Auteur : Lily. B le retour ! Mouhahah ! Toujours la même depuis le premier chapitre quoi ^^;

Disclaimer : Toujours pas à moi, et pour le moment, ils me font tellement suer que j'en veux pas :p

Genre : Angst. Spiritual, Drama and Sad... Le refrain habituel quoi - POV de Draco.

Pairing : DMHP of course, le HPDM reste à prouver par contre XDDD

Rating : M pour violence physique et morale (enfin ça c'est si j'ai réussi mon coup lol)

Avertissement : Âmes sensibles, prévoyez la boîte de mouchoir ou le paquet de kleenex !

Résumé : Il aurait pu être un Dieu, mais il n'était qu'un homme… Il aurait pu être un Héros, mais il n'était qu'Harry Potter.

Note & Co : Bouh ! Je crois que j'ai perdu tout le monde en cours de route ! Je suppose que c'est le prix à payer d'avoir été si longtemps absente (T.T)
Merci à tous ceux qui prennent le temps de me laisser un petit mot, ajouter mes histoires en favori, ou autres preuves d'amour, ça me fait vraiment du bien *hug*

Désolée s'il reste des petites fautes – ou même des énormes qui vous brûlerez les yeux – mais je suis malade (T.T) Un/une bêta serait le/la bienvenue ^^

x

Pour ceux qui auraient suivi/lu Mauvais Pressentiment, ceci est l'hypothétique suite promise XD

x

Remerciements : À Fallen Angel dont j'ai miraculeusement retrouvé les fichiers bêta-lecter et ses précieux conseils, mon Kiwi sans qui la vie serait triste et terne – Et oui, j'ai posté la suite, je t'avais dit que je le ferai, langue de vipère :p – Yami Aku/Harue Y.A qui a, à elle seule, sauvé cette fiction en me la renvoyant, mais aussi à tout ceux qui me suivent encore !

x

Je dédicace cette fanfiction à mon petit rayon de soleil,
Niphredill

x

BONNE LECTURE !


Larme Ultime :
Requiem for a dream

Part.4


o

o

o

Douce…
Quelle est douce et légère,
Cette caresse sur ma peau…
Quelle est douce et fraîche,
Cette main sur ma joue.

« Dray… Dray, réveille-toi, il est l'heure. »

J'ouvre paresseusement les yeux.
J'étais si bien dans ce cocon de chaleur,
Dans cette tendre torpeur.

Deux prunelles absinthes
Me fixent alors avec inquiétude.

« Harry ? » murmurè-je faiblement.

Je sais.
J'ai l'air pathétique
À ne savoir que prononcer son nom,
À ne vivre que pour lui…
L'autre m'en a déjà fait la remarque,
Plus que pertinente,
Je vous l'accorde.
D'ailleurs, où est-ce
Qu'il a disparu ?

« Enfin, c'est pas trop tôt ! » s'exclame-t-il, en se redressant vivement.

L'inquiétude qui subsistait
Sur son visage,
A vite fait de disparaître,
Et est sitôt remplacé
Par un masque de froideur.

Je me rends alors
Brusquement compte,
Que je suis en vie
Et je me redresse vivement
Pour prendre,
Par réflexe,
Une grande inspiration.

Je tourne ensuite mon visage,
Là où j'ai aperçu 'Harry'
Pour la dernière fois,
En espérant trouver,
Celui que je cherche,

Mais je déchante très vite.
Face à moi,
Se trouve le Harry de nos quinze ans,
Baguette en main.

« Lève-toi » m'ordonne t-il sèchement.

Que Merlin me vienne en aide,
Je sens que je vais commettre un meurtre !

« Qu'est-ce que tu comptes faire avec ta baguette » crachè-je avec hargne.

« Lève-toi » répète-t-il sur le même ton.

Je lui obéis,
Tout le toisant,
D'un regard noir.

Il esquisse un sourire
Provocateur,
Ses doigts,
Courant négligemment,
Le long de sa source de pouvoir.

Je sais que ce n'est qu'un leurre.
La puissance de Harry est telle,
Qu'il n'a pas besoin
De ce vulgaire bout de bois,
Pour commander à la magie.

Malgré moi,
Je frissonne
Imperceptiblement.
Et je ne peux que craindre le pire.

J'ai comme un mauvais pressentiment.

Celui-ci s'en retrouve
D'autant plus renforcé,
Lorsqu'il me lance
Cette baguette hérétique
Que je rattrape aisément
Alors que dans un murmure silencieux,
En apparait une autre.

Machinalement,
Je teste la mienne.
Des étincelles émeraudes,
Pigmentées de filaments argentés,
Jaillissent alors,
Et je ne peux que sourire,
En voyant qu'elle s'accorde
Parfaitement à ma Magie.

Mais je n'ai pas de temps à lui accorder.
Il faut que je retrouve
Mon Harry.
Et que je lui fasse payer,
Ce qu'il ose me faire subir
Au nom de je ne sais
Quelle absurdité.

Ces Gryffons...
Tout dans le sang,
Rien dans la tête.
Et le mien
Ne fait pas exception
À la règle.

D'un pas vif,
Je me dirige,
Vers celui qui sera plus tard,
Mon amant,
Dans le but
De mettre fin
À toute cette mascarade.

« Laisse-moi passer » exigè-je

Ses prunelles luisent
Dangereusement,
Et un plaisir malsain
Prend soudainement possession de mon corps.
J'ai toujours aimé les voir
Briller ainsi.

« Et pourquoi donc ? » questionne-t-il nonchalamment, en se regardant les ongles.

