Titre : Last night before go to hell
Auteur : Tsuki
Song : x-ray dog en force mes ami(e)s !!!!
Déclaration : Ambiance toujours aussi lourde, j'espère que vous ne vous perdrez pas dans les dialogues. Bisou et bonne lecture !
Chapitre trois
La mine glisse sur le papier avec frénésie, racle la feuille dans un crissement peu commun, et noircit le blanc. Les mots prennent vie et il écrit toujours plus vite. Sa main semble vouloir claquer les battements rapides de son cœur. Sa douleur s'amenuise au fil des minutes, faisant s'évaporer son inspiration par la même occasion. Ses mouvements ralentissent puis se stoppent totalement. L'encre sèche sur la mine et le silence retombe. Pourquoi ?
- Mais pourquoi bon sang ?!
L'écrivain balance rageusement son crayon au sol et envoi valser ses feuilles sur son lit. Pourquoi n'arrive t-il à écrire que quant il va mal ? Agacé par son propre comportement, le châtain enfile de nouveaux vêtements et sort de sa maison en claquant la porte. Au diable ce foutu messager et toutes ses fausses accusations ! Ses pieds l'emmènent en ville et la colère se dissipe peu à peu. Il ne va pas mourir… Non, tout ceci n'est qu'une mascarade. Un soupir dépasse ses lèvres et il ferme les yeux pour les rouvrir sur une petite superette. Voilà, reprenons la routine. Bien décidé à oublier ses dernières mésaventures, le jeune homme pénètre dans le petit centre commercial et va directement au rayon confiserie. Les mains dans les poches, Uruha se stoppe devant les paquets de réglisse et en attrape deux.
- Tu devrais manger plus sainement.
Cette voix… Il l'aurait reconnu entre mille.
- Et toi, tu devrais arrêter de jouer les mères poules.
- En quoi est-ce un mal de se préoccuper de la santé de son meilleur ami ?
- Mais tu t'inquiètes toujours trop Kai. Soupir l'écrivain en reposant un paquet.
Les iris accusateurs du brun fixent l'écrivain qui reporte son attention sur les friandises.
- Je suis désolé pour la dernière fois.
- Est-ce que ça va mieux ?
- Tu entends par là : Est-ce que tu vois toujours des gens qui n'existent pas ?
- Uruha…
- Oublie-ça, tu veux ?
- …
- Je vais bien Kai.
- Ca, c'est ce que tu veux lui faire croire.
La voix n'a plus rien à voir avec celle de son ami. Le châtain ferme douloureusement les yeux et les rouvrent sur une silhouette enveloppée d'un long manteau noir, qui fait mine de chuchoter quelque chose à l'oreille de Kai. Encore toi… Toujours toi. Quand me laisseras-tu en paix ?
- Jamais.
Aoi vient contourner l'écrivain de la même façon qu'un prédateur le ferait avec sa proie.
- Uruha ?
- …
- Uruha !
- Quoi ?
- Ba réponds-moi quand je te parle.
- Pardon. Murmure t-il en lançant un regard assassin au messager.
- Tu es fatigué ?
- Non, non… Ce n'est rien.
- L'être humain a un véritable don pour le mensonge. Ricane Aoi en posant ses mains sur les épaules du châtain.
- Tu sais Uruha, tu devrais prendre des vacances.
- Je ne travaille pas vraiment Kai.
- Au moins changer d'air.
- L'enfer est un endroit des plus chaleureux… Tu t'y plairais.
- Je n'irais pas en enfer !
- Je n'ai pas dis ça. S'inquiète Kai en haussant un sourcil.
- Ce… Ce n'était pas à toi que je disais ça.
- …
- Kai… Je vais bien… Il faut juste que je finisse mon livre.
- Ca fait combien de temps que tu es dessus ?
- Je ne sais plus…
- Trop longtemps si tu veux mon avis. Pourquoi n'essais-tu pas d'écrire autre chose ?
- Il ne me manque que la fin.
- Et tu n'as plus beaucoup de temps pour l'écrire… Insiste le trouble paix dans un sombre murmure.
- Je ne t'ai rien demandé que je sache !
Kai dévisage son ami qui a haussé la voix, et vient à son tour déposer une main qui se veut bienveillante sur son épaule.
