Rising Shine
Bonjouuur à toutes et à tous ^_^ Merci à toutes pour vos reviews, ça me fait super plaisir ! =)
Je suis un peu longue mais voici le chapitre 6 de Rising Shine. Il m'a donné beaucoup de fil à retordre, mais je suis heureuse de pouvoir le publier aujourd'hui :)
En espérant qu'il vous plaira, bonne lecture :)
Chapitre 6, I want you
« Le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder. »
Oscar Wilde.
*
Et si tu n'existais pas…
Dis-moi pourquoi j'existerais ?
Pour traîner dans un monde sans toi,
Sans espoir et sans regrets.
Et si tu n'existais pas…
Je crois que je l'aurais trouvé.
Le secret de la vie, le pourquoi :
Simplement pour te créer
Et pour te regarder.
- « En version acoustique ? s'étonna la voix.
- Ouais, t'aimes pas ? J'ai un peu dû l'arranger à ma manière mais ça correspond plutôt bien à l'original.
- Ca va. Ce n'est pas le genre de chansons que j'écoute mais j'aime bien. Et tu fais quoi au piano, sinon ?
- Michael Nyman : The Sacrifice. Je travaille dessus en ce moment, mais je galère un peu au niveau de la rapidité sur certains passages.
- Oh ! L'année dernière, à un gala de patinage, j'ai dû faire une chorée dessus ! Il n'y a pas beaucoup de monde qui connaît cette musique. C'est vraiment sympa que tu la joues. »
Je souris. J'aimais bien Michael Nyman en tant que compositeur au piano. Son album, éponyme justement, était vraiment très bon. Un peu tristounet, mais très bien. C'était à écouter lors des « heures déprime » – ce qui, dans mon cas, ne m'arrivait pas souvent.
J'avais promis à Hearly de lui présenter Jacob. Et, comme le souhaitait la coutume et le poncif de l'éternelle amoureuse célibataire, en repensant à lui, mon cœur s'emballa sans que je ne l'eusse prévu. Telle une adolescente en manque cruel d'amour, petite précision : de câlins et de tendresse autre que celle d'une famille. Bien sûr ! Quelle ironie ! Si j'avais été un personnage de papier dans un manga japonais, j'aurais versé des fausses larmes à flot. Finalement, j'étais une fille bien futile pour m'exciter pour un garçon. Mais bon, c'étaient les aléas de la vie. Je me devais d'accepter ça.
Tant bien que mal, je me consolais en disant que ce garçon n'était pas n'importe qui. Non, pas dans le sens qu'il fût exceptionnel, parfait à mes yeux, l'être qu'il me faut et tout le toutim qu'une adolescente amoureuse pourrait sortir à ses amies pour se justifier dans une niaiserie dégoulinante. Nan. Ca, tout le monde le savait très bien. On connaissait ce refrain par cœur, hélas. Nan, juste que j'étais attachée à un Indien mesurant quasiment deux mètres par un lien mystique, invisible, envieux et incassable qu'on nommait chez les Quileutes imprégnation et qu'il s'agissait d'un loup-garou… Là, par contre, une adolescente normale se serait immédiatement tailladée les veines car elle se serait dit : « je suis folle, tarée ! Je suis débile ! ». Mwahahaha. Ok, ce n'était pas drôle… Je venais d'insinuer, sans le vouloir, que ma mère n'avait pas été une adolescente normale lorsqu'elle avait tenu, envers et contre tout, à entretenir une relation avec mon père. Ce n'était pas vraiment gentil.
Cependant, elle avait tout de même eu ce brin déluré pour s'approcher d'un vampire… Enfin, je ne pouvais pas savoir, n'étant pas une humaine à cent pour cent. Qu'est-ce que je disais ? Merci maman !! Heureusement que papa ne se trouvait pas dans les parages, sinon j'aurais eu droit à un sale quart d'heure.
Comme Hearly la squatteuse restait chez nous, il avait fallu que mes deux véritables parents s'en fussent de la petite maisonnette. Ils reviendraient dans la soirée, peu après le départ de mon amie. Contrairement à ma première idée, et en y ayant bien réfléchi, ça ne devait pas du tout les déranger, au contraire. En plus, ils aimaient bien changer et voir d'autres murs que ceux du cottage – reproduction parfaite de l'ancien dans la petite bourgade de Forks –. Ils n'avaient pas eu envie de se destituer ce beau cadeau d'Esmé alors ils l'avaient fait reconstruire par des professionnels en un temps record. C'était assez mignon, ce petit côté chez eux qui les poussait à conserver la moindre trace de leurs souvenirs. C'était un beau coffret qu'ils tenaient à garder enivrer autour d'eux.