Loin de moi
L'envie de le frapper,
Mais ma patience a des limites,
Et ce petit con a suffisamment joué avec.

« Je cherche Harry »

« Harry ? »

Oui.
Toi, Harry.
Moi, chercher toi !
Arrêtez-moi, je deviens fou !

« Je sais qu'il est ici »

Il éclate d'un rire froid et cruel,
Comme je l'imaginais très bien le faire avant…

Avant…

Quand nos vies,
N'étaient que rivalités éternelles,
Et combats perpétuels.
Entre nous…
Contre nous…
Appréhension,
Compréhension,
Acceptation.

Cela me semble si loin, maintenant.
Je ferme les yeux,
Et me laisse bercer par tous ses souvenirs.

Je sens son regard
Sur moi,
Mais je n'ai que faire,
De ce qu'il pense.

« Tu tiens tant que ça à le revoir ? » me demande t-il après plusieurs minutes de silence.

Mes paupières s'ouvrent rapidement,
Et je le toise avec mépris.
A-t-il vraiment envie de mourir
Dans d'atroces souffrances ?

« Oui » répondè-je, excédé.

« Dans ce cas, il faudra te battre… »

Il recule de quelques pas,
Et se met en position de combat.
J'émets un sifflement agacé.

« Je ne lèverai pas ma baguette sur toi… »

« Pourtant ça ne te dérangeais pas plus que ça a l'époque. »

Il me nargue effrontément,
Mais je me refuse
À répondre à sa provocation.

À l'époque nous nous haïssions,
Nous nous cherchions,
Nous nous découvrions,
Mais cette ère
Est définitivement révolu.

J'ai tourné la page,
Et je ne compte pas y revenir.
Je n'ai que faire
De vieilles querelles infantiles.

Devant mon manque de réaction,
Il insiste de plus belle,
Son sourire se faisant
De plus en plus malfaisant.

« Tant pis pour toi… »

Une ultime menace,
Un dernier avertissement,
Et aussitôt,
Un éclair rougeoyant
Jaillit de sa baguette
Pour me frapper de plein fouet.

Je me retrouve aussitôt éjecté,
Contre la paroi ténébreuse la plus proche,
Mon dos heurtant violemment le mur glacial,
Avant que je ne m'écroule sourdement au sol.
Je ne peux que serrer les dents,
Pour ne pas crier de douleur.

À bout de force,
Je tente de prendre appui sur mes bras,
Mais je n'ai ni l'envie,
Ni le courage
De me relever.

Pas pour lui faire face,
Pas pour lui faire mal...

Mes yeux fixent
Le moindre de ses mouvements,
Suivant le rythme de ses pas,
En une lente cadence.

Avec suffisance,
Il ramasse ma baguette déchue,
Qui n'aura pas eu l'outrage
D'être utilisée,
Et la cajole avec dévotion,
Un sourire méprisant aux lèvres.

Je la vois disparaître
Aussi soudainement
Que sa jumelle est apparue,
Avant qu'il ne se dirige
Vers moi,
Fier et conquérant
Dans une démarche impérieuse (1)

Sa main glisse
Dans mes cheveux
Avec une lenteur exacerbante,
Câline et menaçante.
Ses doigts assassins,
S'entremêlant
À mes mèches opalines,
En une douce torture.

Ils les referment subitement.
Emprisonnant dans sa paume,
Cette part de moi-même,
Comme il capturerait le Vif d'Or
Resserrant brutalement son emprise.

Sa bouche s'approche de mon oreille
Et son souffle chaud
Me fait doucement frissonner
Tandis qu'il me susurre d'une voix dangereuse.

« Tu vas mourir Draco…D'une mort lente et douloureuse, comme tu m'as tué moi. Je prendrai ta vie en échange de mon âme. »

Je ne sais pourquoi,
Un sourire arrogant
Fleurit sur mes lèvres.
Peut-être est-ce dû à cette importance qu'il se donne ?
Ou à cette apparente insolence qu'il imite à merveille ?

Je ne sais pas…
Toujours est-il que je sens,
Naître au plus profond de moi,
Ce désir oublié,
De le défier…
Encore et encore.

« Combien on parie que tu seras incapable de le faire ? rétorquè-je de ma voix traînante. Me blesser, me torturer oui… Me tuer… Même si l'envie s'en faisait ressentir, tu retiendrais toujours ton geste…. Parce que… Tu n'es pas un assassin… Harry… »

Il se relève brusquement,
Tremblant de rage.
Ce n'est pas vraiment la réaction
Que j'attendais.
Se pourrait-il qu'un détail
M'est échappé ?

« Qu'est-ce que tu en sais ? QU'EST-CE QUE TU EN SAIS ? ! » s'écrie t-il

Je n'ai pas le temps
D'approfondir la question,
Qu'une douleur lancinante fuse de toute part.
Comme si des milliers de lames acérées
Venaient de lacérer ma chair,
Sans aucuns remords,
Telles des morsures empoisonnées,
Taillées dans la glace,
Envoyées pour échauffer ma peau
À l'encre rouge.

Le sang ruisselle
Le long de mon corps
De mes plaies entrouvertes
Et le visage de mon agresseur
Se fend en un large sourire satisfait
À la manière d'un peintre
Enchanté par le tableau qu'il vient de réaliser.

Malgré cela,
Je ne sais où je trouve
Le courage de me redresser
Et d'affronter une nouvelle fois,
Son regard meurtrier.

La douleur me ronge,
Mais je reste de marbre.
Car elle n'est rien
Face à celle, que je devine
Dans ses prunelles aiguisées
Et qui me désarme.