- Uruha…
- Pardon Kai. Tu as raison, je suis fatigué.
Un rire sournois se propage sur toute la longueur du rayon et Uruha se retourne pour faire face à son bourreau. Les orbes d'obsidienne se plantent dans les iris ambrés, et un frisson vient lentement parcourir le corps de l'écrivain.
- Va t-en. Siffle t-il de façon à peine audible.
Le châtain se dirige vers une caisse et sort de sa poche l'argent nécessaire pour payer son paquet de réglisse. Une fois fait, il quitte ce lieu qui l'insupporte et traverse le parking d'un pas pressé.
- Uruha !
La main de son ami se referme sur son poignet et le force à s'arrêter.
- Laisse-moi Kai.
- Ecoute-moi s'il te plaît.
- Non.
- Tu ne vas pas bien Uruha.
- Je vais très bien.
- Allons voir un médecin.
- Non.
- Uruha !
- Je ne suis pas fou Kai !
Uruha tire sur son poignet prisonnier et plante ses prunelles dans celles du brun.
- Ne viens plus…
- Uruha…
- Je n'ai besoin de personne, et surtout pas de quelqu'un qui me pense fou.
- Je… Je n'ai pas dis ça.
- Mais tu veux m'emmener voir un médecin.
- …
La dernière phrase de l'écrivain met fin à la discussion et il reprend le chemin de sa maison. Au fur et à mesure qu'il se rapproche de sa demeure, le rythme de sa marche ralentit, et il sent une boule se former au creux de son estomac. Pourquoi a-t-il était aussi dur ? Ne pas comprendre ce qu'on ne voit pas… C'est pourtant logique. Uruha se stoppe à l'abri des grands chênes qui bordent le sentier, et laisse ses yeux balayer l'endroit. Il devra affronter ses démons seul. Un soupir de lassitude s'échappe de sa bouche entrouverte et il reprend sa route. Avec appréhension, l'écrivain pénètre dans son foyer et quitte ses chaussures. Le cliquetis de la grande horloge résonne dans le salon, brisant le silence toutes les secondes. Le sachet de bonbon atterrit sur la table basse et il se laisse tomber sur le canapé. Son regard se pose sur le tissu encore froissé de ce matin et dévie sur le large miroir qui lui fait face. Son reflet semble le narguer, arborant un sourire narquois à souhait.
- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi !
Le châtain fronce les sourcils, mais aucune réponse ne lui parvient. Ses mains ouvrent le paquet et il enfourne une sucrerie dans sa bouche. Le jeune homme attrape une feuille blanche et un crayon, puis les déposent devant lui. Son esprit cherche, recherche. Parfois, il pioche quelques mots dans ce grand désordre, les inscrits, puis les rature. Cinq minutes, dix minutes, un quart d'heure… Le temps qui passe n'y rien. Irrité de ne rien écrire de cohérent, Uruha se lève et balance brusquement son stylo sur son autre lui.
- Ne me regarde pas comme ça !
Son cri se répercute entre les murs et il délaisse le salon pour l'étage. Se relaxer… Oui, il a besoin de se relaxer. Uruha grimpe quatre à quatre les marches, et va faire couler de l'eau dans la baignoire. Par réflexe, il ferme la porte à clé et se déleste de ses habits, restant simplement en boxer, le temps que l'eau finisse ce qu'elle a à faire. La bué recouvre lentement la glace ronde qui décore le mur carrelé, lui évitant ainsi d'avoir à supporter encore une fois la vue de son reflet. Le dernier vêtement s'en va vite rejoindre le sol et il plonge sans retenue dans son bain. L'intrusion de son corps dans l'eau provoque d'agréable remous, puis la surface transparente redevient immobile. Il laisse ses yeux se noyer dans ce liquide translucide et se saoul du peu de bruit qui l'entoure. Il ne veut plus le voir, ni l'entendre. Sa présence lui empoisonne l'existence, le rend malade. Penser tranquillement ne lui est même plus permis. Il ne peut parler de ce fardeau à personne… Il n'est pas fou… Non, son imagination n'est pour rien dans ce cauchemar. Ce cynique vautour est l'unique raison de ses tourments. L'embrun seul de sa perfide moquerie l'empêche de dormir. Il est fatigué, usé. Même l'eau tiède ne l'apaise plus. Il sent constamment ses mains brûlantes sur sa peau. Ses iris aux couleurs de l'obsidienne semblent perpétuellement l'épier. Sa voix lui lacère les entrailles et fait naître en son âme un sentiment qu'il croyait depuis longtemps éteint. Monstre de luxure qui l'affaiblit d'heure en heure. Les désirs qu'il provoque en lui l'effraie. Démon…
- Qui de nous deux est le démon ?
