Bonne lecture...


-Si j'avais su, j'aurais peut-être évité le double café surmonté de crème liégeoise, ce matin, marmonna DiNozzo, en réprimant un haut-le-cœur.

Toujours assis sur son siège, la portière ouverte, la tête entre les genoux, il tâchait désespérément de garder son petit-déjeuner dans son estomac. La conduite de Gibbs était déjà terrifiante à voir. Mais être dans la voiture au même moment n'était même pas un sentiment descriptible. Heureusement pour lui, ils devaient attendre que le camion du médecin légiste arrive, et il profitait de ce laps de temps pour se remettre de ses émotions.

Une fois que ses jambes lui parurent moins fragiles, il se releva et marcha de façon aussi décontractée que possible vers le chef d'équipe et les agents Breslin et Roberts, les fusillant du regard au cas où l'un d'entre eux se permettrait un commentaire. Mais aucun des deux ne broncha, et ce fut Gibbs qui demanda ironiquement :

-Ce n'est que maintenant que tu nous rejoins, DiNozzo ?

-J'avais perdu … ma boucle d'oreille, répondit-il, sur le même ton.

« Comme si tu ne le savais pas, hein » pensa-t'il.

Breslin et Roberts échangèrent un coup d'œil, puis reportèrent leur attention sur Gibbs, pour voir sa réaction. Mais celui-ci continua de sourire et but une gorgée du café qu'il avait acheté sur le chemin.

Finalement, le camion arriva. Le médecin légiste en descendit et s'occupa tout de suite du corps sur la civière, alors que Keller les rejoignait.

-Keller, Breslin, Roberts, vous prenez les escaliers. Vous, dans l'ascenseur, ordonna Gibbs, avec un coup de tête en direction des escaliers, puis de DiNozzo.

-Wow, traitement de faveur, Gibbs ? Je suis touché, répliqua le policier de Baltimore, en entrant dans la cabine, sur les talons de Gibbs. On va finir par bien s'entendre tous les deux ! Un de ces jours je vous inviterai peut-être à voir un film chez m…

L'ascenseur se stoppa brusquement et se plongea dans une semi-obscurité.

-Hé, qu'est-ce qu'il se passe ? On a dépassé le poids limité, ou quoi ? Il va falloir arrêter le café, Gibbs, plaisanta-t'il. Vous saviez qu'il ne fallait pas dépasser 80kg et vous êtes quand même montés ?

Sa voix s'éteignit peu à peu, quand il remarqua que l'agent du NCIS se tenait juste à côté du panneau de contrôle, la main sur le bouton marqué « Arrêt d'urgence ».

-Ok, si on travaille ensemble, je vais poser certaines règles, commença Gibbs.

-Euh… On est obligés d'en discuter dans une ambiance de films d'horreur ? Pourquoi ne pas faire ça dans un parc, à côté d'une fontaine, avec des gamins qui jouent au foot, et des vieux qui font des mots-croisés ?

DiNozzo avança la main pour réenclencher l'appareil mais heurta le bras de Gibbs, renversant le gobelet de café qu'il tenait à la main. Il sentit tout à coup sa cravate se faire tirer en avant et il découvrit le visage de Gibbs à quelques centimètres du sien.

-Règle numéro 1 : ne jamais renverser le café d'un Marine, menaça-t'il.

-Vous… euh, vous êtes sérieux ? rigola DiNozzo. Ce n'était qu'un café, si vous voulez, je vous en rachète un en bas, avec un supplément de chantilly…

Il essaya de se redresser, mais Gibbs ne lâcha pas son emprise.

-Ok, d'accord, ce n'est pas une blague.

Gibbs lâcha un petit peu le tissu pour lui donner du lest et continua :

-Pendant toute la durée de votre « séjour » au NCIS, vous êtes sous mes ordres, et vous avez fortement intérêt à les suivre. Compris ?

-Clair come de l'eau de roche. Mais je ne vais pas me transformer en l'un de ces trois petits parfaits Marine, rajouta-t'il en faisant allusion au reste de l'équipe.

Gibbs lâcha complètement la cravate et ré-appuya sur le bouton. DiNozzo lissa le tissu, s'éclaircit la gorge et demanda, un sourire aux lèvres :

-Hé, Gibbs, je peux vous appeler… Jethro ?

Une main entra en contact avec l'arrière de son crâne et il grimaça.

-Règle numéro 2 : taper DiNozzo lorsqu'il dit une idiotie ! lança Gibbs en sortant de la cabine.

La porte de la salle d'autopsie s'ouvrit dans un chuintement et l'équipe au grand complet entra.

-Ha, Jethro, tu arrives tout juste au bon moment ! Je viens d'envoyer des substances à analyser à Abby et je viens de vérifier la cause de la mort…
-Jethro ? Pourquoi il a le droit de l'appeler Jethro et pas nous ? marmonna DiNozzo à l'adresse des trois autres agents.

Ducky releva la tête et son visage s'éclaira :

-Ha voici notre cher policier de Baltimore qui a mis une contravention pour excès de vitesse au grand Jethro Gibbs !

-Lui-même, répondit DiNozzo, avec un grand sourire.

-Docteur Donald Mallard, pour vous servir, se présenta le médecin en tendant sa main gantée, couverte de sang.

-Euh… Anthony DiNozzo, Mr Mallard, répondit le jeune homme, avec une grimace de dégoût.

-Oh appelez-moi Ducky, je vous en prie, Anthony…

-Finies les politesses, Duck, alors comment est-ce qu'il est mort ? intervint Gibbs, d'un ton ennuyé.

-Venez donc par ici, demanda Ducky en les emmenant devant le cadavre.

Au dur et à mesure qu'il s'approchait de la table, Tony sentait l'odeur de décomposition s'amplifier et lui prendre la gorge. Son estomac se remit à faire des siennes.

-Notre pauvre Marine a reçu un violent coup sur la nuque par un objet lourd, comme le témoigne cette marque violacée, ici, commença le médecin légiste, en pointant son endroit sur l'ecchymose. Vu l'absence d'abondance de sang autours de la plaie, il était inconscient lorsqu'il a reçu cette balle, et celle-ci. La première est entrée directement dans le poumon droit, créant une hémorragie interne, et la deuxième, plus précise, a perforé le cœur, le tuant instantanément.

Il s'éloigna quelques instants pour prendre son bloc-notes, tourna quelques pages et annonça :

-De la poudre blanche a été retrouvé sur ses doigts et…
-De la drogue, l'interrompit Tony, sur le ton affirmatif, plus qu'interrogatif.

-Très probable, Anthony, mais je l'ai envoyé à Abigail pour qu'elle vérifie.

-Ok Duck, merci. Keller, Robert et Breslin, vous commencez à faire des recherches sur notre Marine. On a retrouvé son portefeuille pas loin de la scène de crime. Relevés bancaires, téléphoniques, liens familiaux, amicaux… DiNozzo, avec moi, on monte voir Abby.

Le petit groupe se sépara en deux et Tony se précipita derrière Gibbs, dans l'ascenseur :

-Abby ?

-Abby, notre scientifique et spécialiste d'investigation en technique de laboratoire, récita Gibbs, avec une gorgée de café.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit et ils s'avancèrent tous les deux vers la porte vitrée qui marquait l'entrée du laboratoire. Dès qu'elle se fut ouverte en coulissant devant les deux hommes, une musique très forte parvint aux oreilles de Tony qui regarda avec appréhension devant lui…


Encore merci pour vos magnifiques reviews qui me font sourire à chaque fois! Je suis vraiment contente que vous appréciiez cette fiction =).

Bisous.