Son sourire perd soudainement de son éclat
Et ses traits se figent
Dans une prison de peine.
Ses prunelles brillent
Tels deux joyaux incandescents,
Tandis que je suis
Hypnotisé,
Le sillon que creusent ses larmes,
Sur le velouté de ses joues.

« Draco » souffle-t-il

Il tend vers moi,
Une main tremblante.
Avec la même hésitation,
Que tout homme aurait
Face à un mirage,
Incertain de ma présence.

Je lis dans ses yeux
L'espoir vain
Que je la saisisse,
Que je lui pardonne ce mal
Qu'il me fait
Et qui le dévore.

« Ne t'inquiètes pas Harry, murmurè-je doucement, je souffrirai pour deux si cela peut te permettre d'exorciser un tout petit peu cette douleur qui te hante.»

Ses émeraudes se voilent un instant,
Devant la détermination
De mon regard argenté.

« Je suis désolé Draco, sanglote-t-il, tellement désolé… Mais je suis le seul qui puisse faire ça. Le seul. Tu comprends ? »

Je cligne doucement des yeux
Pour lui signifier
Que oui, je comprends.

Je comprends
Ce sentiment de haine troublé
Qui tel un brasier,
Brûle nos entrailles.

Je comprends
Ce sentiment de trahison,
D'un amour naissant déjà bafoué
Qui réchauffe nos cœurs
Ravivant notre âme,
D'un souffle nouveau.

Je comprends,
Ce sentiment de colère
Envers moi
Qui t'oblige
À te comporter de la sorte.

Mais aussi,
Contre toi-même,
Pour ne pas arriver
À canaliser tes émotions…
À ne pas savoir lui dire non,
Parce qu'il est toi malgré tout.

« Pourquoi toute cette souffrance Harry, soupirè-je en renversant doucement la tête. Pourquoi te fais-tu autant de mal ? Je ne comprends pas. Qu'essayes-tu de me prouver ? De me dire ? »

Cependant celui
À qui je m'adresse
Reste désespérément silencieux,
Tel le lâche que je lui connais,
Tandis que sa réplique exacte,
Lève de nouveau sa baguette vers moi,
Dans un geste vacillant.

Et cette fois,

C'est un rayon d'un magnifique bleu électrique
Qui me touche en pleine poitrine
Alors que de ses lèvres désabusées
S'échappe un 'pardonne-moi' douloureux.

Je sens ces ondes magnétiques
Se répandre,
Se répercuter dans tout mon cœur,
Et je referme instinctivement,
Mes bras autour de mon corps,
Dans une vaine tentative
D'endiguer les convulsions,
Qui assaillent mon être.

Mes jambes cèdent sous le poids de la douleur,
Et l'assaut de mes tremblements.
Je tombe à genoux,
Priant,
Suppliant
Je ne sais quels Dieux inexistants
Pour que tout cela cesse.

J'aimerais me réveiller,
Sortir de ce rêve,
Qui je le sais,
N'est qu'un cauchemar éveillé.

J'imagine
Plus que je ne vois,
Ces filaments bleutés
Traverser mon corps,
Le conquérir,
Telle une aiguille chauffée à blanc
En quête de morceau de moi-même
À rassembler.

Ça paraitrait presque
Aussi insupportable
Qu'un Doloris.

Et pour la première fois de ma vie,
Je remercie mon cher géniteur
D'avoir fait ma pitoyable éducation
À coup de sortilèges impardonnables.

Je mords violemment ma lèvre inférieure
Pour m'empêcher de crier,
Et lève des yeux implorants
Vers mon assaillant.

Harry,
Les bras le long du corps
Détourne son visage rougi par les larmes,
Devant l'intensité de mon regard déchirant.

Un soupir opprimé
S'échappe de sa bouche,
Comme un dernier souffle de vie,
Et je le vois disparaître
En même temps que cette souffrance intolérable,
Une étincelle de douleur subsistant encore
Au fond de ses prunelles d'absinthes.

Malgré moi,
Je pousse un petit gémissement de bien-être.
La paix.
Enfin.

Je ferme les yeux un instant,
Oubliant les tiraillement désagréables
De mes blessures occasionnées,
Puis me laisse choir contre le mur.

Le silence environnant me berce,
M'enveloppant lentement d'une douce torpeur.
Aussi incroyable que ça puisse être,
Je me sens bien.

J'ai l'étrange sentiment
Que plus rien ne pourra m'atteindre,
Que plus rien ne pourra me toucher.
Je me sens comme en sécurité,
Dans cet atmosphère angoissante.

Peut-être parce qu'au fond de moi-même,
J'ai l'impression de me trouver en face d'un miroir,
Un sombre reflet de mon âme.
Ce côté obscur
Que j'ai parfois, tant de mal à cacher.

Toute cette souffrance,
Cette solitude,
Cette angoisse,
Cette peur,
Cette haine,
Cet amour,
Ce désespoir…

Qui m'aspirent,
Me hantent,
Et me dévorent.
Qui me rongent
Comme le plus puissant des acides.

Alors n'est-ce pas normal,
Que la noirceur de ce monde,
Me rassure ?
Quand, tout en moi
N'est plus que ténèbres
Et désolation ?

Somnolant,
Je repense à cette lumière,
Qui habitait autrefois mon être,
Et tempérait mon âme.

J'oublie tout
Ce qui n'est pas moi et Harry.
Et je me souviens de ce nous,
Qui n'existe déjà plus.

