Stockholm Syndrome
par Althea Black
Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer.
Non vous ne rêvez pas, c'est bien un nouveau chapitre ! Je vous avez bien promis qu'il arriverait un jour où l'autre. Et en plus c'est le plus long de tout les chapitres jusqu'à présent.
Un grand MERCI à tous pour vos reviews et vos encouragements après le coup de gueule que j'ai passé. Cela m'a vraiment fait chaud au cœur de lire tout vos gentils messages. Bref pour une fois je ne vais pas blablater parce que je sais que vous êtes impatients de lire
Chapitre 9
EPOV
Tic-Tac, Tic-Tac. Mes yeux étaient fixés sur l'horloge face à moi, regardant vaguement les aiguilles se déplacer. En fait je savais plus que le temps s'écoulait grâce au bruit sourd de la trotteuse que par autre chose. Mon regard avait beau être posé sur cette satanée horloge je ne la voyais pas vraiment, mon esprit étant à des années lumières d'ici. Je me repassais toutes les scènes de la journée dans l'espoir de trouver un sens à la confusion qui régnait en ce lieu, mais ce dernier m'échappait toujours. J'avais quelques théories mais j'étais encore perdu par les réactions de Jasper, par celles de cette Bella ... mais également par les miennes. Peut-être était-ce pour cela que je n'y voyais pas clair, après tout mes réactions et sentiments me perdaient moi-même.
Emmett n'était pas encore rentré, mais au fond il n'était pas encore absent depuis 24h donc je n'avais pas lieu de m'inquiéter, et Jasper toujours couché. Je n'étais pas certain qu'il soit vraiment en train de dormir, il m'avait eut l'air drôlement troublé lors de notre dernière discussion. J'aimerais pouvoir l'aider, qu'il puisse se confier à moi afin de se délester de ce poids qui semblait lui peser sur la conscience mais je savais qu'il ne le ferait pas. Il ne s'était jamais confié, ni à moi, ni à Emmett ou à qui que ce soit, mais j'espérais que le jour où il serait prêt à le faire il saurait que je serais là pour l'écouter. La maison était silencieuse, mis à part les tic-tac sourds de l'horloge aucun bruit ne filtrait depuis deux bonnes heures. La réalité me rattrapa et mon esprit revint sur terre lorsque des coups furent frappés à la porte de la chambre de l'étage.
- Perverso chéri ? Appela la voix de la fille.
Je su que ce n'était pas Bella mais son amie, qui semblait largement plus excentrique du peu dont j'avais entendu parler d'elle. J'hésitais un instant à monter seul, puis me rappelais les ordres de Jasper. Je n'étais pas tenu de les suivre, il n'avait aucune autorité spéciale ou du moins pas plus que moi, mais je décidais de tout de même le réveiller. Nous échangeâmes quelques mots et il me précéda à l'étage pour régler cette nouvelle situation, qui je l'espérais ne tournerait pas mal.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? Demanda-t-il d'une voix bourrue.
- Ah enfin, s'exclama la voix fluette de la jeune otage. Ma copine Bella voudrait bien prendre une douche, et entre nous ce serait pas du luxe.
Jasper eut un profond soupir plus agacé qu'autre chose, et recula de quelques pas pour se tourner vers moi afin d'avoir mon avis ce qui me surprit quelque peu. Lors de notre dernière conversation il m'avait donné l'impression que je n'aurais plus mon mot à dire sur rien et que je ne serais dorénavant qu'une des pièces du rouage qui permettrait à la mission qu'on nous avait donné d'arriver au bout. Vraisemblablement il s'était rendu à l'évidence que son esprit s'était échauffé et faisait marche arrière, chose dont j'étais soulagé bien qu'une petite voix dans ma tête me laissait entendre qu'il comptait tout de même garder le maximum de contrôle sur la situation.
- Tu n'as qu'à rester ici avec celle-là pendant que j'emmène l'autre dans la salle de bain, proposais-je.
