Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à J.K. Rowling et l'histoire est le fruit de l'imagination de ma très chère Skeptyx. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès à l'histoire originale en anglais et par la même occasion aux autres magnifiques fics de Skeptyx ainsi que d'autres traductions de ses histoires.
Beta : Julielal, que je remercie pour sa relecture !
Chapitre 2 : Décisions
La maison avec terrasse où Harry avait vécu depuis qu'il avait atteint sa majorité était protégée par un sortilège Fidelitas. Aberforth, le Gardien du Secret, était aussi le propriétaire de la maison mais préférait vivre dans une des chambres de la Tête de Sanglier. La maison comprenait un petit salon, une salle de séjour et une cuisine au rez-de-chaussée, deux chambres à coucher -- dans l'une d'entre elles, Aberforth y avait accumulé des boîtes d'objets divers -- et une salle de bain au premier étage. Il y avait un petit jardin néanmoins luxuriant à l'arrière.
Harry se concentra sur sa destination et ils transplanèrent directement sur le lit de Harry car Snape n'était pas encore supposé être capable de se tenir debout. Il avait entendu le Guérisseur dire à Snape ce matin qu'il devait se reposer sinon il risquait de retomber de nouveau dans le coma.
« Quel bazar », se plaignit Snape en balayant la chambre de Harry du regard.
En effet, il y avait une malle ouverte sur le sol et des choses étaient éparpillées un peu partout.
« Je suis désolé, Snape, mais je n'ai pas d'elfes de maison qui travaillent pour moi et je n'avais pas le temps de nettoyer la maison pour vous », répondit sèchement Harry alors qu'il se tenait debout et arrangeait l'oreiller et les couvertures afin que Snape puisse s'étendre.
Mais Snape ne prenait pas compte de cela.
« Arrêtez ça. Asseyez-vous. Nous avons des décisions à prendre. »
« Vous devez rester au lit ! »
« Le futur du Monde de la Sorcellerie va dépendre de notre prochaine décision et vous choisissez ce moment précis pour être inquiet avec une broutille comme mon bien-être. »
Harry ne put s'empêcher de faire un demi-sourire.
« Je suis spécial, vous savez. »
Snape lui fit un regard noir.
« Spécial ou pas, vous avez très peu d'options. La plus censée serait de me tuer sur-le-champ. »
« Vous tuer ? »
Harry le regarda stupéfait, et puis fit un rictus.
« Génial. L'idée de me débarrasser de vous est assez intéressante et satisfaisante. Il y a juste un problème : je ne vois pas en quoi ceci m'aiderait à en finir avec Voldemort pour de bon. »
« Très drôle, Potter. Toutefois, j'espère que vous êtes suffisamment mature pour comprendre combien la situation est grave. Ce que je propose ici est que vous me tuiez et que vous créiez un horcruxe avec ma mort. »
Son sang se glaça et Harry fut pris de vertige. Il s'assit au bord du lit.
« Vous voulez que je vous tue et que je crée un horcruxe ? N-non. Pas question. »
« Ne soyez pas stupide. Pourquoi pas ? »
« C'est la pire Magie Noire qui existe. »
« Et vous êtes trop pur pour vous adonner à la Magie Noire », bougonna Snape, « L'homme de Dumbledore jusqu'au bout. »
« Tout à fait, j'en suis très fier ! »
Snape soupira.
« J'aurais dû m'en douter. Vous, les Gryffondors, vous êtes des casses-pieds. »
« Oh, vous êtes un Serpentard jusqu'au bout », la voix de Harry suintait de sarcasme, « se sacrifier pour les autres est un trait typique des Serpentards. »
« Nous faisons ce que nous avons à faire, lorsque le moment est venu. »
« Vraiment ? Alors ça ne vous dérange pas que je vous demande de me tuer. Parce que c'est la bonne chose à faire. Si vous me tuez maintenant, c'est la fin de Voldemort. Je suppose qu'il n'a pas encore trouvé de laquais qui lui fournirait un nouveau corps ; ce n'est pas un sort simple, et ses amis proches sont tous morts, emprisonnés à Azkaban ou ils se cachent des Aurors. Mais il finira par trouver quelqu'un finalement. Si nous attendons trop longtemps, cette chance nous échappera. »
« Tout à fait. C'est pourquoi je dis que nous devons le faire maintenant. »
« Donc vous acceptez de le faire ? »
« De vous tuer ? Bien sur que non. »
« Pourquoi pas ? Vous étiez d'accord de tuer Dumbledore, qui était votre mentor et votre protecteur. Pourquoi pas moi, le fils de votre ennemi, le morveux odieux qui ne vous cause que des ennuis ? »
Les lèvres de Snape s'étirèrent en un sourire narquois.