La douceur de sa voix,
Aux intonations suaves parfois.
La chaleur de ses sourires,
Qui emplissait mon cœur de joie.
Les plis de son nez,
Lorsqu'il esquissait des moues dégoûtées.
La passion qui éclairait ses yeux d'un vert intense,
M'attirant de par leur profondeur.
La zébrure de sa cicatrice,
Que je caressais avec dévotion,
Lorsque je le tenais contre-moi.

Quoique les gens en disent,
Quoique les gens en pensent,
J'aimais et j'aime profondément Harry,
Et il me manque cruellement.

Son visage aux traits angélique,
Cachant à merveille son apparence démoniaque.
Son corps à la peau aussi douce que du velours,
Et parfois aussi brûlant qu'un feu ardent,
Ses gestes m'électrisant à chaque mouvement
Ample ou limité,
Mais toujours avec cette sensualité
Exarcebante d'inconscience.

La dualité de son être,
Revers d'une même médaille,
Aux côtés tranchants.
Tantôt la haine,
Tantôt l'amour,
Qualités entremêlées de défauts,
Me blessant de temps à autre
Par leur complexité paradoxale.

Je revis nos ébats,
Et nos sentiments au quotidien,
De nos disputes houleuses,
À nos étreintes passionnées.

Et j'imagine nos jours futurs,
Emplis de ces mêmes gestes,
De ces mots murmurés.

Je pense à nous
Si fortement,
Que j'ai la fugace impression
De sentir sa présence à mes côtés,
Ses doigts cherchant les miens,
Pour les entrelacer.

Son regard sur moi
A la même douceur que je lui connais,
Tandis que de son autre main,
Il dégage tendrement,
Quelques mèches
Que j'ai de collé sur mon front.

J'aimerais tellement
Que tout cela soit vrai.
Qu'il soit réellement là,
Sa main dans la mienne
Me réconfortant,
Me rassurant,
M'affirmant qu'il n'est pas
Une simple illusion.

Et j'ai peur d'ouvrir les yeux,
Pour découvrir
Que ce n'était
Qu'en réalité…
Un rêve.
Dans autre rêve.

Lentement,
J'entrouvre mes paupières.
Tout ce noir qui m'entoure
Et qui m'agresse,
Pourrait presque me faire croire
Que je suis devenu aveugle.

La douce chaleur,
Que je ressentais auparavant
Est toujours là
Et je ne veux pas savoir,
Si je rêve encore,
Ou si tout ceci
Est bien réel.

Pourtant,
Bien malgré moi,
Mon regard se pose
Sur cette partie de mon être
Qui,
Dans mon imagination,
Éprouvait le contact de nos deux paumes.

Comme pris dans une semi-conscience,
J'entraperçois avec douleur,
Des doigts hâlés
Tendrement liés aux miens,
Une main rassurante,
Reposant doucement entre la mienne.

Et je ne peux que remonter,
Le long de ce bras déguisé
Pour lentement se voir dessiner,
Sous mes yeux stupéfaits
Les traits de ton visage ravagé.

Un hoquet de stupeur silencieux,
Filtre de mes lèvres décharnues,
Tandis qu'échappant à tout contrôle,
Ma main libre
Se soulève légèrement
Et vole vers toi
À la manière d'une feuille tremblotante.

Soudain,
L'affreuse vérité,
Me prends à la gorge,
Et porté par mon élan,
Mon bras retombe mollement,
Le long de mon corps.

Je sens le poids des larmes,
Affluer aux coins de mes yeux.
Il ne peut pas me faire ça...
Il ne peut PAS vouloir me faire ça...

Ce sentiment,
Qui m'empoigne le coeur,
Me faisant soudainement douter,
Doit se lire sur mon visage,
Car je vois au travers de ces prunelles mentholées,
L'éclat de son regard vaciller
Et ses traits se muent en une expression inquiète,
Presque affolée par mes pensées.

« Draco » appelle-t-il doucement.

Il lui ressemble tellement...

Il n'avait pas vraiment changé en trois ans.
Les contours de son visage,
S'étaient juste affirmés,
Lui donnant une allure plus masculine,
Qu'un visage d'enfant.

Et je sais depuis longtemps,
Que désormais,
Plus rien ne sera comme avant.

L'insouciance de son regard
Ne sera plus que méfiance éternelle.
Son sourire,
N'aura plus cette candeur enfantine,
Qui m'amusait quelques fois.
Son visage,
Ne sera plus marqué
Que par les horreurs de la guerre.

Chaque pli,
Chaque expression,
Ne sera plus que le reflet,
De toute cette souffrance,
De toute cette désolation.

Et un doute effroyable
M'étreint le coeur.
Mon visage porte-t-il,
Lui aussi,
Le poids de cette douleur,
Le hurlement des morts ?

Harry saura-t-il
À nouveau me regarder,
Sans voir en moi,
Le miroir,
De son existence cauchemardesque ?

J'enferme aussitôt cette émotion factice
Dans une prison de froideur
Et d'indifférence,
Et porte à mon vis à vis,
Un regard méprisant.

« Qu'est-ce que tu veux, Harry ? Que veux-tu voir se briser en moi, pour nous infliger pareille souffrance ? crachè-je avec hargne. Que vas-tu encore me faire subir pour me faire ployer ? Me faire fléchir ? »

Une détresse insolente
Éclaire l'émeraude de ses yeux,
Tandis que se peint sur son visage,
Une expression choquée...

Puis lentement,
Ses traits se radoucissent,
Et ses yeux n'expriment plus
Qu'une tristesse infinie.

