Disclamers : nos G-Boys, version étudiants

Genre : UA ? Humour ? A vous de me le dire... ^^

Couples : chronologiquement : Hildex5, 3x4, 1x2 (enfin !!!!)

Rating : Attention rien ne va plus ! On attaque le 2e lemon ! Hé oui, j'ai récidivé ! ^^

Bonjour à toutes ! Voici le chapitre 8 !

Merci à toutes celles qui m'ont laissé une review, surtout pour le lemon. J'ai essayé de tenir compte des remarques de certaines lectrices pour celui-ci (elles se reconnaîtront ^^)

Sans plus de cérémonie, je vous souhaite une bonne lecture !

ps : spéciale dédicace à Coquillette (qui a une fois de plus réalisé une correction impeccable et éclair) et à Kaloon, dont c'était l'anniversaire mercredi (Gros bisous !!!!! ^^)


Les GWiades 8

Deux hommes dansaient. Un peu en marge des autres personnes de la boîte, ils n'avaient plus d'yeux l'un que pour l'autre. Chacun avait joué au chasseur et tous deux s'étaient finalement retrouvés capturés par l'autre, par ses effleurements, par son regard...

Celui qui avait le plus lutté contre son instinct était maintenant complètement englouti dans un océan cobalt et il espérait de tout cœur que les hommes en maillot rouge ne viendraient pas le sauver de la noyade.

Cependant, la vie d'une bulle est éphémère, car la moindre petite perturbation peut la faire éclater, malgré l'attraction qui existe entre les molécules.

- Tiens Quatchou et Trowa s'en vont.

- Hn ?

L'océan regrettait de ne pas être assez large pour couvrir tout le champ de vision de l'homme...

- De vrais lapins ces deux-là. Quatre doit vouloir rattraper ses années de vache maigre hé hé.

- Tu peux m'expliquer un truc ?

- Euh... oui.

- Comment je dois m'y prendre pour avoir toute ton attention ?

Duo se mordit la lèvre, tout penaud. C'est vrai que Heero lui avait largement prouvé qu'il méritait que le natté s'occupe exclusivement de lui. Il avait eu tort de tergiverser aussi longtemps. Il le reconnaissait très, mais alors très volontiers. Il était tellement bien dans ses bras qu'il en avait presque oublié qu'ils en étaient encore au stade « drague » et non au stade « petit ami ». Euh... Qu'est-ce qu'il racontait là ? Ca n'allait pas bien dans sa tête. Le métis avait tant fait monter la température pendant leurs danses qu'il lui avait grillé quelques neurones ?

Enfin la question n'était pas là. Si il était aussi distrait c'était parce que...

- Désolé. J'y peux rien, c'est un réflexe. J'ai un radar qui piste tous mes proches.

- Tu t'inquiètes pour ton ami ?

- Oui.

- Il compte tant que ça pour toi ?

- Mes amis sont mes bouffées d'oxygène. Ce sont eux qui me permettent de tenir le coup avec la prépa. Sans eux, j'aurai pété un câble depuis longtemps.

- Moi je n'ai toujours pu compter que sur moi même. Et sur Trowa, que j'ai rencontré depuis 2 ans.

_ C'est un peu triste. Enfin, tu sais ce qu'on dit -et qui est vrai ! - : il vaut mieux avoir quelques vrais amis que de nombreuses connaissances.

- Hn.

Un silence s'installa entre eux. Mais il n'était pas du à la gêne. Chacun assimilait les confidences de l'autre, appréciant le privilège d'avoir été jugé digne de les entendre.

- Je suppose que tu tiens beaucoup à eux alors ?

- Oui. Ils sont vitaux pour moi, sourit Duo.

- Hn. Et tu as encore beaucoup d'« organes vitaux » ?

- Non : Hilde, Wufeï et Quatre.

- Donc, il suffit que je te tienne éloigné d'eux le reste de la soirée pour t'avoir à moi tout seul. Ca devrait être facile. Je n'aurai pas besoin d'établir une stratégie.

- Hein ?

