Coucou, voilà la suite !
Merci beaucoup pour vos reviews, ça fait, énormément, plaisir.
Bonne lecture...
Chapitre 1 : Suite
Katherine jubilait. Son plan se déroulait exactement comme prévu, Stefan était là, tout à elle, déjà subjugué. L'autre humaine ayant immédiatement déserté ses pensées alors qu'il la retrouvait elle. Bien sûr, il refuserait de se joindre à elle au début, pour la forme. Elle avait prédit que ce ne serait pas facile mais il n'avait jamais su lui résister. De toute façon, elle ne lui laissait pas le choix !
Ces cent quarante-cinq années avaient été étonnamment intéressantes, riches en fêtes et en sang. Seulement, depuis un moment la solitude l'ennuyait. Katherine comptait bien rapporter l'amusement dans sa vie, et quoi de mieux que les frères Salvatore pour l'y aider?
Un sourire narquois déforma ses traits :
-Tu tombes bien, j'avais justement quelque chose à te…proposer.
Allongée, les yeux fermés, dans son lit, Elena pesta contre le courant d'air qui s'entêtait à provoquer des frissons le long de son corps. Seule une dizaine de minutes s'étaient écoulées depuis le départ de Stefan, et elle voulait dormir, juste se reposer quelques heures…
Elle s'apprêtait à se lever pour remédier au problème lorsque le vent froid s'arrêta. Cherchant des yeux la cause, elle ne tarda pas à discerner une ombre adossée à la fenêtre. La jeune femme n'eut aucun mal à reconnaître la silhouette qui lui faisait face.
-Damon.
-Ravi de te voir également…
-Désolée de ne pas être transportée de joie, je suis fatiguée… C'est Stefan qui t'envoie ?
-Bien sûr que non, tu sais bien que je prends mes décisions seul ! Il me l'a simplement demandé.
-C'est…gentil à toi.
-Je n'ai rien de bon en moi ! A combien de brunes vais-je devoir le dire ce soir, murmura-t-il plus pour lui-même.
Elena l'observa, mi-amusée, mi-intriguée.
-Alors comme ça tu te lances dans de grandes confidences avec d'autres que moi ?
-Ne sois pas si possessive, il serait dommage de ne pas faire apprécier ma personne au reste du monde.
-Je n'ai pas la force de contredire ta haute estime de toi-même…
-Bonne nouvelle. Bon, assez discuté, rendors-toi.
-J'aurais bien aimé, mais maintenant impossible ! Pourquoi as-tu été voir Jérémy ?
-…Je voulais lui laisser le choix, ce coup-ci. Tu sais, entre oublier ou souffrir… Il n'a pas voulu de mon aide. Et je n'aurais jamais cru que ça me…ferait ressentir quelque chose.
-Quel sentiment ?
-De la peine, pour la première fois j'ai éprouvé de la tristesse concernant un autre que moi…
Le silence tomba l'espace d'un moment, flottant, léger, dans la pièce. Mais étonnamment ce n'était pas désagréable. La présence de Damon dans sa chambre ne lui paraissait pas anormale, et lui apportait du réconfort. Troublée par ses pensées, elle se décida à rompre le calme :
-…Raconte-moi.
-Quoi ?
-Ton passé. Comment c'était avant ?
-Que veux-tu savoir précisément ?
-Je ne sais pas… La vie en 1864, la survie d'un vampire à travers le temps, tout…
Avec un léger sourire, il vint s'asseoir à ses côtés.
-C'était différent, et paradoxalement, un peu pareil quand même. J'étais riche, issu d'une bonne famille et estimé par les habitants de la ville. J'étais également égoïste, orgueilleux, et amoureux d'une magnifique femme... J'avais une vie plus ou moins heureuse, bien que je ne sois jamais pleinement satisfait. C'est assez banal en réalité... Malheureusement, les choses étant comme elles sont, tout a vite dégénéré… La jalousie me rongeait, continuellement, faisant ressortir mes défauts avec une acuité déconcertante, plus rien n'avait d'importance. Je voulais cette transformation, je m'étais imaginé qu'ainsi nous passerions l'éternité ensemble. Et puis la chasse s'est ouverte, en une seule nuit, les vampires furent capturés et emmenés dans l'église afin d'y périr brûlés. Leur seule chance était Emily, et je ne pensais qu'à Elle quand j'ai supplié la sorcière de la protéger… Et puis je suis mort, et c'est devenu pire.
-Tu ne désirais plus être changé?
-Pour quoi faire ? Je préférais mourir que vivre sans elle un seul instant, alors une éternité… Non, mon choix était fait, cette vie-là ne m'appartenait pas.
-Tu veux dire que Stefan t'a forcé ?
-Je ne dirais pas ça, mais c'est de sa faute…
La jeune femme fronça les sourcils :
-Je ne comprends pas…
-Rien de surprenant, tu es encore humaine !
-A ta façon de le dire on croirait que c'est une tare.
-D'une certaine manière c'en est une. Tu es fragile, tu éprouves trop de sentiments, et pourtant tu es la personne la plus forte que je connaisse, la plus sensée…
-Pas toujours.
-Ah oui ? Donne –moi un exemple !
Son sempiternel sourire en coin avait refait son apparition, auquel un regard malicieux répondit.
-Je t'ai laissé entrer chez moi.
-D'accord… Je l'ai cherché… Tu ne fais pas assez attention aux gens que tu invites.