Il penche légèrement,
Sa tête de côté,
Et, doucement,
Comme pour ne pas effrayer,
La bête blessée que je suis,
Vient caresser avec légèreté,
Le contour de ma joue.

Bien malgré moi,
Mes paupières se ferment,
Et je me laisse bercer,
Par ce geste de douceur inespéré.

« Aurait-il réussi à te briser ? » murmure-t-il tristement.

Le voile de peau,
Qui obscurcissait mon regard,
Se dissipe lentement
Et libère le flot de larmes
Qu'emprisonnait depuis bien longtemps ma douleur,
Traçant sur ma joue pâle,
Un sillon d'émotion,
Mouillant de mes pleurs,
Sa main libératrice,
Sans que je puisse faire
Quoique ce soit,
Pour stopper leur écoulement.

Cette tendresse me fait mal,
Cette douceur me brûle.
J'aurais voulu,
Ne jamais avoir a enduré
Tout ça.
C'est insupportable,
C'est inhumain !
Et tous ces souvenirs de haine passée
N'arrangent en rien à mon amertume.

« Je sais qu'on s'est haï... Qu'on se haïssait... Mais pourquoi faut-il que tu me le rappelles sans cesse ? implorè-je d'une toute petite voix. J'aimerais tiré un trait sur ce passé qui nous sépare, ce gouffre qui se creuse lentement entre nous. Je ne veux pas te perdre pour pareilles futilités ! Laisse-moi oublier et oublie toi aussi. »

« Il fut un temps où on s'est haï, c'est vrai... assure-t-il en caressant doucement du bout du pouce mes joues baignées de larmes. Et un autre où on s'est aimé. Cependant l'Autre a l'air de vouloir oublié tout ce qui fut nous. Tout ce qui fait nous. Mais, moi, je ne veux pas oublié... Tout ce que tu m'as donné, tout ce que tu m'as apporté... On souffrira toujours de nos fautes passées... Et je continuerai certainement à te reprocher ce que tu n'es plus. Mais sache que... Ma vie sans toi... Jamais elle n'existera. Je l'en empêcherai. Je ne peux pas vivre sans toi. Souviens-toi en. Et si j'échoue. Retiens-moi... De toutes tes forces, de toute ton âme ! Ne me laisse jamais m'éloigner de toi... Nous ne survivrions pas dans ce monde l'un sans l'autre... »

Ses doigts effleurent
Et glissent le long de ma gorge.
Inconsciemment,
La peur me noue les entrailles,
Et je retiens mon souffle.
Mais il ne s'y attarde pas,
Sa main continuant
De caresser chaque parcelle de peau,
Et d'en guérir chaque blessure.

Lorsque la dernière se referme,
Il esquisse un sourire satisfait,
Puis se positionne tout contre moi,
Sa tête venant se reposer
Nonchalamment
Contre mon épaule.

Un léger soupir de bien-être
S'échappe de ses lèvres,
Et je ne peux que sourire
Devant cet instant de bonheur,
Volé au temps.

Je savoure
Ce moment de paix,
Ce cocon d'amour,
Que lui seul sait créer
Pour nous,
Nos mains
Toujours étroitement liées.

Ne les sépare jamais Harry...
Jamais...

« Je t'aime Draco... »chuchote-t-il après quelques minutes de silence.

Cette déclaration
Résonne en moi
Comme une veille ritournelle,
Un refrain longtemps
Oublié.

« Je t'ai toujours aimé, et je t'aimerai toujours, continue-t-il sur le même ton. C'est pourquoi je refuse l'idée même de te faire souffrir. Seulement ... Maintenant que tu as eu accès à notre inconscient, que tu as vu toutes ces choses, découvert cette part de lui-même qu'il aurait préféré te cacher... Que J'aurais préféré te cacher... Il tient à tout prix à te prouver quel genre de personne il est est réellement... Ce qu'il croit être réellement... »

« Tu ne le crois pas toi ? »

Ma voix n'est plus
Que murmure
Dans cette atmosphère feutrée.
J'ai peur de briser
Cet intime silence
Et de le voir disparaître,
Encore une fois.

« Moi... Je n'ai pas oublié. Je ne veux pas oublier... » confie-t-il

« Pourquoi fait-il ça ? Pourquoi nous fait-il ça ? »

« Il y a des certitudes qui deviennent des doutes et des doutes, des certitudes » soupire-t-il comme s'il était responsable de ce changement, levant un regard coupable vers moi.

Devant cette semi-vérité,
Cet aveux déguisé
Ma tête,
Heurte doucement
Le mur derrière moi,
Et mes paupières se ferment douloureusement.

J'ai le sentiment,
Que mon coeur
Est prisonnier d'un étau de fer.
Ma bouche est pâteuse...
Je ne sais pas quoi dire.

Je croyais...
Je croyais...
Seulement...
Simplement...

Tout est ma faute.

« Je pensais...T'avoir suffisamment prouver que je... que je t'aimais, avouè-je péniblement avant de finir dans un soupir, à défaut de te le dire. »

Je le sens bouger contre moi,
Son corps s'éloignant doucement
Du mien.
Sans doute change-t-il de position,
Mais sa chaleur me manque déjà.

Heureusement,
Son aura magique,
M'enveloppent toujours
De son amour,
Me rassurant,
Sa main,
Toujours dans la mienne.

« À l'époque oui et ça me suffisait. Mais maintenant... Qu'est ce qui me prouve... Qu'est-ce qui Lui prouve que ce sera toujours pareil ? Que tu seras toujours là ? »

Je retiens de justesse,
Le rire amer
Qui menaçait de franchir mes lèvres,
Ainsi que les tressaillements
De ma proche hilarité,
D'envahir mon corps.

