Chapitre 3 : Sous le feu ennemi

- Activez le bouclier !

O'Neill se tenait auprès de Radek. Il lui donna cet ordre en posant sa main sur l'épaule du scientifique, cherchant à le rassurer.

Weir aussi était présente, dans un coin de la salle, regardant la console des anciens.

Les vaisseaux goa'ulds venaient tout juste d'apparaître sur les radars. Le bouclier enveloppa alors la cité de son voile rassurant et protecteur. Combien de temps tiendraient t-ils avec un seul EPPZ ? Il faudrait maintenant attendre. Attendre et prier.

Le bombardement commença alors, tous le vaisseaux goa'ulds y prenaient part.

Sur l'ordinateur de Radek, des points lumineux s'allumaient à chaque impact sur un quadrillage demi-sphérique, représentant le bouclier.

Et ils étaient nombreux. La cité tout entière raisonnait des tirs ennemis qui finissaient absorbés par sa protection temporaire.

Jack paraissait réjoui. Il donna un grande tape dans le dos de Radek qui semblait hypnotisé par les chiffres qui apparaissaient en bas de son ordinateur.

- Bravo ! A la seconde près ! Bien joué Zelenka. On va leur donner à réfléchir à ces sals reptiles !

Zelenka se retourna l'air ahurit.

- Je crois qu'il y a un problème.

- Vous croyez … ? lui demanda Jack, les sourcils levés en signe d'incompréhension.

Le visage de Weir devint grave et elle s'approcha du scientifique.

- Quels problèmes ?

- C'est le bouclier. Nous avons sous-estimé la force de frappe de ces vingt vaisseaux. Ce n'est pas un ou deux jours que nous avons, mais une ou deux heures. Ils ont sûrement aussi copié les …

Le visage de Jack s'allongeait au fur et à mesure que le scientifique parlait. Il finit tout de même par l'interrompre, horrifié.

- Une à deux heures ! Mais ce n'est pas assez ! L'équipe de Sheppard n'aura jamais le temps de …

Ce fut cette fois au scientifique de lui couper la parole.

- Attendez, je crois que j'ai une idée. Mais c'est un pari à prendre.

Jack se pencha vers Radek, le regardant droit dans les yeux.

- Quel pari ?

Zelenka inspira profondément. Espérant que cela puisse l'aider à trouver le cran d'expliquer sa folle théorie.

- Voila, j'ai pensé que puisque Harry a expliqué que les goa'ulds voulaient se servir de la cité pour reconquérir leur pouvoir, ils n'ont aucune raison de la bombarder. Ils vont essayer de faire le moins de dégâts possibles. Pour qu'elle puisse voler, il faut que son intégrité reste intacte. Donc voici ma théorie : si nous abaissons le bouclier, nous n'aurons qu'a lutter contre les chasseurs goa'ulds. Je pense qu'on peut tenir ainsi … plus de deux heures en tout cas.

Jack secouait la tête, pas du tout convaincu par la théorie qu'avait exposée le scientifique.

- Ils ne veulent pas bombarder la cité ? Tient donc ? Ils font quoi là alors ? Ils larguent des bombes à eau pour inonder la cité ?

- Non, ils ne bombardent pas la cité. Ils tirent sur le bouclier.

L'argument porta. Jack ne répondit pas. Il se leva et commença à faire les cent pas, les mains dans le dos.

Radek continua :

- Et si ma théorie est fausse, on peut toujours réactiver le bouclier. Les dégâts seront minimisés.

- Vous me demandez de choisir entre l'électrocution ou l'injection létale si j'ai bien compris.

Jack se prit le visage entre les mains.

Weir, quand à elle, hochait la tête, souriante.

- On peut toujours essayer Jack. Nous n'avons rien à perdre.

O'Neill ricana.

- Si, la cité.

Puis il regarda l'ordinateur de Radek, ou l'on voyait clairement la jauge indiquant la puissance du bouclier diminuer à vue d'oeil, et ajouta :

- D'accord. On a qu'à tenter le coup. Je veux que tout soit prêt pour évacuer la cité. A mon signal tout le monde passe la porte. Veuillez aussi préparer l'autodestruction d'Atlantis, Radek. On ne peut plus attendre le signal de Sheppard et de son équipe. Envoyer un message à Crichton. C'est à lui de jouer maintenant.

