Auteur : Lily. B le retour ! Mouhahah ! Toujours la même depuis le premier chapitre quoi ^^;

Disclaimer : Toujours pas à moi, et pour le moment, ils me font tellement suer que j'en veux pas :p

Genre : Angst. Spiritual, Drama and Sad... Le refrain habituel quoi - POV de Draco.

Pairing : DMHP of course, le HPDM reste à prouver par contre XDDD

Rating : M pour violence physique et morale (enfin ça c'est si j'ai réussi mon coup lol)

Avertissement : Âmes sensibles, prévoyez la boîte de mouchoir ou le paquet de kleenex !

Résumé : Il aurait pu être un Dieu, mais il n'était qu'un homme… Il aurait pu être un Héros, mais il n'était qu'Harry Potter.

Note & Co : Chose promise, chose due ! Je me suis enfin attelée à la correction de ce chapitre et le voici !

Quoi dire, si ce n'est que je ne sais pas où je vais – remarquez, ça sera pas pire que le chapitre II – mais j'y vais, que Draco me semble parfois OOC et complètement pathétique et que, au final, je vous entraine dans mes délires psychédéliques ^^ Accrochez-vous XD

Le chapitre IV roxx par contre – Là j'en connais une qui a une mauvaise influence sur moi (-_- ; ) Du moins, moi j'aime bien ^^ et il vous faudra patienter un peu pour l'avoir ^^

Mais juste histoire que vous digérez bien ce chapitre hein ? (^_-)

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Pour ceux qui auraient suivi/lu Mauvais Pressentiment, ceci est l'hypothétique suite promise XD

Remerciements : À Fallen Angel dont j'ai miraculeusement retrouvé les fichiers bêta-lecter et ses précieux conseils, mon Kiwi sans qui la vie serait triste et terne – Et oui, j'ai posté la suite, je t'avais dit que je le ferai, langue de vipère :p – Yami Aku/Harue Y.A qui a, à elle seule, sauvé cette fiction en me la renvoyant, mais aussi à tout ceux qui me suivent encore !

Si vous êtes toujours là, levez la main ! *plein d'amour pour vous* Et oubliez pas de signer à la fin du chapitre :p

Une dernière petite chose et après promis, je pars m'enterrer dans un coin ^^;

Si quelqu'un est intéressé pour être ma/mon (O.O ?) bêta qu'il me fasse signe ! Je vais en avoir besoin ^^; - Par contre, je préviens que je suis très ch****, exigeante, mal-aimable, tyrannique et toutes autres joyeusetés ^^;

Si je vous fais pas peur, viendez !

Désolée s'il reste des fautes, j'ai fait ce que j'ai pu avec ma pathétique concentration ^^;

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Je dédicace cette fanfiction à mon petit rayon de soleil,
Niphredill

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Bonne Lecture !


Larme Ultime :

Requiem for a dream

Part.3


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« Deux et deux font quatre »

Où suis-je ?

« Quatre et quatre font huit »

Mon corps est, comme écrasé…
Mes doigts, engourdis...
Et mes paupières, alourdies…

« Huit et huit font seize »

J'entends une voix…
Qu'il me semble connaître.
Ou presque…
Elle a quelque chose de différent.

« Répétez dit-le maître »

Mais qu'est-ce qu'elle raconte ?

« Deux et deux, quatre. Quatre et Quatre, huit. Huit et huit, seize... »

J'aimerais ouvrir les yeux…
Mais cela m'est trop pénible.

« Mais voilà l'oiseau-lyre »

J'ai froid…
J'ai si froid.
C'est la seule chose dont
J'ai réellement conscience.

« Qui passe dans le ciel »

Ça…
Et la voix.

« L'enfant le voit »

Elle me paraît si proche et si lointaine…
Fluette…
Comme celle d'un enfant.

« L'enfant l'entend »

Je veux savoir…

« L'enfant l'appelle »

Je veux comprendre…

« Sauve-moi »

J'ouvre brusquement les yeux,
Comme si j'avais été hypnotisé
Et que cette simple phrase
Était la clé de mon réveil.
Deux petits mots,
Ayant un effroyable pouvoir sur moi.

« Joue avec moi »

Alors que je me redresse lentement,
Pour m'asseoir sur un sol invisiblement présent.
J'ai l'impression d'être un pantin,
Et cette voix,
Le marionnettiste.

