Chapitre 11 : Cuir, robe et tapis rouge, premier acte.

La route fut longue pour Richard Castle, entre la sortie de son premier roman, de son premier best-seller, puis son intégration en tant que consultant pour la police de New-York, la publication de son premier « Nikki Heat », et le voilà, à Los Angeles pour l'avant première du film basé sur ce même roman.

Même si Rick Castle était à 4000 kilomètres de New-York, on parlait de lui, de cette adaptation cinématographique des plus inattendue. Ou comment un écrivain de la Grande Pomme peut se retrouver à LA pour promouvoir son film. La ville - le maire - en était fière. Pour ravir les fans, le New-York Ledger avait même consacré sa une à cet évènement, omettant les meurtres sordides perpétués ces derniers jours. Mais il ne faisait qu'obéir à la police, puisque les inspecteurs chargés de ces meurtres leur avait demandé de ne pas en parler, en pensant que cela aurait encouragé ce tueur… Mais ce que ces inspecteurs ignoraient c'est que ce tueur, n'en était pas spécialement après la célébrité, il voulait avant tout se venger de quelqu'un pour sa vie misérable, il voulait que quelqu'un d'autre, que lui, en soit responsable. La célébrité qui découlerait de se folie meurtrière ne serait qu'un effet secondaire (qu'il recherchait) des plus succulent.

- Ce n'est pas possible ! Il ne va quand même pas oser être en retard, pas ce soir, pas maintenant ! Pas pendant la soirée de l'avant première !

- Excusez-moi ? Vous devez être, Paula ?

- Exact !

- Je me présente, Roy Montgomery-

- Ah ! Oui je sais, le big boss.

- Le « Big Boss » ?

- Ricky vous appelle comme ça. En parlant de lui, vous n'avez pas de nouvelle ? Il devrait déjà être là avec sa muse …

- Non, aucune nouvelle.

Esposito et Ryan, verre en main, se joignirent à la conversation…

- S'il est avec Beckett, je crois que vous pouvez attendre encore un peu…

- C'est pas vrai ? Je le savais ! S'écria Paula. C'était pas trop tôt ! Je savais qu'ils allaient terminer dans le même lit, ça se voyait, comment il la regardait ! La façon qu'il avait de parler d'elle… Il a bien fait de m'avoir écouté… (Paula s'aperçut qu'ils ne pensaient pas du tout à ce qu'elle pensait…) Oops, j'ai parlé trop vite. Ça m'arrive quand je suis stressée…

- Comment ça, « dans le même lit » ? Demanda intrigué Ryan, qui avait soudainement trouvé un intérêt particulier à cette conversation, en oubliant presque qu'il avait un verre dans la main.

- Oubliez ce que je viens de dire…

- « Oublier » ? impossible. Répondit Esposito avec un immense sourire.

- Voyons, ne faites pas les innocents, par pitié… L'écrivain et sa muse…ou encore Clark Kent et Lois Lane… Brennan et Booth… Symba et Kiara, j'adore ce dessin animé au passage… Ou encore : Frank Farmer et Rachel Marron…

- Frank et Rachel ?

- Le film… Bodyguard… ça vous arrive de sortir ?

- Vous pensez que Castle et Beckett-

- Et comment ! Ils sont faits pour finir ensemble. J'ai l'œil pour ça ! Vous verrez… Et si je me trompe vous pourrez me pendre haut et cours sur la place publique ! (Elle regarda sa montre et ne prêta presque plus attention à ses interlocuteurs). Cinq minutes de retard ! Comment est-ce qu'il peut me faire ça ? Je vais l'étrangler s'il n'a pas une excuse valable ! Et j'ai faim en plus !

Paula s'éloigna.

- Wow, quel sacré bout de femme, son agent…

- Tu m'étonnes que Castle soit un peu…

- Un peu ?

- Un peu… « youhouuu »…

- « Youhouuu » ?

- Ouais, « Youhouuu »… Un peu fou, quoi ! C'était pourtant clair. Se dit Ryan.

