La cité convoitée

Prologue :

Sur Atlantis, c'était le petit matin. Elizabeth Weir, accoudée à une rambarde sur un balcon de la cité, profitait du calme avant la tempête, respirant profondément l'air frais qui entrait dans ses poumons porteur de quiétude et de nostalgie. Quiétude importante pour un chef avec de telles responsabilités, et nostalgie non moins importante pour pouvoir tenir si loin des siens. Mais Elizabeth sentait de plus en plus que les siens c'était ici, sur Atlantis. Elle sourit cependant en pensant au passé. A ses visites diplomatiques sur tous les continents de la terre. Elle se sentait si importante à l'époque… Importance qui lui semblait bien relative maintenant, dans l'immensité d'un monde qu'elle pensait hier habité uniquement par des Terriens, mais qui était en fait une vraie fourmilière de civilisations. Les Terriens avaient marchés sur cette fourmilière à trois reprises au moins : d'abord en s'attirant les foudres des Goa'uld, puis celles des Orii, sans oublier bien entendu le coup de pied monumental donné par l'équipe d'Atlantis à la fourmilière wraith, les réveillant ainsi d'un long sommeil et condamnant par la même occasion une partie des habitants de la galaxie de Pégase à une mort précoce et particulièrement désagréable, se voyant aspirer leur fluide vital pour nourrir un alien peu sympathique. Le sourire avait quitté son visage. Elizabeth arrêta là ses réflexions. Dès qu'elle prenait du temps pour réfléchir, inexorablement ses pensées se retrouvaient aspirées par le remord. N'était-ce pas elle qui indirectement était responsable en tant que chef d'Atlantis du réveil des Wraiths ? La seule façon pour elle de sortir de ce remord qui la rongeait à petit feu, c'était le travail. Et du travail, elle allait en avoir ! En effet, le Daedale revenant de la Terre, approchait, et avait dors et déjà envoyé un message radio, demandant à Atlantis de se tenir prêt lorsqu'ils arriveraient. Prêt pour quoi ? Elle n'avait pas reconnu la voix du colonel Caldwell à la radio, que se passait il ? Quoi qu'il se trame, il fallait agir, et Atlantis était prêt à les accueillir. Il devait maintenant bientôt arriver d'après les radars. C'est pour cela que Elizabeth prenait un peu de repos. Car la tempête arrivait, elle le sentait, et elle allait être particulièrement violente.

Un léger bruit de pas la fit se retourner : c'était Teyla. Elle lui souriait.

- Docteur Weir, ils arrivent.

- Merci Teyla.

Weir respira une dernière bouffée d'air frais, puis suivit l'Athosienne qui la conduisit directement sur le quai ou attendaient Ronon, Sheppard et McKay, leurs cheveux dansant follement sur leur tête : le Daedale était en train de se poser.

La rampe s'abaissa lentement sans bruit, puis trois hommes descendirent du vaisseau, suivit d'un groupe de quatre individus formés de trois hommes et d'une femme.

Une incompréhension silencieuse régnait sur Atlantis. Ce fut Sheppard qui rompit le silence en premier :

- En effet, on doit être dans un sacré pétrin …

Chapitre 1 : La révélation

De la lumière commençait à filtrer d'à travers les rideaux tirés. On entendait de légers ronflements à l'intérieur de la pièce. Ils venaient d'une personne en caleçon rayé, et débardeur, affalé sur un lit, un bras pendant, effleurant le sol. Un calme sans nom enveloppait la maison, qui contrastait étrangement avec le désordre qui y régnait : tâches de bière sur la moquette, cannettes de bière vidées de leur contenu traînant un peu partout, vêtements éparpillés dans toute la chambre, boîtes de pizzas vides, … la liste n'étant pas exhaustive.

Soudain, un événement vint troubler l'apparente tranquillité des lieux : le réveil se mit à sonner.

- Aaaaah, déjà 8 heures ! Satané réveil ! Maugréa l'homme le nez collé dans son oreiller.

Cette phrase fut suivie d'effets plus concrets. De sa main pendante, il donna un coup de poing phénoménal au réveil qui se retrouva à l'autre bout de la pièce. Comme le réveil continuait à sonner il débrancha la prise qui était à porté de sa main. Ai-je besoin de préciser qu'il fit tout cela en restant couché ? Le silence revint instantanément dans la pièce, l'homme, ayant sûrement décidé qu'une machine n'allait pas lui dicter sa loi, il resta couché. Le problème, c'était qu'il n'y avait pas que le réveil qui attendait qu'il se lève.