Le fameux Docteur Cullen et sa très belle femme se présentaient donc comme mes deux parents biologiques aux yeux de ma petite blonde. Quant à mes autres « frères », ils étaient partis chasser. Eux aussi reviendraient le soir, peu après son départ afin d'accueillir Jacob « comme il se devait » si je reprenais les termes de ma tante un brin elle aussi excentrique. Carlisle, de son côté, était parti chercher notre invité d'une semaine à l'aéroport. J'avais dû rester à la maison afin de m'occuper de la petite Hearly qui trépignait encore plus d'impatience que moi à l'idée de rencontrer un loup-garou. Certes, elle était censée l'ignorer mais dès qu'elle le verrait, je ne pensais pas qu'elle témoignerait d'une réaction des plus banales. Je guetterais la peur, l'anxiété, un ressenti inquiétant qu'elle ne chercherait pas à approfondir cependant, de se retrouver face à quelqu'un de peu commun.
Face à Nahuel qui paraissait comme moi, un tantinet normal, en dépit de sa beauté extraordinaire, et qui pourrait se fondre dans la masse des humains, elle avait conservé une attitude tranquille et enthousiaste. Face à Jacob, je ne savais pas trop… En plus, ce n'était pas un ado. Bonjour les reproches et exclamations !
Hearly se désaltéra la gorge par un chocolat chaud fumant que venait de nous apporter ma grand-mère. D'ailleurs, je pouvais sentir sur ma langue le fumet délicat d'un doux repas à l'italienne.
Dix-huit heures vingt trois. L'heure tournait.
- « Tu as vu le sujet de la disserte d'anglais ? Je ne comprends rien ! »
C'était le cadet de mes soucis. J'avais tendance à faire mes devoirs au dernier moment. En guise de réponse, je lui offris un hochement de tête rêveur.
- « Ca va mieux avec Elliot ? demandai-je, en gardant un œil fixe sur mon cadran digital.
- Elliot ? Pff, tu parles ! J'en ai marre de lui. S'il te plaît, fais quelque chose !
- Pas possible, rigolai-je avec douceur. Je vais être super occupée avec Aaron à la rentrée, autour du projet de la comédie. Ca ne va pas être facile si je dois en plus jouer les entremetteuses !
- Il me tarde de voir ça ! C'est combien de musiques, déjà ?
- Trois. Il voulait que je chante aussi, mais ce n'était pas possible sinon il aurait fallu m'intégrer à la comédie. »
Elle partagea ma petite allégresse. Je remarquai alors qu'Esmé quittait la maison, laissant bouillir ce que je supposais en identifiant mieux l'odeur, des pâtes salées. Une minute, je m'interrogeai sur son départ puis me dis que cela ne faisait rien. Je pris alors l'initiative de confier un petit truc à mon amie.
- « Dans le contrat, rajoutai-je, peu sûre de moi, il y avait une clause qui stipulait que je pouvais partir en tournée avec Aaron, du moins, dans l'Amérique dès le mois de juillet.
- Ah oui ? C'est super, ça ! Tu vas partir alors ?
- J'sais pas. Mon père ne veut pas. Enfin, disons qu'il n'est pas très motivé pour me laisser partir… Aaron ne… Enfin, il ne fait pas très confiance à Aaron.
- Comme c'est ironique ! me dit-elle sur un ton aigre. Il va déjà te laisser travailler avec lui. Je ne vois pas le problème.
- Mouais… Je veux partir, moi. Les musiques seront jouées en live, tu vois, comme c'est du rock et pour que ça donne plus de pulse et d'énergie. J'ai vraiment envie de jouer et ne pas laisser mon travail à d'autres. Il faut qu'on voie que j'ai participé, un tant soit peu, à ce projet. »
Hearly m'approuva avec un immense sourire de satisfaction. Mon vrai père, Edward donc, savait très bien que je m'opposais fermement à leur décision de ne pas me lancer dans cette tournée. Pourquoi avait-il refusé ? Simplement parce qu'il avait peur, pas de me laisser seule sans défense, mais d'un humain !
Mwahaha ! C'était le comble pour un vampire, ça !
Ca pouvait paraître absurde, mais je pris conscience de l'amplitude de la persuasion des yeux inquiétants de ce fameux Aaron. Il avait réussi, sans le savoir, à effrayer toute une famille de puissants vampires alors qu'il n'en avait rencontré qu'un seul parmi elle, à savoir Carlisle, et même pas mon père ! « Trop fort, ce mec ! »
Je dus retenir mes larmes d'hilarité avec force. Hearly n'aurait sinon pas compris le pourquoi de mon fou rire, que je savais si je le laissais aller, incontrôlable. Toutefois, je laissai échapper un petit reniflement. Rien de bien glamour, mais soit.
Nan, il devait y avoir autre chose avec Aaron dont je n'avais pas été témoin…
Ce fut à ce moment là que j'entendis grincer le chuintement des pneus de la voiture de Carlisle, se garant doucement devant chez nous, le parterre tapissé de neige en poudre, fraîchement tombée cette nuit. Esmé en profita pour revenir.
- « Jacob est arrivé, mon bébé ! »
Tout à l'heure, mon cœur s'était emballé. Là, il eut un raté. Doucement, il se lacéra au souvenir d'un baiser pas très élogieux pour mon égo… Vite, je fis déguerpir ces mauvaises pensées dont je ne compris pas tout à fait l'origine et me concentrai pour composer un visage serein. Exercice difficile, car je jubilais de cette nouvelle rencontre avec mon Jacob.
