Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à J.K. Rowling et l'histoire est le fruit de l'imagination de ma très chère Skeptyx. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès à l'histoire originale en anglais et par la même occasion aux autres magnifiques fics de Skeptyx ainsi que d'autres traductions de ses histoires.

Beta : Julielal, que je remercie pour sa relecture !


Chapitre 3: Expellianimula

Severus s'agenouilla devant Harry, toucha sa cicatrice avec l'extrémité de sa baguette et lança le sortilège.

« Expellianimula ! »

Harry hurla avec toute la puissance de sa voix et de ses poumons et s'agrippa à Severus. Celui-ci ferma les yeux, concentra son esprit et commença à réciter le sortilège de guérison. C'était un sortilège intense et il nécessitait tout son pouvoir d'empathie et de compassion. Ou d'amour dans son sens le plus large, si bien exprimé par le terme grec Agapè : un amour totalement désintéressé, sans limites, qu'on est prêt à donner sans compter. Lorsque la connexion mentale fut établie, Severus se sentit plus léger, comme s'il flottait dans un espace infini. Un sentiment de paix le saisit, comme s'il rentrait chez lui après un long exil.

Sentant Harry se relaxer dans ses bras, Severus rouvrit les yeux. Harry avait perdu connaissance. Severus se dépêtra soigneusement des bras de Harry et l'allongea sur son lit. Il s'était à peine relevé lorsque Harry commença à convulser. Les yeux verts roulèrent dans leurs orbites pour ne révéler que du blanc et son dos s'arqua sur le lit. Il commença à trembler violemment, ses membres s'agitaient de manière désordonnée. Afin de l'empêcher de tomber et de se blesser, Severus s'installa sur lui et tint fermement ses bras et ses jambes sur le lit. Après environ deux minutes, Harry arrêta de se démener. Severus s'assit sur le lit à côté de lui. Il attira le jeune homme contre lui et il l'entoura de ses bras, en tenant le dos de Harry contre sa cage thoracique. De cette façon, si Harry avait une autre crise, Severus pourrait contrôler le haut de son corps et protéger sa tête et son cou. Les jambes pourraient s'agiter autant qu'elles le voulaient. Severus était épuisé. En plus de ne pas avoir totalement récupéré du sortilège de mort, les sortilèges qu'il avait dû jeter sur Harry et les efforts qu'il avait dû faire pour éviter qu'il ne se blesse avaient épuisé les dernières réserves de force qu'il avait. Malgré toutes les tensions qu'il ressentait, Severus s'endormit en tenant fermement Harry contre lui.

Severus se réveilla à peu près une demi-heure plus tard. Harry était encore inconscient, mais sa respiration était régulière et profonde. Severus regarda son propre bras et vit que la Marque des Ténèbres n'avait pas disparu, mais avait pâli encore un peu plus. Il soupira. Malheureusement, le cauchemar n'était pas terminé.

Harry marmonna et ouvrit les yeux.

« Alors ? »

« Il semblerait que le fragment de son âme ait été seulement partiellement détruit. Nous devrons recommencer le sortilège. »

La consternation se refléta sur le visage du jeune homme.

« Je suis épuisé ! »

« Nous n'allons pas recommencer maintenant, je suis vidé aussi. Nous devons récupérer de l'énergie. Avez-vous quelque chose de comestible ici, Potter ? »

Harry essaya de se lever, mais Severus le força à rester couché.

« Ne bougez pas. Restez au lit. Ou plutôt… Wingardium Leviosa ! »

Severus fit léviter Harry ainsi que le matelas et envoya le lit se placer contre le mur. Ensuite, il déposa le matelas sur le sol.

« Pourquoi avez-vous fait ça ? »

« Vous avez eu une attaque. Si cela se reproduit, ainsi vous ne tomberez pas de votre lit. »

« Oh, merde... est-ce que tout ça finira un jour ? »

« Restez poli, Potter. Tâchez de vous tenir et restez dans votre lit. Je vais fouiller la cuisine pour voir si je peux nous préparer quelque chose. »

Severus était déjà arrivé à la porte lorsqu'il entendit Harry l'appeler.

« Snape ! »

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Le jardin. Vous allez adorer le jardin. »

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Effectivement, le jardin était comme un oasis en plein désert et serait leur providence. Avec ce qu'il y avait récolté, Severus put préparer un bon bouillon de légumes. Dans la cuisine, il trouva un paquet biscuits salés. Ce n'était pas vraiment un festin, mais Harry et lui n'étaient pas capables de manger des repas trop lourds de toute façon.

