même pas reconnue!
-Pas que j'en sois particulièrement surprise, avait-t-elle ajouté. Généralement, Harry fait bien plus forte impression que moi! Quoique, dans ton cas, c'était plutôt Hermione qui semblait capter ton attention! avai-t-elle conclut avec un sourire en coin et une œillade moqueuse qui indiquait clairement qu'elle avait parfaitement saisit son personnage.
Ginny était intelligente, plus belle au sens classique du terme qu'Hermione, et son aura magique légèrement plus puissante, à tel point qu'il se demandait fréquemment ce qu'elle faisait encore dans le cercle des Violettes, mais malgré cela, elle ne pouvait lui faire oublier Hermione. Et Ginny n'avait vraisemblablement pas l'intention de l'aider à l'oublier. Au contraire, elle lui parlait d'elle, distillant des informations qu'il récoltait précieusement.
-Hermione, tu sais, la jolie brunette du cercle des roses qui te plait tellement, est de loin la personne la plus intelligente que je connaisse, lui avait avoué la rousse en fumant tranquillement sa cigarette après une soirée particulièrement acrobatique, en fait, elle est probablement un génie. Mais vu notre situation, elle n'a jamais réellement pu le montrer à qui que ce soit. Ce n'est pas comme s'il y avait eu quelqu'un que ça intéressait au Chat Noir... et même ici, ce n'est pas vraiment comme si les gens comme toi -sans offense- recherchaient quelqu'un capable de disserter sur e mc² avant une partie de jambe en l'air...
Blaise ne pouvait pas nier l'affirmation.
Aussi intelligente soit-elle, Hermione gâchait son potentiel ici. Malheureusement, ce n'était pas comme si dans sa situation, beaucoup d'autres voies s'ouvraient à elle... L'Orchydée était ce qu'il y avait de mieux.
Il avait appris à ne pas poser de question. Ginny parlait, mais elle ne répondait jamais aux questions. Elle ne lui disait jamais que ce qu'elle voulait, et il ne demandait pas d'où venait la cicatrice qui ornait sa hanche droite, ni celle au bas de sa nuque, et redoutait d'en trouver de semblables sur le corps d'Hermione s'il venait à poser ses mains sur le corps de la jeune femme.
Ginny lui avait également parlé d'Emeraude, Harry pour elle, et indirectement de Draco.
Pour ce qu'il en savait à présent, Harry était probablement le sorcier le plus puissant de l'Orchydée, ce qui jouait sûrement un rôle dans l'attraction qu'éprouvait Draco pour lui. Leurs magies semblaient compatibles, ce qui risquait juste de rendre l'attraction de plus en plus forte, voire irrésistible mais cela avait également aidé son ami à accepter son attirance. Et dire que le brun ne maitrisait pas encore sa magie! Blaise n'osait songer à l'attrait et au pouvoir qu'il possèderait sur les sorciers s'il apprenait à en jouer! Nul doute qu'il deviendrait l'un des prostitués les plus populaires de France, voir d'Europe.
Déjà, Blaise avait pu voir que de plus en plus de jeunes britanniques s'offraient des escapades libératrices hors du pays; Milicent, Cedric, Olivier et bien d'autres se réunissaient à l'étranger alors même qu'ils appartenaient à des camps opposés au pays. Peut-être les choses étaient-elles en train de changer...
Blaise soupira lourdement, son regarde se reportant sur le papier blanc sur lequel s'étendait l'écriture nerveuse de sa mère. Se laissant tomber sur la chaise devant son bureau, il inspira profondément, et il ouvrit l'enveloppe.
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-Je vais lui arracher les yeux, brûler ses horribles cheveux orange, lui ouvrir le ventre et redécorer ma chambre de ses entrailles...
Bill haussa un sourcil intrigué en percevant des morceaux du monologue peu engageant d'une Cho hystérique qui avançait d'un pas furibond en direction de ses appartements, suivie par son habituelle cour de suivantes. La « drama queen » du cercle des roses avait apparemment été mise hors d'elle. Pas que ce soit terriblement dur d'offenser la princesse, en fait, Bill avait calculé que la demoiselle leur faisait au minimum une scène par semaine, dont la violence et l'intérêt était variable.