Il hésita quelques instants et l'enchaînement de sentiments qui passèrent sur son visage eurent vite fait de me décontenancer. Il eut tout d'abord l'air profondément contre l'idée et prêt à protester, puis il grimaça comme s'il se rappelait de quelque chose de particulièrement déplaisant, avant de finalement afficher un air résigné en hochant la tête de mauvaise grâce. L'idée de se retrouver seul avec son otage ne semblait définitivement pas l'enchanter, et cela renforça mon idée selon laquelle il s'était passé quelque chose d'inhabituel ce matin.
- C'est bon, cracha-t-il à l'attention des deux jeunes filles avant de déverrouiller la porte.
L'otage de Jasper se tenait derrière la porte avec un grand sourire angélique qui sonnait étrangement suspect. Quelque chose me donnait l'impression qu'elle avait une idée derrière la tête et à l'air encore plus renfrogné que prit le visage de Jasper en voyant son sourire, mon impression s'en renforça. Je me fis la promesse de creuser cette affaire dès que j'en aurais l'occasion et escortais Bella jusqu'à la salle de bain en silence. Je prêtais attention à ne pas serrer son bras trop fort pour ne pas la blesser alors que je la guidais le long du couloir, mais me sentis obligé de serrer un minimum pour que Jasper ne me qualifie pas de laxiste et ne décide de m'écarter définitivement des opérations.
Malgré tout je ne pouvais m'empêcher de chercher ce que j'allais dire une fois que nous serions seuls. J'avais pourtant tenté de me convaincre que je devais garder des distances claires, je ne pouvais pas m'en empêcher. Cette fille me torturait l'esprit depuis notre rencontre et je ne pouvais pas juste laisser tomber et ne pas tenter de la comprendre. J'étais observateur et bon lecteur en règle générale, je cernais assez rapidement les gens. Aussi, je n'avais pas besoin de connaître forcément bien une personne pour savoir ce qui pouvait globalement lui passer par la tête. Sauf Bella.
Une fois dans la salle de bain, je chassais mes états d'esprit pour porter mon attention sur ma jeune otage. Je devais veiller à ne pas avoir de réactions trop brusques ou à parler sans réfléchir. Si je voulais la déchiffrer il ne me fallait pas l'effrayer et la braquer à mes tentatives d'approches.
- Euh ...
« Oh oh oh Cullen, félicitation ça c'est une approche construction ! "Euh" ? T'as rien trouvé de mieux à dire ? » Je m'éclaircis la gorge alors que la jeune femme levait les yeux vers moi, interrogatrice. Je ne pouvais pas la blâmer pour son air étonné. Son preneur d'otage le méchant, lunatique et vilain Edward, s'adressait tout à coup à elle en mode invitation-à-un-barbecue-dimanche-après-midi-et-personne-n'oublie-son-bob sans crier gare. « T'aurais crié "gare" que t'aurais pas eu l'air plus intelligent qu'avec ton "euh" si tu veux mon avis. » Personne ne t'as demandé ton avis en effet ... et voilà que je me parlais à moi-même. Génial. J'étais schizophrène maintenant. Et Bella me regarde l'air sincèrement inquiète. Elle devait sûrement s'attendre à ce que je pète un câble d'une minute à l'autre et que je lui saute dessus pour l'égorger. Enfin une réaction normale et que je comprenais chez cette fille.
- Tout va bien ? Me demanda-t-elle sans se dépêtre de son air concerné.
Je retire ce que j'ai dis. Elle a l'air inquiète et concernée pour moi et non pour elle. Cette fille était trop gentille pour son propre bien. D'abord elle s'inquiétait pour Emmett, espérant qu'il n'avait pas d'ennuis, et maintenant elle se sentait concernée en me voyant moi, Edward Cullen nouveau schizophrène de mon état, en plein débat intérieur. Pauvre enfant.
- Oui, je ... euh pensais à un truc. C'est sans importance.
Elle hocha la tête timidement et détourna le regard vers le sol. Apparemment je l'effrayais toujours autant. Elle n'était peut-être pas si irrécupérable en fin de compte.
