2 Réveil

Mal de crâne. Ouaip, un putain mal de crâne.

Et ça veux dire qu'une chose : je me suis bourrer la gueule pendant le service.

Et merde je vais me faire tuer. D'ailleurs c'est pas normal que je me réveil tout seul sans Tseng pour foutre mon matelas au sol. Ou Rude. Ah non, c'est vrai qu'il préfère les sceaux d'eau froide. Ils auraient eut pitié de mon mal de mer ? Peu probable. Bon le fait est que c'est pas normal.

En plus j'ai chaud. Bon, ça a la limite c'est agréable. Mais j'ai plutôt l'impression que c'est quelqu'un qui pionce sur moi. Qu'est-ce que j'ai encore foutu bordel ?

Je me risquai à ouvrir un œil. Pour le refermer tout de suite. J'ai horreur du soleil après un lendemain de cuite. Bon allé, courage mon petit…nannn grand Reno !

Je souffla un coup, ce qui fit resserré ma couverture, et ouvrit grand les yeux.

Bingo : Je suis pas dans ma chambre – beaucoup trop propre – et c'est pas une couverture, ou du moins pas une couverture de tissu.

De mon angle de vu je sais même pas si c'est un gars ou une fille. C'est bien ma veine tient. En tout cas c'est blond. Rigolez pas, c'est déjà une grande découverte ! Je sais plus trop quand, je me suis réveillé avec une gonzesse rasée… que j'ai pris pour Rude. Elle l'a bizarrement mal prit quand Rude est arrivé après. Avec un sceau d'eau justement.

J'émis un petit grognement en essayant de me libérer. Ma couverture blonde tenait apparemment à son matelas, c'est-à-dire moi. Je pouvais pas trop lui en vouloir vu qu'on a dormi à même le sol. Youpi ! Heureusement que je suis habitué, je suis un truk l'oubliez pas, sinon je pouvais dire bonjour aux courbatures.

Si au moins je pouvais savoir ce qui c'était passé… Je sais que je m'en rappellerai dans deux jours – l'alcool a un effet assez étrange sur moi – mais faut mieux savoir avec qui je suis pour pas trop me faire engueulé par le boss. Boss qui dois vraiment s'énerver. M'demande quand il va finir par m'appelé au PHS.

Aussitôt pensé, la stridente musique résonna dans la cabine. Ma couverture pu donc enfin émergé dans un concert de grognement, je le comprend, et je découvris qu'il s'agissait d'un garçon. Ou plutôt d'un gringalet. Et re-merde.

Je me mis aussitôt à m'imaginer des arguments pour prouver que je ne suis pas pédophile. Dur dur…

Et mon téléphone sonne toujours.

Y a des fois où on ferait mieux de rester à Midgar.

« Je peux ? » demandais-je timidement au blond qui me fixait dans air étonner. Il devait pas se souvenir de grand chose lui non plus.

Néanmoins il hocha la tête et se releva en grimaçant. Je sens que je vais l'apprécier.

Je sortis mon PHS avec un air d'épouvante sur le visage. Pire que Tseng – Rude ne parle pas, même au téléphone – c'était Elena. Je déglutis et laissa l'engin sonner.

« T'aurais pas de l'aspirine ? » grimaçais-je.

Il fronça les sourcils pour finalement secouer la tête. « Désolé, j'ai horreur des médicaments. » Il jeta un coup d'œil irrité à mon PHS et reprit. « Je peux répondre si tu veux. »

Je lui lançai un regard ahuri. « T'es maso ? »

Il grimaça en se massant le crâne. « Pas spécialement. » Il haussa des épaules et redirigea son regard bleu azur sur moi. « C'est juste que tu faisais une tête horrible. Et aussi parce que j'ai horreur de cette sonnerie. L'alcool doit aider aussi.»

J'hochai la tête. Je ne pouvais que lui donner raison. Déjà que ce bruit – on ne pouvait pas prétendre que c'était une mélodie - était insupportable sobre, alors quand on vient de se réveiller d'une cuite...

La sonnerie reprit furieusement, m'arrachant un gémissement de douleur. Ni une, ni deux : je lui filai mon PSH et me vautra dans le lit la tête sous l'oreiller. J'avais momentanément oublié mon mal de mer et il me rappelait à l'ordre.

« Hallo ? » fit le type blond. Je pouvais presque imaginer sa grimace en entendant les cris stridents d'Elena à travers le tissu remplumé.

