Cassandra (Singularity), Le Procès (Cor-ait), Les Réfugiés (Enigma) et Disparus (Solitudes)

Jack se trouvait au mess, seul, avec devant lui une assiette encore pleine d'un gâteau au chocolat qu'il ne cessait de triturer avec sa cuillère.

Il ne sembla même pas voir Daniel s'asseoir en face de lui. Après deux bonnes minutes d'observation l'archéologue parla enfin.

« Que vous arrive-t-il Jack ? »

« Rien… »

« Vous n'allez pas me faire croire ça ? »

« Et pourquoi pas ? »

« Et bien parce que vous ne m'avez même pas vu arriver, parce qu'il est plus de onze heure du soir et que vous n'avez rien mangé. Pas même ce morceau de gâteau…AU CHOCOLAT ! »

Le jeune homme cru bon de préciser plus intensément le dernier mot. Jack ne leva pas les yeux de son assiette. Il ne réagissait toujours pas, ce qui conforta Daniel dans son idée.

« Vous vous trompez Daniel, vous êtes arrivé en compagnie du Dr Mc-je-sais-plus-trop-quoi et il a rejoint ses amis scientifiques. Vous vous êtes assis en face de moi après vous être servit du café. Cela vous va ?»

Daniel fit une grimace dubitative.

« Ok…Appelons ça déformation professionnelle mais vous avez quelque chose qui vous tracasse, allez parlez moi… je suis votre ami…enfin j'espère… »

Jack soupira, enfin une réaction se dit l'archéologue. Daniel avait raison mais le colonel O'Neill n'était pas homme à se confier et encore moins lorsqu'il s'agissait d'un problème personnel et conjugal. De plus il ne voulait pas parler de ses petits problèmes avec Sam lorsque l'homme en face de lui avait déjà les siens avec la perte de sa femme.

« Jaaaaack »

Le colonel leva enfin les yeux, Daniel n'arrêterait pas ses questions alors à quoi bon lutter. Il posa sa fourchette, se cala contre le dossier de sa chaise et fixa son ami.

« Ok…vous avez gagné. »

Il ne reprit cependant pas.

« C'est Sam n'est-ce pas ? »

« Qu'est ce qui vous fait dire ça ? »

« Et bien laissez moi réfléchir…vous êtes l'homme le plus secret que je connaisse à part Teal'c bien sur. Vous ne faites cette tête là que lorsque Sam est impliquée. Et depuis que Cassie est chez le Dr Fraiser, Sam à l'air…absente. Et surtout…vu ce qu'il s'est passé dans le bunker…»

Jack soupira de nouveau, coupant littéralement Daniel dans son élan. Il n'avait jamais vu son ami ainsi.

« Elle ne me parle plus…elle m'évite depuis deux jours…et là je ne sais même pas où elle se trouve. »

Daniel sourit malgré la situation.

« Quoi ? Ce n'est pas drôle DANIEL ! »

Jack s'énervait, le jeune homme en fut presque heureux, au moins il réagissait.

« Et vous n'avez pas une petite idée ? »

« Et bien non, je ne suis pas voyant ou conseiller conjugal !! »

« Jaaaaack, elle se sent coupable… »

Voyant qu'il allait une fois de plus lui couper la parole, l'archéologue leva la main l'empêchant de parler. »

« …et bien elle sait ce qu'elle a fait… elle sait ce que vous avez ressentit quand elle est redescendu vers Cassandra. Elle sait aussi qu'elle a délibérément désobéit aux ordres. Seulement son instinct à prit le dessus et vous ne pouvez pas l'en blâmer. Je suis certain qu'à sa place vous auriez fait de même. Laissez une enfant apeurée attendre ainsi seule… »

Jack revit soudain clairement la scène.

« Jack elle redescend. »

Les trois mots de Daniel l'atteignirent en plein cœur, il connaissait suffisamment sa femme pour savoir ce qu'elle était en train de faire. Voilà pourquoi il avait voulu prendre Cassandra en charge au moment de monter dans le monte-charge. Il voulait lui épargner l'atroce douleur et la culpabilité de laisser un enfant à la mort. Il ne les connaissait que trop bien, ces deux horribles et familières sensations. Elle avait refusé et ne pouvait pas lui ordonner de la laisser avec lui.

