Partie 4 : Objects have no intrinsic power. A person's future does not depend on some thing. Things are just things. They do not have magical meaning or powers.

Ecroulés dans les canapés du salon de Bones, nous discutions tranquillement, comme pour rattraper le temps perdu. Elle était assise, jambes repliées contre elle, sa jupe recouvrant à peine ses mollets. Elle était naturelle, belle, et je me rendis compte que j'étais toujours aussi amoureux d'elle.

- Booth ? m'appela-t-elle doucement, son rire cascadant et teintant à mes oreilles comme la mélodie du bonheur.

Mes pensées s'étaient égarées. Je posai une main sur sa cheville nue.

- Oui, Bones, pardon, j'étais ailleurs. Je me demandais ce que j'aurais fait s'il t'était arrivé quelque chose en Indonésie, mentis-je.

- C'est une chose à laquelle je n'ai cessé de penser cette année, avoua-t-elle en un murmure. J'ai cru que partir m'enlèverait mes inquiétudes, mais c'est tout le contraire qui s'est produit, elles n'en ont été que décuplées.

- Tes inquiétudes ? murmurai-je.

- Je n'arrêtais pas de me faire du souci pour toi, pour Angela, pour tout le monde, et je… Ca ne m'était jamais arrivé auparavant, cela m'empêchait de faire mon travail.

- C'est en s'impliquant de tout son cœur que l'on aime, Bones. Si tu t'inquiètes d'avoir peur pour ceux qui comptent pour toi, c'est que tu commences tout simplement à aimer, et tu ne devrais pas avoir peur de ce sentiment. Tu devrais plutôt regretter de ne pas l'avoir ressenti plus tôt.

- Je n'en ai plus peur, dit-elle en relevant les yeux vers moi.

La fraîcheur de son regard m'avait tant manqué que je fus ému simplement par ce contact doux et tendre. Je fus soudain étroitement conscient de notre proximité à tous les deux. Cela n'avait rien d'étonnant Bones et moi avions toujours aimé être proches physiquement, sans nécessairement nous toucher, simplement entrer dans la sphère de l'autre pour créer notre bulle, une bulle dans laquelle seul nous existions.

Elle ne souriait pas, elle m'observait de son regard pur, comme anxieuse à l'idée de ce que je pourrais dire ou faire. J'exerçais une infime caresse sur sa cheville sur laquelle ma main était toujours posée.

- Je serais probablement mort de chagrin s'il t'était arrivé quelque chose, soufflai-je sans rompre notre contact visuel.

Elle frémit, mais ne baissa pas les yeux non plus.

- Je ne sais pas ce que j'aurais fait, avouai-je. J'ai eu tellement peu de contacts avec le monde extérieur en un an que tout à l'heure en t'attendant sur notre banc toutes sortes de scénarios catastrophe ont défilé dans mon esprit.

- Je n'aurais pas pu mourir, murmura-t-elle. J'étais protégée.

Elle porta la main à sa nuque frêle pour y toucher la médaille de St-Christophe. Ma médaille.

Je souris et levai le bras pour effleurer à mon tour la chaîne des doigts, frôlant au passage les doigts de mon ancienne partenaire. Je la sentis frissonner.

- Bones, je pensais que… Que tu ne croyais pas que les choses avaient des pouvoirs intrinsèques, qu'elles n'avaient aucune incidence sur nos vies… dis-je.

- Les choses n'en ont pas. C'est toi qui en a.

Je dus faire une drôle de tête car elle poursuivit avec un sourire.

- Je savais que tant que j'avais cette médaille, c'était important que je sois sur le Mall aujourd'hui pour te retrouver et te montrer que j'avais tenu ma promesse, que j'avais été prudente. Je l'aurais probablement moins été si cette médaille n'avait pas été là pour me rappeler que tu m'attendrais saine et sauve l'année suivante.

- Je vous avais dit qu'elle était magique… soufflai-je en me rapprochant imperceptiblement d'elle.

Ma main était toujours sur la médaille et glissa sur sa peau pour aller se glisser derrière sa nuque puis sur sa joue. Elle ferma les yeux durant un centième de seconde et renfonça son visage dans le creux formé par ma paume.

- C'est toi qui es magique, murmura-t-elle.

Elle s'approcha de moi, yeux clos, et ses lèvres effleurèrent les miennes, s'écartèrent, puis revinrent, me permettant de mieux goûter à sa peau et à son odeur.

Elle s'écarta, yeux brillants.

- Tu as changé, murmurai-je encore, comme quelques heures auparavant.

- Il fallait que l'un de nous change sa façon de faire pour que le résultat soit différent… souffla-t-elle avant de m'embrasser à nouveau, si doucement que je sentis une pluie de frissons s'abattre sur moi.

Je glissai ma main derrière sa nuque pour l'attirer vers moi. Je respirai son odeur fraîche, fruitée, et fermai les yeux pour mieux sentir la douceur de sa peau sous mes doigts.

Lorsque je rouvris les yeux, elle souriait.

- Et tu as dit que le changement n'était pas ton fort… il fallait bien que je fasse quelque chose…

- Ca fait mal de s'inquiéter, Bones… murmurai-je en souriant moi aussi, perdu dans ce que mes sens m'envoyaient d'elle, embourbé dans mes sentiments troublés.

- Oui, mais c'est tellement beau d'aimer…

xXx

FIN