Chapitre 4 : contre attaque

- C'est ici !

Cameron tourna la tête et découvrit deux Jaffas allongés sur le sol, avec des marques sanglantes sur leur torse, laissées par une lance goa'uld. C'était du Teal'c tout craché. Les deux corps entouraient une porte. Avant que Mitchell ait put dire quoi que ce soit, l'agent de "la confrérie" entra, et … il tomba nez à nez avec l'arme du jaffa, avec son propriétaire au bout, à l'air particulièrement féroce.

- Ohé Teal'c, baissez votre arme, cria Cameron, vous allez tuer quelqu'un.

Il obtempéra et regarda les deux nouveaux venus de haut en bas en levant un sourcil. Ils avaient l'air passablement mal en point. Mitchell se tenait un bras, tandis que Mayers boitait, un bandage ensanglanté lui entourant une de ses cuisses. Ils avaient l'air tout deux de revenir droit de l'enfer.

- Qu'est ce qu'il y a ? On a l'air si mal en point que ça ? fit Peter, ironique.

Teal'c hocha la tête et fit une fois de plus honneur à son style laconique :

- En effet.

Cameron balaya la pièce du regard. Daniel était assis au milieu d'un cercle, tracé sur le sol, bricolant trois générateurs à Naquadah, tandis que Carter était concentrée sur un boîtier de commande qui était sur le mur, au fond de la pièce.

- On a bientôt fini, dit-elle, il faut que le minutage soit parfait.

- Sinon ? demanda Daniel, en levant brusquement la tête, avec l'air de quelqu'un qui vient de sortit de ses songes.

- Ben …

Daniel rabaissa la tête.

- Non, je crois que je ne préfère pas savoir.

Teal'c était resté à la porte, et observait le couloir. Il se retourna brusquement et cria :

- De nombreux Jaffas arrivent !

Mayers ricana :

- Ce sont nos amis de tout à l'heure, je pensais qu'on les avait semés.

Cameron s'avança vers Sam :

- Vous en avez pour combien de temps Carter ?

- Un petit quart d'heure, mais je …

- Je vous laisse dix minutes. Ils sont nombreux et nous ne tiendrons pas longtemps.

Sur ce, Mitchell fit signe à Teal'c et ils sortirent de la pièce. Ils s'accroupirent, plus loin, à couvert. Mayers referma la porte derrière eux.

- Ils vont les retarder le plus possible, mais ça va être difficile.

- Je sais, fit Carter. Laissez-moi me concentrer maintenant.

La réussite de la mission reposait sur un minutage parfait, qui dépendait quasi essentiellement des compétences de Sam. Elle sentait la sueur perler sur son front, alors qu'elle se concentrait. Encore quelques minutes …

*

Sheppard ouvrit un œil, puis le deuxième suivit bientôt. Mais il ne voyait rien du tout. Un voile blanc lui couvrait le regard. Il cligna des yeux plusieurs fois pour accommoder, et bientôt il distingua des formes, de plus en plus nettement. Ses oreilles bourdonnaient effroyablement, mais il reconnu bientôt, clairement, la voix de Teyla.

- John ? Vous m'entendez ?

- Très bien Teyla, mais parlez plus doucement, j'ai une de ses gueules de bois ! Ça me rappelle le bon vieux temps.

Il essaya de se relever, mais retomba vite au sol. Sa jambe gauche ne le portait plus.

- Doucement John, murmura Teyla, je vous ai remis l'épaule pendant votre sommeil, mais votre jambe est cassée et je n'est pas d'attelle disponible.

Sheppard avait maintenant recouvré complètement la vue, et ce qu'il voyait ne le rassurait guère.

Ils étaient dans un vaisseau Wraith ! Dans une cellule pour être exact. Rodney était dans un coin, recroquevillé sur lui-même, maugréant et jurant. Ronon, quand à lui, était debout devant la porte, regardant fixement à l'extérieur, l'air furieux, la tête basse, tel un taureau s'apprêtant à charger.

- Que c'est-il passé ? demanda Sheppard, complètement désorienté.

Teyla se tourna vers Dex, qui émit un bruit, une sorte de … grognement.

- Ronon s'est fait capturé par un faisceau Wraith, et nous nous sommes fait prendre alors qu'on essayait de sortir du village. On aurait presque réussi si cette satanée tempête ne s'était pas calmée. Mais on a eu plus de chance que vous John on dirait.

- Bah, ce ne sont pas quelques brûlures, une jambe cassée et une épaule démise qui vont me faire peur. J'ai connu pire. Ronon, vous n'avez pas essayé de …

- Ils m'ont prit toute ma réserve de couteaux ! dit alors l'homme, rageusement, toujours tourné vers l'ouverture.

Ils n'avaient donc désormais que peu de chances d'accomplir leur mission, John en était conscient. Il souffrait énormément, mais il ne voulait pour rien au monde que ses compagnons le remarquent. Sa jambe et ses brûlures lui faisaient souffrir le martyr. Même son épaule, remboîtée, lui faisait mal. Il était difficile maintenant de se rendormir. Il aurait préféré ne pas s'être réveillé. Avec la fièvre, ses songes avaient été peuplés de cauchemars. Mais c'était de loin préférable à la douleur du réel. Surtout qu'il n'avait pas fait que des cauchemars. Certains de ces rêves avaient été fort plaisants … Il commençait à se laisser gagner par une certaine torpeur, lorsque …

- EUREKA !!

