Rising Shine
Bonjouuur ! J'ai fait plutôt vite pour ce chapitre, mais le chap 9 ne viendra pas avant une bonne dizaine de jours au moins. Le week-end, je suis pas mal occupée en ce moment et c'est plutôt positif dans ma vie :D Je n'oublie pas ma fanfiction pour autant, qui me plaît beaucoup à l'écrire.
J'annonce ici une nouvelle phase de l'histoire, on entre enfin dans les choses sérieuses et, pour ma part, ce chapitre fait fort ! =) Il annonce pas mal de choses mais toutes les informations relatives à la suite sont bien dissimulées - avis personnel.
Allez, j'arrête de vous embêter et je vous souhaite une bonne lecture !
N'hésitez pas à laisser une review de temps à autre, ça fait toujours plaisir !
Chapitre 8, Problems
« Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière. »
Jean Giono, Ennemonde et autres caractères.
- « Je vois… »
Triturant mon blackberry avec mes doigts, j'observai Alice en douce. Elle venait d'être victime d'une nouvelle vision, et cette fois-ci, je ne pouvais pas en démordre à savoir ce qui se tramait chez les Cullen en ce moment. Il y avait beaucoup d'agitation depuis une semaine déjà. Et ça faisait exactement une semaine que j'avais repris les cours, et que je voyais donc Aaron tous les jours sans exception. Coïncidence ? D'ailleurs, je devais partir dans cinq minutes si je tenais à être à l'heure à notre rendez-vous musical. Bon, ça, ce n'était qu'accessoire car ma famille s'en portait plutôt bien. Avaient-ils tous trouvé idiot de s'inquiéter d'un être humain ? De plus, Alice le ne connaissait pas donc je doutais qu'elle puisse épier son futur à sa guise. J'avais eu raison, ma famille se faisait un peu trop de sang d'encre pour moi.
« Grouille, Alice ! »
- « Demain après-midi, un orage se prépare. Que diriez-vous de faire une petite partie de base-ball ? »
Elle se fichait de moi, un peu !
Du base-ball !
Toute la famille approuva, se réjouissant d'avance de s'amuser un peu et de prendre du bon temps. Tsss ! J'aimerais bien jouer moi aussi, mais en me rappelant que je devais aussi voir Aaron le samedi également m'assombrit l'esprit. Rha ! Ca faisait longtemps que je n'avais pas mise une bonne tatane à Emmett, depuis le temps que j'en rêvais ! Une fois de plus, je ne pourrais pas assister au match de base-ball. Mais bon, il y avait certaines priorités auxquelles je ne pouvais dérober. D'autant plus que c'était ma future carrière de musicienne qui se jouait en ce moment, je ne devais pas laisser passer ma chance ! Et puis, je me consolais en me disant que même si l'orage serait présent pour le lendemain, les amas de neige du dehors n'auraient pas fondu et je me serais encore plaint de crever de froid. C'était un bon point pour moi, ça !
Bon, quand on parlait du boulot… Fallait y aller ! De plus, j'allais arriver en retard, il était seize heures moins le quart.
N'oubliant pas de dire au revoir, je me précipitai vers le garage. J'étais impatiente de revoir le metteur en scène. Grr, on aurait dit une ado, là ! Mon dieu, qu'est-ce que je pouvais me faire peur quand je voulais !
Dans la voiture, en conduisant, je mis ma station de radio préférée à fond tout comme le chauffage en regardant rêveusement les paysages enneigés et frileux ainsi que la douce météo nuageuse qui s'annonçait pour le week-end. Je pensais à bien des choses, tout comme à la tournée dans l'Amérique entière qui s'annonçait dès le mois d'août prochain que m'avait promise Aaron. A cette remémoration, j'avais des étoiles plein les globes oculaires ! Jamais ma famille ne me laisserait y aller… Mon enthousiasme tomba aussi vite qu'il était monté. Mon père serait le pire à convaincre qu'aucun danger ne me guettait. Je pouvais comprendre la fibre paternelle qui l'obligeait à s'inquiéter mais j'avais comme l'impression qu'il ne me faisait pas si confiance. Qu'il avait peur que je fasse des bêtises. Quand je pourrais voler de mes propres ailes, sans qu'aucun membre de ma famille n'ait son mot à dire dans mes décisions ? Certes, je n'avais que sept ans d'existence, mais était-ce une bonne raison pour me couver ainsi ?
Si je pouvais, je serais partie vivre avec Jacob à La Push et tout irait pour le mieux.
Le rêve !