-En fait, à quelle femme énamourée t'es-tu confié ?
-… A une pâle image de toi. Ecoute Elena, je suppose que Stefan serait contre mais… Tu mérites au moins de savoir. Le vampire qui s'est introduit ici est…
-Katherine, réalisa-t-elle en décodant l'allusion.
-Il faudrait que vous alliez vivre ailleurs, pendant un moment, juste le temps de la mettre hors d'état de nuire. Alaric sera certainement partant…
-Oui, pour Jenna et Jérémy ce sera le mieux.
-Ne commence pas, tu iras aussi.
-Pas question, je ne fuirais pas devant… Elle. Elle ne me fait pas peur !
-Tu mens très mal.
-Ok, je suis terrifiée, mais ça ne change rien, je ne te laisserais pas.
-Que veux-tu dire ?
Gênée, elle détourna le regard.
-Je ne veux pas qu'elle t'embobine, encore…
-Elle s'est moquée de moi pendant plus d'un siècle, je ne suis pas pitoyable au point de retourner traîner à ses pieds !
-Ce n'est pas ce que…
-Quoi ?
-L'amour peut forcer aux pires choses, et elle n'est pas bien pour toi…
-Ne crois pas ça, je ne me suis jamais obligé à rien. C'est dans ma nature.
-Tu as tort. Tu n'es pas mauvais, tu as commis des erreurs, comme tout le monde.
-Tu ne sais pas de quoi j'étais capable…
-Si, de tout. Tu étais seul, perdu, déboussolé… Mais maintenant, c'est différent, tu m'as. Et moi, je ne t'abandonnerais pas !
Damon l'observa longuement. Sa confiance en lui était touchante. Et bizarrement, il ne ressentait pas l'envie de briser ce lien qui les unissait. Au contraire, il aurait aimé que cet instant dure plus longtemps, les yeux dans les yeux, la proximité de leurs corps...
Sans vraiment s'en rendre compte, il se pencha vers elle, en gardant son regard fixé dans celui de la jeune femme. Il entendit son souffle s'accélérer et les battements de son cœur se faire plus rapprochés. Lui-même perdit son assurance alors que les centimètres disparaissaient, il aurait pu se liquéfier sous l'intensité du moment, s'il était encore vivant. Une fois n'est pas coutume, il remercia intérieurement son état vampirique qui maintenait parfaitement l'impression d'impassibilité devant Elena.
Celle-ci le contemplait, comme si elle ne l'avait vu auparavant, et dans un sens c'était un peu le cas. Elle s'était toujours empêcher de détailler les lignes de son visage masculin, la courbe de ses lèvres, et surtout l'abîme de ses prunelles couleur azur. Sachant que si ses pensées venaient à s'égarer de ce côté, elle aurait du mal à continuer de feindre l'indifférence. Le charme de Damon Salvatore était indéniable, et malgré toutes les raisons qu'elle pourrait sans doute trouver pour contrer cette idée, l'attraction qu'il exerçait l'avait depuis longtemps conquise. Ce n'était pas de l'amour, pas vraiment du désir non plus, juste une fascination qu'elle entretenait pour lui.
Voyant qu'elle s'était perdue dans ses songes, Damon se recula un peu. Il posa une main sur sa joue et en écarta les longues mèches brunes. Délicatement il laissa glisser ses doigts contre la mâchoire, le cou, le corps de la jeune femme avant d'atteindre sa cuisse.
La caresse était légère, enivrante, et Elena sentit les frissons de plaisir l'envahir. Elle ne savait comment réagir, sa raison l'ayant désertée il ne restait plus que le bien-être de ce moment.
L'autre main du vampire passa dans son dos, et d'une pression l'allongea entre les draps. Tout en douceur, il s'installa à ses côtés avant de la coller contre lui. Il guida sa tête jusqu'à son torse et déposa un baiser sur son crâne. Il l'invita, de sa voix grave et douce :
-Dors Elena.
-Bonne nuit Damon.
Stefan sentait son monde s'écrouler. Il ne se reconnaissait plus. Tous ces côtés de lui qu'il avait toujours abhorré, venaient de lui revenir de plein fouet. Il devenait pire que le monstre qui lui servait de frère, il perdait son reste d'humanité pour les yeux d'une femme qu'il croyait haïr. De toutes ses forces, il tenta de briser cet amour immonde qui voulait naître en lui, et avec un regard noir balança :
-Je t'exècre !
-Sois sage Stefan, rentre les crocs. Ce n'est pas le moment des déclarations.
-Je ne t'aime pas !
-Ah oui ? Alors que fais-tu ici, avec moi… Tes sentiments pour moi ont toujours été si forts… Même la séparation n'a pu effacer ça.
-Tu m'entends ? Je te déteste !
-Tu sais Stefan, la haine ressemble à s'y méprendre à l'amour… On déteste ceux que l'on aime, car jamais notre amour n'est rendu comme il le mériterait. On aime ceux que l'on déteste, parce qu'on a besoin d'eux pour vivre en se disant 'bon'. Et par-dessus tout on déteste aimer, ça rend faible et vulnérable, tellement pathétique et pitoyable… Moi, je ne ressens rien, mis à part l'intérêt et la curiosité. Et c'est pour ça que tu m'admires Stefan, parce que je n'ai pas la nécessité de mentir pour vivre, je ne triche pas, je suis juste moi !