« Oiseau ! »

Je secoue doucement la tête,
Tentant de remettre de l'ordre dans mes idées.
Je connais cette histoire…
Je l'ai déjà entendue quelque part.

« Alors l'oiseau descend… Et joue avec l'enfant. » (1)

Ces paroles s'échappent, malgré moi, de mes lèvres,
Et je n'en comprends pas le sens.
Je sais juste que c'est ce qui suit
Et ma voix a des intonations que je ne lui connais pas.

L'enfant cesse de s'agiter,
Pour s'approcher de moi.

Tout est noir autour de nous.
Comme si nous flottions dans l'espace.
Pourtant, je ne ressens pas cette sensation de vide sous moi.

Il tend sa petite main
Et de ses doigts,
Redessine le contour de mon visage,
Comme pour se le réapproprier.

Ses yeux d'un vert profond,
Ont cette lueur candide
Qu'ont tous les enfants.

Cette étincelle d'innocence et de pureté,
Que j'ai vu disparaître progressivement
De son regard.

Je le vois pencher la tête sur le côté,
Et froncer doucement les sourcils,
Visiblement contrarié par quelque chose.

« Qui es-tu toi ? » finit-il par me demander.

Je détourne la tête et soupire.
J'aimerais lui dire,
Mais cela n'a aucun sens.
Draco Malfoy n'est pas
Sans Harry Potter.

La vérité c'est que j'ai cette impression
De n'être que la moitié de moi-même.
Une ombre…
Un reflet…

« Un fantôme...»

Oui c'est exactement ce que je suis.
Un esprit qui erre à la recherche
De son âme sœur.

Il rit.

« Les fantômes n'existent pas » affirme-t-il avec sérieux.

S'il savait.

« Quel est ton nom ? »

Je ne réponds pas
Alors il insiste

« Quel est ton nom ? »

« Draco » concédè-je, vaincu.

Ses yeux semblent s'éclairer et je le vois disparaître progressivement.
C'est à ce moment que je remarque,
Combien cette chevelure hirsute,
Ces prunelles émeraudes,
Ces mimiques et ces sourires
M'étaient familiers.

Je parlais à Harry.

L'obscurité, à nouveau m'enveloppe.
C'est étrange.
Cette sensation d'être à la fois partout et nulle part,
Comme prisonnier de l'espace temps.
Enfermé dans une sorte de cube noir,
Dont on ne voit pas les murs,
Mais dont on ressent pleinement leur présence oppressante.

Étrange aussi, comme tout est à la fois
Sombre et éclairé.
Avant que je ne me rende compte
Que cette lumière diffuse,
Émane de moi.

Je laisse échapper un petit rire.
Je n'ai jamais été lumineux.
J'ignore même le sens de ce mot,
Enfin presque.
Ma seule lumière ne porte qu'un seul nom,
Gravé dans mon cœur.
Harry.

« Va t-en ! Je ne veux pas de toi ici ! »

Je sursaute.
Et regarde autour de moi,
Cherchant l'origine de cette voix venue d'ailleurs,
Mais je ne vois rien.
Invisible,
Insondable,
Elle a surgi de nulle part
Et se répercute dans tout cet étrange univers.

« Ce monde n'est pas pour toi… Ce monde n'est pas le tien ! »

« Harry ? C'est toi ? »

« Ne m'oblige pas à te faire du mal… Draco. »

Non ce n'est pas possible, je rêve.
Cette voix froide et impersonnelle
Ne peut pas être celle de Harry,
De mon Harry ?

Je me relève brusquement,
Et me mets à chercher frénétiquement,
Une porte, une fenêtre,
Une sortie, une issue,
Quelque chose,
N'importe quoi,
Qui pourrait me permettre
De l'apercevoir,
Ou mieux
De le rejoindre.

« Harry ! Où es-tu ? Je ne te vois pas ! »

Désemparé, je finis par me laisser choir
Contre l'une des parois.
Même si je ne la vois pas,
Je la sens contre mon dos.

« Harry… »

Ma voix se brise…
Je voudrais tant qu'il soit là,
Avec moi.
Et pas, je ne sais où,
En train de jouer au chat et à la souris avec moi…
Il me manque tellement.

« Draco… Sil te plaît… »

Son ton est plus doux.
Il soupire.

Je prends ma tête entre mes mains,
Me retenant tant bien que mal de ne pas craquer.
Il est si près de moi et pourtant si loin…
J'ai mal de ne pas pouvoir l'atteindre
Autrement que par ma voix.