**

Alors qu'il courait, un nuage de sable enveloppa Sheppard qui fut obligé de se protéger les yeux avec sa main. Rempart précaire mais efficace. L'impact n'était pas passé loin ! Lui et son équipe tentaient de rejoindre leur Jumper, poursuivis par les Wraith. John savait que la chasse ne durerait pas longtemps en terrain découvert, avec les darts qui ne tarderaient pas à entrer en jeu. Le jumper n'était pas loin ! Courage ! Il se retourna et abattu un des nombreux Wraith qui les poursuivait. Ronon en tua aussi un, alors que le premier se relevait.

- Ils ont la peau dure ! Ils ont du se nourrir récemment, commenta Tey'la.

- Oui, fit McKay hors d'haleine mais toujours aussi sarcastique, s'ils sont repus ils nous laisseront peut être la vis sauve.

Soudain, alors qu'ils arrivaient en haut d'une dune, une dizaine de Wraiths apparurent dans leurs champs de vision, juste devant eux, à quelques pas du Jumper camouflé.

Bien que Sheppard, Ronon et Teyla fussent partant pour en découdre avec l'ennemi. Des Wraith devant, d'autres derrière, un jumper hors de porté, et un McKay en nage, éreinté.

Non ! Il fallait trouver autre chose et vite !

- Suivez moi ! Commanda le colonel Sheppard partant sur sa droite, alors que les tirs des armes énergétiques Wraith s'abattaient tel la foudre tout autour d'eux, formant un nuage de sable particulièrement désagréable pour les sens, mais qui avait un gros avantage : celui de les cacher partiellement à la vue des ennemis qui les poursuivaient.

- Vous nous emmenez où ?! Cria Rodney l'air passablement sur les nerfs. Autant rester là au point ou on en est.

- Non Rodney, fit Sheppard sans se retourner, respirez un bon coup et emboîtez-moi le pas. J'ai un plan.

- Respirer ? Vous en avez de bonnes vous ! Entre le soleil, la course effrénée sur un terrain guère propice à ce genre d'exercice, le sable qu'on respire … en plus en courant, j'ai perdu une de mes paire de lunettes …

***

- Tenez vous prêt ! Allez-y Zelenka ! O'Neill venait de donner l'ordre tant redouté sur Atlantis.

Le bouclier de la cité se désactiva. Les tirs des vaisseaux goa'ulds, qui étaient auparavant absorbés par le dôme de la cité, ne rencontrant dorénavant aucun obstacle, heurtaient la surface tout autour d'Atlantis, au grand dam de Radek. Sa théorie était-elle erronée ? Que dirait Rodney à son retour ? Il entendait déjà les remarques désagréables et les boutades du scientifique imbus de sa personne. Il était prêt à réactiver la protection, lorsque les tirs stoppèrent comme par miracle. La cité n'avait pas été touchée.

- Ouf, dit alors Zelenka, soulagé, j'ai bien cru un moment qu'ils continuaient à nous bombarder.

- Parce que vous n'étiez pas sur de vous ? demanda Jack incrédule.

Le scientifique ouvrit grand les yeux, fit mine de parler, puis se ravisa et disparu derrière l'écran de son ordinateur.

Jack saisit sa radio tout en fixant d'un regard noir le haut des cheveux de Radek, seule partie de Zelenka qui était encore visible.

- Ici le général O'Neill, à toutes les équipes chargées de a protection de la cité. Tenez vous prêt. Arrivée imminente des chasseurs goa'ulds.

« Merci Jack, mais je me sentirais tout de même plus rassuré si tu venais nous aider »

O'Neill aurait presque pu prendre l'intervention de Harry pour un compliment. Mais il aurait fallu pour cela qu'il n'entende ni le sarcasme dans la voix de Maybourne, ni le petit ricanement qui avait conclue sa phrase. Il décida de l'ignorer. Jack n'avait pas de temps à perdre avec ces enfantillages, il avait un autre ordre à donner, au plus vite …

****

Les techniciens Goa'ulds étaient arrivés à la conclusion que le bouclier de la cité ne tiendrait pas longtemps. Mais lorsqu'il céda, cela surprit tout le monde. A tel point que plusieurs tirs atteignirent presque la cité. Heureusement, il n'y eut pas de dégâts. Il leur fallait la cité intacte !

Depuis des chasseurs avaient été envoyés vers Atlantis. Une nuée noire au loin, contrastait étrangement avec le bleu de l'océan, telle une nuée de moucherons une soirée d'été orageuse. Et de fait l'orage arrivait. La foudre des goa'ulds allait s'abattre sur la cité !

Ils feraient le moins de dégâts possible bien entendu, mais il n'y aurait pas de survivants ! Ce peuple primitif ne porterait plus atteinte au pouvoir des goa'ulds ! Plus jamais ! La terre serait la première planète détruite après Dakkara, une fois Atlantis remise en marche.

