;) Et voilà un autre chapitre de finit...

D'accord il n'est pas très passionnant mais si vous avez suivit vous devez connaître mon amuuuuuuuuuuur pour les adorables petits détails insignifiants et les descriptions qui trainent en longueur...

Bref ceci est IMPORTANT!!

Voilà je tiens à préciser que j'adore ma dernière scène, pas parce qu'elle est particulièrement géniale mais parce que c'est un rêve que j'ai fait de toute pièce. Le genre de rêve qui arrive très très rarement et qui ont ce gout de pur fantasme. Bref, pour son incroyable réalité et sa (presque) logique, j'ai décidé de l'inclure dans ce chapitre...

Je vous rappel (encore, je ne peux pas m'en empêcher.. --) que les review sont un carburants pour les auteurs de fanfiction et que même si Cameron et cuddy n'ont pas un rôle potentiellement sexuel dans cette fic, ça me plairait énormément d'avoir vos commentaires...

Un énorme merci en particulier pour ombre, avec un petit mot:

Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me touche vraiment beaucoup. Même si mon nombre de review n'est pas particulièrement haut, je trouve ça très revalorisant que vous écriviez plus que : trop bien ta fic! C'est le genre de commentaire qui donne vraiment envie de continuer parce que même si ça ne touche que une ou deux personnes, ça en vaut la peine. Vraiment...

Si la suite de l'histoire te déplait, n'hésite pas à pousser des protestations, c'est toujours interressant aussi.

Et vive les pharmaciens tout court!!

Gros bisous

Bonne lecture à tous!!

Chapitre 4: Les fleurs ont-elles un cœur déficient?

--Emilie Simon Dame de lotus--

Concentré, il faisait défiler les images.

Des papillons. Souvent de nuits. Plus subtils que leurs congénères de jour. Il découvrait avec davantage de plaisir leur rares rainures bleus bronze, rose poudre, jaune orangé, vert amande au milieu des teintes brunes.

Des scarabées. Des lucanes cerf-volant, des sauterelles, des libellules aux ailes nacrées, des guêpes en plein vol. Des mantes religieuses, cornées, aux teintes roses, marbrées de mauve. Exotiques. Des coccinelles, posées sur des feuilles d'iris illuminées de soleil.

Un amour de la beauté discrète.

Des oiseaux. Alouette huppée, espiègle. Pic vert, sérieux. Geai aux plumes bleus, vaniteux. Moineaux insolents. Rouge George mélancolique. Grive inquiète. Corbeau sinistre. Pie entreprenante. Buse au regard perçant. Martin pêcheur habile. Aigrette gracieuse. Héron maladroit. Chouette inquiétante.

Un amour de la liberté.

Des plantes. Fleurs épanouies alors que le printemps resplendit. Lumière du soleil dans les feuilles alors que l'été assomme. Tapis de feuilles écarlates tandis que les champignons envahissent la terre automnale. Dentelle de branches dépouillées, à peine vêtues de givre dans la poésie d'hiver.

Amour du silence.

Il regardait les photos. L'une après l'autre, sans se lasser. Aucunes des photos de Lactae ne se distinguaient des autres. Ce n'étaient pas des photos faites pour être montrée. C'était un tout. Un cri d'amour et de mélancolie. Pas d'originalité. Beauté simple. Perfection.

Un catharsis amère pour une vie trop moche.

House s'humecta les lèvres. La beauté très très loin du genre humain. Le bonheur des Hommes est trop vulgaire. Il ne vaut pas plus que les cris, les larmes et la souffrance.

Le rire sur un visage n'est que le masque sur le cœur désabusé, l'âme abimée, les jalousies cachées, les chagrins inavoués.

Non. Très très loin du monde de ses semblables, Lactae photographiait la grâce.

Il fit défiler encore les photos. Il y en avait des centaines. Il devina que ces images fragiles étaient sans doute très rarement regardées, même par Lactae elle-même. C'était prendre la photo qui l'intéressait. Capter l'instant.

A la fin, il y avait une série un peu particulière. Elle n'avait rien de plus que les autres. En apparence…

Des nénuphars. Blancs immaculés. Fleurs solitaires posés sur leurs eaux saumâtres.

