Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à J.K. Rowling et l'histoire est le fruit de l'imagination de ma très chère Skeptyx. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès à l'histoire originale en anglais et par la même occasion aux autres magnifiques fics de Skeptyx ainsi que d'autres traductions de ses histoires.

Beta : Julielal, que je remercie pour sa relecture !


Chapitre 5 : Azkaban

Au moins, ils lui avaient donné une cellule privée, pensa Severus lorsque le geôlier ferma la porte et qu'il se retrouva seul dans la pièce humide. Ça ne le dérangeait pas vraiment ; ses cachots à Poudlard étaient aussi humides qu'Azkaban. Ce qui l'effrayait était l'idée d'être seul avec ses propres pensées et sa conscience sans être capable de faire quoi que ce soit pour se racheter, pour se libérer de sa culpabilité.

Cependant, il réalisa rapidement que ses pensées s'obstinaient à vagabonder autour de Harry. Il n'aurait pas dû laisser le jeune homme sans détruire la possibilité d'une future relation entre eux. Ce stupide Gryffondor devait entretenir des espoirs déplacés.

La vérité était que Severus n'avait pas eu le courage de faire ce qu'il aurait dû faire, c'est-à-dire de rejeter Harry définitivement.

Mais peut être qu'il pouvait y remédier. Ça ne devait pas être difficile. Harry était encore très naïf.

Pendant un instant, même Severus avait cru en ce rêve stupide. Il savait qu'il n'aurait pas dû céder, mais comment aurait-il pu résister à cette intimité, à la chaleur dégagée par le corps d'un jeune homme séduisant et visiblement attiré par lui ? Plus encore, comment résister, après tout ce qu'il avait lu dans l'esprit de Harry ? Comment rejeter ce qu'il avait toujours voulu et qui lui avait toujours été refusé ?

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Les souvenirs de Lily le hantaient également. La belle et vive jeune fille qu'il aidait en cours de Potions. La jeune fille qui était devenue la favorite de Slughorn, alors que lui était méprisé. La jeune fille qu'il avait blâmée lorsque son livre de Potions était tombé dans les mains des Maraudeurs. Peut être que ce n'était pas de sa faute… peut-être que c'était l'un d'entre eux qui l'avait volé.

La seule femme dont il était jamais tombé amoureux.

La jeune femme dont il avait causé la mort, en révélant la prophétie au Seigneur des Ténèbres.

Comment Harry pouvait-il lui pardonner ça, d'avoir causé la mort de ses parents ? Et comment Severus avait été hypocrite au point de coucher avec le fils de Lily ?

Il était vraiment un monstre, et il méritait sa place ici.

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Il y avait des moments, cependant, où un espoir impossible germait dans son esprit. Dans ces instants, Severus allait jusqu'à espérer que les Détraqueurs soient toujours à Azkaban car la chose la plus terrible avec laquelle il allait devoir vivre était ce sentiment inutile : l'espoir.

Un après-midi, le geôlier annonça que c'était le jour des visites et que quelqu'un l'attendait au parloir.

Severus se laissa conduire par le geôlier, qui agrippait son bras durement. Lorsqu'il entra dans la pièce, il entrevit la silhouette maigre et les cheveux ébouriffés de Harry Potter de l'autre côté de la vitre.

« Severus… »

« Je ne me souviens pas vous avoir donné l'autorisation de m'appeler par mon prénom », dit Severus, froidement.

Le sentiment de rejet sur le visage de Harry l'incita à poursuivre. Il devait mettre un terme à cela.

« Pourquoi êtes-vous venu ? Vous ne pensiez quand même pas qu'il y avait la moindre possibilité d'avoir quelque chose de sérieux entre nous… » Severus avait un petit sourire satisfait. « C'est ce que vous pensiez ? Non, ce n'est pas possible, même vous ne pouvez pas être à ce point rempli d'illusions ! »

« Pourquoi est ce que vous... ? Je ne comprends pas », dit Harry d'un air blessé.

« La seule personne que j'aie jamais aimée est morte à cause de vous. Vous avez ses yeux. Je dois avouer que pour quelques instants c'était assez bien de penser que vous étiez Lily, d'une certaine façon. Je vous ai utilisé afin de nourrir mes fantasmes. Mais vous êtes un Potter, jusqu'au bout. Je vous méprise. »

Severus fixa son regard sur Harry, comme s'il allait le frapper d'un Avada Kedavra et il vit Harry tressaillir. Incapable de le supporter plus longtemps, Severus se retourna et quitta le parloir.

De retour dans sa cellule, Severus s'effondra sur le sol, ramena ses genoux contre sa cage thoracique et enfouit son visage dans ses mains.

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Durant les semaines qui suivirent, la sombre routine de Severus avait été uniquement brisée par des visites de McGonagall et d'Arthur Weasley. Ils avaient essayé tous les deux de lui remonter le moral avec ce qu'il considérait comme du charabia typique de Gryffondors, prétendant qu'il avait fait tellement de choses pour l'Ordre et qu'ils ne l'abandonneraient pas.

Tiberius Ogden, un membre important du Magenmagot et un ancien ami de Albus Dumbledore, lui rendait visite chaque semaine. Il avait été désigné comme son avocat. Comme Albus, Tiberius était un homme grand avec une longue barbe argentée, mais son expression était plus grave et tendue que celle de Albus n'avait jamais été. Il avait l'air vraiment inquiet pour Severus et il l'interrogea au sujet des événements qui avaient conduit à la mort de Albus. Il n'arrêtait pas de lui rappeler qu'il devait lui faire confiance et croire qu'il serait innocenté. Severus répondit à toutes ses questions, mais insista sur le fait qu'il n'allait pas se défendre au Tribunal. Il savait que ça serait inutile. La majorité des membres de l'Ordre le détestaient, et ni le Ministère ni le Magenmagot ne voulaient libérer un ancien Mangemort.

Par-dessus tout, Severus, en pleine dépression, ne pensait pas qu'il méritait d'être innocenté. Il avait été responsable de la mort de Lily, James, Albus et il ne comptait même plus le nombre moldus innocents.

Malheureusement, sa baguette lui avait été retirée. Sinon, il se serait déjà lancé un Avada Kedavra à lui-même.

Les jours s'éternisaient, se ressemblaient, jusqu'au moment où le geôlier lui indiqua qu'il allait être emmené au Tribunal du Magenmagot afin d'être jugé.

Il lui firent prendre un bain et lui donnèrent une robe traditionnelle.

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à suivre...

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