Merci 1 :Je remercie Coquillette, qui lit chaque chapitre en exclusivité (ben à la base c'est elle qui me l'a commandée) et les corrige. En fait, c'est un peu ma Bêta XD. Merci pour tout le temps que tu me consacres.

Merci 2 :Et je n'oublie pas Kaloon, qui me redonnes toujours de l'inspiration et l'envie d'écrire. Merci ma chérie d'avoir fait de moi ta Bêta, et d'être toi, tout simplement.

Note importante :Cette histoire est fortement inspirée des 2 merveilleuses années que j'ai passées dans ma prépa semi intégrée. Que personne ne voit ici de quelconques reproches vis-à-vis de son système ou des gens que j'y ai rencontrés : je les adore tous et si c'était à refaire je le refaire sans hésiter et les yeux bandés ! Et tout ce qui m'a inspiré est véridique et à peine exagéré (voir même parfois j'ai minimisé les dégâts pour ne choquer personne )

Toutes mes excuses : Je ne m'étais pas aperçue que j'avais laissé le filtre qui empêche de recevoir des reviews anonymes (je ne savais même pas qu'il y en avait un TT). Désolée. Mais normalement, c'est corrigé !(donc vous pouvez m'en laisser maintenant )

Blabla pour ce chapitre :

Je vous conseil d'écouter Life Burns (chanson et instrumental) de Apocalyptica, avant de lire ce chapitre, ou pendant ce chapitre. Quatre vous expliquera pourquoi...

Et un grand merci à Coquillette (encore), à Fredjs, à l'Ange Rouge et à Plikt pour les reviews !!

J'espère que ce second chapitre vous plaira. Bonne lecture.


Les GWiades 2

Je sens bien que quelque chose le tracasse depuis qu'on lui a mis ce plâtre, mais je n'arrive pas à savoir quoi.

- Duo, ça va ?

Apparemment je le tire de ses réflexions.

- Hum… Oui oui Quatchou.

- You run, you hide but you never lie mon Dodo…

Ses lèvres autant que ses yeux me sourient. Ouf.

- Ce n'est pas que je vais mal my little angel mais… je sais pas… je… je suis pff.

- Pff ?

Il prend une grande inspiration et me lâche dans un grand soupir à fendre l'âme tout ce qu'il a sur le coeur.

- Pffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff.

Et j'éclate de rire, suivi de près par mon inestimable meilleur ami. J'ai beau être empathe, je n'ai pas son don de réchauffer une atmosphère et les cœurs en moins de temps qu'il n'en faut pour réaliser qu'on est déprimé. Puis je reprends mon sérieux, car j'ai enfin compris ce qui n'allait pas. Et ce n'était pas une question de douleur nasale.

- Je suis désolée mon Duo. C'est de ma faute : je t'ai poussé à jouer au rugby alors que tu avais refusé au départ, et maintenant j'ai gâché tes GWiades alors que tu attendais ça avec impatience. C'est vrai, tu t'en faisais une telle joie !

- …

- Tu ne m'en veux pas trop ?

Il me regarde et me sourit. Puis il me met une grande tape amicale sur le sommet de la tête. Aïe.

- Ça t'apprendra à dire des âneries. Je t'adore my little kitten et tu sais bien que je ne peux pas t'en vouloir pour un truc aussi bête.

Et nous nous faisons un câlin comme nous les aimons tant dans la voiture qui nous emmène de l'hôpital au RU, où nous allons rejoindre les Nancéens et les autres Toulousains pour prendre notre dîner. Les Grenoblois mangent chez eux, puisqu'ils sont chez eux : hé oui, cette année les GWiades se déroulent à Grenoble !

- En fait ce qui m'embête c'est que je vais avoir l'air con moi, avec ça sur le nez, pour les matchs de demain.

- C'est sûr que tu seras moins impressionnant quand tu lanceras ton regard-de-la-mort-qui-tue.

Duo me lança son célèbre regard de Shinigami, mais, effectivement, il n'était pas crédible. Pas une seconde, avec ce gros truc blanc sur son nez en trompette. Surtout lorsqu'il éclata de rire avec moi une nanoseconde plus tard !

Le fou rire a bien dû durer 5 minutes car il était très contagieux et, en bons amis qui partagent tout, nous nous le transmettions l'un l'autre. Même notre chauffeur, une certaine Dorothy du BDE de Grenoble, a esquissé un microsourire franc.

