Hello !

Nous voici à la troisième semaine, je vous livre donc le troisième chapitre.

Mais avant de vous laisser j'ai beaucoup de choses à dire :

Suite à la review de Victoria Boubouille je me suis demandé si pendant des mois, ou même depuis mon inscription sur ce site, je ne répondais pas à vos reviews dans le vent :s

Parce qu'à chaque fois que j'en reçois une je réponds, je vous le promets ! Il doit y avoir un problème -_- j'en ai marre. Je crois avoir trouvé un autre moyen alors on verra bien dans les jours qui viennent si vous recevez mes réponses.

En tout cas ça m'embête parce que j'adorais vous répondre et je ne me contentais pas d'un simple « merci ». J'ai même souhaité un joyeux anniversaire à NDA la semaine dernière ^^ (au passage je recommence : Joyeux anniversaire :D).

Donc voila je suis vraiment désolée si vous avez cru que je m'en fichais de vos gentils commentaires xD

Maintenant je vous souhaite une bonne lecture, en vous prévenant qu'à partir de ce chapitre il y a des changements réguliers de point de vue.

Gros bisous, encore merci à celles qui lisent et celles qui écrivent )

A lundi prochain (ou plus tôt pour les lectrices de Kate Davis et le projet Dumby).

Ceycey

Chapitre 3 : Y a que les idiots qui ne changent pas d'avis ?

Pas une lettre d'excuse ni même une demande d'explications ! Rien ! J'ai attendu plusieurs jours pour faire ce constat, mais je dois me rendre à l'évidence, le rêve est fini.

On pourrait penser que j'ai réagi de façon légèrement excessive l'autre soir. Mais mon but premier était tout de même de l'aider à se rendre compte que « Serpentard » ne rime pas avec « mal ». Je capitule, j'ai échoué. L'histoire pourrait s'arrêter là et tout serait plus simple. Mais l'amour c'est tout sauf simple. Je l'aime cet idiot ! Et c'est d'autant plus dur de me résoudre à l'oublier, surtout quand je me souviens à quel point c'était bon d'être dans ses bras. Lorsqu'il m'a serré contre lui dans un geste qui a parut si naturel, il a aussi enserré mon cœur. C'était si fort, si agréable et étouffant à la fois.

Ca aurait dû être une bonne soirée, peut être même l'une des meilleures soirées de notre vie mais j'avais oublié à quel point il était têtu. Il lui suffisait d'arrêter de jouer au détective !

Je me montre en colère depuis plusieurs jours alors qu'en réalité je suis surtout triste. C'est dur de ne plus recevoir ses lettres du jour au lendemain, c'est dur de se dire que finalement je n'aurais pas la fin heureuse que j'ai imaginé. Si je n'avais pas eu cette « brillante idée » de faire connaissance par lettres interposées, je ne me retrouverais pas dans cet état aujourd'hui. Durant ces cinq mois, j'ai beaucoup rit grâce lui, chaque lettre me rendait tellement heureuse car j'apprenais petit à petit à connaître le vrai Sirius Black. On s'est confié l'un à l'autre. On partageait réellement quelque chose. Je n'arrive pas à croire que tout cela n'ait servi à rien. Pourquoi est-ce que ça ne lui a pas suffit ?

Et cet idiot ne comprend certainement pas ce qui s'est passé d'ailleurs. Il a dit par hasard ce qu'il ne fallait pas. Mais ma réaction était-elle suffisamment vive pour qu'il comprenne que c'était lié ?

Bon, de toute façon, ça ne me sert à rien de penser à ça. C'est fini. Il me faut maintenant oublier. Après tout ce n'est pas moi qui passe à coté de quelque chose de formidable (oui parce que je suis formidable) juste parce que je n'aime pas la maison de Serpentard, qui ne fera, d'ailleurs, plus partie de ma vie une fois que j'aurais quitté Poudlard ! Pfff, quel imbécile quand même !

-Encore en train de ruminer dans ton coin !

-Argh ! Nellie arrête de toujours surgir de nulle part !

-Ah ah ah sinon quoi ?

-La prochaine fois je t'attendrais avec une batte !

-Roh, que de violence ! T'es sure que tu ne veux pas que j'aille toucher deux mots à ce Black ? Ta mauvaise humeur commence à m'irriter et il mériterait bien une petite baffe rien que pour ça.

-Vas-y, et tant que tu y es, insultes-le, qu'il comprenne bien à quelque point les serpentards sont vils.

-Ouais, ce serait peut être pas très malin. Bon aller, viens dehors avec moi, pour une fois qu'il fait beau un dimanche, on va en profiter, comme tout le monde.