Du reste, je me demandais pourquoi Jacob avait refusé de venir vivre avec nous, ici, à Juneau. Il me semblait pourtant qu'il ne pouvait pas vivre sans moi… Je voulais dire, parce que sinon là je paraîtrais bien orgueilleuse et prétentieuse (ce qui était peut-être le cas, héhé), que l'imprégnation qui nous unissait faisait qu'il ne pouvait pas rester sans me voir pendant trop longtemps. La réciproque fonctionnait aussi. Depuis le temps, je m'étais habituée à la distance qui séparait nos deux corps, mais je ressentais toujours ce vide en moi lorsqu'il n'était pas là. Jacob pouvait devenir tout ce qu'il voulait à mes yeux, que ce fût ami, confident, frère, amant… Cependant, pourquoi n'aurait-il été qu'un simple ami pour le restant de ma vie ? Jacob correspondait à tout ce que je désirais, c'était mon coin d'éden sur cette planète. Avant lui, je ne connaissais aucun autre homme qui était capable de m'émouvoir autant. Bon, ok… Peut-être Nahuel, mais ce n'était pas pareil.
A part Nahuel et ses trois demi-sœurs, y avait-il d'autres hybrides sur la Terre ? Ce n'était pas impossible. Nahuel devait être angoissé de ne pas pouvoir perpétrer notre espèce et cela devait être pareil pour ses sœurs…
Je me rendis compte que mon subconscient déchirait grave ! Woah, sans même être consciente des gestes que j'entreprenais, je m'étais garée pas loin de l'Opera Stadium. « Nessie, tu gères ! » Quelle classe d'être à moitié-vampire, ça me donnait certains avantages.
En entrant dans l'Opera, je me demandais bien comment se portait Nahuel. Voilà une petite semaine que je n'avais pas eue de ses nouvelles. Il faudrait que je pense à l'appeler ce soir…
Je fus immédiatement accostée par un homme blond au souriant éblouissant.
- « Renesmée ! »
Un tel éclat de bonheur ne put que m'arracher un sourire. Pendant quelques secondes, je me laissai caresser par l'œil impérieux et mystérieux d'Aaron. Oui, oui, je savais que j'étais belle, inutile de me le rappeler ! « Bon, plus sérieusement. » me concentrai-je. Je lui serrai alors la main en guise d'amitié pour le saluer. Son regard ne se détachait toujours pas du mien, et j'en restais toujours autant fascinée.
- « Vous êtes seul ? demandai-je, en regardant tout autour de moi et ne voyant personne dans le hall d'entrée.
- Ma femme n'est pas encore arrivée. J'ai dû garder l'Opera seul. Les répétitions se sont achevées il y a une heure, et Stef est partie à ce moment-là. »
Stef, c'était le surnom d'une des femmes qui travaillaient ici comme « technicienne de surface » (pour ne pas dire « femme de ménage », car il se trouvait que Stef était très susceptible !). Quoi qu'il en fût, il me tardait de revoir sa femme !
- « Au fait, demain soir, il y a une petite soirée pour toute l'équipe au Club. Que diriez-vous de venir avec nous, Renesmée ?
- Oh… c'est gentil pour l'invitation, je n'avais rien de prévu.
- Alors, venez ! Vous verrez, c'est très sympa, m'affirma-t-il d'un ton séducteur. »
Aucun doute. L'invitation n'avait pas uniquement pour but de m'inviter pour passer un bon moment entre amis. Cependant, l'intensité des yeux mystérieux d'Aaron me poussait à accepter l'invitation. Ma curiosité toujours insatisfaite à son égard m'obligeait à vouloir percer le secret de ses yeux.
En plus, le Club était une boîte de nuit plus que sympa, j'y étais allée avec Jacob pendant les vacances de Noël.
- « Mais avant, il faut que j'en parle à mon père.
- Bonjour. »
Je me retournai sur le qui-vive en ayant reconnue la voix de madame Flex ! Comme si c'avait été mon amie, je me précipitai sur elle et lui serrai amicalement la main. Celle-ci grimaça, comme si j'avais eu une énorme verrue sur le visage et que ça la gênait. Pff ! Quelle rabat-joie, elle alors ! Elle pouvait bien m'apprécier. Ce n'était pas moi qu'elle devait détester mais son malfrat de mari. Je me demandais d'ailleurs si elle l'avait engueulée par ma faute, mais je n'osais poser la question à Aaron bien que l'envie restait présente !
Elle tentait, de mauvaise grâce, d'afficher un sourire même si ça lui en coûtait. Intérieurement, je ne pouvais m'empêcher d'être contente. Bécassine, va ! Ensuite, elle se dirigea vers son mari qu'elle ne salua que d'un hochement de tête.
