Chapitre 10 : Black-Bird ensanglanté.

Los Angeles, Californie.

Pendant ce temps, au Serenity-hôtel, Esposito, Ryan, Lanie et le capitaine Montgomery n'avaient pas eu de nouvelles de la part de l'écrivain et de sa muse. Enfin, ça, c'était sans compter sur Lanie…

- Quelqu'un à vu, Beckett ou même Castle ? demanda Ryan.
- Moi oui ! Je les ai vus tôt ce matin…
- Tôt ? Commença tôt ?
- Castle attendait Beckett devant sa chambre.
- T'es sûr qu'il l'attendait ?
- Ben…
- Il l'attendait où il en sortait ?
- Alors ça, je te dis juste ce que j'ai vu…
- Ah. Ryan était un peu déçu de cette réponse.
- Tout ce que je peux te dire c'est que sa parlait mariage.

Il n'en fallait pas plus, pour voir Esposito rappliquer, et s'installer confortablement sur le fauteuil du bar, rejoint rapidement par le capitaine.

- Mariage, tu dis ?
- Oui, ça parlait de Las Vegas aussi…
- Ils sont partis à Las Vegas faire les casinos, et ils ne nous ont même pas invités…
- Esposito…
- Quoi ?
- Il n'y a pas que des casinos à Las Vegas…
- Ça n'empêche pas, qu'ils sont peut-être partis à Las Vegas faire les casinos, sans nous.
- Ou se marier et faire les casinos. Continua Ryan.
- Ou se marier en faisant les casinos…
- Ou faire les casinos en se mariant…
- Les garçons, vous avez finit oui ?
- Désolé. Répondirent Ryan et Esposito en même temps.
- Castle avait deux ou trois trucs à faire aussi.
- Ah bon, patron ?
- Oui, choisir la robe de soirée à Beckett…
- Hum… Voilà pourquoi ils ne sont pas encore là…
- Ah ?
- Ben oui, soit, cela s'est bien passé et on devrait bientôt les voir arriver, soit…
- Soit ça s'est mal passé… et ils se sont entre-tués quelque part…
- Ou alors, Castle est en garde à vue.
- Ah ouais, ça peut être ça aussi.

Ils se mirent à rigoler quand l'objet de leur discussion venait de passer la porte de l'hôtel. A l'évidence ils avaient fait les boutiques...

Le capitaine Montgomery s'était éloigné car il venait de recevoir un message de la part de la police de New-York, lui demandant d'appeler le plus rapidement possible l'inspecteur Oken à New-York.

- Inspecteur Oken.
- Bonjour, c'est le capitaine Montgomery, vous avez demandé à ce que je vous rappelle au plus vite.
- Ah, oui. Bonjour. C'est à propos d'une affaire.
- Une affaire ? Je suis en congé pour une semaine, cela ne peut pas attendre ?
- J'ai bien peur que non.
- Ok. (Il s'assit) Je vous écoute.
- On a deux meurtres sur les bras, deux victimes, Jessica Davisson et Rebecca Graham, elles travaillaient pour : Black-Bird, une maison d'édition.
- Et en quoi cela me concerne ?
- Le tueur, il les a massacrés. Et sur le corps de sa deuxième victime, Rebecca Graham, on a trouvé un message. Enfin, le début d'un message.
- Ok, et qu'est-ce que cela disait ?
- « Sous une pluie ».
- « Sous une pluie » ? Et c'est tout.
- Le tueur a fait passer le message avec un livre : « Sous une pluie de balles » de...
- Richard Castle.
- Oui.
- Est-ce qu'on a des raisons de penser que ce tueur va s'en prendre à lui ?
- Non, pour le moment non. Au vue des empreintes et des taches de sangs, on pense que ce type a cherché dans tout l'appartement pour trouver quelque chose pour faire passer un message. Mais j'ai pensé que vous voudriez être au courant.
- D'accord. Merci.
- Je vous appelle si on a du nouveau.