Qu'est-ce qui lui prouve ?

Depuis trois mois,
Je le veille jour et nuit,
Je suis dans un état pitoyable.
Et s'il meurt...
Je meurs avec lui.
Mais ça...
Jamais je ne lui avouerai.

Alors quelle preuve lui faut-il de plus ?

Harry semble le deviner,
Le comprendre,
Et l'accepter,
Car de nouveau,
Sa voix s'élève doucement
Dans cette prison de verres teintés,
Faible lueur
Dans cette nuit glacée
Par le souffle des morts.

« Tu sais... Il veut juste te protéger. »

« Mais je peux très bien le faire tout seul ! » m'insurgè-je alors, ouvrant brusquement les yeux.

Je le vois qu'il me fixe,
Ses prunelles d'absinthes
Semblant sonder
Les tréfonds de mon âme
Avant de brusquement
Se détourner.

« Pas contre lui... chuchote t-il comme s'il avouait un secret interdit... Pas contre ce qu'il est devenu... Il ne pensait qu'à t'infliger une souffrance intolérable dans l'espoir que tu le méprises si intensément, si fortement, que tu n'aurais de cesse qu'à lui rendre pareille douleur. Que ton désir de vengeance ferait ressortir en toi, cette haine qui nous a si longtemps consumé et que, le blessant à ton tour... Tu partirais.

Mais son plan ne marche pas comme il l'avait prévu. Et il se déteste d'être aussi lâche et faible... De ne pas être capable de se libérer de ton emprise...

Tu es et as toujours été une constante dans ma vie, et ce depuis notre rencontre. Que tu aies été mon ennemi par le passé ou mon amant dans le présent ne change rien. J'ai toujours été dépendant de ta présence et je n'avais de cesse de te vouloir auprès de moi. Tu as rythmé ma vie avec la même virtuosité qu'un chef d'orchestre, c'est pourquoi... Nous ne pouvions te faire de mal sans détruire une partie de nous-même. Et c'est ce manque de volonté qui l'a trahi. Tu ne pouvais pas croire à nos paroles enjôleuses, venimeuses, lorsque tu voyais, au fond de notre regard, cette détresse alarmante... Ce manque de conviction qui nous arrachait des larmes.

Il voulait que tu le haïsses plus encore qu'il ne se hait... Mais tu n'as fait que lui prouver davantage la force de ton amour... Merci. Du fond du coeur, merci pour Lui. »

Des perles d'eau,
Coulent de ses yeux
Inondant ses joues
De larmes reconnaissantes,
Et je ne peux rester indifférent,
Devant cette marque, plus qu'évidente,
De gratitude.

Je ne mérite pas tant.

D'un geste tendre,
Je l'attire à moi.
Son visage trouvant,
Aussitôt,
Le creux de mon cou,
Où il déverse
Sans pudeur aucune,
Son désarroi.

Toute cette peine contenue
Me broie le coeur.
Mais je suis heureux,
De pouvoir l'en libérer
Et de voir,
Toute cette douleur enchaînée,
S'échapper de ces larmes salvatrices.

Ma main caresse
Son dos avec langueur
Dans un geste apaisant,
Réconfortant.

Pouvoir le consoler ainsi,
Me gonfle d'orgueil,
Attise ma vanité,
Et réveille mon désir de possession.

C'est moi
Qui l'étreint,
C'est moi,
Qui le rassure,
C'est moi,
Qu'il vient voir...
C'est sur moi,
Qu'il se repose.

Sur moi

Et sur personne d'autre.

Et je sens,
Comme un poids,
S'ôter brusquement,
De mes épaules.

Ce sentiment de légèreté
Est comme un nouveau souffle
De vie.
Une bouffée d'oxygène,
M'apportant le courage,
La force de croire encore,
À ce que nous sommes.

Désormais,
Je ne suis plus seul
À rêver,
À espérer...
Je ne l'ai jamais été.

C'est pour cela,
Que je ne dois pas renoncer.
Je me battrai jusqu'au bout,
Jusqu'à l'épuisement,
Mais je ramènerai Harry...
Ou
Nous tomberons ensemble.

Et un sourire
S'esquisse sur mes lèvres,
À la seule pensée,
Qu'on retrouvera
Nos corps enlacés.

Même la mort ne nous séparera pas.

Je ne te laisserai pas
L'emporter,
Harry.

Parce que je t'aime...

Je ne laisserai pas
Ta peur
Nous envahir
Et tout gâcher.

« Merci de m'aimer autant... me chuchote t-il une fois ses pleurs apaisés. Je ne mérite pas tant. »

« C'est moi qui ne mérite pas tant... Tu le sais plus que quiconque... »

Je l'entends rire.
De ce rire mutin
Et espiègle
Qui veut dire :
"Moi je sais quelque chose que tu ignores"
Et l'écho de sa joie,
Résonne dans tout mon être
Jusqu'à me toucher,
En plein coeur.

Sa bouche effleure
Et s'attarde
Dans le creux de mon épaule,
Où il dépose
Un délicat baiser,
Aussi léger et éphémère
Qu'un battement d'ailes de papillon.

Puis il pousse un soupir
De bien-être,
Se calant
Un peu plus contre mon flanc
Alors que je resserre notre étreinte.

C'est si bon
De le tenir ainsi contre moi,
De le retrouver,
L'espace
D'un court instant
Même si ce n'est pas tout à fait lui.
Il n'est pas si différent
Du Harry que j'ai connu.