Woah, quel amour ! Elle aurait au moins pu l'embrasser, même du bout des lèvres. Tss ! Elle faisait sa timide !
- « Aaron, Elena est revenue, l'informa-t-elle. Elle veut te parler.
- Ah bon ? Déjà ! s'étonna-t-il, les yeux écarquillés. Elle est où ?
- Au café juste à côté.
- Et, je dois y aller maintenant ? demanda-t-il avec nervosité. S'il te plaît, dis-lui que dans deux heures, j'irai, mais là je dois travailler avec Renesmée. »
Aaron tentait péniblement de garder son sourire. Cet homme aux pensées si indéchiffrables et à l'attitude plus qu'énigmatique venait de trahir pour la première fois ses sentiments personnels. Je n'aurais jamais pensé ça de lui, qui semblait si froid mais en même temps plus qu'amical. Le mythe que je m'étais imaginée autour de ce curieux personnage s'amoindrissait petit à petit. Sa femme quittait alors le hall pour prévenir cette fameuse Elena qui avait réussi à faire perdre un peu du mystère autour d'Aaron, tandis que le metteur en scène m'entraînait vers la grande salle de spectacle.
Il s'en alla chercher le matériel, et je posai mon sac à dos sur une des chaises en velours rouge. J'aimais beaucoup cette salle, elle correspondait bien à Aaron. Rouge, la couleur du vice, de l'érotisme, du sang… Je sortis mon cahier de composition et trouvai la page de la première chanson. Les accords et les notes se trouvaient auparavant écrits sur la partition. C'était une version expérimentale du premier couplet et du refrain. Il me manquait juste l'accroche entre les deux. Je devais composer la piste de la guitare, de la basse et de la batterie. Je maîtrisais la guitare à merveille et les deux autres instruments ne me posaient pas trop de soucis.
- « Je pense que nous sommes bons pour aujourd'hui, s'exclama Aaron en revenant avec une guitare électrique, une belle Jim Harley bleue électrique, celle que je caressais depuis une semaine déjà. Tenez.
- Merci.
- Je vais chercher la basse, ensuite on pourra commencer.
- Aaron ? l'apostrophai-je, avant qu'il ne s'en aille.
- Oui ?
- Vous savez, vous pouvez aller voir, euh… Elena. Ca ne me dérange pas de rester seule, ne vous sentez pas gêné vis-à-vis de moi. Je peux commencer à travailler seule.
- Ah ! Ne vous en faites pas. Je la verrai après vous. Il n'y a pas de problème.
- Vous êtes sûr ? insistai-je. C'est important, non ? »
Il ne me répondit pas. Seul son sourire résonna comme réponse. Il s'en alla chercher la basse au fond de la salle et je me retrouvais vexée. Je me dirigeai vers la scène, là où se trouvait les amplificateurs qu'Aaron avait posés exprès avant mon arrivé, avec la guitare, mon cahier et un stylo. Prenant une chaise au passage, j'y posais mon cahier et le stylo avant de brancher la Jim Harley à un des amplificateurs non loin de là. Je baissai le son, histoire que la musique n'eut résonnée pas trop fort, et jouai le début d'Highway to Hell, ma première source d'inspiration pour la chanson que je composais actuellement.
Guitare parfaitement accordée, mais que demandait le peuple !
Aaron s'approcha avec sa basse en rigolant.
- « Quelle énergie !
- N'est-ce pas ? souris-je. Enfin, nous n'avons plus de temps à perdre. Le mois de juillet approche à grands pas !
- En effet, admit-il. Mais je ne m'en fais pas, je suis étonnée de votre capacité à composer rapidement. Je pense que nous aurons fini ces trois chansons avant le mois de mars. »
La première chanson, qui était donc l'anténépultième de la comédie d'Effy parlait de la trahison d'Effy justement. Celle-ci avait osé tromper son élève, Matthew. La comédie n'était qu'une histoire de mœurs de la société actuelle dans un chant très comique, et dans cette chanson, qui serait donc chanter par ce personnage, Effy livrait un message de dénonciation et le pourquoi de sa tromperie à Matthew. Les paroles qui venaient de Yann – le parolier de toutes les comédies d'Aaron – restaient excellentes, et je devais créer une mélodie capable de bien porter ces mots.
Pour cette chanson, j'avais immédiatement pensé et m'étais donc inspirée de deux albums que j'adorais : Chinese Democracy des Guns N' Roses et Highway to Hell d'AC/DC. Je trouvais que leur atmosphère musicale correspondait bien à cette période tourmentée d'Effy.