Sheppard sursauta et tous se tournèrent vers un McKay rayonnant et plus suffisant que jamais.

- Je sais comment remplir notre mission ! Tout n'est pas perdu, bien au contraire !

**

Sa respiration devint de plus en plus faible, puis dans un dernier long soupir, il rendit l'âme.

Un de plus ! Il n'avait pas pu sauver un seul des hommes qu'on lui avait apporté. La plupart étaient grièvement blessés ou amputés d'un membre quand ils arrivaient. Les plus chanceux étaient déjà morts, les autres souffraient le martyr. Tout ce qu'il avait pu faire c'était d'apaiser les quelques minutes qu'ils leur restaient, avec un peu de morphine. C'était là sa seule utilité…

Carson sortit de sa morosité lorsqu'il vit bientôt arriver Maybourne, le bas du visage ensanglanté, qui tenait dans ces bras un Lorne en piteux état. Weir suivait à quelques pas. Ce fut elle qui parla en premier.

- Docteur ! On a besoin de vous vite ! Il respire encore !

Becket indiqua du doigt un lit au milieu de l'infirmerie.

- Posez-le ici, je m'en occupe.

Carson l'ausculta un long moment. Cela parut une éternité pour les deux observateurs.

Lorsqu'il eut enfin fini, il leva la tête et révéla son pronostic.

- Il peut s'en tirer, mais il faut que je l'opère dès maintenant.

Harry sourit, sortit un mouchoir de sa poche, et commença à essuyer le sang qui coulait toujours de son nez.

Tandis que le médecin partait préparer son bloc opératoire, Weir se tourna vers l'ex agent du NID.

- Harry, vous êtes blessé, laissez un médecin vous soigner.

Maybourne ricana.

- Non, ce n'est rien, ça va passer, ça ne coule presque plus. Cela n'a rien à voir avec une blessure de guerre. C'est ce bon Jack, qui m'a fortement, mais clairement exprimé sa gratitude lorsque je l'ai sauvé d'une crémation prématurée mais certaine. Sur ce, je vous laisse, je vais le rejoindre.

Puis il quitta la pièce en riant aux éclats.

Weir sourit et secoua la tête. Il est parfois bien difficile de comprendre les militaires !

***

Sheppard souffrait toujours autant. Il savait que sans soins médicaux, cela irait en s'empirant jusqu'au coma, puis … Il préférait ne pas y penser. Il restait un mince espoir de s'en sortir, en suivant le plan de McKay à la lettre. Le scientifique n'était jamais aussi compétent que sous une forte pression. Il venait encore de le démontrer.

Ronon tournait et virer tel un lion en cage, cherchant quoi que soit qui pourrait l'aider à sortir de là. Teyla restait assise, prêt de John, l'aidant à tenir le coup.

Mckay, quand à lui, souriait depuis prêt d'une heure, sans signe de crampe aucune. Il irradiait la joie de vivre et la fierté depuis sa déclaration théâtrale.

Un bruit fit sursauter Ronon. Teyla se leva, tout doucement et tandis l'oreille.

- Ce sont eux, fit-elle, ils arrivent.

Le sourire de McKay disparu comme il était venu. Il partit s'accroupir dans un coin, le visage livide.

Trois Wraith apparurent, l'arme à la main.

L'un deux ouvrit la porte de leur cachot. Puis ils entrèrent à l'intérieur de la cellule, l'air féroce, toutes leurs dents dehors.

Ronon se déplaça légèrement sur sa gauche, pour prendre les Wraith par surprise. Mais cela n'échappa pas à l'un d'eux qui, sans un mot, lui appuya son arme sur le torse.

John décida qu'il était temps d'intervenir pour éviter à Dex d'autres ennuis :

- Pardonnez-moi de rester ainsi allongé. Ce n'est pas par manque de politesse, mais je ne suis pas en état de recevoir. Revenez plus tard, si vous le voulez bien.

Le sourire du Wraith qui tenait Ronon en joue, répondit à celui de Sheppard. D'un mouvement de la tête, il envoya ces deux congénères récupérer John.

- Notre Reine voudrait … s'entretenir avec vous.

Teyla s'interposa entre les créatures et Sheppard.

- Vous ne pouvez pas. Prenez-moi plutôt.

Sheppard s'était levé en s'aidant de la cloison, au prix d'une douleur horrible. Ruisselant de sueur, il posa la main sur l'épaule de l'Athosienne,

- Laissez-moi y aller.

Les deux Wraith écartèrent Teyla sans ménagement et sortirent en traînant leur fardeau.

Le troisième referma la cellule et annonça :

- J'espère qu'il saura répondre aux questions qu'on lui posera. Sinon nous reviendrons interroger l'un de vous.

Il tourna ensuite les talons et s'éloigna, laissant les trois prisonniers profondément peinés et inquiets. Ils avaient bien pensés qu'ils viendraient les interroger. A vrai dire cela était même nécessaire, voir primordial … Mais ils avaient tous espérés qu'ils ne prendraient pas Sheppard. Même McKay se reprochait d'avoir été si peureux, alors que John, dans son état, avait maintenant le sort d'Atlantis entre ses mains.

Bien que diminué, tous savaient que Sheppard s'acquitterait de sa mission, mais ils auraient souhaité lui éviter cela.

