Merci à toutes – oui parce que je crois qu'il n'y a que des filles :P – pour vos reviews qui sont vraiment très encourageantes, que ce soit pour me complimenter ou établir des critiques. C'est réellement constructif pour moi et ça montre surtout l'intérêt que vous portez à ma fiction MERCI MERCI MERCI :D

Draco se rendit au domicile des Weasley le surlendemain. Ils habitaient un charmant cottage à la façade jaune pâle. Une balançoire était suspendue à l'un des arbres du petit jardin. Et pourtant, le jeune homme était certain que le couple n'avait pas d'enfants. Il poussa une minuscule barrière blanche pour entrer dans la propriété, la referma derrière lui et se dirigea vers le porche. Il grimpa les trois marches jusqu'à la porte d'entrée et observa un instant le carillon au-dessus de sa tête. Des petits lions d'argent tintaient les uns contre les autres. Draco eut un sourire moqueur. Ah, ces Gryffondors !Puis il se souvint qu'il avait un serpent tatoué sur le mollet, et se demanda brièvement si les Poufsouffles portaient des pulls avec des blaireaux. Bref !Il fallait qu'il arrête de laisser dériver ses pensées. Cette entrevue était sa seule chance de revoir à nouveau Harry. Il pressa la sonnette et attendit quelques minutes avant que la porte s'ouvre. Ron Weasley perdit très vite son sourire en le voyant. Draco fut légèrement dérouté. Non pas à cause de la grimace qui déformait maintenant le visage du rouquin – il savait bien que la belette ne serait pas super content de le voir – mais parce que Weasley avait bien pris vingt centimètres depuis Poudlard. Il le dominait de toute sa hauteur et l'ex-Serpentard se dit que si ils en venaient aux mains, il n'aurait pas le dessus !Il s'attendit à ce que Weasley lui claque la porte au nez. Contre toute attente, il lui parla :

« Malefoy, si tu n'as pas dégagé dans les dix prochaines secondes, je te fais moi-même sortir de mon jardin. »Bon, d'accord, ce n'était pas vraiment des mots de bienvenue. Draco prit une grande inspiration et répondit le plus poliment possible :

« Weasley...je suis ici pour arranger les choses.

-Tu as embrassé ma femme !rugit la belette…qui ressemblait plus à un lion à ce moment-là. C'est un peu tard pour arranger les choses, comme tu dis si bien !

-Je n'ai pas embrassé Hermione, putain !s'emporta Draco.

-Ne me mens pas !Je l'ai vu dans l'esprit de l'infirmière ! »Le blond resta un moment interdit. Mais si Dana avait cru qu'ils s'embrassaient, il se pouvait très bien qu'elle l'ait enregistré là-haut. Ce qu'elle croyait avait été assez fort pour devenir un souvenir. Un faux souvenir !

« C'est parce qu'elle a pensé que nous nous sommes embrassés que tu l'as lu dans son esprit, répliqua Draco. Ce n'était qu'un pur produit de son imagination !

-Arrête de me prendre pour un con, Malefoy, et casse-toi.

-Mais merde, je suis pas intéressé par Hermione !

-Stop, ça suf…

-JE SUIS GAY ! »hurla soudain Draco. Puis il plaqua ses mains sur sa bouche, mortifié, alors que Ron l'observait avec des yeux ronds. Bon sang, il ne l'avait jamais avoué à personne !Et la première qu'il mettait dans la confidence était ce foutu Weasley !Qu'est-ce qui lui avait pris de beugler ça ?!Ils entendirent alors des craquements dans le jardin voisin et virent une mamie qui essayait tant bien que mal de se cacher derrière des buissons. Ron grommela, saisit le bras de Draco et le tira à l'intérieur. Le jeune homme se retrouva dans un petit corridor sombre et frais. Weasley marmonna :

« Excuse, c'était Melle Ombrage, notre charmante voisine. Elle a soixante-dix ans et fourre son nez partout. Bref…tu disais ?

-Hermione n'est pas là ? »demanda Draco en essayant de détourner la conversation. Mais Ron ne lui répondit pas. Il croisa les bras sur son torse, bien décidé à avoir sa réponse. Résigné, le blond soupira et passa aux aveux :

« Weasley, ta femme, aussi belle et intelligente qu'elle soit, ne peut tout simplement pas m'intéresser. Je suis désolé si ce que je vais te dire te choque, mais moi, ce que j'aime, ce sont les mâchoires carrées, les torses musclés et les services trois-pièces.

-Ben, ça ne me choque pas. Harry aussi est…enfin, était homo. »Draco sentit son cœur exploser, le souffle lui manquer. MERLIN !Il aurait voulu hurler de joie, danser, sautiller comme un malade. Il se sentait même la force de courir le long du couloir et grimper au mur, comme ces jeunes qu'il avait vu dans un film moldu, les Yamakatruc. Harry Potter était gay. Harry Potter ne serait peut-être pas contre le fait de le prendre encore et encore et encore sur le canapé, le plan de travail de la cuisine, le plancher, le lit, la banquette arrière de la voiture, la machine à laver, le…

« Mais qu'est-ce qui me prouve que tu dis la vérité ?reprit Ron, suspicieux. Ça pourrait très bien être une arnaque pour que je te pardonne ! »Draco resta songeur. Puis il sortit son portable sous le regard curieux du rouquin, composa un numéro et lui tendit l'appareil.