« Bon sang ! Capitaine Carter ! Capitaine Carter ! »

Il hurlait dans le haut parleur les reliant avec le bunker. Elle ne répondait pas.

« Sam tu m'entends ? »

Peu lui importait les familiarités qu'ils s'interdisaient en mission, les choses étaient différentes et lui rappeler qu'elle était aussi sa femme pouvait la faire remonter. Le soldat et la mère qu'elle était devenue ne l'écoutait déjà plus.

« Colonel, je reste. »

Il avait vu juste, elle n'était plus que le Capitaine Carter. Le cœur de Jack battait si fort qu'il en avait mal à la poitrine. Seul son self-control légendaire maintenait le ton de sa voix. Il se forçait à respirer lentement et profondément, calmer ses nerfs et sa peur afin de faire remonter Sam voilà ce qui importait.

« Il n'en est pas question ! »

« Colonel, elle est réveillée. »

« Ho mon dieu. » Lança Daniel réellement paniqué.

Jack comprit un peu mieux la réaction de sa femme. Qu'aurait-il fait lui-même à sa place, la même chose il le savait. Il fallait cependant la faire remonter, il ne pouvait pas la perdre. Il fit la seule chose qui aurait pu la faire réagir un tant soit peu, à présent qu'elle avait occulté le reste sauf le fait d'être le capitaine Carter.

« Capitaine Carter ! Je vous ordonne ne remonter ! Immédiatement ! »

Elle ne répondit pas, trop occupée à oublier ce qui la rattachait à la surface. Sa culpabilité vis-à-vis de Jack, la souffrance qu'il devait ressentir identique à la sienne. Un regard à la petite fille suffit et elle su que malgré tout c'était la seule solution.

Jack regarda sa montre, il se contrôlait afin de ne pas tout casser autour de lui. Il voulait frapper la porte en métal à s'en faire saigner les poings. Cogner contre la paroi, à se casser les moindres os de ses pieds. N'importe quoi qui lui ferait oublier la douleur qui lui enserrait la poitrine. Il allait perdre sa femme, l'amour de sa vie. Il ne lui avait dit que très rarement qu'il l'aimait. Il était même incapable à ce moment là de lui en vouloir, impossible pour lui de ressentir de la colère. Son acte était parfaitement justifié. Il avait simplement tellement de regrets…

Les secondes défilèrent paradoxalement à la fois trop lentement et si rapidement.

« Je n'ai rien sentit… »

Daniel venait de briser un silence presque tabou.

« Nous avons pu nous tromper dans notre timing. »

Une infime parcelle d'espoir vint alléger le poids qui pesait sur la poitrine du colonel.

« Nous avons pu nous tromper sur ce qui allait se passer… » Reprit Daniel.

Nouvel espoir et le cœur de Jack s'apaisa de nouveau, il se précipita sur le haut parleur.

« SAM ! Tu m'entends ?! »

« Nous allons bien, il ne s'est rien passé. Cassandra va bien, je vais bien. Je…je ne pouvais pas la laisser Jack… »

« JACK !! » Daniel le ramena aussitôt à la réalité. « Vous devriez aller lui parler, elle s'en veut de vous avoir fait si peur…parlez lui Jack… Elle pense que vous êtes en colère.»

« Je ne lui en veux pas…qu'est-ce que… »

« C'est Sam… »

Jack sourit enfin, se leva posa une main sur l'épaule de son ami en guise de remerciement et quitta le mess. Daniel soupira le sourire aux lèvres et entreprit de terminer la part de gâteau de Jack.

Ne la trouvant pas dans son labo ni dans leur quartier, le colonel espéra trouver sa femme chez eux. Plusieurs dizaine de minutes plus tard, il en eut la confirmation, sa voiture était dans l'entrée. Il la trouva face à la baie vitrée, le regard perdu dans le vide, les bras croisés contre elle. Il savait qu'elle l'avait entendu rentrer, leurs instincts étaient encrés en eux. Il s'approcha sans un mot et l'enlaça, l'entourant de ses bras. Jack sourit lorsqu'il sentit sa femme frissonner. N'ayant que peu l'occasion de démontrer leur affection ni même de se toucher la plupart du temps, chaque contact provoquait se genre de réaction chez Sam. Jack ressentait les choses de manière identique. Il était simplement meilleur dans le jeu des dissimulations de sentiments.