- Allez Jack ! Ça fait plus de cinq heures que j'attends que tu te réveilles. Du courage que diable !

Cette fois ci, O'Neill fut complètement alerte. De son bras ballant, il saisit l'arme dans sa commode et se retourna, prêt à tirer.

- Du calme Jack. Tu veux que je te rachète un réveil pour me faire pardonner ? Celui-là à l'air particulièrement cabossé. Curieux non ?

Puis l'homme sourit, un sourire que Jack ne connaissait que trop bien, comme cet embonpoint, cette barbe, et ce regard malicieux …

- Que fais tu là Maybourne ! Je te promets je vais tirer !

- Je m'en doute bien. Il ouvrit alors sa main droite, qui tenait une sorte de boîte un peu plus grosse qu'un briquet.

- Mais sans recharges ça va être plus compliqué. Franchement, une arme dans la commode, Jack ! Je te croyais plus malin que ça. C'est d'un classique !

- Tu crois que tu vas me faire gober ça ?

- Jack, même si tu avais des balles dans l'arme, tu t'en servirais ?

- Tu connais la réponse puisque tu dis avoir enlevé la recharge qui était dedans.

- Touché.

- Mais même sans balle je peux m'en servir autrement, tu sais.

- Je n'en doute pas Jack. Comment vas-tu depuis notre dernière rencontre ?

- Très bien, et toi ? Il parait que tu as eu un petit accident de voiture avec un explosif à ton bord.*

- Ah oui, mais heureusement, mon vaisseau spatial m'attendait sur un parking, pas loin, les clés sur le volant, près à partir.

Son sourire était rayonnant, ce qui n'arrangea pas l'humeur de Jack.

- Je savais que tu n'étais pas mort : la mise en scène classique pour ne pas qu'on te recherche. Et puis de toutes façons, t'es comme le chiendent, on a beau désherbé, il revient tous les ans.

- Tu me fais de la peine Jack. N'ais-je pas sauvé le président d'une mort certaine ?*

- A ton avis, pourquoi je n'ai pas tiré ?

- Tu n'as pas de balle dans ton arme !

- Viens en au fait ! Que fais tu là ?

- J'étais de passage dans le coin, avec mon vaisseau, quand tout à coup, je me suis dit : et si j'allais faire un petit coucou à mon ami Jack ?

- Harry ! Ne me tente pas. Ne me donne pas une raison supplémentaire de faire ce à quoi je pense.

Maybourne devint tout à coup soucieux.

- C'est grave Jack.

- Pas encore, mais ça pourrait le devenir si tu ne me dit pas ou tu veux en venir.

- Ils vont attaquer Atlantis …

* Lire ma fic : L'affaire Homer.

**

- Je peux vous demander quelque chose Jack ?

- Bien sur Hank.

- Qu'est ce que Harry fiche ici ?

La salle de briefing du complexe de Cheyenne Mountain rassemblait les généraux Jack O'Neill et Hank Landry ainsi que Harry Maybourne.

- Crois moi, ça me déplait plus qu'à toi, mais je crois que tu devrais écouter ce qu'il a à dire.

Maybourne tapa dans le dos de Jack :

- Merci Jack !

O'Neill n'eut pas l'air d'apprécier cette attention et jeta un regard assassin à Harry qui souriait malicieusement.

- Crois tu que je l'aurais amené ici si ce n'était pas grave ? ajouta O'Neill.

- Je crois qu'une explication s'impose. Atlantis va subir une attaque.

Le silence se fit autour de la table, seul O'Neill leva les yeux au plafond en signe d'exaspération.

- Abrège Harry, tu m'a déjà fais cette déclaration théâtrale tout à l'heure !

- Une seconde, intervint Landry qui avait l'air particulièrement perplexe, comment savez vous ce que préparent les Wraiths ?

- C'est simple … Je ne le sais pas.

Maybourne avait l'air de jouer de la situation, alors que l'incompréhension se lisait dans le regard de Hank. Jack rompit le silence le premier l'air particulièrement énervé :

- il m'a déjà fait le coup ce matin, il peut tenir un quart d'heure sans rien révéler.

- Je te laissais le temps de te réveiller Jack.

