Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à J.K. Rowling et l'histoire est le fruit de l'imagination de ma très chère Skeptyx. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès à l'histoire originale en anglais et par la même occasion aux autres magnifiques fics de Skeptyx ainsi que d'autres traductions de ses histoires.

Beta : Julielal, que je remercie pour sa relecture !


Chapitre 6 : Le procès

Pour la seconde fois de sa vie, Severus entra dans la Salle d'Audience numéro 10, une grande pièce circulaire avec des murs sombres, éclairée faiblement par des torches. Les sièges étaient tous occupés et la pièce bourdonnait de brouhaha. Il traversa la salle escorté par deux gardes forts et musclés qui le firent asseoir dans une chaise au centre de la pièce. Lorsque Severus s'assit, des chaînes surgirent de la chaise, l'encerclèrent et l'immobilisèrent complètement.

Tendu, Severus leva les yeux vers les rangées sur les côtés. Il y avait beaucoup de personnes vêtues de noir -- pleurant probablement une ou plusieurs des nombreuses victimes de la guerre. Il aperçu Chourave et Hagrid parmi la foule. Quelques rangées au-dessus se trouvaient Arthur et Molly Weasley, leur fils Ronald, leur fille Ginevra et Hermione Granger. Dans les premières rangées se trouvaient les cinquante membres du Mangenmagot qui le fixaient, certains avec curiosité et d'autres avec mépris. Personne ne semblait le regarder avec sympathie, mais ce n'était pas une surprise. A côté de Rufus Scrimgeour, le Ministre de la Magie, au milieu de la première rangée, un sorcier au visage rubicond et à la barbe brune broussailleuse se leva. Severus reconnu Amos Diggory, le nouveau directeur du Département de Régulation Magique, qui allait présider la séance.

Le silence tomba lorsque le juge commença à parler.

« Severus Tobias Snape a été emmené pour être jugé par ce Tribunal pour des faits d'une immense gravité. »

Diggory ouvrit un parchemin et lut les poursuites.

« Les faits pour lesquels le susnommé Severus Snape sera jugé sont énumérés par la présente :

1. L'accusé aurait provoqué le meurtre de Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore en utilisant le sortilège de mort.

2. L'accusé ferait partie, depuis plus de 16 ans, d'une organisation illégale, plus communément appelée les Mangemorts. »

Enfin, Diggory s'adressa à Severus.

« Severus Snape. Comprenez-vous les faits qui vous sont reprochés ? »

« Oui », répondit-il.

« Alors nous allons entendre les plaidoyers d'ouverture des deux parties, en commençant par l'accusation. Madame Ombrage ? »

Severus s'efforça de ne pas prêter attention à son discours. C'était trop humiliant d'avoir Ombrage comme interrogatrice.

Lorsque la voix haut-perchée d'Ombrage se tut, Tiberius Ogden se leva. Sa robe couleur ambre soulignait la pâleur de son visage et de ses mains. C'était un personnage d'un charisme impressionnant. Mais Severus ne prêta pas attention à son discours non plus. Il se sentait totalement engourdi et étranger à cette réalité.

Tout à coup, il réalisa que le juge s'adressait à lui, qu'il commençait à l'interroger.

Severus leva son regard vers Diggory.

« Je suis fatigué. J'ai le droit de garder le silence, je suppose. »

« Ce droit est garanti par les lois du Magenmagot, mais si vous refusez de répondre, cela peut être utilisé contre vous. »

« Je m'en moque. Je plaide coupable. »

Un tumulte se répandit dans toute la Salle d'Audience. Ogden argua que son client était dans un état dépressif dû aux effets secondaires du sortilège de mort, et que ses paroles ne devraient pas être prises en considération. Diggory insista et demanda à Severus de livrer son témoignage.

« Laissez-moi tranquille », répondit Severus.

Diggory décida de poursuivre la séance et de commencer à appeler les témoins des plaignants.