Non pas qu'elle ne souriait pas jusque là, mais ça tenait plus du sourire manipulateur du prédateur analysant sa proie. Néanmoins, il en faut plus pour nous déstabiliser Duo et moi. D'un autre côté, si elle n'avait pas capté notre fou rire communicatif avec les antennes que forment ses sourcils…

Rooh, je suis méchant.

Mais ses sourcils sont vraiment bizarres.

Elle met du gel ?

C'est pour se donner un genre ou c'est naturel ?

Je connais beaucoup de praticiens, de chirurgiens, et même de coiffeurs si ça peut l'aider. Quelques coups de fils et…

- Et voilà le RU. Je vais vous laisser rejoindre vos amis. On vous distribuera un ticket repas à l'entrée, comme à midi. Bon appétit…

Effectivement nous sommes devant le RU : on commence à connaître, étant donné que nous y avons déjà pris le petit déjeuner et le déjeuner. Mais est-ce qu'on va retrouver les autres ? On est quand même environ 150 Toulousains et 120 Nancéens ! Heureusement, on nous a distribué des tee-shirts pour l'évènement des GWiades, de couleur différente pour chaque site. Il nous faut donc éliminer les bleus de Nancy pour parvenir à nos amis rouges, puis atteindre les quelques jaunes de Grenoble qui sont restés et qui détiennent nos passes pour le repas.

Bon, mon intuition me dit que les 2 autres devraient être par…

- Hé Quatchou regarde Hilde et Wufei sont par là !

… là.

- Hilde ! FeiFei ! On est revenu !

- Oui Duo, mais le chemin va être semé d'embûches pour les revoir.

En effet, de nombreux Toulousains l'interpellent pour prendre de ses nouvelles et s'inquiéter de son état. Nous leur répondons gentiment, tout en essayant de pousser un peu pour rassurer notre pétillante brunette.

Duo abrège de plus en plus les discussions : son estomac crie famine et il trépigne d'impatience de serrer notre amie. Autant pour partager sa joie de la retrouver que pour faire fulminer notre chinois...

- Bon tu as vu Hilde, il est vivant. Donc maintenant on peut aller manger.

- Ah mon Feifei... Je savais que je t'avais manqué.

- Wufei espèce d'analphabète. Ce qui me manque c'est la sérénité qui a accompagné ton départ.

- Voyons Wufei, entre les mégaphones, les trompettes, les chants, les bidons qui servent de tambours - et j'en passe ! -, ne me dis pas que tu trouves que c'est calme en l'absence de Duo.

- Winner, du moment que personne ne vient gesticuler autour de moi ou me casser les oreilles, je ne me sens pas agressé.

Comment fais-tu pour vivre une si grande idylle avec Hilde alors ?

- En fait, ce que veut dire le nem ambulant Quatre, c'est que c'est moi qui l'énerve.

- Tout à fait.

- Tu vois. En réalité, sa part d'homosexualité refoulée est irrésistiblement attirée par moi - désolé Hilde, j'ai rien fait pour - et comme il a du mal à l'accepter, il transpose la faute sur moi en cherchant à me frapper.

Alors essayons de vous dépeindre convenablement le tableau : Duo nous a fait son exposé l'index levé, et il a maintenant les deux poings sur ses hanches, arborant le sourire de la victoire. Hilde, nullement vexée, est totalement pliée en deux. Moi même je suis en train de difficilement réprimer un fou rire. Ça fait travailler mes abdos. Quant à Wufei... il a essayé différentes expressions : surpris, avec de gros yeux bien ronds et la bouche ouverte, blanc, jetant un regard désespéré à Hilde pour la convaincre que rien n'était vrai, et finalement rouge, s'apprêtant à étrangler Duo.

Penser à s'écarter de leur chemin.

- Espèce de sale enfoiré ! Je vais te scalper !

- Chaud devant !

Presque automatiquement, tous les Toulousains lui dégagent le passage. Les Nancéens ne tardent pas à analyser le risque - futurs ingénieurs oblige... - et à faire de même d'ailleurs. Je vous ai dit que Duo courait très vite ? Hé bien sa vitesse de pointe à considérablement augmenté depuis que Hilde sort avec Wufei.

- Je te propose de commencer à faire la queue pour les tickets.

