Chapitre 14 : « Sous une pluie… Tu meurs ».
New-york.
L'avion de Castle arriva à l'aéroport où une voiture l'attendait déjà. Quelques minutes plus tard, il était devant l'appartement de Gina. Il y avait encore des voitures de police, certainement pour garder la scène de crime. Il passa tranquillement les deux flics postés dans leur véhicule juste devant le bâtiment. Mais c'était une autre histoire pour celui qui était posté devant la porte de l'appartement.
- Ou est-elle ?
- Qui donc, monsieur ?
- Gina Cowell ? Ou est-elle ?
- Monsieur, je ne suis pas en mesure de vous répondre, c'est une scène de crime.
- Est-ce que les inspecteurs sont là ? Je veux parler à l'inspecteur Oken.
- Il n'est pas là… Mais qui êtes-vous ?
- Richard Castle, l'ex mari de la victime… Il faut que je-
Castle tentait de passer le policier pour entrer dans l'appartement, il l'en empêcha.
- Monsieur, restez derrière le cordon de sécurité !
- Dites-moi où elle est, alors.
- Monsieur, vous devez reculer.
L'officier de police se saisit de sa radio pour appeler les renforts qui étaient postés devant l'immeuble.
- Je veux juste savoir où elle est. Je dois la voir…
- Monsieur, je suis désolé, vous devez rester derrière le cordon.
Les deux officiers de police arrivèrent…
- Un problème ?
- Cet homme, il dit être l'ex-mari de la victime. Il veut savoir où elle est.
- On m'a dit qu'elle avait été tuée …
- Elle n'est pas décédée, monsieur. Mais qui vous a dit que-
- Peu importe, je dois savoir où elle est.
- (L'officier de police semblait surprit) Une minute, qui vous a dit qu'elle avait été tuée ?
Castle commençait à perdre son sang froid, il prit l'officier de police par le col en le plaquant contre le mur, ses deux collègues dégénères leur arme.
- Monsieur ! Lâchez-le !
- Dites-moi juste où elle est, s'il vous plait.
Castle lâcha son emprise et les deux officiers de police rangèrent leur arme.
- Elle a été transportée au Lenox Hill, monsieur…
Castle repartit aussi vite qu'il était arrivé et se rendit rapidement à cet hôpital. Laissant les trois policiers…
- Pourquoi vous ne l'avez pas arrêtez, les gars ?
- Ça ne va pas, non.
- T'es malade, hors de question d'arrêter ce type.
- Et pourquoi ? J'ai cru qu'il allait me tuer.
- C'est ça… Arrêter Richard Castle et avoir le Maire sur le dos, le district 12… Non franchement ça va, j'ai assez d'emmerde comme ça.
- C'est clair…
- Super, merci les gars. Et s'il m'avait tué ?
- (Les deux policiers se regardèrent en souriant) On aurait caché ton cadavre et étouffé l'affaire…
- Wow, j'admire votre sens du devoir les gars…
- Qu'est-ce que tu veux…
Hôpital, Lenox Hill. New-York.
Castle arriva à l'accueil. Il se présenta et après quelques échanges, il obtenu le numéro de la chambre. Deux policier gardaient la porte, mais avant même que Castle ne pu s'approcher il fut accosté par un inspecteur.
- Monsieur Castle ?
- (Il s'arrêta) Oui ?
- Bonjour, inspecteur Oken.
- Bonjour… Comment va-t-elle ?
- Elle s'accroche, monsieur Castle…
- C'est vous qui êtes chargé de l'enquête ?
- Oui.
- Quels mots a t'il laissé chez elle ?
- Comment êtes-vous au courant ?
- J'ai eu pas mal d'heures d'avion, alors j'ai pu me renseigner en passant quelques coups de fils. De plus le tueur m'a téléphoné quand j'étais à LA, c'est pour ça que je suis revenu.
- Vous auriez dû rester là-bas.
- Pourquoi ?