J'espérais un nouveau départ, un meilleur souvenir à conserver dans les bras de mon loup-garou.
Hearly perçut mon angoisse.
- « J'le savais que tu sortais avec lui, l'entendis-je murmurer d'une voix complice. »
Rien à carrer. « Sortir avec un garçon »… je trouvais cette expression d'une idiotie sans aucune saveur, dénuée d'intelligence. « On est ensemble », aussi. « C'est mon copain », pareil. Enfin, je ne savais trop… Tous ces petits noms d'amour m'écœuraient un peu. Peut-être parce que je n'avais jamais eu l'occasion de les employer pour ma personne et que j'étais furieusement jalouse.
Lorsque la porte s'ouvrit, la bise violente et froide me mordit la peau. J'avais omis ce petit détail et cela me mit, pendant un bref instant, de mauvaise humeur.
- « Bonjouuuuur ! salua Hearly en se levant d'un bond du canapé, débordante d'énergie. »
Je me préoccupai rapidement de l'odeur de Carlisle, et m'accommodai bien vite à l'autre odeur que je venais de repérer dans la salle. Une senteur sauvage, boisée, qui confirmait l'environnement Indien de l'invité.
- « C'est toi, Jacob ? »
Je fus surprise par l'intonation pépère dans la voix de mon amie. Avait-elle bien vite dissimulée sa stupeur ? Où était-elle dans son état normal ? La peur ne l'avait pas envahie ? Je l'entendis émettre des commentaires sur la taille impressionnante de l'Indien. Eh bah dis donc… Sans gêne la petite !
Bref, assez penser. Je m'en allai revoir Carlisle – ça me faisait bizarre de l'appeler « papa », j'espérais qu'Hearly n'avait pas remarqué mon rictus. Et me concentrai sur l'autre personne qui m'intéressait vachement plus.
Jacob.
- « Salut, Nessie ! »
Souriante, je lui adressai ce regard comme dans les films. Oui, ce regard avec une lueur impossible à dissimuler tellement elle brille, avec des étoiles plein les globes oculaires. Je pressentis l'impatience d'Hearly à mes côtés, qui mourrait d'envie de voir un baiser où je ne savais quoi encore. Elle était déçue, pour l'instant.
Ma raison m'interdisait de sortir une réplique niaise en ce moment, j'optais donc pour l'humour.
- « Hey ! T'aurais pas encore grandi, toi !? »
Ca faisait un bail que je n'avais pas dû autant levé la tête pour admirer quelqu'un. Je fus heureuse d'apercevoir enfin son visage, lui aussi était gonflé de joie. J'avais envie de lever la main, de tâtonner les courbes de ses joues, de sentir sous mes doigts une texture peu commune et vitale…
- « Et toi, t'aurais pas encore rapetissée, hein ? me nargua-t-il. »
Je lui administrai un coup se voulant agressif sur le bras, mais il en rit. Je le vis un peu tendre les bras, signe d'invitation à ce qui devait paraître une simple accolade amicale. Je le jaugeai, une toute petite grimace flottant sur mes lèvres, puis décidai de me laisser un peu aller.
Heureuse, je me serrai un peu plus fort contre ce corps retrouvé. Profitant au maximum de ces quelques précieuses secondes, je m'imprégnai de la folle odeur de mon loup-garou. Voilà bien longtemps qu'il m'avait trop, bien trop manqué. Je ne pouvais pas rester loin de lui trop longtemps, car pour ce faire, il m'avait fallu beaucoup de tortures d'esprit, trouver de multiples stratagèmes pour me changer les idées. Je pouvais bien me donner des airs de « je n'aime pas les niaiseries et j'embête le monde » mais ça ne marchait pas trop longtemps, même si je me perdais dans ce rôle-là avec brio. Avec douceur, il déposa un baiser furtif sur le sommet de mon crâne avant de… entendre son estomac gargouiller comme une sonnette stridente et désagréable.
Bon, ok, je retirai ce que j'avais dit. Ambiance gâchée !
Finalement, je correspondais bien à « je n'aime pas les niaiseries et j'embête le monde ».
Jacob rit fort, accompagné de Carlisle et Hearly, et je m'écartai de lui, le regardant d'un œil sévère. Il m'ignorait, et discutait brièvement avec Carlisle sur les nouvelles du pays, et ses affaires (à savoir une valise et un autre petit sac) resteraient pour l'instant sur le seuil tant qu'il ne serait pas l'heure de dormir.
- « Hé ! Ce n'est pas comme si j'avais roté ou je ne sais quoi encore !
- Trop mignon ! commenta la petite blonde avec ironie.
- Vous avez faim ? fit Esmé, avant que je ne m'eus exaspérée davantage. Venez.