Comme d'habitude, et ce depuis une semaine, les deux heures quotidiennes en compagnie d'Aaron s'écoulaient à une vitesse impressionnante. C'était un homme d'exception et très professionnel. Il m'encourageait et avait la franchise de me dire ce qui n'allait pas dans mes compos.
- « Je pense que le pont est encore à revoir, soupirai-je en écrivant le dernier accord du pont en veillant bien à respecter l'intervalle prédéfinie.
- On a encore le temps, ne vous en faites pas.
- Il faudra penser à écrire la piste de la batterie, aussi. C'est elle qui donne le rythme.
- Vous avez raison, on modalisera dès lundi en fonction de la batterie. Vous voulez que je demande à un batteur de venir ?
- Non ! Avant, je vais moi-même chercher la tonalité pour la batterie. Mais merci quand même !
- Comme vous voulez, nous avons fini pour aujourd'hui. »
Je souris en débranchant la Jim Harley de l'amplificateur. Nous rangeâmes le matériel, et, je m'attendais à discuter un peu plus avec Aaron, comme à l'accoutumée mais il me rappela qu'il devait voir Elena – la femme qui l'avait un peu déstabilisée rien qu'à son évocation. Etrangement, je m'en attristais quelque peu mais cela semblait urgent. Tant pis…
- « A demain. »
Je quittai alors l'Opera, et une fois dehors, le froid m'attaqua d'emblée. Evidemment ! Je tentai tant bien que mal de me coconner dans ma veste en cuir très chaude, mais cela ne suffisait pas. J'avais bien envie de traîner un peu, mais le soleil dormait déjà. A l'horizon, c'était entre chien et loup. Déçue, je jetai un œil à mon portable. Et vis que j'avais reçu un message de ma mère. C'était étonnant, tiens donc !
Reçu le : 10 janvier 2014.
A : 17 :02 pm
De : Môman
« Rendez-vous à 18h au Starbucks. Je t'attends ! J'ai une surprise pour toi ! Bises, maman. »
Souriant à mon téléphone, et voyant qu'il était 18h06, je lui répondis vite fait que j'arrivais. De toute façon, elle savait que je sortais à 18h alors elle pouvait bien m'attendre un peu. Je me précipitai vers ma voiture, ravie de retrouver de la chaleur et un peu de quiétude. Il y avait un peu de monde au centre-ville, ce qui ralentissait mon arrivée au Starbucks Coffee. Tss ! Quelle idée de faire quitter tout le monde à la même heure du boulot ! En plus, c'était l'heure des jeux télévisés alors les gens s'énervaient. J'entendais d'ici le bruit des klaxons qui m'irritaient. Grmlb, vraiment pas d'intelligence ! La galère de vivre dans les grandes villes !
Finalement, je réussis à arriver mais je dus me garer au parking sous-terrain. Ce fut donc énervée contre la terre entière que j'entrai dans le Starbucks surchauffé.
Un serveur vint tout de suite m'accoster d'un regard bienveillant, mais je le prévins que je venais rejoindre des personnes déjà présentes. Je retirai mon écharpe et repérai vite la table où se trouvait ma mère. Je la vis avec Alice, et grimaçai en me disant que j'allais encore me faire enguirlander. J'étais habillée de manière très soft, toujours accompagnée de mon éternelle veste en cuir, d'un pull-gilet blanc cassé tout simple et d'un jean. Je n'avais pas mis les bottes les plus glamour mais les plus pratiques car plus chaudes. En plus, elles n'avaient pas de talons donc j'étais aussi petite que ma mère, pratiquement. D'ailleurs, en m'approchant, ma tante ne put s'empêcher de soupirer.
- « Nessie ! Ce n'est pas parce que c'est l'hiver que tu dois t'habiller n'importe comment ! objecta-t-elle de suite. »
Je m'esclaffai gentiment. Alors, à ce moment-là, j'identifiai une toute nouvelle odeur. C'était bizarre, je ne l'avais pas reconnue pourtant. Une délicieuse fragrance de sang humain en moins concentré. Un… hybride. Nahuel ? Le cherchant du regard, je le vis assis à la table juste en face de ma mère. Il me sourit tout en me saluant de la main, et j'en restai toujours autant ébahie.
C'était drôle, ça ! Tout à l'heure, j'avais justement pensé à prendre de ses nouvelles. Le destin me jouait de drôles de tours. Ca, pour une surprise, c'était une surprise !