La pression de ses lèvres
Se fait,
De plus en plus
Insistante,
Cajoleuse et envoûtante.

Elles remontent,
Délicieusement,
Le long de mon cou,
Redessinant ma mâchoire,
En une caresse entêtante.

« Harry ? Harry qu'est-ce que tu fais ? » demandè-je en me tournant vers lui.

Mais loin de me répondre,
Un éclat malicieux illumine son regard
Tandis qu'il m'assaille de petits baisers.
Je faiblis sous cette attaque,
Et alors que ma résistance abdique,
Il me répond enfin,
Ses yeux assombris par l'envie
Et le désir,
Profondément ancrés
Dans les miens.

« Je me souviens » dit-il avec un sérieux mordant avant de ravir une nouvelle fois ma bouche.

Sous l'attaque
De ce baiser mouillé,
Je redécouvre,
Moi aussi,
Le goût de ses lèvres...
La délicatesse de ses touchers...
Et tous ces infimes détails
Qui me font chavirer
Lorsque Harry m'embrasse.

Je revis avec force,
La passion de son amour,
M'enivrant de ses baisers
Au goût de miel,
Que je bois à la lie,
Assoiffé par sa tendresse.

Cela m'a manqué...
Tellement
Il m'a manqué...
Cruellement

J'en ai oublié jusqu'à sa saveur,
Et maintenant qu'il m'embrasse,
Je réalise pleinement
À quel point ma vie
Sans lui,
A été fade,
Dénuée de tous plaisirs.

Comme je me souviens aussi,
Que ces baisers sont empoisonnés.
Il n'est pas Harry...
Il n'est qu'une partie de lui,
Une pâle copie.
Et ces derniers me paraissent soudain
Acides et sans saveur,
M'obligeant à freiner ses ardeurs.

« Qu'est-ce qui se passe ? » me demande-t-il un tantinet inquiet.

« Tu n'es pas Harry »

« Oui... C'est vrai, me répond-il avec un étrange sourire malveillant aux lèvres avant de confier entre deux baisers, je suis un poison. C'est moi qui le ronge et le tue à petit feu... C'est moi qui le fait souffrir, qui le torture... De tout ce qui fait lui, je dois être la partie qu'Il craint le plus par l'intensité de mes sentiments. C'est mon amour qui le brûle et le consume et il ne peut se résoudre à me tuer... M'enterrer. Il ne peut se débarrasser de moi sans se détruire lui-même. Ne plus t'aimer serait pareille à la mort... Et pourtant... Il aurait certainement la paix à laquelle il aspire tant... »

« Ne plus t'aimer serait un crime » confiè-je à demi-mot

« Ne plus t'aimer serait mon châtiment, me murmure t-il aux creux des lèvres... Un véritable Enfer... »

« Je ne te laisserai jamais vivre ça »

Ma main
Redessine,
Et trace
Avec langueur,
Le contour de sa joue,
Et son sourire,
Sous mes doigts,
Se teinte de tendresse.

« Je le sais… Je le sais bien. Chacun de tes baisers, au goût de Paradis, me le prouve… Pourquoi faut-il qu'il en ait oublié leur saveur ? »

Malgré moi,
Mon coeur se serre,
Sous ses douloureuses révélations.
Pourquoi Harry tient-il tant,
À oublier ?
À m'oublier ?

J'ai mal de comprendre
Ce qui peut le pousser à agir ainsi.
Il pense trop...

Beaucoup trop...

« À toi... me susurre lascivement son double au creux de mon oreille, comme s'il avait suivit le fil de mes pensées. Et tu ne peux pas me le reprocher. »

Je tourne,
Brusquement,
Mon visage
Vers lui,
Surpris par ses paroles.

Je ne sais que faire...
Que croire...

Je cherche des réponses dans son regard,
Mais ne rencontre à la place,
Que la volupté de ses lèvres
Dévoreuses d'âmes.

Et une fois de plus,
Je me sens chavirer,
Sous l'assaut de sa tendresse

Son ardente passion,
La dernière fois que je l'ai ressentie,
Je ne m'en souviens pas.
Dans un autre temps,
Un autre endroit,
Où il n'y avait ni guerres,
Ni victimes,
Juste Lui et Moi,
Et notre Amour.

Pardonne-moi Harry.
Mais je ne suis qu'un homme
Comme les autres...
Et tu as toujours été ma faiblesse,
La seule et unique
Que j'ai su apprivoiser.

Alors gracie-moi,
Si je succombe entre ses bras...
Si sa douceur entrave ma volonté,
Et que je rends à ton fantôme,
Tout ce trop plein de sentiments,
Que tu refuses d'accepter.
Cet haïssable fardeau,
Qui devient trop lourd,
Seul à porter.

Et je me surprends,
À répondre à ses délicates attentions.
Ma main se glisse
Naturellement
À travers ses éternelles mèches rebelles,
Tandis que nos bouches,
S'écrasent avec force et passion
L'une contre l'autre.

Je me laisse enivrer
Par ce délicat poison,
Cette tentation interdite,
Cette fougue dévorante,
Auxquelles j'aspire,
Depuis si longtemps.

J'ai l'impression,
Au creux de nos baisers,
De frôler du bout des doigts,
Un secret inaccessible,
Un murmure inaudible
Qui échappe à tout entendement,
Alors que tout contre moi,
Je sens l'ombre d'un sourire,
Étirer les délicates lèvres
De ton phantasme.

Un sourire victorieux
Que tu esquissais,
Autrefois,
Lorsque tu étais,
Particulièrement,
Fier de toi-même.