Sur leurs grandes feuilles rondes, vert émeraudes, entrouvrant leur corolles de pétales délicats.

Élégantes fées des eaux, naïades sensuelles, nymphes mystérieuse.

En délicate osmose avec le teint nacré de leur photographe. Aussi pervers et trompeurs. Aussi acide et mordant sous leur pureté simulée.

Une Dame de Lotus.

Il sourit, ironique. Non, non, il ne devenait pas romantique. Il ne se souvenait d'ailleurs pas d'avoir déjà offert un bouquet de fleurs.

Rectification, il avait fait l'effort d'offrir un truc à Cameron.

Les fleurs étaient des appâts. Appâts fragiles pour papillons égarés. Calculatrices.

Il se demanda dans quel but Quert attirait les papillons, insectes stupides. Superficiels et attirés par le superficiel.

Quert avait une superficialité bien à elle. Un physique à attirer des papillons moins bêtes, plus méfiants. C'était sans apparat qu'elle ressortait magnifiée. Pas pour attraper les imbéciles bien sûr, pas assez de sensualité déballée.

Tout en finesse, la petite.

Moqueur, il se rappela le repas à la cafétéria.

"Je suis beaucoup moins insignifiante que ce que vous voulez bien croire…"

Pour l'instant, elle ne l'ennuyait pas. Méfiance, ça ne durait jamais longtemps.

Il cligna des paupières, nerveusement. En bas du dossier, se trouvaient trois sous sections. Il lu les noms, impassible.

Photos prises par Be.

Dossier pour Maria.

Textes.

Qui étaient Be et Maria? Le meilleur moyen de le savoir était de parcourir les sous dossiers. Il double-cliqua sur le premier.

--

Vertige Camille

Pour entrée en matière, un autre dossier accompagné d'un fichier MP3.

Un titre: Vertiges pour celle qui s'envole trop loin.

Un pli méprisant étira sa bouche. Il mit la musique et ouvrit le sous dossier.

Des photos encore une fois.

Très différentes de celles prises par Quert. Cette fois, c'était elle le sujet de prédilection du photographe.

Elle était le seul point commun de toutes les photos.

Des photos prises à l'arraches, par surprise. Troubles.

Des photos de voyage. Lactae apparaissait successivement…

Accoudée à la rambarde de la tour Eiffel. Dominant Paris.

Assise sur un dos de dromadaire, riant. Maroc.

En maillot de bain blanc, deux pièces, assise sur des galets devant une mer grise et tumultueuse. Bretagne

Avec un grand chapeau mexicain, des maracas à la main, entourée de Mexicaines aux lourds cheveux noirs, extatiques.

Pérou, Inde, Congo, Japon, Salvador, Italie, Espagne, Russie, Angleterre, Hongrie, Pologne, Grèce, Turquie, Allemagne, Australie, Algérie.

C'était un tour du monde au complet.

Encore d'autres choses.

Des séries de photos plus travaillées. Étrangement kitch. Naïves. Guimauves.

Dans une longue robe crème gonflée de vent, Lactae marchait dans de longs blés brûlés par la chaleur du soleil.

La série permettait de retracer tous son parcours. Depuis la route de gravillon qu'elle avait quitté, les champs parcourût, blé, maïs, coquelicots. Une sieste à l'ombre d'un olivier. Un ruisseau à traverser, sans se presser, les sandales à la main.

Perchée dans un cerisier, la robe blanche formant une corolle autour d'elle, fleur parmi les fleurs immaculées.

Avec une moue, House goba ses comprimés. ça commençait à l'agacer.

D'autres ensembles de photos.

Short court, beige, chemisette blanche, gilet brun boutonné devant sans manche. Bottes. Cheveux attachés avec un chapeau de costume rabattus sur les yeux.

Le tout dans une usine désaffectée.

Enchaînement de couleur? Toujours esthétique. Toujours innocemment clichés.

Notre Grégory national plissa doucement les yeux. A la fois charmé et à la fois une vague envie de vomir. ça ressemblait à des photos prises par des adolescentes quand elles ont seize ans. Mais les mises en scène, la lumière, les expressions étaient trop fouillées, trop parfaites. Trop professionnelle.