- Tant mieux ! s'exclama Jacob en souriant et en s'avançant vers la cuisine, je crève de faim ! »
Le repas se déroula très bien, dans une ambiance plus que détendue. Jacob se releva être un chouette bavard au plus grand plaisir d'Hearly, qui, en l'épiant bien, observait et décortiquait toutes ses faciales et ses œillades afin de m'en faire un rapport type commando complet la prochaine fois que toutes les deux serions ensemble. On se croirait dans un film américain, avec la fille avide de scoops. Toutefois, c'était légèrement différent avec mon amie : elle n'irait pas le crier sous tous les toits. Enfin, ce talent d'analyse, elle devrait le mettre à l'œuvre dans les dissertations. Cela lui serait beaucoup plus utile.
La discussion tourna surtout autour de la vie de Jacob à La Push, son métier en tant que garagiste, ses fréquentations (dites à demi-mot, cependant !) tout ça… Mon amie semblait littéralement fascinée par mon imprégné. Dans son regard se lisait ce sentiment avec, comme je l'avais supposée – et ma conscience fut soulagée de l'apprendre –, un soupçon d'inquiétude dû à l'effet extraordinaire que lui avait provoqué mon loup-garou.
L'heure de quitter pour Hearly sonna bien vite. Ses parents étaient venus la chercher, et je me rendis enfin compte de l'épisode neigeux se préparait vigoureusement pour la nuit.
- « Passe de bonnes vacances ! me souhaita-t-elle, et je m'empressais de le faire en retour.
- T'inquiètes pas, va !
- Oh et puis, fit-elle en s'approchant de mon oreille afin d'y murmurer : et je trouve ton Jacob très beau et gentil, mais attention… protège-toi. »
Elle me laissa le regard le plus sérieux du monde, et je dus me retenir pour ne pas lui pouffer – gentiment, bien sûr – au nez. C'était mon deuxième fou rire contenu de la journée, je trouvais que cela faisait déjà beaucoup. La rassurant sur ce point d'un bref regard, elle quitta enfin la maisonnée, non sans avoir remercié une fois de plus « mes parents » bienveillants pour leur charmante hospitalité.
Une fois qu'elle eut quittée, je laissai échapper un peu de mon fou rire. Si elle croyait que personne ne l'avait entendue, malgré sa basse voix… Un instant, je fus gênée alors qu'il n'y avait pas de quoi et crus que quelqu'un allait émettre un commentaire, enfin, surtout Jacob… Mes grands-parents étaient assez discrets sur le sujet, surtout que le sexe (ce fut étrange de penser ce mot, on dirait que j'étais coincée !) subsistait comme un sujet dit tabou, même si je savais qu'il y avait de grands pratiquants dans cette maison à mon plus grand damne.
Nous attendîmes le retour des autres dans un silence quelque peu apaisant. Sur le canapé, mon loup-garou jouait avec mes cheveux d'or avec une certaine distraction qui ne lui était pas familière. D'ailleurs, Esmé et Carlisle furent grandement étonnés. D'habitude, Jacob et moi avions des discussions amusantes avec énormément de râles et de bruit joyeux. Je savais bien ce qui préoccupait Jacob, mais j'espérais qu'il saurait se contenir face à mon père. Noël approchait bientôt, et je n'avais pas envie de mettre ce sujet sur le tapis. Cela gâcherait complètement la magie qui s'instaurait chaque année pendant cette période. Pas question que cette année y fasse exception.
D'un œil en coin, j'observai tendrement le bel Indien. Vingt heures quarante-sept, et je n'avais toujours pas encore profité de ces retrouvailles. Je n'avais qu'une hâte : monter enfin à l'étage afin de rester tous les deux ensembles, sans personne aux alentours… Là, oui, je pourrais pleinement (euh non, à moitié) profité de lui. J'envisageai une petite sortie en ville pour le lendemain, afin de discuter seule à seul. On devait traiter de certains points ensemble.
Afin de calmer sa tension, je lui donnai une baffe tout ce qu'il y avait de plus gentil, et il ouvrit grand la bouche, abasourdi par mon geste mais sans savoir que dire. Je lui communiquai par le langage des signes de bien se tenir – enfin, de bien contrôler ses pensées pour n'éveiller aucun soupçon.
- « C'est vrai, soupira-t-il en m'approuvant, puis, en se rappelant de quelque chose, il se précipita sur son petit sac. J'ai un cadeau pour Rosalie ! »
Levant les yeux au ciel, je me frottai le front, toujours aussi faussement agacée face à sa bêtise cependant qu'il sortit le cadeau de ma tante du sac en jubilant. C'était quelque chose de rectangle emballé dans du papier blond. Comme par hasard…
- « Comme l'or de ses cheveux, dit-il sur l'air d'une chanson française avec un accent pas terrible, ce qui m'amusa.
- Francis Cabrel ?
- Ouaip. Merci pour cette chanson d'ailleurs, je l'ai traduite et elle est parfaite !
- De rien, puis en regardant le présent, c'est quoi ?
- Haha, c'est une surprise ! C'est pour… lui témoigner de mon amour (je ris) et enterrer la hache de guerre, me répondit-il d'une voix solennelle.