****

- Monsieur …

- Quoi encore !

- Monsieur, nous avons recouvrés une partie des boucliers mais …

- Mais quoi !

- Mais nous ne tiendront pas longtemps face …

- Combien de temps ! Allez droit au but non de non !

- Quelques salves.

John Crichton tapa du poing sur le tableau de bord devant lui, faisant tomber par la même occasion une pile de documents sur le sol.

- Ben il vous en aura fallu du temps ! Dites à Roswell de se préparer, nous allons bientôt sortir d'Hyperespace.

- Tout de suite mons…

- MAINTENANT ! Pas demain !

L'intendant saisit son casque avec micro intégré, et contacta l'asgard. Il jetait de temps en temps un regard à Crichton, pour voir s'il le surveillait. De son coté, le colonel se préparait à une manœuvre … délicate pour le moins.

John se mit à murmurer pour lui-même :

- Tient bon mon bon ami. Ne me laisse pas tomber pas maintenant. Ce bon vieux Caldwell ne me le pardonnerait pas si je ne te rendais pas entier.

Il saisit ensuite son micro et entreprit de le faire marcher en … tapant dessus ainsi que sur le tableau de commande.

Un ingénieur affolé vint vers lui en poussant des cris d'orfraies et lui montra comment s'en servir.

- Merci bien. Saleté d'informatique !

- Monsieur, Rosw …, Hermiod veut s'entretenir avec vous sur …

- Dites lui que je ne suis pas là ! Qu'il se débrouille ! Après tout ce sont eux qui sont si évolués.

- Mais monsieur …

- Débrouillez vous avec lui ! J'ai une annonce à effectuer.

Il appuya sur un bouton en face de lui, d'un coup de poing, et déclencha ainsi tous les hauts parleurs du vaisseau.

- Mes amis, nous allons incessamment sous peu, sortir de l'hyperespace. Nos bouclier sont amoindris et les dégâts du vaisseaux importants. Mais je compte bien mener ma mission à bien ! Bonne chance à tous.

*****

Il arrivait à l'histoire de bégayer de temps en temps. C'est avec cette affreuse impression de déjà vu, que Sheppard fut assis sur une chaise, avec brusquerie.

Cette salle immense … cette chaise … cette table … Tout cela ne lui était que trop familier.

Ses vêtements lui collaient à la peau, et il luttait constamment pour ne pas défaillir. Il ne devait pas être très beau à voir.

Les trois Wraith restèrent autour de lui, tel une garde rapproché, alors que la reine apparaissait à l'autre bout de la pièce. Sa robe verte, claire, était magnifique. John en vint à penser à une de ses connaissances, qui aurait été magnifique avec cette robe. Le visage de la Wraith, se transforma soudain en celui de Teyla. Ce fut ensuite Weir qui prit la place de l'Athosienne. Sheppard secoua la tête. Il fallait rester lucide ! Ne pas se laisser entraîner par cette torpeur qui commençait doucement à s'emparer de son corps. L'interrogatoire n'en serait que plus facile pour la Wraith.

Il reprit peu a peu ses esprits et en vint à se demander comment se visage hideux, avait bien pu lui faire rappeler ses collègues féminines.

La reine s'approcha et le gifla avec force. Il atterrit à terre avec fracas et laissa échapper un gémissement. Son épaule droite s"était déboîtée de nouveau. Cette fois-ci, plus besoin de lutter. Cette douleur intense lui avait fait reprendre ses esprits. Mais il savait que ce n'était que temporaire.

Il fut réinstallé sur sa chaise par ses geôliers, puis l'interrogatoire commença.

Qui êtes vous ?

John et vous ?

Une deuxième gifle l'envoya valdinguer sur le sol. La douleur était maintenant intenable. Lorsqu'il fut réinstallé sur le siège, la reine sourit.

- Dois-je répéter la question ?

- Non, c'était on ne peut plus clair.

Il marqua un temps de pause. C'était à lui de jouer maintenant.

- Je suis envoyé en éclaireur par la flotte de Ba'al, seigneur Goa'uld. Je suis sûr que vos radars ont déjà détectés ses vaisseaux.

Un long silence accueillit ses dires. Le visage de la Wraith se fit encore plus dure.

- Qui sont les goa'uld ?

- Des guerriers bien plus puissants que vous ne l'êtes et que vous ne le serez jamais. Relâchez moi, et je demanderais leur clémence pour vos actes.

La reine leva la main, et Sheppard s'attendit à un nouveau coup, probablement fatal, au vu de son état. Au lieu de ça, elle se ravisa et appliqua sa main sur le torse de John. La sensation était toute sauf sensuelle. La main glacée semblait aspirer son corps meurtri. Tel une sangsue se collant à sa proie avant son festin sanglant.

- Nous allons nous mettre en orbite autour de la planète. Nos radars ont en effet détectés onze vaisseaux en approche. Avant que je n'abrège vos souffrances et ma faim par la même occasion, dites-moi pourquoi …

Elle s'immobilisa soudain, le regard dans le vide, la tête légèrement tournée.

- Voici vos amis, John. Je m'occuperai de vous plus tard. Les batailles me mettent en appétit. Nous ne laisserons pas le temps aux vôtres de riposter.