Il n'avait pas encore eu personnellement affaire à la furie, leurs clients étant généralement totalement différents, et il ne tenait pas particulièrement à ce qu'elle prenne un jour conscience de son existence. A vrai dire, il ne la portait absolument pas dans son cœur, vu la façon odieuse dont elle s'était comportée vis à vis d'Harry et Hermione, mais à présent que les deux adolescents étaient passés dans le cercle des Roses, ils étaient à l'abri des colères de l'asiatique, et Bill n'avait plus prêté la moindre attention à la cheftaine du Cercle des Violettes.
Il haussa les épaules, s'interrogeant néanmoins sur l'origine de cette nouvelle crise tout en continuant sa route vers la salle commune du cercle.
Quand il pénétra dans la pièce, il la trouva en état d'effervescence.
-Bill! Grâce au ciel tu es en un seul morceau! s'exclama Seamus en le voyant entrer. Je suppose que tu as croisé notre insupportable petite reine en venant. Dieu, j'ai vraiment cru qu'elle allait tuer quelqu'un cette fois!
-Que s'est-il encore passé?
-A vrai dire, je ne sais pas réellement. Elle était déjà hors d'elle quand je suis arrivé, mais cette fois elle en avait contre Ginny.
-Ginny?! s'inquiéta automatiquement Bill. Qu'est-ce que cette folle furieuse avait contre Ginny?!
-Elle avait que cette espèce de garce mégalo ne supportait pas que je lui aie piqué des clients!
Sa petite sœur semblait sortir d'une bagarre de comptoir, ses vêtements, un jean moulant noir, une chemise blanche et d'un veston d'homme noir aussi désorganisés que ses cheveux roux. Les mains fermement campées sur les hanches, elle était vraisemblablement d'une aussi charmante humeur que l'asiatique. Mais si elle mesurait à peine un mètre soixante, Ginny était bien plus dangereuse que Cho, et cette dernière en avait sans doute fait les frais.
-Mais pourquoi diable est-ce que tu as fait ça? demanda Bill.
-Pourquoi est-ce que j'ai fait ça?! s'offusqua Ginny. Grand Dieu Bill, je ne suis pas allée les chercher dans son lit ses foutus clients! Qu'est-ce que j'y peux s'ils ont décidés de s'intéresser à moi? J'allais pas refuser poliment une telle rentrée d'argent juste parce qu'ils faisaient partie du harem de « Madame ». On ne va quand même pas leur reprocher d'avoir du goût! Et honnêtement, je m'en serais bien passée! Les trois-quarts ne savaient même pas se servir de leur queue! Sincèrement, c'est de l'humanitaire de s'occuper de cas pareils!
Bill cilla. Dieu! Sa petite sœur pouvait parfois être crue, lui rappelant durement que malgré ses seize ans, elle n'était plus une enfant depuis trop longtemps.
-Certes, mais maintenant, tu vas te retrouver avec un sérieux problème aux fesses! remarqua Seamus. Cette fille est une garce, et pas la moitié d'une. Elle va faire de ta vie un enfer.
-Arf, elle ne peut pas être pire que ne l'était Précieuse, et au moins je n'aurai pas à partager ma chambre avec elle! Et puis ce n'est pas comme si elle était toujours puissante ici. Mme Pomfresh sait la remettre à sa place quand il le faut. Quand à l'affrontement physique...
Ginna éclata de rire.
-Disons qu'elle n'est pas prête d'être à la hauteur en affrontements physiques avant longtemps!
Bill ne put s'empêcher de penser qu'un combat à main nues entre les deux jeunes filles pourrait être particulièrement distrayant. Et en s'arrangeant avec Fred et George, ils pourraient même obtenir une bonne rentrée d'argent grâce aux paris! Mais il doutait fortement que Lupin ou Snape ne les autorisent à organiser la chose...