« Ne le garde pas trop près de ton oreille. »conseilla t-il. Weasley fronça les sourcils mais obéit. On décrocha dès la première sonnerie, et même Draco, qui se tenait pourtant à un bon mètre de son hôte, entendit les hurlements hystériques qui jaillissaient du téléphone :

« DRACO !SALAUD !COMMENT OSES-TU M'APPELER APRES M'AVOIR LARGUE AVEC UN POST-IT ?!

-Heu, c'est pas Draco, bafouilla Ron.

-QUOI ?QUOI ?!T'ES QUI TOI ?SA NOUVELLE CONQUETE ?!LACHE-LE PENDANT QU'IL EST ENCORE TEMPS, MEC !UNE FOIS QU'IL SE SERA VIDE LES COUILLES, TU LE VERRAS PLUS ! IL VA TE BAISER ET SE TIRER !ENFOIRE !IL… »Ron raccrocha, décidant qu'il en avait assez entendu, et rendit son portable à Draco. Celui-ci sourit et lança :

« Je peux encore appeler Bryan, Lucas et Franck, si tu n'es pas convaincu.

-Tu les as tous largués avec des post-it ?demanda Weasley alors que les coins de ses lèvres se relevaient légèrement.

-Non, ils ne te tiendront pas forcément le même discours. Mais ils te prouveront que mon truc à moi, c'est la bite.

-C'est bon, Malefoy, inutile d'être vulgaire, fit Ron qui souriait franchement à présent. Je…je n'ai jamais douté d'Hermione, tu sais.

-Vraiment ?Pourquoi m'avoir empêché de voir Ha…Potter et de travailler avec elle, alors ?

-Parce que… »Il lâcha un profond soupir. Draco se pencha un peu plus en avant, comme si ça allait faire venir la réponse plus vite. Finalement, Weasley avoua dans un murmure :

« Parce que t'es plus beau que moi.

-Quoi ?!

-Me force pas à répéter !Je…je n'ai jamais douté d'Hermione, répéta t-il, mais je me suis posé des questions quand tu es revenu. On ne s'aimait pas à Poudlard, et j'ai eu peur que me piquer ma femme soit une nouvelle saleté ou un truc du même genre de ta part. Hermione m'a dit que tu avais changé, mais elle a toujours été indulgente et je ne savais pas si je pouvais vraiment me fier à son discours. Franchement, elle n'arrêtait pas : « Draco est si doué, Draco est si gentil maintenant, Draco est si généreux, Draco a travaillé avec des Moldus, etc. ». Et moi j'étais jaloux, mais j'avais confiance en Hermione. Et puis l'infirmière est venue me dire que vous vous étiez embrassés. Je ne voulais pas y croire au début, sauf qu'il m'est apparu que tu étais…bien fait de ta personne, riche, cultivé, Médicomage comme Hermione. J'ai eu peur. Je me suis dit que si vous arrêtiez de vous voir pour Harry, il n'y aurait plus rien entre vous. C'était stupide. Je suis vraiment désolé. »Draco baissa la tête. Toute la colère qu'il avait pu ressentir contre Weasley s'évaporait d'un seul coup. Il se rendit compte que le jeune homme en face de lui, sous ses dehors hostiles, était incertain et pas vraiment sûr de lui. Alors il regarda Weasley et lui dit doucement :

« Ecoute, Weas…Ron. Je comprends ta réaction, c'était tout à fait normal…mais tu devrais pas avoir aussi peur, tu sais. Hermione, elle t'aime.

-Je sais, souffla Ron. Mais tu peux pas te rendre compte. Hermione est belle, brillante. C'est presque miraculeux qu'elle soit avec moi. Et j'ai peur qu'un jour, elle se rende compte de ce que je suis.

-Et qu'est-ce que tu es ?

-Un pauvre type tout juste foutu de faire du Quidditch.

-Mauvaise réponse. Tu es quelqu'un de bien, et bien foutu qui plus est !

-Malfoy, s'il te plaît !

-Je suis homosexuel et donc j'ai du goût. Tu peux me faire confiance !Alors arrête de te rabaisser comme ça, parce que Hermione est folle amoureuse de toi.

-Ouais, ouais. »fit Ron d'un ton bourru pour cacher sa gêne. Finalement, il passa sa main dans sa nuque et lança :

« Bon, tu veux un café ? »Draco hocha la tête en souriant.

Hermione rentra chez elle, tendue comme un arc. Ron allait être d'une humeur de chien après la visite de Draco, c'était sûr. Elle ouvrit la porte et longea le corridor jusqu'au salon, d'où lui parvenaient des voix enjouées. Elle jeta un coup d'œil à la pièce et resta bouche bée. Ron et Draco, assis côte à côte sur le divan, discutaient joyeusement devant un café.

« Heu…chéri, je suis là, finit-elle par dire d'une voix hésitante.

-Ah !Mione ! »Son mari se leva d'un bond, la prit dans ses bras et l'embrassa à pleine bouche. Elle garda les yeux grands ouverts, surprise et finit par clore ses paupières, conquise par la fougue du baiser. Si Draco n'avait pas été là…enfin, Ron se détacha d'elle et elle se tourna vers le blond. Ils échangèrent un sourire rayonnant.

Ce soir-là, Draco prit son journal et nota quelques lignes. Je reprends Harry en charge dès demain. On va enfin pouvoir avancer !Et ça n'a aucun rapport avec mon Gryffondor préféré, mais j'ai aussi la sensation d'avoir aidé Ron aujourd'hui. Quelque chose me dit que Hermione va passer une nuit très mouvementée grâce à moi !Il rit doucement et referma le carnet. Quand il alla se coucher, un large sourire éclairait son visage.