Chapitre 16 : Le New-York Times
L'équipe venait d'arriver dans l'immeuble de Castle, et avant de prendre l'ascenseur, l'écrivain ne pu s'empêcher d'hésiter un moment…
- Bah alors, tu montes ?
- (Regardant l'ascenseur comme s'il allait lui sauté à la gorge) Ben, je ne sais pas trop…
- Castle…
- (Toujours perplexe…) Hum… Vous savez quoi ? Je vais prendre les escaliers…
Mais alors que Castle se dirigeait vers les escaliers, ses amis le suivirent…
- Vous pouvez prendre l'ascenseur, les gars.
- Hors de question-
- Surtout pas-
- Alors ça non !
- Ooook… Vous allez bien ?
- Hors de question qu'on te laisse aller quelque part, seul…
- (Tout sourire) Ah… Alors dans ce cas on aura un problème quand je voudrais aller au petit coin.
Beckett soupira mais cela ne l'empêchait pas de sourire.
- Ok, Castle. Esposito t'accompagne. Ryan et moi, on prend l'ascenseur.
Kate et Ryan arrivèrent devant la porte d'entrée de l'appartement de Castle en premier, et ils eurent la surprise de voir que la porte n'était pas fermée… Ils entrèrent et virent Alexis qui était sur le canapé, recroquevillé sur elle-même, avec comme pour seule compagnie, un paquet de mouchoir.
Elle regardait les deux inspecteurs de New-York…
- (N'arrivant pas à cacher ses larmes) Alors c'est vrai ?
- (Surprise) De quoi ?
- Qu'il est…
- Non, non non, tu n'y es pas du tout ! (Beckett se tourna vers Ryan et chuchota) Castle va me le payer, il n'a même pas appelé sa fille…
- Il ne voulait pas qu'elle s'inquiète.
- Ben je crois que c'est raté, là.
- J'aurais pensé que vous m'appelleriez pour me le dire, au lieu de ça, je l'ai appris des réseaux sociaux !
Et c'est alors que Castle se pointa en rigolant avec Esposito, mais en voyant sa fille dans cet état, il perdit rapidement ce sourire.
- (Chuchotant à Esposito) ok, là j'suis mort. (Regardant Alexis) Mais, qu'est-ce que tu fais là ?
Elle ne répondit pas et couru dans ses bras, Castle reprit un peu de couleur en voyant que sa fille ne lui en voulait pas de ne pas l'avoir appelé.
- Qu'est-ce que je fais là, j'ai cru pendant deux heures que tu étais mort ?
- Quoi ?
- Sur Twitter, Facebook, ils disent que tu t'es fait tirer dessus.
- C'est juste.
- Mais ?
- Ce que Facebook et Twitter ne disent pas c'est que je cours très vite…
- Castle !
- Nan, bon, je cours vite, mais ça ne s'est pas passé comme ça.
- (Séchant ses larmes) ça s'est passé comment ?
- J'ai pris l'ascenseur et en arrivant au rez-de-chaussée… il était là, et il m'a tiré dessus, je ne sais plus combien de fois.
- Tu ne t'en rappelles pas ? Demanda intrigué Esposito.
- Bah en fait, j'ai bien senti les deux premières balles, mais après, ben j'ai fait dodo.
- « Deux premières » ? Il t'a tiré combien de fois, dessus ?
- A en juger par les trous dans mon beau gilet : trois fois, et deux balles dans la cabine de l'ascenseur… Mais t'en fais pas, pour me séparer de toi, il m'en faudrait plus !
Alexis n'était pas vraiment rassurée, mais elle était juste heureuse de le revoir. Pourtant, elle ne pu s'empêcher de le pincer :
- Aie ! Mais pourquoi t'as fait ça ?
- T'aurais pu m'appeler quand même !
- Je ne voulais pas que ce psychopathe-
- Quoi ? Psychopathe ?
- Ouais ce tueur quoi… (Elle le pinça une nouvelle fois) Aie ! tu veux bien arrêter ça, oui !
- C'est qui ce type ?
- C'est juste un taré qui veut me tuer-
- « Juste » un taré ? Ok, stop ! Expliquez-moi ce qui se passe ?
Alexis se tourna vers Beckett…
- Ok, donc-
- Non, Beckett !
- C'est trop tard, maintenant qu'elle est là. Dit le lui alors…
- Me dire quoi ?