- Laisse-moi.
- Réponds.
- Tu connais ma réponse.
- Et elle est fausse.
- …
- Je ne suis qu'un messager.
- Messager de la mort ou démon… Où est la différence ?
- Elle est énorme pourtant. Ne vois-tu pas combien nous sommes différents ?
- Tu me fatigues.
- Vraiment ?
- Vraiment.
- Ton entêtement n'aura pas duré bien longtemps.
- Ne crie pas victoire trop vite. Je n'ai pas encore abdiqué.
- C'est du pareil au même. Bientôt, tu me supplieras d'en finir.
- Je n'y crois pas.
- Tu verras.
- Je ne veux pas voir.
- Tu n'as pas le choix.
Le châtain pousse un long soupir et tourne sa tête vers le mur.
- De toute façon, le manque de sommeil n'a jamais tué personne.
- Qui te dit que c'est le manque de sommeil qui te tuera ? Murmure sournoisement le brun à son oreille.
- Rien d'autre ne m'atteindra.
- La folie.
- Je ne suis pas fou.
- Pas encore.
- Va t-en ! Ordonne l'écrivain à bout de patience.
- Ta sœur aurait aimé te voir dans un tel état. Puisse Dieu lui offrir l'écho de ton agonie.
- Silence.
- Il n'est pas né celui qui fera taire mon envie de te tuer.
- Tu ne me tueras pas.
- C'est vrai. Tu n'auras pas besoin de moi.
Un rire glacial emplit la salle de bain et le messager saisit le menton de son vis à vis pour lui voler un baiser.
- Elles ont un goût amer tes lèvres…
- Tu les as souillées.
- Permet-moi de m'en réjouir.
- Je ne te permets pas.
- Tu devrais.
- Cesse de m'ennuyer.
- Bien. Je reviendrai cette nuit.
- Tu reviens toujours…
- Et cela te plaît.
- Foutaise.
- Mensonge.
- Disparais !
Le corps de son tortionnaire s'évapore et, seul persiste l'effluve boisé de son parfum. Son dos glisse contre la paroi du bain en céramique et il laisse l'eau le submerger. Il bloque sa respiration et ferme les yeux. Le nouveau silence lui compresse les tympans. Comment ? Comment cet être peut-il autant le fasciner que l'effrayer ?! Il ne se sent plus le courage de le supporter, et pourtant… Il voudrait pouvoir de nouveau le sentir en lui. Effroyable révélation. Son cœur s'accélère et l'oblige à refaire surface. Ses iris scrutent rapidement la pièce. Personne. Il se lève brusquement et sort de l'eau désormais froide. Sa main attrape une serviette qu'il s'enroule autour de la taille. Ses doigts essuient le miroir et ses yeux détaillent avec minutie son reflet. Deux vilains cernes ont creusé la peau de son visage et son teint n'aura jamais été aussi pâle. Ses fins sourcils se froncent et il quitte ce lieu qui n'est plus à même de soulager ses souffrances. Ses longues et minces jambes l'emmènent dans sa chambre où traînent encore les pages de son dernier ouvrage incomplet. Une à une, il ramasse les feuilles éparpillées aux quatre coins de la pièce, et les déposent sur son lit où il s'installe.
- Arriverais-je seulement à le terminer ?
Un courant d'air soulève les copies et les renvoient au sol. Les prunelles du châtain se tournent vers la fenêtre entrouverte et un nouveau soupir franchit ses lèvres. D'un mouvement las, il se lève et referme l'importune. Même la nature s'y met.
- Et tu n'as encore rien vu.
La voix est sinistre et lui fait naître un long frisson. Encore lui, toujours lui. Son front vient rejoindre la vitre glacée et un halo de buée se forme sur le verre.
- Ne soupire pas déjà.