Et bordel, Be ne pouvait pas pointer le bout de son nez? Copine? Famille? Travail du temps où Lactae était mannequin?

Il chassa rapidement cette dernière idée. Trop plate. Pas assez grande.

Il finit par sourire en voyant les toutes dernières photos.

C'était le même cadre que celles où avaient étés prises les nénuphars.

Dans une longue robe en dentelle écrue qui lui faisait un décolleté plongeant, Quert étaient plantée dans l'eau de l'étang, entourée par les fleurs blanches et rosées.

Des gants verts assortis aux feuilles sombres. La robe flottant autour d'elle, la dentelle se dégradant en touches rosée.

C'était elle, la dame de Lotus.

Il frotta sa main contre sa barbe de trois jours. C'était râpeux.

Il plissa ses lèvres minces de médecin mal léché et passa à "Pour Maria".

Tout de suite, c'était plus "intéressant", mais pas plus explicatif.

Tous les clichés avaient été pris à la va vite, avec des angles particuliers et pas particulièrement les meilleurs. On ne voyait parfois que des bouts de personnages quand il y en avait.

Tous avaient été pris au même endroit sauf quelques paysages qui semblaient plus aptes à retrouver le lieu, comme des repères.

L'endroit. Des clichés de grands bâtiments urbains, vieillots, grisés par le temps, admirablement sculptés. Des gargouilles représentant des cerfs ailés au galop encadraient chacun des coins. Surmontés de verrière et de toits en ardoises roses.

Avec de grandes et larges fenêtres qui laissaient voir une foule à l'intérieur. Une fête mondaine.

Un immense parc entouré de grilles en fer forgés.

Des arbres semblables à des cyprès qui entouraient de grandes allées, mais ce n'étaient pas des cyprès, il ne connaissait pas ces arbres.

C'était la tombée de la nuit. On voyait parfois des bouts de lune, inquiétante, plus grosse et plus violacée qu'à l'ordinaire, baignant les bâtiments dans un drôle d'atmosphère.

Les gens. Les clichés pris de l'intérieur cette fois.

Ambiance feutrée, tellement enfumée qu'il était impossible de distinguer la salle.

Des gens bizarres. Tous excentriques, les visages particuliers, les vêtements pétants et originaux. Des regards de loups, des bouches arrogantes et agressives, malsaines.

Les ports de têtes fiers. Les parures hors de prix, luxueuses.

Trop de cigarettes au bout de porte-cigarettes, eux-mêmes au bout de mains gantées.

L'ambiance était lourde, propre au malaise.

Il fixa de nouveaux les visages atypiques auxquels il était presque impossible de donner une origine. Les cheveux aux couleurs extravagantes, rouges, verts, roses, bleus.

Il planait également comme une odeur de vice et de phéromones trop concentrés sur ces sourires pervers, ces œillades aguicheuses.

ça ressemblait à une secte particulièrement bizarre.

Ou à un rallye pour les gosses des membres de la secte.

En observant de plus près, il compris. Les clichés avaient été pris en cachette. Comme par un paparazzi poursuivant son idole.

Trois personnages ressortaient de ces photos. Et deux autres étaient très clairs sur une photo annexe.

Il commença par le plus récurrent.

Un beau jeune homme du même âge que Quert. Roux, les cheveux courts mais pas trop, raide, une mèche couvrant discrètement son œil droit. Le visage rond pour un homme, assez foncé, l'œil grand et noir comme la nuit, interrogateur.

Un nez fin, court, presque féminin. La bouche mélancolique, avec une lèvre inférieure plus épaisse que la supérieure, ronde.

Le cou assez large sur des épaules fines et un corps très mince.

Gothique. Pull noir col roulé, jean assortis. Bracelet de cuirs ornés de pics. Un autre en forme de colonne vertébrale. Pseudo converse couleur ébène. Il avait renoncé aux New rock, Dieu merci. Les oreilles toutes deux percées auxquels brillaient deux perles rouges. Il ne souriait sur aucunes photos.

Adolescent attardé à n'en point douter. A en jurer gay s'il n'avait pas une fille accroché au bras.