- Allons… Il ne s'en est prit qu'à des employés de Black-Bird, votre maison d'édition. Le message qu'il a adressé : « Sous une pluie, Tu meurs » vous est destiné. Message qu'il a fait passer avec vos romans. Pas besoin d'être un génie pour savoir qu'il vous en veut.
- Il disait que je me mettais toujours en travers de sa route.
- Vous avez une idée de qui ça peut être ?
- Si je le savais, je ne serais pas là à papoter avec vous, inspecteur.
- Monsieur Castle-
- Je sais ! Mais vous en vouloir c'est plus facile... Est-ce que vous avez des pistes ?
- On tente encore de retrouver la trace du téléphone portable de sa dernière victime.
- Pas la peine, il l'a déjà détruit.
- Comment vous pouvez en être sûr ?
- Il a mon numéro. Il n'a plus besoin du portable.
- Vous avez un endroit sûr où aller ?
- Pourquoi ?
- Ce type vous en veut, et je n'ai pas assez d'hommes pour vous protéger si vous êtes en vadrouille à droite et à gauche.
- On le protégera, nous.
- Vous êtes ?
- Lieutenant, Kate Beckett. Voici les inspecteurs Ryan et Esposito.
- Ça va, je n'ai pas besoin de protection.
- Tu plaisantes, Castle ?
- Et en plus on ne te demande pas ton avis. Ajouta Esposito.
- Castle, il a agressé ton ex-femme pour te faire revenir à New-York, il essayera de t'atteindre et on ne le laissera pas faire.
- On peut envoyer une voiture chercher Alexis, si tu veux ? Poursuivit Esposito.
- Non. Elle est chez ses amis. Ce gars ne sait pas où elle est. Mieux vaut qu'elle reste loin de tout ça.
- Tu veux qu'on lui dise ce qui se passe ?
- Surtout pas. Elle rappliquerait sur le champ. Je ne veux pas qu'elle soit entre ce psychopathe et moi… (Regardant ses amis) Je préfère qu'il s'en prenne à moi, qu'à Alexis.
- Et pour ta mère ?
- Elle est avec, Chet. Et si Chet n'arrive plus à la supporter je lui payerai l'hôtel…
Quelque part, à New-York.
L'homme avait trouvé son nouveau joujou, l'arme qui lui permettrait de terminer son travail en apothéose. Il était là, chez lui, assit sur le canapé, regardant sa nouvelle acquisition : un six coups : un Taurus de calibre 44 magnum… Il savait que c'était la bonne arme. Il n'avait pas beaucoup de munitions, mais peu importe. Après tout, pour tuer un homme, une balle suffit.
A côté de l'arme se trouvait un morceau de papier où il avait noté le numéro de téléphone de Castle…
Pendant ce temps, Castle, ses amis de New-York et l'inspecteur Oken s'étaient donné rendez-vous au 12ème district. Beckett voulait tout les détails de cette affaire, et elle pensait que ce serait mieux de le faire dans un commissariat au lieu d'un hôpital…
- Je vous résume la situation. On a trois victimes décédées : Jessica Davidson, Rebecca Graham, Melinda Johansson. Et une quatrième victime entre la vie et la mort Gina Cowell. Le tueur n'a laissé aucun message sur la première victime.
- Pourquoi ? Demanda Ryan.
- On pense que c'est son premier meurtre, son coup d'essais. Il se testait : il voulait savoir de quoi il était capable. Mais au fur et à mesure des meurtres, il apprend. Et il apprend très vite. Il se sent à son aise sur une scène de crime et il est en paix avec lui-même quand il s'apprête à tuer quelqu'un. On pense qu'il fait ça dans le seul but de se venger. Et comme le dicton dit : « celui qui veut se venger doit creuser deux tombes ». Il faut s'attendre à ce qu'il soit suicidaire pour atteindre son but.
- Et c'est quoi exactement son but ? Demanda Castle.
- Vous tuer. Répondit l'inspecteur, Oken.