« Mais je ne sais même pas où je suis ! »

Avez-vous déjà ressenti,
Cette impression
D'avoir à portée de main
Votre vœu le plus cher,
Et de ne pas pouvoir le toucher…
C'est à peine si vous l'effleurez du bout des doigts.

Non ?
Alors vous ne pouvez pas comprendre.
Car c'est ce que je ressens,
Mais en pire.
Mille fois pire.

« Tu es chez moi Draco... Dans une partie de mon esprit que j'aurais voulu que tu ne découvres jamais ! Tu n'aurais pas dû venir. »

Je suis dans son esprit ?
Mais alors ?
Tous les paysages macabres…
Désolés…
Sans vie…
Sans âmes…

Tout ce rouge
Et toute cette cendre…
Toute cette noirceur…
Toute cette douleur…

Toute cette rage,
Toute cette haine,
Toute cette solitude…

Représentaient…
Son âme ?

Je sens mon cœur se comprimer dans ma poitrine,
En repensant à la seule touche de couleur
Que j'ai moi-même anéanti.
J'ai l'impression d'être le poison qui le ronge,
D'être l'ombre de la mort,
Si ce n'est la mort elle-même
Qui l'emprisonne de son amour.
Qui l'étouffe et l'entrave.
Qui le tue, tout simplement.

Et j'ai mal.

Je renverse ma tête,
Qui vient heurter doucement le mur
Et tente une nouvelle fois
De retenir mes pleurs.

J'ai mal
J'ai si mal…

Comment ai-je pu me fourvoyer à ce point ?

Je pensais que mes sentiments
Lui feraient oublier,
À défaut de complètement disparaître,
La vie cauchemardesque
Qui l'habitait…

Que la noirceur de son âme,
Reprendrait doucement vie,
En lui redonnant des couleurs.

Je ne suis pas quelqu'un de lumineux,
Et contrairement à ce que pense certain,
Je ne ressemble en rien à un ange.
Je ne crois pas en ces êtres de lumière.

Je ne crois qu'en Harry.
Je ne crois qu'en lui.
Parce qu'il est le seul
À avoir su…
À avoir voulu…
Briser les chaînes de mon Enfer personnel.

Et je souffre de ne pas avoir réussi
À en faire autant.
J'y croyais pourtant.
J'y croyais si fort.

Lui avoir donné
Suffisamment de pouvoir…
Suffisamment d'espoir…
Suffisamment de moi…
Pour lui donner envie de vivre.

Pardonne-moi Harry,
Pardonne-moi d'avoir été si égoïste.
Si…
Aveugle ?

Je suis désolé.

Je pensais pourtant
Avoir réussi à
T'insuffler ce souffle
De vie perdue.

Une à une
Je les sens,
Ces larmes longtemps contenues
Gouttant le long de mon visage.

Par leur âpreté,
Elles brûlent ma peau.

Je ne voulais pas pleurer.
Mais je n'ai jamais été quelqu'un de fort.
Et la douleur que je ressens
Est trop insupportable pour que
Je ne veuille m'en libérer.

Que t'ai-je donc apporté ?
Si ce n'est la mort ?
Encore et encore

« Je constate que tu commences à comprendre »

De nouveau cette voix froide et cruelle.
Elle s'enfonce en moi,
Comme autant d'aiguilles de verres…
Dardant mon cœur de son souffle glacé.

« Qu'est-ce que tu croyais trouver en t'aventurant ici ? Des éclats de rire ? Crois-moi j'aurais préféré. Entendre ce son… Rien qu'une fois se répercuter au plus profond de moi, chassant au loin mes larmes et mes fantômes ! »

« Harry… » croassè-je.

« Je t'ai menti Dray… À chaque seconde, chaque, minute, chaque heure de notre existence. »

Qu'il se taise !
Par pitié.
Faîtes le taire.
Cela ne peut-être la vérité, n'est-ce pas ?

Mes paupières sont lourdes de chagrins,
Ma gorge est nouée par les sanglots,
Je suis si fatigué
Ne pourrait-on pas seulement rentrer ?

« Tais-toi »

Ma voix est si faible que je ne la reconnais pas.
Tout comme la sienne.
Il ne peut pas être si cruel.