Mais on en était pas encore là et Ba'al le savait très bien. Il était avancé sur son siège, se frottant le menton tandis qu'il scrutait fixement le nuage de chasseurs qui partait à l'abordage de la cité !

De la réussite de cette mission dépendaient tous leurs rêves de reconquête de leur pouvoir déchu.

Il n'y avait plus qu'à attendre.

- Monseigneur, un vaisseau se rapproche de notre position, il vient de décoller du continent.

Ba'al sourit, ces humains étaient malins mais prévisibles. Ils avaient éloignés le Daedale de la cité, pour pouvoir les surprendre, être en dehors de portée de tir des vaisseaux lorsqu'ils décolleraient. C'était bien vu, ils avaient gagnés assez de temps pour s'enfuir, mais ils n'iraient pas loin.

- Nous n'allons pas les laisser s'échapper ! Toute la puissance de tir sur le Daedale, dès qu'il passera en hyper espace, mon frère Ba'al partira avec 10 vaisseaux à leur trousse. Avec les dix restants nous resterons nous occuper de la vermine atlante. C'est largement suffisant.

- Bien monseigneur Ba'al ! Je le préviens.

Les Ha'tak pivotèrent pour faire face au Daedale. Le vaisseau terrien avançait droit vers la flotte Goa'uld. Les impacts de tirs étaient pour le moment absorbés par son bouclier mais ça ne pouvait durer bien longtemps. Il approchait encore, et encore. Le petit point lointain devint vite un grand vaisseau, incroyablement proche.

- Que fait il ? Il ne nous attaque pas tout de même, c'est du suicide ?

- Il ne tire pas en tout cas mon seigneur. Mais ces boucliers ne tiendront plus longtemps.

Le Daedale avançait toujours, droit sur leur vaisseau.

Tout d'un coup, il bifurqua et partit en Hyper espace. Dix vaisseaux se détachèrent soudain de la flotte goa'uld et partirent à sa poursuite.

- Monseigneur, leur bouclier a cédé, ils ont subits plusieurs impacts et sont partis. Nos vaisseaux les suivent, comme vous l'aviez demandé.

- Qu'ont-ils voulu nous prouver c'est idiot !

Il ne comprendrait décidément jamais les terriens. Ils auraient pu s'échapper sans trop de dommages, ou ils auraient pu tirer sur les vaisseaux goa'ulds, ils auraient peut être ainsi réussis à en détruire un. Au lieu de cela ils avaient foncés tête baissée vers leur ennemi, sans riposter, jusqu'à ce que leur bouclier cède ! Il fallait qu'on lui apporte des explications !

- Appelez moi l'agent du NID, j'ai à lui parler.

- Bien, monseigneur.

Lui saurait sûrement lui apporter les réponses à ce mystère. Qui mieux qu'un terrien pouvait penser comme un autre terrien ?

- Il ne répond pas, monseigneur.

Le visage de Ba'al s'assombrit

- Ah, comme ça il ne veut pas répondre. Qu'on aille le chercher sur le champ ! Traînez le devant moi s'il le faut ! Nous verrons s'il ne veut toujours pas daigner parler à son dieu !

*****

Des traînés de blanc et de bleu striaient le noir sidéral alors que le Daedale venait de passer en Hyper espace. Dans la salle de contrôle, l'équipage se congratulait. On n'était pas passé loin de la casse, mais le plan avait fonctionné ! Les manifestations d'allégresse ne durèrent qu'un temps, les hommes sachant que la partie était loin d'être gagnée. En effet, le vaisseau était dans un sal état.

- Evaluation des dégâts ? Demanda Crichton.

Le technicien assit à sa gauche, le seul à ne pas avoir laissé éclater sa joie, trop occupé qu'il était à compter les dégâts, lui répondit :

- Des brèches dans la coque ont provoqués la dépressurisation de deux zones qui ont été condamnées. Les boucliers sont HS, Hermiod travaille dessus. Quand aux moteurs, le vaisseau étant endommagé, on ne peut les pousser à leur pleine puissance sans risquer des dégâts plus importants. Mais nous n'avons à déplorer aucune victime.

Ce n'était pas si mal. Cela aurait pu être pire. Bien pire.

- Le colis a-t-il été livré ?

- Oui, mon colonel.

- J'aurais aimé être présent pour voir leurs têtes. Ils ont rien du capter ces reptiles miteux !