- Arrête de t'en faire : Trowa est quelqu'un de très bien, qui va occuper Quatre pendant un bon moment. Et Hilde et Wufeï ne sont pas prêts de revenir, si tu veux mon avis. Plus rien ne peut donc te détourner de moi.

Duo regarda Heero, un peu surpris et éclata de rire. Puis il lui susurra :

- Je te trouve bien confiant.

- C'est ton corps qui me rend comme ça. Tes mains autour de mon cou, tes mouvements de hanches lascifs... et surtout ton regard.

- Ah. Et que vois-tu dans mes yeux ?

- Que tu veux que je t'embrasse, et plus si affinités.

- Je ne savais pas qu'ils étaient aussi bavards.

- Tout ton être est un vrai moulin à parole, Duo. Je vais te montrer que je ne sais pas que danser, et, pour être sûr que tu te concentres uniquement sur nous deux, je vais te mettre deux œillères. C'est plus prudent.

- Tu as les mains froides Heero.

- Rassure-toi, il n'y a que les mains.

Duo se sentait de plus en plus grisé par ce concours d'apnée, et il n'avait plus envie de résister à cette créature qui l'emmenait avec elle dans les profondeurs marines. C'est donc sans aucune résistance qu'il la suivit petit à petit à l'extérieur. La fraîcheur de l'air contrastait avec la chaleur moite de la salle, ce qui ramena le natté à une réalité plutôt... embarrassante. Heero y était allé étape par étape, et il avait su bien installer son désir.

Duo n'avait jamais autant aimé danser avec quelqu'un. Et il était tout à fait certain qu'il aimerait la suite. Enfin, pour ça, il faudrait qu'ils bougent de là. Pourquoi Heero n'avançait plus ? Tiens, il sortait un briquet. Ah non, il n'allait pas se mettre à fumer ? Il détestait ça.

Mais ledit Heero ne sortit pas de cigarette. Il avait arrêté il y avait un peu plus d'un an. Non, il jouait seulement avec le fermoir de son briquet : ça lui permettait de se détendre quand il était trop stressé. Et là, il était face à une situation assez délicate, car Duo était quelqu'un de complexe et il ne possédait pas suffisamment de données sur lui pour pouvoir se sentir tranquille. Il était beaucoup trop imprévisible. Et il n'aimait pas ce qui échappait à sa logique. Enfin non : plus exactement, ça le mettait mal à l'aise. En général, il évitait ce genre de personne. Mais là, il était irrésistiblement attiré par le Toulousain, et ce, depuis leur rencontre. Totalement illogique...

- Tu fumes ?

Hn ? Merde, il s'était complètement perdu dans ses pensées. Ca faisait combien de temps qu'ils étaient plantés là ?

- Hn. J'ai arrêté.

- Depuis longtemps ?

- Je n'ai plus rien fumé depuis 15 mois. J'y suis allé progressivement.

Pourquoi il avait rajouté ça ? Il ne lui avait pas demandé. Voilà qu'il se mettait à faire de vraies discussions...

- Ah, c'est bien ! Moi je déteste ça : le goût est horrible, l'odeur s'incruste partout et après les vêtements puent. Les cheveux aussi d'ailleurs.

En même temps, comment ne pas avoir envie de discuter avec lui, de l'écouter parler, même si le sujet n'avait rien de passionnant. Le sourire de Duo était vraiment magnifique : il illuminait pendant quelques instants son visage et votre vie. Mais sa mine sérieuse était tout bonnement adorable, avec ses sourcils froncés et ses bras croisés. Il avait un corps très expressif, qui contrastait effectivement avec le sien.

...

Un sourire qui « illuminait pendant quelques instants son visage et votre vie » ?

...

« Adorable » ?

...

C'était bien la première fois qu'il pensait ça de quelqu'un qu'il draguait. Et en plus il commençait à sortir de longues phrases lyriques. Il n'allait pas bien.

Néanmoins, en y réfléchissant, c'était logique : Duo était particulier. D'ordinaire, il allait en soirée, trouvait un mec ou une fille pas trop mal, couchait avec et lui disait « Merci et au revoir. », alors que là, ça faisait déjà plus d'un jour qu'il lui tournait autour. « Pourquoi ? », ça il ne le savait pas. Mais c'était comme ça : il voulait prendre son temps pour le séduire.