Elle sortit ensuite de la salle, laissant Sheppard seul, dans la pièce avec trois Wraith armés … Mais le plus dure était fait, les Wraith feraient finalement face aux goa'ulds …

******

- 5 … 4 … 3 … 2 … 1 … Nous sortons de l'hyperespace !

L'espace, constellé d'étoiles, apparut soudain à l'équipage du Daedale. Une planète orangée pas plus grande que la Lune était à leur gauche, et deux vaisseaux Wraiths leur faisaient face. Ils étaient là ! John avait du réussir !

- Monsieur, devons nous tenter de prendre contact ?

- ça c'est une super idée, commandez moi un Big Mac avec des frites pendant que vous y êtes ! Nous ne faisons rien tant que la flotte de Ba'al ne nous a pas rejoint ! Si vous voulez faire quelque chose : faites que l'hyperpropulsion soit prête à fonctionner à tout moment et soyez prêt à lancer tout notre armement vers le vaisseau Wraith le plus prêt !

Le technicien s'étouffant avec l'eau qu'il buvait, en déglutit une partie.

- Mais monsieur, nous ne réussirons jamais à …

- Je ne vous demande pas de discuter mes ordres mais de les appliquer. Quand j'aurais un doute sur la conduite à suivre vous en serez le premier informé !

- Monsieur, nous avons une communication radio avec un des vaisseaux Wraith.

- Arf, manquait plus que ça ! Enfin, tant qu'on discute, on ne se tire pas dessus. Passez moi la communication.

Tout d'un coup sur un écran en face de Crichton on vit apparaître un monstre répugnant, à la peau bleuté et au visage ingrat. Un Wraith, sans aucun doute, même si John n'en avait jamais vu, on les lui avait décrit et il en avait vu des représentations.

- Bonjour, dit le colonel sobrement.

- Que nous voulez vous ?

Tout en parlant le Wraith avait découvert ses dents en un rictus méprisant. Crichton n'était pas né de la dernière pluie. Il ne voulait pas dire quoi que se soit aux Wraiths qui pourrait saboter la mission. En dire le moins possible et laisser l'ennemi en tirer ses propres conclusions.

- Vous le savez très bien.

- En effet, nous avons capturé vos éclaireurs. Rendez vous, et il n'y aura pas de bataille.

Tout cela avait été très bref, mais riche en contenu. Crichton attendit un moment avant de répondre, le temps d'assimiler la dernière information, et de trouver de quoi répliquer. Sheppard et son équipe avaient donc été capturés ? Avaient t-ils tous révélés aux Wraiths ? Il décida de jouer le tout pour le tout.

- Vous rigolez ? Vous, rendez vous ! Notre flotte et plus importante que la votre.

Ce fut à ce moment que les dix vaisseaux de Ba'al choisirent pour sortir de l'hyper espace, les uns derrières les autres.

- Très bon timing, fit le colonel à son second. Coupez la communication.

Le visage hargneux du Wraith disparu aussitôt.

- Monsieur, je crois qu'il serait temps qu'on mette les voiles.

- Non, Ba'al ne nous attaquera pas, avant de savoir qui sont ces deux vaisseaux.

Le second hocha la tête, en effet il ne se passait rien, tout le monde avait l'air de s'observer.

- Monsieur ! Nous avons une liaison radio avec Ba'al !

Crichton haussa les sourcils, puis tout d'un coup un sourire carnassier se dessina sur son visage.

- Passez le moi.

Ba'al apparut sur l'écran, avachit sur son trône, l'air hautin.

- Rendez vous, vous n'êtes qu'un seul vaisseau contre toute notre flotte. Si vous obéissez à votre dieu, nous épargnerons une partie de l'équipage.

Crichton se mit à rire franchement à la grande incompréhension du Goa'uld.

- Nous sommes trois vaisseaux, pas un. Et les deux autres, ont une force de frappe supérieure à la votre.

Ba'al jura en goa'uld, et tapa du poing sur son trône.

- Ces vaisseaux ne sont pas Terriens !

- Excusez moi un moment.

Crichton coupa son micro et se tourna vers son second.

- Demandez à Roswell si il peut mettre les deux flottes ennemies en communication.

- Bien mons…

- Maintenant pas à la saint glinglin !

Il ne fallut pas plus de 20 secondes pour avoir l'information demandée.

- Oui monsieur on …

- Très bien.

Crichton ralluma son micro. Ba'al fulminait.

- Qui vous a permit de …

- Désolé mon petit père, mais mon chef vient de me demander de te parler en privé.

Le teint du Goa'uld vira au rouge brique, et au moment où Ba'al ouvrait la bouche, le colonel coupa la transmission.

- Monsieur, les deux flottes sont maintenant en communication.

- Un vrai standard ici ! Beau boulot à tous ! Je ne sais pas ce qu'ils vont se dire, mais vu l'état de nerf dans lequel je les ais mis, et connaissant l'arrogance des deux partis, ils ne vont pas discuter bien longtemps. Mes amis, c'est le moment de plier bagage ! Lancez tous les projectiles que nous avons contre le vaisseau Wraith le plus proche et passez en Hyper espace ! …

*******

Ba'al écumait littéralement de rage. Ses yeux flamboyaient de haine. Comment avait il osé parler à son dieu ?! Il prendrait beaucoup de plaisir à voir souffrir cet insecte insignifiant …

- Monseigneur Ba'al, nous avons une autre communication …

- Passez-la moi ! Je vais leur montrer ce que …

Il s'arrêta de parler alors qu'un monstre apparaissait sur son écran. Un humanoïde à la peau verdâtre et à l'aspect féroce.