- Ok, il y a un type qui s'est mis à tuer des gens parce qu'il m'en veut. Il a agressé Gina-
- Quoi ? Comment elle va.
- T'en fais pas, ça va aller. Elle est solide… (Castle essayait lui-même de se rassurer par la même occasion)
- Et ensuite ?
- Et bien c'est ce type qui m'a tiré dessus...
Quelque part, à New-York
La nuit commençait à tomber sur la ville. Et malgré la fatigue, l'homme n'arrivait pas à trouver le sommeil. Il était trop excité à l'idée de voir son nom à la Une du New-York Times qu'il ne parvenait pas à fermer les yeux plus de deux secondes. Était-ce ça, ou l'envie irrésistible de tuer qui commençait à le démanger, à nouveau ?
Pendant ce temps, dans l'appartement de Castle…
- Bon vu qu'il est tard, je vais aller me coucher, mais toi (en regardant Alexis) demain, je te ramène chez tes amis-
- Mais-
- Pas de mai ! C'est trop dangereux de rester ici.
- Et c'est trop dangereux pour toi de sortir. Ajouta Beckett.
- Mais-
- Pas de mais, Castle. Je suis armée je te le rappelle… C'est moi qui la raccompagnerai.
Castle regarda Ryan et Esposito.
- Je n'ai pas trop le choix, on dirait ?
- Je crois bien que non.
- Hum… C'est bien ce qui me semblait… Bon, ben bonne nuit les gars… Ah et Beckett.
- Oui ?
- Juste pour info, je vais me coucher mais je laisse la porte ouverte (il dégaina un petit sourire et un clin d'œil).
- Castle !
- J'suis déjà plus là…
Il regarda sa fille et chuchota :
- Tu verras, elle finira bien par craquer, un jour…
- Je n'en doute pas, papa.
- Enfin j'espère…
Castle accompagna Alexis dans sa chambre, il ne lui fallu pas trop longtemps pour s'endormir étant donné la frayeur qu'elle avait eu un peu plus tôt. Quant à Castle, il refusait de quitter la chambre de sa fille, il s'installa sur un fauteuil pour la regarder dormir. Puis c'était enfin son tour de trouver le sommeil surtout que ses côtes commençaient à ne plus le faire souffrir à cause de sa mésaventure dans l'ascenseur…
Caché dans l'ombre, l'homme venait de voir le marchand de journaux ouvrir son kiosque, il était 6h00 du matin, pile à l'heure. Il patienta quelques minutes de plus pour lui permettre d'installer les nouvelles éditions des journaux. Puis il se leva, et se dirigea vers lui. Il avait hâte de voir l'article qu'un journaliste avait écrit sur lui, il espérait qu'il serait parfait et qu'enfin, tout le monde connaitrait son nom. Mais il eu la désagréable surprise de voir que c'est l'homme qu'il pensait avoir abattu qui était à la Une : « Richard Castle échappe à la mort ! ».
- Quoi ? Vivant ?
Le vendeur de journaux, intrigué, engagea la conversation avec l'inconnu :
- Ouais c'est dingue ! Vous avez lu l'article ?
- Nan, pas encore.
- Je vous laisse la surprise alors…
- La surprise ?
- Ouais ! C'est excellent ! Je veux dire ce type se fait tirer dessus et ça l'amuse pratiquement.
- Ça « l'amuse » ? (L'homme commençait à s'énerver)
- Il décrit le type qui a tenté de le tuer, comme étant un raté. Faut le faire quand même ! Moi je serais en train de chialer dans un coin et lui… ah, j'adore ce gars !
L'homme commençait à s'énerver, il tenta de se calmer en tripotant la lame de son couteau qu'il avait dans la poche. La coupure le soulagea un instant. Néanmoins en lisant l'article il se rendit compte qu'en plus d'avoir manqué sa cible, il était ridiculisé en première page du New-York Times. « Il m'a tiré dessus à bout portant pratiquement, et il n'a même pas été capable de me tuer, soit ce type est un mauvais tireur soit c'est un bon à rien… Ou peut-être même les deux… » C'était la phrase de trop, il regarda le vendeur et sortit son arme :
- Ta voiture ! Elle est ou ?