-Mais c'est une bonne sorcière, remarqua timidement Hannah, et nous ne sommes que des débutants en magie, même si toi tu es plutôt douée Ginny.
-Ce n'est pas que tu n'es pas douée Hannah, tu es juste différente. Toutes les magies sont différentes.
-Mais il y a des différences de puissance Ginny, et ta magie est plus puissante que la mienne. Ca ne me dérange pas tu sais, en fait, je ne pense pas que je serais à l'aise si ma magie était aussi forte que la tienne.
-Humf!
-Est ce l'un d'entre vous aurait vu Charlie ? Je ne l'ai pas croisé aujourd'hui, demanda soudainement Bill.
Hannah et Ginny s'entre-regardèrent avant d'hocher négativement.
-Charlie? Pfiou, si tu veux mon avis Bill, on ne risque de ne pas de le recroiser avant un bon moment aujourd'hui!
-Huh? Seamus, tu as vu Charlie? questionna le roux.
-« Vu » n'est pas exactement le terme approprié, disons plutôt que je suis passé devant sa chambre, et pour être franc, j'ai l'impression qu'il est occupé avec une cliente particulièrement vorace si tu vois ce que je veux dire. Honnêtement, je me demande si ce qu'ils faisaient était bien légal, pour produire de tel sons... je suis pas sûr de vouloir savoir ce qu'ils font d'ailleurs, grimaca Seamus.
-Ho.
-Ouais, « Ho », bref, je pense qu'il en a encore pour un moment... un long, très long moment même, si tu vois ce que je veux dire.
-Je crois que j'ai parfaitement saisi l'idée Seamus, répondit Bill, merci de l'information.
-Oh, de rien, c'est toujours une bonne chose de savoir qu'on peut être utile! s'amusa le blond en voyant l'expression mi-figue mi-raisin du rouquin.
-Désolée frangin, il semblerait que tu ne puisses pas voir Charlie pour le moment! gloussa Ginny. Enfin si on le croise une fois qu'il aura terminé, on lui dira que tu voulais le voir ok?
-Ok Ginny, merci. Et tâche de ne pas créer plus de troubles que nécessaire de ton côté!
-Je verrai ce que je peux faire pour ça, répondit-elle.
Mais son sourire de chat du Cheshire laissait présager qu'elle n'en ferait bel et bien qu'à sa tête. Ce qui signifiait sans aucun doute des troubles, beaucoup de troubles même.
Bill quitta la salle commune, décider à retourner dans sa chambre, en faisant peut-être un détour par la bibliothèque, histoire de prendre de quoi s'occuper. Il traversait le grand hall de l'Orchydée lorsque quelque chose lui tomba sur la tête. Il lâcha un chapelet d'insultes, plus sur le coup de la surprise que parce que l'objet lui avait fait mal. C'était un petit livre noir, d'apparence assez banale, mais dont la couverture de cuir semblait parfaitement lustrée. Il le ramassa, et allait regarder autour de lui pour voir d'où il provenait lorsqu'une voix derrière lui le fit sursauter.
-Merlin je suis désolée! Qu'elle maladroite je fais! Je crois qu'il m'a glissé des doigts! C'est à cause de Gabrielle qui m'a distraite!
Bill se retourna vers l'escalier principal, celui conduisant vers les étages supérieurs, et vit descendre précipitamment ce qui était sans aucun doute la plus belle jeune femme qu'il ait jamais vu.
Elle portait un pantalon de satin bleu nuit, et une simple blouse crème, mais elle semblait briller d'une aura lumineuse, comme si elle avait porté une myriade de diamants et la plus belle des robes de soirée. Sa peau était pâle, et ses longs cheveux d'un blond particulièrement clair entouraient un visage angélique. Son aura magique dansait autour d'elle comme un doux manteau argent. Elle était une incarnation parfaite du mot beauté.
Elle s'arrêta devant Bill, et le jeune homme tenta de retrouver l'usage de la parole, essayant de toute ses forces de ne pas dévisager l'inconnue de façon trop évidente sans se rendre compte que qu'elle faisait exactement la même chose.