- Bonne idée. Ces deux là auront faim quand ils s'arrêteront. Bon, qu'ont dit les médecins ?

Je lui résume brièvement la situation. Puis nos amis, essoufflés, nous rejoignent quand arrive notre tour. Aussi incroyable que ça puisse paraître, je suis convaincu que l'estomac de Duo agit comme un second cerveau et qu'il possède des récepteurs à ce genre d'informations.

Surtout que Duo mange de tout et qu'aucune nouvelle expérience culinaire, même hautement risquée, ne lui fait peur. Exemple : il goûte toujours la cuisine de Hilde, alors que moi je me méfie dès qu'elle fait des coquillettes. Mais non je ne fais pas la fine bouche ! Vous en connaissez beaucoup vous qui ratent des pâtes une fois sur deux ? Moi oui...

Et mon Dodo mange chez elle une fois tous les 3 jours... Heureusement que Wufei cuisine parfois.

Quoiqu'il en soit, nous avons pu rejoindre notre chambre d'hôtel vers 20h. Ah, enfin une pause, avec douche en prime... Vu la chaleur et le soleil qu'il a fait toute la journée, c'est vraiment un bonus acceptable ! Surtout pour les sportifs qui ont beaucoup - énormément - sué pour nous offrir la victoire.

Ah je ne vous l'avais pas dit ? Mea culpa. Je commence à perdre la tête. Comment ça c'est à cause de ma blondeur ? Pff.

On a donc, comment dire, rétamé... - euh non - ... écrabouillé... - non plus, un peu de diplomatie - ... remporté l'épreuve de rugby, filles et garçons. Les scores étant :

filles : Nancy 4 - Toulouse11

Grenoble5 - Toulouse10

garçons : Nancy 10 - Toulouse24

Grenoble14 - Toulouse36

Ben que voulez-vous : les filles du Nord se sont bien défendues mais elles tiennent plus de la fille douce et généreuse alors que celles de Toulouse sont... caractérielles et sans ménagement. Quant aux garçons, il faut avouer que nous avons trois armoires à glaces dans l'équipe et deux sprinters - même si un a été blessé juste avant la fin de la première mi-temps du dernier match. Il paraît que ça a boosté l'équipe.

Attention : je ne dis pas que les membres des autres équipes étaient faibles et maigrichons. Il n'y a qu'à voir celui qui a cassé le nez à Duo. Mais ce n'étaient pas, du moins pour la majorité, des blocs de béton armé programmés pour avancer (Ça ne veut rien dire, c'est une image, comme " comme des plumes de papillon" (1) ). Tenez Boris : j'ai vu un Grenoblois s'accrocher à son T-Shirt pour essayer de le ralentir quand il courrait avec le ballon, et lui il continuait d'avancer, même pas freiné, alors que son haut se déchirait au fil de sa progression (2).

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Et bien il est maintenant 20h30 (et oui, la douche était express) et nous allons partir pour la salle Ève : c'est une sorte de club situé sur le campus que le BDE a loué le premier soir pour que les groupes de musiques des différents sites puissent jouer. Duo, Hilde et moi même faisons partie de celui de Toulouse. Il y a aussi Johanny à la batterie, Arthur au synthé et Laure à la basse - puisque Hilde chante. Enfin, je ne suis qu'un membre occasionnel, car on trouve peu de violons dans la musique "moderne" et je suis déjà pas mal occupé entre mes études et mon père. Mais je joue une chanson, ce soir comme à chaque fête de la GW. Donc je pars avec les autres pour tester le matériel avant l'arrivée de tout le monde.

Et bien on a bien fait de s'y rendre 30 min à l'avance ! La salle est agréable et on se croirait dans un amphithéâtre (la scène est surélevée par rapport à la piste de danse circulaire encadrée par plusieurs marches), mais les haut-parleurs et le son étaient vraiment mal réglés. Heureusement, Johanny et moi on s'y connaît pas trop mal.

