Chapitre 2 : Valise, réveil et… Bikini…

Le plus dur quand vous partez quelque part, ce n'est pas d'y aller, c'est de préparer la valise. Alors on passe par plusieurs étapes. La première, faire un récapitulatif rapide de tout ce qui se trouve dans votre appartement. Ensuite vous vous rendez compte que vous ne pouvez pas tout prendre, alors vous voyez en plus petit et ne gardez en tête que la salle de bain et votre chambre. Mais là, c'est pareil, la valise est toujours trop petite… Quelle idée de faire des valises trop petite, non ?

Donc vous passez par une autre phase, celle où vous comptez vos slips, vos shorts, vos t-shirts, vos chaussettes… Même des trucs que vous avez jamais porté en vous demandant : « Est-ce que j'aurais besoin de cette écharpe ? »… Bien sûr que non, mais pendant une fraction de seconde vous pensez que vous allez regretter si vous ne l'emportez pas. Vous imaginez même des situations dans lesquelles vous pourriez – hypothétiquement parlant – en avoir besoin, vous êtes à deux doigts d'inventer ce genre de situation… « Et si la température à LA chutait de 20 degrés d'un coup ? »

Puis vient la phase ou vous jouez à la roulette Russe avec vos vêtements, beaucoup de suspense pour savoir si tout vos slips vont rentrer, si les quelques shorts que vous prenez ne vont pas encombrer toute la place dans votre valise…

Et enfin quelques heures plus tard, après moultes péripéties, voilà votre valise terminée, « super » devrait-on se dire, mais le problème c'est qu'elle refuse de se fermer. Oui, ELLE refuse de se fermer, vous voulez qu'elle se ferme tranquillement, mais elle, elle en a décidé autrement.

Alors vous commencez à la regarder de travers, du style : « écoute, si tu ne veux pas te fermer, je t'emmène pas avec moi ! » (On ne sait jamais, le chantage peut, peut-être fonctionner) mais la valise reste de marbre (on se demande bien pourquoi).

Toujours en la regardant en chien de faïence, vous insistez : « Bon, tu veux rien savoir… très bien… mais joue pas ta chienne et laisse moi te fermer ! » Et vous bondissez sur la bête, qui n'a d'autre effet que de vider ce que vous avez mis des heures à remplir, excellente stratégie, n'est-il pas vrai ?

Vous voilà, au milieu de vos vêtements en fixant la valise : « Hum, t'es contente maintenant ? »…

- Papa ?

Alexis venait de voir son père sauter sur la valise comme s'il s'agissait d'une bête féroce…

- Qu'est-ce que tu fabriques ?

- Moi ? Euh… rien. (Affichant un grand sourire comme pour masquer le foutoir qu'il venait de faire).

- Mais… Tu crois vraiment que c'était nécessaire ?

- Tout à fait !

- Écoute, tu pars juste une semaine pour faire la promo d'un film-

- Oui, mon premier film… T'es sure que tu ne veux pas venir ?

- J'ai des examens, et je ne peux pas les rater…

- Hum ? Et si je te faisais un mot d'absence ?

- Papa…

- Je peux t'enlever alors ?

- Papa !

- Ça va j'arrête. Mais si tu changes d'avis, je serais enchanté de t'enlever…

- Je n'en doute pas, papa.

- Tu sauras te débrouiller pendant mon absence ?

- Je te retourne la question.

- Et bien, il y aura Beckett pour me garder, ça devrait aller.

- Papa !

- Castle afficha un petit sourire rien que d'imaginer Beckett en baby-sitter…

Une nuit venait de s'écouler, et c'était le moment de monter dans la limousine pour aller chercher ses amis. Castle s'installa à l'arrière après avoir confié ses valises à son chauffeur avant d'aller directement au domicile de Beckett. Il avait deux heures d'avances, mais il voulait les emmener prendre leur petit déjeuner avant de partir.

La voiture se gara en bas de l'appartement de Beckett, il gravit les quelques marches avant de frapper à sa porte, elle lui ouvrit avec une tête que l'on fait quand on n'est pas réveillée.

- Hum, mauvaise nuit Beckett ? Ou nuit mouvementée ? (En ayant les yeux qui pétillent par ce qu'il venait de dire)

Elle ne répondit pas.

- Ne me dit rien, tu t'es battue avec ta valise…

- Quoi ?

- Longue histoire…

- En parlant de longue histoire, c'est moi qui devais aller à l'aéroport…

- Oui mais j'ai pensé qu'un petit déjeuner à la Française ne ferait pas de mal.

- « A la Française » ? pourquoi ?

- J'adore les Françaises…

- Castle !