Tout c'était passé comme prévu. A la fin du premier round ils s'en tiraient finalement à bon compte avec seulement quelques égratignures. Si tout suivait son chemin, le deuxième round serait synonyme de KO pour les goa'ulds. De plus le vers était maintenant dans le fruit …

- Monsieur, Hermiod veut vous parler.

Crichton leva les yeux au ciel.

- Que me veut-il Roswell ? Je le prends.

Il pressa un bouton, sur le tableau de bord, en face de lui, et la voix de l'arrogant Asgard se fit entendre, raisonnant dans la salle.

- Le radar, que nous vous avons gracieusement offert …

- On le saura qu'il est à vous ! Beugla le colonel, de sa grosse voix de baryton, faisant sursauter par la même occasion toute la salle.

Hermiod continua comme si de rien n'était.

- … indique que dix vaisseaux goa'ulds nous suivent. Nous devrions …

Crichton coupa la chique à l'Asgard en appuyant de nouveau sur la console du Daedale.

- Parfait, pour l'instant tout se passe comme prévu. Si ce satané vieux rafiot veut bien nous mener à bon port, et si Sheppard effectue sa part du travail, ça va être une vrai promenade de santé mes enfants. Il n'y a plus qu'à espérer pour Atlantis que SG-1 réussisse sa mission …

******

Voila tout était fait pour accueillir Maybourne. L'agent du NID ricana doucement alors qu'il pensait à la tête que feraient les deux goa'ulds quand ils apercevraient sa trahison. Le NID ne serait pas content non plus. Quelle douce vengeance ! Il avait trafiqué les commandes du vaisseau goa'uld pour que l'opération soit possible. Il n'y avait plus qu'à attendre. Il avait posé un micro en salle de commande et une oreillette lui permettait d'entendre ce qui s'y passait : le Daedale se dirigeait droit sur eux. L'agent sourit et enleva son oreillette.

Tout à coup, une lumière aveuglante envahit la salle, puis disparue, laissant à sa place trois hommes et une femme, en tenu de militaire, dont un avait une lance goa'uld. Les autres était armés de zats. Etait apparu aussi, avec eux, une énorme malle, de la taille d'un sarcophage Goa'uld.

L'agent du NID pointa son arme sur les nouveaux venus.

- Qui êtes vous ? Où est Harry ?

- Nous sommes l'équipe SG-1, répondit Cameron. Vous, vous êtes Peter Mayers, je suppose, l'agent du NID dont nous a parlé Maybourne?

Il avait entendu parlé de SG-1, à l'époque où O'Neill était aux commandes. Harry lui en avait souvent parlé. Il paraissait aussi que Cameron Mitchell le remplaçait efficacement et avec talent. Mais là n'était pas la question. Pourquoi donc Harry n'était-il pas présent ?

- Pourquoi, commença Peter … ?

Cameron, n'avait pas de temps à perdre en explications.

- Harry n'a pas pu venir, il a d'autres chats à fouetter, et non des moindre. Mais nous n'allons pas discuter indéfiniment. Du travail nous attend, alors baissez votre arme !

Il était certain que seul Harry était au courant du plan de Meyers, qui consistait à bricoler les commandes du vaisseau pour que les protections soient désactivées quelques dixièmes de secondes, le temps qu'une téléportation soit possible du Daedale jusqu'ici. C'était une opération dangereuse, surtout qu'il fallait s'approcher un maximum du Ha'tac pour rendre ce plan possible. Les risques encourus par cette équipe avaient été importants. Il fallait se rendre à l'évidence, ils ne se seraient pas donnés autant de mal pour piéger un simple agent double du NID.

Il baissa son arme.

- Très bien, enchaîna Cameron. Nous allons pouvoir commencer. Teal'c, et moi, nous allons faire le guet. Carter, Daniel et Mayers, occupez vous du matériel.

*******

La salle était carrée, bas de plafond, construite en briques de boue séchée. Une natte en guise de sol, était posée directement sur le sable.

Un brouillard jaunâtre empêchait de voir très loin à l'extérieur de la construction. Teyla et McKay étaient accroupis au fond de la pièce, à l'abri des regards, alors que Sheppard et Ronon en gardaient l'entrée.

Un peu avant leur arrivée dans le village déserté, une tempête de sable s'était levée, ce qui leur avait permis de perdre leurs poursuivants. On entendait les darts siffler tel des guêpes géantes, passants au dessus d'eux régulièrement, mais considérablement gênés dans leur recherche par ce fâcheux contretemps.

Ce n'est pas l'équipe de Sheppard qui s'en plaindrait.