- J'abrège : Nos ennemis préférés, je parle des Ba'al (je ne sais pas combien on va devoir en tuer ça devient lassant) préparent une attaque pour récupérer une base stratégique qui leur ferait regagner leur pouvoir perdu, ainsi qu'à tous les goa'ulds.

- Une base stratégique ? demanda Landry. Ils ne vont tout de même pas attaquer le temple de Dakara.

- Non, Hank, ils vont attaquer la cité d'Atlantis.

Hank redevint silencieux après la révélation, l'incompréhension ayant cédée le pas à la stupeur. Il regardait alternativement Jack et Harry un désarroi intense se lisait sur son visage. Maybourne avait l'air plutôt satisfait de l'impact qu'avait eu la déclaration d'O'Neill.

- Merci jack, je vais tout de même tenter d'approfondir un peu les choses. Un de mes informateur m'a indiqué que Ba'al a envoyé une flotte d'au moins 10 vaisseaux en direction d'Atlantis …

Landry haussa les sourcils, l'air perdu :

- Comment connaissent t-ils l'existence de la cité ?

- Comment moi puis-je la connaître ?

- Oui, ça aussi c'est une bonne question je dois dire.

Harry secoua la tête :

- Dois-je vous rappeler la présence d'une taupe au SGC la dernière fois que je suis venu ?* « La confrérie » doit connaître tous les secrets du SGC à l'heure ou je vous parle.

- Mais comment …

- … ont-ils pu booster leurs moteurs pour pouvoir y aller ? C'est simple, leur taupe a volé les plans du Daedale, dont ils ont copié les réacteurs Asgards. Par contre ils n'ont pas réussit à les restituer à l'identiques, ils vont mettre beaucoup plus de temps pour voyager jusqu'à la cité.

- Mais quel intérêt de prendre Atlantis pour Ba'al ?

-Il vient voler la cité pour reconquérir son pouvoir grâce à la technologie des anciens. Rien de telle qu'une cité volante invincible pour recouvrer son aura de dieu auprès des populations de la galaxie. Ba'al est assez intelligent pour se passer d'EPPZ pour alimenter la cité. Ou alors il en trouvé un.

O'Neill tapa sur la table, ce qui fit sursauter tout le monde :

- On a qu'à y aller ! Le Daedale est justement là ! On a le temps de se préparer puisqu'ils mettront plus de temps pour voyager.

- Ah, je ne vous l'ai pas dit ? fit Harry comme si de rien n'était.

La tête de Jack tomba à l'intérieur de ses bras croisés, puis une voix étouffée en sortit :

- Quoi encore !

- Ils sont partit il y a six mois.

Jack leva les yeux au ciel l'air passablement énervé. Et Landry leva les mains en signe d'impuissance.

- Que pouvons nous faire alors ?

- Je pense qu'on a pas mal de chances, si nous partons rapidement d'arriver avant Ba'al et la confrérie.

Landry se leva :

- Je vais organiser le départ du Daedale le plus rapidement possible. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Il me faut quelqu'un pour diriger les équipes d'Atlantis et SG1. Accepteriez vous Jack de prendre la tête de cette mission ? Vous emporteriez SG1.

O'Neill expira longuement. Il pensa à Rodney McKay, le scientifique anxieux de nature avec qui il avait eut à travailler quelques fois. Ses empoignades avec Carter avaient été mémorables. Mais il était incontestablement un scientifique compétent, indispensable au bon fonctionnement d'Atlantis. Il avait aussi connu brièvement Elizabeth Weir qui avait dirigée Cheyenne Mountain quelques temps. Une diplomate avertie pour diriger Atlantis, pouvait on rêver mieux ? Quand à John Sheppard … Jack avait vu en lui un grand potentiel de chef, et ce brin de folie, d'insubordination peut être qu'ils avaient en commun. Il l'avait donc incité à partir sur Atlantis. Il ne s'était pas trompé, il était devenu le pilier de cette mission. Les abandonnerait-il à leur sort ? Non ! Landry le regardait avec une certaine supplication dans le regard.

- OK, mais je choisis le commandant du Daedale, je n'aime guère le colonel Caldwell.

- Je ne vois pas qui vous pourriez mettre aux commandes du vaisseau.

- Un vieil ami, qui est dans le secret. Il s'occupe de la défense de la Terre sous les ordres du général Hammond.

Landry se rassit et regarda le colonel, de biais, l'air affolé :

- Tu veux parler du colonel John Crichton ?