- Ah ouais ? lançai-je, suspicieuse.
- Oui, d'ailleurs, les voilà ! »
Il se leva d'un bond, apparemment heureux, son cadeau passé sous l'aisselle gauche. Il s'en alla ouvrir la porte comme s'il avait toujours habité ici, et serra dans ses bras avec toute l'exubérance dont il disposait aujourd'hui le premier arrivé. C'était mon père.
Une chance pour lui ! Mon père fut drôlement surpris de cet accueil aussi chaleureux de la part de son ami. Cette scène eut pour don de m'attendrir l'esprit.
Pourtant, cette pensée n'agit sur moi que pour quelques secondes. Grelottante, je demandai vite à ce qu'ils rentrent tous afin de refermer cette fichue porte. J'allais finir par chopper cette maladie qu'on appelait « la crève » si ce froid persistait toujours. Rha ! Quelle idée de venir vivre en Alaska aussi !
- « Heureux de te revoir Jacob ! glosa mon géniteur.
- En pleine forme en plus, rajouta ma mère en le serrant dans ses bras. »
Les retrouvailles allaient de bon train. Je fus contente de retrouver cette ambiance qui m'avait manquée. Mon loup apportait un petit plus de gaieté dans cette maison qui se retrouvait absente lorsqu'il ne demeurait pas entre ces murs. Discrètement, Jacob s'en alla voir Rosalie, qui resta aux aguets quant au soudain regard sympathique de mon loup à son égard.
- « Cadeau, présenta-t-il tout sourire en lui tendant la chose rectangle.
- Qu'est-ce que c'est ? répliqua-t-elle, agressive.
- C'est un cadeau d'amitié, allez Blondie (si c'est comme ça qu'il espérait remporter sa sympathie, il était fichu) ! Ce n'est pas une bombe quoi !
- Cela te plaira, en plus ! attesta Alice avec un demi-sourire. »
Sceptique, ma tante défit bon gré mal gré l'emballage et découvrit…
- « Une BD ! Les Blondes, le retour ! C'est le nouvel épisode, j'ai tout de suite pensé à toi ! Tu vois que je suis gentil ! Et, tu aimes le ciné ?
- Hahaha, et tu te crois drôle, Jacob Black !
- Alors, que fait une blonde au cinéma ? continua-t-il sur sa lancée en feignant de ne pas avoir entendu. Elle cherche la télécommande ! »
Malgré tout, le compagnon de ma tante esquissa un sourire en la calmant afin qu'elle prenne tout ceci à la rigolade. Les années passaient, et Jacob se plaisait toujours à la taquiner. J'allais devoir le sermonner sur ça.
Impatiente, j'attendais le moment où Jacob dirait qu'il voudrait aller dans la chambre pour le suivre. Je mourrais d'envie de passer du temps avec lui. Bon, apparemment, il se complaisait à discuter avec mes parents. « PAPA !!! Je peux être seule avec Jacob, s'il te plaît ? » Mon message eut pour don d'écarquiller grand les yeux de mon père et donc de retenir son attention, et je lui tirai puérilement la langue alors que je discutais avec Alice et Jasper. Il grommela quelque chose comme « eh bah dis donc ! » et proposa à Jacob de s'installer dans la chambre. Je criai victoire en silence tandis que mon père devait ruminer contre moi dans ses pensées, cependant. « Désolée papa ! » pensai-je sans vergogne.
Mon père nous accompagna jusqu'à la chambre d'amis, au premier étage. Dans un décor sobre et épuré, aux lumières toutefois orangées, la chambre n'était pas très garnie : équipée juste d'un grand lit double, d'une armoire dans le style Louis XIV et d'une grande télévision avec un lecteur Blu-Ray.
- « Voilà, tu peux déposer tes affaires sur le côté, lui indiqua mon paternel. De toute façon, tu connais déjà. Nessie ? N'oublie pas, tu dors au cottage. Pas ici.
- Rho ! Bien sûr ! lui certifiai-je en levant les yeux au ciel afin de lui arracher une grimace – chose faite.
- Te bile pas Edward, je te la ramène avant que minuit sonne et qu'elle ne redevienne une moche jeune fille.
- C'est toi qui es moche, oui ! ripostai-je sur le même ton de plaisanterie.
- Bon, Jacob, on se parle demain matin, d'accord ?
- D'accord. »
Le regard qu'il adressa à mon père ne m'indiquait rien qui vaille. Je me demandai quelles étaient ses cachotteries. Lorsque mon père referma la porte de la chambre, j'attendis une petite minute avant d'engager une conversation. Je comptais lui demander jusqu'à ce que je vis Jacob se mettre tout de suite à l'aise en retirant sa chemise à longues manches, ce qui fit qu'il se retrouvait torse nu sans aucune pudeur. Les yeux ronds, je le vis alors se jeter sur le grand lit double et l'entendis ronronner de plaisir, les yeux clos.