Le jeune écrivain ferme ses paupières et retourne sur le matelas où l'attend sagement son bourreau. Une fois de plus face à face, les deux hommes se contemplent sans dire mot et laissent leurs prunelles se livrer à une bataille silencieuse et sans nom. Les sombres perles aux couleurs de l'onyx dévorent sans pitié les deux orbes ambrés qui leurs tiennent tête, et c'est sans comprendre qu'Uruha se retrouve allongé sous l'ange ténébreux. La chevelure de jais dégringole de chaque côté du beau visage et vient caresser ses épaules dénudées. Les lèvres sensuelles s'étirent en un somptueux sourire carnassier et ses fins doigts redessinent avec lenteur les contours androgynes du bel écrivain. Son souffle a l'intensité du souffre et ses gestes graciles le rendent plus captivant que jamais. Uruha ne bouge pas d'un centimètre, il est comme hypnotisé par ce regard de braise. Il peut sentir les doigts du messager contre sa tempe, puis sur sa gorge et enfin sur son torse. Sa respiration ralentit pour se fondre avec le silence oppressant. Inverse parfait de son rythme cardiaque qui ne cesse d'accélérer, alors que les ongles de son tortionnaire tracent leur chemin vers son nombril. Ils griffent la peau fragile sans une once de remord. Les dents du châtain se referment sur sa lèvre inférieure pour empêcher la naissance de tous sons. Des frissons l'assaillent tandis que d'innombrable bouffés de chaleur parcourent son être.
- Ya… Yamete…
- Hum… C'est dit avec si peu de volonté…
- Pourquoi ? Pourquoi agis-tu ainsi ? Accompagnes-tu chacune de tes victimes de cette façon ?
- Non, tu es le seul.
- Pourquoi ?
- Parce qu'ils ont tous avoué leurs pêchés.
- Je n'ai commis aucune faute…
- Va dire ça à ta pauvre sœur.
- Je ne peux pas avouer quelque chose que je n'ai pas fait.
- Mais tu l'as fait.
- Ma sœur s'est noyée.
- Dieu voit tout. Tu ne peux pas lui mentir.
- Eh bien, si le Dieu dont tu me parles à quoique ce soit à me reprocher, qu'il vienne m'en faire part.
- Dieu ne s'abaisse pas à faire ce genre de chose.
- Mais toi oui.
- Moi ? Je ne suis qu'un émissaire du diable. Je récupère simplement les âmes que le tout puissant n'a pas daigné accueillir dans son paradis.
- Il se trompe.
- Dieu ne commet jamais d'erreur. L'ignorais-tu ?
- Il a créé l'homme. C'est une grave erreur.
- Alors tu conçois le fait que tu sois une erreur ? Ricane le brun.
- Tout à fait.
- Es-tu stupide ?
- Non. Je n'ai jamais souhaité venir au monde.
- Alors tu penses que c'est le monde qui a voulu que tu viennes à lui ?
- Je ne peux pas l'affirmer.
- Oh ! Alors tu ne fais pas parti de ces savants fous qui pensent tout savoir sur tout ?
- Je ne suis pas fou.
- Ce n'est qu'une question de temps.
- Cesse de prendre tes rêves pour la réalité !
- Et toi, cesse de t'énerver, la colère déforme ton si joli visage.