-Oh, euh, je, ce n'est pas grave, ce n'est pas comme si j'avais été blessé ou quoi que se soit, les accidents arrivent à tout le monde.
Elle sourit, et Bill crut sincèrement qu'il allait s'évanouir.
-Merci! Est ce que vous pourriez me rendre mon livre?
Bill regarda stupidement le livre dans sa main et se gifla mentalement.
-Oh? Euh, désolé, tenez, le voilà.
Elle récupéra l'ouvrage et reporta son attention sur Bill qui essayait désespérément de trouver quelque chose à dire.
-Vous êtes nouveau ici? Je ne me rappelle pas vous avoir déjà croisé avant...
Bill se racla aussi discrètement que possible la gorge et reprit contenance.
-Hum, oui, je ne suis arrivé à l'Orchydée que récemment, je, vous, vous êtes une cliente? osa-t-il demander d'un ton légèrement incrédule.
La jeune femme éclata de rire.
-Merlin non! En réalité, je fais partie du Cercle des Lys! Vous êtes du Cercle des Roses?
-Actuellement non, je suis du Cercle des Violettes pour l'instant.
Elle eut l'air sincèrement surprise, et Bill se demanda s'il devait prendre sa réaction comme un compliment.
-Vraiment? Oh, je ne me suis même pas présentée, décidément, je manque à tous mes devoirs! Je suis Fleur, membre du Cercle des Lys, et sorcière, ravie de faire votre, enfin, ta connaissance!
-Enchanté! répondit sincèrement Bill. Je m'appelle Bill, membre du Cercle des Violettes, et sorcier depuis peu.
-Depuis peu?
Bill ne put s'empêcher de rire légèrement devant d'expression de complète surprise de Fleur.
-C'est-à-dire que, je ne savais même pas que j'étais un sorcier avant d'arriver à l'Orchydée. Je débute totalement dans la matière.
-Oh! Je vois, si jamais tu as besoin d'un peu d'aide en matière de magie, je serais vraiment heureuse de pouvoir t'aider, alors n'hésite pas à venir me voir!
-Merci! Monsieur Lupin, Monsieur Black et Monsieur Snape nous donnent des cours, mais ils n'ont pas toujours beaucoup de temps.
Une lueur d'étonnement passa dans le regard bleu sombre de la jeune femme.
-Ils vous donnent personnellement des cours? Intéressant. Sûrement parce que vous êtes également britanniques. Car tu es britannique n'est-ce pas?
Bill passa une main nerveuse dans ses longs cheveux roux. Il était toujours mal à l'aise quand la discussion en venait à ses origines. D'autant plus qu'ici à l'Orchydée, les quelques prostitués sorciers britanniques évitaient soigneusement d'évoquer leur pays d'origines, se contentant de parler de généralités.
-D'origine irlandaise pour dire la vérité. Mais j'ai quitté le pays alors que j'étais vraiment jeune, je n'en ai pas beaucoup de souvenirs.
Fleur soupira, et offrit un sourire compatissant au jeune homme.
-Sans vouloir t'offenser, c'est peut-être mieux ainsi. On ne parle pas beaucoup des Royaumes-Unis ici, surtout du côté des sorciers. C'est presque un sujet tabou.
-Tabou? Pourquoi ça?
Fleur se mordit la lèvre, visiblement mal à l'aise cette fois, et se tordit les mains, cherchant désespérément un moyen de changer de sujet.
-Je ne suis pas sûre d'être la personne la plus qualifiée pour t'expliquer tout ça Bill. Honnêtement, je pense que Monsieur Lupin, Monsieur Black ou Monsieur Snape vous raconteront tout ce qu'il y a à savoir quant à votre pays en temps et en heure, et je m'en voudrais de perturber tout cela. Je préfèrerais sincèrement que nous ne nous avancions pas plus sur ce sujet si tu veux bien.
Bill, percevant sans peine le malaise de Fleur, décida qu'il était effectivement plus sage de ne pas chercher à en savoir plus. Il avait tout le temps de découvrir tout cela plus tard, et ne souhaitait pas paraître désagréable aux yeux de la splendide jeune sorcière.