-J'ai pas envie, j'suis pas d'humeur !

-Bah voyons ! Toutes ces années je n'ai jamais vu Bee Hoffman triste et de mauvaise humeur, ce n'est pas compatible et j'en connais plus d'un qui seraient d'accord avec moi ! Alors c'est pas aujourd'hui et à cause d'un idiot que ça va commencer !

Je la laisse me tirer assez violemment par le bras et m'entraîner vers la sortie. Après tout, elle a raison, je vais profiter de mon dimanche avec mes amis. Pas question que Black me gâche la vie. La meilleure façon d'oublier c'est de faire comme si de rien n'était. Une fois dans le parc avec Nellie je m'amuse à lui tirer les cheveux dans tous les sens. J'adore sa coiffure en pétard et aujourd'hui, le soleil éclaire davantage leur teinte rouge vif. Vous l'aurez compris, Nellie Anderson c'est ma meilleure amie. Depuis la deuxième année on ne se quitte plus et comme elle est toujours accrochée à « son John-John », je ne le quitte plus non plus. Tous deux forment un couple génial, le genre de couple que j'aurais aimé former avec … Enfin bref, j'ai dit que je ne parlerais plus de lui.

Et en parlant de John, le voila qui arrive tout sourire.

-Mon John-John ! S'écrie Nellie en lui sautant au cou.

S'en suit une scène pleine de mièvrerie durant laquelle je n'existe plus. Je détourne vite les yeux car assister à une soupe de langue lorsque l'on se sent plus seule que seule, merci mais je m'en passerais bien.

-Hey Bee, m'interpelle John, j'ai entendu un truc très intéressant dans ma salle commune ce matin.

En tant que Gryffondor, il attire tout de suite mon attention. Je sais déjà de qui il compte me parler mais ce que je ne sais pas c'est si je vais apprécier sa révélation. Toutefois, je veux prouver à Nelly que ma vie ne tourne pas autour de ce petit goujat alors je perds un peu de temps à jouer l'idiote comme je sais si bien le faire.

-Laisse-moi deviner … Tu as entendu dire que Bee Alana Hoffman était une fille formidable dont tout le monde, garçon et fille, est fou !

-Ah oui, tu as raison, ça devait être ça, répond John en entrant dans mon jeu, mais ils ont aussi ajouté que tu étais extrêmement modeste !

Je lui souris et lui demande gentiment de me révéler ce qu'il comptait réellement me dire.

-Je l'ai entendu parler de toi avec les autres maraudeurs. Enfin c'est eux qui parlaient, lui, il avait l'air grognon, pour ne pas changer !

John n'aime pas beaucoup Sirius, il me l'a déjà assez fait comprendre mais j'ai eu beau lui expliquer qu'il n'était pas seulement ce qu'il paraissait … autant essayer d'entretenir une conversation civilisée avec un troll des montagnes !

Après cette « révélation », il s'allonge dans l'herbe tout en sortant de sa poche une pomme. Sans se soucier du reste du monde, il la croque à pleine dent et prend tout son temps jusqu'à ce que …

-Et la suite ? Pauvre idiot ! S'écrie Nellie en lui frappant le haut du crâne avec un énorme livre.

-Aieuh ! La suite de quoi ?

-Qu'est-ce qu'ils disaient ? Demandais-je en dissimulant très mal mon impatience.

-Ah ! Fait-il en se redressant. Bah apparemment ils essayaient de le convaincre de te retrouver.

-Mais pourquoi faire ? M'alarmais-je.

-Mais je sais pas moi ! Je crois qu'ils essayaient de lui faire comprendre que c'était bête de faire une montagne d'un si petit détail et patati et patata …

-Nan ? Crie Nellie. Nan ? Répète-t-elle encore plus excitée.

-Tu es sur de toi ? Demandais-je avec réserve.

-Mais puisque j'te le dit ! Et si tu veux mon avis, s'il y a bien des personnes que Black est susceptible d'écouter, c'est bien eux.

Nellie et John continuent d'en parler tandis que moi je me perds dans la contemplation du lac face à moi. Je n'avais effectivement pas pensé à solliciter l'aide des autres maraudeurs. C'est vrai qu'ils sont déjà plus tolérants que lui. Je connais d'ailleurs un peu Remus, on a fait un devoir de potion ensemble il y a deux ans et le courant est bien passé. Malgré tout, je n'ose pas trop croire qu'ils réussiront à lui faire changer d'avis. Après tout, ce serait bête que je me forme de faux espoirs, n'est-ce pas ? En même temps, quand je vois John et Nellie, un Gryffondor et une Serpentarde, je ne peux m'empêcher d'y penser.