- Mais qui …

- Je suis la reine Wraith de ce vaisseau. Qui êtes vous ?

- Je suis Ba'al, seigneur Goa'uld. Prosternez vous devant moi et j'abr …

- Ainsi c'est donc vous Ba'al ? Vous allez regretter de nous avoir provoqués.

Le goa'uld sourit.

- Vous ne nous faites pas peur. Nous sommes supérieurs en nombre. Rendez-nous les humains et nous en resterons là.

- Il n'en ait pas question, vos éclaireurs sont bien où il sont. Nous allons vous détruire et …

Un sourire carnassier se dessina soudain sur le visage de la Wraith.

- … je prendrais un grand plaisir à me nourrir de John après la bataille. Les trois autres connaîtront un sort moins enviable.

La conversation prenait un tour qui échappait complètement à Ba'al. Des éclaireurs ? John ? Les trois autres ?

Tout d'un coup, alors que Ba'al préparait une réponse cinglante, un évènement déroutant se produisit. A travers le cockpit du vaisseau mère, un spectacle étonnant s'offrait à la vue de tous. Le Daedale tira plusieurs missiles en direction du vaisseau Wraith le plus proche, et passa aussitôt en Hyper espace. Les projectiles s'écrasèrent sur le vaisseau ruche, n'entraînant qu'un léger tremblement de sa structure.

Pourquoi les terriens attaquaient-ils ainsi leurs alliés ? Cela n'avait aucun sens pour le goa'uld.

La Wraith toutes dents dehors, rompit aussitôt la communication.

Du coté des vaiseaux goa'ulds, on s'interrogeait.

Pouvait on s'attendre à un renversement de situation, et à une aide de ces étranges créatures, pour traquer les Terriens ? Cela serait la logique même, vu la traîtrise récente de leurs alliés d'Atlantis.

La réponse vint très rapidement.

Alors que Ba'al allait ordonner de suivre le Daedale, des tirs jaillirent en provenance des deux vaisseaux ennemis. Seule une manœuvre heureuse permis à la flotte goa'uld d'éviter la première salve.

- Jaffas ! Ripostez !

La bataille commençait.

********

Elizabeth faisait les cents pas dans la salle de commande. D'après Becket, L'état de Lorne était préoccupant. Le médecin d'Atlantis avait décidé de l'opérer au plus vite. C'était la seule solution, ou il perdrait sa jambe.

Les blessés n'arrivaient plus aussi nombreux qu'auparavant. Le nombre des équipes défendant la cité s'étant réduites comme peau de chagrin.

Elizabeth attendait avec appréhension le rapport des survivants tous les quarts d'heure.

Jack et Maybourne étaient en retard. Ce n'était pas bon signe.

Weir allait essayer de les contacter quand soudain …

« … ici Maybourne me recevez-vous ? … »

- Oui, comment … ?

« … je répète me recevez-vous ? … »

- Nous vous recevons …

« Merde ! Satanée radio ! Au cas où vous me receviez, sachez que notre situation est critique. Notre batterie de tir est H.S et nous notre retraite est coupée. Un vaisseau goa'uld s'est écrasé sur l'ouverture, nous bloquant tout accès. Nous répliquons uniquement avec nos armes de poing … et il nous reste peu de balles. Jack est touché, il est inconscient. Cela n'a pas l'air très grave, mais je ne suis pas médecin … Vous m'entendez ? V.. en … ez … ? … eu … ar… ».

Puis plus rien, juste une suite ininterrompue de parasites.

Weir leva la tête au ciel. Que fallait-il faire ? Lever le bouclier dès maintenant, et ainsi minimiser les chances de réussites de la mission ? Ou laisser Jack et Maybourne se faire massacrer par la nuée de planeurs de la mort ?

Sa décision était prise. Il fallait suivre le plan à la lettre. Des centaines de vies étaient en jeu.

Mais il y avait peut être un autre moyen de sauver les deux hommes … Mais qui pourrait bien … ?

Elle en était là de ses réflexions lorsque Becket arriva, tout sourire.

- Il s'en sortira. D'ici une ou deux semaine, il marchera comme avant.

Le visage de Weir s'éclaira soudain. Et ce n'était pas uniquement le fait de l'annonce du bon rétablissement de Lorne.

- Très bon travail. Dites moi docteur Becket ?

- Oui.

- Vous avez piloté un jumper dernièrement ? …

*********

Du suicide ! Ce n'était rien d'autre. Autant se mette le canon d'une arme de poing dans la bouche et appuyer sur la détente. Pourquoi avait-il donc accepté cette satanée mission ? Il aurait très bien put dire :

- Il en est hors de question, ma présence est indispensable au bon fonctionnement du bloc opératoire !

Mais il ne l'avait pas fait. Au lieu de cela il avait dit :

- Je peux essayer. Nous n'avons plus d'arrivée de blessés grave, et durant mon absence, les infirmières prendront le relais. Elles sont très compétentes.

C'était bien sur la vérité, mais parfois, pour son bien personnel, il vaut mieux savoir mentir.