Bellatrix fut le premier témoin à entrer, enchaînée. Severus ne put s'empêcher d'admirer sa loyauté inébranlable envers Voldemort. Curieusement, en fin de compte, son témoignage pouvait être considéré comme favorable pour lui. A partir du moment où Narcissa et lui avaient fait un Serment Inviolable, n'avait-elle pas atténué les circonstances de son crime ? Même si tout le monde croyait qu'il avait tué Albus, peut-être qu'ils comprendraient qu'il n'avait pas eu le choix. S'il n'avait pas tué Albus, il serait mort. Ce n'était pas comme cela que ça s'était produit ; Severus aurait préféré mourir plutôt que de tuer Albus, s'il en avait eu la possibilité. Mais peut-être que ça pouvait faire la différence entre être exécuté et être condamné à Azkaban à perpétuité. Non pas que Severus préfère la dernière solution à la première.

Après Bellatrix, on appela Filius Flitwick, qui expliqua avoir été attaqué par Severus lorsqu'il était entré dans son bureau afin de le prévenir que Poudlard était envahi par les Mangemorts.

Pauvre Filius. Il ne l'aurait jamais attaqué s'il y avait eu une autre solution. Severus ressentait une autre vague de culpabilité le traverser et laissa son esprit errer dans les réminiscences des horribles moments qui avaient précédé la mort d'Albus.

La voix de Diggory appela Harry Potter à la barre des témoins et fit revenir Severus au moment présent.

Lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de Harry, Severus frissonna. L'air déterminé de Harry lui rappelait Albus dans ses moments de colère -- puissante, acharnée et implacable.

Harry était en fait le seul témoin oculaire du crime jugé actuellement au Tribunal. Greyback et Amycus étaient morts pendant la guerre, Alecto, Yaxley et Draco se cachaient.

Ombrage accomplit son rôle habilement en demandant à Harry de décrire le moment où Snape avait lancé le sortilège de mort sur Dumbledore. Severus remarqua que Harry essayait d'être objectif, mais la personne qui l'interrogeait exploitait cet instant d'une façon la plus dramatique qui soit.

Cependant, Ogden montra son brio en faisant décrire une fois de plus à Harry la scène de la mort de Dumbledore. Harry remarqua que Snape et Dumbledore avaient échangé un long regard, et puis seulement alors Snape avait dit « Avada Kedavra ». Un jet de lumière verte était alors sorti de sa baguette et le corps de Dumbledore avait été propulsé dans les airs. Harry avait aussi souligné que les yeux de Dumbledore étaient fermés lorsqu'il s'était approché de son corps. Maintenant, argumentait Ogden, ce n'était pas ce qui devait se produire lors d'un vrai sortilège de mort. Le corps n'était pas propulsé dans les airs et les yeux demeuraient ouverts. Ogden demanda à Harry s'il était possible que Snape ait lancé un Impedimenta informulé et, seulement ensuite, un faux sortilège de mort. Harry réfléchit pendant un instant et répondit finalement que oui, ça aurait pu se produire.

Severus dut utiliser tout son self-contrôle afin de ne pas éclater d'un rire hystérique. Ah, les théories originales et tortueuses que les avocats pouvaient émettre ! Malheureusement, aucune n'était vraie. Severus avait vraiment lancé un sortilège de mort -- après tout, c'était le moyen le plus rapide et le moins douloureux de tuer. Mais si son avocat pouvait faire gober au juge cette absurdité…

Seulement… c'était vraiment étrange que le corps de Albus ait été propulsé dans les airs et que ses yeux se soient fermés. Severus bougonna silencieusement. Avec Albus, rien n'était jamais normal !

Pour répondre aux questions de Ogden, Harry décrivit comment Snape avait sauvé sa vie lors de la bataille finale, en se jetant entre lui et Voldemort, et comment Snape avait détruit le dernier horcruxe, en retirant le fragment de l'âme de Voldemort imbriqué dans Harry. La salle était impressionnée, suspendue à chaque mot que Harry émettait et l'applaudissant à la fin.

Finalement Aberforth Dumbledore fut appelé à la barre pour témoigner et entra en portant une pensine entre ses mains.

Diggory expliqua à la Cour que le Magenmagot avait eu accès à la pensine d'Albus Dumbledore et avait finalement admis qu'elle constituait une pièce à conviction importante. Plusieurs techniciens du Ministère entrèrent dans la Salle d'Audience afin d'installer l'équipement qui permettrait la projections des souvenirs sur un écran.