- Dame nature nous a à la bonne on dirait, plaisanta John.

- Vous avez eut une bonne idée de nous mener vers ce village.

John remercia Teyla de son sourrire le plus charmeur.

- Merci, je me suis rappelé que nous en avions aperçu deux quand nous observions les vaisseaux Wraiths. Là, au moins, nous somme à armes égales. A nous d'organiser notre mini guérilla urbaine.

Rodney ricana moqueusement.

- Parce que vous appelez ça un village vous ? Une centaine de maisons qui se battent en duels ! Qui n'ont de plus qu'une seule pièce ! Ni chauffage, ni eau courante, ni …

- ça suffit McKay ! Trouvez nous un moyen de remplir notre mission.

Un sourire narquois apparu sur le visage du scientifique.

- Ah, tiens ! Moi je pensais qu'en nous amenant dans ce bled paumé, vous aviez un plan.

- Oui, pour nous débarrasser des Wraiths, mais …

- Et voila ! C'est maintenant à McKay de se décarcasser, comme toujours ! Ahh, et si je n'étais pas là vous feriez comment pour vous en sortir ! Je me demande bien …

- Bon, l'interrompis Sheppard, qui savait que le scientifique pouvait continuer à pérorer indéfiniment si personne ne l'arrêtait, je vous fais confiance pour nous trouver une solution. Pendant ce temps, les autres, venez avec moi, nous allons préparer le terrain.

- Quoi ! Vous me laissez tout seul ?

Cette fois le visage de McKay s'allongea.

- Ne soyez pas si couard Rodney ! On ne va pas loin, si les Wraiths se rappliquent, on vient vous chercher.

- Mais je …

- Bon courage McKay.

Et ils sortirent tous les trois, braver la tempête de sable.

********

- Attention !

Harry plongea sur le coté, juste à temps. La batterie de tir devant laquelle il se tenait, s'enflamma, ainsi que le malheureux lieutenant qui venait de le prévenir, tout deux victimes du tir d'un chasseur goa'uld. Harry sentit une vieille douleur à l'épaule se réveiller, qui le lançait furieusement. Mais la blessure physique n'était rien à coté de ce qu'il ressentait à l'intérieur de lui même.

- Merci petit, murmura t-il, en direction du cadavre calciné du lieutenant.

Il saisit alors sa radio pour rendre compte de la situation à O'Neill.

- Jack ? Ici Maybourne, Je quitte mon secteur, Peter est mort, et ma batterie de tir est HS.

« Bien reçu, Harry, je suis désolé d'entendre ça. Va rejoindre la batterie 24, dans l'aile nord. Personne ne répond là bas. Je crains le pire. Je t'y rejoins ».

Harry sourit. Il fallait s'en douter, Jack ne pouvait pas résister à l'appel de l'action. Rester les bras croisés à réfléchir, pendant que ses hommes se faisaient tuer, ce n'était pas sa conception d'un bon commandement.

Il leva la tête. Les étoiles tachetaient les cieux, et les balles traçantes dessinaient des motifs en toile d'araignée tout autour de lui. De multiples explosions rompaient l'obscurité ambiante. Les planeurs de la mort, sifflaient en passant au dessus de d'Atlantis. Ils étaient incroyablement nombreux, tel des vautours tournants autour d'un animal blessé, attendant patiemment qu'il meure. Mais la cité n'allait pas rendre l'âme si facilement ! Le combat était inégal, mais pour l'instant, les pertes goa'ulds étaient plus nombreuses que les pertes terriennes. Le problème étant que les assiégeants étaient infiniment plus nombreux que les assiégés…

Maybourne, décidé, entra en trombe à l'intérieur du bâtiment, et couru en direction de l'aile nord …

**********

- On a de la visite !

On entendait clairement des bruits d'armes et d'armures s'entrechoquant. Les ja'fas approchaient ! Carter, qui venait tout juste de finir, tendit un sac à Daniel, un autre à Teal'c, et en mit un troisième sur son dos.

- Voila ! J'ai terminé ! On peut y aller maintenant ! Mais il faut faire très attention aux sacs à dos, ou notre carrière se terminera précocement.

Cameron était maintenant face au couloir, l'arme en joue.

- D'accord. Teal'c, Daniel et Sam, vous passez devant. Moi et notre ami du NID, on vous couvre.

Peter Mayers leva les sourcils, puis secoua frénétiquement son majeur devant le nez de Mitchell, en signe de refus.