Il était terrifié, mais il pût le lui dire. Ils se dirigèrent ensemble vers la voiture, il ouvra le coffre et l'homme faisait mine de lui laisser la vie sauve, mais il devait absolument se calmer pour pouvoir réfléchir sereinement, alors il sortit son couteau et poignarda le vendeur de journaux à plusieurs reprise en criant : « C'est moi qui lui ait tiré dessus ! J'ai l'air d'un taré à ton avis ! C'est moins marrant maintenant, heiiin ? ». Chaque coups de couteau diminuait sa colère mais entretenait la haine qu'il vouait à cet écrivain. Il finit par égorger sa victime et jeta le couteau dans le coffre. Il prit quelques secondes pour l'admirer se vider de son sang puis ferma le coffre. « Il a été trop loin ! Il n'avait pas le droit ! ». Cette fois-ci il était bien décidé à en finir, peu importe comment son histoire allait se terminer pour lui, il savait maintenant qu'il ferait tout pour tuer l'écrivain. Il posa son revolver sur le siège passager et démarra en trombe...
Dans l'appartement de Castle, c'était le moment pour Alexis de quitter les lieux. Beckett était déjà prête et l'attendait. Mais Castle se pointa, en faisant mine d'avoir oublié ce qu'avait dit Beckett, la veille.
- Hey, je viens avec vous !
- Non, Castle. Tu restes là, et tu ne sors pas de l'appart'…
- Mais-
- Non ! Ryan, Esposito, vous avez la permission de l'attacher s'il compte se tirer.
- Cool ! Répondit Esposito.
- Avec joie ! Ajouta Ryan.
- Alors ça, ce n'est pas cool les gars !
- Y a un type qui veut te tuer, et c'est nous qui sommes pas cool ? Je rêve.
- Allez, Beckett… Je peux venir ?
- Non, Castle !
- Mais-
- Non ! Tu vas me rendre chèvre !
Castle se mit à rigoler.
- Alors ça, Beckett, je demande à voir…
- (Elle soupira) Bon allez, on y va…
Castle embrassa sa fille et il la regarda disparaitre dans l'ascenseur avec Beckett. Il retourna s'installer dans le canapé et se mit à jouer avec son iphone.
Une fois sortit de l'immeuble, Beckett monta dans la voiture, Alexis s'installa sur le siège passager. Elles n'avaient pas vu la berline bleue foncée, garée un peu plus loin. L'homme au volant tentait de se contenir pour éviter de faire des erreurs, mais la colère céda sa place à l'envie irrésistible de se venger et de terminer l'histoire. Histoire dans laquelle il était le héro et les personnes qu'il avait tuées, uniquement des figurants dans sa macabre course à la célébrité. Il serra fermement le volant et vit la voiture de l'inspecteur de New-York démarrer. Il jeta un coup d'œil furtif en direction de l'appartement de l'écrivain : « Tu vas voir, enfoiré ! Ça aurait été mieux pour tout le monde que tu y passes dans l'ascenseur… Crois-moi, tu vas t'en vouloir d'avoir survécu… »
L'homme faisait attention de ne pas suivre le véhicule de trop près pour ne pas éveiller les soupçons… Il attendait juste le bon moment pour pousser l'autre véhicule dans le décor. Là, il ne pouvait rien, trop de véhicule, trop de circulation, mais un peu plus loin ce sera parfait…
Et enfin, c'était l'occasion, il se mit à sourire en voyant que la voiture qu'il avait prit en chasse quitta le centre ville pour emprunter une voix d'accès rapide. C'était le bon moment ! Il accéléra rapidement pour se mettre au même niveau que l'autre véhicule et donna un violent coup de volant qui eu pour effet de propulser l'autre voiture sur la rambarde qui séparait les deux voies de circulation.
Le choc avait été si brutal que la voiture de l'inspecteur termina sa course en faisant un tonneau.
Il sourit, se gara en catastrophe à côté du véhicule accidenté, il descendit, arme en main. Il ne faisait même pas attention au véhicule qui le klaxonnait et qui passaient à vive allure si près de lui. Il regarda dans la voiture et eu la surprise de voir que la conductrice était inconsciente. Il contourna la carcasse métallique et arriva au niveau d'Alexis. Elle était consciente, mais sonnée par le choc. Il la saisit par le poignet et la traina à terre, elle avait beau se débattre, cela ne changeait rien, elle était bien trop sonnée et choquée pour pouvoir retourner la situation à sa faveur.
Il fit monter Alexis sur la banquette arrière, où elle perdit connaissance, et disparu avec la fille de l'écrivain…
