Chapitre 13 : De Los Angeles à New-York

New-York.

Il n'avait pas attendu pour rien, alors qu'il allait s'endormir, il entendit quelqu'un ouvrir la porte, il regarda la poignée se tourner tout en serrant encore plus fort son couteau. L'adrénaline montait en flèche, il adorait cette sensation, ce pouvoir qu'il avait sur ses victimes. Il attendit patiemment dans l'ombre qu'elle pose ses affaires, et alors qu'elle allait se rendre à l'étage, il lui asséna un coup de couteau dans le bas du dos. La douleur venait de la clouer au sol. Elle tenta d'atteindre son portable, mais il le prit des mains. Il la regardait, elle tentait de lui échapper en rampant. « C'est pathétique ». Lui dit-il. Il lui attrapa un pied et la traina sur le sol avant de la mettre sur le canapé. « Tu sais, avec ton cadavre en première page, il va revenir de son petit périple de Los Angeles. Il comprendra rapidement ma douleur. Tu sais que j'avais une fille, une femme aussi… Mais ces chiennes m'ont laissé tomber. Il aurait pu m'aider lui, mais il m'a ignoré ». Il continua de la regarder. « Je ne m'attends pas à ce que tu comprennes… Peu importe ce que je fais, il a toujours été là pour me faire de l'ombre, et ça doit changer, ça va changer. Mais ne soit pas triste, (Il lui essuya délicatement une larme, aussi délicatement qu'un père pourrait le faire avec sa fille). Il va vite te rejoindre, ne t'en fais pas… Je t'en fais la promesse. » Il l'embrassa sur le front avant de lui donner un autre coup de couteau dans le bas du ventre. Puis se mit à fouiller les étagères, passant en revu les quelques photos de famille éparpillées dans toute la pièce. Il se saisit d'une de ces photos : « Oh, une photo avec lui… c'est tellement mignon. Il va savoir que c'est de sa faute si j'ai été obligé de te tuer. » Il posa la photo à côté du corps, puis il continua de regarder un peu partout avant de tomber sur un pile de roman écrit par Richard Castle.

Il mit en scène le corps de sa victime, il l'installa confortablement dans le canapé, lui croisa les bras et lui posa, sur son cœur, cette photo. Sur la table basse qui se tenait en face du canapé, il mit bien en évidence le livre qu'il avait retenu pour faire passer son dernier message. Pour que la présentation soit parfaite, il plongea ses mains dans le sang encore chaud de sa victime, puis en barbouilla le roman en ne laissant apparaitre qu'un mot. Il regroupa les autres romans puis les jeta dans la baignoire où il y mit le feu, avant de l'éteindre en y versant de l'eau. Il ne voulait pas bruler ce bel appartement.

Avant de quitter cet endroit, il se lava les mains et prit le téléphone portable de sa victime, la regarda une dernière fois en souriant avant de claquer la porte derrière lui.

Los Angeles, Californie.

Il y a plus de quarante cinq minutes, tous les invités avaient été invités à se rendre dans la salle pour débuter la projection du film.

- Beckett…

- Oui, Castle ?

- Voilà la page 105 qui arrive, j'ai vraiment hâte de voir ce que ça va-

Il fut coupé par la sonnerie de son téléphone, s'était Gina qui l'appelait.

- Il faut toujours qu'elle me dérange dans ce genre de moment.

- Il s'excusa auprès de ses invités et sortit dans le couloir.

- Gina, qu'est-ce que tu me veux ?

- Vous me décevez…

- Quoi ? Qui êtes-vous ?

- Quelqu'un qui est très en colère.

- Ou est Gina ?

Il faut toujours que vous vous m'étiez en travers de ma route. Ça aurait plus simple et plus confortable pour tout le monde, si vous aviez su rester à votre place !

- Ou est Gina !

- Des personnes sont mortes par votre faute, monsieur Castle.

- Quoi ?

- Jessica Davidson, Rebecca Graham, Melinda Johansson. Est-ce que ces noms vous évoquent quelque chose ?

- Elles travaillent pour Black-Bird…

- « Travaillaient » serait le terme approprié !

- Qu'est-ce que-

- Si seulement vous étiez resté à New-York, je ne les aurais pas tuées !

- Ou est Gina !

- Vous devez vous en douter… Et vous devez savoir qu'elle est morte par votre faute.

L'homme raccrocha. Laissant Castle dans le couloir, sous le choc. Il appela directement le maire de New-York pour lui dire d'envoyer des unités et une ambulance au domicile de Gina Cowell. Ne le revoyant pas revenir, Beckett sortit à son tour dans le couloir. Elle vit Castle faire les cent pas, il avait l'air angoissé, il se tenait la tête avec les deux mains :

- Castle ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Il faut que je retourne à New-York, le plus rapidement possible.

- Pourquoi ?

- Tu peux rester ici si tu veux, mais je dois retourner à New-York.

Le capitaine sortit à son tour, suivit d'Esposito, Ryan et de Lanie.

- Castle, calme-toi !

- Me calmer ! Il y a un tueur à New-York qui-

- Je suis au courant. Lança le capitaine.

- Quoi ? Au courant ? Comment ça ?

- J'ai reçu un appel de l'inspecteur Oken, de New-York. Me parlant d'une série de meurtres…

Castle était passé de quelqu'un angoissé de quelqu'un d'énerver…

- Une minute, une série de meurtres ? Qui d'autres ?

- Jessica Davidson et Rebecca Graham.

- Qui est-ce ? demanda Beckett.

- Des employés de Black-

- Bird ! Ma maison d'édition, et vous ne m'avez rien dit ?

- Ils n'y avaient aucune raison de le faire !

- Aucune raison de le faire ? Et quand il a tué Mélinda, il n'y avait aucune raison, aussi ?

- J'ignore qui elle est. Se défendit le capitaine.

- Qui elle « était », capitaine ! Elle était la directrice de Black-Bird et une amie.

- L'inspecteur chargé de l'enquête de m'a pas rappelé. J'ignorais pour cette personne.

- Et maintenant il…

Castle commençait à craquer, il s'appuya contre un mur et se laissa glisser. Il resta là, assit, à ne pas bouger, il regardait dans le vide… Beckett s'approcha de lui :

- Castle… Il s'en est prit à qui ?

Après quelques secondes, son regard croisa celui de l'écrivain :

- Gina. Il l'a tué, il m'a appelé, il a dit que c'était ma faute…

- Non, ce n'est pas ta faute.

Il se leva rapidement.

- Si, c'est de ma faute ! Si j'étais resté à New-York, il-

- T'aurais tué !

- Mais pas elle, pas Gina, ni Melinda, ni ces femmes qui n'avaient rien demandé !

- Castle…

- Il a raison. C'est de ma faute…

- Castle se dirigea vers la sortie.

- Où tu vas ?

- A New-York !

Il disparu dans la limousine avant que ces amis ne puissent lui dire autre chose. Mais ils ne pouvaient pas le laisser retourner à New-York, seul. Alors, escorté par les officiers de police de LA, ils arrivèrent à temps pour attraper un avion à destination de la Grande Pomme et tenté de rattraper l'écrivain.