« Si tu as été assez fou pour me faire confiance… Ça n'a jamais été mon cas… Tu n'as jamais possédé la clé de mon cœur… Je n'ai fait que te le faire croire. » continue t-il

Ses mots me touchent,
Me blessent,
Me poignardent,
Comme autant de petites morsures empoisonnées.
Pourtant, je ne peux le laisser continuer
Ce petit jeu malsain auquel il s'adonne.

« Les masques sont lourds à porter Harry… Toi plus que quiconque devrait le savoir… Alors, je ne crois pas ce que tu dis. »

Je vois notre scolarité,
Toutes ces années de haine et de rivalité,
Comme une vulgaire pièce de théâtre sans intérêt.

Sur scène se jouait,
Comme en plein jour,
La comédie de notre combat.
Serpentard VS Gryffondor
Encore et toujours,
À chaque heure de la journée.

Nous étions les principaux antagonistes,
Qui, quand le rideau de nos actes tombait
Le soir venu,
Nous jetions dans les bras l'un de l'autre,
Brisant nos masques,
Pour redevenir nous-même,
Et se fondre en caresses légères.

« Pourquoi refuses-tu d'ouvrir les yeux ? Est-ce si difficile pour toi de comprendre ? Que tout ce temps je n'ai fait que semblant… Dans le seul et unique but de me servir de toi… »

Toute cette mascarade
Commence sérieusement à m'énerver.
Lentement, je sens le venin de la colère s'insinuer en moi.
Mes poings se crispent,
Mon cœur, oppressé par ses paroles,
Se fait soudainement plus dur.
Mon souffle se fait moins saccadé,
Il est calme.
Trop calme.
Comme annonciateur d'une violente tempête.

« Tais-toi » répétè-je les dents serrées.

Le poids de la tristesse
Qui étreignait mon être
Quelque instant plus tôt,
Se tarit en même temps que mes larmes.

J'aime cette sensation de puissance
Qui coule en moi…
C'est si bon,
Ce délicat parfum de haine
Transcendant mon corps
Par ce sentiment oublié.

Je me sens comme libéré d'un fardeau
Dont je n'avais pas conscience.
Privé de mes chaînes,
Je vais renaître.

Dans la noirceur de ce monde qui nous entoure,
J'ouvre brusquement les yeux,
Que je sais briller
D'une lueur meurtrière
Alors qu'un sourire machiavélique
Fleurit sur mon visage.

Tu me cherchais Potter…
Tu m'as trouvé.

« Parce que la Vérité Dray… C'est que je ne t'aime pas… Et que toi non plus, tu ne m'as jamais aimé… »

D'un bond, je me relève.
S'il y a bien une seule CHOSE que je ne lui permets pas,
C'est de remettre en cause les sentiments que j'ai pour lui.
Je lui interdis de faire ça !
Il n'a pas le droit de le faire !

« Mais Nom de Dieu, tu vas te la fermer ! » hurlè-je

L'écho de mes paroles se répercute un moment,
Avant de s'éteindre
Et de laisser place au silence.

« Harry ? » appelè-je

Mais il semble avoir disparu.
Seule l'obscurité paraît
Réfléchir la sonorité de ma voix.

C'est comme si j'avais rêvé,
Ce moment.

Je vais,
Je viens,
Je tourne en rond,
Tandis qu'il se terre
Dans un mutisme profond.

Mon Dieu que je hais quand il fait ça.
J'exècre plus que tout au monde,
Sa lâcheté étouffante.
Lui le fier Gryffondor,
Et parfois aussi lâche qu'un Serpentard.
Dérisoire n'est-ce pas ?

Dans un geste d'impatience,
Je stoppe tout mouvement,
Et passe impétueusement
Mes doigts dans mes cheveux.

« Harry ! Reviens espèce de lâche ! Montre-toi ! »

Toujours rien.
Je soupire.
Il faut que je me calme.
Je ne dois pas me laisser
Dominer par la colère
Et être aveuglé par la Haine.

Même si j'en ai grandement envie.

Mes poings se crispent
Et se décrispent,
Sous l'effet de ma rage
Sous-jacente.

Je suis sûr que c'est ce qu'il veut.
Que je perde le contrôle de moi-même.
Que je me laisse submerger par mes sentiments
Comme au temps de Poudlard.

Hargneusement,
Je laisse mon poing
S'abattre contre le mur
Que je sais proche.