- « Nahuel ! m'exclamai-je, ahurie. »
Mon appel eut pour don de le faire se lever, et il me serra affectueusement dans ses bras. De carrure plus fine que Jacob, l'hybride n'en tremblait pas pour autant. Je lui rendis son étreinte dans mon élan de bonne humeur. Il respirait l'exotisme. En effet, il s'émanait encore la douce odeur chaude, tropicale et humide du Brésil et le narcotisme du guarana sur sa peau. Pendant mon étreinte, j'adressai un doux regard à ma mère, pour la remercier de cette surprise plus qu'agréable. Elle me rendit la pareille.
Je me dégageai quelque peu de Nahuel, et passai une main sur son visage – une première ! Je lui communiquai alors le petit épisode de tout à l'heure, auquel j'avais pensé à lui et il en sourit, ravi.
Nous nous installâmes ensuite à la table, après ces retrouvailles, et je pus commander ma boisson habituelle, à savoir un Frappuccino. Ma mère et ma tante s'enquirent de mon rendez-vous musical avec Aaron, et je leur informai que la chanson progressait petit à petit. Enfin, peu importait, moi, ce qui m'intéressait, c'était de savoir pour quelles raisons Nahuel se trouvait ici !
- « Qu'est-ce qu'y t'emmène ici ? lui demandai-je, en sirotant ma boisson. Je ne m'attendais pas à te revoir avant les vacances de Pâques !
- L'hiver ! rigola-t-il.
- Ah bon ? Pourtant, c'est l'été au Brésil, à ta place, je serais restée là-bas. J'en rêve ! T'es vraiment pas normal !
- Non. En fait, Huilen a trouvé… un conjoint. Je me suis dis que ce serait mieux pour eux que je les laisse un peu seuls. Et ça me faisait une bonne occasion pour venir vous rendre visite, alors c'est bien tombé.
- Bien vu ! »
Nous nous réjouîmes tous ensemble ensuite. Alice n'était venue en réalité que pour m'emmener faire du shopping. J'eus à peine le temps donc de profiter pleinement de Nahuel et de mon Frappuccino que je me retrouvais déjà dans les boutiques.
- « Pas d'imprudence. Tu me promets ? »
Presque tout le monde se trouvait de sortie ce soir. Ca, pour une coïncidence c'était amusant ! Entre le destin qui s'amusait et le hasard qui le complémentait, nous étions tous régalés ! Après le match de base-ball qui s'était bien déroulé sous un temps orageux bien qu'écourté à cause de la brusque météo changeante : il avait neigé ! Wouuuh ! Quel froid ! Que j'adorais ça ! Hahahaha. Ou pas. Non, en fait, cette douce neige – prévue évidemment par Alice – avait fait que c'était une soirée idéale pour les amoureux de la famille. Mes parents resteraient au cottage, bien coconnés au chaud, et chacun s'éparpillait avec son conjoint pour une petite soirée tout en tendresse.
Bon, moi, je n'allais pas avoir de la tendresse…
Héhé ! Let's the party start baby !
- « Te bile pas, le rassurai-je en souriant. En plus, Nahuel est avec moi. »
Mon père releva alors la tête vers Nahuel, lui lança un regard dans lequel je décelais une certaine appréhension puis ensuite un peu de déception. Je ne compris pas tout de suite mais je me doutais bien de quoi il était déçu, ce qui ne put refreiner mon sourire sarcastique. Ensuite, il se concentra à nouveau sur moi et me baisa doucement la joue. Mon nez grattait ses cheveux, et j'humain son odeur avec avidité. Eh oui, je n'avais pas la même odeur que de véritables vampires, délicieusement sucrées, plus concentrés que la mienne, ce qui ne manquait pas de me mener en paradis. Toutefois, je ne le laissai pas m'approcher plus, de peur qu'il ne m'eût abimée, ce qui aurait agacé ma tante.
Il leva alors les yeux au ciel – j'adhérais !
- « Tu n'as pas besoin de toutes ces fioritures. Tu es très belle sans. »
Je rigolai. Mais bon, pour une soirée où il y aurait toute l'équipe de la comédie, j'avais besoin d'un peu plus d'élégance et de classe, que j'avais déjà – soi-disant. Alice m'avait pomponnée et chouchoutée pour ce soir avec son alter-ego, je nommais Rosalie ! J'avais servi de poupée géante – comme d'hab' – néanmoins ça n'avait pas été pour me déplaire. J'étais toute jolie ! J'aimais particulièrement la forme de mes bouclettes. De plus, mes cheveux étaient plus dorées et lumineux qu'en temps normal, à cause des paillettes. Mon maquillage restait tout aussi léger, elles avaient veillé à mettre mon regard chocolaté en valeur grâce à un mascara profond.
C'était Aaron qui allait être content !
Mon père lâcha un grognement. Oups ! J'avais zappé !