Il y avait également beaucoup de plantes dans le jardin ; des ingrédients qui pouvaient être utilisés dans la concoction de potions curatives. Severus récolta de la camomille, de l'armoise, du gingembre, de l'ellébore et une pierre de lune qu'il trouva sur le sol. Il ne pourrait pas préparer une Potion Calmante ou même un Philtre Revigorant, mais avec ces ingrédients il pouvait réaliser une potion qui serait calmante et revigorante à la fois. Le chaudron que Harry utilisait à l'école était à l'intérieur de la malle située dans sa chambre et Severus lança un sortilège d'attraction à partir de la cuisine.

Une demi-heure plus tard, Severus fit léviter deux plateaux, chacun contenant un bol de bouillon, une assiette de biscuits et une tasse de potion, jusqu'à la chambre de Harry. Il l'aida à s'asseoir et à s'installer confortablement, puis déposa un plateau sur ses genoux. Il plaça son propre plateau sur le buffet, lança un sortilège d'empaquetage afin de placer toutes les affaires qui traînaient dans la malle, fit apparaître une chaise face à Harry, s'y assit et commença à boire son bouillon.

« Je ne savais pas que vous pouviez cuisiner », dit Harry, « C'est délicieux ! »

« Je ne suis pas un Chef, mais je peux certainement me débrouiller. Je n'ai pas d'elfe de maison qui travaille pour moi. A L'impasse du Tisseur, je veux dire. »

« Vous ne devriez pas prendre soin de moi ainsi. Vous avez également besoin de soins médicaux. »

« Si je retourne à Sainte-Mangouste, ils m'emmèneront à Azkaban sur-le-champ. »

« Je sais. Je dois admettre qu'ils m'ont uniquement laissé rester avec vous parce que je leur ai fait comprendre que je pourrais, enfin vous voyez, garder un œil sur vous pendant que j'étais là bas. Ils étaient sacrement effrayés de vous et de ce que vous pourriez faire lorsque vous reprendriez conscience. Bon sang, vous avez survécu à un sortilège de mort ! »

Severus lui-même ne comprenait pas comment il avait accompli cela. Mais il y avait quelque chose d'autre que Severus ne saisissait pas.

« Pourquoi est-ce que vous vouliez rester à mes côtés ? »

Harry avala le biscuit qu'il était entrain de mâcher.

« Lorsque vous avez été touché par l'Avada Kedavra de Voldemort et une fois le phénix parti, je me suis approché. J'ai remarqué que vous étiez en vie, mais aussi que la Marque des Ténèbres n'avait pas complètement disparu. J'étais curieux. Pendant que vous étiez dans le coma, j'ai réfléchi à tout ce qui s'était passé et j'ai conclu que la théorie de Hermione selon laquelle j'étais moi-même un horcruxe était exacte. Alors, j'ai décidé de rester à Sainte-Mangouste et de vous en parler. J'espérais que vous en sauriez plus à ce propos. »

Severus parut y réfléchir.

« Je ne savais pas. Je ne sais même pas si lui le savait. »

« Est-ce que ça aurait pu être involontaire ? »

« S'il avait prévu de créer un horcuxe avec votre mort, lorsque Lily lui a jeté un sortilège afin de vous protéger, peut être que quelque chose s'est mal passé et qu'il ne s'en est jamais rendu compte. Mais maintenant, il doit avoir compris. »

Harry termina son bouillon et Severus lui fit avaler la potion. Severus but également la sienne. Lorsque leurs tasses furent vides, Severus jeta un sortilège de nettoyage et un sortilège d'expulsion afin de renvoyer la vaisselle dans la cuisine.

Puis Severus conjura un autre matelas, avec des draps, des couvertures et un oreiller, à côté de celui de Harry et s'y allongea.

« Peut-être que nous devrions faire appel à un autre membre de l'Ordre afin d'essayer de retirer le fragment de l'âme du Seigneur des Ténèbres qui est en vous. Je ne suis pas au sommet de ma forme, et il nous faudra peut-être plusieurs jours pour y parvenir », dit Severus, en regardant Harry d'un air endormi.

« Je ne veux faire appel à personne d'autre. Vous êtes le meilleur. Je sais que vous l'êtes. »

« Obstiné et agaçant comme toujours », grogna Severus, non sans tirer un peu de fierté pour la confiance que le jeune homme plaçait en lui.

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à suivre...

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