Il venait de raccrocher. Il se disait que ça ne valait pas la peine d'en parler. C'était trop tôt.

Entre temps, Castle et Beckett étaient revenus.

- C'était qui, patron ? Demanda Ryan.
- Le boulot, c'est tout. Ils n'arrivent pas à se passer de moi…
- Arrêtons de parler boulot… Je vous invite tous au restau' ! Cria Castle…
- C'est sympa ça !
- Ensuite, vous ferez ce que vous voulez, et on se donne rendez-vous à la soirée de l'avant première ou vous pourrez rencontrer des collègues de LA…
- Ah ! Le Super-Flic de LA.
- Quoi ? C'est quoi cette histoire de super Flic de LA ? demanda Esposito.
- Oh un copain qu'il s'est fait sur la plage… Continua Beckett.
- (Lanie était soudainement intriguée) Un copain sur la plage, ah ouiii ?
- Oui, ils ont fait des châteaux de sable…
- Ce fut le coup de foudre... Ajouta amusé, Castle.
- Ouais, l'amour vache…

Beckett se mit à rigoler, rejoins rapidement par l'écrivain.

***********************
New-York.

L'homme s'était arrêté devant un kiosque qui vendait des journaux, il était en colère, il n'avait pas eu droit à la première page : « Ils étouffent l'affaire ou quoi ! » se dit-il. Son comportement avait attiré l'intention du vendeur, mais avant qu'ils puissent dire quoique ce soit, l'individu s'était volatilisé dans la foule avec son arme dans la poche, en quête de sa prochaine victime. « Je ne vais quand même pas leur mâcher le travail ! C'est de sa faute ! Oui c'est de sa faute ! Tant qu'il n'aura pas compris, je continuerais… Il aura du sang sur les mains ! ». Il souriait, il allait frapper fort… « Si avec ça, il ne comprend pas ! ». Il venait de se poster devant la maison d'édition Black-Bird. Habillé en sans domicile fixe. « Qui remarque un SDF de nos jours ? ». Il commençait à prendre gout à ce petit jeu du tueur traquant sa proie… A chaque meurtre il s'améliorait, il allait bientôt atteindre la perfection.
Il fixait constamment l'entrée du building, il attendait quelqu'un, il attendait sa prochaine cible. « Je t'attends Melinda… » Dit-il en souriant et en serrant fermement le manche de son couteau. On pourrait avoir l'impression qu'il répétait le meurtre qu'il allait commettre. Comme s'il s'agissait d'une vulgaire pièce de théâtre…

Los Angeles, Californie.

Les touristes de New-York venaient d'arriver devant le restaurant, préalablement choisit par Castle. Alors que tout le monde était entré, Castle resta à l'extérieur pour répondre à un appel.

- Paula ?
- Rick ?
- Ouiiii ? (Faisant le petit-cul, voyant déjà qu'il avait fait une connerie)
- Tu n'as pas un truc à me dire ?
- C'est-à-dire ? (avec l'air un peu évasif)
- Sur la police de LA ?
- Ah ! Tu veux parler du Super-Flic de LA ?
- Tu peux développer avant que je fasse un ulcère…
- On s'est rencontré sur la plage, enfin c'est lui qui M'A rencontré sur la plage…
- Hum ?
- C'est une longue histoire mais-
- La version courte, s'il te plait.
- Je lui ai envoyé quelques invitations pour qu'il puisse venir avec quelques uns de ces amis ou collègues…
- Quelques invitations…. Je rêve… Tu faisais une overdose quand tu lui as envoyé les invitations, ou quoi ?
- Overdose de sable, oui…
- Quoi ? Laisse tomber… Faudra réviser la définition de « quelques » ?
- Mais pourquoi ?
- Vingt-cinq invitations ! Rick ! Vingt-cinq !
- Bah, (faisant l'innocent) ils sont nombreux dans sa brigade.
- Super… Génial… Merci Ricky… Va falloir prévoir plus de petits fours et de Champagne…
- Faut voir le bon côté des choses…
- Ah oui, lequel ?
- Bah, vu le nombre de flics aux mètres carré qu'il y aura, tu peux faire quelques économies sur la sécurité…
- Rick !
- C'est bon, je me tais…