- Je ne devais pas prendre part à …

- Vous deviez nous aider à neutraliser la flotte, dit alors Mitchell pour mettre les choses au point. Mais vous préférez peut être attendre l'arrivée de vos amis ? Si vous voulez mon avis, ils viennent vous chercher.

L'agent du gouvernement baissa la tête.

- Très bien, repris Cameron, Daniel va vous donner son arme.

Daniel s'exécuta et Mayers prit place à coté de Mitchell. Les ja'fa apparurent aussitôt et les tirs des armes énergétiques se mirent à pleuvoir sur SG1. Les ja'fa étaient bien trop nombreux pour qu'ils puissent leur tenir tête. Et c'était bien trop dangereux, vu la nature de leur chargement …

SG-1 se tenait à un bout du couloir, et les goa'ulds à l'autre. Tous se protégeaient à l'aide d'infractuosités caractéristiques de ces vaisseaux, sortes de piliers accolés à la cloison.

Mitchell et Peter tiraient sur les ja'fa alors que l'autre parti de l'équipe menée par Teal'c, disparaissaient dans le couloir. Il fallait maintenant retarder un maximum les ja'fa pour que Carter réussisse la mission.

Et ils étaient très nombreux. Les tirs de lances et de zats étaient si rapprochés, qu'il était difficile de riposter sans se faire toucher. Alors que Cameron tendait le bras pour lancer une grenade, un tir de lance lui heurta l'épaule et lui fit lâcher son projectile. Mayers s'en saisit rapidement et eut à peine le temps de le jeter. Il explosa à quelques mètres. Un fragment atteignit Peter à la jambe. L'agent hurla de douleur avant de s'écrouler sur son séant. Cameron, se tenant l'épaule droite de la main gauche, continuait à tirer.

- ça va Mayers ?

L'agent ne répondit pas tout de suite, il venait de plonger sa main vers sa blessure, et s'employer à extirper le fragment de grenade. On entendit un autre cri de douleur puis un bruit de métal qu'on jette au sol.

- Maintenant sa va un peu mieux, dit-il.

Il enleva sa chemise blanche et la déchira, tandis que John continuait à riposter seul. Il en fit un garrot qu'il serra en haut de sa cuisse. Il se releva alors à la force des bras en s'aidant de la cloison, et à son grand étonnement, il arriva à tenir debout. La douleur avait été tellement atroce, qu'il était trempé de sueur.

- Je prends le relais Cameron.

- Merci.

Mitchell fut soulagé, il avait eut de plus en plus de mal à se tenir le bras, la crampe le guettait. Il fit reposer un peu son membre blessé, puis reprit sa place.

De l'autre coté, les cadavres des ja'fas s'entassaient, mais l'ennemi gagnait du terrain.

- Je ne pensais pas qu'ils soient si nombreux, déclara le lieutenant-colonel, avec tous les planeurs de la mort qu'ils ont envoyés sur Atlantis ! Bon, on les a retenus suffisamment. On part d'ici, avant de finir en beefsteak !

L'agent rigola intérieurement. Oui, c'était tout à fait ça : deux gros beefsteak, saignant pour lui, et bien cuit pour Cameron !

Ils lancèrent, en même temps, une dernière salve de tirs, puis disparurent à l'angle du couloir. Un cri en ja'fa les prévint que, derrière eux, la chasse était donnée …

***********

La tempête de sable était à son paroxysme. Sheppard et Ronon marchaient côte à côte contre le vent. Ils tenaient tout deux un mouchoir devant leur bouche et leur nez. Le sable s'insinuait partout. Leurs chaussures, leur sac, leur tenue, ils avaient l'impression de peser plusieurs tonnes. Ils virent une forme indistincte se diriger à grands pas vers eux. Ils se couchèrent sur le sol, l'arme pointée vers le nouveau venu.

Alors que John s'apprêtait à tirer, Ronon cria.

- Baissez votre arme, ce n'est que Teyla.

En effet la belle athosienne apparut bientôt. Son visage était grave.

- Ils arrivent. Avez-vous terminé ?

Une explosion retentit soudain a l'entré Ouest de la ville, faisant sursauter Teyla.

- Cela répond à ta question, répondit Sheppard, le sourire aux lèvres. Ne traînons pas trop tout de même. Ronon, tu prends l'entré est, moi l'entré ouest. Teyla tu va voir où en est McKay. Prévient nous dès qu'il a trouvé un nouveau plan. Nous pour l'instant, on va essayer de tenir la baraque.

Il avait été obligé de crier pour se faire entendre malgré la tempête de sable, il marqua donc un temps avant de continuer.

- N'utiliser la radio qu'en cas d'extrême nécessité. Notre tactique de guérilla implique une discrétion maximum. Bonne chance !