Cela ne ressemblait pas à Carson d'être aussi couard. Il prit une profonde inspiration et s'installa aux commandes du Jumper qui s'allumèrent, détectant le gène des Anciens. Il prit la peine de contrôler sa respiration, pour restaurer son calme. Il fallait y voir plus clair et pour cela il devait se calmer. Ne pas se laisser gagner par la panique. Il sentit une certaine sérénité s'installer en lui, et il voyait les choses différemment désormais. Il avait fait preuve de beaucoup de courage en acceptant cette mission. Il fallait juste se dire que ce n'était qu'une banale visite à domicile … à bord d'un Jumper, et en plein siège … mais une visite à domicile tout de même.

Le principal était d'arriver indemne, jusqu'aux deux hommes, pour pouvoir s'occuper de Jack … si ils étaient encore vivants. Et cela, seul lui pouvait le faire.

Autant il pensait que cette mission était suicidaire, autant il savait qu'il fallait tenter la chose.

Sa radio grésilla et on entendit la voit de Weir.

« Docteur Becket ? Etes vous prêt ? »

Question piège. Ce n'était pas le moment de réfléchir et de laisser le doute s'installer dans son esprit.

- Bien sur que je suis prêt !

La réponse était peut être un peu sèche, il espérait que Weir ne s'en formaliserait pas.

« Alors vous avez mon feu vert ! »

La porte du hangar s'ouvrit soudain, faisant pénétrer la clarté lunaire, et la lueur des explosions.

« Et voila, c'est partit, pensa Carson, a moi de jouer maintenant ».

Il décolla, mit en marche le bouclier occultant et sortit du Hangar le plus rapidement possible, frôlant dangereusement la porte, pour éviter ainsi d'être une cible facile malgré son invisibilité. Prudence est mère de sûreté. Le spectacle qui s'offrait à ses yeux était édifiant. Il y avait des centaines de planeurs de la mort ! Le nombre d'équipe d'Atlantis qui ripostaient était tristement dérisoire ! Les goa'ulds n'allaient pas tarder à gagner la bataille.

Il ne vit que trop tard le vaisseau qui fonçait droit sur lui. Le planeur explosa alors qu'il était la cible d'une batterie de tir Atlants. Le Jumper, par le souffle de l'explosion, fut propulsé sur la cité, et s'encastra avec un grand fracas dans une des flèches d'Atlantis. Par chance l'appareil ne semblait pas endommagé. Carson étourdit par le choc, dégagea son vaisseau de la structure avant de se rendre compte avec horreur que son bouclier occultant ne fonctionnait plus. Heureusement le bouclier, lui, semblait pouvoir être activé. Mais il y avait encore beaucoup de chemin à parcourir … complètement à découvert ! Carson inspira profondément … et pria. Il n'y avait plus que ça à faire. Sa première analyse sur l'aspect suicidaire de la mission avait peut être était la bonne finalement. La prochaine fois, c'était décidé, il mettrait en avant son indispensabilité en tant que médecin de la cité … s'il y avait une prochaine fois …

Alors qu'il contournait une des flèches de la cité, un vaisseau apparut soudain à quelques mètres devant Becket. Une boule le serra au niveau de l'estomac. Au lieu de tirer, le planeur implosa littéralement. Becket ne vit plus rien pendant une fraction de seconde, alors qu'il traversait la nuée de débris incandescents.

Grâce au ciel, Les équipes faisaient ce qui était convenu. Weir les avait prévenu par radio, d'escorter Becket dans la limite du possible.

Et la limite du possible n'allait pas tarder à être atteinte. Des planeurs de la mort l'avaient aperçus et fonçaient sur lui. Alors qu'il virait à droite pour éviter un tir, il perdit le contrôle du Jumper qui plongea à pic. Trois vaisseaux goa'ulds, leurrés par cette manœuvre soudaine, entrèrent en collision et explosèrent.

Becket eut tout juste le temps de redresser avant de sombrer dans les flots. Une large tranchée se dessina ainsi sur l'étendue d'eau, bientôt rompue par un jaillissement d'eau de mer provoqué par le plongeon d'un planeur de la mort.

De nombreux tirs percutaient le bouclier du Jumper, qui ne tiendrait pas bien longtemps encore.

Deux autres vaisseaux furent détruits par les batteries de tir alliées. Un panache de fumé noire occulta un moment les alentours. Ce fut suffisant pour Carson qui atterrit dans un renfoncement, sur la plate forme ou l'attendait Maybourne. Il vit passer du coin de l'œil les vaisseaux qui le pourchassaient, ne semblant pas l'avoir repéré. Il expira profondément, se tenant la tête entre les mains. Il l'avait échappé belle ! Mais sa mission n'était pas finie !

Il saisit son matériel médical puis descendit du Jumper, tombant nez à nez avec Maybourne.

- Vous avez fait bon voyage ? Suivez moi, Jack est part là. Carson enjamba tout un tas de gravats alors qu'ils avançaient. La plate forme était en ruines. Le corps inanimé de Jack se trouvait sous ce qui avait dû être la batterie de tir.

- Voilà doc. Comment va Lorne ?

Carson avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il l'avait opéré.

- Il va très bien, d'ici quinze jours il pourra reprendre du service comme si rien ne s'était passé.

- En voila un au moins qui a de la chance …

Il saisit soudain le médecin par le col et le plaqua au sol. On entendit un sifflement et les deux hommes se relevèrent. Un planeur de la mort venait de les frôler.

- Merci Maybourne, je ne l'avais pas entendu arrivé.