- Le briquet, c'est une sorte d'antistress ?

- Hn.

Oui, c'était un peu ça. Parce qu'il avait un peu peur de le braquer... Attendez un peu... Il venait de lui avouer qu'il était stressé ???

- Euh, c'est une manie que j'ai quand je pense...

- Ah, et tu penses à quoi ?

Duo avait beaucoup de sex-appeal, et son regard et sa voix pouvaient vous envoûter en une fraction de seconde. Heero se demanda qui chassait qui à présent ?

Le Toulousain ne savait pas ce qui perturbait ainsi son beau métis, mais il avait bien l'intention de le virer de son esprit pour le reste de la soirée : il avait voulu accaparer toute son attention, et Duo comptait bien avoir lui aussi l'exclusivité de ses pensées. Il s'approcha félinement de son partenaire, les mains dans le dos, jusqu'à lui murmurer à l'oreille :

- J'espère que c'était à moi. Quelle est la suite du programme Heero ? Tu m'as promis plein de choses que j'attends toujours...

Il sut qu'il était revenu sur le devant de la scène quand il le vit lui sourire avec cette lueur prédatrice qui n'appartenait qu'à lui.

- Je te donnerai tout ce que je t'ai promis, rassure-toi. Je suis un homme de parole.

- Tu as intérêt : tu m'as ouvert l'appétit, et tu vas devoir assumer maintenant.

Franchissant la faible distance qui les séparait, Heero colla leurs deux corps et commença à jouer avec une mèche qui s'étai échappée de la tresse, lors de leurs déhanchements provocateurs... Il aima ce contact si doux, et aussi cette odeur, fraîche, qu'il n'arrivait pas à identifier. Il aurait bien retiré l'élastique pour plonger avec délice dans cette soyeuse chevelure, mais ça aurait été trop tendre et personnel. Et on ne l'était pas avec un coup du soir, même particulier. Il aurait du se reprendre. Mais ce n'était pas si facile.

- J'ai tout ce qu'il te faut pour te rassasier.

- On verra. Je suis très gourmand...

- Viens avec moi.

Duo attrapa la main tendue. Il était temps de passer à table.

Heero le conduisit jusqu'à un petit parking un peu à l'écart et déverrouilla sa voiture à distance.

- Tu veux me ramener chez toi, Heero ?

Ce type était un démon. Il avait une façon de murmurer son prénom qui l'électrisait totalement. Son ton amusé et son sourire en coin lui donnaient envie de continuer ce jeu de plus en plus stimulant.

- Tu me suivrais ?

- Je ne suis pas sûr que la carotte soit suffisamment grosse pour me faire avancer.

Le Toulousain s'approcha de son futur amant, passant sa langue sur ses lèvres, et l'embrassa passionnément. Puis il commença à dézipper le jean face à lui, lentement, très lentement, comprimant et frustrant davantage Heero :

- Il faudrait que je teste la marchandise avant.

- Tu peux tester ce que tu veux. Je suis certain de la qualité. Mais, tu ne préfèrerais pas qu'on aille dans la voiture ?

- ... Tu as peur qu'on nous surprenne ?

- Moi je m'en fiche.

- Pareil. On s'installera plus confortablement pour la suite... Maintenant, si tu veux bien m'excuser... Une glace m'attend. Et ça ne me dérange pas de commencer par le dessert.

- Je ne peux pas encore te dire si je te pardonne.

Pour lui montrer à quel point il regrettait, Duo lécha rapidement et légèrement le gland, sans quitter Heero des yeux. Il le vit se contracter, mais sans détourner lui non plus le regard. Le natté poursuivit ses coups de langue, de plus en plus larges, tantôt rapides, tantôt lents, et bientôt le métis ne put plus retenir ses gémissements. Il le prit en bouche d'un seul coup et utilisa toute sa science pour l'embraser totalement.