Sur ce, ils se séparèrent, et Sheppard couru en direction de l'ouest, content de constater qu'il avait le vent dans le dos pour l'aider. Mais cela ne durerait pas bien longtemps, vu la fâcheuse tendance au changement, de cet élément capricieux, sur cette planète.

Soudain il vit une forme, au loin, en mouvement. Il sauta alors sur le coté gauche, pour se cacher des wraith, fit un roulé-boulé, qui le remit sur ces jambe, puis contourna la maison, pour pouvoir observer ses ennemis de plus près.

Ils marchaient par trois. L'explosion qu'avait entendu Sheppard avait forcé ses ennemis à prendre moult précautions. Deux Wraiths remuaient le sable à la recherche de pièges, tandis que le troisième épiait les alentours. L'un deux, bientôt mis la main sur un des engins. Il était triomphant.

Sheppard sourit, et pensa :

« Il va falloir trouver une autre technique mes amis »

Il sortit alors un petit boîtier noir de sa poche et pressa un bouton.

L'explosion fut moins violente que la précédente, mais deux des trois Wraith explosèrent littéralement, répandant leurs morceaux tout autour d'eux, y compris sur leur troisième congénère, fulminant. Le wraith restant courait en tous sens, furieux, au mépris du terrain miné.

Trois Wraith apparurent soudain, dans le champs de vision de John, l'obligeant à quitter sa position. Ils marchaient tous les trois côte à côte, scrutant les environs, leur arme dressée. Sheppard commençait tout juste à trottiner, lorsque soudain, le wraith couvert du reste peu ragoûtant de ses amis, l'aperçu. Son visage était tordu en un rictus qui en disait long sur ce qu'il lui ferait s'il l'attrapait. Sheppard accéléra la cadence. Il était facile de perdre quelqu'un avec ses conditions météorologiques, mais il fallait rester prudent. Alors qu'il réfléchissait à un endroit adéquat pour continuer son jeu de massacre, il faillit presque oublier un des engins explosifs qu'il avait posé et fit au dernier moment un grand bon pour l'éviter. Il s'affala sur son flan droit de tout son poids.

« Ouf je l'ai échappé belle, se dit-il, on m'aurait ramassé à la petite cuillère ! »

Les wraith se rapprochaient, mais il n'y avait pas encore péril en la demeure. Mais là il se trompait. Il ne vit qu'au dernier moment l'ennemi qui sortait d'une maison, à a peine deux mètres de lui. Il se leva en vitesse, mais il était trop tard. Le wraith l'avait vu, pointa son arme sur lui et … posa son pied sur la mine. Il fut aussitôt pulvérisé en milles morceaux et le souffle de l'explosion, propulsa Sheppard à cinq mètres de là. Il retomba lourdement sur son épaule droite.

La douleur était atroce et courait sur tout son corps, à tel point qu'il se demandait s'il ne c'était pas fracturé la colonne. Il sentait des brûlures sur tout son coté gauche. Le sable, soufflant en tempête, s'insinuait dans ses plaies ouvertes. Alors qu'il tentait de se relevait, il s'affala en avant. Il venait de repérer deux nouvelles blessures. Il avait très certainement la jambe gauche cassée, mais la douleur qui le faisait le plus souffrir venait de son épaule qui était démise. Il lui fallait se relever le plus vite possible s'il ne voulait pas se faire repérer ou être enterré vivant. Il commença alors à ramper sur le sable à l'aide de son bras gauche, en direction d'une maison. Pour le pauvre Sheppard, l'opération ne fut pas aisée et il eut l'impression que cela durait une éternité. Lorsqu'il y arriva, il s'aida du mur pour se mettre debout. Son épaule le lançait continuellement. Il suait à grosses gouttes. Ah ce qu'il aurait voulu être Riggs dans « l'Arme fatale », et se remettre l'épaule en la tapant sur le mur ! Mais l'opération nécessité une certaine expérience qui lui faisait défaut. Il doutait même que cela fut possible.

Une explosion au loin le fit sursauter.

« Ça, c'est signé Ronon», pensa t-il.

Un bruit derrière lui le fit se retourner, l'arme à la main. Ce fut trop rapide pour sa jambe cassée. Il perdit l'équilibre et tomba à genou. John sentit un rayon le percuter de plein fouet et perdit connaissance.

************

Pour Jack, Weir pouvait très bien s'occuper seule de la cité. C'était une femme compétente et intelligente. Il lui faisait complètement confiance. Les hommes tombaient comme des mouches et O'Neill en avait marre de tourner en rond, attendant qu'on lui apprenne un nouveau décès. Il allait maintenant passer à l'action.