Deuxième personnage. House émis un doute. Soit la fille était importante, soit elle était très représentative car elle était au bras du cliché principal.

Peau de lait, yeux ronds et jaunâtres avec de grands cils, bouche pulpeuse, dépourvue de gouttière comme celle de Lactae mais beaucoup plus large. Un sourire arrogant et le porte-clope collés dessus. Visage fin et bien marqué. Grosse frange retombant sur les arcades sourcilières avec une chevelure tellement blonde qu'elle en était blanche, marquée de grosses ondulations tombant jusqu'à ces hanches.

Robe de soirée rose saumon, mettant agréablement en valeur sa poitrine au décolleté aussi profond que ceux de Cuddy. Il mata sans gêne.

Autrement plus sensuel et moins kitch que Quert… … Non?

Par dessus un manteau en vison crème avec la tête et la queue intégré.

Il fit la grimace. Il n'en avait rien à foutre de la souffrance et du massacre des animaux pour leur fourrure. Il trouvait juste ça crade de s'afficher avec des cadavres comme parure.

Cette fille visiblement beaucoup trop sure d'elle et de sa beauté ne lui plaisait pas.

Trop fille de riche. Trop pourrie gâtée, trop médiocre sous ses airs de princesse.

Ennuyeuse. Comme le jeune homme auquel elle s'accrochait comme à un trophée glorieux. Comme tous les autres.

Enfin il passa au dernier des trois, moins représenté.

Un adolescent. Onze ans, peut-être douze. Petit pour son âge. Assis sur le bord d'une des larges fenêtres, le regard rêveur. Trop normal parmi tous ces gens étranges, si on oubliait ses cheveux déjà gris. Les yeux noirs en amande. Le visage pâle et maladif, la bouche fine et marquée. Le nez grand et rond. La coupe de cheveux en pétard soigneusement ébouriffés. Chemise bleu à carreaux sur tee-shirt noir, pantalon en velours côtelé beige, basket. Rien de trop bizarre.

Juste un gamin.

Rien d'autre à signaler le concernant si ce n'était cette fatigue anormale qui se lisait sur son visage.

Sur la dernière photo, deux femmes se tenaient côte à côte, la plus vieille un bras sur les épaules de la plus jeune, esquissant le V de la victoire.

Elle était très grande, peut-être âgée de quarante ans, admirablement conservée mais pas forcement belle. La peau métissée. Des yeux bleus virant violets à la Elisabeth Taylor, perçants, agressif, maquillés à l'égyptienne. Les cheveux rouges sang, très longs, remontés en couettes hautes et tombant jusqu'aux reins, très raides et épais. Une bouche petite et fine, inexistante, incroyablement mauvaise, des joues rondes, un menton pointu, un tatouage sur la joue gauche. Robe mauve fendue jusqu'à mi-cuisse. Bracelets d'or aux poignets. D'une sensualité dangereuse, féline et sans aucune retenue. Magnifiquement fondue dans la foule d'escogriffes.

House la fixa un instant. Cette personne pouvait elle être Be? Ou Maria?

Il n'en savait rien mais la femme le mettait mal à l'aise. ça lui arrivait rarement. Surtout avec une simple photo.

Elle avait quelque chose de vénéneux qui étouffait tout sentiment heureux bien qu'elle sourit au photographe.

Un frisson glacé remonta sa colonne vertébrale. Nerveux, il jeta un regard à la jeune fille qui l'accompagnait.

Tout de suite, il reconnu la femme qui avait déposé Lactae en voiture. Sa colocataire, Lulla Ruis.

Coiffée à l'identique avec des barrettes retenant ses cheveux courts. Une robe courte à rayures blanches et violettes, bordée de fourrure beige. D'une coupe originale avec des bottes brunes.

Une étrange sensation s'insinuait dans son esprit. Ils étaient tous trop jeune, pas toujours beau mais avec des peaux impeccables, des cheveux brillants, des costumes propres, impeccablement lifté. Impeccablement conservés.

Il n'y avait rien de plus à voir dans le dossier. Il passa au dernier.

Les textes de Lactae n'avaient rien de biens exceptionnels.

Recettes de cuisines inventées. Comptes. Paroles de chansons. Partitions pour saxophones. Poésies d'auteurs. Articles copiés d'internet. Critiques d'art et de films.