Lorsqu'il sentit une perle acre dans sa bouche, Duo cessa son intéressante activité : il remonta lentement ses dents le long de la verge, puis il se releva pour joindre leurs lèvres. Heero grogna au début, n'appréciant pas du tout d'être aussi brusquement abandonné, mais sa langue était ravie de retrouver sa consœur pour un fougueux échange.

- Et si on passait aux choses sérieuses Heero ? Je te sens prêt à tester de nouvelles saveurs ...

D'un coup de hanche un peu brutal, le métis le retourna et le plaqua contre la voiture pour l'embrasser jusqu'à l'asphyxier. Ses mains s'activèrent à défaire la chemise gênante, puis à ouvrir à tâtons la portière. Duo n'était pas en reste et réussit à s'éloigner un peu de son vis-à-vis pour lui ôter son tee-shirt. Le fait qu'il fut moulant lui avait permis de survivre jusqu'ici, mais ce n'était plus suffisant pour les deux hommes, et surtout pour un natté qui était resté chaste pendant sept mois. Trop de cours pour sortir, trop de bons amis pour le vouloir vraiment. Cependant, là, tout son corps et ses hormones se rappelaient à son bon souvenir, lui rappelaient qu'il était en manque et qu'il avait besoin que quelqu'un le prenne, à défaut de le prendre dans ses bras pour une soirée câline devant un bon film. Il en avait besoin.

Ils se jetèrent presque dans la voiture et le métis parvint à refermer l'entrée de leur cocon en un temps record : sa peau mate devait absolument se recoller à sa compatriote nacre dans les plus brefs délais. Ils gémirent de plaisir à ce contact tant recherché et commencèrent à se découvrir l'un l'autre, à travers de multiples baisers passionnés et caresses enflammées. Heero ne se lassait pas de cette peau si douce et réactive, et en particulier des deux boutons de chair bien figés. Duo ne se contrôlait plus, sa raison étant partie au loin : il soupirait, haletait, se contractait, durcissait... Il ne pouvait que redessiner sensuellement les muscles et les reins finement sculptés de son amant pour le faire lui aussi frissonner de plaisir.

Après s'être enivré du corps qui lui était offert et en avoir marqué chaque parcelle de sa langue, le Grenoblois eut envie de découvrir d'autres parties encore défendues : il déboutonna et repoussa les derniers vêtements, pendant que sa bouche traçait un sillon excitant, de sa consœur au nombril. Il suça délicatement l'extrémité du pénis, et il put constater que Duo était déjà tendu à l'extrême. Il se redressa pour attraper un préservatif dans le vide-poche arrière, mais il dut stopper son mouvement.

Magnifique. Duo était tout simplement magnifique. Sensuel. Attirant. Légèrement décoiffé, haletant, les yeux embrumés de désir, il était l'incarnation même de la tentation... A laquelle il ne résista pas : il se jeta sur lui pour l'embrasser avidement, se collant le plus possible à tout son être. Le Toulousain l'encadrait de ses bras et de ses jambes, comme pour se fondre en lui et l'empêcher de s'éloigner. Leurs deux érections se frottèrent l'une contre l'autre, leur faisant échapper un soupir de plaisir.

Heero n'avait jamais été si tendre et passionné avec un de ses partenaires. C'était nouveau pour lui, mais, bizarrement, ça lui paraissait naturel. Il présenta son majeur à Duo, qui le lécha avec délectation, comme si c'était la meilleure friandise qu'on lui ait jamais présentée : il raclait la pulpe du doigt avec ses dents, la suçait lentement... pendant que Heero enfilait avec maîtrise sa protection de la main gauche. Quand tout fut prêt, il ancra son regard bleu à celui du natté, puis il commença à le préparer, tout en cajolant sa hampe. Un doigt fut bientôt rejoint par son homologue. Ils rentraient côte à côte et ressortaient de plus en plus éloignés l'un de l'autre. Un troisième hésita à les accompagner, mais son propriétaire jugea que l'antre était suffisamment prête à l'accueillir. La facilité vient avec l'habitude.

Duo eut le souffle coupé quand il sentit le membre d'Heero en lui. Ce n'était pas qu'il était trop gros, mais il était... pile à la bonne taille, et c'est pourquoi il se mit à gémir dès les premiers mouvements de hanches du métis. C'était... indescriptible.