-Hé Bee ! Reviens parmi nous !

-Hein ? Qu'est-ce que vous disiez ?

-Il faut qu'on aide les trois autres gnomes, me dit Nellie.

-John, tu peux me dire sur quoi elle délire encore ?

-Elle délire pas, pas cette fois… Aieuh !

-Ca t'apprendra, goujat, répond-t-elle. Pourquoi on ne ferait-on pas en sorte que Black se rende compte que les serpentards peuvent aussi être serviables, gentils et … disons normaux ?

-Je ne vois pas comment on pourrait faire ça, répondis-je en faisant la moue.

Je connais bien mes camarades, les trois quarts sont effectivement ce que pense Sirius de nous. Malheureusement. En même temps, on ne peut pas me reprocher de briller dans cette maison par ma différence ! Bon, bon, je m'égare là.

-Ca devrait être simple si ses amis n'arrêtent pas de lui en parler depuis cinq jours, m'explique John.

-Hum, fis-je songeuse. On pourrait peut être demandé a quelques uns de nos camarades de jouer les « serpentards sympas ».

-Ah oui, bonne idée ! On peut demander à ma cousine et ses amis !

Et voila, laissez Nellie s'embarquer dans une nouvelle aventure et vous êtes surs de ne plus la revoir dans un état normal avant un bout de temps. Mais elle est coupée dans son élan lorsque, comme moi, elle aperçoit les quatre fameux maraudeurs accompagnés de Lily Evans, la petite amie de Potter. Lorsqu'ils passent devant nous, nous les écoutons attentivement. Moi, plus par souci de ne pas me faire remarquer.

-Oh Sirius ! Tu devrais pouvoir passer outre, ce n'est pas difficile. Regarde, c'est ce que j'ai fait pour James ! Lui dit la rouquine.

-Hééé ! Ca veut dire quoi ça ? Se plaint Potter.

-Roh Lily ! Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! Râle Sirius.

Et puis ils partent s'installer plusieurs mètres plus loin. Nellie à l'air d'un scroutt à pétard prêt à exploser et elle me lance un regard pétillant accompagné de son fameux sourire très très très joyeux.

-Si Evans s'en mêle, Black est foutu ! Déclare-t-elle avec un sourire victorieux.

-Allez, je crois que c'est le moment de mettre notre plan en action, renchérit John.

-Mais quel plan ?

-Bin lui envoyer a tour de rôle des serpentards qui lui feront changer d'avis, d'ailleurs on va commencer par toi et tout de suite.

Sur ces mots, Nellie s'approche de moi de façon très peu rassurante. Est-ce qu'elle vient bien d'insinuer que j'allais moi-même le voir ? Maintenant ? Mais elle est folle ou quoi ? Apparemment oui ! Elle vient de m'arracher le ruban bleu que j'avais dans les cheveux !

-Hééé !

-Ah ! Je savais bien que cette manie de mettre un nouveau ruban dans tes cheveux chaque matin servirait un jour, dit-elle en souriant à John.

-En plus aujourd'hui on a de la chance, il y a beaucoup de vent et il souffle vers l'est, ajoute John en souriant malicieusement aussi.

-Hein ? Fis-je interloquée.

Pas le temps de comprendre. Nellie lâche mon ruban dans le vide (avec un faux air désolé) qui est vite emporté par le vent. Vent qui souffle vers l'est, c'est-à-dire … Merlin, vous l'avez déjà compris : vers Sirius Black.

-Han mais t'es folle ! M'exclamais-je. C'est le ruban de ma sœur !

-Alors va vite le récupérer si tu y tiens, me suggère « amicalement » Nellie.

-Ta sœur pourrait t'en vouloir, renchérit John avec ce même sourire hypocrite.

Je les regarde horrifiée alors qu'ils se lancent dans un énorme fou rire. Ceux-là, une fois que j'aurais récupéré mon ruban, je m'en occuperais personnellement.

-Je vous déteste ! Leur dis-je rageusement tout en me levant.

Me voila obligée de courir après mon ruban dans le parc, sous le regard moqueur des autres élèves. C'est que, j'ai beau avoir l'air parfaite, je ne suis pas très douée pour courir ! Et je ne sais pas comment Nellie s'est débrouillée, mais ce satané ruban atterrit « comme par magie » dans les pattes des maraudeurs. Je prends note : la prochaine fois, je lui confisque sa baguette !

-Euh … désolé, leur dis-je d'une toute petite voix.