« T'inquiètes pas, va ! C'était pour la blague. »
Le regard qu'il m'adressa disait clairement qu'on n'avait pas le même sens de l'humour. Tant pis, je laissais tomber. Derrière nous, Nahuel commençait à s'impatienter.
- « Allez, on y va. Maman t'attend, ne la laisse pas se languir de toi plus longtemps ! Bonne soirée ! »
Je ne lui laissai pas le temps de répliquer, sachant qu'il allait s'énerver. J'empoignai rapidement Nahuel et le traînai vers le garage, là où je trouvais ma BMW sous mes éclats de rire. Nous nous callâmes dans la voiture après que j'eusse vérifiée s'il n'y avait aucun problème avec les pneus neige, j'enclenchai le contact et quittai le garage. Ce que j'aimais avec Nahuel, c'était son attitude stoïque face aux relations diverses que j'entretenais avec ma famille. Jamais – ou rarement – il n'avait fait de commentaire sur les mauvais points. Il savait bien que c'était du domaine privé.
Durant le trajet, nous nous amusâmes à raconter nos projets de vacances pour celles de Pâques qui viendraient aussi vite que la neige tombait dans ce pays. Bien sûr, je n'oubliais pas les cours de capoeira que m'avaient promis Nahuel. Il m'apprit que sa petite boutique de bijoux marchait plutôt correctement et qu'il avait déjà des habitués. Il voulait proposer aussi un atelier de tatouages et expérimentait une méthode pour les vampires. Il était extrêmement difficile de transpercer nos peaux, et donc du fait, d'avoir un tatouage. Nonobstant, Nahuel était confiant et restait persuadé qu'il trouverait la solution. Il essayait avec les diamants, une pierre très brute qui avait apparemment donné des résultats satisfaisants.
- « Quand ça marchera bien, tu en voudras un, je suppose ? »
Il avait remarqué mon goût pour tout ce qui pouvait un peu énerver mes parents, ce qui me faisait toujours jubiler et frétiller d'allégresse. Un tatouage, ce serait parfait ! Je lui adressai un regard rempli d'équivoques, signe que j'acceptais sa proposition avec grand plaisir.
Après un trajet plutôt lent à cause de la neige, nous arrivâmes enfin à destination. Le Club, magnifiquement illuminé par tous les néons artificiels envoyait de la musique techno comme on les aimait pour les soirées et détonnait ! Oups, je m'emportai. Mais cela n'empêchait pas que le lieu restait stylé. L'entrée faisait un peu « new future » dans une technologie assez cool, avec des couleurs bien vives. Peu de personnes se précipitaient pour l'instant vers la boîte de nuit. Il n'était que vingt-trois heures trente, la boîte ayant ouvert il y avait une demi-heure seulement, les gens arrivaient toujours plus tard. En sortant de la voiture, je resserrai mon écharpe autour du cou, luttant vaillamment contre le vent impétueux de l'hiver. Cette fois-ci, et plus que jamais, mes sens étaient éveillés.
On ne tardait pas, dans la même seconde, à identifier une odeur.
Le vent le l'avait pas encore emportée. Elle ne se trouvait pas si loin d'ici. Il y avait quelque chose d'irritant, d'agaçant, de déplorant.
Il y avait un vampire.
L'odeur de ce vampire ne correspondait à aucun fumet à qui je pouvais l'apparenter. Il s'agissait donc d'un nouveau qui venait d'arriver en ville.
Horrifiée, je me tournai vers Nahuel.
- « Tu l'as senti, toi aussi hein ? »
Mon hybride me sourit tout en se dirigeant vers l'entrée du Club.
- « Le vampire est entré dans la boîte, m'apprit-il. S'il est à l'intérieur, c'est qu'il est inoffensif.
- Je te trouve un peu trop sûr de toi, rétorquai-je en lui attrapant le bras.
- N'est-ce pas toi qui trouve ta famille un peu trop suspicieuse ? Je te dis qu'il n'y a pas vraiment de quoi s'inquiéter, il y a des vampires partout. Si celui-ci se trouve en ville, et seul, dans un endroit où il y a du monde, c'est qu'il doit être inoffensif. Tu ne crois pas ?
- Peut-être, admis-je, mais c'est bizarre tout de même qu'il se balade tout seul ! On doit lui parler. »
Nahuel haussa les épaules, de peur de me contrarier. Désormais, j'avais une certaine appréhension pour cette soirée qui s'annonçait pourtant sans prise de tête. Un vampire se trouvait là-dedans, dans un amas d'humains innocents et sans défense. Bon, ok… je pouvais parler moi, qui était à moitié-vampire mais ce n'était pas pareil – excuse bidon ? Qu'en savais-je ! Je décidai de faire confiance à Nahuel et de croire ses bonnes paroles comme s'il s'agissait d'une réponse de Dieu. Comme ça, je pourrais rejeter la faute sur lui si c'était un méchant monsieur qui nageait là-dedans.