Seulement à la fin, la copie d'une lettre, photographiée.

Ecrite avec une écriture ronde et penchée, à la plume noire. A plusieurs endroits, des notes avaient été rajoutées à la va vite avec un Bic rouge.

Ma Lactae chérie,

Je me languis de toi.

Tous les jours où je suis à Flore, je pense à toi.

Ton arbre a fleuris, je me souviens encore quand tu étais petite, tu aimais tellement t'y asseoir. Les abeilles sont venus cette fois encore, mais elles ont disparût avec la neige. Ce temps est épouvantable pour un mois de mars.

Mon petit amour, j'ai encore pleins d'idées en tête pour te prendre en photos. Oh, je sais bien que tu en as marre et que ces clichés te mettent mal à l'aise mais ils me font tellement plaisir. Ça me laisse un petit bout de toi que je ne partage avec personne.

J'espère que ton nouveau travail se passe bien. Avec un peu de chance, tu rencontreras un beau docteur et tu pourras enfin vivre une belle histoire d'amour. ça fait tellement longtemps que tu négliges ta vie sentimentale.

Je te vois soupirer devant ton écran et ça me fait rire. Je t'embête mais tu auras beau me répéter cent fois que tu n'as même pas le temps d'y penser et que personne ne te plaît, je m'accrocherai toujours à l'espoir que tu changes d'avis. Rappelles toi mes conseils: sois moins difficile et plus féminine. Prends exemple sur Lulla.

En dessous un commentaire avait été noté avec une écriture différente: Tu me saoule…

En tout cas, ça ne peut pas te faire de mal. Je sais que ton moral n'est pas au plus haut. Lulla l'a dit à Spirale qui en a parlé à son psy qui lui a conseillé de ne pas s'en mêler mais qui finalement m'a tout raconté.

Elle dit que tu ne dois pas t'inquiéter pour ce petit garçon. Ce n'est pas grave ma Lactae. Après tout, des gens meurent tous les jours pour des raisons injustes.

Je comprends que ça te répugne, tu as choisis de travailler dans la santé pour pouvoir sauver des vies.

L'écriture se fit plus légère, plus guillerette.

Mais penses au nombre de gens que tu as sauvé pour une seule assassinée.

Les enfants tuent bien des oiseaux pour le plaisir.

Celui là l'avait sans doute bien mérité.

Dit toi que si tu ne l'avais pas tué, tu aurais peut-être eu des regrets toute ta vie.

Autre note: Bordel! Est-ce que tu te fous de ma gueule?! Va crever merde. Qu'est ce que tu peux comprendre avec ton foutu décalage.

Et après tout, si ce n'était pas toi, ce seraient sans doute les autres qui l'auraient mangé. C'était une mort plus douce que tu lui as offert.

Tu parles. Merci, tu m'aides beaucoup.

Bref, je n'ai plus le temps pour t'écrire davantage. Prends bien soin de toi ma chérie. Je t'embrasse et t'envoie toute mon affection,

BE

Ps: Je t'envois la recette du saumon au champagne. (Divise toutes les proportions par deux, ils font pour six personnes autant que pour douze! Surveilles ton poids ma chérie!!)

House avait les sourcils haussés.

Il sourit bizarrement. La petite Quert? Une tueuse? Cette gamine en culotte blanche?

D'après les notes, ça ressemblait à un accident. Ou à un crime sous la menace.

Genre, si tu ne tues pas telle personne, on s'attaque à ta famille.

ça restait une bonne méthode de chantage. Il avait trouvé ce dont il avait besoin.

Et qui était Spirale? Peut-être la femme aux cheveux rouges.

Il fallait qu'il réfléchisse à tout ça. Il éteignit l'ordinateur, négligemment.

House se leva pour aller se coucher. Un coup d'œil à l'horloge. Onze heures du soir.

--

Nightwish Last of the wilds

Tout tournait autour de Lactae. Elle lança un sourire qui ressemblait davantage à un rictus. Dans sa main tremblante, moite, elle tenait une coupe à pied avec un contenant en forme de V relativement petit. Dedans, une liqueur mordorée qui semblait tout sauf du sirop de fraise.