La banquette arrière de la voiture était plutôt confortable. De toute façon, ils n'avaient pas besoin de beaucoup de place. Mais il lui manquait un endroit où s'agripper de toutes ses forces. Il essaya d'atteindre le siège du passager, mais sa main glissait sans arrêt. Heero commençait à prendre un rythme progressif, allant de plus en plus loin et de plus en plus vite. Il fallait vraiment qu'il prenne appui quelques par, pour se retenir d'haleter plus qu'il ne le faisait déjà. Il avait beau se mordre la lèvre inférieure, il n'arrivait pas à cacher son plaisir. Il n'avait jamais eu un tel amant, surtout dans une voiture, et il avait un peu honte de le montrer au métis. Il appuya ses deux mains derrière sa tête, sur la portière, et poussa pour s'empaler davantage. Mais ça ne suffisait pas. Il le voulait encore plus en lui, toujours plus. Entendre les gémissements rauques de Heero, voir à quel point il était sexy les yeux fermés, réaliser qu'il était bien dans le cocon que délimitait son corps... N'y tenant plus, il passa soudainement ses bras autour du cou mat et l'incita par une pression à fusionner avec sa peau et à l'embrasser. Le Grenoblois le regarda une fraction de seconde, comme s'il réfléchissait à quelque chose, puis il déplaça ses paumes, qui étaient de part et d'autre de la tête de Duo, plus haut. Une petite rectification qui leur permit de faire jouer sauvagement leurs langues et de frotter tous leurs muscles. Les mains du Toulousain trouvèrent enfin l'occupation qui leur fallait depuis le début : elles découvraient, caressaient et griffaient le dos et les flancs de ce corps si parfait.

Heero reprit la cadence qu'il n'avait pas eu conscience de ralentir, occupé comme il était avec la bouche, la pommette et la gorge du natté. Il releva légèrement leurs hanches et pénétra avec encore plus de force et de profondeur l'intimité qui lui avait été confiée, touchant la prostate.

- Oooh oui, j'aime cet angle d'attaque.

Duo avait toujours eu du mal à ne pas parler quand il prenait son pied. Heero, lui, ne disait rien d'habitude. Mais rien n'était habituel entre eux.

- Je vais te montrer... l'étendue... de mes capacités... et à quel point... je sais tirer... juste.

- Ooooh oui, montre-moi !

Ils lièrent brutalement leurs bouches, entrainant leurs langues dans un dernier baiser passionné et chaotique, entrecoupé de leurs cris étouffés. Leurs bassins ne leur appartenaient plus : ils étaient doués d'une volonté propre et étaient partis dans une dernière danse endiablée. L'extrémité de la verge jouait avec la prostate, l'effleurant, la contournant... bref, la stimulant pour lui faire désirer les coups de buttoirs qui suivirent et qui entrainèrent la jouissance de Duo entre leurs deux ventres. Heero se libéra presque immédiatement et se laissa tomber sur son amant, emporté dans un autre monde par les palpitations de l'étau de chair.

Ils restèrent immobiles quelques minutes, le silence seulement rompu par leurs tentatives de reprise de souffle. Le métis fut le premier à retrouver un rythme cardiaque normal : il se releva, sortit à regret de l'antre du plaisir et chercha le paquet de mouchoirs qu'il avait toujours dans sa boite à gant. Ca pouvait toujours servir.

Duo en profita pour se redresser sur ses avant-bras, puis pour s'asseoir. Se passant une main sur le front, il était en train de réfléchir sur la suite. Qu'allait-il faire ? Comment réagir ? Il considérait que ce qui s'était passé était fort. Trop fort peut-être. Qu'en pensait Heero ? Son visage était si neutre et impénétrable. Ah si, il fronçait légèrement les sourcils ? Est-ce qu'il était contrarié ?