« Tifa, c'est toi ? » demanda t-il enfin en coupant le flot d'injure. « Je t'ai prévenu que j'arriverais après demain, pas la peine de m'engueuler. J'ai pas réussi à chopper un taxi à temps pour prendre le premier bateau. »

J'étouffai un hoquet de surprise et entrepris de regarder mon 'sauveur'. Il faisait comme si on avait échangé nos appareils ? Pourquoi pas. Bonne technique en tout cas : j'ai toujours pas entendu Elena.

« Tifa ? » reprit-il avec un ton faussement inquiet. Je l'admirai. Garder un visage de marbre tout en mettant des sentiments – trafiqués – dans sa voix serait et restera un exploit à mes yeux. « Tifa ? Quelque chose ne va pas ? » pressa t-il comme s'il commençait à s'affoler.

J'entendis alors la voix perplexe d'Elena : « Hallo ? Je ne suis pas sur le PHS de Reno ? »

La pauvre. Je vois d'ici son rougissement.

« Reno ? » fit le blond d'un ton surpris. « Non, moi c'est Cloud. »

« Oh ! » s'exclama la jeune femme. « Excusez-moi. J'ai dû me tromper de numéro. »

« Ce n'est rien. » Cloud avait désormais un ton soulagé. « J'ai juste crû que j'avais fait une grosse bêtise. Mon amie est assez effrayante… » souffla t-il en confidence.

« Encore désolée alors. Hum… passez une bonne journée ! »

Le blond coupa mon portable et ricana. « J'ai l'impression que les filles sont presque toutes montées sur le même modèle. »

J'acquiesçai une fois de plus. « C'est effrayant. »

Je fixai distraitement l'adolescent en face de moi. Il était plutôt petit et maigrichon. On devinait de futur muscle à ses biceps avec le débardeur bleu qu'il avait. Si ce physique était banal, sa coupe l'était beaucoup moins : jamais vu un type coiffé comme ça. On pouvait même plus parler de mèches rebelles.

Il accrocha ses yeux au moins dans une question muette. Je le rangeai immédiatement dans un cas similaire à Rude : moins j'en dis, mieux c'est.

« Merci pour le coup de main. T'es un sacré acteur ! »

Voulait-il faire carrière ? Si c'est le cas, je veux un autographe.

Néanmoins il haussa des épaules désintéressé. « Je voulais faire SOLDAT. »

Il n'ajouta rien d'autre. J'interprétai son silence dans l'instant : « mais je me suis fait jeter. »

Pauvre gosse. Il devait avoir quoi…quatorze ans ? Au moins il n'a pas fait de services. Il aurait été chambré comme jamais avec son aspect maigrelet.

D'un autre côté, je ne pouvais que soupirer. Pourquoi tout le monde voulait devenir SOLDAT ? Ces types étaient pas très nets, surtout ceux sortant de chez Hojo.

« Tu voulais ? » repris-je. « Donc tu as abandonné. » Je n'aimais pas les faibles, ceux qui baissent les bras à la moindre contrainte.

Je le surpris en train de secouer la tête. « Non. On m'a fait comprendre que c'était une utopie. Je suis réaliste aussi : je n'arrivais strictement à rien pendant les entrainements. »

Je soupirai. Et bloqua.

« Attends, t'es rentré dans l'armée ? » Merde, j'aurais mal interprété son âge ?

Il fronça les sourcils, mécontent. « Tu vas me poser cette question combien de fois ? » grogna t-il. Devant mon air perdu il continua avec reluctance. « Tu m'as posé cette question trois fois hier. En dix minutes d'intervalle. »

Hum…Faut dire j'étais bourrer.

« Pas grave, après une cuite, faut deux jours pour que je retrouve la mémoire. »

Il s'étrangla. De rire ou d'étonnement ? Aucune idée. J'allais lui demander quand la sonnerie abominable de mon PHS résonna encore. Je jetai un coup et lui tendis de suite. Elena.

Il ricana et décrocha avec un « Ouuuui ? » artificiellement joyeux.

« Reno ? » demanda la voix grave de Rude.

A zut. Elena lui avait filé son PHS. Cloud répondit quand même.

« Non, non. On me l'a déjà demandé. Moi c'est Cloud. »

Il y eut un silence avant que Rude reprenne.

« Connais pas. » Et il raccrocha.

Cloud fixa l'appareil stupéfait et me le rendit une dizaine de minutes après – j'étais trop pété de rire pour pouvoir faire un geste – encore renfrogné.

Faudrait que j'ai une discute avec Rude sur l'amabilité. Quoique…voir un Rude aimable avait de quoi faire peur.

Je reparti dans un fou-rire en imaginant mon collègue demander, en parfait gentleman, s'il pouvait vous faire manger les murs.