Lily Evans le ramasse et me le tend avec un joli sourire, je la remercie en le lui rendant tout en faisant un signe de tête à Remus qui m'a reconnue et en évitant soigneusement le regard de Sirius.

Point de vue de Sirius Black, anti-serpentards :

-Tu vois Sirius, il existe des serpentards très gentils, me dit Remus en parlant de la jeune fille qui vient de nous interrompre.

-Humpf, répondis-je de mauvaise humeur.

-Très joli ruban d'ailleurs, ajoute-t-il avec un drôle de sourire.

Ils aiment parler pour ne rien dire aujourd'hui ou quoi ? N'empêche, ça me fait penser que « Princesse B » avait un ruban dans les cheveux ce soir-là. Tiens, c'est bête, si j'avais pu voir de quelle couleur il était j'aurais pu retrouver cette fille en moins de deux. Non mais de quoi je parle là ? A quoi ça servirait que je la retrouve ? C'est une serpentarde ! Je n'ai rien à voir avec elle. Et puis des filles avec des rubans dans les cheveux, y en a surement une ribambelle. Tiens, y a celle-là par exemple !

Heureusement pour moi, ils m'ont laissé tranquille pour le reste de l'après midi. Dans le cas contraire je crois bien que j'aurais commis un meurtre collectif.

Depuis cinq jours ils ne me lâchent plus, a croire que leur vie dépend de ma vie amoureuse ! J'ai bien pensé disparaître pendant quelques jours, histoire qu'ils oublient, mais ce sont tout de même mes amis. Ils sont censés être de bons conseils, non ? En tout cas, ils m'empêchent de penser à autre chose. Si je voulais oublier cette histoire je ne pourrais même pas.

Je dois me rendre à l'évidence, ses cadeaux et ses lettres me manquent mais je n'arrive plus à croire que toute cette attention ait pu être sincère. Est-ce vraiment possible que toutes ces lettres échangées aient eu pour seul but de me laisser l'apprécier en dépit de sa maison ? Je trouve ça un peu gros. Mais le plus bizarre, c'est que jamais un seul de ces cadeaux ne m'a déçu, comme si elle me connaissait mieux que personne.

En tout cas cette journée était bien étrange. Ca a commencé quand Hoffman à perdu son ruban dans le parc et a gentiment remercier Lily de le lui rendre, puis une serpentarde de sixième année m'a bousculé avant de s'excuser timidement tout en ramassant chacun de mes livres qui étaient tombés. Ensuite c'est venu au tour d'un quatrième année qui est venu féliciter James de ses derniers exploits au Quidditch (oui je sais, ça c'est abracadabrant !). Ajoutons à cela une autre septième année qui est venue prêter des livres à Lily et qui en a profiter pour échanger quelques politesses avec mes amis. Ils étaient tous des Serpentards ! Et ils étaient tous absolument différents des Serpentards auxquels on a affaire habituellement ! Je ne sais quoi penser, à part que je deviens certainement fou ou alors que quelque chose ou quelqu'un s'amuse à m'envoyer des signes. Si j'apprends qu'il s'agit de ces trois idiots qui me servent d'amis je me vengerais.

Ne croyez pas que soudainement je les écoute, mais tous ces évènements m'ont quand même donné envie de relire certaines lettres. Je m'étais promis de trouver où se trouve le fameux mot qui contient ses trois initiales. Même si je ne compte pas la revoir, j'avoue que ma curiosité l'emporte. Je veux au moins savoir à quoi ressemble la fille avec qui j'échangeais des lettres aussi personnelles pendant si longtemps.

Une fois dans notre dortoir, après le diner, mes amis me regardent avec étonnement fouiller mon tiroir à la recherche de ces lettres.

Il y en a trop ! Comment savoir quel mot de trois lettres est le bon ? Ce n'est pas « bon » par hasard ? Non c'est trop bête. Ah ça m'énerve, cette fille aura au moins réussit à me rendre fou.

-Raah vous n'auriez pas pu regarder sur la carte du maraudeur pour savoir avec qui j'étais ce soir là ? M'énervais-je.

-Mais tu nous en à empêché ! Proteste Peter.

Oui bon, ça je le sais, et j'ai été bien stupide. Ce jeu m'amusait alors je ne voulais pas tout gâcher, je suis d'ailleurs étonné de voir que j'ai résisté pendant cinq mois. Mais j'étais loin de me douter de ce qui allait se passer. J'avais totalement confiance en elle. Quel idiot !

-Parce que maintenant tu veux savoir qui c'est ? Demande Remus avec un sourire malicieux.

-… Ouais … peut être bien, répondis-je sans le regarder.

-Alors on va t'aider ! S'écrie James soudainement très joyeux.