-Bien sûr! Je suis navré si je t'ai mise mal à l'aise, ce n'était pas du tout mon intention! C'est juste qu'il y a tellement de choses qu'on ne sait pas, sur nous-mêmes, et sur nos origines, que j'ai tendance à transformer chacune de mes conversations avec un sorcier en interrogatoire.
-Oh non ne t'inqui...
-Grande soeur!
Les deux jeunes gens se retournèrent simultanément, et Bill vit débouler des escaliers une petite fille avec la même peau pâle et les même cheveux lumineux que Fleur portant une simple robe vert pomme.
-Qu'est-ce que tu fais, ça fait une heure au moins que je t'attends?! Franchement ça ne prend pas autant de temps de ramasser un...
Elle remarqua finalement Bill et s'arrêta brusquement au milieu de sa diatribe avant de prendre une teinte d'un rouge particulièrement vif que Bill n'avait à ce jour jamais vu que sur les oreilles de Ron.
-Gabrielle, gronda gentiment Fleur, combien de fois t'ai-je dit de ne pas crier de la sorte dans la maison? Et fais un peu plus attention à ton langage veux tu? Une demoiselle n'est pas supposée s'exprimer de la sorte.
-Oui Fleur, marmonna la prénommée Gabrielle en allant se coller contre sa grande sœur avant d'enfouir son visage rougissant contre le ventre de son ainée.
-Je suis désolée, dit Fleur en se tournant à nouveau vers Bill, c'est ma petite soeur, Gabrielle, elle a dix ans, et elle vit ici avec moi comme l'une de mes suivantes, mais elle a encore des progrès à faire quant à son comportement. Elle est parfaitement incontrôlable!
-Oh, ce n'est pas la peine de t'excuser, j'ai quatre petits frères et une petite sœur qui est certainement aussi incontrôlable que la tienne! Je sais parfaitement ce que c'est que d'avoir à s'occuper de ces garnements.
-Quatre petits frères et une petite sœur?! s'exclama Fleur. C'est un régiment que tu as! Et moi qui pensais avoir des soucis avec Gabrielle! Je ne sais vraiment pas comment on fait Bill, une seule est déjà un vrai travail à plein temps, alors cinq!
-Eh! protesta l'incriminée en relevant vivement son adorable minois. Je ne suis pas aussi terrible que ça d'abord!
-Oh, vraiment? Est ce que je dois te rappeler que la dernière fois que tu as décidé de t'occuper d'une de mes robes, elle ressemblait plus à une tenue de Monsieur Snape qu'à ma robe de soirée une fois que tu avais terminé de lui régler son compte?
-C'était un accident!
-Un accident qui à la fâcheuse tendance à se répéter... je crois que plusieurs de mes chemisiers ne se sont pas remis d'avoir croisé ta route si mes souvenirs sont bons.
La petite Gabrielle poussa un grognement de protestation et enfouit de nouveau son visage contre sa sœur. Bill ne put s'empêcher de rire devant la scène. Gabrielle lui rappelait Ginny lorsqu'elle avait le même âge. Une chance pour Gabrielle que sa sœur soit dans le Cercle des Lys, elle n'aurait sans doute jamais à faire ce que Ginny avait dû faire.
Fleur repoussa une longue mèche de ses longs cheveux, et reposa ses yeux sur Bill, un sourire aux lèvres. Elle allait parler lorsqu'une nouvelle voix la coupa dans son élan, et les força à relever la tête une nouvelle fois.
-Fleur, Gabrielle, ça fait un moment que vous devriez être toutes les deux remontées! La séance va commencer, et comme tu t'en doutes Fleur, ta présence est requise.
La nouvelle venue était une asiatique dont la beauté pouvait éclipser celle de Cho sans difficulté, mais son regard étrangement dur trahissait un esprit bien plus aiguisé que celui de la fameuse courtisane. Bill se sentit frémir lorsque son regard croisa celui de la jeune femme et il eut la désagréable impression que ses yeux de chat lisaient en lui comme dans un livre ouvert. Il ne ressentait aucune aura magique émanant d'elle, mais tout son être semblait lui crier qu'elle n'était pas une simple moldue pour autant.