Et heureusement que la soirée commençait par des numéros de danse - sur la piste, ouf - : Nancy en premier, qui avait réalisé une démonstration de rock et de danse africaine, puis Grenoble qui en avait programmées deux dont une exécutée par une sportive de haut niveau en danse (ce sont des GWiens qui ont un assez bon classement national ou régional et qui font la GW en 3 ans au lieu de 2 pour pouvoir continuer leur activité). Elle nous a bien fait gagner 13 minutes. Puis les Toulousaines sont arrivées, enchaînant différentes danses au fil des extraits qu'elles avaient sélectionnés. Les garçons les ont remplacées vers la fin, déguisés en filles perverses, et Gnioufi en a profité pour nous offrir un hélicoptère (3). Nous, nous sommes habitués donc ça nous a fait sourire, mais j'ai peur que les bleus et les jaunes aient été choqués à vie : la moitié demandait à son voisin s'il avait vu la même "chose" que lui sous la jupe, un quart était plié en deux, et le reste admirait le plafond ou le sol. Tous les autres Toulousains les ont ensuite rejoints pour danser le final, entraînant tous ceux qu'ils pouvaient au passage, en entendant les premières notes de "notre" hymne (Botten Ana de BassHunter (version originale en suédois)).

Avec ce délai supplémentaire on a enfin pu être prêt pour ouvrir le bal. Hilde a commencé par chanter Holidays de Green Day, accompagné par Duo sur les refrains. Il a fait son petit effet, comme d'habitude, car Hilde a camouflé son plâtre avec du fond de teint ni-vu-ni-connu. Grâce lui soit rendue car sinon Duo nous avait menacé de jouer de dos... Puis Save Tonight de Eagle Eyed Cherry.

Et je suis monté sur scène pour Life Burns de Apocalyptica (4) (à la base ce groupe se compose de 4 violoncelles, mais ils font aussi des duos). On a beaucoup travaillé ce morceau et nous sommes très fiers du résultat, un mélange entre la version chanté par Lauri Yloenen et l'instrumental. Espérons que les autres sites vont apprécier. Ils ont l'air surpris de voir apparaître un violon. Qu'est-ce que ça sera quand ils verront l'accordéon de Nancy... En tout cas, ceux qui nous connaissent applaudissent déjà. L'intro commence. Je commence à jouer dès que Hilde chante.

We break our enemies with fear, and

we've seen how the tears come around.

We built our confidence on wasteland

we've seen how the walls come down.

Life Burns

Mad days that above us lie

Life burns from the touch of the Reaper

All things must pass

One love is a crooked lie

The world lies in the hands of evil

We pray it would last

Je me déchaîne sur mon violon, pour rendre au mieux son énergie à la chanson.

Life Burns

Je me laisse porter, je marche, je tourne, je m'approche des autres membres du groupe... : je me laisse porter par la musique et plus rien d'autre ne compte.

We have no sympathy for the lost souls

we've choosen the path of desgrace.

We give this life to our children

and teach them to hate this place.

Mad days that above us lie

Life burns from the touch of the Reaper

All things must pass

One love is a crooked lie

The world lies in the hands of evil

We pray it would last

Mad days that above us lie

Life burns from the touch of the Reaper

One love is a crooked lie

The world lies in the hands of evil

The world lies in the hands of evil

The world lies in the hands of evil

The world lies in the hands of evil

The world lies in the hands of evil

Mad days that above us lie

Life burns from the touch of the Reaper

All things must pass

One love is a crooked lie

The world lies in the hands of evil

We pray it would last

(Mad days that above us lie

Life burns from the touch of the Reaper

All things must pass

One love is a crooked lie

The world lies in the hands of evil

We pray it would last) joué par Quatre, sans Hilde

Life Burns

Life Burns

Ouf. Hé bien je suis crevé moi. Mais je suis content de l'avoir fait. En fait, je suis content de cette année car, même si mon père est encore et toujours sur mon dos - puisque je suis son héritier -, j'ai pu respirer et prendre mon indépendance grâce à leur amitié. Je parle bien sûr de Hilde et de Wufei, mais avant tout de Duo. Ce sont eux qui m'ont donné le courage de sortir de la fatalité dans laquelle je m'étais enfermé. Eux qui m'ont poussé à concrétiser mes envies, comme être là ce soir ou jouer autre chose que du classique. Jusqu'ici, la seule fois où je me suis affirmé face à l'autorité paternelle est lorsque j'ai refusé d'aller dans une école de commerce pour faire une formation d'ingénieur. Je sentais que c'était là ma place. Et encore, il n'a pas été bien dur à convaincre puisque, quelle que soit ma formation, je reprendrais les rennes de l'empire Winner. Je lui ai juré.

Mais cet avenir est encore loin et là je profite des applaudissements du public. Ils ont vraiment eu l'air d'aimer et ça me réchauffe le cœur.