Elle cligna nerveusement des paupières, perturbée. Autour d'elle, de larges tâches de couleurs un peu flous la rassurèrent.

Où était-elle? Ah oui, dans son appart. A se bourrer la gueule avec Lulla.

-Tu devrais t'arrêter de boire maintenant, murmura celle-ci, tout à fait à l'aise, calée dans un des fauteuils en sirotant un petit verre de porto avec des glaçons.

-Hum… Répondit Lactae d'une voix pâteuse.

De l'autre elle déposa la bouteille de crème de cassis sur la table basse et s'affala de tous son long sur le canapé, la tête entre les bras.

Lulla se leva et en profita pour mettre la troisième bouteille dans le frigo, du vin blanc d'Alsace.

Lactae releva la tête et murmura d'un ton mourant:

-C'était mon premier jour de boulot… Qu'est ce qu'il va me faire demain?

Lulla haussa les épaules:

-Demain? Absolument rien. Demain, c'est toi qui va lui démonter la gueule.

-Je lui ai roulé une pelle il y a moins de dix heures! Ça fait super sérieux.

Lulla gloussa et vint s'asseoir au coté de la pharmacienne:

-Tu veux que je le tue, chérie?

L'autre lui donna une bourrade dans l'épaule:

-Arrête avec ça.

-On peut s'en aller si tu veux. On trouvera du travail de partout de toute façon.

Lactae se redressa brutalement et regarda sa colocataire dans les yeux, fixement. Les siens étaient troubles et vitreux.

-Tu es complètement saoule!

Lactae l'ignora:

-Non, on ne peut pas partir pour l'instant. Je n'ai pas eu de nouvelles de Maria. Et j'aurais trop l'impression de fuir… C'est juste un… Un…

Son esprit embrumé la lâchait, elle ne trouvait plus ces mots.

-Et dire que tu tiens bien l'alcool, marmonna Lulla.

Soudain, elle eu ce qui semblait être un éclair. Elle ramena sa main à sa bouche et mordilla son doigt de sa bouche poupine. Ses sourcils se froncèrent et ses grandes prunelles se firent plus inquiètes. C'était rare chez elle.

-La'! Est-ce que tu avais des trucs compromettant sur ton ordi?

Lactae la regarda avec des yeux ronds.

Lulla secoua la tête:

-Non, je suis ridicule, avec le mot de passe, il n'y a quasiment aucune chance que…

-Le mot de passe?

-…

-…

-…Tu n'as pas mis de mot de passe?

-Je ne savais même pas que je pouvais en mettre un. Je l'ai acheté il y a deux semaines et c'est la première fois que j'utilise un ordinateur non professionnel. Je sors de ma campagne moi.

Lulla jura.

-Bordel!

-Tu crois qu'ils ont pût regarder?

-C'est un des premiers trucs que j'aurai regardé personnellement, mais comme ils cherchaient plutôt des substances illégales, des médicaments, ce genre de truc… C'est possible qu'ils n'aient pas regardés…

Il y eu un silence entre elles.

-Tu avais des trucs compromettant?

Lactae hocha la tête, subitement dessaoulée:

-J'ai des photos de Taïriss et du merdeux que j'ai dégommé.

Elle eu une moue amère et garda son regard fixé sur le mur.

-… et une copie de la lettre que m'avait envoyée Be quand on est arrivé ici.

Lulla fit un grand geste d'humeur:

-Putain, pourquoi t'as gardé de truc!

Lactae répondit presque en criant:

-Parce que je ne veux pas oublier que la réalité dans lequel on nous a élevé n'a rien à voir avec celle dans lequel nous avons choisis de vivre!! Et j'ai aussi l'impression que tu ne t'en rends pas compte!

Lulla pris un air froid:

-Qu'est ce que tu veux dire?

-Tu me comprends très bien! Tu ne respectes aucunes règles! Tu t'habilles de façon à te faire le plus remarquer possible et tu parles de tuer des gens comme si c'était… NORMAL!