- Ta copine semble un peu ...
Je me tus pour chercher le qualificatif qui pourrait le mieux convenir à l'otage de Jasper, sans pour autant paraître irrespectueux. Je devais garder à l'esprit que mon but était de la faire parler pour mieux la cerner et non pas la vexer, or dire quelque chose de potentiellement insultant sur sa meilleure amie ne serait pas une bonne solution.
- Folle ? Marmonna-t-elle à mi-voix.
- J'n'osais pas le dire, confirmais-je. Elle est tout le temps comme ça ?
J'avais finalement trouvé un sujet de conversation banal mais qui pourrait m'être instructif. Quoi de mieux pour connaître une personne que d'analyser ses relations avec les autres ? Je n'étais pas aussi clairvoyant que Jasper sur ce point, il était bien plus intéressé par l'aspect psychologique des choses que moi, mais cela ne pouvait pas desservir mon envie secrète.
- Ouais, souffla-t-elle l'air un peu hagarde comme si elle ne s'attendait pas à ce que je poursuive sur le sujet. Surtout là que ...
Elle coupa sa phrase brusquement la laissant en suspens pour se mordiller la lèvre l'air gênée. J'avais l'impression qu'elle s'apprêtait à me dire quelque chose ayant son importance et ma curiosité ne fit que grandir face à son silence. « Si ça se trouve ça a un rapport avec Jasper et son attitude encore plus étrange qu'habituellement. Après tout on soupçonnait bien que quelque chose d'inconnu s'était passé lorsqu'il avait eut son premier tête à tête avec la petite otage. » Mon petit doigt me disait que si elle n'avait pas osé poursuivre cela pourrait avoir un rapport avec Jasper, après tout il avait semblé plus que bouleversé après son passage dans la salle de bain. « C'est pas toi petit doigt qui te l'a dit crétin, c'est moi ! »
BPOV
J'allais tuer Alice. Dans d'atroces souffrances. Je demanderais des conseils à Emmett, ou encore mieux à mon adonis. C'est comme ça que je l'appelais, dans ma tête du moins. Parce qu'il avait beau être l'homme le plus beau que je n'avais jamais vu, et que je ne verrais sûrement jamais, il ne m'appartenait pas le moins du monde et ça ne serait jamais le cas. Mais une fille a bien le droit de rêver après tout, et une fille kidnappée encore plus. Donc il n'y avait rien de si psychotique au fait que je le qualifie de "mon" adonis n'est-ce pas ? J'avais beau essayer de me convaincre moi-même je savais que ce que je ressentais n'était pas clair, pas digne d'une personne très saine d'esprit. Je crois que de toute façon ma santé mentale ne pouvait plus être soumise à débat, j'étais officiellement dérangée. Et si j'avais encore des doutes sur ce point, les sensations qui m'avaient agitée alors que je me retrouvais de nouveau face au dieu grec qui s'invitait de son plein gré dans toutes mes pensées depuis notre rencontre, avaient eut fini de m'en convaincre.
Mon coeur s'était inexplicablement emballé lorsque sa main s'était refermée autour de mon bras nu pour me conduire à la salle de bain. Sa poigne n'était pas forte mais suffisamment pour que son toucher me laisse une impression de brûlure lorsqu'il retira sa main une fois à destination. Encore que je n'étais pas certaine que la force qu'il y ait mis est un quelconque rapport avec ça, il m'aurait à peine effleurée que cela n'aurait sûrement pas fait grande différence.
A côté de toutes ces sensations qu'il faisait naître au creux de mon estomac rien que par sa présence, il y avait toujours cette aura particulière qui l'entourait. Cette aura de danger, d'instabilité émotionnelle qui donnait l'impression qu'il pouvait basculer à tout instant. Alors oui, malgré le fait que son physique ne me laissait pas de marbre, je n'en oubliais pas qu'il était dangereux et j'étais toujours méfiante. Méfiante de mes propres attitudes et paroles, autant que des siennes.
- Euh ...