La douleur que je ressens alors,
Est superficielle.
Mon âme saigne bien plus.
Mais au moins,
Elle a le mérite de calmer quelque peu mes ardeurs.

Quelqu'un pourrait-il me dire
Comment je suis tombé amoureux d'un tel hypocrite ?

« Pourquoi ? »

Cette voix…
Je me retourne brusquement,
Et me retrouve nez à nez
Avec une 'autre' illusion de lui.

Mais ce n'est pas
Ce à quoi je m'attendais.
Devant moi se tient,
Le Harry Potter de ma première année.

Sa carrure est plus chétive,
Ses yeux plus expressifs,
Plus pénétrants,
Plus profonds,
Et ceux sont eux
Qui me parlent.

« Pourquoi ? » répète-t-il de sa voix fluette.

« Pourquoi quoi ? » demandè-je agacé.

Je n'ai pas eu le temps
D'oublier,
De pardonner
Ses paroles blessantes.
Alors malgré moi,
Je m'en prends à lui,
Responsable implicite
De ma souffrance.

Ses prunelles envoûtantes
Se troublent sous mon ton glacial,
Mais ne se détournent pas.
Au contraire elles se font
Plus déterminées,
Même si je remarque
Au travers de ce rideau d'âme,
Les larmes qu'il retient de verser.

« Pourquoi ? » reprend-il avec des sanglots dans la voix « Pourquoi est-ce que tu es si méchant avec Lui ? Pourquoi est-ce que tu Le fais souffrir ? Pourquoi est-ce que tu Le détestes ? Pourquoi n'es-tu pas devenu son ami ? Pourquoi ne t'es-tu pas battu pour moi ? Pourquoi ? Pourquoi ? »

Il tremble maintenant,
Et de ses yeux
Coulent ces perles d'eau
Qu'il refusait de montrer.
Pourtant,
Il ne fléchit pas.

Et moi,
Je ne peux rester de marbre,
Devant tant de chagrin.
Je voudrais m'excuser,
M'approcher,
Le prendre dans mes bras
Pour le consoler.
Mais je ne sais pourquoi,
Je ne peux bouger.

« Il dit que t'es un menteur, un tricheur, un égoïste, un être insensible… Que tu n'as pas de cœur… »

Autant de mots,
Autant de pensées mensongères,
Qui me lacèrent le coeur.
Pourquoi croit-il ça ?
Pourquoi le pense-t-il ?

« Alors pourquoi ? » hoquete-t-il « Dis-moi pourquoi, moi, je ne Le crois pas… »

Pourquoi ai-je soudainement,
Les yeux qui piquent.
Pourquoi ai-je soudainement
L'impression d'étouffer
Et de souffrir pour deux ?

Je m'approche doucement
De lui,
Alors qu'il lève vers moi,
Son visage mouillé de pleurs.

Lentement,
Je me mets à genoux,
Mon regard ancré dans le sien,
Et avec la tendresse d'un homme
Ne voulant pas effrayer
Un animal blessé,
Je l'enlace.
Je le sers contre moi
Et niche mon nez
Dans le creux de son cou.

Ses paroles
M'ont ébranlées
Et je ne sais comment exprimer
Ce que je ressens,
Autrement qu'en le serrant dans mes bras.

Peu-à-peu,
Il se détend,
Et me rend mon étreinte.
Il passe une main rassurante
Dans mon dos,
Comme s'il essayait de me réconforter.
De me pardonner.

Je crois que je pleure.
Mais je n'en suis pas sûr.
La seule chose que je sais
Avec exactitude,
C'est que Harry
Met mes nerfs à rude épreuve.
Je suis à fleur de peau,
Et c'est sûrement dû
À ma trop grande fatigue.
La prochaine fois,
J'écouterai Hermione.

« Merci » Murmurè-je « Merci de croire en moi »

À travers ses larmes,
Je le sens sourire.
Puis il émet une douce chaleur,
Une lueur diffuse,
Qui réchauffe mon âme,
Et disparaît
En une myriade
De petites lumières incandescentes
Tandis que mes bras
Se resserrent autour de mon corps,
Et que je savoure
Les derniers morceaux de son âme.

Des bruits de pas
Résonnent dans cette immensité ténébreuse,
Mais je n'y prête pas attention.
Je ne veux pas qu'on me vole,
Cet ultime instant.