-Hirameki! Je suis désolée, répondit Fleur, j'ai complètement oublié la séance. J'ai rencontré Bill, qui a accidentellement fait les frais de ma maladresse, et je crois que notre conversation m'a fait oublier mes autres obligations.
-Ca, ou son physique ravageur, remarqua sarcastiquement Hirameki.
Fleur rougit assez nettement cette fois, et lança un regard assassin à l'asiatique, celle-ci se contentant de rouler des yeux, un sourire clairement amusé aux lèvres. Bill ne savait pas vraiment s'il devait prendre ça comme un compliment ou bien comme une moquerie, et observa curieusement l'asiatique entrainer Fleur et sa petite sœur vers les étages supérieurs. Hirameki jeta un coup d'œil dans sa direction, et un éclair d'espièglerie passa dans ses yeux sans âge.
Bill décida de prendre ça comme un bon signe.
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Il contemplait sans le voir son reflet dans le large miroir de sa salle de bain depuis à présent plus d'une heure, le son violent de l'orage qui battait l'air au dehors raisonnant étrangement dans la pièce. Il était bien incapable de dire depuis combien de temps il se trouvait là, assis sur le sol de marbre délicieusement tiède de sa spacieuse salle de bain, le regard perdu dans un miroir. Il observait son reflet sans vraiment le voir, comme on observerait un étranger dont on croise le regard pour la toute première fois.
C'était un miroir qu'il regardait, et pourtant rien de ce qu'il voyait ne lui semblait familier. La personne qui lui faisait face paraissait si, si... elle paraissait humaine avec son visage marqué par le manque de sommeil, l'angoisse, la passion, ses cheveux en bataille et ses yeux trop brillants. Il était humain, il se sentait vivant, le sang bouillant, fiévreux, et conscient de son corps comme il ne l'avait jamais été auparavant. Nu.
Inconsciemment, sa main glissa sur son ventre. Il frissonna, le souvenir d'une autre main effectuant le même geste lent revenant brutalement à sa mémoire. Presque automatiquement, il sentit son corps réagir instantanément au souvenir de la main agile du jeune homme le long de son torse, glissant inexorablement vers son sexe. Il frissonna, mais sa main, elle, continua sa descente sans la moindre hésitation. Elle entoura son sexe dur doucement mais fermement, exerçant juste ce qu'il fallait comme pression pour lui faire perdre la tête. Il pouvait revoir avec une précision anormale. Le sourire dansant dans les incroyables yeux vert lorsqu'il avait laissé échapper un gémissement haletant, presque inaudible.
Son autre main descendit à son tour, caressante, venant jouer avec ses testicules comme l'avait fait le jeune homme. Il se mordit brutalement la lèvre lorsque la main qui entourait son sexe commença à se mouvoir, refusant d'émettre le moindre son. Il revoyait les mains sur lui, les confondant avec les siennes, il revoyait la bouche délicatement ourlée se poser sur son sexe. Son corps tressaillit, sa magie se joignant à ses mains pour lui donner du plaisir, se souvenirs prenant presque vie.
Sa main accéléra son mouvement, le désir se faisant plus pressant, et son plaisir monta en flèche si soudainement qu'il ne put retenir un hoquet de surprise, rapidement suivi par un gémissement. Il était si proche, si proche... Tout se brouilla autour de lui, et il jouit de façon brutale, saccadée, submergé par un orgasme aussi court que puissant.
Il reprit doucement son souffle, sa magie se calmant progressivement, et la conscience de ce qu'il venait de faire tomba sur lui comme une douche glacée. Il jeta un bref regard autour de lui, constatant avec une pointe d'amertume que sa magie s'était emportée bien plus que de raison, brisant nombre de lotions et céramiques de la salle de bains. Même lorsqu'il était un adolescent en pleine proie avec ses hormones, il n'avait jamais eu de telle perte de contrôle... Il n'était pas idiot, il sentait bien que sa magie réagissait à celle du jeune prostitué, il en saisissait une partie des significations et implications, mais cela ne l'aidait guère à se sentir mieux.