- C'est débile. S'il voulait me tuer, il aurait pu le faire depuis longtemps, et sans trop se fatiguer. Lors de soirée pour mes bouquins par exemple, devant chez moi, en sortant du commissariat… en sortant les poubelles… Ah bah nan, je les sors pas… Bref, pourquoi maintenant ?
- Pour le moment, monsieur Castle, on n'en sait rien… Mais on sait qu'il privilégie le couteau. Et il vous en veut personnellement. Le message qu'il a fait passer avec vos romans : « Sous une pluie, tu meurs », s'adresse à vous.
- Il aurait pu être plus original, au lieu de se servir de mes romans… A moins que-
- Ça ait un rapport avec tes livres, Castle. Continua Ryan.
- Possible…
Le portable de Castle se mit à sonner, il se mit à l'écart pour pouvoir y répondre.
- Castle.
- J'en ai assez…
- Pardon ?
- J'en peux plus de me battre, monsieur Castle.
- Qui êtes-vous ?
- Vous savez qui je suis, vous savez ce que j'ai fait, et j'en peux plus. Je me rends.
L'écrivain posa sa main sur son téléphone.
- (en chuchotant) C'est lui…
Ses amis tentèrent de le localiser.
- Combien de temps pour le localiser ?
- Dans les trente secondes. Mais garde le en ligne le plus longtemps possible, la localisation sera plus précise.
- Monsieur Castle ? Vous m'entendez ?
- Ouais. Qu'est-ce que vous voulez ?
- Je veux que cela se termine. Je suis trop fatigué, j'en ai assez de me battre.
- Vous voulez vous rendre ?
Il hésita, regarda son arme avec une irrésistible envie de s'en servir…
- Oui. Je veux me rendre.
- Venez au commissariat, alors.
- Non. Vous. Venez à moi. Je ne me rendrais qu'à vous…
- Ok. Ou ça ?
- Appartement 666…
Il raccrocha. Mais Castle ne put s'empêcher de dire quelque chose :
- Mais il est con ou quoi ? Il s'imagine qu'il n'y a qu'un appartement 666, à New-York ?
- C'est bon, on le tient ! S'écria Ryan. 1427 Kensington Road !
Esposito et Ryan montèrent avec l'inspecteur Oken. De son côté, Beckett eu la surprise de voir que Castle n'était pas derrière elle. Elle était à deux doigts de retourner dans le poste de police quand elle le vit se pointer l'air de rien.
- Castle !
- Quoi ?
- Ou t'étais ?
- Oh, euh… Pause pipi…
Quelques minutes plus tard, ils étaient arrivés à l'appartement du principal suspect. Esposito, Ryan et Oken avaient déjà enfilé leur gilet par balle. Beckett en fit de même alors que Castle restait planté là, devant le coffre…
- Castle ! Tu prends ton gilet-
- Non merci. Je n'ai pas froid…
- Par balle !
- Oh, ce gilet… Bah tu ne vas pas le croire mais-
- Tu l'as oublié ?
- Bingo ! Avec LA, les Bikinis et tout le reste, je n'ai pas pensé à le remettre dans la voiture…
- Tu te fous de moi ?
- Non !
- Bon, dans ce cas, tu restes dans la voiture !
- Cet enfoiré a tenté de tuer Gina, je ne reste pas là !
- Ne m'oblige pas à te passer les menottes, Castle…
- Beckett.
- Non ! Ce type est chez lui, à attendre que tu te pointes pour te descendre. Il va avoir la drôle de surprise de constater que tu n'es pas là.
- Mais.
- Castle, s'il te plait, reste là.
L'écrivain arrêta d'insister et attendit près de la voiture. Personne n'avait remarqué l'individu qui l'observait, de l'autre côté de la rue. Vêtu d'une casquette noire, d'une veste noire et d'un pantalon en jean, bleu foncé. En voyant les policiers entrer dans l'immeuble et l'écrivain rester près de la voiture, il ne pu s'empêcher de sourire. Il méditait sur ce qu'il allait faire... « Quel bande d'abruti… le temps qu'ils s'aperçoivent que je ne suis pas dans l'appartement. Il sera mort… »
Pendant ce temps, au 4ème étage, l'équipe cherchait désespérément le bon appartement.