Lulla fit une moue et répliqua:

-Et toi tu es en train de te détruire! La mort, ma belle, c'est juste un point de vue humain. Est-ce que tu culpabilises pour tous les lapins que tu as tués et éviscérés pour les manger? La vie, c'est la vie. Quelle est la règle qui t'as dit que tuer un humain valait plus que de tuer un animal?

-ça n'a rien à voir, je les tuais pour me nourrir.

-Tu as tué ce gosse pour nourrir le but ultime que tu as donné à ta vie! Le but! L'ambition! C'est la nourriture de l'âme!

Lactae soupira. Elle commençait à avoir mal à la tête. Elle savait que Lulla avait raison, pourquoi n'était elle pas capable de se débarrasser de cette foutue culpabilité.

Elle secoua la tête.

Elle et Lulla avaient des problèmes plus sérieux en ce moment, il fallait qu'elle réfléchisse à ce qu'elle allait dire à House.

-Au fait, murmura-t-elle, Laryfari travaille à l'hôpital.

Lulla fit une moue mi-amusée, mi-acidulée.

-Su-per, articula-t-elle d'un ton ironique. Quand est-ce qu'on se fait une petite soirée. On dirait que tous les éléments sont réunis pour nous faire paraître encore plus louches que l'on ne l'est déjà.

-C'est bien que tu t'en rendes compte.

-Te moques pas de moi, tu veux bien?

Lactae soupira et ramena ses genoux entre ces bras.

-Tu l'aimes bien Laryfari?

-Difficile à dire, la seule fois où on l'a vue… Je l'ai trouvée… Fausse.

Lactae hocha la tête.

-Je pense aussi qu'elle ne sait rien.

Elle tourna la tête vers sa colocataire pour y cueillir un acquiescement.

-Non, elle ne sait rien, ou pas grand chose. Et je me méfie de sa mère comme de la peste. Spirale la déteste.

-Ouais, Be aussi.

-Tu crois qu'elles ont peur?

Lactae ne répondit pas.

--

Emilie Simon Opium

C'était une grande scène de théâtre, avec un sol en bois et des épais rideaux de velours noir. La salle était noyée dans la pénombre et seuls quelques spots éclairaient la scène. Des sièges rouges qui s'étendaient partout, remplis de spectateurs anonymes, vêtus de tenues banales et sombres.

Les femmes avaient les cheveux bruns et lourds, soigneusement peignés en chignon. Des robes noires et sobres gainaient leur corps minces et féminins.

Les hommes étaient soignés, en costumes noir, sans cravates, avec des chemises blanches légèrement entrouvertes.

Les visages restaient froids, immobiles, dissimulés dans la pénombre. Tous les rangs inférieurs de l'amphithéâtre étaient occupés, mais le haut était quasiment vide. Seuls deux silhouettes étaient assises, côte à côtes, à la toute dernière rangée.

Sur la scène, des enfants dansaient, chantaient. Ils étaient patauds, maladroits. Leurs regards étaient un peu hagards, leurs langues gonflées, leurs oreilles petites. Leur os du nez peu développés. Les mains et les pieds étaient petits et enflés.

Une comédie musicale exécutée par des enfants trisomiques.

Leurs voix restaient pures, innocentes. Une dimension décalée que seul pouvait leur donner leur retard mental.

A la fois grotesque, ridicule, beau et émouvant.

C'était une représentation au profit de l'hôpital, ayant pour visée secondaire de sensibiliser à la maladie que portaient ces enfants.

En haut, les deux personnes riaient doucement, moqueuse.

Lactae le regardait intensément.

Elle portait une robe en soie légère, fluide et seyante. Le bas, violet prune, au niveau des genoux se dégradant doucement en rouge grenat en remontant jusqu'à ces épaules nues. De longs lys étaient dessiné en blanc par dessus, les tiges commençant au bas de la robe et les fleurs s'épanouissent au niveau de sa taille.

Son cou blanc, gracile et délicat était ployé vers la scène. Elle était appuyée en avant, les mains et le menton posés délicieusement sur sa canne.

Souriante, mutine, langoureuse.

House la regardait, silencieux. Il était faussement décontracté. Un tee-shirt noir sous sa veste de costume grise. Un jean et ses baskets habituelles.

Le grain de beauté noir au centre de son cou. Hypnotique.