-Hé ! J'ai pas dit que j'allais la retrouver et qu'on vivrait heureux avec beaucoup d'enfants, raillais-je, je veux juste savoir a quoi elle ressemble.

Et voila comment on s'est lancés pour la nuit entière dans cette recherche étrange. Etrange parce qu'elle ne mène à rien : les indices sont beaucoup trop minces.

Point de vue de Bee Alana Hoffman, anti-préjugés :

J'avoue m'être bien amusée aujourd'hui. Cette idée d'envoyer quelques Serpentards vers Sirius, même si elle n'était pas très utile en ce qui me concerne, nous a fait passer un bon moment. Le plus drôle c'était de voir la tête que faisait notre célèbre tombeur. Il semblait totalement dépassé par les évènements. Je donnerai cher pour savoir ce qui se passe actuellement dans sa tête. Nul doute qu'il pense que tout l'univers est contre lui.

-Tu crois que je devrais lui écrire ? Demandais-je à Nellie.

Nous sommes toutes deux allongées sur mon lit, le regard fixant le plafond. En fait on se repose car on vient de finir une énorme bataille d'oreillers ! C'est ça que j'adore avec Nellie, elle est aussi « folle et immature » que moi, d'après nos colocataires.

-Je ne sais pas, me répond-t-elle après une longue hésitation. Supposons que nos efforts de cette après midi aient porté leurs fruits, une lettre serait bienvenue.

-Hum … elle tomberait à pic tu veux dire ?

-Ouais. Mais supposons qu'il soit vraiment têtu comme un hyppogriffe, alors une nouvelle lettre ce serait stupide. Il s'énerverait encore plus ou alors tu n'aurais même pas de réponse.

-Bin alors je ne perds rien à essayer, non ?

Non mais en même temps, s'il change d'avis, il n'aura qu'à m'écrire lui-même. Il a les cartes en main, à lui de tirer le bon jeu. C'est en tout cas ce que j'ai conclu avec Nellie.

-Tu as de la chance toi, ton John-John n'est pas aussi stupide, soupirais-je.

-Tu rigoles ? John est totalement stupide ! Le mot approprié pour ta phrase serait « intolérant ».

-Si tu veux, répondis-je en riant.

-Mais c'est vrai que j'ai eu de la chance de tomber amoureuse de quelqu'un qui se fou de toutes ces histoires absurdes de gue-guerre inter-maisonnées.

Oui, Nellie parle parfois de façon … étrange. Mais avec le temps j'ai appris à tout décoder. J'ai souvent pensé à écrire un dictionnaire Français-Nellie. Mais elle m'en a dissuadé en me disant qu'elle n'hésiterait pas à faire l'inventaire de mes expressions les plus farfelues. La conclusion de tout ceci c'est qu'effectivement nous étions faites pour nous rencontrer.

-Tu sais quoi ? Dis-je avec une soudaine excitation. Quand je serais ministre de la magie, je ferais passer une loi pour supprimer les maisons à Poudlard !

-T'es folle ?

-Attends, ce ne serait pas une super idée ? Je trouve ce système un peu préhistorique quand même ! Et puis s'il se passe toutes ces choses horribles en ce moment c'est bien à cause de cette interminable lutte contre les serpentards !

-Oui, c'est pas faux mais qu'est-ce que tu fais de l'esprit de compétition ? De ton sourire béat, et à mon avis affreusement terrifiant, quand tu viens de faire gagner 10 points à ta maison ?

-Nellie ! Je m'en fou de ça, quand je serais Ministre de la magie je ne serais logiquement plus à Poudlard ! Réfléchis un peu !

Je n'ai pas pu constater à temps l'effet de mes propos. Furieuse, elle m'a asséné un coup de coussin légendaire sur la tête et c'était reparti pour une bataille d'oreiller.

-PAZ ! S'écrie-t-elle soudain avec son faux accent espagnol.

-Si Señorita ! Lui répondis-je en m'arrêtant net.

C'est une de nos règles, quand l'une est fatiguée, elle crie à l'autre « paix » en espagnol et la partie est finie. Pourquoi en espagnol ? Encore une excentricité de Nellie : il est fréquent que dans une phrase elle glisse quelques mots d'espagnols, même si souvent elle pense que c'est bien de l'espagnol mais ça n'est pas forcément correcte. Tous ça parce qu'elle trouve cette langue très « sensouel » comme elle dit.

Elle me colle un bisou sur la joue, va rejoindre son lit et me souhaite une bonne nuit en me promettant que je l'aurais ma fin heureuse. Ce que j'aime mes amis …