- Bon, valise prête ? Je peux jeter un coup d'œil ? (se mit à rêver l'écrivain avant de se diriger vers ce qu'il semblait être la valise, posée à côté du canapé).

- Castle ! (lui courant après) Pas touche ! (Lui reprenant la valise des mains).

- Qu'est-ce qui t'arrives ?

- Rien, je veux juste savoir…

- Savoir quoi ? se demanda Beckett.

- Alors ? il fronça les sourcils.

- Alors quoi ?

- Tu l'as mis ?

- Mis quoi ?

- Et bien…

- Et bien, quoi ?

- Ne fait pas l'innocente…

- Quoi ?

- Le Bikini !

- Qu'est-ce que ça peut te faire, hum ?

Il préférait ne pas répondre…

- Bon tu te prépares, qu'on passe prendre les autres ?

Beckett partie dans la salle de bain en oubliant la valise près du canapé, ce qui réjouit Castle quand il la vit fermer la porte derrière elle. « C'est l'occasion où jamais » se dit-il. Castle s'approcha délicatement de la valise, en faisant bien attention de ne pas faire trop de bruit… Il prit la valise, la posa sur le canapé et s'apprêta à l'ouvrir quand Beckett ressortit. Il fit un bon en arrière et faisait mine de regarder le plafond.

- Ne fais pas l'innocent, je t'ai vu.

- Vu quoi ?

- Castle…

- Quoi ?

- La valise !

- Ah ! elle avait froid, alors je l'ai mise sur le canapé…

- Castle !

- Ben quoi ? C'est vrai… Alors ce bikini ?

- Je ne l'ai pas pris !

- Quoi ? On va à LA sans bikini ? Je suis outré…

- N'importe quoi…

- Jeune fille, va falloir penser sérieusement à revoir votre éducation…

Beckett prit la valise et se dirigea vers la porte de son appartement, Castle en fit de même, puis les voilà monter dans la limousine pour aller récupérer les autres…

Quelques minutes plus tard, la limousine arriva devant le domicile d'Esposito, mais il n'y avait personne, de même devant l'appartement de Ryan.

Il était 9h10, ils se dirigèrent donc vers le restaurant Français que Castle avait repéré…

50 minutes plus tard, la limousine, avec à son bord Castle et Beckett arriva à l'aéroport ou le jet les attendait.

Castle, en grand gentleman (avec des arrières pensées), proposa à Beckett de porter sa valise, ce qu'elle refusa dans un premier temps, mais devant la moue de l'écrivain, elle céda. Mais ça ne l'empêchait pas de garder un œil sur sa valise et surtout sur son contenue qui intriguait tant son partenaire.

- Wow ! Beckett ! Elle est lourde ta valise ! t'as mis quoi dedans ?

- Si seulement tu savais, si seulement tu savais…

- Hum, mais je sais très bien… Un bikini, des menottes et du coulis de chocolat…

- Castle ?

- C'est bon le chocolat…

Castle s'arrêta net, il venait de voir le jet :

- Wow, Beckett, mais quel beau bijou !

- De ?

- Ce jet ! C'est un Embraer Legacy 600…

- Et ?

- Mais, il est juste sublime !

- C'est vrai qu'il est plutôt pas mal.

- Ooooh, on va avoir droit à un bar, super !

- Un bar ?

- Bien sur ! Champagne à gogo, rien de tel pour s'envoyer en l'air…

- « S'envoyer en l'air » ? s'étonna Esposito.

- Ah les gars, qu'est-ce que vous faires là ? demanda Beckett en tentant de changer de conversation.

- On ne voulait surtout pas rater le départ, alors on est venu…

- Hum… (Fit Castle en secouant légèrement la tête de haut en bas) Vous êtes venus… Tous les deux ? (Montrant Ryan et Esposito du doigt, chacun leur tour).

- Bah-

- Nous aussi ! Répondit rapidement Castle en montrant Beckett. Et en plus on a eu un petit déjeuné en tête-à-tête.

- Ah vraiment ? (Esposito regarda Beckett avec un léger sourire).

- Ils n'eurent pas le temps de continuer à en parler quand un homme s'approcha d'eux et prit possession des valises pour les mettre dans le jet privé.

- Castle ?

- Oui Ryan ?

- Il est où le capitaine ?

- Euh…

- Et Lanie ? demanda Beckett.

- Et bien, il faut bien quelqu'un pour piloter, non ?

- Quoi ? Firent Beckett, Ryan et Esposito en même temps.

- Relax ! je vous fais marcher. Ils ne devraient pas tarder.

- J'espère, on décolle à 10h00, t'avais dit.

- L'avantage que ce soit un jet privé, on décolle quand je veux (lança fièrement l'écrivain)… et ouais !