Apparement la motivation et l'inspiration sont toujours là pour le moment, réjouissons nous :)
Je voulais vous remercier très fort pour toutes ces visites et ses reviews motivantes, surtout en l'espace de deux jours. Voilà, chui contente, et je publie déjà, finalement.
Voilà le chapitre 4, bonne lecture.
Chapitre 4 : « Ce que je chéris n'est pas fait pour mes yeux »
Lorsqu'Hermione ouvrit les yeux le lendemain matin, elle était dans un état de bien-être absolu. Le sourire aux lèvres, elle se retourna avec la volonté d'enlacer Monster. Mais à son grand désespoir, elle ne trouva rien d'autre que du vide. Elle chercha à tâtons, se leva, l'appela. Pas de réponse, il était déjà parti. La lumière du jour filtrait sous la porte de la salle.
Hermione se laissa tomber sur le lit défait, et enfouit sa tête dans l'oreiller sur lequel il avait dormi. Elle huma son odeur, tout en repensant à la nuit qu'elle avait passée avec lui. Ce n'était pas la nuit la plus étrange qu'elle eut vécu, mais, elle n'arrêtait pas de penser à ce garçon qui ne voulait pas être vu. Ses inquiétudes recommencèrent. Pourquoi, ne voulait-il pas qu'elle voit son visage ? Qu'avait-il à cacher ? Probablement son pseudonyme disait vrai, même si au toucher, il ne semblait pas être un monstre. Peut être avait-il une quelconque maladie ? Peut-être avait-il un secret horrible, qu'il ne souhaitait pas partager ? Ou bien il n'avait peut-être aucune confiance en lui, et n'arrivait à agir qu'en restant dans le noir. Hermione se tordait le cerveau dans tous les sens, imaginant le pire : Il avait fuit à l'aube : Etait-il un vampire ? Une créature de la nuit ? Un loup-garou ? Était-il un proche, qui n'osait pas lui dévoiler son amour ?
Pendant quelques secondes, elle pensa à Harry, avant de se rappeler, qu'elle n'avait senti aucune cicatrice sur le front de Monster. Ron n'avait pas les cheveux aussi courts. Neville n'était pas aussi musclé. Finalement, elle s'arrêta sur Seamus. Il était plutôt grand, sportif, il aimait le Quidditch, il était célibataire et il n'avait pas les cheveux très longs. Aussitôt, Hermione se sentit rougir, en se remémorant ce qu'ils avaient fait cette nuit. Elle aurait touché le sexe de Seamus ? La jeune fille fit une grimace de dégout. Dans quels ennuis s'était-elle encore fourrée ? Pourquoi avait-elle voulu le rencontrer ?
Elle le savait très bien. Elle en avait marre d'être seule, elle avait besoin de tendresse, de se changer les idées. Mais, elle venait de réaliser, qu'elle avait eu des relations pour le moins sexuelles, des préliminaires en somme, avec un garçon inconnu, qui pouvait être n'importe qui : Seamus Finnigan, Terry Boot, Michael Corner, Justin Finch-Fletchley, Cormac McLaggen voire même Blaise Zabini.
A cette simple pensée, Hermione eut la nausée, une boule venait de naitre dans son ventre : Elle se détestait. Comment avait-elle pu se laisser ainsi aller avec cet inconnu ? Mais alors, qu'elle regrettait, une petite voix dans sa tête lui souffla, qu'elle avait passé la meilleure nuit de sa vie, que le garçon avait été tendre et passionné, qu'il n'avait jamais cherché à être désagréable, qu'il était gentil et sympathique et surtout, que c'était elle qui avait insisté pour le rencontrer.
Hermione essaya de chasser toutes les voix qu'il y avait dans sa tête en secouant celle-ci. Elle se leva, rassembla ses affaires, se rhabilla et quitta la Salle sur Demande.
Quand elle pénétra dans la salle commune de Gryffondor, elle vit Parvati et Lavande lui lancer des regards avides de cancans. Néanmoins la jeune fille les ignora. Elle n'avait pas du tout envie de parler de ce qui s'était passé durant la nuit avec elles. Pour le moment la seule chose qu'elle souhaitait, c'était prendre une douche bien chaude.
Une fois lavée, la jeune fille s'emmitoufla dans un gros pull en laine et sortit de la salle commune. On était dimanche, et malgré le vent froid qui soufflait en ce mois de Novembre, Hermione avait décidé de marcher un peu dans le parc. Les autres élèves étaient enveloppés dans leurs capes et dans leurs écharpes bien chaudes.