La bouche grande ouverte, j'avais peur qu'une mouche surgisse de nulle part et ne vienne y trouver refuge. Chassant ces idées stupides et dénuées de sens, je fis comme lui et ôtai ma veste afin de me retrouver, par contre, en tee-shirt, et m'allongeai à ses côtés avec un peu plus de classe, toutefois. Nos regards se retrouvèrent alors accrochés.
- « Il fait chaud, dans votre chambre.
- T'as toujours chaud de toute façon ! rigolai-je doucement. Tu sais quelle est la température de ton corps au moins !? Quarante deux degrés, ce n'est pas rien !
- Ca, c'est sûr. »
Le silence retomba. Ne disant rien, ne me chuchotant rien de ce qu'il aurait pu dire ou avait sur le cœur, l'homme super à mes côtés se contentait de scruter les yeux. Cette quiétude sonnait un peu comme un aveu à quelque chose, et n'était pas du tout pesant, bien au contraire.
M'enfin, ma curiosité m'appela tout de même et ce fut à regret que je rompis la glace.
- « Au fait, murmurai-je, tu dois t'entretenir avec mon père demain matin ? »
Je le tenais entre mes filets. Jamais il ne tiendrait longtemps au jeu du regard, et je savais que tôt ou tard il baisserait un peu la tête et me répondrait d'un air gêné. C'était obligé ! Jacob ne m'avait jamais refusé quelque chose, de toute manière. Cela n'allait pas changer aujourd'hui. Le regard toujours aussi persistant, je fus surprise de voir que mon loup tenait aussi longtemps. Se pourrait-il… ? Soudain, il sourit d'un air narquois et, avec un empressement déconcertant, son visage se retrouva à même pas deux millimètres du mien. Effrayée, je reculai et détournai la tête.
En fait… Il voulait juste prendre l'encens posé sur la table de chevet qui se trouvait malheureusement de mon côté. Faisant brûler doucement les plantes d'encens, il réussit à répandre avec douceur l'odeur dans la pièce.
Ahhh !! Je n'arrivais pas à croire que je m'étais laissée avoir comme une vulgaire débutante ! La honte, la honte, la honte ! Par Jacob, en plus ! Et ce n'était même pas faute qu'il me laissait gagner pour me faire plaisir, c'était juste que je demeurais imbattable !
- « J'ai gagné, cette fois-ci, me rappela-t-il. »
Déposant l'encensoir sur la table de chevet, me frôlant le corps une fois de plus, il planta à nouveau son regard dans le mien. L'arôme de l'encens décontracta mes muscles et me rendit plus sereine et paisible. En même temps, la pièce avait désormais comme un goût d'exotisme.
Il vit ma grimace et ne put s'empêcher d'étouffer un rire. Ouais, bon ! Qu'il n'en profitait pas trop pour faire son malin, quand même ! La vengeance était un plat qui se mangeait froid, je n'étais pas prête de l'oublier !
- « Oui, mais cela n'empêche pas que tu n'as pas répondu à ma question. »
A la vue de sa tête désormais déconfite, il aurait voulu que la conversation dévie sur des sujets moins prise de tête.
- C'est une affaire d'hommes. Ne t'a-t-on jamais dit que la curiosité était un vilain défaut ?
- Oui, mais je veux savoir quand même !
- Tu as tort. Tu devrais plutôt avoir des préoccupations d'une fille de ton âge.
- Oui, mais quel âge exactement ? Physiquement ou mon véritable âge, hein ? »
J'eus un frisson – non pas de peur – lorsque Jacob reposa à nouveau ses yeux sur moi. J'avais l'impression de retrouver ce regard chargé de désir de Nahuel la dernière fois, avant la petite soirée chez Davis. Curieusement, dans les yeux de Jacob, mon reflet me communiqua que j'avais cette même lueur dans les mirettes.
Prenant peur, car ne me reconnaissant pas du tout dans ce miroir, je me démêlai de cette emprise. C'était un sentiment étranger que je venais de découvrir.
- « Ton véritable âge. A sept ans, je m'occupais de bricoler des trucs qui ne marchaient plus, pas des affaires des grands !
- Tu choisis l'âge qui t'arrange, de toute façon, rouspétai-je en m'enfonçant dans l'oreiller telle une gamine, les bras croisés sous ma poitrine.
- Peut-être, chuchota-t-il. Mais aujourd'hui, tu as sept ans pour moi. »
Voyant que je m'entêtai dans ma fausse bouderie, mon loup-garou, vexé de mon ignorance, commença à me chatouiller les côtes, un endroit plus que sensible. Je ris fort, le suppliai d'arrêter cette torture mais le saligaud continuait. Je parvins à lui dire, entre deux rires larmoyants, que peut-être mes parents se trouvaient encore dans les parages, et non pas au cottage, et il calma ses ardeurs.
Enfin, nous reprîmes un rythme de respiration régulier, et redevenant sérieux, Jacob me questionna un peu sur ma vie. De toute façon, il savait déjà tout et rien à l'horizon pour l'instant hormis mon futur job avec Aaron.