Un sourire mesquin illumine le visage du messager et il emprisonne la bouche de l'écrivain. Le cœur battant, Uruha entrouvre inconsciemment ses lèvres et laisse la langue de son bourreau rejoindre la sienne. Le brun l'entraîne dans une dance licencieuse dont-il ne connaît que trop bien l'issue. Leurs souffles se mêlent avec ardeur et chacun s'enivre de la chaleur de l'autre. Les mains d'Aoi se pressent sur le corps frissonnant et le déleste de cette serviette encombrante. Le voilà de nouveau nu devant cet être imposant. Le parfum du cèdre revient imprégner la surface de son palet et son bassin ondule légèrement. Ce jeu malsain le perdra… Il doit stopper cette folie tout de suite, il le sait… Seulement, ses gestes sont loin de suivre sa pensée. Ses mains l'attirent toujours plus contre lui, ses cuisses se frottent inlassablement contre leurs jumelles, et son rythme cardiaque s'accélère toujours plus. Il veut arrêter, mais quelque chose l'en empêche… Ses doigts partent déjà à la rencontre de cette peau de velours, mettant à nu son partenaire en quelques mouvements habiles. Aoi jubile déjà, la victoire ne peut-être que sienne désormais. Les draps se défont sous l'impatience des deux adonis, les feuilles restées sur le lit se froissent, la chaleur monte et les yeux d'Uruha brillent d'une nouvelle lueur. Pas celle qu'on voit d'habitude dans le regard d'un amant prêt à être submergé par le plaisir… Non, c'est une étincelle peu commune qui ressemble quelque peu à celle de la détermination. Elle cri fièrement : Je ne perdrai pas ! Le messager laisse ses dents marquer le cou blanc offert, puis descend jusqu'au torse imberbe, torturant les deux boutons de chair durcis. L'écrivain sourit et donne un violent coup de bassin à son bourreau, le déséquilibrant par la même occasion. Tout va très vite, et Aoi ne voit rien venir. Le châtain retourne très vite la situation, inversant les places pour pouvoir surplomber le messager surpris. Le souffle court, ils se dévisagent, tentant tout les deux de savoir où en sont les choses.
- Ton charme n'est pas sans faille.
- Je n'ai pas dis qu'il l'était. Murmure le brun qui semble avoir retrouvé son sourire moqueur.
- Tu as perdu pour cette fois. Avoue-le.
- Ce n'est que partie remise…
- …
- Et puis… Qui te dit que la partie est finie ?
- Je l'ai décidé.
- N'ais-je pas déjà dis que ce n'était pas toi qui fixais les règles ?
- Je n'aime pas faire ce qu'on me dit.
- Il faudra bien que tu t'y fasses, à un moment ou à un autre.
- Je ne m'avouerai jamais vaincu. Et surtout pas face à toi.
- Ton entêtement finira par te coûter cher.
- Je n'y crois pas.
- Tu devrais.
Le brun claque des doigts et disparaît, laissant Uruha tomber contre le matelas. Un poids sur ses reins lui signifie que le passeur a réapparut sur lui, et ses mains se crispent automatiquement sur l'oreiller.
- Je crois que tu as parlé un peu vite.
Le souffle chaud de son bourreau effleure gracieusement son dos et il sent une des ses mains caresser l'intérieur de ses cuisses.
- Avoue tes fautes Uruha…
- …
- Avoue-les, et je t'emmènerais aux portes du paradis. Là-bas, tu pourras implorer le pardon du tout puissant. Peut-être que dans sa grande bonté, Dieu te prendra dans ses bras et t'offrira son pardon.
- Le Dieu dont tu me parles n'existe pas. Je ne m'abaisserai jamais devant tes mensonges.
- Pauvre fou obstiné.
- Laisse-moi.
- Jamais. Puisque tu ne veux pas du paradis, alors je te conduirai dans le brasier de l'enfer.
- L'enfer n'existe pas plus.
- Bien sûr que si. C'est un endroit charmant d'ailleurs.
- Ce n'est pas ce qu'en disent les livres.
- La bêtise humaine n'a-t-elle donc aucune limite ?
- …
- Le problème reste qu'on ne peut pas en revenir. Car c'est bien connu, à long terme, même un endroit charmant devient lassant.
- Pourquoi n'y retournes-tu donc pas ?
- Parce que je n'ai jamais vraiment été invité à y demeurer. Mon rôle reste, et restera de voguer entre nos deux mondes.
- Quel dommage…
Un petit rire brise le silence, et Aoi se redresse pour aller ouvrir la fenêtre et s'y accouder.
- Je crois que je ne me suis jamais autant amusé. Tâche de ne pas céder avant la fin du compte à rebours.
- Je ne te ferais pas ce plaisir.
- Bien. Je laisse les cauchemars s'occuper de toi pour cette nuit.
- J'ai passé l'âge de faire des cauchemars.
- Nous verrons cela…
Un sourire amusé, et le messager disparaît, laissant derrière lui des volutes de fumé. Les iris de l'écrivain fixent la fenêtre ouverte et il se glisse sous la couette, la remontant jusqu'à son menton.
- Alors… Dormir ne m'est même plus permis ?
Le châtain inspire doucement et ferme les yeux.
- Je plongerai à pied joints dans tes pièges… Mais sache que je m'en relèverai toujours.
H-58