Les mains enfoncées dans les poches de son jean, la jeune sorcière flâna dans le parc, se dirigeant doucement mais sûrement vers l'orée de la forêt interdite. Le vent presque hivernal faisait danser les feuilles mortes, dispersant des petites touches de couleurs chaudes dans le ciel gris.
Bientôt, elle atteignit la forêt. Les arbres étaient encore disséminés. Elle décida donc de s'assoir contre le tronc d'un vieux chêne.
Installée en tailleur, la jeune fille respira l'air automnal à plein poumon. Elle aimait beaucoup l'odeur de l'herbe. Elle se concentra sur les bruits de la nature, essayant de percevoir des sons anodins : Le chant des oiseaux, les feuilles des arbres remuants sous l'action du vent, les animaux derrières elle, les cris lointains des sorciers, l'eau qui coulait quelque part, les légers bruits de pas d'une personne qui s'approchait d'elle. Hermione sursauta, prise alors de panique, elle se redressa, et se dirigea vers le parc, d'un pas rapide. Puis elle entendit un chuchotement :
- C'est moi Hermione. Ne te retourne pas.
La jeune fille stoppa sa progression, elle se figea, ne sachant comment réagir. Il se rapprocha d'elle, colla son torse contre son dos. Il fit glisser ses mains avec tendresse sur ses yeux.
-Puis-je te bander les yeux ?
- Pourrais-tu parler à voix haute ?
- Pour que tu reconnaisses ma voix ? Hors de question …
Hermione grogna d'insatisfaction. Mais au moins elle avait un indice. Elle était capable de reconnaître sa voix, ce qui laissait sous entendre qu'elle l'avait souvent entendu et qu'elle la connaissait. Le visage de Seamus s'imposa alors à son esprit.
Il reposa sa question. Hermione hocha la tête. Elle le sentit dénouer sa cravate. Et aussitôt elle fut prise de doutes : Seamus ne portait jamais sa cravate.
Puis, il la plaça devant ses yeux et l'attacha. Alors, il la prit par les épaules, et la fit se retourner, pour qu'elle soit face à lui.
- Je te vois, souffla t'il.
-Moi pas, ironisa Hermione avec un soupçon d'agacement.
-Tu dois bien m'imaginer ? Avoir une image de ce à quoi je pourrais ressembler ?
-Et elle est probablement fausse.
- Dis-moi quand même.
- Jeune, bienfait, sportif, heureux, riant. Par contre je ne sais pas si tu es blanc ou bronzé, jaune ou noir, ni quelle est la couleur de tes cheveux. Et je ne sais pas où placer le défaut que tu ne veux pas que je vois. Le plus simple serait que tu me laisses voir ton visage.
- Et c'est une chose que je ne te laisserai jamais faire.
-Alors, je ne pourrai jamais t'aimer, affirma t'elle d'une voix sèche, avant de le regretter. Elle voulait le blesser, et elle avait réussi. Il s'écarta d'elle.
-Ainsi notre Miss-Je-Sais-Tout-Internationale est comme toutes les femmes, elle juge sur le physique.
Hermione entendit très clairement la déception dans sa voix.
- Non mais, tu comprends, j'ai peur d'être en train de faire une très grosse bêtise.
- Tu regrettes ce qui s'est passé cette nuit ? demanda t'il d'une voix sensuelle.
Et avant qu'Hermione n'ait eu le temps de répondre, il lui saisit le menton et l'embrassa. Hermione perdit la tête et s'abandonna dans ses bras. Il l'embrassa avec fougue et passion, et une pointe de sauvagerie. Il la plaqua contre l'arbre derrière eux et resserra son étreinte, faisant ainsi gémir la jeune fille. Dieu, qu'est ce qu'il faisait chaud pour un mois de Novembre ! Et aussi subitement qu'il avait commencé, il brisa ce moment.
De loin, Hermione perçut un « accio cravate ». Alors, elle recouvra la vue, mais, lui, avait disparu. Ses jambes tremblaient, elle dut s'appuyer quelques minutes contre l'arbre afin de retrouver parfaitement ses esprits. Et puis, d'un pas pressé, elle se dirigea vers le château. Elle croisa Cormac McLaggen, près du saule cogneur. Celui-ci lui fit un grand sourire auquel elle répondit avec timidité. Un peu plus loin, elle aperçut les deux insupportables serpentards qu'étaient Blaise Zabini et Draco Malefoy. Ils étaient nonchalamment appuyés contre un arbre, leurs chemises étaient sorties de leurs pantalons, et leurs cravates étaient mal mises. Elle vit Blaise Zabini lui faire un sourire narquois, comme s'il savait ce qui s'était passé dans le bois. Elle le vit toucher sa cravate avec délectation tout en l'observant. La jeune fille détourna le regard, écœurée, se promettant de ne plus jamais retourner dans la Salle-sur-Demande.