- Vous au moins vous ne m'avez pas frappé. Il ne faut surtout pas qu'on nous voie, je n'ai plus une seule munition.

Carson se frappa la tête de la paume de sa main.

- Zut, j'ai oublié de vous le dire. Il y a des armes dans le Jumper.

Maybourne lui donna une gigantesque claque amicale dans le dos.

- Je savais qu'on pouvait compter sur vous doc ! J'y vais de se pas.

Harry couru au Jumper, récupéra un véritable petit arsenal, puis revint, fort encombré auprès du médecin et de son patient.

- Pose ça triple andouille ! Tu vas tous nous faire tuer !

Maybourne sourit. O'Neill était assis contre un mur, un bandage autour de la tête. Aussi irascible que jamais !

- Content de te voir rétabli Jack !

- Oui, moi aussi.

Les trois hommes se regardèrent un moment puis éclatèrent de rire. Il fallait bien évacuer le stress et la pression d'un moyen ou d'un autre. Or, la journée avait été … assez difficile …

- C'est quoi le plan maintenant doc ? demanda Harry en s'essuyant les yeux.

Carson se gratta la tête. Il s'était concentré sur sa mission qui était de se rendre au chevet de Jack et de le soigner … Il avait pensé un moment que le plus dure était fait … mais en y réfléchissant bien …

- Il faut rentrer au hangar avec le Jumper.

- Un jeu d'enfant ! fit Jack. Avec l'occulteur …

- Je … le bouclier est très amoindri et on ne peut plus utiliser l'occulteur.

Un profond silence, seulement entrecoupé d'explosions et de tirs, accueillit la déclaration du docteur. Et cette fois ci, personne ne rit.

Un sifflement.

Maybourne pivota, un MP5 dans chaque main, il vida ses chargeurs sur le planeur de la mort qui explosa. Les trois hommes se recroquevillèrent, alors que des débris tombaient tout autour d'eux.

Cet incident ramena les hommes à la réalité. Peu importe ce qu'il faudrait faire ensuite, il fallait partir maintenant !

Aidé de Harry et de Carson, O'Neill fut amené au Jumper. Il était clair que Jack n'était pas en état de piloter. Il ne restait qu'un seul autre candidat … Becket s'installa au poste de commande. Le colonel fut allongé et Maybourne s'installa aux côtés du médecin.

- Quand vous voulez doc !

- Alea jacta est, entendit-on murmurer Jack.

Becket ferma les yeux, fit le point sur ce qu'il devrait faire, puis décolla.

A peine cette action effectuée qu'une foule de vaisseaux apparut de devant, derrière, sur les côtés …

Becket avait beau zigzaguer, le bouclier baissait à vue d'œil. Ce n'était décidément pas le jour des boucliers !

- Les drônes, Carson, les drônes !

- Mais je ne sais pas si … !

- Maintenant !

La dernière fois que Carson avait eut à contrôler un drône … Il avait justement failli tuer O'Neill et Sheppard. Le tout c'était de ne surtout pas y penser.

- Ok, je balance tout ce qu'on a.

Une petite dizaine de drônes furent éjectés de l'appareil et firent le ménage autour du vaisseau. Le Jumper fut bientôt entouré d'un nuage noirâtre.

- Bravo Carson ! lança Jack. Beau boulot ! On y est presque.

Boum !

Un impact fit vibrer le vaisseau qui n'avait désormais plus de bouclier.

Il restait un planeur de la mort derrière eux.

Becket enchaînait les manœuvres d'évitement, mais les tirs étaient trop rapprochés.

Maybourne se leva et se rendit à l'arrière de l'appareil.

- Que fait tu Harry ? rugit Jack.

L'ex-agent du NID attacha l'extrémité d'une corde à sa taille et fixa l'autre extrémité à la paroi du vaisseau, puis il s'arma.

- Doc, ouvrez l'arrière de l'engin !

- Mais …

L'appareil subit un autre impact de plein fouet. Désormais le vaisseau tanguait et vibrait dangereusement

- Dépéchez vous ! Accroche toi Jack !

La porte s'ouvrit. Les cheveux de Maybourne, dansaient follement autour de sa tête. Il fut projeté en avant, et seul la corde l'empêcha de passer par-dessus bord. Il voyait très bien le vaisseau ennemis une cinquantaine de mètres devant lui. Il aurait même pu distinguer le tatouage sur le front du pilote, malgrès l'obscurité. Harry grimaça, saisit son lance-roquette, visa, et tira. L'explosion fut phénoménale. Le souffle projeta le Jumper en avant, directement à l'intérieur du hangar. L'atterrissage fut brusque, le changement de vitesse extrême. Harry passa de l'arrière de l'appareil à l'avant. La corde l'empêcha de s'écraser sur le cockpit, mais il eut l'impression qu'elle lui avait brisé les reins.

La porte du hangar se referma derrière eux. Le silence s'installa.

Maybourne, après s'être assuré de n'avoir rien de cassé, se détacha puis rejoint ses camarades. Tous les deux avaient l'air hagard et contusionnés mais étaient indemnes. Un silence pesant s'installa. Ils étaient tous encore sous le choc. Ce fut Jack qui prit la parole le premier.

- Docteur Becket ?

- Oui général O'Neill ?

- Puisque c'est vous qui êtes aux commandes, pouvez-vous penser très fort à une bonne bière bien fraîche, je vous prie… ?