Mais qu'est-ce que... ? Je sens un regard tellement appuyé sur moi, comme s'il me transperçait et cherchait à m'atteindre au plus profond de moi. Je l'ai senti pendant que je jouais, mais il était alors plus curieux et analytique. En quittant la scène j'en cherche la source et j'accroche son unique œil, l'autre étant caché par une mèche de cheveux auburn. Je ralentis, sous le poids de l'intensité de cet échange, et même si je ne vois pas très bien son visage, au travers de la pénombre de la salle, je sens qu'il cherche à obtenir quelque chose de moi.

Mais quoi ? Je suis comme hypnotisé. Je n'avais ressenti ça qu'une fois auparavant : je visitais la Maison des Loups, à Ax-les-Thermes, quand je me suis retrouvé nez à nez avec un loup blanc. Et nous étions restés à nous observer l'un l'autre, sans bouger, sans penser, pendant près d'un quart d'heure, au travers des deux grillages, jusqu'à ce que Rashid, mon majordome - garde du corps, vienne me tirer de cette bulle.

C'est d'ailleurs exactement ce qui se repasse ici : je me suis arrêté juste au bord de la scène fixant, ou plutôt fixé par ces pupilles, et c'est un petit coup de coude discret de mon Dodo qui me ramène à la réalité et me libère de ce lien bien trop fort.

Non mais qu'est-ce que je raconte ? Il faut vraiment que j'arrête de laisser mon cœur s'emballer pour rien. Je vais rejoindre Wufei à la sortie des coulisses : il s'est posté ici pour mieux surveiller d'éventuels fans de Hilde qui, un peu trop téméraires, tenteraient de l'approcher. Histoire de leur faire comprendre que c'est lui son petit-ami et qu'il compte bien le rester. Je vous assure qu'il faudrait être totalement suicidaire pour s'approcher de notre petite brunette quand notre chinois est en mode « mâle possessif et exclusif ». Comme dirait Duo : « T'y touches t'y payes, et ce n'est pas parce qu'il fait des études de droit qu'il va se retenir de vous casser un bras ».

Des picotements sur la nuque. Est-ce que... ?

- Bonsoir.

Je me retourne et... je suis de nouveau capturé. Et à mon tour je le capture en lui retournant l'intensité de son regard. Émeraudes contre Turquoises. Émeraudes et Turquoises. Tout le monde doit percevoir l'énergie qu'on se transmet, c'est pas possible autrement !

- Bonsoir.

- Je m'appelle Trowa. Mon ami Heero est rentré dans votre guitariste.

J'entends Wufei se décrisper légèrement. Eh non, ils ne sont pas là pour Hilde... Il concentre donc ses iris noirs sur les autres personnes encore présentes dans le périmètre, ce qui fait fuir la plupart de ceux qui tentaient seulement d'aller aux toilettes. Les architectes n'avaient sûrement pas pensé à ça quand ils les ont mis à côté des coulisses.

Après lui avoir jeté un œil suspicieux - c'est le cas de le dire-, Trowa se remet à me fixer. Je pourrais rester comme ça, mais je sens que lui aussi et j'aimerais encore entendre sa voix grave et chaude.

- Tu jouais au rugby cet après-midi toi aussi ?

- Hm.

- Tu es en quelle année ?

- 2A.

- Ah, donc tu as fini la GW. Et tu sais dans quelle école tu vas la rentrée prochaine.

- Normalement celle d'aéronautique de Toulouse.

- Ah c'est bien.

- Très bien.

Pourquoi j'ai un coup de chaud là ? Ils pourraient pas ouvrir les fenêtres ? Ou en avoir, tout simplement ? Et pourquoi on se sourit ? Il n'a quasiment pas bougé ses lèvres, mais je sais qu'il sourit et ça le rend encore plus beau.

Wufei soupire et lève les yeux en l'air. Qu'est-ce qu'il a ? Qu'est-ce qu'on a fait ? Il secoue la tête de droite à gauche en plus.

- Je t'emmerde Wufei.

- T'es désespérant Quatre.

Règle très importante : ne jamais m'appeler par mon nom devant des inconnus. Ils pourraient tilter. Merci.

- Occupes-toi de ton cul et des fans de Hilde : ils ont finis de jouer et ça va être la cohue. (sourire sarcastique)

- D'ailleurs j'en vois un qui arrive avec des fleurs.