En temps normal, le métis aurait d'ores et déjà mis de la distance entre eux. Son cerveau ne cessait de le lui répéter, l'enjoignant de ne pas bouleverser ses habitudes si bien rodées. « Merci et au revoir. » Mais son corps, -son cœur ?-, ne chantaient pas la même mélodie. Il n'avait qu'une seule envie, le prendre dans ses bras et s'endormir tout contre lui. C'était bien la première fois que ça lui arrivait. Etait-ce dû à un manque de tendresse ? Il avait vraiment du mal à comprendre. A se comprendre. Il était sans doute déboussolé parce que la fin de la prépa lui donnait l'impression d'avoir tourné une page de sa vie. Ou parce que Duo était vraiment quelqu'un d'exceptionnel, qui le poussait par, il ne savait quels moyens, à donner le meilleur de lui-même.

En relevant les yeux de son paquet de mouchoirs, sur lequel il avait bien dû bloquer plus de trois minutes, il croisa les deux améthystes qui l'hypnotisaient tant. Elles semblaient attendre quelque chose, avec une pointe d'appréhension. Heero tendit quelques papiers à Duo, qui le remercia, puis il se nettoya consciencieusement. Comment devait-il réagir ?

Il se rhabilla et constata avec un pincement au cœur que le natté l'imitait. Heero ne se gêna pas pour détailler une dernière fois le corps qu'il avait tant cajolé au cours de cette heure. Quand il eut fini, Duo ramena délicatement sa tresse sur son épaule droite, enleva son élastique et commença à détacher avec soin ses cheveux. Le Grenoblois pouvait sentir des effluves fraiches de shampooing s'échapper des mèches soyeuses.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Le Toulousain releva son visage très concentré de sa natte et lui répondit avec un sourire :

- Je ne peux pas sortir débraillé comme ça. Les gens vont se poser des questions...

Il lui adressa un clin d'œil complice et se remit à sa tâche.

- Tu vas rester les cheveux détachés alors ?

Cette phrase trahissait une note d'espoir, de fantasme nouveau chez le métis. Duo le regarda un peu surpris et éclata de rire.

- Ah non je vais les rattacher. Tu ne peux même pas t'imaginer les nœuds que j'aurai après si je faisais ça.

- Tu veux que je le fasse pour toi ?

Heero se mordit la langue. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de demander ça ? Maintenant le natté le regardait bizarrement. En plus, il se sentait rougir. Il détourna la tête pour essayer de cacher sa gêne, mais Duo l'interpella, un sourire engageant et confiant venant fleurir sur ses lèvres :

- J'en serai ravi. Elle sera sans doute mieux faite.

Le cœur de Heero rata un battement. Il s'adossa à la portière arrière, un pied sur la banquette, l'autre sur le plancher, et écarta les bras pour inviter le Toulousain à venir près de lui. Duo se calla confortablement contre son torse puissant et laissa échapper un soupir de bien-être quand il sentit des biceps l'entourer, et des doigts démêler délicatement ses cheveux. Il avait parfaitement conscience du souffle du métis, pas loin de son oreille droite, et de la lenteur avec laquelle il défaisait sa tresse. C'était comme si ils s'offraient un dernier moment privilégié, plein de tendresse et de sensualité. Profitant chacun de la présence de l'autre, ils n'avaient aucune envie que le temps reprenne son cours.

La natte fut bientôt libérée. Heero s'enivra de l'odeur de Duo, les faisant frissonner de tout leur être. Ensuite, seulement, il entreprit de le coiffer avec soin. Arrivé à la fin, il saisit l'élastique tendu par le Toulousain, frôlant et retenant sa main plus que nécessaire. Il remit la tresse sur l'épaule gauche de son propriétaire, afin qu'il puisse contempler son chef-d'œuvre.

- Elle est magnifique Heero. Tu es vraiment très doué. C'est Quatre qui va être jaloux... Où as-tu appris à les faire ?

- J'ai une cousine. Réléna. Elle m'a suffisamment entrainé quand nous étions enfants : elle voulait toujours que je m'occupe d'elle...

- Je la comprends...

Les deux hommes se figèrent à cet aveu. Heero voulut enlacer le natté, le serrer très fort contre lui, déposer un baiser au creux de son cou... mais il retint ses gestes. Après quelques minutes de silence chargées de non-dits, il reprit la parole :

- Nous devrions aller rejoindre les « deux lapins ».