Il raccrocha mais il n'eu même pas le temps de rentrer dans le restaurant à l'ambiance familiale, où ses amis étaient déjà installées, qu'une jolie femme l'accosta…

- Excusez-moi ?
- Oui mademoiselle ?
- Vous êtes bien, Richard Castle, l'écrivain ?
- En personne.
- Je ne pensais pas vous rencontrer un jour… Est-ce que je peux vous demander un autographe ?
- Pas de problème.

Elle lui tendit un exemplaire de « Heat Wave » en format de poche que l'écrivain signa avec un immense sourire. Mais alors qu'elle allait reprendre le livre signé, un homme s'approcha et l'empoigna fermement.

- Hey, oh tout doux. S'interposa Castle.
- Ça ne vous regarde pas !
- Oh que si !

Les esprits commençaient à s'échauffer et l'homme serra toujours la jeune femme.

- Lâchez là !
- Je vous ai déjà dit que ça ne vous concernait pas !

C'était au tour de Castle d'empoigner l'inconnu.

- Ça ne vous concerne pas. Lâchez-moi, ou-

Il fut interrompu par Beckett, Ryan, Esposito, le capitaine et Lanie qui venaient de sortir du restau' en voyant ce qui se tramait à l'extérieur.

- Ou bien quoi ? On peut savoir. Demanda Beckett.

L'homme lâcha son emprise…

- Beckett ?
- Castle, on s'attire encore des ennuis ? Ajouta Montgomery.

L'homme ne demanda pas son reste, il s'éloigna avec cette femme.

- Quoi, on le laisse partir avec elle ?
- Qu'est-ce que tu veux faire, Castle ?
- Ben je ne sais pas, lui montrer qu'on ne traite pas les femmes comme ça.
- On ne peut rien y faire, Castle… Ajouta Ryan.
- Juste pour info, t'aurais fait quoi si on n'était pas arrivés ?
- Ben là, j'aurais pu être le héros de cette demoiselle, ou…
- Ou bien, Castle ?
- Ou bien, à moitié mort, héhé… (Fier de sa réplique)

Puis ils retournèrent dans le restaurant où ils ont pu enfin commencer à manger…

New-York.

L'homme était toujours posté devant Black-Bird, il était là depuis des heures… Et le comble, quelques passants lui avait même jeté quelques pièces. Ça l'avait amusé car ça le laissait croire qu'on le payait pour tuer… Et enfin, il la vit sortir, il esquissa un sourire avant de se mettre à la suivre. Il avait bien répété la scène, il était plus que près. Une fois qu'elle serait rentrée, il saura quoi faire, comment le faire…

Los Angeles, Californie.

Dans le restaurant, après avoir oublié cette petite mésaventure à l'extérieur, les touristes de New-York en profitaient. Puis, Lanie, ne put s'empêcher de poser des questions sur cette virée à deux entre Castle et Beckett :

- Alors ?
- Alors quoi, Lanie ? S'interrogea Castle.
- C'était comment, Las Vegas ?
- Quoi ? Las Vegas ?
- Et les casinos ? Poursuivit Espostio.

Il se tourna vers Beckett en chuchotant. Néanmoins il faisait en sorte que tout le monde puisse l'entendre :

- Je te l'avais bien dit que ce n'était pas la peine de se cacher, Beckett.
- Quoi ?
- Ils le savent déjà…
- De quoi ?
- Tu te répètes, là.
- Ils savent quoi ?
- Nous deux.
- Il n'y a pas de nous deux !
- Bien sur que si, on était que tout les deux à faire les boutiques et à regarder les robes de mariées.
- Quoi ? Vous avez regardé les robes de mariées ? Alors là, c'est le bouquet !
- Oh, « mariées », « le bouquet ». Super Ryan !
- (Beckett, désespérée) Je vous jure les mecs…
- (Ryan et Castle en même temps) Ben quoi ?