Le colonel déposa un doux baiser dans le creux du cou de son capitaine, elle réagit de nouveau. Elle ne bougea cependant pas d'un pouce. Jack raffermit son étreinte, posa son menton à l'endroit du baiser, et murmura à son oreille.

« Je t'aimes Sam… »

Cette fois elle ne fit rien pour cacher les sensations qui venaient de déferler en elle. Son mari l'aimait elle le savait mais il le lui disait si rarement et maintenant qu'ils devaient être discrets et professionnels c'était encore pire.

Elle se retourna et se blotti dans ses bras, l'enlaçant aussi fort qu'elle le pouvait. Elle enfouit sa tête contre le torse de son mari, inspirant profondément cet odeur qui le caractérisait, ce mélange d'après rasage et de gel douche.

Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre plusieurs minutes, puis délicatement Jack la conduisit vers le canapé, il s'y assit et la prit de nouveau dans ses bras. Il ne la lâcherait plus de la soirée, tant qu'il le pourrait.

Sam brisa enfin le silence plus de quinze minutes après qu'ils se soient confortablement installé dans le salon.

« Je ne vais pas m'excuser Jack… »

Tous ses muscles venaient de se tendre, elle attendit la réaction de son mari qui ne tarda pas…elle ne s'attendait cependant pas à une telle réponse.

« Tu n'as pas à t'excuser de quoi que ce soit. »

Etonnée, elle s'écarta légèrement afin de le regarder enfin. Jack en eut le cœur brisé en voyant son regard si perdu. Il allait lui parler, ne pas se renfermer et faire comme avec Sarah, il se l'était promis. Et surtout Sam était si différente, forte comme aucune autre femme et tellement vulnérable et si émotive à la fois. Sa femme était un paradoxe et il l'aimait pour cela.

« Je ne suis pas en colère, ni déçu Sam. J'aurai fait la même chose à ta place. Je suis simplement fière de ma femme. J'ai simplement eut peur comme rarement dans ma vie et je n'ai peut être pas su l'exprimer à temps. »

Un léger sourire de soulagement apparu sur les lèvres de la jeune femme.

« J'avais peur que tu m'en veuilles… j'avais même préparé un beau discours lorsque tu es entré. »

« Si vite ? »

Nouveau sourire de Sam, il allait finir par avoir celui qui le faisait fondre.

« Tu m'excuseras mais cela va faire plus de quatre jours que ne me suis pas retrouvé seul avec ma femme alors les discours… »

Cette fois c'était gagné, il l'avait eu son sourire spécial Jack. Délicatement il posa une main sous son menton, l'obligeant à le regarder puis l'embrassa enfin. Elle s'abandonna totalement dans ses bras enfin soulagée. Ils se séparèrent à bout de souffle, Jack déposa quelques baisers dans le creux du cou de sa femme, puis murmura de nouveau à son oreille.

« Je t'aime mon cœur…ne l'oublie jamais… »

Sam en eut une fois de plus les larmes aux yeux, il utilisait rarement ces mots et encore moins accompagnés de sobriquets affectifs. Ils n'en avaient que plus de valeur à ses yeux. Il captura de nouveau ses lèvres avant qu'elle ne puisse répondre, et Sam oublia enfin pour un petit moment qu'une fois de plus, la vie avait faillit les séparer.

Voilà, j'ai tardé et je m'en excuse. Je post Cassandra tout de suite du coup, et demain je m'attaque à Disparus avec une petite préface avec Les Réfugiés, si vous avez des idées sur la façon de traiter la relation JACK-SAM-NARIM lol

Pour Cassandra, je ne pensais pas faire cela comme ça et puis j'ai changé de cap, j'espère que ça vous à plu. Et que ce n'est pas trop hors caractères.