Ça a pas loupé : il a immédiatement tourné la tête pour le chercher. Mais il a aussi très vite compris que ce n'était qu'un fantôme imaginaire.

- Maxwell je vais te faire avaler ta guitare corde par corde.

- Ah non, ne touches pas à mon bébé.

- Sale hamburger matérialiste fouteur de merde.

- Sale nem justicier soupçonneux à la con.

- Bakas.

Nous nous sommes tous retournés de concert pour constater que la statue grecque muette qui accompagnait Trowa savait parler. Et parler japonais - vive les mangas en VOSTF. Duo a l'air surpris de le voir là : il ne l'avait apparemment pas remarqué, trop préoccupé par Wufei.

Ah mais c'est qu'il s'en va ! Ah non, Trowa l'arrête d'une main sur l'épaule.

- Tu es sûr que c'est ce que tu étais venu lui dire Yui.

- Arrêtes de sourire Barton. Tu vas attraper une crampe des zygomatiques.

- Eh bien les garçons vous avez retrouvé le mode d'emploi de vos cordes vocales ?

Comment plomber une ambiance en une phrase. Mais pourquoi nous emmerder nous hein ? Tu t'ennuies ? Je ne l'aime vraiment pas celle là...

- Hn.

- Hm.

Merci Dorothy : juste quand ils commençaient à s'ouvrir. Tu veux pas qu'on leur parle ? Tu es jalouse ? Qu'est-ce qui t'es arrivé dans la vie, quel est ton parcours personnel, qui fait qu'aujourd'hui tu fasses chier les gens comme ça ?

- Bon je vous laisse. Ne forcez pas trop quand même vous pourriez vous les abîmer. Ravie de t'avoir revu Quatre : on n'a pas tous les jours l'occasion de rencontrer l'héritier d'un empire, et encore moins un Winner...

Mon cœur s'est arrêté de battre. Tous les autres se sont figés autour de moi. Je vais lui faire ravaler son sourire et ses sourcils.

- Ah ben c'est sûr : Quatchou est le seul fils de la famille.

Duo me retient en passant son bras autour de l'épaule. Ça me calme un peu.

- Mais bon, tu serais à Toulouse tu pourrais lui parler tous les jours : c'est quelqu'un de très sympa et ouvert. Il a pas la grosse tête comme certains et il tape la discute à tout le monde, sauf aux cons.

Je crois qu'elle a saisi le sourire entendu qui a accompagné son dernier mot, car je vois un éclair de colère passer sur son visage. Puis elle remet son masque habituel et nous quitte sur un :

- Je vois. Bonne soirée à tous.

- Merci de ton aide.

- De rien my little kitten : je sais pertinemment que tu aurais pu l'envoyer paître le sable du Sahara en moins de deux, mais après on va dire que les Toulousains sont agressifs.

Éclats de rire complices. Jusqu'à ce que nos yeux se croisent à nouveau. Mais je ne reste pas ancré car maintenant je suis mal à l'aise, et j'ai perçu une vague d'inquiétude chez lui. Fugace, mais présente. J'aurais préféré qu'on ne sache rien de ma situation pour le moment... Qu'est-ce que je raconte moi : dans deux jours je ne le reverrai plus ! Ou alors peut-être par accident dans les rues de la ville rose... Par accident...

Pourquoi j'ai ce pincement au cœur ?


(1) : Confère Le Donjon de Naheulbeuk (je vous Adore !!), pub de Lorééééééliaaaaane.

(2) : Tiré d'une histoire vraie. Des gens comme ça existent...

(3) : Si vous ne savez pas ce que c'est, c'est que vous avez de la chance. Moi je suis traumatisée à vie.

(4) : Le choix de cette chanson n'a aucun rapport avec l'histoire. Il me fallait caser le violon de Quatre, et j'adore cette chanson même si je ne suis pas une fana de métal. Si ça vous a intéressé, Bittersweet est aussi très bien. Bon après c'est mon avis et il vaut ce qu'il vaut. C'est à dire pas grand chose... Demandez à Kaloon.


Merci d'avoir lu ce chapitre. J'espère que vous l'avez aimé (n'hésitez pas à laisser une review pour donner vos impression, ça me motivera à me sortir des études pour écrire la suite ).

Dans le prochain, Duo reprend son rôle de conteur, car Quatre est très occupé.