Il ne continua pas la conversation après que le sujet se fut tari, et nous nous retrouvions une fois de plus à affronter la glace. Je n'avais pas remarqué notre brusque proximité. Au fur et à mesure de la conversation, inconsciemment, nos deux corps s'étaient rapprochés. Plus que jamais, en dépit de la douce odeur d'encens, je respirais Jacob tout entier.
Je crevais de frousse.
- « Tu veux regarder un film ?
- Un film ? »
Euh ? Que faisait-il là ? Il jouait avec moi ? Arquant un sourcil, je l'observai d'un œil vif et précis, méticuleux et puissant. Ne se rendait-il pas compte qu'il me troublait plus que d'habitude ?
- « Ouais, mais pas comme de ceux que tu regardes habituellement…
- Que veux-tu dire par là ?
- Oh, les simples comédies niaises, les histoires romantiques sans fond qui te font plus rire qu'autre chose, les films d'actions sans scénario… Un truc plus… « osé » ! me confia-t-il d'un ton suggestif.
- Un film porno !? m'écriai-je en me redressant sur le qui-vive. »
Il rigola, puis posa un doigt sur ma bouche, m'intimant de crier moins fort. Ah oui, tout à l'heure c'était à lui de se calmer, désormais c'était à moi.
Ne me dites pas qu'il voulait qu'on visionnât un film… pornographique !?
Oh lah lah ! Il n'allait pas bien ! Non pas que cela me gênait mais…
- « Ne vas pas t'imaginer des choses, petite perverse ! me sermonna-t-il gentiment en se levant et en allant fouiller dans son sac.
- Ben, plus… « osé », tu entends quoi par là ? »
A nouveau, il ne put s'empêcher de rire bruyamment. Je perçus de la chambre le bruit de la télévision et pris sur le vif une conversation amusante entre Alice et Emmett. Mes tantes et oncles se trouvaient dans le salon, mais mes parents devaient déjà être au cottage, ne percevant pas le son de leur voix parmi les rires et n'arrivant pas à identifier leurs odeurs – peut-être que l'encens me brouillait les narines.
J'étais peut-être un peu trop… « Innocente » sur ça. La faute à qui !? Certes, je percevais le bruit des ébats amoureux des couples de cette maison – un peu trop, parfois –, mais cela ne voulait pas dire que j'étais à l'aise sur ce genre de sujets même si parfois je m'en donnais les airs. Peut-être aussi était-ce un manque de curiosité de ma part sur ça. Non, même pas. J'aimais bien savoir. Emmett avait tenté de me parler, de m'y éveiller doucement avec des images quelque peu bizarres, des clips vidéo exubérants… Enfin, ça n'avait été qu'occasionnel. Jacob avait dû s'en rendre compte. Euh… il ne voulait pas m'éduquer sur ça, quand même !?
- « American Pie ! Des films qui commencent à dater mais qui sont toujours aussi drôles. Ca te changera des autres que tu regardes habituellement.
- Ah ! Je connais (il s'en étonna), j'ai déjà vu le premier opus ! C'est l'histoire de quatre mecs qui ont fait un pacte pour perdre leur virginité, nan ? C'était drôle, j'ai bien aimé.
- Ouais, et, as-tu vu les autres ?
- Non.
- Bon, on va regarder le deuxième, alors. Pour moi, c'est le meilleur de tous. Certes, je vais me faire enguirlander par Bella, et surtout par Edward, mais bon… »
Il s'en alla mettre le DVD dans le lecteur Blu-Ray sans même attendre ma réponse. Il était bien à l'aise, le petit loup. Il devait avoir l'impression d'être maître de la situation dans nos retrouvailles. Comme s'il cherchait à me prouver quelque chose. Diable ! Il était magnifiquement beau sans chemise. Je me demandais bien s'il avait fait exprès de l'enlever. Etait-ce son moyen de séduction ? Il n'avait pas besoin de ça. Plus que beau, je me surpris à trouver Jacob désirable, plus que désirable… je le pensais : oui, il était sexy et c'était la première fois que je le découvris ainsi.
Mhm. Il s'en vint enfin s'installer sur le lit, télécommande en main, le visage tranquille. Alors, prise d'une force inexplicable, je la lui retirai sans crier gare et la jetai à travers la chambre. Jacob fut ahuri de mon geste.
- « Qu'est-ce que tu fais !?
- Tu joues à quoi, Jacob Black ? lui demandai-je, comme si ne rien n'était.
- Euh, je ne suis pas sûr de t'avoir suivi, Nessie. »
Je laissai couler quelques secondes.
- « Toi et moi, on est… imprégnés, l'un de l'autre, c'est ça ? »
Son regard changea. Il ne me répondit pas, et ma tension augmenta. Je me demandais bien dans quoi je m'étais lancée. Mais je n'en pouvais plus, en fait. Je ne savais plus quoi penser, aussi. Ne pensais-je pas que notre relation était… « mal » ? N'était-il pas comme mon frère ? Un membre à part entière de ma famille ? Celui avec qui j'avais passé de bons moments, d'excellents moments. Qui m'avait guidée, rassurée, séchée mes larmes… Mon protecteur de toujours…
Jacob…
Lentement, mais sûrement, je fis basculer la tendance. Je devins plus sûre de moi, plus assurée dans ma gestuelle, et ce fut moi qui me trouvais sur lui. Il avait le dos contre les parois de bois du grand lit, et je me trouvais assise sur ses jambes. Je n'aurais jamais eu l'idée il n'y avait même pas cinq minutes de me montrer aussi… entreprenante.