- Oui.

Duo éclata de rire. Il avait une façon de dire ça... assez comique. Il se retourna, posa une dernière fois ses lèvres fines sur les siennes, et s'extirpa de la voiture. Heero resta interdit pendant trois secondes, puis il soupira franchement, résigné : ce n'était qu'un coup d'un soir, et la magie cessait à partir de maintenant.

Ouvrant sa portière, il quitta lui aussi le véhicule et le verrouilla. En se retournant, il tomba nez à nez avec deux yeux violets, souriants, qui l'attendaient patiemment.

- On y va Heero ?

Il était plus de minuit, mais le charme ne s'était pas encore dissipé. Heero en remercia son étoile. Côte à côte, ils se dirigèrent vers la boîte, sans se poser plus de questions sur la meilleure attitude à adopter. Ils laisseraient les choses se faire d'elles-mêmes.

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Quatre fut le premier à repérer les deux hommes. Buvant un verre avec sa moitié, il s'était placé de telle sorte à surveiller constamment l'entrée. Cette stratégie, bien qu'efficace, avait le don de contrarier le brun-roux : il gardait donc possessivement sa main droite sur la hanche du blond et il se faisait un devoir de lui rappeler régulièrement sa présence en lui mordillant le lobe de l'oreille. Le Toulousain s'en amusait beaucoup et profitait au maximum des attentions de Trowa, en faisant exprès de s'intéresser à la couleur des murs.

- Regarde qui revient enfin Trowa... Tu crois que ça c'est bien passé entre eux ?

- Oui et non.

- Je crois aussi : ils ont l'air plus proche, mais en même temps ils ne donnent pas l'impression de sortir ensemble. Par contre, je constate que la tresse de Duo a été refaite...

- Quatre, nous en avons déjà parlé... Laisse-les se débrouiller tous seuls.

- Je sais mais...

- Ce sont de grands garçons. S'il doit se passer quelque chose entre eux, ça se passera.

- Sans doute, tu as sûrement raison. Cependant, je me demande si...

Le Grenoblois le fit taire d'un baiser passionné. Il avait remarqué assez rapidement que c'était une manière bien efficace de chasser toutes protestations chez le blond. Quand ils consentirent enfin à se lâcher, ils eurent le plaisir de voir les deux amis, amusés, juste à côté d'eux.

- Eh bien, eh bien, vous n'êtes vraiment pas sortables tous les deux. Un peu de tenue voyons.

- Hn.

- C'est ça. Et vous allez nous faire croire que vous étiez sagement en train de faire une partie de scrabble.

Au regard scrutateur turquoise, Duo ne put que feindre l'innocence et l'indignation :

_ Voyons Quatchou, c'est bien bas : tu sais bien que mon vocabulaire est trop limité pour que je puisse y jouer...

- C'est un comble pour un bavard comme toi.

- Hé !

Le natté donna un gentil coup de coude dans les côtes du brun et prit une mine vexée qui fit sourire tout le monde. Tous, y compris Heero. Le métis posa une main sur le flanc du Toulousain et lui chuchota à l'oreille :

- Avoue quand même que je n'ai pas tort...

Le visage se fit plus boudeur, mais personne n'était dupe : ce n'était qu'un masque qui cachait une tendresse toute neuve entre eux.

- Allez viens, on va chercher quelque chose à boire.

- Ok. On vous ramène quelque chose les deux tourtereaux ?

- Non merci, nos verres sont encore pleins.

- D'accord. On revient !

Heero dégagea sa main et ils partirent ensemble au bar.

- Tu as raison Trowa : ça va prendre encore du temps, mais ça va marcher.

- Hm.

- Vous en doutiez ?

- Aaaah Hilde !!! Comment arrives-tu à surgir d'un coup comme ça ?

- Hé hé, je garde toujours un œil sur vous deux.

- Mais dis-moi, vous avez enfin retrouvé le chemin de la boîte ?

- Ah ça n'a pas été facile : tu sais bien que Wufeï a un sens de l'orientation déplorable...