- Y a pas de 666 ! C'est quoi ce bordel !
Beckett s'arrêta devant le numéro 66, elle remarqua que quelqu'un avait gribouillé un 3ème six, pour former le nombre : 666, le diable.
- Les gars. J'ai trouvé.
Ils se mirent en position devant la porte d'entrée, ils s'apprêtaient à la défoncer quand Beckett s'arrêta net. Elle venait de voir Castle sortir de l'ascenseur :
- Castle !
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
- T'étais censé rester dans la voiture et nous attendre !
- C'est nul d'être en retrait.
- Fallait pas oublier ton gilet !
- Mais…
- Castle, ce type veut ta mort, retourne dans la voiture.
- Non.
- Castle, s'il te plait. C'est une amie qui te le demande…
- Alors là, si tu me prends par les sentiments c'est de la triche…
L'écrivain fit demi-tour et retourna dans l'ascenseur, mais avant que les portes ne se ferment, il pu crier : « T'as vu, j'obéis bien ? ». Laissant Beckett, Ryan et Esposito avec un grand sourire. Puis quelques secondes après, le téléphone de Beckett sonna…
- Beckett.
- Tu sais-
- Castle ? La voiture !
- Oui, j'y vais, deux secondes, je ne peux pas aller plus vite que l'ascenseur…
- Tout juste.
- Je disais, que d'aller attendre dans la voiture, c'est certainement plus… (L'ascenseur venait d'arriver au rez-de-chaussée) dangereux que de…
Les portes venaient de s'ouvrir sur un homme qui se tenait face à l'ascenseur, l'une de ses mains dans la poche droite de sa longue veste noire… Beckett qui était toujours au téléphone se demandait se qui se passait.
- Castle ?
- (A la fois surprit et effrayé) Wow…
- Castle ? (Elle commença à s'inquiéter)
- Et merde…
Beckett sursauta, ainsi que Ryan, Esposito et Oken. Et pour cause, le téléphone de l'écrivain venait de transmettre plusieurs coups de feu…
Un peu plus bas, l'homme était mécontent de lui… Il sortit de l'immeuble en marchant tranquillement pour ne pas éveiller les soupçons. Mais il n'a pas voulu que cela se passe comme ça. Il aurait tellement aimé plus de temps avec sa victime, plus de temps pour lui dire à quel point il le déteste, lui et tout ce qu'il représente : la célébrité, la réussite… Lui dire à quel point que si quelqu'un méritait d'être célèbre, c'était lui ! Il aurait peut-être dû se servir de son couteau à la place de son revolver, cela aurait été moins rapide… Mais avec ces flics dans les parages, il ne pouvait pas se permettre de s'éterniser.
Toutefois il ne pouvait pas changer ce qu'il venait d'accomplir. Bientôt, on ne parlerait que de lui comme étant : l'homme qui a tué Richard Castle, la célébrité qu'il recherchait depuis tant d'années lui pendait enfin, au nez… Il avait les yeux qui pétillaient et un sourire qu'il n'arrivait pas à cacher quand il croisa des gens venant se précipiter devant cet immeuble, où il venait à peine de prendre la vie d'un homme... Il se mit à rigoler quand il pensa à la scène devant l'immeuble, quand il a vu cette femme ordonner à l'écrivain de rester près de la voiture. Elle lui avait donné un énorme coup de main pour qu'il atteigne son but : « Il faudra que je pense à remercier cette personne, quand je serais sur les unes de tout les quotidiens de New-York. Je n'aurais pas espéré meilleure complice… Sans elle, je n'aurais pas pu l'atteindre. Merci à elle… » Se dit-il.
Il se retourna une dernière fois, en contemplant l'immeuble, esquissa un dernier sourire tout en caressant son arme et disparu dans l'agitation habituelle de New-York.