- « Nessie, je ne sais pas ce que tu as mais… c'est une très, très mauvaise idée, me dit-il d'un ténor rauque.
- Vraiment ? susurrai-je. Tu n'as pas l'air d'accord avec toi-même. »
Sa voix ne l'indiquait pas du tout, déjà, et je percutais de ses frissons et de son corps tremblant par la position dans laquelle nous nous trouvions.
N'empêche, je soupirai. C'était vrai, il avait raison. Ma famille se trouvait en bas, à l'étage, et nous entendait sûrement. Enfin, après tout, je ne faisais rien de mal. Je n'avais plus peur, désormais. J'étais en mesure de prendre des décisions seules, et je fus certaine de mon choix : tout ce que j'avais pensé à propos d'une relation malsaine avec mon loup-garou me parut complètement idiot. Le fait qu'il ait embrassé ma mère à une période de sa vie aussi, car il ne me connaissait pas, je n'avais pas encore vu le jour. Non, ce n'était pas de sa faute. S'il n'avait pas été comme mon meilleur ami, mon confident… il n'y aurait rien eu. Je n'aurais pas voulu d'une histoire qui aurait commencé sur un coup de tête, comme ça, comme Hearly et Elliot. Non, j'avais besoin de quelque chose de plus fort, enivrant et puissant.
Déposant mes mains sur les épaules de mon loup, j'esquissai une moue. Il avança son visage, et se contenta de déposer un léger baiser sur mes lèvres. Je fis de même, un doux sentiment de bonheur m'envahissant le corps. De petits baisers simples, et, à notre plus grande stupéfaction, j'en demandai un peu plus, fiévreuse. Jubilant et ne se posant aucune question, Jacob accepta mon invitation et, enfin… je l'embrassai avec toute la passion dont je disposais. Instinctivement, certains gestes me parurent évidents. Je m'accrochai à ses phalanges, passais une main dans son épaisse chevelure, remarquant qu'il les avait encore coupés. Une de ses mains se baladait sous mon tee-shirt, laissant sur mon corps des caresses brûlantes et des sensations que je ne connaissais pas mais qui furent plus qu'agréables bien qu'insupportables. Je perdis pied une minute, ne trouvant plus le souffle, Jacob comprit et stoppa le baiser, me laissant reprendre ma respiration mais replongea sur ma bouche avec avidité.
Je ne sentis même plus l'encens.
La seule odeur qui vint à moi comme jamais fut celle de mon loup-garou.
A présent, il m'était plus aisé de comprendre pourquoi mes parents étaient férus de ce genre de moments.
- « Nessie ? m'interpella Jacob entre deux baisers, le souffle court.
- Tais-toi ! »
Je repris possession de ses lèvres, mais, plus fort que moi, il me détacha, me clouant dans l'étau de ses bras.
- « Mais euh ! »
Il m'examina d'un œil comme lorsque j'étais gamine, quand je faisais une grosse bêtise.
- « On s'arrête là.
- Pourquoi ? C'est ma famille qui te gêne !?
- Non, non. Ce n'est pas ça, rigola-t-il.
- Je ne vois pas le problème…
- Pourquoi il n'y a que moi qui dois être responsable ? se plaignit-il. »
Je me dégageai de son étreinte, et roulai à ses côtés, me lovant un peu contre son corps mais veillant à garder une certaine distance entre nous. Je boudais.
- « Nessie… on n'est pas dans un film ou dans une histoire à l'eau de rose, là !
- Un peu quand même, fis-je.
- Oh ! Sais-tu que tu agis comme une véritable ado complètement amoureuse et niaise en ce moment ?
- T'es pas sérieux !? »
Il me connaissait bien, le petit Jacob. Et dire que tout à l'heure je m'étais moquée de ces histoires puériles sans sens et des emportements amoureux.
- « La honte… »
Le sommeil me gagnant, je me callai plus contre le torse de mon loup-garou. Immédiatement, il m'encercla de ses bras. J'avais chaud, et cette nuit-là, je n'allais pas trembler de froid à cause de la neige qui s'amoncelait dehors. Jacob semblait avoir oublié qu'il fallait que je rentre au cottage, et tant mieux.
- « Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas continuer… t'as pas envie ? »
Sinon, j'allais croire qu'il me rejetait en fait bien que cela fût inconcevable de la part de mon imprégné. Me caressant le visage, il déposa un bref baiser sur mes lèvres, alors que je retrouvais la fière dans laquelle nous avions été plongés et en voulais un peu plus. Il rit.
- « Bonne nuit, Nessie. »
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Chanson : I want you – Martin Solveig