Son corps,
Se fond avec le mien,
Et sa main est froide,
Quand il la glisse
Sous ma chemise,
Pour caresser
Impudiquement
Ma peau mise à nue,
M'arrachant des frissons
Clandestinement coquins.

Je tremble,
Mais c'est pour mieux
Me raccrocher à toi,
À lui,
À cette ancienne vie,
Qui est si loin de moi.

Sa bouche
Délicatement,
Me délaisse,
Pour mieux sceller
Nos deux fronts,
Dans une invitation au calme,
Après la tempête.

Nos souffles
Délicieusement saccadés
Se lient et se délient,
Tandis que de mes yeux
Enfiévrés,
Je le supplie
De continuer.
Il me ré-embrasse
Chastement,
Avant de murmurer :

« Pardonne-moi Dray, je n'ai pas d'autre choix... »

Et d'une fulgurante
Douleur,
De jaillir
Au creux de mon ventre,
M'arrachant un cri,
Subtil mélange
De souffrance et de surprise
Alors que sous ses mots,
Suavement empoisonnés,
Se dissimulait,
La plus froide des épées.

Est-ce que quelqu'un le voit ?
Ce trou béant que j'ai à la place du coeur ?
Ce vide immense qui fait de moi une statue de glace ?
Et que ton absence creuse un peu plus chaque jour ?
Pourquoi faut-il...
Que ce soit lui qui me trahisse... ?
Pourquoi faut-il...
Que ce soit lui qui me porte le coup de grâce...

Mon Dieu Harry,
Cette douleur, au fond de tes yeux...
Elle m'est insupportable,
Plus encore que cette lame aiguisé que je sens au plus profond de ma chair.

Comment veux-tu que je te pardonne,
Cette souffrance que tu t'infliges ?
Comment veux-tu que je ne maudisse pas
Cette main traîtresse,
Tâchée de sang...
De mon sang...

Cette même rivière,
Porteuse de vie,
Que tu refusais de faire couler,
Et qui, à présent,
Ruisselle entre mes doigts,
Alors que se retire sournoisement,
Le véritable assassin...
Le véritable lâche,
Que tu tiens fermement,
Au creux de ta paume.

J'ai le souffle court,
J'étouffe même
Sous le poids
De son regard.
Mais le courage ne me manque pas
Lorsqu'il s'agit de le soutenir.

Plus jamais je ne fermerai les yeux
Devant l'absurde vérité.
Plus jamais je ne fermerai les yeux
Devant ta palette d'émotions,
Maintenant dévoilée.

Plus jamais, je ne fuirai
Tes orbes émeraudes,
Un peu trop lumineuses,
Un peu trop incandescentes,
Un peu trop envoûtantes...

Elles me disent tant de choses
Insaisissables,
Elles me disent tant de choses,
Insoupçonnable,
Qu'il me faut voir cet éclat argenté teinté de rouge
Pour revenir à cette étrange réalité,
Et ressentir pleinement
La brûlure de cette plaie,

Volontairement infligée.

Je voudrais pouvoir crier,
Gémir,
Ou même pleurer amèrement
Sur mon sort,
Mais je ne fais que suffoquer,
Et comprimer cette blessure complice
De milles et un mystères.

J'ai la tête qui bourdonne,
J'ai chaud,
J'ai froid,
Les deux à la fois,
Ma vision se trouble,
Comme prisonnier d'une spirale sans fin
Ça tourne
Et tourne,
Et tourne encore.

Accolé contre ce mur d'ombre,
Je cherche un peu d'accalmie
Où déposer mon âme tourmentée.
Ce noir est si apaisant
Et déjà mes paupières se font lourdes...
Si lourdes.

Alors qu'au loin,
Me parvint un semblant de cri,
Et qu'au travers de la brume de mes yeux,
Je discerne les contours vaporeux
De la fine silhouette de mon seule et unique amour
Se plier en deux.

Il me faut entendre
Le tintement de son arme,
Tombant à terre,
Pour me sortir
De cette dévorante torpeur.

Je le vois brusquement disparaitre,
Soufflé vers une des ces sinistres parois ténébreuses,
Balayé par un puissant sortilège.
Et malgré son acte passé,
Je ne peux que m'inquiéter pour lui...
Le seul à m'avoir apporté,
Un peu de tendresse
Et d'espoir,
Dans ce monde chaotique.

Il y a longtemps
Que je n'ai pas ressenti,
Ce sentiment de pure haine...
De colère incontrôlable...
Cette douce violence
Profondément endormie en moi,
Et qui sans sa berceuse,
Ne demande qu'à se réveiller.

Il a toujours été
Le seul,
À pouvoir me faire
Perdre ainsi le contrôle...

Et aujourd'hui,
C'est avec cette même impétuosité,
Que je foudroie du regard,
L'agresseur de mon amant.

Cependant,
Je ne peux que rester muet,
Devant l'image qui s'offre à moi.

Je reconnaitrais cette personne d'entre milles..
Tellement aimée
Tellement veillée...
Tellement espérée...

Harry...
Mon Harry...
Celui que je cherchais...
Et que je compte bien ramener.
Parce que je lui ai promis...
Et que je tiens toujours mes promesses.

À suivre...


Note :

(1) Allez savoir pourquoi à ce moment précis j'ai pensé à la musique de Dark Vador lol


Encore Merci d'avoir lu jusque là ^^

Désolée d'avoir fait un Draco si pathétique ^^;

Mais bon, j'aime bien ce chapitre ^^

On se rapproche doucement, mais sûrement de la fin ! Le prochain chapitre sera le dernier et l'épilogue suivra de peu :D