Sa voix brisa le silence légèrement pesant qui s'était installé dans la pièce et je relevais vers lui un regard étonné alors qu'il s'éclaircissait la gorge. Je ne m'attendais pas à ce qu'il m'adresse la parole, ou alors je pensais que ce serait avec ce ton cassant et froid qu'il avait employé lors de nos premiers échanges. Je l'observais silencieusement, attendant qu'il poursuive mais il ne semblait pas enclin à le faire. Son regard était sur moi mais il ne paraissait pas me voir vraiment, comme si je n'étais pas vraiment là. Il était ailleurs et fronçait les sourcils, un air agacé venant se peindre sur ses traits si parfaits.
- Tout va bien ? Finis-je par demander au bout de quelques instants.
Il m'avait fallu rassembler tout mon courage pour réussir à faire sortir un son de ma gorge, et j'étais contente de voir que ma voix n'avait pas trembloté plus que de raison. J'avais eu peur de ne pouvoir lui offrir qu'un couinement de souris terrorisée.
Son regard vacilla un instant et un sentiment de colère sembla immédiatement l'habiter alors qu'il revenait sur terre. Je me ratatinais inconsciemment, détournant les yeux pour fixer un point imaginaire sur le mur derrière lui. Je savais que j'aurais mieux fait de me la fermer.
- Oui, je ... euh pensais à un truc. C'est sans importance.
Sa voix était calme et je fus soulagée de voir que l'expression de colère qui l'avait traversé avait disparue. J'hochais timidement la tête et baissais les yeux au sol ne sachant pas trop quoi faire. Il n'attendait certainement pas une réponse de ma part et je ne voulais pas risquer de le mettre de nouveau en colère.
- Ta copine semble un peu, commença-t-il avant de s'arrêter en pleine phrase.
Il fronça légèrement le nez comme s'il cherchait le meilleur qualificatif pouvant convenir à Alice. Je comprenais qu'il ne sache pas comme la décrire, ma meilleure amie était un vrai phénomène et même nos preneurs d'otages s'en étaient vite rendus compte apparemment. Ce qui m'agaça bien plus que je ne voudrais l'admettre. En tête à tête avec mon adonis le voilà qui me posait des questions sur Alice, alors qu'il ne l'avait pourtant qu'aperçue. C'était très sincèrement stupide, j'en étais consciente, mais je ne pouvais pas m'empêcher de sentir une petite pointe de jalousie monter en moi lorsque je réalisais qu'à chaque fois que nous parlions, que ce soit maintenant ou lors de notre première entrevue, c'était d'Alice. Faux ! Nous avions également parlé d'Emmett ... cela dit c'était moi qui avait abordé ce sujet là. Par contre les sujets qu'il abordait de son propre chef concernaient toujours Alice.
- Folle ? Proposais-je en marmonnant agacée.
- J'n'osais pas le dire, confirma-t-il et je pourrais jurer avoir vu les coins de sa bouche frémir comme s'il retenait un sourire. Elle est tout le temps comme ça ? Poursuivit-il.
Mais qu'est-ce que ça peut te faire ? Avais-je envie de lui hurler. Sauf que bien sur je ne l'ai pas fait. Pas totalement folle la Bella, je n'allais pas me mettre à crier sur un kidnappeur. Je n'étais pas Alice, elle qui avait traité l'autre homme d'abruti avant même de lui avoir fait face.
- Ouais, soufflais-je en essayant de cacher mon agacement quant au sujet de notre conversation. Surtout là que ...
Je me tus avant de trop parler. Je n'allais tout de même pas lui confier qu'Alice avait décidé que son destin était lié au blond qui était chargé de la surveiller. Même si c'était très tentant. Peut-être qu'il arrêterait de me parler d'Alice s'il comprenait qu'elle aimait à la folie des hommes quelqu'un d'autre qu'elle comptait prendre en épousailles sous peu.
- Là que ? Demanda-t-il pour m'encourager à poursuivre.
- Elle aime bien ton copain, le blond.