Elle retourna dans sa chambre, et tira les rideaux de son lit afin d'avoir un peu d'intimité. Puis machinalement elle se connecta au Réseau.
Elle laissa un message sur la page de Monster : Ne m'attend pas ce soir.
Elle aurait du rajouter, ni les autres soirs. Mais, elle espérait que ses doutes soient faux. Pitié, faites que ce ne soit pas Blaise Zabini ! Ce n'était pas possible, Monster était bien trop gentil pour que ce soit lui.
Alors, un pseudonyme s'afficha sur sa page.
Beauserpentard : Alors, Sang de Bourbe, la vue t'a plu tout à l'heure ?
Quand on parlait du loup.
Etudianteanonyme : Va te faire foutre Zabini ! Comment tu as eu mon pseudo ?
Beauserpentard : Il suffit de lire tes informations pour savoir qui tu es, idiote. Personne à part toi n'a lu l'Histoire de Poudlard, et tu l'as indiqué comme ton livre préféré.
Beauserpentard : Tu aimerais en voir plus ? Si tu veux on se retrouve ce soir, et je te montrerai quelque chose que tu n'as encore jamais vu, petite pucelle.
Etudianteanonyme : Qu'est ce que t'en sais ?
Beauserpentard : Oh notre petite sang de bourbe se serait fait dépuceler ? Qui était l'élu ?
Etudianteanonyme : J'ai pas dit ça et ce n'est en rien tes oignons, connard.
Beauserpentard : Quel mec est assez fou pour oser faire ce genre de chose avec toi ? Il doit être aveugle. Ou carrément désespéré. (1)
Etudianteanonyme : Va te faire foutre, Gigolo !
Beauserpentard : Ouuh l'insulte ultime ? Tu es jalouse ?
Etudianteanonyme : Plutôt crever que d'avoir une quelconque vue sur toi !
Etudianteanonyme : Tu es venu me parler juste pour m'insulter ?
Beauserpentard : Huuuuuum ouais ! Mon hobby préféré, t'humilier. Par exemple, je me rappelle de la couleur de ta culotte, sang de bourbe.
Etudianteanonyme : Super intéressant. Ta vie est tellement géniale que tu n'as rien d'autre à foutre que de venir sur ce chat.
Beauserpentard : C'était juste histoire d'attendre que mon coup du soir arrive. D'ailleurs la voilà, elle ressemble à tout ce que tu n'es pas : blonde, pulpeuse, bien foutue et sacrément bonne au lit.
Etudianteanonyme : Si tu essayais de me vexer, c'est raté.
Il se déconnecta. Hermione chercha pendant prêt d'une heure comment faire pour l'empêcher de revenir lui parler. Une fois qu'elle eut trouvé l'option « bloquer la personne », elle s'aperçut qu'elle avait un mail. Elle l'avait reçu, il y avait quelques minutes.
Monster : Je ne sais pas ce que tu t'imagines, mais je ne cherche pas à te faire du mal, bien au contraire. C'est juste que je préfère que tu ne me voies pas. Tu n'as pas envie de faire l'amour. Je respecte ta volonté, je sais que ça te fait peur et qu'on ne se connait pas assez. Je n'ai pas envie de te montrer qui je suis. Respecte ma volonté.
Ce n'était pas Zabini, elle le savait. Sinon, pendant leur petite conversation, il se serait servi de ce qui s'était passé la veille pour l'humilier. Or, il n'était au courant de rien. Hermione était soulagée. Aussitôt elle décida de répondre à Monster.
Etudianteanonyme : je ne m'imagine rien, c'est juste que j'ai une soirée de prévu ce soir. A demain soir :)
Elle faisait une bien piètre menteuse. Mais bon, peu importait. D'ailleurs elle regretta bien vite, de ne pas être allée à la Salle-sur-Demande ce soir-là. Elle avait oublié qu'en restant ici, elle allait être confrontée aux questions de Lavande et Parvati.
ooo
-Tu étais où ces dernières nuits ? demanda Lavande d'une voix pleine de sous-entendues.
Hermione décida qu'il était bête de leur mentir et préféra leur dire la vérité.
-J'étais avec un garçon.
-T'es sérieuse ! Il s'appelle comment ?