- Tu te souviens de lui j'espère ?

- Si je me souviens de lui ? Je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi irascible. Le nombre de blâmes qu'il a reçu est affolant.

- Mais il a gagné son grade de colonel grâce à ses compétences. Il nous a sauvé la mise un paquet de fois à tous les deux, souviens toi et c'est un sacré bon pilote !

- D'accord Jack, je téléphone en haut lieu pour avoir les autorisations, vous devriez pouvoir partir d'ici une semaine.

Les deux généraux se levèrent et se préparèrent à sortir. C'est ce moment que Harry choisit pour demander :

- Et moi ?

Landry sourit tristement :

- Je ne vous l'ai pas dit ? Un fourgon vous attend pour vous amener en prison. Vous ne pouviez croire raisonnablement qu'on allait vous laisser partir. En vous rendant ici, vous vous êtes condamné tout seul. Harry, je suis désolé.

Jack, les mains dans les poches, sourit de toutes ses dents. Mais Harry n'avait pas dit son dernier mot :

- Suis-je tête en l'air !? J'ai oublié de vous dire que la source dont je vous ai parlé est en mesure de nous faire entrer dans le vaisseau de Ba'al.

Le sourire disparu du visage de O'Neill, il s'approcha de Harry, posa les mains sur la table et se pencha vers lui, les lèvres pincées :

- Et ?

Harry regarda en l'air, radieux :

- Il faut faire un certain nombre de choses dont je ne me rappelle plus exactement. Mais je suis que la mémoire me reviendra une fois sur Atlantis.

- Manquait plus que ça ! Général, puis-je reconsidérer votre demande ?

- Jack, enfin, on fait une bonne équipe tous les deux.

- Ecoutes Jack, intervint Landry, je ne peux pas t'empêcher de refuser, mais je crois que tu serais l'homme de la situation ...

O'Neill leva les yeux au ciel, puis secoua la tête, dépité.

- C'est d'accord ! Mais à la moindre incartade je le fous par-dessus bord !

***

Dans le vaisseau mère de la flotte, tout le monde était sur les nerfs. Ba'al tournait en rond, parlant à … Ba'al qui sirotait un verre tout en étant assis.

- Nous arriverons d'ici 15 jours. Tu prendras le commandement de la moitié de la flotte, et moi de l'autre moitié.

- Bien entendu, c'est le bon sens même. Cela t'étonnerait si je te disais que c'est ce à quoi je pensais ?

Le premier Ba'al s'arrêta de marcher et sourit :

- Non, ça ne m'étonne pas, curieusement.

Quelqu'un frappa à la porte et un homme habillé en costard cravate entra dans la pièce.

- Mes amis, je crois que nous avons un problème.

- Vous les terriens vous avez toujours des problèmes dit le deuxième Ba'al. Il n'y a pas de problèmes, que des solutions.

L'homme sourit ironiquement.

- Oui, c'est ça, bien sur. Que dites-vous de l'arrivée du Daedale sur Atlantis, nos radars viennent de le détecter alors qu'il sortait de l'Hyperespace.

- Ce n'est qu'un détail. Notre puissance de frappe est suffisante pour détruire toute la flotte taurie. Ce n'est pas un seul vaisseau qui…

- Je penses que vous êtes trop suffisants, vous croyez vraiment que …

Les yeux des deux goa'ulds se mirent à briller.

Celui qui était assis se leva, s'avança doucement vers l'homme, puis dit :

- Nous avons accepté qu'un membre de la confrérie vienne avec nous, uniquement pour nous observer. Si vous n'êtes pas content, prenez un vaisseau et rentrez chez vous !

- La confrérie tient à surveiller ses intérêts.

- Alors laissez-nous agir à notre guise ! Sortez d'ici !

L'homme ne pu s'empêcher de rire.

- Que vous le vouliez ou non, messieurs, nous sommes associés.

Il tourna ensuite les talons puis sortit de la pièce.

Les deux Ba'al se tournèrent l'un vers l'autre. Puis le Ba'al qui s'était levé se rassit et celui qui était toujours debout se frotta le menton :

- Combien de temps nous faudra t-il supporter la Confrérie ?

L'autre Ba'al qui se servait un verre sur une table basse, ricana doucement.

- Ils ne nous servent qu'à recouvrir notre pouvoir déchu. Après cela, ils ne nous seront plus d'aucune utilité …