- Jasper ?
Je notais dans un coin de mon esprit le nom du futur époux d'Alice, prête à l'utiliser comme monnaie d'échange la prochaine fois qu'elle me taperait sur les nerfs si de son côté elle n'arrivait pas à lui tirer les vers du nez pour le savoir.
- Oui, confirmais-je.
Et il fit la dernière chose que je m'attendais à le voir faire, il éclata de rire. Je m'étais peut-être fourvoyée en pensant qu'il pouvait trouver Alice à son goût, après tout si c'était le cas il n'aurait pas réagit de la sorte. Ou alors peut-être riait-il parce que le dénommé Jasper était marié ou quelque chose de la sorte, ce qui réduirait à néant les chances d'Alice. Pas qu'elle n'en ait beaucoup après ce qu'elle lui avait fait subir de toute façon. Oh, autant Jasper était gay ... peut-être même que lui et l'adonis étaient ensemble. Ça m'étonnerais même pas tiens, avoir le béguin pour un gay ça serait tout à fait mon genre avec la malchance qui me caractérisait. Pas que j'ai le béguin pour lui non plus, soyons clairs.
- Désolé, s'excusa-t-il une fois son rire calmé. C'est juste que Jasper l'a qualifiée de folle, et je ne pense pas qu'il ait été particulièrement tendre avec elle alors c'est assez cocasse.
- Pas étonnant qu'il l'ait prit pour une folle, après ce qu'elle lui a fait, commentais-je.
- Que lui a-t-elle fait ? Il ne semblait pas de très bonne humeur après leur petite entrevue alors je t'avoue que je me suis posé la question de savoir ce que cette petite demoiselle avait pu faire pour bouleverser Monsieur Jasper.
- Je sais juste qu'elle lui a chanté du Britney Spears pendant qu'elle prenait sa douche, expliquais-je. Et ayant déjà entendu Alice chanter je peux dire que ça bouleverserait n'importe qui, crois-moi.
Il m'adressa un sourire éclatant et je me sentis défaillir. Un peu plus et mes jambes ne me portaient plus. C'était la première fois qu'il me souriait et j'espérais que ça ne soit pas la dernière. Il avait un sourire magnifiquement électrisant et déstabilisant. Cet homme était définitivement trop beau pour être vrai.
- Et elle a décidé qu'elle l'aimait bien avant ou après lui avoir tapé sur le système ?
- Aucune idée. Tout ce qu'elle m'a dit c'est que c'était l'homme de sa vie, que leurs destins étaient liés et qu'elle l'aimait à la folie des hommes.
Les yeux de l'adonis s'éclairèrent et il sembla de nouveau lutter contre un nouveau fou rire. Apparemment il trouvait ce que je lui disais absolument divertissant, un point pour moi, et je continuais donc l'air de rien histoire de bien l'achever.
- Et comme il n'a pas voulu lui dire son prénom elle a décidé de le surnommer Perverso.
Le coup de grâce. Il repartit dans un fou rire incontrôlable et je ne pus m'empêcher de le suivre, cette histoire était tellement ridicule qu'il était impossible de garder son sérieux.
- Emmett avait raison, me dit-il en me regardant avec un sublime sourire en coin sur les lèvres. Vous êtes drôlement marrantes toutes les deux.
Je lui offris un petit sourire contrit et nous restâmes silencieux sans trop savoir quoi dire. Le silence était moins pesant que les précédents, l'histoire d'Alice et son Perverso ayant considérablement détendue l'atmosphère.
- Les serviettes sont dans le meubles derrière toi, me dit-il tout à coup d'un air sérieux.
