Cher lecteur,
Je n'ai pas écrit de suite depuis longtemps dû à des obligations scolaires et un planning surchargé, mais pas par véritable manque d'inspiration (pour une fois). La prochaine suite se fera attendre je pense, car jeudi prochain je passe mon bac, donc une semaine où le temps me fera défaut, après, j'aurais pendant deux semaines des heures de conduite. Donc la prochaine suite arrivera si un soir je trouve le temps et si ma bêta trouve aussi le temps de me corriger. La suite sera soit la semaine prochaine soit dans plus longtemps, je ne peux pas pour le moment avancé de date.
Je remercie ma bêta et mes revieweuses.
Je connaissais parfaitement la réponse à ma question, mais je ne voulais pas l'admettre. Cette réalité était dure à accepter, et pourtant elle était belle et bien réelle. Oui, je l'aurais tué si l'autre n'était pas arrivé, et non je ne regrettais pas mes actes. Je devais l'accepter, j'étais comme ça, je n'y pouvais rien. J'étais née avec ça en moi et je mourrais avec ça en moi. Des larmes de rages coulaient sur mes joues, finalement la tristesse s'emparait de moi. Je pleurais à chaudes larmes, je venais de me réveiller d'un long sommeil; depuis cette affreuse nuit, je n'avais pas vraiment vécu, j'avais attendu. Attendu que tout redevienne comme avant, que tout disparaisse, j'avais attendu que quelqu'un me sauve, mais personne n'était venu.
Je me levai, et me dirigeai vers ma chambre. Je m'accroupis près de mon lit, je tendis la main, attrapai une poche. Elle contenait mes vêtements de cette affreuse nuit. Je descendis dans la salle commune, ouvris la poche et je jetai tout dans le feu. Je m'assis ensuite sur le fauteuil à côté de moi et regardai ma belle robe brûler. Je fixais les flammes comme si elles m'appelaient.
Je pensais que la brûler me ferait du bien, que j'oublierais tout. J'avais tort. Toute cette maudite nuit repassa devant mes yeux. Ce soir je n'allai pas manger.
Le feu en avait fini avec ma robe, alors je me levai et j'allai directement me coucher. J'enfilai ma nuisette, mais au moment de rejoindre mon lit, je me rendis compte que j'en étais incapable. J'aurais très bien pu m'allonger et tenter de faire abstraction de l'étrange sensation qui m'imprégnait, mais je ne le fis pas. Je remis en vitesse un jean, mon haut, mes chaussures et sortis du dortoir.
Je longeais les murs, je ne voulais pas que l'on me voie. Je montai les marches qui menaient aux étages, me faufilai discrètement dans un couloir, puis dans les toilettes où je pensais avoir commis l'impardonnable. Je n'étais jamais revenue ici depuis.
Je restai plantée au milieu de la salle, exactement à la même place que la dernière fois. Je m'assis ensuite par terre, comme je l'avais fait cette nuit-là... Je passai ma main délicatement contre le sol de marbre où aucune trace de mon acte n'avait survécu, comme si rien n'était arrivé... Le garçon était devenu fou, il passait ses nuits à hurler, il n'approchait plus personne, il n'allait plus en cours, l'école avait été obligée de s'en séparer et il avait fini à Ste Mangouste. J'avais toujours peur que quelqu'un découvre ce que je lui avais fait.
Étrangement, contrairement à ce que je pensais depuis des semaines, me retrouver ici n'avait pas été insupportable. C'était plutôt une sorte de face à face avec une vérité moins affreuse. J'avais réussi à assumer mes actes et tout ceci me paraissait plus vivable, j'avais enfin accepté la situation. Je ne dirai pas que je revivais, mais je n'avais plus l'impression de ne plus rien contrôler, j'avais l'impression d'être de nouveau maître de moi même. C'était comme un soulagement.
Peut-être que je devenais folle de penser ça, mais en toute honnêteté je m'en foutais royalement. J'avais retrouvé ma tranquillité d'esprit, c'était la seule chose qui m'intéressait.
J'entendis la porte derrière moi s'ouvrir, je ne me retournai même pas, je savais qui était là. Il se posta juste derrière moi. J'aurais préféré qu'il ne soit pas là, j'aurais préféré rester seule avec moi-même. Mais je sentais que je ne serais plus jamais vraiment seule. Je me relevai doucement, et je lui fis face.
«Que fais-tu là?
- En quoi ça te regarde?
- Tu n'étais jamais encore revenue ici d'après ce que je vois.
- Ecoute, c'estsympa de m'avoir aidée, mais on n'est pas obligés de se revoir pour autant.
- Tu es bien ingrate envers les gens qui t'aident.
- Surtout quand ils ne sont pas des sang-pur.»
Ma dernière phrase fit l'effet d'une bombe, il me saisit par les bras, j'étais presque collée à lui. Je lisais dans ses yeux noirs une grande colère. Je n'osais pas bouger, de peur de faire quoi que ce soit de regrettable. J'en profitai pour détailler ses traits, il avait un visage fin et bien dessiné. Ses cheveux était noirs, sa peau presque aussi pâle que la mienne. Je sentais qu'il était musclé. Il avait une beauté sombre. J'aurais presque pu tomber sous le charme, s'il avait été sang-pur. Il me détaillait des pieds à la tête aussi, et enfin je sentis la pression sur mes bras se relâcher.
«Redis ça encore une fois et tu le regretteras toute ta vie.»
Il ne me lâcha complètement que cinq minutes après, et partit sans se retourner. Je repartis à mon tour, en direction de mon lit. Je renfilai ma nuisette et m'installai confortablement. Je fermai les yeux, et m'endormis en ayant pour dernière pensée mes deux semaines seule avec lui.