Les deux amis éclatèrent de rire face aux grognements du chinois qui maudissait la gente féminine et ses sous-entendus, et Trowa esquissa même un sourire, spontanément. Il était à l'aise dans ce groupe, où tout le monde l'avait naturellement accepté tel qu'il était.

- Hilde !!! Tu es enfin revenue ma chérie ! J'espère que WuWu n'a pas été trop méchant avec toi.

- Ah si tu savais Duo... C'était affreux ! Il a été si cruel avec moi...

La jeune fille se jeta théâtralement dans les bras de son ami en sanglotant. Mais cet instant de réconfort ne dura que le temps pour les deux asiatiques de les saisir vivement par les flancs et de les coller contre eux en se lançant un regard entendu.

- Bande de jaloux.

- J'avoue que je suis... possessif. Hilde est à moi et je ne la laisserai à personne.

- Hn.

- Pff, j'ai l'impression d'être une poupée gonflable, répondit-elle, dépitée.

Wufeï lui chuchota discrètement à l'oreille :

- Rassure-toi ma chérie, tu es bien mieux que ça. Beaucoup mieux...

- J'espère bien !

Le reste de la soirée se déroula dans la même ambiance : entre boutades, danses, conversations plus ou moins sérieuses... espacées de baisers et de caresses. Enfin, pas pour tout le monde : Heero et Duo se frôlaient, se noyaient de longs moments dans les yeux de l'autre, mais ils ne s'embrassèrent plus de toute la soirée. Une barrière avait été dressée. Chacun avait conscience qu'il s'était passé, et qu'il se passait toujours quelque chose entre eux, mais personne ne pouvait prédire s'ils se rapprocheraient ou s'ils en resteraient là.

Cette fête, comme toute chose, dut se finir. A trois heures du matin, les Toulousains remontèrent dans leur bus pour rentrer dormir à leur hôtel. Il restait encore des épreuves le lendemain. Trowa et Quatre se quittèrent sur un ultime baiser passionné, leurs pupilles embrumées promettant à leur amant qu'il occuperait ses rêves jusqu'à l'aube.

Heero et Duo se contentèrent de s'observer, chacun espérant un geste de l'autre. Le car démarra et Duo dut partir. Adressant un dernier sourire, sincère mais pointé de mélancolie, il lança un « Merci et au revoir. » qui fit l'effet d'une claque au Grenoblois. Il se demanda si son cœur ne s'était pas fissuré. Mais il ne bougea pas d'un millimètre, ne montra pas son trouble. Quand le véhicule eut disparu de son champ de vision, il passa une main sur son visage. Il avait besoin d'une bonne nuit de sommeil pour analyser tout ce qui venait de se passer et décider quel comportement adopter le lendemain. Il sentit le poids réconfortant d'une paume sur son épaule. Heureusement qu'il avait un ami pour le soutenir. Pas besoin de lui expliquer quoi que ce soit, Trowa le comprenait. Duo avait raison quand il disait que les amis étaient des éléments vitaux. Duo avait souvent raison, même s'il ne se prenait pas toujours au sérieux, et c'est pourquoi Heero aimait l'écouter : bien qu'il donnait souvent l'impression de parler pour ne rien dire, il le trouvait toujours intéressant et sa voix était agréable à entendre.

Les deux Grenoblois échangèrent un rictus complice et rentrèrent chez eux. Avec tous les souvenirs qu'ils avaient en tête, ils étaient certains de passer une bonne nuit.


Et voilà ! je suis trop fière de moi : j'ai réussi à poster ce chapitre avec seulement 1 semaine de retard !!! Oui, je sais, normalement je ne devrai pas être fière...

J'espère que ça vous aura plu. N'hésitez pas à me laisser votre avis, j'en tiendrai compte.

Je ne sais pas quand le prochain chapitre pourra voir le jour, mais ce que je peux déjà dire, c'est qu'il ne restera sans doute plus que deux. La fin approche... Que va-t-il arriver à nos héros ? Moi même j'ai encore des zones de floues. vous avez des idées ? ^^

Merci d'avoir lu ce chapitre !

Biz et à plus !