Je restais quelques secondes à l'observer avec des yeux de merlan frit, étonné par son changement soudain d'humeur. Quelques minutes plus tôt il riait à gorge déployée avec moi et tout à coup il me parlait d'une voix atone et distante. Ses changements d'humeurs étaient à donner le tournis. Je me repris rapidement, ne voulant pas le pousser un peu plus du côté obscur de la force jusqu'à ce qu'il devienne carrément froid voir colérique, et me tournais pour sortir une serviette du placard. Je me dirigeais d'une démarche gauche jusqu'à la cabine de douche, me retenant difficilement de lui jeter des petits regards en coin. Je réalisais alors que j'allais devoir prendre ma douche alors qu'il se trouvait dans la pièce ... sans rien pour m'occulter à son regard. Je rougis furieusement et me balançais d'un pied sur l'autre sans trop savoir quoi faire.
- Ne t'en fais pas je ne regarderais pas.
Sa voix claqua sèchement dans le silence et je sursautais bêtement. Il tourna la tête pour fixer le mur à l'opposé du coin de la cabine de douche afin d'appuyer ses propos. Je rougis encore plus si c'était possible, et me déshabillais rapidement en ne pouvant m'empêcher d'observer du coin de l'œil s'il tenait se promesse. Ce qu'il fit.
Une fois débarrassée de mes vêtements je me glissais dans la cabine et refermais la porte coulissante derrière moi en allumant le jet d'eau à une température convenable. Contrairement à Alice, qui d'après ce qu'elle m'avait dit avait non seulement chanté du Britney mais aussi prit tout son temps pour se doucher, je fis au plus vite. J'étais mal à l'aise sans trop savoir expliquer pourquoi, si bien sur on mettait de côté le fait que je prenais une douche totalement nue alors que l'homme le plus beau de la création, mais aussi le plus étrange, se trouvait dans la même pièce.
Je me savonnais donc rapidement avant de me rincer et de couper l'arrivée d'eau. C'était la douche la plus rapide que j'avais prise dans ma vie, un peu plus et je pouvais prétendre à entrer dans le livre de record. Dans ma hâte d'attraper la serviette que j'avais accroché à la porte, je fis un geste brusque et ma légendaire maladresse me rattrapant je m'étalais sur les fesses dans un bruit sourd.
La honte ! C'était sur qu'il devait m'avoir entendue chuter au sol aussi silencieusement qu'un éléphant dansant la carioca dans un magasin de porcelaine. Je restais bêtement quelques secondes sans bouger, le temps que mon esprit enregistre ce qui s'était passé et que mes muscles veuillent bien de nouveau obéir aux ordres que leurs envoyait mon cerveau afin que je puisse me relever. J'avais fait une belle chute, certaine que j'allais voir un joli bleu se dessiner sur mon popotin.
C'est alors que je commençais à reprendre mes esprits que la porte de la douche s'ouvrit à la volée sur mon adonis dont le si beau visage affichait une mine des plus inquiètes.
- Bella tout va bien ?
Je ne répondis pas. Pas que je ne le voulais pas mais tout simplement parce que je ne le pouvais pas. Je ne savais plus comment parler. Tout ce que je savais c'était que monsieur dieu grec se trouvait devant l'ouverture de la porte en me regardant d'un air inquiet alors que j'étais assise sur les fesses comme une bécasse dans cette fichue cabine de douche. Complètement nue.
Oh. Mon. Dieu. !
Note : Ce chapitre est le dernier qui sera publié concernant Stockholm Syndrome. Merci à vous qui avez pris le temps de lire mon histoire et double merci à ceux qui se sont donné la peine de me laisser leurs avis et ressentis tout au long de cette lecture via une/des review(s). Si je me suis jamais particulièrement sentie intégrée dans le fandom Twilight, surtout car je n'ai jamais été très fan des films, j'ai tout de même eu l'occasion d'échanger avec des gens vraiment cool et mes deux fanfictions Twilight (celle-ci et Crush) m'ont permis de recevoir beaucoup plus de retours que je n'aurais pu l'espérer. L'expérience d'écriture que j'ai eu avec Stockholm Syndrome a été très singulière, parfois très drôle, et même maintenant qu'elle est terminée c'est toujours un plaisir pour moi de relire vos commentaires et de lire ceux des nouveaux lecteurs qui atterrissent encore par ici. Merci à tous, vous gérez de la fougère !