Impossible de savoir de quoi ils parlaient. Peut-être ne le savaient-ils pas réellement.

La voix de la jeune femme était rauque, plus grisante que jamais.

Il lui répondait, cassant et cynique. Habituel.

Elle susurrait, emmêlant sournoisement leurs deux souffles. Alternait sourire moqueur et moue délicate qui renflaient avantageusement ses lèvres.

Quand elle riait, les coins de ses lèvres se relevaient en douceur et Peter Pan y aurait remarqué, comme pour Wendy et Mme Darling, ce fameux baiser volé.

Il avait le souvenir vague qu'ils se moquaient des enfants sur la scène. Mais il avait sans cesse le regard tourné vers les épaules rondes, dénudés. Le grain de beauté sur la gorge. Les yeux caramel brutes qui semblaient le faire tourner en bourrique et semblaient lui dire:

-Nous sommes côtes à côtes et pourtant tu ne sais absolument rien de moi. Tu as fouillé mon intimité, lus mes pensées les plus secrètes mais tant que tu ne les as pas comprises, je resterai un mystère irrésolu.

House étaient engourdit, ensommeillé.

Il essayait de récupérer sa canne mais la jeune femme repoussait sa main en riant, visiblement d'humeur à le provoquer.

Lactae Quert lui fit un dernier sourire moqueur avant de s'appuyer de nouveau sur la canne.

Son regard se détourna, elle fixait le spectacle. Plus douce, davantage rêveuse.

House se sentit se tête tourner. Il avait le cerveau embrumé, la réplique moins rapide. Moins immonde.

La salle de spectacle où la chaleur était étouffante. Le corps si proche de la jeune femme. C'était comme un trop plein d'alcool s'insinuant doucement dans ces veines.

Il perdait tout contrôle sur lui même. A peine remarqua t-il la profondeur de son geste lorsqu'il se courba en avant, inclinant la tête pour effleurer la bouche de la jeune femme.

Dérober ce baiser interdit.

Lactae ne semblait pas surprise. Plus que de se laisser faire, elle se tourna vers l'homme et posa ses mains immaculés, hésitantes, pleines de désir, sur les joues beaucoup plus sombres et mal rasées.

Leurs bouches qui se frôlaient étaient aux foies timides et entreprenantes. Ils ne se collèrent pas l'un à l'autre. Ils savaient bien que ce seraient trop pour eux.

La pulsion sexuelle est avant tout un incendie de l'âme.

Marina Tsvétaeva

Ils avaient tout aussi peur d'avouer que cela devait être plus qu'un désir charnelle que de convenir que toucher la peau de l'autre plus intensément auraient pût remplir leurs corps d'une désagréable sensation de perte de contrôle.

Il perdit sa main dans les mèches turquoise, décalées, désirables.

Une peur inconnue lui vrillait l'estomac. Recommencer quelque chose, c'était le risque de tout perdre à nouveau.

Ils se séparèrent, pleins de douceur, pour s'embrasser à nouveau. Encore et encore.

Ça avait quelque chose de bizarre. Il se sentait trop fleur bleu (une forte fièvre?). Elle l'aimait aussi? (Impossible…)

Il releva les accoudoirs des fauteuils et s'allongea. La tête sur ses genoux.

Il fixa le visage rond. Tellement jeune et tellement mature à la fois. Plus fier qu'il en avait l'air au premier abord.

-Ta mère ne va pas sauter de joie, murmura t-il.

Elle secoua la tête en riant. Puis redevint sérieuse:

-Je ne te quitterai pas. Murmura-t-elle. Ses yeux bruns jaunes, mis clos, tournés vers lui. Je ne te quitterai pas.

Il se sentit doucement apaisé. Mais pas totalement.

Il la désirait. Il l'aimait. Il voulait vivre avec elle…

House se réveilla en sursaut, hagard. Il était deux heures du matin et il était trempé de sueur. Maladroit, il prit son visage d'une main et chercha sa canne de l'autre.

Il se rappela dans une grimace le visage trop énamouré de Quert.

Mon Dieu quel rêve de merde.


Il fallait impérativement qu'il aille pisser.

Voilà! et encore un chapitre de finit! Donnez moi vos impressions!!