A l'intérieur du Club, nous fûmes un court moment aveuglés par la prolifération des lumières puis replongeâmes dans la douce obscurité apparentée aux discothèques. Le lieu donnait vraiment l'impression de faire exclusivement réservé aux V.I.P. J'avais envie de sortir mes lunettes de soleil pour me la jouer mais je me rétractai – je n'avais pas envie de me faire accoster par des mecs douteux. L'endroit possédait une énorme piste de danse dont on ne voyait pas la fin aux dalles colorées de rose, de bleu et de blanc déjà occupée par pas mal de personnes. Au milieu du dancefloor où les gens se trémoussaient déjà sur du David Guetta, se trouvait un DJ (le même que la dernière fois) accompagné de son ami qui mixaient aux platines. Il y avait quelques carrés de canapés charmants agrémentés de tables basses de verre dont je devinais qu'ils étaient les espaces de repos et de causette. Le bar demeurait immense à la gauche de la salle, d'où j'odorais d'ici le goût de l'alcool, et à droite dès l'entrée se trouvait un grand escalier tapissé d'un beau tapis rouge où, à l'entente de certaines conversations des personnes qui y montaient, était un endroit où il n'y avait qu'un grand bar avec billards et baby-foot : le lieu juste pour boire et se saouler par excellence jusqu'au petit matin.
M'enfin, il fallait garder l'œil ouvert ! « Et si vous voyez un vampire, ayez l'obligeance de m'appeler au… »
- « Appelle Aaron, me demanda Nahuel. Pour qu'on aille le rejoindre. J'ai hâte de le rencontrer ! »
Vraiment ? En riant, je composai le numéro du metteur en scène sur mon blackberry. Il m'informa qu'il se trouvait à l'étage supérieur avec déjà une petite partie de l'équipe. Levant les yeux au ciel, je prévins Nahuel. Nous nous ruâmes vers l'escalier et montâmes à l'étage. L'effluve du tabac me frappait en plein visage une fois que je fus en haut. Nahuel ne semblait pas le moins du monde gêné par l'odeur, ce qui me rassurait. Je n'identifiai cependant pas l'odeur du vampire de tout à l'heure, il devait donc être plus bas…
Le premier étage ressemblait au rez-de-chaussée. En revanche, le bar, là, avait plus de style que celui d'en bas. Illuminé de néons bleus foncés mêlés à du rouge, avec écrit en grand entre deux étagères de bouteilles « The Club ». Il y avait trois billards et deux baby-foot, des coins tranquilles pour discuter.
- « Renesmée ! »
Je souris.
L'homme s'était merveilleusement mis sur son trente-et-un ce soir ! Portant une chemise blanche à cravate escortée d'une veste noire faite sur mesure, le réalisateur resplendissait. Il avait des lunettes de soleil au sommet de son crâne qui lui donnait un côté petit joueur. PJ ! Té, en voilà un bon surnom ! Ces cheveux restaient désordonnés, ce qui lui conférait un charme plus qu'irrésistible. Il respirait bon le poivre et l'étrangeté comme à l'usure. Et puis, l'endroit magique et sensuelle renforçait cette aura qu'il émanait. Un lieu qui lui convenait à ravir.
Comme je l'avais prévu, je fus déshabillée de la tête aux pieds par l'homme en qui j'avais découvert un grand bassiste. Il en fut très satisfait. Pour lui, la soirée était déjà un succès.
Il porta une attention toute particulière et nouvelle à mon ami juste après. Le regard qu'il lui adressa, j'avais comme une impression de déjà-vu.
- « Vous êtes venue accompagnée !
- Oui, reconnus-je. Permettez-moi de vous présenter Nahuel, un ami du Brésil. Il vient prendre du bon temps ici.
- Je vois ! Enchanté, le salua alors Aaron. Aaron Flex, metteur en scène pour de nombreuses comédies. Enfin, je suppose que vous le savez déjà. »
Je décelai un certain soulagement de la part d'Aaron. Eh oui, heureux de savoir que le charmant jeune homme à mes côtés ne fût pas mon petit ami. De toute façon, il ne savait pas que j'étais déjà prise – je me tâtai à lui révéler ma relation avec un certain Indien de ma connaissance. Cela gâcherait des choses dans quelques aspects du lien qui m'unissait à l'artiste de spectacle.