**********

John luttait constamment contre la douleur pour rester concentré. Tout ce passait pour le moment comme prévu. Atlantis avait toutes les chances d'être sauvée ! Il ne restait plus qu'une chose à faire maintenant pour John s'il voulait réussir tous les objectifs qu'il s'était fixé : sauver son équipe.

Mais il était en fâcheuse posture. Trois Wraith surveillaient étroitement le futur encas de la reine. Il pourrait sans doute lutter contre la douleur, mais il serait dur de se débarrasser de ses gardes sans diversion. Ils ne cessaient de fixer John de leurs yeux envieux. Un peu comme le ferait un enfant devant la vitrine d'une confiserie. Mais il n'était bien entendu pas question de passer outre les ordres de leur reine. Il fallait se rendre à l'évidence : il était en fâcheuse posture, et dans un sal état.

Il en était là de sa réflexion, lorsque le vaisseau trembla violemment. C'était l'occasion ou jamais ! John profita de ce moment pour se glisser derrière l'ennemi le plus proche, se servant de lui comme d'un bouclier. Les deux autres Wraith tirèrent plusieurs salves de leur rayon énergétique, neutralisant ainsi leur congénère. John se saisit de l'arme du wraith, se coucha à terre, laissant ainsi choir son bouclier alien qui tomba au sol avec un bruit mat, puis riposta. Les deux autres gardes furent vite hors d'état de nuire.

John resta un moment à terre le temps de reprendre son souffle et de combattre la douleur. Son épaule démise lui faisait souffrir le martyr.

Il fallait maintenant se rendre aux cachots. Mais quelque chose lui disait que les Wraiths avaient d'autres chats à fouetter en ce moment …

***********

Son épaule le brûlait encore, mais la douleur n'était pas insurmontable. Et ce n'était pas le moment d'être amoindri !

Les tirs de zats et de lances, sifflaient continuellement aux oreilles de Mitchell, tel un acouphène particulièrement gênant. Il se tenait à gauche du couloir, et Teal'c à droite. Tous deux étaient protégés par des piliers accolés à la paroi.

- Nous ne tiendrons pas bien longtemps Teal'c ! hurla Cameron pour se faire entendre.

- En effet, fut la réponse laconique du Jaffa.

Mitchell saisit une grenade et la lança. Cette fois ci, son timing était bon, pas de dommage collatéral à regretter. L'explosion fut puissante et assourdissante. Des débris matériels et organiques furent projetés jusqu'aux deux hommes. Puis … rien. Le silence.

Alors que le Lieutenant Colonel allait passer la tête pour juger de l'étendu des dégâts, les tirs s'abattirent de plus belle sur les deux hommes.

- Ils sont trop nombreux ! dit Teal'c.

- Oui, c'est comme dans les jeux vidéo, ils arrivent à l'infini !

- Tant que ce ne sont pas des guerriers Kull …

- Ah oui, désolé Teal'c …

- Ce n'est rien.*

Les deux hommes avaient beau riposter, les goa'ulds gagnaient du terrain. Le nombre de Jaffas présents était impressionnant.

- Je n'ai plus de grenades, et je commence à manquer de munitions hurla Cameron. Nous ne tiendrons plus très longtemps maintenant ! Allons voir ou en est Carter !

Teal'c hocha la tête, ouvrit la porte qui était de son coté, et fit signe à Mitchell de le rejoindre. Moment délicat pour le peu. Le lieutenant colonel attendit que les tirs diminuent, tandis que Teal'c faisait diversion de son arme, puis traversa en ripostant. Alors qu'il arrivait auprès du Jaffa, un tir de lance lui brûla la jambe. Un cri de douleur s'échappa bien malgré lui de sa gorge. Teal'c le porta à l'intérieur de la salle …

*Voir l'épisode 6 de la saison 8 : « Avatars »

************

Cela faisait un moment que la bataille durait, et le primat de Ba'al s'impatientait. Il fallait à tout prit capturer ses hommes morts ou vifs !

De la main il demanda à ses hommes d'avancer un peu plus. Il fallait gagner du terrain coûte que coûte !

Une main apparue soudain … puis un projectile …

Le jaffa eut tout juste le temps de se jeter à terre dans l'angle du couloir lorsqu'une explosion retentit propulsant des débris de toutes sortes autour de lui.

Cinq Jaffas étaient morts.

Il saisit son arme, et se fut lui en premier qui reprit les hostilités, alors que les jaffas de leur coté avaient du mal à se ressaisir. Heureusement, le voyant reprendre l'assaut, les autres se remobilisèrent, et l'affrontement gagna en intensité.

Des renforts furent bientôt sur place et l'issue de la bataille ne faisait plus de doute désormais.

Lorsqu'il vit Teal'c accélérer sa cadence de tir, il savait que quelque chose se préparait et ce fut lui qui toucha le Terrien à la jambe.

Son cri de victoire répondit au cri de douleur de Cameron.

- Jaffas, en avant !

Ils se ruèrent vers la porte que deux Jaffas ouvrirent. Ils s'effacèrent ensuite pour ne pas servir de cibles, et pour laisser passer leur chef en premier.

Le prima, s'accroupit, fit un roulé boulé sur le côté, puis visa … personne. La salle de téléportation était vide. Il y avait juste un étrange appareil …