- Ah ! Voilà, c'est ici.

Il ouvrit la porte à la volée.

Derrière, se trouvait Harry qui s'installait tout juste sur la batterie de tir.

- Hey ! Salut Jack ! Tu viens profiter du feu d'artifice ?

Maybourne avait le chic pour énerver n'importe qui. Il aurait fait perdre patience à un saint.

- Pousse toi de là ! Je prends ta place. Occupe-toi des munitions.

Harry sourit, et lui fit un salut militaire.

- A vos ordres mon général à la retraite !

Jack prit sa place, et commença à vider son chargeur sur l'ennemi, pour se calmer les nerfs.

Il était difficile de discerner les vaisseaux dans l'obscurité. La pleine lune et les étoiles se reflétaient sur l'océan, permettant une vision superficielle des cieux autour des belligérants. Les batteries de tir fonctionnaient à leur plein, bien que leur nombre allait en baissant au fil des minutes. Les vaisseaux touchés s'écrasaient sur la cité, provocants de nombreux incendies, ou sombraient dans l'océan. On voyait des vaisseaux tournoyer, d'autres tirer, plonger en piquet ou planer au dessus d'Atlantis. Leur ballet était incessant. Certains vaisseaux, touchés mais pas détruits, percutaient d'autres planeurs qui explosaient, brisants l'obscurité momentanément. Le visage de Jack était crispé alors qu'il se concentrait pour viser juste. Une salve de son arme toucha la queue d'un appareil, qui fit volte face, laissant échapper une traînée de fumée, tira dans leur direction et s'écrasa non loin de là.

- Jack ! Fait gaffe à les faire exploser en vol, où on va s'en prendre un en pleine poire !

Plus facile à dire qu'à faire. L'important étant de ne surtout pas lui faire le plaisir de répondre.

O'Neill en détruisit comme cela plusieurs dizaines, mais leur nombre ne semblait pas baisser. Une dernière salve atteignit un vaisseau qui se dirigea droit vers eux, dans le but de détruire l'ennemi quel qu'en soit l'issu pour son pilote. Comme les Kamikaze japonais lors de la dernière guerre mondiale. Jack s'apprêtait à fuir, lorsque un autre appareil, endommagé, apparu dans leur champs de vision. Leurs trajectoires se coupaient. Aucun des deux appareils ne put redresser à temps.

Les deux planeurs étaient si proche qu'il pu voir l'effroi sur le visages des pilotes, une demi seconde avant l'explosion. Des bouts d'appareils tombèrent tout autour d'eux.

Jack inspira profondément, puis continua à tirer. Harry, quand à lui, transpirait abondamment.

«La batterie 9 ne répond plus », entendit-on dire Weir à la radio de Jack.

Bientôt se fut le cas de la 20, 13, 7, 12 …

Les équipes tombaient comme des mouches, et le nombre de vaisseaux ennemi ne semblait pas baisser.

« Le major Lorne est blessé, il requiert de l'aide au secteur 2. »

Jack allait répondre lorsque Harry saisit le militaire et le jeta à terre. Il savait bien pourtant qu'on ne pouvait faire confiance à un ex-agent du NID ! Il avait pourtant prévenu Landry ! Le traître ! Un coup droit vengeur atteignit Maybourne au nez, alors que leur batterie explosait, éparpillant ses morceaux aux quatre vents.

L'orifice nasal de Harry saignait abondamment.

- Merci jack, fit-il d'une voix nasillarde, tandis qu'il se pinçait le nez pour stopper l'hémorragie.

O'Neill répondit, tout penaud.

- Il faut dire pour ma défense que tu as été un peu brusque.

Harry se fit sarcastique.

- Oui, de rien. C'était naturel, tu aurais fait la même chose pour moi.

- Bon, d'accord, merci ! dit-il, énervé, saisissant sa radio.

Maybourne n'était pas dupe, il voyait au comportement de Jack, qu'il s'en voulait de s'être fait sauvé par l'ex-agent du NID. Mais le général lui en été gratifiant. Il n'en doutait pas … ou presque pas.

- Ici O'Neill, nous partons sur le champs au secteur 2. Notre batterie est inutilisable.

« Encore une ! s'exclama Weir, nous n'allons pas pouvoir tenir encore longtemps Jack »

- Commencez à évacuer tout le personnel non indispensable.

Sur ce, ils partirent en trottinant, porter assistance au major Lorne.