Assis sur le sol de la vaste salle de bain de Blaise, il se sentait salle, honteux, et terriblement seul.
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Harry sursauta lorsque son partenaire prit son sexe dans sa bouche et commença à lui faire une fellation. Dieu, il avait quasiment oublié ce qu'il était en train de faire! Sa magie avait commencé à raisonner de façon étrange au beau milieu de sa passe et il avait complètement oublié son client. Pas que celui semble s'en plaindre particulièrement, occupé qu'il était à vénérer le son sexe comme s'il était devant une nouvelle incarnation divine, mais ce n'était guère professionnel...
Heureusement, son corps avait réagi, plus par automatisme qu'autre chose, aux mains de son client sur lui, et vu les sons qu'il embêtait et la frénésie avec laquelle il caressait son sexe tout en suçant celui de Harry, il serait vraisemblablement plus que satisfait de la performance du prostitué. Même s'il n'avait pas réellement eu à faire grand-chose dans l'histoire.
Comme prévu, le client repartit avec un sourire extatique, et Harry se demanda si par hasard sa brève perte de contrôle magique n'avait pas eu un effet euphorisant sur son client, car c'était loin d'avoir été sa meilleure performance. Il grimaça légèrement, et après son habituelle douche (il avait encore du mal, parfois, à se dire qu'il pouvait prendre une douche après chaque client, quel luxe!) il sortit de sa chambre avec l'intention d'aller voir Hermione. Il s'approchait du hall lorsqu'une étrange sensation le parcourut. Il se retourna vivement, mais le lumineux couloir s'étendant derrière lui était désert.
Il continua d'avancer, mais la désagréable impression était toujours là. Il avait beau regarder autour de lui, il était apparemment seul, et pourtant, la sensation d'une présence mettait définitivement ses sens en alerte. Il perçut un bruit derrière lui qui le fit se retourner rapidement pour tomber nez à nez avec...
-Hermione?!
La brunette haussa un sourcil devant la réaction de son ami.
-Hum, oui Harry? Un problème?
-Euh, je, non, enfin non, je ne crois pas... c'est juste, rien, c'est idiot...
Il y eut un moment de silence assez lourd avant qu'un éclair de compréhension ne traverse les yeux noisette.
-Ok, je vois, laisse-moi deviner : toi aussi tu le sens, n'est-ce pas?
-Oui, grimaça Harry, et honnêtement, c'est particulièrement désagréable! As-tu la moindre idée de ce que c'est?
-Pas avec certitude, lui répondit Hermione, tout ce que je sais, c'est que seuls les sorciers semblent l'avoir senti...
-Une idée d'où cela peut venir?
Hermione réfléchit un moment avant de reposer son regard sur Harry.
-Et bien, je suis loin d'être certaine de ce que j'avance, mais apparemment, une vieille connaissance des patrons est arrivée d'Angleterre aujourd'hui. Un certain Regulus. Regulus Black.
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... Je sais, je sais, j'ai pas vraiment d'excuse valable pour ne pas avoir posté plus tôt, hormis l'habituelle « j'avais des trucs à faire par dessus la tête » et en plus ce nouveau chapitre est loin, très loin d'être transcendant.
Mais bon normalement, il y aura (enfin?) du sexe dans le prochain chapitre. Du sexe ouai, beaucoup de sexe même! Je sais, je sais, c'est un façon facile de se racheter; mais je crois pas que beaucoup protesterons non? Non. Par contre, pour savoir quand arrivera le chapitre, c'est une toute autre histoire!
Comme toujours, je suis pas contre une petite trace ecrite de votre passage sur cette fic (un mot, un voyelle, un point d'exclamation, je suis pas difficile, un simple RAS fait parfaitement l'affaire! :D).
Merci d'avoir lu!