De suite, Aaron s'entendit avec Nahuel. Il nous proposa un verre, que nous acceptâmes volontiers – moi, surtout, contente de ne pas avoir à sortir mon porte-monnaie. Ultérieurement, il nous présenta à certains acteurs de la comédie que j'avais pu voir avant, tous assis sur les canapés en train de se délecter de leur boisson. La femme d'Aaron discutait avec quelques hommes au milieu des retrouvailles, épiant furtivement son mari de temps à autre. Lorsqu'elle vit l'hybride, son regard se fit plus colérique.
- « Que diriez-vous d'un billard, Renesmée ? »
Finissant mon verre, j'acceptai l'invitation avec plaisir. Alors que je le suivais, je glissai deux mots à mon ami à propos de la jalousie de la femme du réalisateur que je m'amusais beaucoup à narguer. Contrairement au reste de ma famille, il se contenta d'en rire, ne me faisant aucune leçon de morale. Arrivés à un billard inoccupé, Aaron s'empressa d'attraper les queues et de nous en donner une à chacun. Payant le billard, il installa les billes dans le triangle. Une fois ceci de fait, il alluma une cigarette et j'eus droit à une œillade annonçant le défi.
- « Aux demoiselles de commencer. »
Il devait imaginer que je ne savais pas jouer. Je devins alors hautaine dans mon attitude, répondant à son défi de la même manière qu'il me l'avait adressé. Derrière moi, j'entendis Nahuel rire de la situation. Avec dextérité, je me plaçai correctement afin de viser la bille blanche, préparai mon coup avec minutie et, tirai. Bref et précis, le choc fut fort et deux billes rentrèrent déjà dans les trous.
- « Pas mal, commenta Aaron. »
Ayant envie de le voir jouer aussi, je fis exprès de rater mon coup. Il en gloussa avec discrétion, s'approcha de moi et me frôla les cheveux de sa main puis se positionna à ce qu'il jugeait le mieux possible afin de tirer un grand coup.
La partie se déroula dans une espèce de tension de compétition quasi palpable entre Aaron et moi. Plusieurs fois, il fit exprès de me frôler en tournant autour de la table, ce qui allait me rendre folle tant cela augmentait ma fascination à son encontre. Nahuel resta discret dans son jeu, mais se révéla être un grand joueur. Au final, les deux garçons furent gentleman et me laissèrent gagner la partie.
- « J'ai gagné, lui dis-je avec une voix séductrice. »
Il secoua la tête et termina tranquillement sa cigarette avant d'en allumer une autre. Il m'en offrit une que je refusais, prétextant que je conduisais pour le retour. Il la donna alors à Nahuel qui, à mon grand étonnement, accepta.
- « C'est que du tabac. »
Subséquemment, nous recommençâmes une partie de billard mais des personnes de l'équipe de la comédie vinrent nous rejoindre pour faire connaissance. Je crus que Nahuel allait s'ennuyer, puisque tout le monde désirait faire ma connaissance, mais étrangement, Aaron lui tint compagnie avec grand intérêt.
C'était une bonne soirée en perspective.
A deux heures du matin, mes gambettes mourraient d'envie d'aller se déchaîner un peu sur la piste de danse ! Surtout que j'entendais la musique d'ambiance qui correspondait tout à fait à mes goûts pour me déchaîner depuis deux heures et demie déjà ! Je m'en allais prévenir Nahuel, toujours aussi sobre, assis sur les canapés avec Aaron, détendu avec son éternelle cigarette.
- « On danse ? »
Mais en fait, ma danse allait vite être écourtée. En plus de l'effluve du tabac et de diverses odeurs illicites sur ma langue vint se mélanger celle de tout à l'heure, du début de la soirée.
Un long et strident frisson parcourut mon échine. Le vampire était là, juste derrière moi. Je n'osais même pas me retourner. Je vis alors le visage de Nahuel devenir un peu plus pâle que d'habitude – pourtant, il en fallait, pour le rendre pâle, avec sa peau chocolatée !
- « Nessie, l'entendis-je murmurer dans un souffle. Regarde… »
Je me retournai sur le qui-vive. En face de moi, une superbe femme à la crinière rousse, à la peau transcendante et extra-lucide, belle comme tous les vampires et au style urbain nous scrutait avec curiosité. Malgré l'obscurité, je pus nettement percevoir la couleur de ses yeux. Celle qui serait déterminante.
Elle avait les yeux verts. Des lentilles.
- « Elena ! s'exclama Aaron. »
Chanson : Problems – Sex Pistols