Beckett préférait les ignorer et se venger sur son plat de lasagnes…

New-York.

Après cinq petites minutes de filature sa proie venait de rentrer dans son appartement, c'était pour lui le moment de frapper. Il entra sans faire de bruit, elle était dans la salle de bain, certainement en train de faire couler de l'eau pour prendre un bon bain… « Parfait. » Se dit-il, ainsi il ne mettra pas de sang partout, il pourrait faire ça de la plus belle des manières, propre et sans bavure… Il restait à écouter l'eau couler et sa victime barboter, il sortit son couteau, poussa légèrement la porte qui se mit à couiner, mais il n'avait plus le traque, son troisième meurtre et le voilà à l'aise comme s'il avait fait ça toute sa vie.

Elle ne regardait même pas dans sa direction, trop occupée à se laver les cheveux. Son couteau en avant, il s'approcha encore, puis il effectua une légère coupure sur sa gorge, assez pour l'empêcher de crier, mais pas trop, pour ne pas qu'elle perde trop vite connaissance à cause de la perte du sang. Il la regardait qui tentait de garder la tête hors de l'eau. Eau qui vira rapidement au rouge vif. Il regardait son œuvre, il l'admirait, il l'appréciait… Il trouvait ça agréable. Elle était là, à se battre en vain pour sauver sa vie. Il le savait maintenant, il était doué, bientôt son don passera sur toutes les chaines et sera dans tous les journaux… Bientôt, on ne parlera que de lui…

Encore quelques secondes et cette femme ne sera plus qu'un morceau d'os et de chair, baignant comme un vulgaire bouillon de cuisine dans de l'eau. Mais il en avait marre d'attendre qu'elle périsse d'elle-même. Alors il lui donna un coup de main : Il donna un violent coup de couteau dans le dos, qui eu pour effet de l'immobiliser définitivement… Il demeura un moment, debout, la lame de son couteau transpirer de fine lamelles de sang. Il contemplait ce qu'il venait d'accomplir.
Il regarda dans l'appartement, de quoi faire passer son message, il sourit en voyant que la bibliothèque de cette chère Mélinda Johansson contentait ce qu'il cherchait pour faire passer le message. Pour le plaisir, il débarrassa les autres livres de la bibliothèque, comme ci une tornade était passée dans son appartement.

Il retourna dans la salle de bain, en appréciant les quelques photos accrochées au mur : montrant la vie « pré-mortem »de cette Mélinda avec ces enfants… Il n'avait pas remarqué les chambres de ces deux filles. Ce qu'il trouvait encore plus étrange c'est qu'elles n'avaient pas entendu quelqu'un tuer leur maman. Couteau en mains il chemina en direction des chambres, ce n'est pas un monstre, il allait les tuer proprement et rapidement… C'est vrai, il fallait qu'il permette à ces deux anges de rejoindre leur maman dans l'au-delà :

« Il ne faut pas séparer une famille, c'est cruel… » se dit-il.

Il eu la surprise de voir que les chambres étaient vides, pas de fillette, il tourna des talons et retourna dans la salle de bain.
Il sortit de sa poche la feuille chiffonnée de son manuscrit puis l'alluma avec son précieux briquet. Il étala les cendres au pied de la baignoire. Après il prit le bouquin trouvé dans la bibliothèque, il le taillada en ne laissant apparaitre qu'un mot cette fois-ci… Puis le disposa sur les morceaux de papier brulés.
Il prit même le temps de se laver les mains, et ressortit paisiblement de l'appartement, avec le sentiment d'avoir accompli un chef d'œuvre. « Encore un peu de patience, et je finirais par t'atteindre… »