-Je ne sais pas.
-Comment ça tu ne sais pas ?
-Je ne sais même pas à quoi il ressemble.
-Attends, intervint Parvati, tu as passé chaque soirée de cette semaine, plus une nuit avec un garçon que tu n'as pas vu ?
-Non, il refuse que je voie son visage.
Ses deux amies eurent l'air éberlué. Et Hermione continua ses explications, elle se rendait compte que cela lui faisait du bien de se confier.
- Je l'ai rencontré sur le RSPP, il a pour pseudonyme Monster. Quand je lui ai demandé un rendez-vous, il a accepté à condition que je ne cherche pas à voir son visage. Toutes nos rencontres se font de nuit, sans lumière, à part aujourd'hui, où on s'est rencontré dans le parc, mais une fois encore, je n'ai pas pu le voir : il m'a bandé les yeux.
-Il a probablement quelque chose à cacher, affirma Lavande, visiblement fière de sa trouvaille.
-Comme si je n'avais pas deviné !
-Tu l'aimes ? demanda brusquement Parvati
Hermione fut prise au dépourvu, elle ne savait pas. Elle aimait sa présence, elle avait envie d'être avec lui. La simple idée de devoir se séparer de lui, lui semblait insupportable. Elle aurait été bien malheureuse, si ses soupçons avaient été vérifiés. Mais Monster n'était pas Blaise Zabini à son plus grand soulagement.
Parvati observa son amie plongée dans ses pensées. Elle voyait son visage changer sans cesse d'expressions. Elle y lu la joie, la tristesse, la douleur, la passion. A n'en pas douter, Hermione ressentait quelque chose pour cet inconnu.
-Hermione, tu dois savoir qui il est. C'est important. Pour ta sécurité. C'est peut-être un malade qui veut abuser de toi ! Un manipulateur. Peut être qu'il a le sida même. Tu n'as pas couché avec lui au moins ?
Hermione lisait l'inquiétude dans les yeux de Parvati et tenta de la rassurer en lui assurant que non, elle n'avait rien fait avec lui. Enfin… en tout cas, pas l'amour.
-Si, tu laisses les choses continuer ainsi, tu risques de devenir folle amoureuse d'un inconnu. Le jour où il te laissera tomber, tu n'auras plus rien pour le retrouver. Pareil, si tu tombes enceinte ou imaginons, s'il te viole. On ne pourra jamais le retrouver. Peut être que c'est quelqu'un d'honnête, mais il est certain, qu'une telle relation est vouée à l'échec, tu ne pourras pas vivre avec quelqu'un que tu n'as jamais vu. Ce n'est techniquement pas possible. Ça te rendrait malade de curiosité.
-Ou malade tout court, ajouta Lavande.
-Et même, si tu le quittes maintenant, c'est déjà trop tard. Tu te sens vivre pour le reste de ta vie, sans savoir qui t'as offert ton premier baiser, si premier baiser il y a eu ? Imagine, cet homme, c'est peut être quelqu'un qu'on connait, un de nos amis, qui n'ose pas te déclarer sa flamme, parce qu'il a peur de ta réaction. Si tu ne sais pas qui il est, tu ne pourras jamais l'aider.
Hermione acquiesça. Elles avaient raison. Elles avaient terriblement raison. Que fallait-il faire ? Elle le sentait, au fond d'elle, elle avait besoin de voir ce visage. La curiosité ne cessait de la tirailler. Elle passait ses journées à observer tous les garçons qu'elle croisait pour voir s'ils la regardaient, s'ils l'appréciaient, s'ils rougissaient en la croisant au détour d'un couloir. Elle s'imaginait tellement de choses, que s'en était presque devenu de la paranoïa. Et cela en une semaine. Elle se rendit compte qu'elle ne pourrait pas continuer longtemps comme ça. Elle commençait à soupçonner tout le monde. Et ce qui s'était passé cette nuit-là, avait rendu les choses encore plus gênantes. Il fallait agir, il fallait faire quelque chose.
-Hermione, dit Parvati, il faut que tu regardes son visage.
ooo
(1) En plus d'être un boulet, Zabini est contradictoire dans ses propos
Est-ce que ce chapitre vous a plu ?
Comme vous vous en doutez, on connaitra l'identité de Monster au prochain chapitre :) (Ou pas, on verra si je suis d'humeur sadique ou pas… En même temps, je pense que vous avez deviné qui s'était…)
Je publies le chapitre 5 vendredi soir, si tout va bien.
Le mot de la fin sera reviews