« Tssk… Tu es pathétique mon pauvre Malfoy… »

Je vacille un instant,
Ce ton plein de haine,
Je l'avais presque oublié…

C'est une chose que de la ressentir,
L'espace d'un instant.

C'en est une autre que de l'entendre de la bouche de la personne que vous aimez…
Peut-être l'indifférence aurait-elle était préférable ?

Je la reconnaîtrai
Entre mille,
Rien qu'à l'inflexibilité de sa voix.

Lentement,
Je me relève
Et me retourne,
Pour toiser de mon regard glacial,
Ses yeux de braises.

J'en étais sûr.
Il n'y a qu'une seule personne
Pour cracher avec autant de dégoût mon nom.

Harry Potter,
Dans toute sa splendeur,
Tel que je l'ai connu à treize ans.

« Je n'ai pas de temps à perdre avec toi… Potter. » crachè-je avec tout le mépris dont je me sentais capable.

Cela sonne extrêmement faux
Au sortir de ma bouche.
Il le sait,
Et ses lèvres s'incurvent en un sourire machiavélique.

« C'est tout ce dont tu es capable ? Je t'ai connu en meilleur forme… »

Il me provoque délibérément,
Mais je n'ai pas envie de jouer
À son petit jeu macabre.
Je lui jette alors un regard noir,
Puis m'éloigne,
Dans l'ignorance la plus totale.

Mes yeux scrutent les ténèbres,
Comme si elles étaient la chose
La plus merveilleuse que j'ai jamais vu…
Pourtant…
Cette obscurité,
Je ne la connais que trop.

Ma main sur mon cœur,
Se crispe.
J'ai soudainement l'impression d'étouffer…
De manquer d'air.

Je tombe à genoux,
Mes mains encerclant mon cou,
Ma respiration est sifflante,
Mon souffle saccadé…

Par Merlin, qu'est-ce qui m'arrive ?

« Bordel Harry… qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu cherches ? » demandè-je entre deux souffles.

« Je te l'ai déjà dit… Je veux que tu disparaisses… »

Mes yeux se ferment lentement,
Il ne peut pas me faire ça…
Il ne peut pas vouloir ça…

Je tente désespérément
De calmer le rythme effréné de mon cœur.
Il ne faut pas que je cède à la panique.
Chaque bouffée d'air est vitale,
Même si au fond de moi,
J'ai mal,
Et que je prie
Pour que tout s'arrête bientôt.

« Arrête ça ! »

Cela me semble lointain,
Pourtant ce cri est si proche.
Je ne sais comment je trouve la force
De tourner brusquement la tête dans sa direction.
Ce que je vois,
Finit de me couper le souffle.

À quelques mètres de moi,
Harry est là,
Tête baissée,
Poings serrés,
Visiblement en colère contre lui-même.

J'en aurais presque envie de rire,
Tant la situation me semble dérisoire.
Je n'aurais jamais cru que cet Harry
Prendrait ma défense…

Pourquoi le fait-il d'ailleurs ?
Cela n'a aucun sens ?
À moins que cela ne soit son côté gryffondorien,
Qui m'écœure.

Je suis soudainement,
Pris d'une violente crise de toux.
Et je cherche désespérément un peu d'air
Pour ne pas suffoquer.

Un goût âpre et métallique,
Envahit peu à peu ma bouche
Tandis que mes yeux s'écarquillent d'horreur,
Devant cette constatation.
Je crache du sang.

Ma tête tourne,
Ma vision se brouille,
Alors que je me sens
Irrésistiblement attiré par le sol.

« ARRÊTE ÇA ! »

Un cri d'outre-tombe…
Et je n'entends plus rien.

À suivre...


Note :

(1) Extrait du poême Page d'Ecriture de Jacques Prévert


Voilà, fin de la troisième partie ^^

J'espère qu'elle vous aura plus et que vous ne m'en voulais pas trop pour cette attente (_) Sachez que les autres chapitres sont en cours de corrections et que le chapitre IV sera posté dans une quinzaine de jours \o/

Et qu'il est plus long double \o/

Et non inutile d'aller voir sur mes Archives, j'y posterai pas la suite en avant-première mouhahaha !

Oui vous pouvez me lancer des cailloux, je les mérite amplement (-_- ; )

Et une review pour me déclarer votre amour ? *chibi eyes*

Reviewer anonymes, n'oubliez pas de me laisser votre adresse mail pour que je puisse y répondre !

Gros bisous à tous :D