- Si tu le dis…

Pendant ce temps, au Serenity-Hotel, Beckett était toujours en train de se battre contre sa robe, difficile d'atteindre la petite attache derrière son dos… Il lui fallait de l'aide… Mais qui ? A qui elle pourrait demander un coup de main pour attacher sa robe ? Elle savait que Castle était encore dans sa chambre, certainement en train de pianoter sur son Iphone pour balancer quelques trucs sur Twitter… Mais elle n'avait pas envie d'entendre une de ses blagues, pourtant elle se voyait mal demander de l'aide à quelqu'un qui passerait dans le couloir, par hasard…

Alors qu'elle s'apprêtait à quitter la chambre, on toqua à sa porte.

- Qui est-ce ?

- Le séchoir qu'on étouffe…

Beckett se mit à rigoler et ouvrit la porte.

- Castle ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- « Qu'est-ce que je fais là » ? Que c'est drôle… à moins que t'as envie d'aller à cette soirée, à pied ?

- Ah oui ! C'est vrai, c'est que… Je ne suis pas prête…

- Alors ça, c'était trop drôle. J'suis mort de rire… J'en peux plus… Tu sais qu'on à cinq minutes de retard, pour toi ça ne te parait rien, pour Paula c'est déjà cinq minutes de trop… Si elle me tue, tu aurais ma mort sur la conscience…

- Castle…

- Quoi ?

- Est-ce que… Tu peux m'aider ?

- A quoi ? Dis voir ? Dis-moi tout, je suis tout ouïe !

- Est-ce que tu peux m'aider à-

- A porter tes valises, ton sac à main, t'ouvrir la porte, t'appeler l'ascenseur, un taxi, la concierge-

- Stop !

- Quoi ?

- (Elle se lança) Est-ce que tu peux m'aider à attacher ma robe ?

- (Il se mit à sourire) Juste ça, et tu hésitais à me le demander… Si c'est pas trognon, ça…

Il l'aida à attacher sa robe bien qu'au début en faisant semblant de ne pas y arriver puis ils montèrent tout les deux la limousine pour se rendre à cette fameuse soirée…

Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant le cinéma qui accueillait la soirée de l'avant première, petit-four, champagne et ensuite la projection du film…

Leur véhicule s'arrêta devant le tapis rouge… et devant Paula…

- Ok, à en juger par sa tête, je suis mort…

- Mais non, Castle.

- Ça se voit que tu ne l'as connais pas… Dis voir Beckett ?

- Oui ?

- Y a un numéro d'appel d'urgence pour les écrivains maltraités ?

- Ah Castle, je te jure… Si tu n'existais pas, il aurait fallu t'inventer…

- C'est ce que je me dis aussi.

- Beckett descendit en première alors que Castle préférait rester dans la voiture…

- Castle ? Tu descends…

- Ça va pas non, je n'ai pas envie de mourir… J'suis bien dans la voiture. (il regarda l'intérieur comme si c'était la première fois qu'il montait dans une limousine) c'est sympa, tout ce cuir… Et ces finissions en bois sont magnifiques, il y a même un petit bar…

C'est alors que Paula s'avança…

- Rick ?

- Hum ?

- Tu descends ou tu restes dedans ?

- Bah, j'suis bien dedans…

- Ne fais pas l'enfant, ou je te mets la fessée devant tout le monde. Et quand je dis : « tout le monde », je parle bien évidement de tes amis et des journalistes de New-York…

- Ah ! C'est pour ça que tu ne m'as pas encore étranglé ? A cause des journalistes ?

- Oui, faire ça en publique n'est pas bien vu à priori… Va savoir pourquoi.

Castle se décida enfin à sortir de la voiture…

New-York.

Il n'arrivait pas à dormir, il pensait à sa dernière victime, il n'arrivait pas à se la sortir de la tête. Non pas qu'il éprouvait des remords, loin de là. Personne n'éprouve de remords quand on fait de l'art… Mais il se demandait pourquoi personne n'en parlait ? Quand il était dans la rue, accoudé à un bar, personne ne parlait de sa dernière œuvre. Puisqu'il considère son dernier meurtre comme une œuvre, les autres étant des brouillons. Un prologue à sa notoriété, de sa nouvelle carrière. Pourquoi personne ne parlait de ce qu'il faisait ? Cela sortait assez de l'ordinaire pour en parler… Mais il savait au fond de lui, il connaissait le responsable de tout ça. Il est toujours là pour lui mettre des bâtons dans les roues. Bientôt ce sera terminé, bientôt il ne sera plus dans son ombre…