Le cœur de Severus s'accéléra lorsque les plus importants moments de son existence, qui n'avaient aucun rapport avec Albus, commencèrent à se dérouler devant ses yeux comme dans un film. L'instant où Sibylle Trelawney avait fait la prophétie et où Severus avait été pris en flagrant délit d'espionnage derrière la porte. L'instant où Severus, pratiquement en larmes, avait révélé à Albus que le Seigneur des Ténèbres était après James et Lily Potter. Le moment où Severus avait confié ses remords d'avoir rejoint les rangs des Mangemorts, et où il offrit sa personne en tant qu'arme afin de vaincre Voldemort. Le moment où Albus l'avait autorisé à le guérir du sortilège qui protégeait la bague. Comment Severus avait réussi à stopper la progression du maléfice, retardant le fait que lui et Albus savaient ouvertement être inévitable : Albus n'aurait pas pu vivre un mois de plus après cela. L'instant où Albus lui avait demandé de protéger Draco et de préserver son rôle en tant qu'espion en le tuant lorsque le temps serait venu. Et enfin, un souvenir d'Aberforth lui-même qui écoutait les instructions d'Albus et recevait ses souvenirs. Albus disait qu'il était préparé pour sa prochaine grande aventure. Il essayerait d'assurer avec sa mort une protection spéciale pour Severus, parce que Snape était le seul qui serait capable d'aider Harry lorsque ça serait nécessaire. Albus réaffirma sa confiance en Severus. Aberforth lui demanda quelle protection ça allait être. Le visage de Albus semblait rayonner lorsqu'il dit, « C'est une très ancienne magie. Avec mon sacrifice, je donnerai à Severus une protection semblable à celle que Lily a donné à Harry lorsqu'elle est morte pour lui. »

La projection se termina. Des larmes silencieuses coulaient le long du visage de Severus et la salle entière était en effervescence.

Soyez maudit, Albus. Je ne voulais pas vous tuer. Et je ne voulais pas vivre après vous avoir tué, pensa Severus.

Diggory demanda le silence et appela Tiberius Ogden afin qu'il fasse le plaidoyer final de la défense. Ogden énuméra les preuves que Dumbledore savait sa mort imminente et avait planifié, si ce n'était le moment exact, tout du moins la façon dont ça se produirait. Il accentua la confiance que Dumbledore plaçait en Snape, et que ce fait avait été confirmé par tous les témoins appelés à la barre. Il souligna qu'il n'y avait aucune preuve pour savoir que le sortilège que Snape avait lancé sur Dumbledore avait été le sortilège de mort, et que le témoignage de Harry Potter avait indiqué exactement l'opposé. Il rappela, dans ses mots éloquents, combien le Monde de la Sorcellerie devait à Severus Snape pour avoir sauvé la vie de Harry Potter et avoir empêché le retour possible de Lord Voldemort. Et il termina son discours avec un éloge envers le courage de Severus Snape qui avait mis en danger sa vie et sa réputation dans l'intérêt du monde de la sorcellerie.

Dolores Jane Ombrage fit également son devoir. Elle accusa Severus Snape d'être un immonde traître, un vil serpent qui était toujours au service de Voldemort. Après une longue référence élogieuse envers Dumbledore, elle blâma Severus Snape pour avoir écourté la vie du plus généreux et compétent sorcier de l'époque avec le plus impardonnable des sorts.

Lorsque Ombrage termina son discours, les membres du Magenmagot se retirèrent dans une pièce adjacente afin de discuter du cas et de délibérer. Severus fut emmené en dehors de la salle d'audience et placé dans une cellule au même étage. Il attendit là pendant plus d'une heure.

Finalement, il fut escorté de nouveau jusqu'à la salle d'audience. Les membres du Magenmagot revinrent un par un, mené par Griselda Marchbanks, Présidente-Sorcière à la tête du Magenmagot.

Diggory s'adressa à elle.

« Êtes-vous parvenus à une décision ? »

« Oui, votre honneur. Nous avons délibéré et l'accusé, Severus Tobias Snape, est déclaré non coupable pour les charges pressées contre lui, par manque de preuves. »

Severus ne pouvait pas croire ce qu'il venait juste d'entendre. Mais les chaînes qui l'entouraient s'ouvrirent et il fut libre. Diggory lui rendit sa baguette, symbole de son absolution, et il fut bientôt entouré de personnes qui le félicitaient et de journalistes qui lui posaient des questions. Physiquement et émotionnellement épuisé, Severus en était presque au point de perdre connaissance lorsque le siège fut soudainement levé et Harry apparut pour le sauver.

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à suivre...

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