« C'est une proposition très alléchante, Potter. Bien que je sois désolé de devoir la rejeter. J'ai une dette de vie envers votre mère. »
« Envers ma mère ? Je pensais que c'était envers mon père. »
« Votre père m'a sauvé la vie, c'est vrai. Toutefois, comme je vous l'ai déjà dit, il n'y avait rien de noble dans son geste, si on considère que lui et ses amis étaient responsables de cette tentative de meurtre envers ma personne. Ce fut votre mère qui l'obligea à y aller et à me sauver. Il n'y aurait pas été si Lily n'avait pas insisté. »
Ah. Cette vieille histoire commençait enfin à avoir du sens pour Harry. Entendre Snape parler de sa mère le dérangeait. Au départ, Harry pensait que c'était parce qu'il avait toujours idéalisé la relation entre ses parents et qu'il n'avait jamais imaginé qu'il pouvait y avoir quelqu'un d'autre dans la vie de l'un d'entre eux. En plus, c'était assez dérangeant de penser que Snape, entre tous, pouvait être cette personne. Mais maintenant, Harry commençait à réaliser qu'il y avait un autre sentiment qui grandissait à l'intérieur de lui, un sentiment qu'il ne pouvait pas très bien comprendre : il était jaloux de l'amour obsessionnel que Snape portait à sa mère.
« Ne pouvez-vous pas remplir cette dette de sang en me faisant la faveur de me tuer ? », demanda ironiquement Harry.
« Je doute que votre mère serait heureuse de cette proposition. »
Harry soupira.
« Alors nous sommes face à une situation sans issue. »
« Il y a une solution pour sortir de cette impasse. »
« Quelle est-elle ? »
« Je peux essayer de retirer les fragments de l'âme de Voldemort qui sont contenus en vous. »
Les yeux de Harry s'agrandirent.
« C'est possible ? »
« Honnêtement, Potter, je ne sais pas. Je sais, autant que vous, comment retirer les sorts d'horcruxe sur des objets. Albus m'a expliqué le processus en détails. Lorsqu'il a considéré l'hypothèse que Nagini soit un horcruxe, il m'a confessé ne pas savoir si le retrait tuerait le serpent ou non. »
« J'ai… tué Nagini d'abord, et ensuite j'ai retiré le sort », dit Harry, abattu.
« Vous avez bien fait. C'était la façon la plus logique et pratique. »
« Oui, mais nous ne savons toujours pas si nous pouvons retirer le sortilège d'un être vivant et le garder en vie. »
Harry prit une grande respiration, « Malheureusement, il n'y pas d'autres solutions et pas de temps à perdre. Faisons-le. »
« Il n'y a pas de temps à perdre, mais il ne faut pas se précipiter. Vous devez comprendre ce qu'il pourrait se passer et y être préparé. Lorsque je lancerai le sort de retrait, le fragment de l'âme de Voldemort installé en vous pourrait se fragmenter et voyager dans votre propre corps. Et votre corps pourrait le rejeter ; votre âme pourrait être incapable de le supporter, de la même façon que l'âme de Voldemort ne pouvait pas vous posséder à cause… de certaines caractéristiques particulières de votre esprit. »
L'amour, pensa Harry, non sans une dose d'ironie.
« Donc, qu'est ce que je dois faire ? »
« Soyez prêt mentalement pour un combat intérieur et videz votre esprit. Il faudra peut-être plus qu'une seule tentative pour retirer les fragments de l'âme de Voldemort ; je vais lancer des sorts de guérison afin de minimiser les effets, et essayer de ne pas vous causer trop de stress. »
« D'accord », dit Harry, en sortant la baguette de Snape de sa poche et en lui présentant en tremblant un petit peu lorsqu'il se souvint de toutes les fois où Snape lui avait dit de « faire le vide dans son esprit », sans grand succès.
-
à suivre...
-
